Le vent tourne : SFR, BFM-RMC, le groupe l'Express et Libération dans la tourmente
L'entrepreneur a démissionné le directeur général d'Altice, maison mère de l'opérateur télécoms SFR
L'annonce d'une vaste réorganisation de sa direction n'a pas surpris dans le milieu, jeudi soir. Patrick Drahitente de reprendre le contrôle du navire en perdition, après les inquiétudes manifestées par les investisseurs.
Le Franco-libanais, fondateur et actionnaire de contrôle d'Altice, n'occupait plus de rôle de premier plan dans l'organigramme de sa holding, mais va devoir prendre la présidence du conseil avec pour objectif de superviser la stratégie du groupe et son exécution, en particulier en France où se concentrent les difficultés.
Michel Combes, en poste chez Altice depuis 2015, est remplacé par le bras droit de Patrick Drahi, Dexter Goei, qui dirigeait jusque-là les activités d'Altice aux Etats-Unis.
Alain Weill devient incontournable en ajoutant la fonction de PDG de SFR à celle de directeur des activités media d‘Altice, précise Altice dans un communiqué, tandis que le directeur financier Dennis Okhuijsen assume la direction générale d‘Altice en Europe.
Armando Pereira, le tailleur de coûts de Patrick Drahi, est, quant à lui, désigné directeur des opérations d‘Altice.
"Les nouvelles direction et structure de gouvernance sont conçues pour mieux mettre en place la stratégie d‘Altice, faire en sorte que le management réponde plus clairement de ses actes et améliorer les performances opérationnelles et financières du groupe”, déclare Altice dans un communiqué.
La débâcle financière
Ces annonces sont la conséquence de la chute en bourse du titre Altice, tombé jeudi à son plus bas niveau depuis près de deux ans, signe de l‘inquiétude persistante des investisseurs depuis la publication, vendredi, de résultats trimestriels jugés décevants.
Le titre a perdu 34% depuis vendredi et plus de 54% depuis le 9 juin.
Michel Combes, qui assumait la direction générale d'Altice et de SFR (et Numericable), paie les difficultés du groupe à stopper la fuite de ses abonnés en France en dépit de lourds investissements dans le déploiement du très haut débit et les contenus.
Selon plusieurs sources, il a également pâti de sa difficulté à trouver sa place dans l'organisation d'Altice et de ses difficultés à s'entendre avec plusieurs pointures du groupe, pour certains compagnons d'aventure de longue date de Patrick Drahi. "Michel Combes ne fait pas partie du petit cercle, ce qui est un problème sachant que c’est un groupe qui fonctionne dans une logique de clan, de famille", raconte-t-on dans l'entourage de Drahi.
La démission du dirigeant, passé précédemment par Alcatel, Vodafone et France Télécom, a été officialisée jeudi, précise Altice dans un communiqué.
Depuis sa prise de contrôle par Altice,SFR, numéro deux du mobile en France, relégué à la troisième place dans le fixe derrière Free (Iliad), a perdu plus de 1,6 million de clients mobile et plus d‘un demi-million d‘abonnés fixes.
Avec le départ de son homme de confiance, l'entrepreneur Patrick Drahi envoie un signal fort, notamment en direction des marchés, de sa prise de conscience de la nécessité de résoudre le problème français.
A la présidence du conseil, Drahi aura pour mission de "déterminer la direction stratégique, opérationnelle, commerciale et technologique du groupe, et son exécution, en particulier SFR", qui réalisait l'essentiel de chiffre d'affaires en France - tout en étant exilé fiscal au Luxemburg, puis à Amsterdam - précise ainsi le communiqué.
En 2014, alors qu’il étaitt ministre, Montebourg tacla Drahi et des enquêtes fiscales furent diligentées par Bercy."Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse ! Il va falloir que M. Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France."
Drahi aura pour bras droit Dexter Goei, nouvel homme fort d‘Altice, qu‘il connaît de longue date et avec lequel il a remporté la bataille pour le rachat de SFR face à l‘industriel français Martin Bouygues. Ancien banquier d‘investissement à JP Morgan,puis Morgan Stanley, le dirigeant américain, entré en 2009 chez Altice, a supervisé avec succès la mise en Bourse des cablo-opérateurs Suddenlink (américain) et Cablevision rachetés par Altice aux Etats-Unis.
Il conservera ses fonctions aux Etats-Unis et assumera par ailleurs des fonctions centrales au sein du groupe.
Le tandem devra relever le défi de ramener la stabilité chez SFR, confronté à une valse de ses dirigeants depuis plusieurs années, tout en réussissant son pari de faire revenir ses abonnés grâce à une qualité de réseau restaurée et une offre de contenus enrichie.
En 2016, en autorisant le rachat de SFR, le ministre Macron a fait d’une pierre deux coups. Cette opération se révèle en effet particulièrement juteuse pour le clan Macron, puisque la banque d’affaires qui se charge de cette vente n’est autre que la banque Lazard. La banque Lazard est dirigée en France par Mathieu Pigasse,propriétaire du journal Le Monde et soutien essentiel de la campagne d’Emmanuel Macron. Les banques d’affaires toucheront de l’ordre de 260 millions d’euros de commissions sur ce deal.Si on veut moraliser la vie politique et éviter les conflits d’intérêts, est-il vertueux que le patron d’une banque qui est aussi patron de presse soutienne un candidat dont la décision lui a rapporté autant d’argent ?
Sans compter que SFR est (co-)propriétaire de Libération, du groupe l'Express (L'Express, L'Expansion, L'Étudiant., etc..) et de NextRadioTV créé par Alain Weill.
Or, celui-ci en est l'actionnaire principal de ce dernier à hauteur de (51 %) et les difficultés de SFR, dont il est actionnaire (49%), pourraient contaminer son groupe, notamment RMC et BFM, soient six chaînes de la TNT. Weill espère retirer les marrons du feu SFR, mais pourrait aussi bien s'y brûler.
Drahi est endetté pour un montant de 50 ...milliards d'euros !
On sait depuis un an, novembre 2016, qu'en deux ans, l'empire de Patrick Drahi, Altice, a doublé sa dette à 49,282 milliards d'euros... C'est, en 2018, quasiment l'enveloppe du premier budget de la Nation (50,6 milliards d'euros, l'Éducation nationale...
Nouvelle "révélation" de la presse: tout travail ne mérite pas salaire !...
Le pouvoir judiciaire pris en otage par les media malfaisants,
saura-t-il se dégager de l'emprise du 'quatrième pouvoir' ?
Les guérilleros de la presse continuent leur feuilletonage.
"Le candidat de la droite à l'élection présidentielle François Fillon a reçu 200.000 euros d'honoraires de la compagnie d'assurance Axaentre mi-2012 et mi-2014 via sa société de conseil 2F Conseil", dénonce mercredi BFM Business.
Or, le groupe BFM est la propriété du groupe NextRadioTV, dont les actionnaires principaux sont les hommes d'affaires : Alain Weill (51 %) - fortune estimée par Challenges à 73 millions d'euros en 2013 - qui se déclara menacé par l'arrivé de LCI sur la TNT mais créa deux chaînes dans la foulée (BFM Sport et BFM Paris) et SFR Group (49 %), c'est-à-dire le groupe multinational Altice, consortium basé au paradis fiscal du Luxembourg, exempt d'impôt solidaire en France et détenu par Patrick Drahi également actionnaire de Libération (à 50%) et L'Express. Or, selon un rapport de la Cour des comptes publié en février 2013, L'Express aurait reçu plus de 6,2 millions d'euros par an d'aides directes de l'État (les contribuables) de 2009 à 2011, pour payer Christophe Barbier, notamment, et sans doute aussi pour publier une liste noire des sites qu'il considère comme diffuseurs de fausses informations... Déjà ce goût inquisitorial pour la chasse aux sorcières et la mise à l'index.
Henri de Castries, alors PDG d'Axa, a sollicité ce cabinet de Conseil dans les négociations de la directive européenne dite 'Solvabilité 2' sur la nouvelle réglementation des assureurs en Europe, précise la chaîne de télévision et radio.
Le cabinet de Fillon a notamment consulté "au plus haut niveau à la commission européenne et en Allemagne" pour la compagnie d’assurance, selon un proche anonyme cité par BFM Business.
Drahi est par ailleurs favorable au "travailler plus" pour gagner autant.
En mai 2015, il a déclaré à la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale qu'il défend implicitement pour la France une réduction du nombre de semaines de congés payés et une augmentation du temps de travail au nom de la compétitivité. "Les Chinois travaillent 24 heures sur 24 et les Américains ne prennent que deux semaines de vacances…". "C'est là, le problème pour nous…", assurait-il.
Henri de Castries, qui a été aux commandes d'Axa jusqu'à fin août 2016, a officialisé son soutien à François Fillon le 17 janvier. Son nom est avancé comme possible ministre de l'Economie et des Finances, en cas de victoire du candidat à l'élection présidentielle. Il est donc désormais au nombre des cibles de la gauche anti-démocratiquequi pèse sur les élections démocratiques à veniret de sa presse de caniveauqui équilibre ses comptes dans les rumeurs et les sources secrètes, donc inavouables.
Président du comité de direction du groupe Bilderberg en 2011, Henri de Castries est également président d'Axa Atout Cœur et administrateur de l'Association pour l'aide aux jeunes infirmes. Enfin, Challenges le présente comme un proche de François Hollande etSégolène Royal. "Parmi les patrons, François Hollande est considéré comme un socialiste fréquentable. Certains sont des anciens camarades de HEC ou de l'ENA comme Henri de Castries (Axa), André Martinez (ex-Accor), Jean-Marc Jannaillac (RATP). Il échange volontiers avec Anne Lauvergeon (ex-Areva), Christophe de Margerie (Total) [décédé], Anne-Claire Taittinger (Louvre) [épouse Jouyet], Alain Dinin (Nexity), Jean-Claude Meyer (Rothschild). Surtout, outre Jean-Paul Jouyet, Hollande peut compter sur Paul Boury, lobbyiste reconnu, pour multiplier les contacts."
Alors qui est cet homme de confiance de Hollande, Paul Boury, travailleur de l'ombre ? Voici, par Vanessa Schlouma (juillet 2013), un savoureux portrait à charge, comme les aime le Canard enchaîné...
"Paul Boury tutoie les ministres, déjeune avec les parlementaires, textote avec les journalistes. Son métier ? Lobbyiste. Autrement dit : il joue les médiateurs entre ses clients - la moitié des patrons du CAC 40 - et la gauche de François Hollande, un ami de trente ans. (...) [en d'autres termes Paul Boury est une courroie de transmission des intérêts des dirigeants opérationnels de l'oligarchie] " (...) Paul Boury (...) " (...) J'ai cent clients " (...) [Paul Boury n'aurait-il pas plus de cent clients car il ne saurait pas compter au delà de cent ? ] Le matin même, Nonce Paolini, le président de TF1, a reçu Paul Boury. (...) [Paul Boury est bien introduit dans les milieux du mieux disant culturel] Il y a un peu plus d'un an, le PDG d'EDF se consumait dans un puits de souffrance, déjà décapité par un Hollande en campagne. Anticipant l'alternance, Henri Proglio a finalement misé gros sur le rose, tout sur Paul Boury. Et le nouveau président l'a reçu en tête-à-tête. Depuis, sauf retournement nucléaire, Henri Proglio dort tranquille sur ses dix-neuf centrales.(...) [Henri Proglio était aux côtés de Sarkozy au Fouquet's le 6 mai 2007] "Paul distille de la proximité", signé Jean-Claude Boulet, le B de BDDP, l'agence de pub où Paul Boury a débuté. (...) [Les publicitaires distillent la bêtise]. un lobbyiste tente d'influer sur des décisions législatives pour qu'elles deviennent favorables à ses clients. (...) c'est le job rêvé : être grassement payé (environ 200 000 euros le contrat annuel par client) (...) [Plus haut Paul Boury annonce avoir 100 clients. 100 x 200 000 = 20 000 000 €/an ... Bravo Paul Boury, on comprend mieux le mécanisme de l'augmentation des prix des produits] Paul Boury, 59 ans (...) rabelaisien (locataire d'une chambre durant sept ans à l'hôtel Raphaël [hôtel 5 étoiles du 16ème arrondissement] où sa table était ouverte) et... psychanalyste [Alain Minc, lui, se croit économiste](...) l'absolue éthique de Paul Boury (...) [Laurent Telo a une excellente brosse à reluire. Est-il candidat à la Laisse d'or du Plan B ? ]. "Ce n'est pas un crève-la-dalle, ni un homme de coups", affirme Julien Dray, cacique du PS. (...) [Julien Dray est un expert en style de vie : n'était-il pas devenu propriétaire en 1997 d'une montre valant 250 000 Francs (soit environ 38 000 €) ? ]. En 1988, il honore son premier contrat avec Nike, inquiet que le gouvernement envisage des quotas sur l'importation de chaussures étrangères. En 2013, Paul Boury facture 50 % du CAC (EDF, GDF, LVMH, Leclerc, BNP Paribas, Bouygues, Dassault, PSA, Canal+, IBM...), tutoie 75 % des parlementaires, textote avec 98 % du gouvernement et copine avec 100 % des rédactions économiques de la presse parisienne. "Négocier une interview, c'est du bonus pour les clients que j'aime bien." (...) [Paul Boury est à 150 % auto-satisfait]. Sur un dossier bloqué, soit on met un cierge, soit on appelle Paul Boury (...) [Laurent Telo tient vraiment à recevoir la Laisse d'or]
L'existence de la société 2F Conseil, créée en 2012,a été révélée au Canard enchaîné par des sources tenues secrètes
Harcèlement de la meute médiatico-judiciaire
Ce n'est que fin novembre que le journal anarchiste a affirmé, à la veille de la primaire de la droite et du centre, les 20 et 27 novembre, qu'elle avait rapporté à François Fillon plus de 600.000 euros de salaire net cumulés sur trois ans, entre 2012 et 2015.
Selon Mediapart (site trotskiste sous assistance respiratoire de l'Etat -et donc de tous les contribuables- et Le Monde (journal officieux du PS détenu par les milliardaires Pierre Bergé (contributeur financier affiché aux campagnes de Royal puis Hollande), Xavier Niel et Matthieu Pigasse), l'ex-Premier ministre aurait aussi touché 200.000 euros en quatre ans du cabinet de conseil financier Ricol Lasteyrie - leader français des métiers de l’évaluation financière et du conseil corporate auprès des grands groupes et des sociétés de taille intermédiaire - qu'il aurait conseillé via sa société, que les deux journaux soupçonnent d'un possible conflit d'intérêt. Cette presse éthique publie donc sans preuves,avec toutes les précautions d'usages, mais aussi la malveillance des media activistes.
Lors de sa conférence de presse lundi soir, François Fillon a déclaré avoir exercé son activité de conseil "en toute légalité", évoquant aussi parmi ses clients la holding Fimalac de Marc Ladreit de Lacharrière, le propriétaire de la Revue des deux mondes qui a employé Penelope Fillon, et la banque Oddo. Mais Marc Ladreit de Lacharrière est aussi bien proche de François Hollande (ci-dessus à gauche)que de Benoît Hamon (ci-dessus, à droite)...
La société des journalistes en grève menace l'avenir de l'outil de travail
Ils appellent maintenant l'Etat-PS à la rescousse
La chaîne d'info i-télé s'engagera lundi dans sa quatrième semaine de grève, un entêtement inédit dans l'histoire de l'audiovisuel privé, mettant son avenir en péril, alors qu'aucune sortie de crise ne semble se profiler.
Entamé le 17 octobre, le mouvement de grève a été systématiquement reconduit depuis par une large majorité de la rédaction de la chaîne, qui réclame pêle-mêle une charte éthique, un projet stratégique et éditorial clair et le départ de l'animateur controversé Jean-Marc Morandini, mis en examen"pour corruption de mineur aggravée", mais ni condamné, ni même passé en jugement.
Le 3 novembre 2016 à 20h05 dans l'émission "Les Informés" sur i-télé, Guillaume Auda, grand reporter et porte-parole de la rédaction d'i-télé évoquait le conflit contre la direction, la mise en demeure du CSA sur l'émission de Morandini "Morandini Live" qui manque à ses devoirs de rigueur et d'honnêteté, et maintenait les revendications de la rédaction d'i-télé : indépendance et retrait définitif de Jean-Marc Morandini.
Jean-Marc Morandini est mis en examen pour corruption aggravée de mineurs et harcèlement sexuel sur des jeunes gens près à tout pour percer dans le milieu. L'un d'entre eux aurait notamment accepté de se masturber pour les besoins de la websérie "Les Faucons". Malgré cela, J2M a été maintenu sur i-télé par Vincent Bolloré en dépit les protestations de la rédaction qui s'est mise en grève pendant une semaine, bien que les faits ne soient pas constitués et que l'accusé ne soit pas condamné. Quand ils ne sont pas concernés, les syndicalistes ne connaissent pas la présomption d'innocence.
VOIR et ENTENDREGuillaume Auda qui, par ailleurs, assure que "la mobilisation est intacte; le combat dépasse i-télé":
Or, le 24 février 2016,un journaliste de Canal+ fut pris en flagrant délit d’intox.
Guillaume Auda, grand reporter vertueux pour les chaînes Canal+ et i-télé, tweeta deux photos pour le moins compromettantes pour Donald Trump, qui dévoilaient certains de ses étranges supporteurs. La page n'existe plus (le lien ci-dessus l'atteste), mais voici ce qui en reste:
Auda ne nous a laissé aucune chance de juger par nous mêmes, car c'est lui qui fait l'information. On y voit - ou, du moins, on est censé y voir - une jeune femme, supportrice de Trump, faisant le salut nazi, et des membres du Ku Klux Klan venant apporter leur soutien au milliardaire new-yorkais lors du récent Caucus du Nevada.
Le "grand reporter" contestataire de Canal+ avait-il relayé ce document publié par Libération ? Le 14 mars 2016 à 15:22 (mis à jour le 15 mars 2016 à 10:31), Tristan Berteloot avait dénoncé ceci, car c'est un journaliste d'investigation qui vérifie, lui aussi ses sources: c'est un pro et on est pas sur un mauvais blog.
"Birgitt Peterson, une militante pro-Trump, est devenue célèbre ce week-end, pour avoir fait un salut bras tendu devant des manifestants lors d'un meeting du républicain particulièrement agité. Elle se défend, mais sa version est contestée."
Et Tristan Berteloot d'épiloguer (extrait):
"Ce n’est pas la première fois que Donald Trump ou ses supporters sont comparés au régime nazi : fin juillet, le candidat à la primaire républicaine s’était illustré par un tweet censé célébrer la grandeur des Etats-Unis, avec des soldats nazis ; début mars, dans un épisode de Saturday Night Live, un faux spot de campagne pro-Trump avait singé les supporters du républicain en les présentant en adorateurs du IIIe Reich ou du Ku Klux Klan ; dans la même semaine, la photo d’un des meetings de Trump, à Orlando, avait donné à son auditoire une allure de foule nazie... [On est progressivement tombé dans le subjectif]
Cette fois, si l’image a été si virale, c’est qu’elle s’inscrit dans un climat particulièrement tendu autour du cas Trump, accusé par certains médias de stimuler l’agressivité de ses militants lors de ses réunions publiques, de plus en plus sujettes à incidents, eux mêmes de plus en plus violents, comme vendredi à Chicago."
Ça ressemble à s'y méprendre à un remake des affaires qui avaient touché Marine Le Pen en 2011, lorsqu'un candidat FN aux cantonales avait [soi-disant] été photographié faisant le salut nazi, puis lorsqu'on avait exhumé une photo de la présidente du parti elle-même entourée de deux militants de la mouvance néonazie lyonnaise.
Le Monde s'est associé à l'intox
"Depuis quelques semaines, les meetings de Donald Trump attirent de nombreux opposants excédés par les déclarations incendiaires du magnat de l’immobilier, lesquels sont d’ordinaire éjectés manu militari par le service d’ordre, mais le sont de plus en plus par les militants eux-mêmes, raconte Le Monde. «Au bon vieux temps, ça n’arrivait pas, parce que ces types [les opposants, ndlr] étaient traités vraiment durement», avait lancé à la foule Donald Trump, à Fayetteville, alors qu’un protestant était sorti de la salle où il tenait meeting. «J’aimerais lui balancer mon poing dans la figure», avait-il aussi asséné à Las Vegas, au sujet d’un homme qui l’avait interrompu dans son discours. Quelques semaines plus tôt, dans l’Iowa, il avait déjà invité ses supporteurs à «cogner» ceux qui perturbaient ses réunions : «je paierai les frais d’avocats», aurait [notez le conditionnel !] même dit le milliardaire américain, encore selon Le Monde."
Il s'est avéré que l'info était un 'hoax' et certains en ont effacé les traces... Mais il en reste !
VOIR et ENTENDRE Antoine Genton admettre que l'affaire Morandini est un prétexte:
Laissons maintenant la parole à Patrick Eveno, historien des media et ancien membre du comité d'éthique d'i-télé, c'est-à-dire juge et partie,le propriétaire du groupe Canal+ et donc de sa chaîne d'info en continu, Vincent Bolloré, "ne sait pas quoi faire d'i-télé"- ce qu'on peut dire de Delphine Ernotte, Pédégère de France Télévisions, et de sa nouvelle chaîne d'info en continu, franceinfo - depuis sa prise de pouvoir, car "dans sa stratégie, l'information n'a pas de place, ça ne l'intéresse pas".
I-télé ne souffre pourtant pas de la comparaison avec franceinfo,la chaîne d'info en continu du service public. Sur le fond, cette chaîne diffuse des débats en simultané avec son aînée France Info, chaîne radio en continu. Quel est l'intérêt de voir le gros fonctionnaire de l'audiovisuel public, Olivier de Lagarde, permanent dont la voix haut-perchée et le ton doucereux crispent ? Ne suffit-il pas du son, lors du 7/9 désordonné et confus de la prêtresse déjantée du créneau, Fabienne Sintès, sans avoir en plus la vue de la triade Jean-Michel Aphatie, le fausset, Guy Birenbaum, superficiel et inutile, et Gilles Bornstein, économiste partisan, pendant l'entretien politique de vingt minutes entrelardées de pubs, diffusé à partir de 08h30 ? Redondant et coûteux pour le redevable.Dans la forme, le studio est une sorte de hangar froid déshumanisé, où grouille en tous sens une fourmilière de Delta et d'Epsilon, tandis que des alpha gris (c'est un traumatisé par la vue de David Dauba, barbe rare, jeans et ventre rond, qui écrit) se dressent face à la caméra, col ouvert et jean. Les magnétos ne démarrent pas (ou quand on ne les attend plus) et suit le commentaire : "Ce sont les aléas du direct"! L'ORTF n'est pas morte...
Ni l'esprit stalinien. Assis ou debout, les journalistes sont figés façon Mathieu Mondolini, nuque raide et regard caché derrière ses lunettes, dépendants de fiches que Big Brother AFP leur rédige et qu'ils peinent à lire. Mais ils ne prennent pas de gants pour autant. Forts du soutien de leur oreillette branchée sur le SNJ, ils attaquent frontalement ou harcèlent leurs interlocuteurs pour les conduire à la faute et au buzz. Navrant. Avait-on besoin de cet artisanat bolchévique ?
La direction porte le projet CNews
Il est imposé moins d'actualité de direct à la direction de Canal+, pour satisfaire Alain Weill, actionnaire majoritaire de RMC et BFM TV qui se disait menacé de mort lorsque LCI a été autorisée à diffuser sur la TNT gratuite, avant qu'il ne lance 2 nouvelles chaînes: BFM Sport et BFM Paris ( s'ajoutant aux cinq autres chaînes thématiques lancées par SFR dont il est aussi actionnaire, avec Altice de son complice Patrick Drahi: SFR Sport 1 consacrée au football, SFR Sport 2 aux autres sports, la 3 aux sports extrêmes, la 4 diffusant des programmes en très haute définition, et la 5 consacrée aux sports de combat).
Canal+ refuse de se laisser imposer une séparation avec Jean-Marc Morandini. La direction met le marché en mains aux journalistes avec des propositions de départ avec indemnités pour les contestataires qui souhaitent quitter la chaîne.
Lundi, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, recevra trois syndicats de la chaîne
Les journalistes rebelles ont appelé la ministre du Travail à intervenir dans une entreprise privée pour "faire le point" sur le conflit avec eux. Traduire "faire pression". Selon l'entourage de la ministre, la même invitation sera lancée prochainement à la direction.
Le gouvernement s'est jusqu'à présent tenu en retrait.
La semaine dernière, Manuel Valls a fait valoir que ce conflit concerne un "groupe privé", tout en appelant la direction à la "responsabilité".
Au risque d'accusation d'interventionnisme étatique, le pouvoir a changé de pied. Vendredi, jour du 17e anniversaire de la chaîne d'info, la reprise du dialogue entre grévistes et dirigeants n'a débouché sur "aucune avancée concrète", selon des salariés qui y participaient.
L'affaire Morandini s'ajoute au conflit ouvert avant l'été, lorsque la rédaction avait fait grève quatre jours pour protester contre une réduction drastique des effectifs.
Deux projets incompatibles s'affrontent
"Soit c'est l'actionnaire qui gagne en faisant partir le plus de journalistes possible, soit ce sont les journalistes qui l'emportent, ce qui suppose que Bolloré accepte de dire 'Je me suis trompé', ce qui ne semble pas coller avec le personnage", analyse Patrick Eveno qui n'envisage pas un instant que, désignée par le terme de société de journalistes ou société de rédacteurs,l'association de journalistes puisse se tromper et avoir des a priori,voire des arrières pensées politiques.
En janvier 2013, P. Eveno a été nommé par la ministre de la Culture socialiste, Aurélie Filippetti, à la Commission de réflexion sur la réforme des aides à la presse. Il est le frère de Bertrand Eveno, qui fut PDG de l'AFP.
"Ce conflit est inédit dans l'histoire de l'audiovisuel", affirme Eveno, qui a démissionné du comité d'éthique en septembre 2015 après le licenciement de la directrice générale d'alors, Cécilia Ragueneau, directrice générale d'i-télé, la chaîne d'information du groupe Canal+ (de janvier 2012 à septembre 2015) et de la directrice de la rédaction Céline Pigalle, nommée directrice de la rédaction de la chaîne d'information i-télé en... mai 2012, puis directrice de l'information du groupe Canal +. C'est dire le parti-pris du déontologue.
Avec vingt jours de grève, c'est en fait le deuxième plus long conflit "social" (?) dans l'audiovisuel depuis mai 1968, après celui de Radio France, en mars-avril 2015.
Si rédaction et direction n'arrivent pas à réconcilier leurs visions éditoriales, il reste une troisième issue : la vente d'i-télé, selon M. Eveno. A Patrick Drahi ou Alain Weill, acheteurs compulsifs d'organes de presse. Mais "plus le conflit dure, moins la chaîne vaut cher", note-t-il. Justement, Drahi est très endetté...
Antoine Genton
Dans une tribune publiée vendredi sur le site de l'Obs, un autre analyste des media, moins impliqué, professeur à la Sorbonne Nouvelle Paris III, où il enseigne l’analyse de la télévision et la sémiologie audiovisuelle, François Jost, estime pour sa part "que la seule sortie de crise possible est le départ de Morandini". L'universitaire a toutefois réalisé plusieurs films, dont l’un, La Mort du révolutionnaire, hallucinée (1979), a reçu trois prix (Jeune Cinéma, Hyères et Belfort).
C'est l'arrivée de Jean-Marc Morandini, le 17 octobre à l'antenne, souhaitée personnellement par Vincent Bolloré, qui aurait mis le feu aux poudres, prétend Eveno, relais des prétextes avancés par les journalistes rebelles
Pour son émission "Morandini Live", l'animateur a fait intervenir "Samantha, correspondante aux Etats-Unis" qui s'est avérée être "une photographe interrogée depuis Londres", comme le relève le CSA. A partir de quoi, le gendarme de l'audiovisuel a bondi pour fustiger jeudi des "manquements aux exigences d'honnêteté et de rigueur" et menacé la chaîne privée de sanctions.
Saisi par des téléspectateurs et des salariés de la chaîne, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a le groupe dans le collimateur, s'avouant également "très attentif" à la nette séparation "entre information et divertissement" sur i-télé.
"En mettant l'accent sur le manquement aux 'exigences d'honnêteté', le CSA insinue bien que c'est la chaîne elle-même qui se retrouve en porte-à-faux avec sa convention." Et, sans le dire, il soupçonne un glissement que s'apprêterait à cautionner la direction i-télé, de l'information vers le divertissement, commente François Jost.
France 2 a effectué ce glissement du divertissement à la politique spectacle avec de "On n'est pas couché" (ONPC), à partir du 16 septembre 2006, veille de la présidentielle fatale à Ségolène Royal, candidate de la gauche, sans que le CSA sans émeuve.
Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) semblait être revenu à ses obligations et avoir pris la noble résolution de s'abattre sur toutes les erreurs des grandes chaînes de télévision. On se souvient que Rachid Arhab (journaliste détaché au CSA depuis 2007) est particulièrement pointilleux sur les éventuels manquements à la charte éthique de son ancien employeur France Télévisions : un moyen pour lui d'éviter d'être accusé (à nouveau) d'éventuelle cooptation et de conflit d'intérêt...
Président du CSA depuis janvier 2013, Olivier Schrameck peut-il se targuer de son indépendance?
Olivier Schrameck est le petit-neveu d'un ministre de l'Intérieur du Cartel des gauches qui vota les pleins pouvoirs à Pétain.
Lui-même fut chargé de mission auprès du ministre de l’intérieur et de la décentralisation Gaston Defferre (PS), puis directeur de cabinet du secrétaire d’État chargé des enseignements supérieurs Roger-Gérard Schwartzenberg (aujourd'hui PRG).
On le retrouve directeur du cabinet du ministre de l’Éducation nationale, Lionel Jospin, puis son directeur de cabinet à Matignon.
Quand il est nommé à la présidence du CSA, Laurent Mauduit (Mediapart) souligne qu'il a bénéficié du soutien de David Kessler, conseiller de François Hollande pour les media et l’audiovisuel "qui a travaillé sous son autorité à Matignon", lorsqu'il était directeur de cabinet de Lionel Jospin.
Schrameck est mis en cause lors de la nomination de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions. Les comités de rédaction de France 2 et France 3 dénoncent le 21 avril 2015 la procédure "opaque et anti-démocratique" mise en place par le CSA pour choisir le nouveau président de la télévision publique.
Philippe Bilger critique également une nomination "dans un climat de connivence et de clientélisme aux antipodes de la transparence que l’audiovisuel aurait exigée". Laurent Mauduit décrit une désignation "entachée d’irrégularités".
L'habit ne fait pas le moine
Olivier Schrameck n'est pas le meilleur déontologue dont puissent rêver les rebelles d'i-télé mené par Antoine Genton (cf. Emission L’invité d’Antoine Genton. Anina Ciuciu "on ne donne pas l'opportunité aux familles (roms) de s'intégrer"", i-télé, 27 septembre 2013).
Le présentateur Antoine Genton (i-télé), ci-contre, à la cérémonie GQ Hommes de l'année. Il porte un smoking en velours noir (1er prix: 765 euros), et une chemise de smoking col cassé en popeline de coton blanc, le tout De Fursac. Le RSA d'une personne seule et isolée s'élève à 687,22 euros.
La tâche de Myriam El Khomrin'en sera pas facilitée.
A l'écoute, le philosophe dit tout haut ce que déplorent les Français
Le philosophe estime qu'il n'est pas possible d'avoir un "débat serein"... sur l'islam en France
"Les journaux, ça sert d'abord à faire la litière des chats". Mais ça sert aussi à faire reluire les chaussures. Le philosophe Michel Onfray ne s'est pas privé de tacler les media français, lundi 21 marssur BFMTV à l'occasion de la sortie en France de deux de ses livres, dont l'un, à l'origine, ne devait pas être publié . Il a d'ailleurs annoncé la création de sa propre web TV.
"Je vais créer ma web TV, où on pourra donner une heure à quelqu'un pour qu'il développe ses arguments", a-t-il dit, après avoir vilipendé les media qui l'avaient éreinté.
— Jean-Jacques Bourdin (@JJBourdin_RMC) 21 mars 2016
"Les journaux, ça sert d'abord à faire la litière des chats" Et puis c'est subventionné par l'Etat, c'est-à-dire par nos impôts, donc la presse défend l'idéologie d'Etat, des gens qui la soutiennent. Donc c'est un normal que moi, qui suis un homme libre, je me retrouve souvent épinglé en Une de quelques journaux qui sont les journaux du pouvoir dominant", a-t-il lancé.
Il était notamment interrogé sur la Une de L'Express -du groupe Altice de Patrick Drahi qui possède aussi, outre l'opérateur français SFR-Numericable, L’Expansion et Libération, en attendant de concrétiser son partenariat stratégique avec NextRadioTV, le groupe d’Alain Weill, en vue du rachatà terme de BFMTV et RMC, employeur de Jean-Jacques Bourdin. Le magazine s'était sérieusement interrogé: "Faut-il brûler Michel Onfray?".
— Jean-Jacques Bourdin (@JJBourdin_RMC) 21 mars 2016
Longtemps retardé, son essai sur l'islam est paru la semaine dernière en France après avoir été publié début février en Italie. Michel Onfray avait initialement décidé, après les attentats de Paris du 13 novembre, de ne pas publier son livre en France car, selon lui, "aucun débat serein" sur l'islam n'y était plus possible.
"Je ne pense pas être le philosophe Fr le plus lu au monde, mais le plus critiqué probablement" Michel Onfray (RMC/BFMTV) #BourdinDirect
— Jean-Jacques Bourdin (@JJBourdin_RMC) 21 mars 2016
Par ailleurs, Michel Onfray a assuré vouloir limiter ses apparitions dans les media, notamment dans les émissions de Laurent Ruquier et Thierry Ardisson, des "émissions où on perd son âme". Ou encore "d'autres où on est coincé entre un chauffeur routier transsexuel et un gardien de but qui n'a pas écrit ses livres".