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vendredi 21 juin 2019

Immigration : une majorité de Français doute de la sincérité des "réfugiés"

Une enquête téléguidée par l'Elysée

Les entreprises de sondages savent humer l'air du temps politique

Résultat de recherche d'images pour "accueil refugies"
Jeunes bisounours bordelais
La légitimité des réfugiés est remise en cause partout dans le monde, confirme une étude Ipsos.

Seulement 43 % des Français
estiment, quant à eux, que la guerre ou les persécutions "constitue une raison suffisamment légitime pour se réfugier". 

La moitié des Français doute que les réfugiés soient de "vrais réfugiés", selon une étude parue jeudi 20 juin.

Celle-ci fait état d'une population française de plus en plus crispée et pessimiste sur les questions d'intégration. La France n'est pas plus stupide et humaniste que ses voisins, puisque la remise en cause de la légitimité des réfugiés est en hausse partout dans le monde selon l'entreprise Ipsos qui a mené cette enquête* sur près de 30 pays depuis 2017.

"54 % de la population mondiale
(contre 52 % en 2017) ne croient pas que les étrangers qui viennent dans leur propre pays sont de vrais réfugiés", précise l'étude publiée à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés. 
Un Français sur deux considère également que les migrations pour "sécurité économique et sociale" sont plus "crédibles" que "la recherche de refuge". Ce qui interpelle sur la pleine lucidité des sondés, s'agissant singulièrement de l'immigration "sociale" dans les pays les mieux-disants : répondent-ils avec le souci de coller à l'actualité marquée par la résistance du pouvoir actuel, sous couvert de catégories floues de nature discriminante ?

Les Français sans illusions sur la volonté d'intégration des réfugiés

Seuls 43 % des Français estiment qu'échapper à la guerre ou à des persécutions "constitue une raison suffisamment légitime pour se réfugier"? alors que le taux pour la population mondiale s'élève à 61 %, ce qui place les Français en bas du classement avec les ...Hongrois ! 

Les Français sont également les plus sceptiques concernant l'intégration des réfugiés. Ils sont 58 % à être convaincus que les réfugiés ne peuvent pas s'intégrer à la société d'accueil contre 47 % de la population mondiale.

VOIR et ENTENDRE
les accusations proférées sur la chaîne de télévision française d'information internationale en continu France 24 (saleté, etc) par les clandestins contre les responsables de leur accueil :

Enfin, la fermeture des frontières est de plus en plus considérée comme une "solution"
: ils auraient hésité à douter publiquement il y a deux ans, sous le régime socialiste, mais 42% de la population française y est aujourd'hui favorable, soit une augmentation de 2% en deux ans, à la satisfaction de Macron. C'est le Mexique qui a enregistré la plus haute progression de cette idée (+16%).

*Etude réalisée du 19 avril au 3 mai 2019 dans 28 pays, auprès de 18.027 personnes âgées de 18 à 64 ans.

mercredi 15 mai 2019

Européennes : LREM a-t-elle accaparé du temps de parole de l'opposition ?

La France insoumise accuse le gouvernement d’avoir fait voter une réforme qui limite son "temps de parole" au profit de LREM et du RN 

Le texte favorise surtout la liste de Marine Le Pen et
dans une moindre mesure, celle de LR, 3e dans les sondages

Européennes 2019, Macron s'affiche :
il n'a pas de limites...
Précision: cette coupe vise les spots publicitaires diffusés sur les chaînes publiques. Par chance, le temps de parole des candidats durant la campagne n'est pas du ressort l'Elysée. Pas directement.
Le CSA a déterminé le temps de parole de chaque parti. Dans une décision publiée au Journal officiel le 10 mai, le CSA a annoncé la répartition des 309 minutes de temps d’antenne entre chacune des 34 listes enregistrées. Or, elles ne sont pas considérées à égalité. Si chaque liste a droit à une durée d’émission forfaitaire de trois minutes, la réglementation ajuste le temps d’audience en fonction de certains critères : le nombre de députés, de sénateurs et de députés français qui déclarent soutenir la liste au Parlement européen, les sondages d’opinion publiés entre le 24 avril et le 7 mai [on ne s'étonnera donc pas que Bernard Sananes (PDG d'Elabe, après avoir servi Bolloré à CSA) fasse progresser la Liste présidentielle, alors que du constat des observateurs qu'elle est plombée par Nathalie Loiseau, et fasse chuter de trois points la liste LR] ou encore les résultats obtenus par les partis les soutenant aux européennes de 2014.
On constate ainsi une domination écrasante de la liste Renaissance (LREM, Modem) avec 55 minutes 53 secondes de temps d’antenne, 48 minutes 11 secondes pour le Rassemblement national, 38 minutes 20 secondes pour la liste soutenue par Les Républicains ou 18 minutes 37 secondes pour La France insoumise. Le service public offre ainsi deux fois plus de temps à la liste présidentielle qu'à LFI. Parmi les "petites listes", 21 d’entre elles bénéficieront de 3 minutes 33 secondes de visibilité.
Toutes les dépenses liées à la campagne audiovisuelle officielle sont prises en charge par l’Etat.
Trois soirées de débats sont également programmées: le 20 mai sur LCI, le 22 mai sur France 2 et le 23 mai sur BFMTV.
Plusieurs partis s'insurgent contre ces disparités
La candidate Pascale Le Néouannic, conseillère régionale d'Ile-de-France, secrétaire nationale LFI à l’émancipation, ou la tête de liste LFI menée par Manon Aubry (porte-parole de de l'association Oxfam France, dont Cécile Duflot est la directrice générale) ont tweeté des valeurs exprimées en minutes.


Il s’agit de la durée de diffusion pour les spots officiels de campagne.
Ces clips pèsent peu dans les scrutins, selon certains, notamment le Conseil d’Etat qui ne préconise pourtant pas leur suppression...
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) s'appuie sur de nouvelles règles, un aménagement des pratiques rappelant le charcutage des circonscriptions à la veille d'autres scrutins. En janvier 2018, au moment de la discussion des modifications, la réforme avait déjà suscité la polémique, en raison du traitement préférentiel qu’elle accordait à LREM, au détriment d’autres partis, dont La France insoumise de Mélenchon.
Avant la réforme, deux heures d’antenne étaient attribuées de façon égale aux groupes constitués à l’Assemblée ou au Sénat. Ceux qui ne disposaient d’aucun groupe devaient en revanche se répartir une heure, "sans que chacun d’entre eux puisse disposer de plus de cinq minutes".
Résultat : aux dernières européennes, en 2014, les six partis qui possédaient des groupes parlementaires (Europe Ecologie, Front de gauche (LFI et PCF), Parti radical de gauche, Parti socialiste, UDI et UMP) disposaient de vingt minutes chacun. Tandis que les 21 autres partis et groupements (dont le FN et Debout la République) avaient droit à deux minutes et cinquante-deux secondes chacun...
Des clips inutiles, mais augmentés de 90 minutes...
Le nouveau texte, notamment motivé par une décision du Conseil constitutionnel, avait pour objectif de donner plus de poids aux partis ayant peu de poids parlementaire… La réforme a ainsi divisé en trois fractions le temps d’antenne accordé pour les campagnes audiovisuelles :
- Première fraction: tous les partis présentant des listes ont droit à trois minutes d’émission chacun.
- Deuxième fraction: deux heures sont réparties entre les listes au prorata "du nombre de députés, de sénateurs et de représentants français au Parlement européen ayant déclaré les soutenir", prime donc aux partis ayant le plus d’élus à Paris et à Strasbourg.
- Troisième fraction: pour ne pas léser les partis ayant une faible représentation parlementaire mais ayant du poids dans le débat démocratique, le CSA peut répartir une dernière heure et demie dite de "correction" entre toutes les listes enregistrées. Cette répartition tient compte de plusieurs critères comme les "résultats obtenus aux Européennes de 2014, à l’élection présidentielle et aux élections législatives de 2017, des indications de sondages […], du nombre de conseillers régionaux et départementaux, et la contribution de chacune des listes de candidats et des partis et groupements politiques qui les soutiennent à l’animation du débat électoral", précise le texte.

En janvier 2018, plusieurs media avaient sorti la calculette pour estimer qui seraient les grands gagnants et les grands perdants de cette réforme. À l’époque, les observateurs estimaient que le FN et LFI seraient les grands perdants. Problème: le texte présenté à l’époque n’était pas celui qui est depuis entré en vigueur. Surtout, en plus des règles liées au nombre d’élus au Parlement, il n’était pas possible à l’époque de savoir comment le CSA répartissait les 90 minutes de correction.

Un qui perd, gagne ?

On connaît désormais la répartition exacte du temps de spots de campagne pour chaque liste aux européennes. La comparaison est difficile pour deux raisons. La première est que la réforme augmente
le temps d’antenne global, qui passe de trois heures en 2014 (pour 27 listes) à presque 5 heures (pour 34 listes) en 2019
La deuxième est que les listes apparaissent, disparaissent ou se scindent d'un scrutin à un autre.

La liste portée par LREM n'existait pas en 2014, mais ses alliés (Modem, Agir) ne sont pas des nouveaux venus, puisqu'ils suivaient Bayrou ou Juppé. Grâce à ces renforts, LREM (qui comporte aussi de nombreux ex-socialistes) moissonne sur tous les terrains et disposera de cinquante-cinq minutes et cinquante-trois secondes de clips de campagne (trois minutes de "socle", auxquelles s’ajoutent cinquante-deux minutes compte tenu du nombre d’élus soutenant la liste et 33 secondes de correction) pour ces élections de 2019. Une observation qui n'est en rien une justification, car la réforme est faite pour avantager la liste présidentielle.

Tous les partis anciens sont censés profiter de la rallonge de temps

Parti de gauche et PCF
Pour LFI, même difficulté, puisqu'il ne fallait pas que cette rallonge de temps conduise à une baisse de temps d'antenne de chacun. En 2014, c’est le Front de gauche (réunissant PCF et Parti de gauche), qui porte la liste aux européennes en disposant de vingt minutes pour ses spots. Aujourd’hui, LFI et le PCF font liste à part.
La France insoumise dispose à elle seule de dix-huit minutes et trente-sept secondes cette année, selon la répartition décidée par le CSA. Le PCF, lui, dispose de sept minutes et quarante secondes. Au total, et en valeur absolue, les deux listes de la gauche de la gauche disposent donc d’un temps d’antenne plus important qu’en 2014. Le temps d’antenne officielle pour les deux partis (un peu plus de vingt-six minutes), représente environ la moitié de celui de la majorité. Une situation… pas si différente de celle de 2014, où le PS et ses alliés du Parti radical de gauche (qui portaient ensemble les listes «Choisir notre Europe») disposaient à eux deux de quarante minutes, soit le double du Front de gauche.

Plus de quarante-huit minutes pour le RN
Un parti peut toutefois se féliciter de nouveau de son score à la présidentielle comme du nouveau texte, le Rassemblement national. En 2014, le Front national, qui ne disposait pas d’un groupe parlementaire, n’avait évidemment, droit qu’à deux minutes et cinquante-deux secondes lors de la campagne européenne. Grâce à Hollande, le FN a pu constater un groupe aux législatives et, grâce à Macron, la liste soutenue par Marine Le Pen disposera maintenant d’un peu plus de quarante-huit minutes pour diffuser ses spots de campagne à la télé et la radio publique. Un temps multiplié par 16, et qui est surtout très proche de celui de la majorité, mais c'est bien le but de l'opération : renouveler le coup de 2002 et celui de 2012, avec une configuration du "tout sauf Le Pen".

Le CSA - dont le président est nommé par le président de la République - n'a pas hésité à lui accorder pas moins de quarante-deux minutes de la fameuse "heure et demie de correction", pas loin de la moitié, répartie notamment en fonction des résultats des dernières élections et des ...sondages d’opinion ! 

Le deuxième parti qui a le plus bénéficié de cette correction n'est autre que La France insoumise, certes dans une bien moindre mesure, avec douze minutes et quarante-trois secondes.

Tous les partis gagnent du temps d'exposition sur le service public.

Outre le RN, le parti Les Républicains a logiquement bénéficié de la réforme. Le CSA lui a accordé trente-huit minutes et vingt secondes de temps d’antenne pour sa campagne publicitaire, là où l’UMP ne disposait que de vingt minutes en 2014. Avec deux heures de plus accordées aux clips en 2019 et un gain de vingt minutes, le premier parti d'opposition ne disposera que d'un sixième du mieux. 

Un parti comme Debout la France, fondé en 2008 et 4,70 % des suffrages à la présidentielle de 2017, gagne aussi en visibilité. Le parti passe en effet de moins de trois minutes en 2014 à un peu plus de huit minutes cette année.

Le PS reste globalement stable (dix-neuf minutes et quarante-trois secondes en 2019, contre vingt minutes en 2014, même si ses listes disposaient de quarante minutes de temps d’antenne grâce au PRG), malgré ses 6,36% à la présidentielle... Idem pour une grande partie des listes, comme le Parti pirate ou la liste royaliste, qui passent de deux minutes cinquante-deux secondes à un peu plus de trois minutes.

Comme le temps d’antenne a globalement augmenté, les partis qui ont perdu du temps d’antenne sont plus rares. 
Parmi eux, on retrouve par exemple Europe Ecologie-les Verts, qui disposait de vingt minutes en 2014 contre moins de quinze minutes en 2019. Mais ils n'ont plus que 3 sénateurs et un seul député...


samedi 20 mai 2017

Cote de confiance de Macron (45%), au plus bas en début d'un mandat de président

Comment l'information en continu a peu à peu ruiné l'état de grâce des présidents 

La presse de qualité a roulé au caniveau

Où est L'Express? Et Pierre Bergé ?
Installé par 
les organes de presse qui font commerce de leur proximité avec les acteurs politiques complaisants,  ainsi que par le culte de l'exclusivité, du scoop et du buzz, le règne de l'image et de l'immédiateté a valorisé l'info à chaud, superficielle, voire sensationnelle, mieux, compassionnelle et vertueusedésormais, (face aux réseaux sociaux hantés par les trolls ou aux sites d'information numérique animés par les manants, anarcho-révolutionnaires sans foi ni loi qui diffusent, sans filtres ni précaution, des informations que la presse institutionnelle s'évertue à dissimuler), au détriment des faits bruts, de l'analyse de l'information et de la réflexion à froid. Tout est frelaté, jusqu'au 'fact checking', d'abord inventé pour démonter les manipulations de chiffres, puis détourné pour contredire les opposants.
Les pertes de distance physique et de recul intellectuel ont produit une proximité stérilisante due au copinage d'intérêt économique des quelques magnats de la presse (les hommes d'affaires Pierre Bergé -Le Monde et - ou Patrick Drahi, en passant par Xavier Niel, époux de Delphine Arnault, directrice générale adjointe de Louis Vuitton - malgré une mise en examen de l'entrepreneur et son placement en détention provisoire à la prison de la Santé, Paris, pendant un mois en mai 2004, pour proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux concernant un de ses 'peep-shows', méchante affaire blanchie par un non lieu rendu par le juge d'instruction ...Renaud Van Ruymbeke - , fille de Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, lequel habille, tant bien que mal, l'épouse sexagénaire du président Macron). 

La confiance accordée à Emmanuel Macron et Edouard Philippe est exceptionnellement basse pour un début de mandat, révèlent plusieurs études d'opinion

Si l'ex-banquier bénéficiera de l'"état d'urgence", le traditionnel "état de grâce" lui est en revanche d'ores et déjà retiré. En consultant les archives des cotes de popularité et de confiance, on trouve un seul Président sous les 50% après son investiture, Valéry Giscard d'Estaing. C'est certes une constante, eu égard à la désacralisation de la fonction par la presse d'argent aussi bien publique que privée, incapable de veiller à sa propre intégrité, donc à sa respectabilité et, au final, à sa crédibilité : l'état de grâce est de plus en plus court, comme est de plus en plus faible la confiance en la presse... Les deux pouvoirs se sont entraînés dans leur perte respective.

Cet état de grâce, c'est la période du début de mandat pendant laquelle l'exécutif affiche de bons scores de popularité dans les sondages et se trouve ainsi légitimé dans son action. Or, Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe ne bénéficient pas d'un "état de grâce" et les commentateurs ou presque s'accordent à dire que le défi du nouvel exécutif reste entier pour légitimer son action. 
L'attelage gauche-droite Macron-Philippe fait fi de la volonté populaire. Le jeune président Macron en a décidé ainsi d'autorité, comme il a eu recours à l'article 49.3 pour imposer - à quatre reprises- sa loi Travail contestée. Dans l'histoire de la cinquième République, presque tous les débuts de mandats ont été marqués par cet état de grâce. Sauf eux. Un sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique indiquait ce jeudi qu'Emmanuel Macron affiche une cote de confiance de 45% (46% des sondés ne lui font pas confiance, et 9% sont sans opinion). Un niveau nettement plus défavorable que celui atteint par ses prédécesseurs au lendemain de leur investiture. On imagine pourtant mal que les commanditaires de cette enquête commerciale sont le pôle média du groupe LVMH et il faut donc s'attendre à ce que les stratèges de l'Elysée passent la commande informelle  d'une prochaine étude, au détour d'une quelconque action présidentielle, même anodine, qui déclenchera ni plus ni moins que l'enthousiasme.
Edouard Philippe, tout juste nommé, bénéficie pour sa part d'une cote de confiance de seulement 36%. 
Quant à la composition du gouvernement, elle reçoit 43 % d'approbation pour 23 % de mécontents, et 34% qui ne se prononcent pas, selon un sondage OpinionWay pour Tilder-LCI publié jeudi.

Un duo exécutif sous les 50%, ça ne s'est vu qu'une fois dans l'histoire de la Cinquième 

Et la situation était assez semblable à celle d'aujourd'hui : il s'agit de Valéry Giscard d'Estaing, président centriste élu en 1974, et de son Premier ministre de droite... Jacques Chirac. Selon le baromètre IFOP de l'époque, Giscard bénéficiait en début de mandat d'une cote de popularité de 44%, et son chef de gouvernement de 34%.

Ironie du sort, Valéry Giscard d'Estaing, avant Emmanuel Macron, "est le premier à avoir introduit ce concept des 100 jours et l'idée qu'il fallait aller vite, sur le modèle américain de Roosevelt et Kennedy. VGE estimait que le temps de l'audace est court et nécessite une urgence avant que les conservatismes n'empêchent l'action", justifient dans Les Échos (groupe Vuitton-LVMH) Vincent Martigny, professeur de science politique à l'Ecole polytechnique.
En 2002, Jacques Chirac affiche un taux de confiance de 53% après sa victoire contre Jean-Marie Le Pen et Lionel Jospin.

Les analystes ne manquent pas aujourd'hui pour dire avoir prévu l'absence d'état de grâce d'Emmanuel Macron

Faire l'amour au peuple est
devenu communication pure
Ils justifient la réserve du peuple par son score relativement modeste face à Marine Le Pen au deuxième tour. Avec 66,10 (vs Le Pen 33,90), Macron n'a pas fait le plein, enregistrant une défiance qui ne faiblit pas aujourd'hui. Egalement face au FN (Jean-Marie Le Pen, 17,79 %), en 2002, Jacques Chirac avait rassemblé 82,21 % .
Preuve que le projet du banquier Macron n'a pas su mobiliser autant que le prétendent les puissances d'argent (finance et presse mercantile en partenariat), le taux d'abstention atteint un record : 25,44% (plus de 12 millions de personnes), auquel il convient d'ajouter les taux de votes blancs, 8,51 %, et de votes nuls, 2,96%.

Ces analystes oublient juste qu'Emmanuel Macron n'a obtenu que 24,01 au premier tour de la présidentielle 2017, contre 21,30 à Marine Le Pen. 
Si on se réfère à l'élection de 2002, qui avait vu Jacques Chirac battre Jean-Marie Le Pen avec plus de 82% des voix (piqûre de rappel destinée aux journalistes militants) et environ 20% d'abstention, le taux de confiance du président Chirac au début de son deuxième mandat était de 53%, soit encore 9 points de plus qu'Emmanuel Macron.

Un état de grâce de plus en plus court est en rapport du rejet grandissant de la politique et de la presse

Le taux de confiance en début de mandat est mesuré depuis plus de 50 ans par l'Ifop, et c'est Charles De Gaulle qui détient le record, avec 67% de confiance en 1959. Il est suivi de Nicolas Sarkozy (65% en 2007, à la suite de J. Chirac), François Hollande (61% en 2012), Jacques Chirac (59% en 1995), François Mitterrand (51,76 % au second tour en 1981) et Georges Pompidou (54% de confiance en 1981 et en 1969 respectivement et VGE" (44% en 1974). Emmanuel Macron ferme donc la Marche...

Les cotes de popularité mesurées depuis 1978 par TNS Sofres lui inspirent une une autre leçon.
La réduction de la période d'état de grâce irait dans 'le sens de l'Histoire'... Ainsi, pendant le mandat de VGE, la courbe d'impopularité dépassa de la courbe de popularité en janvier 1981, en fin de mandat, alors que chez Mitterrand, les deux courbes se croisent en mai 1983, moins de 2 ans après son élection. Elles se croiseront dès octobre 1995 pour Jacques Chirac, dès décembre 2007 pour Nicolas Sarkozy, et dès septembre 2012 pour François Hollande, soit un "état de grâce" de quelques mois seulement. TNS Sofres évacue les causes,et ne distingue pas les causes personnelles, liées à l'incompétence et au dilettantisme de François Hollande, des raisons objectives telle que la crise financière mondiale qui s'est profilée à la fin 2007 - la crise des subprimes avait frappé le secteur des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis, dès juillet 2007 - pour s'étendre à l'Europe en 2008. 

A sa décharge,
Macron n'est pas aidé par le bilan et la cote de son prédécesseur, l'indécrottable François Hollande, lequel n'a pas l'excuse de la crise financière et économique internationale affrontée par Nicolas Sarkozy en 2008 et qu'a évoquée le nouveau président dans son discours d'investiture :
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Hollande n'avait pas eu à faire face à la crise financière et économique internationale qu'a affrontée Nicolas Sarkozy en 2008 et qu'a évoquée le nouveau président dans son discours d'investiture.

VOIR et ENTENDRE le président Macron établir sa filiation en rendant hommage à ses prédécesseurs, lors de son discours d'investiture:


Au moins, Emmanuel Macron avait mis en garde. La veille de son élection, il prévenait déjà qu'il n'y aurait "pas d'état de grâce" et qu'à "la minute d'après, rien ne sera acquis". Et pas seulement parce que c'est le "sens de l'Histoire" et que c'est comme ça ! Les chiffres lui donnent raison, puisque, selon la presse, il a toujours raison, quels que soient les indices et l'absence d'explication : ni crise formée, ni inconscience avérée. 

dimanche 28 février 2016

Présidentielle 2017: et si Hollande devait renoncer ?

L'avenir politique de Hollande se bouche

Qui peut croire encore qu'il a un avenir ?

Les Français étaient prévenus. Mais, sous la pression partisane des media déchaînés, ils ont misé sur le mauvais cheval, en sachant qu'il n'avait aucune expérience gouvernementale et que son tempérament dilettante et irrésolu le porte à l'indécision et au compromis.  
La France n'a jamais connu une telle déconfiture en temps de paix et aucun état occidental n'est autant menacé par le terrorisme. En plus de records d’impopularité (19% d'avis favorables), ses voltes-faces incessantes placent le président au pied d'un haut mur de contestation dressé dans son propre camp. L'homme de la synthèse n'aura réussi qu'à fracturer l'édifice. Pitoyable, il caresse l'espoir de réaliser sa promesse d’inverser le chômage, si la conjoncture extérieure est propice. Reste-t-elle une lueur d’espoir au bout du tunnel ?

Les chiffres du chômage occultent la gravité de la situation de l'emploi en Outre-Mer, mais les Tahitiens n'ont rien changé à leur coutume et ont offert des fleurs à leur hôte, les Wallisiens qui n'ont pas l'internet ont acclamé leur visiteur avec respect et les Sud-Américains ont accueilli le représentant de la France avec les honneurs, malgré son arrivée en Falcon de remplacement de 14 places, l'A330 présidentiel étant resté cloué au sol de Lima par une panne électrique. Les images de la cohorte de journalistes qui l'accompagnait n'ont pu dissimuler la Polynésie sous la pluie, mais ont parfaitement masqué une réalité sociale proche du tiers-monde. S'il cherchait à reprendre haleine comme les écoliers de la zone Ile-de-France en vacances de février, le président a fait un mauvais calcul. Il n'était pas arrivé au bout de ses 60 heures de vol, que le président fut rattrapé par le fracas politique de la gauche socio-démocrate trahie.

Qui Hollande représente-t-il, s'il n'est plus soutenu par tous les siens ?

Dans le pays réel, les nuages s’amoncellent, le tonnerre social gronde, les coups pleuvent. Après la rébellion syndicale et étudiante lundi et mardi contre la réforme du code du travail, Martine Aubry, Daniel Cohn-Bendit et une douzaine d'intellos socialistes bernés et d’écologistes radicaux ont fait tomber la foudre dans une tribune à visée pétitionnaire intitulée "Sortir de l'impasse" et publiée par Le Monde, journal détenu par des hommes d'affaires multi-millionnaires et socialistes, résumant leur rancoeur en cette formule : "Trop, c’est trop." L'attaque est tellement violente qu'ils auraient pu aussi bien écrire "démission", comme l'ont crié les éleveurs au Salon de l'Agriculture. Outre leur profonde inquiétude sur les choix sociaux du gouvernement Valls, ils dénoncent "le désolant débat sur la déchéance de nationalité".

Ils critiquent le pacte de responsabilité passé avec le patronat ("41 milliards pour rien") et condamnent  comme un faute contre le socialisme l'erreur fatale de la réforme du code du travail que Valls fait endosser à Myrian El Khomri  ("A qui fera-t-on croire qu’en multipliant les facilités de licenciements, on favorisera ainsi l’emploi"). Ils rejettent "l’indécent discours de Manuel Valls à Munich" contre les migrants. Un président attaqué par des membres de son propre parti : c’était encore inédit.

La courbe du chômage va-t-elle mollir ?

François Hollande ne maîtrise plus ce PS qu’il a roulé dans la farine et devient le problème à éliminer. La question est posée : peut-il encore être le candidat de la gauche en avril 2017 ?
Lui-même a lié sa décision à la courbe du chômage. Or, depuis quatre ans qu'il la voit venir, les demandeurs d'emploi attendent son inversion et se désespèrent. La presse partisane répète, derrière Sapin, que les derniers chiffres  donnent du crédit à son espoir, assurant de surcroît qu'il serait partagé par les victimes de sa politique: 27.900 chômeurs en moins - en métropole - en janvier, lâchent ces media, sans prendre en considération les laissés pour compte des statistiques. Même Le Monde titre pourtant sur "Une hausse 'inhabituellement forte" et "inexpliquée" de désinscrits d'office sur les listes de Pôle emploi," rapporté par la DARES, service des statistiques du ministère du Travail.
Les ministres de mauvaise foi ont évidemment salué cette baisse à l’unisson et certains l’ont même renvoyée à la face d’Aubry. 
Mais les media sont-ils dans leur rôle d'information en taisant qu'à la fin de chaque mois, les demandeurs d'emploi sont tenus de déclarer leur situation à Pôle emploi, sous peine d'être désinscrits d'office et qu'en janvier, 238.900 personnes sont sortis des listes pour ce motif, soit plus de 40.000 de plus qu'en décembre. De quoi prendre avec des pincettes des chiffres frelatés dont s'enorgueillissent des ministres, par ailleurs honorables.
Ce nouveau frémissement reste cependant à confirmer, s'il ne vire pas au soubresaut. L’Unédic continue de promettre pour la fin de l’année une légère diminution que l'opposition est déjà justifiée à qualifier de "statistique"En 2015, des baisses mensuelles ont déjà été annulées le mois suivant. Sans compter le "bug informatique" d'août 2013...
650.000 emplois ont été détruits depuis le début du mandat. 
En 2014, 74.000 emplois ont été détruits en France. A la fin 2014, François Hollande avait déjà enregistré plus de destructions d'emplois depuis le début de son quinquennat que Nicolas Sarkozy sur l'ensemble de ses 5 ans de mandat.

D’ailleurs, le moral des ménages (-2 points) et le climat des affaires continuent de s’effriter selon l’Insee qui évoque "un petit vent de pessimisme." Au bout de 43 mois de présidence, les résultats de Hollande sont plus catastrophiques que ceux enregistrés par son prédécesseur. Bref, François Hollande affichera un aussi mauvais bilan en 4 ans que Nicolas Sarkozy en 5, la crise mondiale de 2008 en moins.
Sondages : la rechute

Il se traduit pour le président par une impopularité plus élevée qu’avant les attentats : 20 % de confiance, selon le baromètre mensuel Odoxa. Par comparaison, Nicolas Sarkozy tournait à 30 % début 2011. 
Selon une autre enquête Ifop/Fiducial, Hollande est relégué à 11 points de Marine Le Pen (17 % contre 28 %) et ne se qualifierait donc pas pour le second tour de 2017. Alain Juppé le devance de 17 points. Il y a 5 ans, Nicolas Sarkozy était donné perdant au second, mais n'était pas éliminé au premier tour. Encore de l'inédit au passif du "président normal"... 
Pour Frédéric Dabi, directeur des études à l’Ifop, "des pans entiers de l’électorat de gauche, les fonctionnaires et enseignants, les professions intermédiaires, les jeunes se détournent de François Hollande. Cela en dit long sur sa fragilité et sur le divorce avec la gauche. Un tiers de ses électeurs de 2012 refuse de revoter pour lui. Beaucoup lui préfèrent Bayrou quand on teste le maire de Pau, voire Juppé, septuagénaire propulsé par les média sympathisants du PS à des niveaux inédits depuis Mitterrand en 1988. Mais avril 2017 est encore loin et Juppé n’a pas gagné la primaire à droite. Mais le rejet est structurel, massif et offre peu de possibilité de rebond."
Dans un sondage Ifop pour le 'Journal du dimanche' du 20 février, le président de la République ne recueille plus que 19% de satisfaits (- 5 points par rapport à janvier) et mécontente 81% des Français.
Son Premier ministre fait 33% de satisfaits (- 6 points) et 66% de mécontents.
La primaire de la division

Le président ne serait plus le bon candidat. La primaire est devenue un vrai sujet à gauche. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a beaucoup varié, avant d'admettre le principe pour mieux en étouffer l’application. Aujourd’hui, à force de hanter le débat, le sujet n’était plus une chimère et plombait François Hollande. Depuis la tribune incendiaire des socio-démocrates du PS dans Le Monde, Hollande est entré dans le couloir de la mort.

Les débats parlementaires sur la déchéance de nationalité et la loi portée par la kamikaze El Khomri annoncent un printemps orageux. 
Quand le président sera-t-il au pied du mur pour décider de son sort ? Il n’existe actuellement aucun précédent dans l’histoire de notre Ve République, ni dans les grandes démocraties : depuis un demi-siècle, le sortant s’est toujours représenté. Un jet de l'éponge serait… du jamais vu !

samedi 31 mai 2014

Hollande pourra-t-il aller au bout de son mandat ?

Une majorité battue à deux scrutins reste-t-elle légitime?  Et son président à 3% dans un sondage ?
Media et politiques s'interrogent. 

Christian Delporte décrypte la situation après les échecs du PS aux européennes: et si François Hollande n'allait pas au bout de son mandat ?

Invité de BFM-TV au lendemain de la débâcle des européennes, François Bayrou a eu un sursaut de désir d'avenir, lâchant "François Hollande n'ira pas au bout de son mandat. Il va y avoir un coup de foudre d'ici là. On ne peut pas durer trois ans dans la situation où on se trouve."

Selon une étude OpinionWay réalisée en exclusivité pour Le Figaro Magazine, les Français ne sont plus que 3% à préférer François Hollande comme candidat du PS à la prochaine présidentielle de 2017. En dépit de la force des institutions, l'hypothèse de voir François Hollande démissionner est-elle désormais crédible?
La démission du leader qui n'a plus la confiance du peuple est une vieille question, théorisée par…les bolcheviks ! Sur le plan institutionnel, rien n'oblige François Hollande à partir. L'impopularité mesurée par les sondages (même si l'actuel Président bat des records, sur ce plan) ou l'échec aux élections intermédiaires ne suffiront pas, sauf s'il en décidait lui-même ainsi, à le pousser à la démission. A cet égard, ses prédécesseurs ont eu la même attitude. Seule une situation exceptionnelle de chaos (manifestations et grèves massives, pays bloqué, violences…) pourrait l'y conduire. Nous n'en sommes pas là. Quand on est à la tête de l'Etat, on croit toujours, même si on s'illusionne parfois, qu'on finira par rebondir et reconquérir l'opinion. La démission, pour un homme politique, a fortiori exerçant les plus hautes fonctions, est une extrémité inadmissible. Seuls l'épuisement ou la contrainte sous une forte pression l'y mènent éventuellement. En attendant, les leaders de l'opposition peuvent bien poser la question du départ de Hollande, c'est bon pour mobiliser leur électorat qui attend un tel discours. Mais, en leur for intérieur, ils savent, par expérience, que cela ne se produira pas. 

Cette situation serait-elle inédite dans l'histoire politique?

Le Président Mac Mahon a démissionné en 1877, après avoir dissout la Chambre, finalement poussé dehors par la nouvelle majorité républicaine qui refusait de gouverner avec lui. Alexandre Millerand fut dans la même situation en 1924. D'autres chefs de l'Etat ont démissionné sous la IIIe République: Jules Grévy, en 1887, emporté par un scandale, Jean Casimir-Périer, en 1895 (après 6 mois et 6 jours, par dépit), Paul Deschanel, en 1922 (pour des raisons de santé bien connues): mais, à l'époque, comme disait De Gaulle, les présidents "inauguraient les chrysanthèmes" [Et une rupture de confiance avec le peuple n'impactait pas aussi lourdement le pays que sous la VIe République]. Le Général, justement, est parti en 1969, désavoué par le peuple lors d'un référendum où il avait mis son mandat en jeu. Dans ces deux cas, le départ résulte de l'expression du suffrage universel [Et on comprend donc ce qui fonde l'aversion de Hollande pour le référendum]. Mais, malgré lui [suffrage universel], Mitterrand, à deux reprises (1986, 1993) et Chirac (1997) ont préféré la cohabitation à la démission [le socialiste avait choisi la stabilité contre le chaos, rendant ainsi hommage à la Constitution de 1958...]. On se rappelle aussi qu'en 1968, De Gaulle avait écarté l'hypothèse de sa démission, préférant dissoudre l'Assemblée nationale, provoquer des législatives anticipées et, ainsi, poser la "question de confiance" au peuple français [et préférer le dialogue direct]

L'Express titre en une cette semaine, "Encore trois ans", tandis que Valeurs actuelles pose la question "Doit-il partir?" Ces Unes sont-elles le reflet d'une fragilité réelle du pouvoir ou contribue-t-elle à le déstabiliser?

Valeurs actuelles s'adresse à une clientèle de droite, tandis que L'Express vise un public plus large, mais les deux se rejoignent, simplement parce qu'ils traduisent l'air du temps. Je ne me lancerai pas dans la théorie de la poule et de l'œuf. La presse [Libération? Le Monde ?] évoque le départ de Hollande, parce que son impopularité bat des records et que, pour vendre, il ne faut jamais trop s'éloigner de ce que pensent ses lecteurs…Mais, du coup, répétée, reprise, l'idée du départ fait son chemin. La presse est généralement opportuniste et panurgienne.
Le chrysanthème manque d'eau
Souvenons-nous de l'époque de Nicolas Sarkozy, d'abord porté aux nues, ensuite jeté aux orties. La mode est au Hollande-bashing, pratiqué jusqu'à l'intérieur du PS (au moins dans les couloirs). Si Hollande remonte, même timidement, dans les sondages, il n'est pas exclu que quelques magazines le trouvent soudain formidable et s'interrogent sur sa réélection, avec des titres, du genre: «Et s'il réussissait son pari?»… Ainsi va la presse.

François Hollande bat des records d'impopularité et ne dispose plus d'une majorité solide. Dans ses conditions, comment peut-il tenir? De quelles options politiques dispose-t-il encore?

Il n'a pas beaucoup d'options. Je ne crois guère à la dissolution. Elle pourrait être contrainte, si le désaveu des "rebelles" du PS se traduisait par un vote de défiance à l'Assemblée. Mais les députés du PS se feront-ils hara-kiri? Combien reviendraient au Palais-Bourbon? Les Verts, dont la plupart des députés le sont grâce au PS qui leur a laissé des circonscriptions, y perdraient toutes leurs plumes. 
Pour le sport, imaginons la dissolution surprise. Elle se fonderait sur un pari risqué: l'échec aux législatives, la cohabitation avec l'UMP [union nationale obligée, suggérée par BHL], l'usure de la nouvelle majorité et une nouvelle virginité politique dans l'opinion (à l'instar de Mitterrand et de Chirac) lui ouvrant les portes de la réélection en 2017. Franchement peu vraisemblable. Le plus évident pour Hollande, c'est de miser sur le retour de la croissance [ce qu'il n'a cessé de faire, dans les zig-zag d'une politique affolées par les vents contraires], dont les signes sont présents dans plusieurs pays d'Europe [nous assure-t-on, sans qu'elle se précise, ni en Allemagne, ni aux USA]. Son seul atout, c'est le temps, ces trois ans qui nous séparent de l'échéance présidentielle. C'est là-dessus qu'il mise.

François Hollande, s'il ne démissionne pas, a -t-il encore une chance d'être candidat à sa propre succession en 2017 ?

Valls éclipse Hollande dans les sondages
Tout président élu pour un premier mandat rêve d'en accomplir un second, tout en se gardant de le dire. Difficile pour le PS de lui contester une deuxième candidature [et c'est bien pourquoi les primaires sont une arme à double tranchant], sans provoquer une crise qui ferait resurgir brusquement le spectre de 2002. Cependant, le contexte jouera également. En cas d'impopularité forte, la presse testera d'autres noms [que Hollande situé à 15% par les ...sympathisants socialistes] ceux de Valls [40%], Aubry [16%], Montebourg [3%] ou d'autres. Si les sondages le donnent perdant à coup sûr, alors qu'un socialiste pourrait l'emporter, une incroyable pression s'exercera sur lui, à laquelle il lui sera rude de résister.

La solution ne pourra venir que des oppositions. Ou de la rue !