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mardi 25 février 2020

LREM accuse les oppositions de contaminer les municipales au coronavirus

Pour cause de municipales, la presse de Patrick Drahi conteste le devoir de vigilance de l'opposition et sa liberté d'expression

Est-ce "contaminer" la campagne de se poser les bonnes questions face à la "transparence" opaque du pouvoir ?

Alors que la France se prépare à une possible "épidémie" intérieure, de l'aveu du ministre de la Santé, dimanche, la classe politique se fait pointer du doigt par la presse gouvernementale pour des réactions qui "ne se sont pas fait attendre" ! "Du RN, qui en profite pour vanter la fermeture des frontières, à Buzyn, qui tacle Hidalgo, nul ne perd des yeux la prochaine échéance électorale," lit-on dans Libération. 
S'abaissant au niveau du CRAN qui s'en était pris bêtement à 'Tintin au Congo',  la réaction de SOS Racisme "s'est pas fait attendre", lançant une campagne contre le racisme anti-asiatique! En mal  d'audience, cette association n'hésite pas à dénoncer "une multiplication des propos stigmatisants, mais aussi une recrudescence d'insultes et d'agressions". Elle lance d'ailleurs une campagne de sensibilisation, relayée ce mardi par Le Parisien (propriété du Groupe Les Echos, détenu par le groupe LVMH. "Il y a des gens qui refusent de se faire servir dans les grandes surfaces par du personnel asiatique, qui rejettent des gens dans le train bondé parce que ces personnes sont asiatiques", a par exemple raconté à BFMTV [groupe Altice (SFR, BFM)], Sacha-Lin-Jung, responsable du pôle citoyenneté de l’association des Chinois résidant en France. Sans doute la contamination des Chinois du 13e arrondissement n'entacherait-elle nullement l'humanisme exemplaire de cette association solidaire en lutte contre les discriminations et des multinationales vertueuses qui volent pareillement au secours des Chinois en France...
SOS Racisme annonce la diffusion d'une série de visuels humoristiques, une réaction tout en légèreté à la pandémie. Dans une planche de bande-dessinée diffusée par Le Parisien, on peut voir la réaction d'un passager de métro face à l'éternuement d'une personne de type asiatique. 
Un personnage s'insurge, lançant à l'éternueur: "Vous n'avez pas honte de prendre le métro?! Vous nous mettez tous en danger avec cette toux!". Une partie des passagers se cache alors le visage, jusqu'à ce qu'un autre lance: "Personne n'a attrapé le virus de la connerie?" 
Pour des raisons idéologiques, les sachants de l'association et de la presse glorifient l'irresponsabilité: un con peut en cacher plusieurs. Le coronavirus peut-il être envisagé avec la même désinvolture que la grippe saisonnière, contre laquelle on dispose d'un vaccin, a fortiori le H1N1, virus de la grippe A responsable de la pandémie de grippe qui dura de 2009 à 2010 et contre lequel aucun vaccin n'est commercialisé ?
Les vertueux stigmatisent les Français. Dans ce monde sous la menace de toutes les démagogies, les plus responsables d'entre nous sont accusés sur BFMTV de répandre une "angoisse permanente" et un racisme anti-asiatique prégnant" .

"L'épidémie est à nos portes", lance pourtant Olivier Véran, le ministre. 

Alors, on reste les bras ballants et on cultive sa face sombre de la vertu ?
La fermeture des frontières est une option recevable, qui devait logiquement mettre la gauche hors d'elle. Or, c'est l'israélo-libano-français qui s'en fait le porte-parole, le journal de ce citoyen du monde s'en prenant plutôt à ses cibles privilégiées : "A droite et à l’extrême droite surtout," assure Libération avec la volonté polémique d'interférer dans les débats des municipales, dans trois semaines. "La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, s’est empressée [sic] de citer un article de Paris Match [groupe Lagardère] relevant que "l’Arménie, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan et l’Afghanistan ont fermé leurs frontières ou restreint les échanges avec l’Iran pour endiguer toute propagation du virus"

L'information est-elle également interdite de circulation, et par les organes de presse chargés de la répandre ? A des fins sanitaires.
S’exprimant sur Twitter, elle a ajouté, non sans ironie [sic], que "les dirigeants de ces pays doivent être probablement moins intelligents que notre nouveau ministre de la Santé ?" Mais ajoute : " Ou pas…" 
Nicolas Dupont-Aignan, chef de file de 'Debout la France', est également monté au créneau sur ce même réseau social en demandant le rétablissement "des contrôles à nos frontières, y compris dans [ou à commencer par] nos aéroports". Où est la faute ?

L'exécutif reste sourd à tout signal d'alarme d'un élu de terrain d'opposition 

Comme à l'Assemblée, le pouvoir macronien rejette toute proposition exogène. Du côté des Alpes-Maritimes, le député Les Républicains Eric Ciotti a pourtant écrit au premier ministre, poste restante : Edouard Philippe est en campagne des municipales au Havre et passe le dernier mois hors de Matignon, malgré le risque de pandémie qui nous guette. Elu du département frontalier de l’Italie - où l’on compte désormais plus de 200 malades du Covid-19 -, Ciotti  ne se satisfait pas de mesurettes et réclame un "plan d’urgence", avec "la mobilisation des établissements hospitaliers" et des contrôles renforcés à la frontière. 
Ce à quoi Bernard Gonzalez, le préfet du département, a répondu par la négative : "Imaginer un système de contrôle total des frontières […] relève d’une complexité forte, et donc, à ce stade, aucune décision en ce sens n’a été prise." Cette complexité du contrôle sera-elle allégée quand il sera trop tard ?
Le même préfet a en revanche annoncé un renforcement du dispositif sanitaire, dans un département où sont maintenus le carnaval de Nice et la Fête du citron de Menton, débutés tous deux le 15 février. Comme les supporteurs transalpins de la Juventus de Milan qui viendront disputer la Ligue des Champions à Lyon, les frontaliers italiens pourront passer la frontière et contaminer librement leur amis Français, avec le soutien de SOS Racisme, du Parisien ou Libération et de BFMTV ? 

Libération s'attaque à Buzyn, candidate LREM à Paris 

Les agents municipaux de Paris ne sont pas préparés à un éventuel confinement de la capitale,
a avoué 
Agnès Buzyn au micro d’Europe 1, lors d'un débat à l’échelle francilienne. Pour ne pas offenser une communauté particulière? 
En pleine campagne pour les élections municipales à Paris, l’ancienne ministre de la Santé n’a pas hésité à s’en prendre à Anne Hidalgo, accuse le journal de Laurent Mouchard-Joffrin. La candidate de la dernière heure estime que la maire sortante socialiste n’a pas suivi ses recommandations : "Vous lui demanderez si elle les a prises en compte et si elle a formé ses agents […]. A mon avis, ils ne le sont pas aujourd’hui." 

Une accusation mal accueillie par l'équipe de campagne de la maire sortante : son directeur de campagne, Emmanuel Grégoire, y voit ainsi "des propos à la fois inexacts et mensongers", quand le maire socialiste du Xe arrondissement de Paris, Rémi Féraud, dénonce une erreur de timing d’Agnès Buzyn, "juste après avoir déserté le ministère de la Santé en pleine crise", à la suite de la diffusion de sex-tapes porno du candidat de l'Elysée, Benjamin Griveaux, poussé à la démission.

Les pays atteints mettent sous cloche les villes contaminées
L’idée d’un Paris sous cloche a poussé d’autres personnalités publiques à prendre la parole. Sur France Bleu Paris, le médecin urgentiste Patrick Pelloux a laissé paraître son appréhension : "Ce qui est inquiétant, c’est que l’épidémie est en train de se répandre beaucoup plus vite que ce que l’on pensait. Il y a l’Italie, l’Iran, Israël, le Liban… Si jamais nous avions ne serait-ce qu’un foyer en Ile-de-France, cela aurait évidemment des conséquences assez difficiles à vivre pour les Franciliennes et les Franciliens."

De quoi s’interroger pour certains sur le maintien du semi-marathon et du marathon de Paris, qui devraient respectivement se tenir le 1er mars et le 5 avril. Les marathons de Bologne et de Tokyo ont, eux, déjà été annulés. 
SOS Racisme permettrait-elle que les sportifs chinois de Wuhan en soient exclus ?


mercredi 29 mai 2019

Sondage : Macron doit changer radicalemement sa politique

Une majorité de Français ne fait pas le lien entre politique intérieure et Union européenne

Les résultats des européennes traduisent les préférences des lobbies : presse, sondeurs et associations

audience4
Les hommes d'affaires Arnault (LVMH : Les Echos-Le Parisien, sondages Odoxa),
Vivendi (groupe Bolloré: groupe Canal+, dont C8 et CNews)
et Altice de Patrick Drahi (Libération, L'Express, BFM TV et RMC)
Car, les votants placent encore Macron en 2, malgré les mouvements sociaux et son impopularité.
En même temps, pour une majorité des Français interrogés (57%), Macron doit changer significativement l’orientation actuelle de sa politique. 

Deux jours après les élections européennes, qui ont vu la liste Rassemblement national portée par Jordan Bardella l'emporter sur celle de LREM prise en mains par Macron, la sujet de l'orientation de la politique de Macron est sur la table. Or, dimanche, quelques minutes après les premières estimations, l'Elysée avait clamé le contraire, assurant vouloir "intensifier l'acte 2 du quinquennat", et qu'il n'y aura "pas de changement de cap."

92% des sondés estiment que Macron ne sort pas renforcé de ce scrutin 

Considérant la désaffection lente mais continue des Français pour les partis historiques, PCF, PS et UMP, et le caractère distinct du scrutin des européennes ( à la proportionnelle et à un seul tour, alors que les législatives et les présidentielles sont des scrutins majoritaires à deux tours), la deuxième place de la liste du parti présidentiel ne devrait pas affaiblir outre-mesure la position du président par défaut. Selon une enquête Elabe commandée par BFMTV, 48% des sondés estiment en effet que le président de la République ne sort "ni affaibli ni renforcé" des élections européennes. En revanche, ils sont 44% à penser que le locataire de l'Elysée en sort uniquement "affaibli" et 8% "renforcé".
Dans le détail, et assez logiquement, ce sont les électeurs de la coalition LREM, MoDem et juppéistes d'Agir qui veulent croire à 68% que Macron ne sort ni affaibli ni renversé. A l'inverse, les sympathisants Rassemblement national et France insoumise sont les plus libres de penser, pour 73 et 58% d'entre eux qu'il en sort affaibli... 

Maintenir le cap est-il tenable ? 

Pour une majorité des sondés (57%), Macron doit changer significativement l’orientation actuelle de sa politique. Une volonté de changement qui n'est pas partagée par 31% des sondés qui estiment, quant à eux, que de simples aménagements sur certains aspects sont nécessaires, tandis que 11% jugent que le cap actuel doit être maintenu. 

Dans le détail, le changement est surtout voulu par les trois quarts des catégories sociales populaires et plus de 60% des catégories sociales moyennes. Ils sont également la moitié des retraités à avoir choisi cette option. 
A l'inverse, 38% des sondés issus des classes supérieures attendent des aménagements plus à la marge du "président des riches".

Politiquement, les divisions sont également notables. 
Ainsi, ils sont 82% des électeurs du Rassemblement national, 67% de la France insoumise, 53% pour LR, 53% pour EELV et 23% des abstentionnistes à vouloir un changement de cap significatif. Parmi les sondés plus favorables à de simples aménagements, ils sont 60% à être sympathisants LREM.
Le pouvoir d'achat en question 

Interrogés sur les suites à donner au quinquennat, les Français ont une vision assez claire du futur. Pour 53% d'entre eux, l'épineux sujet du pouvoir d'achat doit être pris à bras-le-corps par le gouvernement. Viennent ensuite la protection sociale (39%), le volet portant sur la fiscalité et les impôts (31%) et le système de santé (27%  des sondés).

D'autres thèmes ont également été abordés: le chômage (24%), l’immigration (23%), les dépenses publiques et la dette publique (23%) (thème le plus cité par les électeurs de la liste LREM-MoDem-Agir: 43%), la croissance économique (19%), la lutte contre le terrorisme (14%) et la place de la France en Europe et dans le monde (9%).

Seulement 4 Français sur 10 estiment que Macron mènera une politique plus écologique.

Classé en troisième position du scrutin métropolitain, la liste EELV portée par Yannick Jadot a récolté 13,47% des voix. Cette "vague" est typique des élections européennes, mais morcelée en plusieurs nuances de vert, en France et dans d'autres pays européens, dont l'Allemagne. Or, les scrutins précédents ont montré que la traduction nationale de ce vote vert européen n'est pas automatique et que le gouvernement français pourrait ne pas être contraint de renforcer ses propositions en matière de préservation de l'environnement.

Seuls 4 Français sur 10 estiment d'ailleurs que la majorité présidentielle mènera une politique plus écologique dans les mois à venir. Pire, seul un tiers d'entre eux pense que l’exécutif sera plus à l’écoute et un quart seulement qu’il sera plus rassembleur en la matière.

Logiquement, ce sont les sympathisants LREM qui, à plus de 80%, sont les plus confiants dans un tournant écologique du quinquennat. En revanche, les électeurs d'EELV, mais aussi du Parti socialiste, se veulent plus dubitatifs: respectivement 54 et 56% croient en une politique plus écologique.

Sondage mené sur un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 27 et 28 mai 2019.

Les entreprises de sondages sont-elles "scientifiques" et désintéressées ?


Les deux fondateurs d’Odoxa sont des anciens de l’institut de sondage BVA dont Vincent Bolloré et le fonds d’investissement Rothschild sont actionnaires. 
Le principal actionnaire actuel d’Odoxa est Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire de Le Parisien-Aujourd’hui en France. Nicolas Bazire, est l’un des administrateurs de LVMH, en même temps que l’un de ceux de l’institut de sondage IPSOS, dont est salarié un fils de Brigitte Macron. 
Notons au passage que Brigitte Macron a enseigné à l'école Franklin (lycée catholique privé Saint-Louis-de-Gonzague), haut lieu de l'éducation jésuite à Paris, par laquelle sont passés Jacques-Antoine Granjon (fondateur et PDG de vente-privee.com), Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann (liste Place publique-PS aux européennes) ou Bruno Le Maire ou Bruno Ledoux, président du conseil de surveillance du journal Libération, Jean-Claude Meyer, banquier d'affaires et vice-chairman international de Rothschild & Cie où Macron - recruté par François Henrot, que Macron fera chevalier de la Légion d'honneur le 14 avril 2017 en tant que ministre de l'Economie et des finances) bras droit de David de Rothschild - l'a eu pour mentor (lequel est, en outre, conseiller financier de la Côte d'Ivoire, où Guillaume Soro est l'ami ivoirien d'Alexandre Benalla, également lobbyiste au Tchad), et François Villeroy de Galhau, conseiller européen du ministre des Finances puis du Premier ministre Pierre Bérégovoy dans les années 90, ancien PDG de Cetelem, ex-directeur général délégué de BNP Paribas et actuel gouverneur de la Banque de France. Mais le plus intéressant ici c’est qu’il est gérant associé de la Banque Rothschild, comme Macron avec qui il a travaillé.
Et l'épouse du président a été professeur des enfants Arnault...

80% des instituts de sondage appartiennent à la sphère d’influence qui soutient Macron. 
Son conseiller en la matière n’est autre que Denis Delmas, ancien président de TNS Sofres. Deux mois après l'annonce de sa candidature à la présidentielle, alors que son programme était toujours attendu, Le Parisien clama que "Emmanuel Macron continue d'engranger des soutiens, principalement de personnalités de la société civile. Laurence Haïm [journaliste autodidacte et opportuniste, proche d'Hervé Chabalier, agence CAPA, ex-militant fondateur de la Jeunesse communiste révolutionnaire] et Jean Pisani-Ferry [socialiste, fils d'Edgard Pisani, instigateur de plusieurs mesures phares proposées par le candidat Macron, mais critique des politiques migratoires et sociales du président] figurent parmi les derniers arrivés dans l'équipe de campagne", ainsi que l'architecte Roland Castro, ex-militant de l’Union des étudiants communistes et du Parti communiste français, puis UJC, mitterandien, soutien de Montebourg aux primaires socialistes, puis de Macron...

Elabe a été créé en avril 2015 par CSA dont il est une filiale. Or, l’unique actionnaire de 
CSA, depuis 2008, est Vincent Bolloré, .

Employeur de Sébastien Trogneux, fils de Brigitte Macron,
IPSOS est sous la coupe de François Pinault et Fidelity.

samedi 6 avril 2019

Altice et Free prennent leurs clients en otages, marchandant la diffusion de BFM-TV 

Diffusion de BFM-TV : le torchon brûle entre les actionnaires de Libération et du Monde 

Les diffusions des quatre chaînes d’Altice aux 6,5 millions d’abonnés à la Freebox ont été suspendues

Résultat de recherche d'images pour "interruption de diffusion BFMTV"

Faute d’accord trouvé entre les deux parties pour la distribution des chaînes du groupe de media de Patrick Drahi, vendredi 5 avril, les clients de Free n'avaient plus le choix de leur manipulateur de l'info. Deux heures plus tard, Free rétablissait le signal.

BFM n'avait rien laissé ignoré à ses clients des chicaya entre les marchands de tapis  Altice et Free (dont le fondateur, Xavier Niel, est actionnaire à titre individuel du Monde), puisque la chaîne commerciale n'a pas hésité à faire pression sur Free en balançant des encarts donnant à croire qu'elle sortait de leur entente la tête haute. 

La querelle portait sur la distribution des chaînes du groupe de Patrick Drahi (BFM-TV et Business, RMC Découverte et Story). Vendredi 5 avril, Free, la maison mère de SFR a décidé, faute d’accord, de suspendre, dès 7 heures du matin, la diffusion de ses quatre chaînes aux 6,5 millions d’abonnés à la Freebox. 

Mais coup de théâtre, le trublion des télécoms, Xavier Niel, a rétabli le signal par ses propres moyens, moins de deux heures plus tard, provoquant la colère d'Altice), Drahi accusant l’opérateur Free de pirater la livraison du signal de ses chaînes. 

Au cœur du conflit, l’accord de diffusion signé entre les deux groupes, et qui est arrivé à échéance le 20 mars. Altice souhaitait profiter du renouvellement du contrat pour en revoir les termes, et faire payer Free un montant de 5 à 6 millions d’euros pour l’accès à ses chaînes et à leurs services ajoutés tels que la télévision de rattrapage. 
Mais le groupe de media s'opposa à ce chantage : l’opérateur, peu disposé à rémunérer des chaînes gratuites - jugeant les services ajoutés insuffisamment pertinents pour justifier une rétribution - ne s'attendait toutefois pas à une fin de non-recevoir. "Malgré notre position d’ouverture et la prolongation de la période de discussions, Free a refusé de négocier un accord de distribution des chaînes et services associés de BFM-TV, BFM Business, RMC Découverte et RMC Story", a expliqué Altice, la maison mère de SFR, par communiqué.

Un mariage malheureux

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La coupure par Altice, puis le rétablissement du signal par Free, n'ont fait qu' exacerber des tensions anciennes entre les deux camps. La maison mère de SFR a menacé de suites judiciaires, indiquant que des "mesures juridiques, réglementaires et judiciaires" étaient en cours "face à cette situation illégale ". 
De son côté, Free dénonce, comme contraire à la réalité, "la communication mise en œuvre depuis plusieurs semaines" par Altice, déballant régulièrement ses problèmes  avec Free sur ses chaînes.

Ce conflit n’est pas le premier du genre. 
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Les méthodes des media et des opérateurs
sont-elles respectueuses des Français ?
En 2018, il y a moins d'un an, une bataille avait éclaté entre les opérateurs de téléphonie et les groupes audiovisuels, dont notamment TF1 et M6, qui avaient réclamé une rétribution pour la diffusion de leurs chaînes et de leurs services ajoutés. Les opérateurs avaient finalement renoncé devant les groupes audiovisuels. 
La situation s’enlisant, lundi 1er avril, Altice demanda l’ouverture d’une procédure de règlement des différends au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Mi-mars, le gendarme de l'audiovisuel avait déjà proposé une médiation aux deux parties, sans succès. L’instruction de l’affaire a repris au CSA.

Derrière ce bras de fer avec Free se profile celui à venir avec Orange. 
L’accord de distribution qui lie l’opérateur historique à Altice doit prendre fin cet été. Et les négociations pour un nouvel accord s’annoncent d’ores et déjà ardues. "Ça discute mollement", confie-t-on sobrement chez Orange. 
Mi-mars, Fabienne Dulac, la directrice générale d’Orange France,  avait pris fait et cause pour son homologue, trouvant le montant réclamé par Altice à Free exagéré au vu des audiences de ses chaînes.



vendredi 10 novembre 2017

Altice : Patrick Drahi, acheteur compulsif ...à crédit, ne peut plus rembourser

Le vent tourne : SFR, BFM-RMC, le groupe l'Express et Libération dans la tourmente

L'entrepreneur a démissionné le 
directeur général d'
Altice, maison mère de l'opérateur télécoms SFR

L'annonce d'une vaste réorganisation de sa direction n'a pas surpris dans le milieu, jeudi soir. Patrick Drahi tente de reprendre le contrôle du navire en perdition, après les inquiétudes manifestées par les investisseurs.

Le Franco-libanais, fondateur et actionnaire de contrôle d'Altice, n'occupait plus de rôle de premier plan dans l'organigramme de sa holding, mais va devoir prendre la présidence du conseil avec pour objectif de superviser la stratégie du groupe et son exécution, en particulier en France où se concentrent les difficultés.
Michel Combes, en poste chez Altice depuis 2015, est remplacé par le bras droit de Patrick Drahi, Dexter Goei, qui dirigeait jusque-là les activités d'Altice aux Etats-Unis.

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Alain Weill devient incontournable en ajoutant la fonction de PDG de SFR à celle de directeur des activités media d‘Altice, précise Altice dans un communiqué, tandis que le directeur financier Dennis Okhuijsen assume la direction générale d‘Altice en Europe. 
Armando Pereira, le tailleur de coûts de Patrick Drahi, est, quant à lui, désigné directeur des opérations d‘Altice.
"Les nouvelles direction et structure de gouvernance sont conçues pour mieux mettre en place la stratégie d‘Altice, faire en sorte que le management réponde plus clairement de ses actes et améliorer les performances opérationnelles et financières du groupe”, déclare Altice dans un communiqué.

La débâcle financière

Ces annonces sont la conséquence de la chute en bourse du titre Altice, tombé jeudi à son plus bas niveau depuis près de deux ans, signe de l‘inquiétude persistante des investisseurs depuis la publication, vendredi, de résultats trimestriels jugés décevants.
Le titre a perdu 34% depuis vendredi et plus de 54% depuis le 9 juin.

Michel Combes, qui assumait la direction générale d'Altice et de SFR (et Numericable), paie les difficultés du groupe à stopper la fuite de ses abonnés en France en dépit de lourds investissements dans le déploiement du très haut débit et les contenus.
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Selon plusieurs sources, il a également pâti de sa difficulté à trouver sa place dans l'organisation d'Altice et de ses difficultés à s'entendre avec plusieurs pointures du groupe, pour certains compagnons d'aventure de longue date de Patrick Drahi. "Michel Combes ne fait pas partie du petit cercle, ce qui est un problème sachant que c’est un groupe qui fonctionne dans une logique de clan, de famille", raconte-t-on dans l'entourage de Drahi.
La démission du dirigeant, passé précédemment par Alcatel, Vodafone et France Télécom, a été officialisée jeudi, précise Altice dans un communiqué.

Depuis sa prise de contrôle par Altice, SFR, numéro deux du mobile en France, relégué à la troisième place dans le fixe derrière Free (Iliad), a perdu plus de 1,6 million de clients mobile et plus d‘un demi-million d‘abonnés fixes.

Avec le départ de son homme de confiance, l'entrepreneur Patrick Drahi envoie un signal fort, notamment en direction des marchés, de sa prise de conscience de la nécessité de résoudre le problème français.
A la présidence du conseil, Drahi aura pour mission de "déterminer la direction stratégique, opérationnelle, commerciale et technologique du groupe, et son exécution,  en particulier SFR", qui réalisait l'essentiel de chiffre d'affaires en France - tout en étant exilé fiscal au Luxemburg, puis à Amsterdam - précise ainsi le communiqué.
En 2014, alors qu’il étaitt ministre, Montebourg tacla Drahi et des enquêtes fiscales furent diligentées par Bercy."Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse ! Il va falloir que M. Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France."
Résultat de recherche d'images pour "drahi Macron"Drahi aura pour bras droit Dexter Goei, nouvel homme fort d‘Altice, qu‘il connaît de longue date et avec lequel il a remporté la bataille pour le rachat de SFR face à l‘industriel français Martin Bouygues. Ancien banquier d‘investissement à JP Morgan,puis Morgan Stanley, le dirigeant américain, entré en 2009 chez Altice, a supervisé avec succès la mise en Bourse des cablo-opérateurs Suddenlink (américain) et Cablevision rachetés par Altice aux Etats-Unis.
Il conservera ses fonctions aux Etats-Unis et assumera par ailleurs des fonctions centrales au sein du groupe.

Le tandem devra relever le défi de ramener la stabilité chez SFR, confronté à une valse de ses dirigeants depuis plusieurs années, tout en réussissant son pari de faire revenir ses abonnés grâce à une qualité de réseau restaurée et une offre de contenus enrichie.
En 2016, en autorisant le rachat de SFR, le ministre Macron a fait d’une pierre deux coups. Cette opération se révèle en effet particulièrement juteuse pour le clan Macron, puisque la banque d’affaires qui se charge de cette vente n’est autre que la banque Lazard. La banque Lazard est dirigée en France par Mathieu Pigasse, propriétaire du journal Le Monde et soutien essentiel de la campagne d’Emmanuel Macron. Les banques d’affaires toucheront de l’ordre de 260 millions d’euros de commissions sur ce deal.Si on veut moraliser la vie politique et éviter les conflits d’intérêts, est-il vertueux que le patron d’une banque qui est aussi patron de presse soutienne un candidat dont la décision lui a rapporté autant d’argent ?
Sans compter que SFR est (co-)propriétaire de Libération, du groupe l'Express (L'Express, L'Expansion, L'Étudiant., etc..) et de NextRadioTV créé par Alain Weill. 
Résultat de recherche d'images pour "drahi Macron"Or, celui-ci en est l'actionnaire principal de ce dernier à hauteur de (51 %) et les difficultés de SFR, dont il est actionnaire (49%), pourraient contaminer son groupe, notamment RMC et BFM, soient six chaînes de la TNT. Weill espère retirer les marrons du feu SFR, mais pourrait aussi bien s'y brûler.

Drahi est endetté pour un montant de 50 ...milliards d'euros !
On sait depuis un an, novembre 2016, qu'en deux ans, l'empire de Patrick Drahi, Altice, a doublé sa dette à 49,282 milliards d'euros... C'est, en 2018, quasiment l'enveloppe du premier budget de la Nation (50,6 milliards d'euros, l'Éducation nationale...

mardi 28 juillet 2015

Troisième fortune de France, Drahi développe son empire de presse sous la protection de Hollande

Drahi et Weill bâtissent le premier groupe multimédia français

Altice continue de faire son marché dans les media français

Drahi avale Weill
Il se rapproche de NextRadioTV, l'un des seuls groupes audiovisuels indépendants de France

Groupe multinational regroupant des câblo-opérateurs, des opérateurs de télécommunications et des entreprises de communications, Altice est un propriété de Patrick Drahi (à 58,50 % en 2015). L'entreprise de droit luxembourgeois et cotée à la bourse d'Amsterdam en 2001 est domiciliée dans un paradis fiscal.

Il a fait fortune en France, puis à l'étranger, grâce à une technique particulière de gestion d'investissements avec effet de levier appelée LBO, consistant à s'endetter fortement pour acheter une entreprise cible, puis la "restructurer" pour en majorer les profits financiers et rembourser les emprunts contractés par ponction sur leur propre trésorerie.

L'empire de Drahi, 51 ans, magnat de la presse
Pour l'instant, ses titres de presse écrite ne seront pas intégrés à la filiale media que pilotera Alain Weill, mais sont destinés à la rejoindre à terme. De quoi créer des synergies intéressantes, estime Nicolas Reffait, du cabinet d'analyses BearingPoint, un intéressé qui travaille pour les deux groupes à la fois: "Le groupe L'Express apparaît faible sur la vidéo, ce qui pénalise son activité publicitaire, et le site BFMTV.com pourrait être meilleur sur l'écrit" et améliorer sa visibilité. Le nouvel ensemble "rapprocherait des activités qui, prises indépendamment, peuvent présenter des perspectives de croissance faibles mais qui, réunies et bien orchestrées, sont réellement prometteuses", conclut-il.
Le personnel doit juste craindre des concentrations et des licenciements.

Le patrimoine de Patrick Drahi est évalué à 28,8 milliards de dollars, mais son endettement n'est pas chiffré... Or, l'endettement vertigineux de son groupe, Altice, suscite de vives inquiétudes.

Ses rachats ou intégrations en métropole dans les Télécoms


  • 2002-2007:Numericable, 
  • Noos, 
    France Télécom Câble 
    et TDF Câble


  • 2014 :
    SFR
    Virgin Mobile France
  • Portugal Telecom 
    l'opérateur israélien Hot
    l'américain Suddenlink, etc...


  • Filiales, dont Numericable-SFR (78 %)

  • Il détient 99 % des réseaux câblés de France.

    Le 21 juin 2015, Altice annonce une
    Offre publique d'achat (OPA) sur Bouygues Telecom pour 10 milliards d'euros: le conseil d'administration de Bouygues Télécom la rejette à l'unanimité le 23 juin.
    En 2014, sa double nationalité agite certains media. Selon Challenges, l'avocat de Patrick Drahi a déclaré que son client possède exclusivement la nationalité israélienne et qu'il a demandé la perte de sa nationalité française.

    Ses rachats ou intégrations en métropole dans les media 
  • Libération
  • ,

  • Groupe l'Express (Studio Ciné Live,
  • L'Express, L'Expansion,... 
    du groupe groupe belge Roularta)

  • groupe
  • Altice Media Group

    Devenue la première chaîne d'information en continu,
     BFMTV est principalement détenu par Alain Weill.
    L'aventure NextRadioTV commence avec l'acquisition de la radio nationale RMC par le groupe NRJ (et aussi Chérie FM, Nostalgie et Rire et Chansons), le 5 juillet 2000. Mais la loi française interdisant à un même groupe de desservir par le biais de ses différents réseaux radiophoniques plus de 150 millions d'auditeurs potentiels, NRJ Group renonce aussitôt à RMC et le directeur général du groupe NRJ, démissionne de ses fonctions pour racheter la radio RMC et créer Nextradio. En 2002, NextRadio reprend la radio BFM (qui se voulait celle du 'tout-économique" à sa création en 1991; 110 salariés), alors en redressement judiciaire. Jean-Luc Mano était le patron de la station, Ghislaine Ottenheimer, la directrice de la rédaction (avec les signatures de Patrick Chêne ou Daniel Bilalian) et les actionnaires Apax Partners, Dassault, Compagnie financière Rothschild.

    Patrick Drahi et Alain Weill ont conclu un accord de partenariat 

    Il prévoit l'intégration du groupe audiovisuel à la holding de l'homme d'affaires franco-israélien. Les deux entrepreneurs lancent ainsi en France le mouvement de rapprochement entre opérateurs télécoms et diffuseurs, initié aux Etats-Unis par AT&T et DirecTV.

    Après de rapides négociations, les deux patrons, self-made-men quinquagénaires qui se connaissent depuis près de vingt ans, ont annoncé lundi qu'ils lanceraient prochainement une OPA d'environ 595 millions d'euros sur le groupe, soit trois fois son chiffre d'affaires. Elle sera financée principalement par Patrick Drahi, qui poursuit ainsi - sans entrave gouvernementale ni européenne - ses acquisitions en rafales dans les télécoms et les media.



    Dans un premier temps, ces deux outsiders du gotha français des affaires se partageront le capital de NextRadioTV. Mais, d'ici à mars 2019, Patrick Drahi pourra en racheter la totalité et, comme la quasi-totalité des grands media français, NextRadioTV sera ainsi aux mains d'un grand industriel, à l'instar de Le Monde (triade socialiste Niel-Pigasse-Bergé), de TF1 (Bouygues), de Canal+ (Bolloré), Le Parisien et Les Échos (LVMH) ou M6 et RTL (l'allemand Bertelsmann).

    Le virage  de Weill à 180 degrés surprend le milieu

    Patrick Drahi va recruter Alain Weill comme nouveau patron mondial de ses activités media, pour lesquelles il affiche de grandes ambitions. Le fondateur de NextRadioTV va devenir membre du comité de direction du groupe de télécoms et de media Altice, mais pilotera aussi "l'ensemble des activités media d'Altice, en France comme à l'international", au sein d'une filiale dont il sera actionnaire à 24 %. Elle sera chargée d'investir à l'international, "où les perspectives de croissance sont nombreuses", précise Altice dans un communiqué.



    C'est un virage à 180 degrés pour Alain Weill, 54 ans, entrepreneur jusqu'ici très attaché à son indépendance, qui assurait ne pas vouloir vendre le groupe qu'il a créé de toutes pièces en 2000. NextRadioTV regroupe RMC, BFM TV, ainsi que les chaînes RMC Découverte et BFM Business. Mais, malgré des résultats en hausse l'an dernier, NextRadioTV restait fragile, dans un marché publicitaire toujours morose, face à des concurrents comme Canal+, TF1 ou M6 adossés à d'énormes groupes capables de financer leur développement. A la recherche de relais de croissance, Alain Weill vient d'ailleurs de conclure le rachat de la chaîne Numéro 23 pour 88 millions d'euros, une opération suspendue au feu vert du CSA.
    Les analystes ont bien accueilli cette nouvelle concentration socialiste. 
    "Cela permet d'envisager de nouvelles perspectives pour NextRadioTV en lui donnant des capacités d'investissement en France comme à l'international", a commenté Jérôme Bodin, chez Natixis. "Et cela va permettre d'accompagner le groupe Altice dans son internationalisation. On assiste à un rapprochement progressif entre les télécoms et les media, avec la nécessité pour les groupes télécoms d'avoir des contenus exclusifs", a-t-il dit.


    Patrick Drahi poursuit ainsi au pas de charge ses rachats dans les media, pendant que Hollande est encore au pouvoir. Et dommage pour France Télévisions qui va réclamer toujours plus de pub en début de soirée.


     

    lundi 25 mai 2015

    Drahi s'endette pour de multiples acquisitions, dont Libération, avec la bénédiction du tandem Joffrin-Hollande


    Patrick Drahi et Altice se sont taillé un empire dans la communication, presse et télécoms 

    Patrick Drahi s'inscrit dans une stratégie de rachats par endettement où il est passé maître

    Comment ce montage financier a-t-il était possible en république socialiste? Altice, la holding de P. Drahi - un consortium... luxembougeois - a pris le contrôle de Suddenlink  au moyen d'un montage nommé 'Leverage Buy Out' (LBO). Tapie, pas bien; Drahi, très bien ! 

    Or, une prise de contrôle par emprunt n'est possible, sans risques, qu'avec le soutien -la connivence- du pouvoir politique. En effet, Drahi est propriétaire d'une holding personnelle immatriculée à Guernesey, un autre paradis fiscal, Next Limited Partnership...

    Drahi s'est d'abord offert Numéricable, puis SFR, racheté par... Numericable pour 17 milliards d'euros à Vivendi l'année dernière. Puis Portugal Telecom (qui venait d'acquérir le Brésilien Oi), acquis début 2015 pour 7,4 milliards d'euros, avec le . Avec l'annonce de la prise de contrôle de Suddenlink Communication, le septième câblo-opérateur aux Etats-Unis, pour près de 7 milliards de dollars, l'homme d'affaires franco-israëlien Patrick Drahi et sa holding Altice (future actionnaire de l'Express), poursuivent leur frénésie d'acquisitions.

    2002, année Jospin (1997-mai 2002), marque le début de sa conquête du câble français. Patrick Drahi commence par acheter la compagnie alsacienne Est Vidéocommunication et se retrouve en moins de 4 ans avec 99 % du câble français. Son fonds d'investissement Altice rachète aussi Numericable, Noos, France Télécom Câble, TDF Câble et UPC France, pour 2 milliards d'euros au total

    A chaque fois, l'homme d'affaires franco-israélien procède de la même façon: avancer le moins d'argent possible en recourant majoritairement à l'endettement pour procéder à l'acquisition. Il utilise pour cela un montage nommé LBO (Leverage Buy Out, ou rachat à effet de levier).
    L'opération vise à confier à une holding le soin de financer l'essentiel du rachat par des emprunts. Ainsi, pour s'offrir 70% de la société Suddenlink, valorisée au total à 9,1 milliards de dollars, Altice, la holding de Patrick Drahi, ne va débourser qu'1,2 milliard de dollars en cash. Le reste, près de 6 milliards, sera financé par de la dette.


    L'entreprise rachetée finance sa propre acquisition

    Particularité du LBO, ce sont les bénéfices de Suddenlink Communications qui en assureront le remboursement progressif. A priori, l'entreprise en question est particulièrement rentable. En 2014, le câblo-opérateur américain a en effet dégagé un excédent brut d'exploitation de plus de 900 millions de dollars, pour un chiffre d'affaires de 2,3 milliards de dollars. Mais ce type d'opération s'accompagne généralement de plans de réduction des coûts -notamment en personnels- afin d'augmenter encore la rentabilité.

    Patrick Drahi est un habitué de ce type d'opérations, à tel point qu'il est parfois surnommé "le roi du LBO". Le rachat de SFR par Numericable, début 2014 - au coeur du quinquennat socialiste de Hollande -  constitue d'ailleurs à ce jour plus grosse opération de LBO jamais montée en France. Il faut dire que la période - avec des taux d'intérêt à leur plus bas historique - est particulièrement favorable. D'où la volonté de Patrick Drahi de profiter de cette fenêtre de tir pour se bâtir un empire dans les télécoms mais aussi les médias.

    Des acquisitions, à la hussarde, tambour battant

    L'acquisition de Suddenlink "n'affecte d'aucune façon nos ambitions en Europe, y compris en France", a ainsi indiqué mercredi le directeur général d'Altice Group, Dexter Goei. Lequel avoue aussi vouloir continuer à participer au mouvement de consolidation aux Etats-Unis. "Notre but est d'équilibrer notre portefeuille pour qu'au moins 50% (des revenus) proviennent des USA et 50% des autres pays et de la France", a-t-il esquissé. Contre 12% aujourd'hui en tenant compte de Suddenlink.

    De fait, le groupe aurait déjà noué des contacts en vue de racheter éventuellement Time Warner Cable, le deuxième câblo-opérateur américain. Un gros morceau valorisé 44 milliards de dollars, soit 11 milliards de plus qu'Altice.

    Un endettement de 30 milliards d'euros

    En attendant, les opérations successives ont considérablement gonflé la dette d'Altice: elle pourrait atteindre 30 milliards d'euros, après l'acquisition de Suddenlink. Mais ce chiffre ne semble pas inquiéter les analystes qui scrutent avant tout le ratio dette sur excédent brut d'exploitation. Celui-ci devrait passer de 4,7 à 4,9 mais rester en-dessous de la limite de 5, fixée par le groupe. Les investisseurs sont apparemment sur la même ligne: à Amsterdam, le titre Altice Group bondissait de 11,5% en fin d'après-midi.

    Si la politique de rachats de Patrick Drahi porte pour l'instant ses fruits, elle n'est pas sans risques. Elle suppose que les entreprises rachetées génèrent suffisamment de bénéfices, condition sine qua non du remboursement de la dette. Dans le cas du rachat de SFR par Numericable, l'opérateur mobile a certes renoué avec un bénéfice net et augmenté de 20% son excédent d'exploitation (ebitda), à 930 millions d'euros. Mais cela ne va pas sans heurts. Une partie des personnels étaient en grève mardi 19 mai pour protester contre les nouvelles méthodes de management au sein de l'opérateur au logo rouge.

    Le magnat des communications est la 57e fortune mondiale et le protégé de Hollande détient un patrimoine évalué à 18,4 milliards de dollars.
    Bercy ne manquera pas de nous confirmer que Drahi et Alice sont effectivement imposés en France,
    plutôt qu'au Luxembourg ou à Guernesey.