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dimanche 28 février 2016

Présidentielle 2017: et si Hollande devait renoncer ?

L'avenir politique de Hollande se bouche

Qui peut croire encore qu'il a un avenir ?

Les Français étaient prévenus. Mais, sous la pression partisane des media déchaînés, ils ont misé sur le mauvais cheval, en sachant qu'il n'avait aucune expérience gouvernementale et que son tempérament dilettante et irrésolu le porte à l'indécision et au compromis.  
La France n'a jamais connu une telle déconfiture en temps de paix et aucun état occidental n'est autant menacé par le terrorisme. En plus de records d’impopularité (19% d'avis favorables), ses voltes-faces incessantes placent le président au pied d'un haut mur de contestation dressé dans son propre camp. L'homme de la synthèse n'aura réussi qu'à fracturer l'édifice. Pitoyable, il caresse l'espoir de réaliser sa promesse d’inverser le chômage, si la conjoncture extérieure est propice. Reste-t-elle une lueur d’espoir au bout du tunnel ?

Les chiffres du chômage occultent la gravité de la situation de l'emploi en Outre-Mer, mais les Tahitiens n'ont rien changé à leur coutume et ont offert des fleurs à leur hôte, les Wallisiens qui n'ont pas l'internet ont acclamé leur visiteur avec respect et les Sud-Américains ont accueilli le représentant de la France avec les honneurs, malgré son arrivée en Falcon de remplacement de 14 places, l'A330 présidentiel étant resté cloué au sol de Lima par une panne électrique. Les images de la cohorte de journalistes qui l'accompagnait n'ont pu dissimuler la Polynésie sous la pluie, mais ont parfaitement masqué une réalité sociale proche du tiers-monde. S'il cherchait à reprendre haleine comme les écoliers de la zone Ile-de-France en vacances de février, le président a fait un mauvais calcul. Il n'était pas arrivé au bout de ses 60 heures de vol, que le président fut rattrapé par le fracas politique de la gauche socio-démocrate trahie.

Qui Hollande représente-t-il, s'il n'est plus soutenu par tous les siens ?

Dans le pays réel, les nuages s’amoncellent, le tonnerre social gronde, les coups pleuvent. Après la rébellion syndicale et étudiante lundi et mardi contre la réforme du code du travail, Martine Aubry, Daniel Cohn-Bendit et une douzaine d'intellos socialistes bernés et d’écologistes radicaux ont fait tomber la foudre dans une tribune à visée pétitionnaire intitulée "Sortir de l'impasse" et publiée par Le Monde, journal détenu par des hommes d'affaires multi-millionnaires et socialistes, résumant leur rancoeur en cette formule : "Trop, c’est trop." L'attaque est tellement violente qu'ils auraient pu aussi bien écrire "démission", comme l'ont crié les éleveurs au Salon de l'Agriculture. Outre leur profonde inquiétude sur les choix sociaux du gouvernement Valls, ils dénoncent "le désolant débat sur la déchéance de nationalité".

Ils critiquent le pacte de responsabilité passé avec le patronat ("41 milliards pour rien") et condamnent  comme un faute contre le socialisme l'erreur fatale de la réforme du code du travail que Valls fait endosser à Myrian El Khomri  ("A qui fera-t-on croire qu’en multipliant les facilités de licenciements, on favorisera ainsi l’emploi"). Ils rejettent "l’indécent discours de Manuel Valls à Munich" contre les migrants. Un président attaqué par des membres de son propre parti : c’était encore inédit.

La courbe du chômage va-t-elle mollir ?

François Hollande ne maîtrise plus ce PS qu’il a roulé dans la farine et devient le problème à éliminer. La question est posée : peut-il encore être le candidat de la gauche en avril 2017 ?
Lui-même a lié sa décision à la courbe du chômage. Or, depuis quatre ans qu'il la voit venir, les demandeurs d'emploi attendent son inversion et se désespèrent. La presse partisane répète, derrière Sapin, que les derniers chiffres  donnent du crédit à son espoir, assurant de surcroît qu'il serait partagé par les victimes de sa politique: 27.900 chômeurs en moins - en métropole - en janvier, lâchent ces media, sans prendre en considération les laissés pour compte des statistiques. Même Le Monde titre pourtant sur "Une hausse 'inhabituellement forte" et "inexpliquée" de désinscrits d'office sur les listes de Pôle emploi," rapporté par la DARES, service des statistiques du ministère du Travail.
Les ministres de mauvaise foi ont évidemment salué cette baisse à l’unisson et certains l’ont même renvoyée à la face d’Aubry. 
Mais les media sont-ils dans leur rôle d'information en taisant qu'à la fin de chaque mois, les demandeurs d'emploi sont tenus de déclarer leur situation à Pôle emploi, sous peine d'être désinscrits d'office et qu'en janvier, 238.900 personnes sont sortis des listes pour ce motif, soit plus de 40.000 de plus qu'en décembre. De quoi prendre avec des pincettes des chiffres frelatés dont s'enorgueillissent des ministres, par ailleurs honorables.
Ce nouveau frémissement reste cependant à confirmer, s'il ne vire pas au soubresaut. L’Unédic continue de promettre pour la fin de l’année une légère diminution que l'opposition est déjà justifiée à qualifier de "statistique"En 2015, des baisses mensuelles ont déjà été annulées le mois suivant. Sans compter le "bug informatique" d'août 2013...
650.000 emplois ont été détruits depuis le début du mandat. 
En 2014, 74.000 emplois ont été détruits en France. A la fin 2014, François Hollande avait déjà enregistré plus de destructions d'emplois depuis le début de son quinquennat que Nicolas Sarkozy sur l'ensemble de ses 5 ans de mandat.

D’ailleurs, le moral des ménages (-2 points) et le climat des affaires continuent de s’effriter selon l’Insee qui évoque "un petit vent de pessimisme." Au bout de 43 mois de présidence, les résultats de Hollande sont plus catastrophiques que ceux enregistrés par son prédécesseur. Bref, François Hollande affichera un aussi mauvais bilan en 4 ans que Nicolas Sarkozy en 5, la crise mondiale de 2008 en moins.
Sondages : la rechute

Il se traduit pour le président par une impopularité plus élevée qu’avant les attentats : 20 % de confiance, selon le baromètre mensuel Odoxa. Par comparaison, Nicolas Sarkozy tournait à 30 % début 2011. 
Selon une autre enquête Ifop/Fiducial, Hollande est relégué à 11 points de Marine Le Pen (17 % contre 28 %) et ne se qualifierait donc pas pour le second tour de 2017. Alain Juppé le devance de 17 points. Il y a 5 ans, Nicolas Sarkozy était donné perdant au second, mais n'était pas éliminé au premier tour. Encore de l'inédit au passif du "président normal"... 
Pour Frédéric Dabi, directeur des études à l’Ifop, "des pans entiers de l’électorat de gauche, les fonctionnaires et enseignants, les professions intermédiaires, les jeunes se détournent de François Hollande. Cela en dit long sur sa fragilité et sur le divorce avec la gauche. Un tiers de ses électeurs de 2012 refuse de revoter pour lui. Beaucoup lui préfèrent Bayrou quand on teste le maire de Pau, voire Juppé, septuagénaire propulsé par les média sympathisants du PS à des niveaux inédits depuis Mitterrand en 1988. Mais avril 2017 est encore loin et Juppé n’a pas gagné la primaire à droite. Mais le rejet est structurel, massif et offre peu de possibilité de rebond."
Dans un sondage Ifop pour le 'Journal du dimanche' du 20 février, le président de la République ne recueille plus que 19% de satisfaits (- 5 points par rapport à janvier) et mécontente 81% des Français.
Son Premier ministre fait 33% de satisfaits (- 6 points) et 66% de mécontents.
La primaire de la division

Le président ne serait plus le bon candidat. La primaire est devenue un vrai sujet à gauche. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a beaucoup varié, avant d'admettre le principe pour mieux en étouffer l’application. Aujourd’hui, à force de hanter le débat, le sujet n’était plus une chimère et plombait François Hollande. Depuis la tribune incendiaire des socio-démocrates du PS dans Le Monde, Hollande est entré dans le couloir de la mort.

Les débats parlementaires sur la déchéance de nationalité et la loi portée par la kamikaze El Khomri annoncent un printemps orageux. 
Quand le président sera-t-il au pied du mur pour décider de son sort ? Il n’existe actuellement aucun précédent dans l’histoire de notre Ve République, ni dans les grandes démocraties : depuis un demi-siècle, le sortant s’est toujours représenté. Un jet de l'éponge serait… du jamais vu !

mardi 28 juillet 2015

Le pouvoir socialiste maquille les chiffres du chômage de juin

Thierry Solère (LR) ne s'en laisse pas compter

Le député Les Républicains  conteste les chiffres du chômage du mois de juin publiés lundi
Les Républicains dénonce les chiffres officiels publiés le 27 juillet.
Le ministère du Travail n'avoue que 1.300 demandeurs d'emploi en plus en juin 2015.


Un chiffre "quasiment stable" selon le communiqué du ministre, François Rebsamen, qui préfère relever les bonnes statistiques par ailleurs. Depuis le 1er janvier 2015, la hausse subirait un ralentissement, avec "+ 8.800 par mois en moyenne, soit deux fois moins qu’au second semestre 2014", iassure le communiqué. Frère Rebsamen n'a toutefois pas eu le front de montrer sa face pour cautionner cette intox.

Un nouveau mode de calcul et le tour est joué !

Tandis que le chômage des seniors a encore augmenté e
n juin, celui des jeunes aurait baissé sur les six premiers mois de l’année et n’a pas augmenté depuis deux ans et demi", indique le ministère. Une baisse destinée à démontrer que les dispositifs mis en oeuvre pour accompagner les jeunes en difficulté auraient été efficaces. François Rebsamen a donc choisi de mettre en avant les chiffres positifs et de donner l'illusion du succès des différentes politiques mises en place par le gouvernement. Dans l'Histoire, les régimes totalitaires n'ont jamais reculé devant ces subterfuges.

Thierry Solère dénonce la pseudo-stabilité annoncée 

Au lendemain de la publication des chiffres du chômage du mois de juin, le député de l'opposition affirme que les chiffres ont été maquillés pour cacher une hausse réelle de plus de 11.000 demandeurs d'emplois supplémentaires.
Plus de 11.000 demandeurs d'emplois ont été rayés des chiffres annoncés hier, affirme l'élu des Hauts-de-Seine au micro de RTL ce mardi matin. "S'il n'y avait pas eu un "affinage méthodologique", comme appelle ça pudiquement Pôle Emploi, on aurait à ce moment là une hausse de plus de 11.000 personnes, c'est vraiment prendre les gens pour des crétins, a-t-il lancé. "Moi je compte bien créer une catégorie, ça s'appelle la catégorie cachée et puis vous verrez qu'il y aura une baisse du chômage réel," a-t-il raillé.
Le député compte bien démontrer le tour de passe-passe
Th. Solère a évoqué la création d'une commission indépendante qui assurerait davantage de transparence. "A la rentrée, je déposerai une demande pour qu'une commission d'enquête parlementaire indépendante puisse chiffrer réellement le nombre de chômeurs catégorie par catégorie, pour que le gouvernement n'ait pas la tentation de maquiller les chiffres parce que les élections [régionales]approchent," a annoncé au micro de RTL le responsable de l'organisation de la primaire de LR pour les prochaines élections présidentielles. 

L' "audacieux" Hollande est capable de toutes les magouilles

"Même un président impopulaire peut agir avec une grande capacité,"
 a estimé Monsieur P'tite Blague au cours d'un dîner annuel le 27 juillet. 


Dans le même temps où, au coeur de l'été, alors que le Parlement s'est mis en vacances, Frère Rebsamen manipule les chiffres du chômage, sans attendre 2016, Hollande a annoncé que sa candidature dépendra de l'inversion de la courbe du chômage et que, pour un second quinquennat, il ne sera fixé qu'en 2016.

  
François Hollande n'y a justement mis qu'une condition -floue et subjective -   d'observer une baisse seulement "crédible" du taux de chômage...

Le locataire de l'Elysée ne manque pas d'"audace", en effet. Il les a toutes !
Mais l'audacieux a ajouté qu'il suffirait que la perspective de cette inversion de courbe soit... "crédible", "seulement s'il y a une "baisse crédible du chômage en 2016". Tous les désespoirs sont permis.

vendredi 27 mars 2015

"Monsieur Hollande a une spécialité : mentir", souligne Sarkozy sur France 3

Nicolas Sarkozy a dit ce que pense les Français qui ne peuvent se faire entendre

Nicolas Sarkozy a dénoncé les tromperies du président de la République et de son Premier ministre

A quelques heures de la clôture de la campagne du second tour des élections départementales, il était en terrain hostile sur le plateau du 19/20 de France 3 vendredi 27 mars. "Qui croit encore aujourd'hui ce que dit monsieur Hollande", a lancé le président du premier parti politique de France. "Monsieur Hollande a une spécialité : mentir", a insisté l'ex-président de la République.


Il a également dénoncé les mensonges du pouvoir qui présente la hausse des chiffres du chômage comme un mieux, en tripatouillant les chiffres publiés jeudi : "Monsieur Hollande avait promis -c'était sûr- qu'on serait à 3% en 2013, nous sommes à 4%." 

Et
à propos du déficit public, "si c'est un peu moins pire que prévu, c'est parce les collectivités locales ont décidé d'arrêter les investissements," a-t-il expliqué.

L'UMP prépare l'alternance

"Monsieur Valls est le porte-parole des mensonges de monsieur Hollande". 
Le président de l'UMP n'avait pas de raisons d'épargner le Premier ministre qui conduit le pays à sa perte en vociférant contre ses opposants de droite comme de gauche, vitupérant notamment après les députés Darmanin et Marion Maréchal Le Pen. Il ne réalise pas qu'en agressant la droite il pousse ses électeurs à voter FN contre le front républicain qu'il appelle de ses voeux.
VOIR et ENTENDRE les sifflets des agriculteurs qui ont accueilli Valls et Le Foll, son ministre intermittent de l'Agriculture, lors du Congrès de la FNSEA à Saint-Etienne, le 26 mars 2015:
On aura observé qu'après l'agitation incontrôlée de sa main gauche dans l'hémicycle, c'était cette fois son pied droit qui était agité de tremblements irrépressibles.
Sarkozy a insisté sur l'alternance que prépare son parti à partir de dimanche dans les départements et"l'alternance pour dans deux ans".

La liberté de vote

Pour le second tour des départementales, face au FN, "je ne veux pas donner de consigne de vote", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Il a toutefois mis en garde les électeurs tentés de choisir le parti de Marine Le Pen : "En faisant ça, ils auront un conseiller général socialiste de plus, un président de conseil départemental socialiste de plus."
Il a également évoqué les abstentionnistes par une métaphore.

samedi 4 octobre 2014

Rebsamengate: le texte de l'entretien retiré par Le Miroir, à la demande de Rebsamen

F. Rebsamen : “Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie”

Voici le verbatim de l'entretien que le ministre du Travail a accordé au site bourguignon


Pour l’opposition, il porte le nom de “ministre du chômage”. François Rebsamen s’est enfin installé de manière définitive dans les locaux historiques du ministère du Travail au 127 rue de Grenelle à Paris. Proche, très proche du Président de la République, il a accepté un poste clé du gouvernement de Manuel Valls, sans doute l’un des plus difficiles aussi.

Symboliquement pendu durant tout l’été par les  du spectacle, il a fait une rentrée fracassante en septembre en s’attaquant aux “fraudeurs” de Pôle emploi. Désormais il revendique sa ligne libérale et reste intimement persuadé qu’il pourra être celui qui relancera durablement la croissance en France.
Quelques mois après son arrivée, nous sommes allés le rencontrer il y a quelques jours dans son ministère, à Paris.
François Rebsamen bonjour. Depuis un mois, vous avez rejoint le siège historique du ministère du Travail, celui de la Rue de Grenelle. C’est là qu’ont été signés les fameux Accords de mai 68. C’est là que sont passés Pierre Bérégovoy et Martine Aubry. Une force pour étouffer la grogne ?
Pour la gauche, ce ministère est historique. Alors nous ne pouvons avoir qu’en référence ces grands ministres qui sont passés par là : Jean-Michel Jeanneney, en mai 68, Jean Auroux, qui a signé les accords du même nom, Pierre Bérégovoy, qui était un ami ou encore Martine Aubry, qui a marqué le monde du Travail avec la réforme des 35 heures. Lors de la passation avec Michel Sapin [l'ancien ministre du TravailNDLR], j’ai souligné la beauté de ce ministère. Je n’en mesurais pas encore la difficulté.
Justement, considérez-vous aussi qu’il s’agit du pire ministère du gouvernement ?
C’est surtout le ministère qui, tout au long du XXème siècle, a permis de former, d’organiser, de codifier le monde du travail, de protéger les travailleurs. C’est du ministère du Travail qu’émanent les grandes avancées sociales : Les Accords de Matignon en 1936, les seuils sociaux et la création des comités d’entreprise en 1945, sous le Général de Gaulle, la lutte contre le travail des enfants, contre le travail de nuit…
Désormais, nous sommes dans une autre phase : du ministère des avancées sociales, nous devenons ministère du dialogue social et des grandes protections collectives, nous devons désormais enregistrer des avancées sur les protections individuelles. C’est encore plus complexe. Il faut lutter contre le travail dissimulé, le travail illégal… C’est une forme d’esclavagisme humain et j’ai demandé aux inspecteurs du travail d’être plus vigilants sur cette question.
Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise
Lorsque vous êtes arrivé au ministère, François Hollande promettait d’inverser la courbe du chômage, désormais, vous refusez de commenter les chiffres mensuels. Pourquoi ce changement de communication ?
Tout simplement parce que ce n’est pas le bon référentiel. Malgré l’amitié que je porte à Michel [Sapin], il s’est totalement trompé. On ne juge pas le chômage mois par mois, mais sur des périodes plus longues : un trimestre, un semestre. Il s’est mis des boulets aux pieds et les a laissés à son successeur.
Je tente de renverser la compréhension des choses : le taux de chômage est différent du nombre d’inscrits et il permet les comparaisons internationales. Le taux de chômage en France métropolitaine est de 9,7% de la population active au sens du Bureau international du travail. C’est beaucoup, mais il y a déjà eu plus. Si on ne s’y attarde pas, les citoyens seront persuadés que nous avons un taux de chômage qui a explosé. Pour parler clair : je tente de m’enlever un boulet, assez plombant, en changeant de stratégie.
Vous vous êtes finalement réjouis que le chiffre de 150 000 emplois d’avenir ait été atteint fin septembre. Des emplois subventionnés, n’est-ce pas artificiel pour enrayer la hausse du chômage ?
Ce n’est absolument pas artificiel. C’est même le contraire. À la différence des emplois jeunes qui s’adressait à un public qualifié, les emplois d’avenir sont proposés aux jeunes des quartiers issus de la politique de la ville. Ils sont 80% à ne disposer d’aucun diplôme, à être très loin de l’emploi. Les acteurs de l’insertion demandaient du temps : le contrat peut donc durer trois ans et le taux de rupture est très faible, proche des 10%. En revanche, le taux de réussite est certain, car le contrat propose une formation. Ceux qui vont sortir du dispositif, à la fin du contrat, seront qualifiés pour décrocher un emploi. En quelque sorte, nous préparons une partie de la génération de décrocheurs à aller vers l’emploi lorsque la croissance reviendra.
Il y a tout de même 900 000 jeunes sans diplômes. Où trouver les marges de manœuvre ?
Nous faisons beaucoup de choses pour eux. De nombreux dispositifs existent. Parlons déjà de l’apprentissage. Dans les têtes, c’est une voie de garage alors qu’il faut le voir comme une voie d’excellence, qui permet la réussite. Les chefs d’entreprise adorent l’apprentissage, mais ne prennent personne en alternance. La prime qui avait été supprimée – c’était une erreur – est désormais doublée. Il n’y a donc plus d’excuse. À partir de l’année prochaine, nous allons développer la garantie jeune. Une procédure qui concernera les jeunes qui n’ont ni emploi ni stage, ni formation ni éducation, leur permettra de suivre un parcours d’insertion sociale. Il y a en aura 50 000 l’année prochaine.
Nous faisons donc feu de tout bois. Mais on ne remplace pas la croissance, il faut que la machine économique reparte. Ce qui crée l’emploi, c’est l’entreprise. Dès lors, nous pouvons préparer les jeunes, les former ou empêcher qu’ils sombrent.
Ce que vous dites c’est que la pédagogie, que vous avez appelée de vos vœux lors de la première partie du quinquennat, n’est peut-être pas si simple ?
J’essaye d’être pédagogue. Nous sommes dans un pays qui a du mal à accepter les choses. Si nous voulons sauver le modèle social français, il doit être irréprochable : les droits et les devoirs de chacun doivent être bien définis. Les Français sont attachés à ce modèle social, mais il faut l’adapter. Ce sont ces adaptations que nous devons expliquer, détailler.
Mais cette pédagogie n’est-elle pas trop tardive ? Nous sommes déjà à mi-mandat.
Il n’est jamais trop tard pour faire les choses. Le parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi je l’ai effectuée depuis longtemps. Il faut donc l’expliquer. Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise. Franchement, c’est quoi le socialisme ? Ce n’est pas la richesse pour chacun. Ah bon, certains socialistes doutent que ce soit l’entreprise qui crée des richesses ? L’entreprise, c’est des salariés.
Alors le Medef c’est une chose. Ce n’est pas la vie des entreprises. J’ai trois niveaux d’interlocuteurs : le niveau interprofessionnel national, la posture, avecle Medef, la CGPME et les autres ; ensuite les branches et au bout les entreprises. Au niveau local, les entreprises et donc les salariés font vivre le territoire, le développe. Elles savent ce qu’on veut.
Lorsque je rencontre les branches, je leur rappelle que pendant dix ans, elles n’ont rien dit. C’est incroyable. Les entreprises ont perdu marges et compétitivité, sans rien dire. Et là, sous prétexte qu’il s’agit d’un gouvernement socialiste, elles viennent pleurer. Nous faisons un effort sans précédent pour redonner des marges aux entreprises : nous restituons 41 milliards d’euros, l’équivalent de deux points de PIB pour permettre l’investissement, la création d’emploi, l’apprentissage. En un mot nous demandons de préparer l’avenir.
N’y avait-il pas un parasitage avec un Arnaud Montebourg parfois virulent envers les chefs d’entreprises.
Arnaud s’est investi dans sa mission. Il aime l’industrie, l’industrie lourde, l’industrie tricolore. Il préférait une entreprise allemande à une autre parce qu’elle était américaine. Arnaud Montebourg est un personnage complexe : il s’accrochait avec des patrons en arrivant puis les câlinait. Il a bien fait son boulot pour les entreprises en difficulté. Il s’est investi, mais avait une approche particulière. Un peu “olé olé” ! C’est un comédien, un avocat.
Mais ça, François Hollande le savait lorsqu’il a nommé Arnaud Montebourg dans le gouvernement.
Oui, tout à fait. Les gens peuvent ensuite se révéler. Et je ne parle pas de ceux qui ont truandé comme Thomas Thévenoud. On ne pouvait pas laisser passer ces gamineries.
Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles
Ces événements ont parasité la communication du gouvernement dont la première promesse était d’inverser la courbe du chômage en 2017. Y croyez-vous encore ?
Les entreprises continuent de créer de l’emploi, mais pas assez pour faire face à l’afflux de nouveaux entrants sur le marché du travail comme les jeunes et les femmes. J’ai rencontré le patronat allemand lundi 29 septembre, je me suis fait un petit plaisir. Ils voulaient donner des leçons, mais oublient plusieurs choses : l’Allemagne connaît une baisse de sa démographie et a donc de moins en moins de jeunes entrant sur le marché du travail, elle n’encourage pas non plus les femmes à travailler. Notre système de protection du chômage est fort et permet d’éviter la pauvreté. Le taux de pauvreté des chômeurs français, au sens du BIT, est de 38%. Chez nos voisins allemands, il est de 62%.
Pôle emploi dispose de plusieurs dispositifs pour protéger les demandeurs d’emploi. Il y a donc des personnes qui ne recherchent pas d’emploi et qui sont comptabilisées dans les chiffres. Il s’agit par exemple de personnes en situation de préretraite, qui sont dispensées de recherche. Au sens du BIT, ils ne sont plus demandeurs d’emploi.
La phrase que vous évoquez a en effet provoqué un tôlé, au sein même du parti socialiste. La regrettez-vous ?
Où ce fut un véritable tollé médiatique. Politique aussi. Ce qui n’a pas empêché 60% de la population d’approuver ce message. Ils ont conscience qu’il faut adapter notre système social, par ailleurs très protecteur. Les français considèrent qu’il faut renforcer les contrôles, assouplir les seuils, la législation, autoriser le travail le dimanche. Ils sont bien plus en avance que nous sur la nécessité d’un certain pragmatisme en économie.
Malheureusement, le parti socialiste, ou du moins son secrétariat national refuse toutes ces avancées. Il ne veut pas casser les tabous, se pose en garant de l’ordre social établi. Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles. Et c’est parfois dur. Je ne suis pas un ennemi de l’entreprise, je ne suis pas pour l’économie administrée ni pour les pays communistes. Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie, de la vie de l’entreprise. Avec des droits sociaux, avec une protection de l’individu.
Les citoyens des classes populaires se rendent bien compte que la droite ou la gauche ne sont pas prêtes à appliquer ces réformes alors ils se tournent vers les extrêmes. C’est ça que je veux éviter. Les socialistes ne vivent plus comme les gens : les élus ne connaissent pas le terrain. Ils ne savent pas comment la vie se déroule dans un HLM, dans le quartier de la Fontaine-d’Ouche, qui rassemble toutes les nationalités, dans sa diversité…
Selon vous les élus sont donc totalement déconnectés du terrain ?
Ils ne l’ont surtout pas connu. Il faut être maire, conseiller municipal conseiller général pour connaître cette réalité. Valls la connaît. A Évry, il l’a vécu. Moi aussi. Beaucoup d’élus n’ont pas fait de combat politique. Dans les quartiers, ils auraient rencontré des citoyens qui touchent le Smic, qui triment et qui peuvent en voir d’autres profiter du système. Ils se disent “pourquoi eux et pas moi” ? Pourquoi c’est comme ça ? Il faut être rigoureux et proche.
En sous-jacent vous semblez dire que ce qui peut marcher par exemple à Dijon, peut fonctionner partout.
Bien entendu. Le chômage a baissé de 8,7 à 8% à Dijon. Comment peut-il baisser dans notre ville et pas dans des endroits similaires ? Il faut se poser la question.
Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides
On a vu que le Conseil Constitutionnel a censuré les allégements de cotisations salariales. Elles devaient concerner 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires. Le motif du Conseil : Méconnaissance du principe d’égalité. Est-ce le cas ?
Les 41 milliards d’euros que nous avons débloqués doivent permettre de redonner des marges de compétitivité aux entreprises. Nous voulions essentiellement les réserver au secteur concurrentiel, mais le Conseil Constitutionnel en a décidé autrement : du coup, cette possibilité sera donnée à toutes les entreprises. Cette mesure va finir par porter ses fruits, le Président en est persuadé. Peut-être que ceci nous fera perdre la prochaine élection Présidentielle mais nous pensons que ceci est une nécessité pour le bien du pays. Si la droite et l’extrême droite reviennent, les entreprises se débrouilleront pour garder leur compétitivité. Quand on fait une politique de l’offre, on est obligé d’être en accord avec l’entreprise.
Vous envisagez donc l’éventualité de perdre la Présidentielle ?
Je ne suis pas pessimiste. Je crois toujours en une victoire. S’il faut être le dernier auprès de François Hollande, je le serai, car la victoire j’y crois. Pour moi, François est le candidat idéal. Mais la réalité c’est qu’une politique de relance par l’offre est très longue à mettre en œuvre et à porter ses fruits.
Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides : dès le premier semestre 2015 pour le CICE par exemple
La dernière réforme que vous avez lancée est celle des seuils sociaux. Pourquoi faut-il les réformer ?
Le nombre d’entreprises de 48 ou de 51 salariés varie du simple ou double, il y a bien une raison. Il faut donc envisager un assouplissement des seuils sociaux. J’ai demandé aux partenaires sociaux de travailler ensemble pour faciliter cette réforme. 66% des entreprises de dix et vingt salariés n’ont pas de délégué du personnel alors que c’est une obligation. Et dans le tiers des entreprises qui en ont un, c’est le patron qui le choisit. Moi, ça m’interpelle.
Il y a des lourdeurs invraisemblables, des réunions inutiles… Le droit doit être réel et pas formel. Le dossier est désormais sur la table des partenaires sociaux. J’espère qu’ils arriveront à un accord avant la fin de l’année. Dans le cas contraire, le gouvernement prendra ses responsabilités.
Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine
Parlons un peu de Dijon. Vous avez transmis le flambeau à votre ami Alain Millot. Quel bilan tirez-vous de ces premiers mois ?
Il est patient, apaisant. C’est d’ailleurs ce que je lui ai dit lors du dernier conseil municipal. Je lui ai envoyé un message, ainsi qu’à Nathalie [Koenders, la première adjointe, NDLR] et Colette [Popard, adjointe au maire déléguée au logement, NDLR] : “Il est bien Alain, il est calme, il est pondéré, à l’écoute. Ça fait du bien au conseil; tout le contraire de moi, car je suis agacé par Vandriesse, Bourguignat, Bichot et je ne parle même pas de Cavin”.
Alain Millot a surtout porté une réforme que vous aviez insufflée au Sénat : le passage en communauté urbaine du Grand Dijon.
Je suis très content d’avoir réussi mon coup. Ce passage en communauté urbaine va changer la dotation globale de fonctionnement (DGF) : de 34 euros par personne, nous allons désormais en toucher 60. Soit une enveloppe supplémentaire de six millions par an. 36 millions sur un mandat. Une marche est lancée vers l’unification des territoires dans le respect des uns et des autres. Il n’y a que la ville de Talant, pour des raisons politiques qui ne lui ont pas vraiment réussi d’ailleurs, qui n’a pas voté favorablement cette modification.
À terme, les territoires défensifs, comme Asnières-lès-Dijon, vont disparaître et nous allons poursuivre notre communauté de destin. Avec comme objectif de devenir une métropole, au cœur d’un bassin de 380 000 habitants, qui va tirer le département vers le haut.
On attendait la sortie de votre livre sur le football pour la rentrée…
(Il pointe son bureau). Il est là. 80% de l’ouvrage était rédigé avant que je n’arrive au ministère du Travail, mais je n’ai pas eu le temps d’écrire la dernière partie, consacré à la coupe du monde de football de juin 2014. Mais il est bien là, dans un tiroir et sortira au moment de l’Euro 2016.
À l’origine je voulais écrire un livre sur mes “France-Brésil”, mais l’éditeur a jugé que je n’étais pas assez connu alors il s’agira toujours de football, mais à travers le prisme politique. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont critiqué cette démarche, mais la vérité c’est que l’ouvrage était en partie écrit avant d’arriver ici.
Pour l’Euro 2016 donc. Et avec une équipe en résidence à Dijon ?
La France accueillera en effet la compétition et la ville a postulé pour accueillir une équipe. Le Président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, m’a confirmé que nous avions de grandes chances d’être retenus. D’ici là nous aurons avancé sur la construction de la tribune et sur tant d’autres projets comme la Cité de la gastronomie, la rénovation du Musée des Beaux-Arts, du chauffage urbain, sur la classification des climats au patrimoine mondial de l’Unesco. Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine.
Jérémie Lorand

Interview de François Rebsamen : le Miroir vous explique tout
 La rédaction du Miroir a passé une drôle de journée vendredi 3 octobre 2014. Comme l’ont souligné de nombreux médias nationaux, l’interview de publiée à 7 heures du matin a été retiré du site en milieu de matinée.  Nous avons choisi de republier cette interview ce matin. Nous vous devons quelques explications.

Emballement médiatique : Retour sur la journée


[Au cours de l'été (le 7 juillet, avec une relance le 18 août), nous avons fait une demande d'interview auprès du cabinet du ministre du Travail. Nous précisons dans nos échanges de mails que nous avions l'intention de publier un article sur la vie au ministère et les dossiers du moment sur miroir-mag.fr puis un reportage plus complet dans notre prochain magazine mensuel.]
Vendredi 3 octobre 2014, au matin, nous avons publié l’article sur le site internet à 7 heures, comme nous le faisons chaque matin nos lecteurs, loin d’imaginer le tollé médiatique qu’il allait provoquer. A 10h30, le cabinet de François Rebsamen a appelé le rédacteur en chef du Miroir, Jérémie Lorand, jugeant l’interview “catastrophique pour l’image du ministre”. La rédaction du Miroir a été surprise, puisque que François Rebsamen et Marie D’Ouince, sa conseillère spéciale, avaient partagé un peu plus tôt, l’article via leur compte Twitter dans le courant de la matinée, le cautionnant indirectement.
Afin d’être conciliant, la rédaction a accepté de dépublier momentanément l’article, le temps de régler un éventuel quiproquo avec le cabinet du ministre. Exceptionnellement, nous avons accepté le principe de modifier quelques tournures de phrases, sous réserve, mais en guise de bonne foi, ce que Marie d’Ouince a refusé. Dépublication ou rien.
Entre temps, les réseaux sociaux se sont emballés et des dizaines de médias nationaux ont publié des articles pour signaler la disparition de l’interview de François Rebsamen. Dépassés par le nombre de demandes d’interview et l’emballement médiatique, nous avons choisi de stopper toute communication et de suspendre la reparution de l’interview. En fin de journée, nous avons souhaité faire le point avec François Rebsamen, à l’occasion de sa visite à Dijon. Ce dernier a refusé.
Dans plusieurs articles et sur Twitter, Marie D’Ouince nous a reproché de l’avoir trompée en cachant notre intention de réaliser une interview de François Rebsamen. Marie D’Ouince a déclaré qu’une interview consistait en une “question, réponse puis relecture”. Or, nous n’avons pas fait relire l’article au cabinet du ministre – conformément aux pratiques habituelles et à la déontologie du métier.
Ce matin, le Miroir choisit de republier l’interview de François Rebsamen. Nous n’avons pas été déloyaux, puisqu’il était prévu que l’on réalise, en s’installant autour d’une table avec de François Rebsamen, micro en main, questions et relances à l’appui, une interview, et non pas “une discussion à bâtons rompus”. L’interview publiée sur miroir-mag.fr est d’ailleurs une retranscription scrupuleuse de l’enregistrement audio de l’entretien que nous avons eu avec François Rebsamen, en présence même de sa conseillère.
Nous choisissons de republier cette interview car en dehors des quelques phrases “chocs” retenues par les médias nationaux, nous la jugeons constructive, pertinente pour nos lecteurs, sans langue de bois et honnête.

vendredi 27 décembre 2013

A Lorient, Jean-Marc Ayrault maintient le cap, faute de plan B

La "gauche sociale" désarmée face aux mauvais chiffres du chômage

Hollande a perdu son pari

Les chiffres du chômage pour le mois de novembre sont détestables
Ce n'est pas un cadeau, contrairement aux espoirs affichés du gouvernement. Rendus publics ce jeudi 26 décembre, la hausse du nombre des demandeurs d’emplois de la catégorie A, la plus restreinte, a été de + 17.000 au cours du mois (+ 0,5 %), ce qui porte l’augmentation à + 175.600 sur un an (+ 5,6 %)

Le yoyo des chiffres a pris  le gouvernement à contrepied. Se réjouissant de la baisse constatée pour le mois d’octobre (–20 500 demandeurs d’emplois), il avait crié victoire un peu trop vite, proclamant que la promesse de François Hollande d’une inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année 2013 était gagnée... 

François Hollande est le seul à ne pas voir que la courbe du chômage ne s'est pas inversée.

En déplacement dans le Morbihan, où il était escorté du gros Sapin, ministre du Travail et garde du corps, le premier Sinistre a continué de réaffirmer la volonté du gouvernement de gagner la "bataille pour l'emploi", en dépit de l'annonce de l'augmentation du chômage pour le mois de novembre.
"La bataille pour l'emploi, c'est une bataille durable, c'est une bataille que nous allons gagner, c'est la vraie bataille de France", s'est époumonné le premier ministre lors de la visite d'une agence Pôle emploi à Lorient, point de chute tenu secret jusqu'au dernier moment, dans la crainte de réactions vives de la population exaspérée. Lorient est en effet la ville dont le maire était Jean-Yves Le Drian... 

L'enfumage des Français ne peut aller au-delà de janvier

L'amer, Ayrault a estimé qu'il était "facile d'ironiser sur les paris"
Saluant au passage "le courage et la volonté" du président, l'ex-député-maire de Nantes a dit son amertume, soulignant la peine perdue de l'exécutif: " Il est facile d'ironiser sur les paris de ceci et de cela. Mais le président de la République a eu un grand mérite, le mérite de la mobilisation de tous, d'abord du gouvernement, de tous les acteurs de l’État, et des tous les acteurs économiques et sociaux qui veulent que la France aille mieux, en fixant un objectif ambitieux pour l'inversion de la courbe du chômage. Il y a eu un résultat, c'est l'énergie que cela a produit, c'est la responsabilité que cela a renforcé de chacune et de chacun. Et donc cette bataille, c'est la bataille du refus de la résignation, c'est la bataille du refus de la politique au fil de l'eau..."

De son côté, le "capitaine de pédalo" maintient le cap

Il explique à qui veut l'entendre que la stabilisation est en cours et que les mauvais chiffres de novembre ne seraient qu'un simple accident de parcours. En "off", à l'Elysée, les conseillers perdent expoir: c'est un coup dur à quatre jours des vœux télévisés du président.


La promesse d'une inversion de la courbe du chômage ne sera donc pas tenue. Et c'est la crédibilité de la parole présidentielle qui est ainsi mise à mal, au plus mauvais moment, alors que le gouvernement s'apprête à affronter la sentence du Conseil constitutionnel saisi par l'opposition sur des mesures fiscales inégalitaires et confiscatoires et les périlleux scrutins des municipales de mars et européennes de mai.

Le bonhomme Hollande n'a pas assuré la trêve des confiseurs

Au plus bas dans les enquêtes de confiance, François Hollande prend de plein fouet les critiques de l'opposition qui pointe son "échec" sur le front du chômage et exige un "changement radical de politique économique".

La majorité n'a pas mérité de trêve des confiseurs
Dépité par son impuissance, le président reste les bras ballants, mais le verbe intact. Il ne peut plus compter pourtant que sur la dynamique extérieure et l'espoir que l'économie hexagonale puisse se mettre dans la roue des Etats-Unis et se laisser aspirer par la reprise américaine. 
En attendant, les services de communication de Hollande ne proposent pas mieux aux Français que de la litérature de gare ou ces contes pour enfants où la fée transforme d'un coup de baguette une citrouille en carrosse. Le rêve en rose de chiffres meilleurs du chômage de décembre pourrait le mener au 27 janvier prochain, date de leur publication. Mais après?
Le pari du président s'est déjà transformé en véritable piège.