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dimanche 8 septembre 2019

Municipales à Paris : Villani porte un premier coup à l'autorité de Macron

Et si cet exemple de dissidence se reproduisait ailleurs? 

Le modèle de candidature dissidente offert par Cédric Villani à la mairie de Paris semble promis à la duplication.

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Le Journal du Dimanche n'est pas allé chercher loin pour s'en prendre à la candidature Villani
: il a choisi d'interroger son propre directeur de la rédaction (et éditorialiste à RMC et BFMTV, également suspect de Macron-friendliness), Hervé Gattegno, qui a navigué d'une salle de rédaction à l'autre (du Méridional au Nouvel Observateur, en passant aussi bien par Le Monde que par Le Point ou Vanity Fair).
Le caméléon est soupçonné d'avoir censuré en novembre 2018 une enquête sur le député de la majorité, Francis Chouat, ex-socialiste de 70 ans, élu contre la candidate LFI avec l'étiquette LREM proche de Manuel Valls, à qui il a succédé à la mairie d'Evry. D'après le journal Marianne, l'ancien premier ministre aurait obtenu de du journaliste sans états d'âme qu'il empêche la publication de l’enquête. Ainsi partons-nous aujourd'hui sur de bonnes bases...

Ce matin, vous nous parlez de
Cédric Villani, candidat dissident de la REM à la mairie de Paris.
Il fait des débuts un peu étranges, et il subit déjà beaucoup d’attaques. D’après vous, c’est le prix de l’inexpérience ou ça veut dire que les macronistes supportent mal l’indiscipline?

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Ça veut sans doute dire qu’il doit faire des progrès et qu’on va lui faire des procès. Des progrès parce que oui, c’est un débutant en politique, ce qui n’est pas un handicap à condition de le faire vite oublier – il peut apporter de la fraîcheur mais il ne faut pas qu’il brasse trop d’air dans ses discours… Et puis des procès parce que bien évidemment, dans une campagne pour la mairie de Paris, personne ne fait de cadeau à personne. Donc, c’est normal qu’on le critique parce qu’il bafouille quand on l’interroge sur ce qu’il propose pour le logement, et c’est normal qu’on attende de lui un vrai projet – pas forcément pour tout de suite [les élections sont dans six mois]; on ne connaît pas non plus celui d’Anne Hidalgo ni celui de Benjamin Grivaux. Mais il faut qu’il s’y mette rapidement. 

Comment interprétez-vous le fait que La République en marche ne réclame pas son exclusion, alors qu’il n’a pas respecté la règle du parti en se rangeant pas derrière Benjamin Griveaux [candidat imposé d'en haut, depuis l'Elysée]?

Il y a deux hypothèses, qui peuvent se combiner.
Le sanctionner, ce serait en faire une victime, un martyr de la politique – et ça ferait de Benjamin Grivaux le méchant de l’histoire, le revanchard, donc ce serait un atout pour Villani.
On peut penser aussi qu’Emmanuel Macron (parce qu’on n’imagine pas qu’il reste en dehors de tout ça) [depuis sa désignation de son ancien porte-parole du gouvernement, il ne l'est pas] préfère
attendre de voir lequel des deux va prendre l’avantage pour organiser ensuite le rapprochement. Sauf qu’en attendant, le cas Villani risque de se reproduire dans d’autres villes – on parle déjà de Lille, de Montpellier, voire de Marseille… Si ça se produit, ce sera un coup porté à l’autorité d’Emmanuel Macron. Villani est un grand mathématicien ; peut-être qu’Emmanuel Macron, lui, n’est pas toujours un grand calculateur.

D’un autre côté, quelques maires qui ont soutenu le président de la République au moment de la crise des Gilets jaunes se plaignent de la brutalité du parti d’Emmanuel Macron, qui veut présenter des candidats contre eux. Vous pensez que là aussi, il y a de la maladresse? [réponse téléguidée]

En tout cas, c’est un paradoxe :
La REM tolère des dissidents en son sein, mais agresse ses propres alliés. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une volonté hégémonique dans ce parti qui est un peu en crise de croissance, et il y a aussi de l’arrogance, de l’agressivité. Ce sont des défauts qu’on reproche parfois à Emmanuel Macron, mais dans son parti, ils sont d’autant plus criants qu’on n’y retrouve pas toutes ses qualités. En fait La REM, c’est un grand bazar où pas grand monde ne travaille et où chacun veut faire ce qui lui plait. C’est le péché originel du macronisme : comme Emmanuel Macron est parti de très bas et qu’il est arrivé très haut, ceux qui le suivent pensent tous qu’ils peuvent en faire autant. Le résultat, c’est que c’est le parti du chacun pour soi. Ça fait le jeu des ambitieux, mais ça ne fait pas les affaires du parti. Et si ça provoque des dissidences, ça divise les voix, donc ça favorise les adversaires – et ça, comme dirait Cédric Villani, c’est mathématique.

lundi 16 janvier 2017

L'embarrassant entretien de Bennahmias avant le deuxième débat de la primaire socialiste

Le candidat écolo Jean-Luc Bennahmias accorde un entretien surréaliste avant le deuxième débat de la primaire de la gauche  

L'écolo Valls-compatible se maintient dans le créneau du rigolo



Comme son modèle, il pique de sainte colères et s'en prend aux journalistes.
Mais il offre une image antithétique du premier ministre démissionnaire qui contrebalance la brutalité de l'ex-locataire de Matignon et détend l'atmosphère traversée des éclats de voix de Valls et autres coups de menton, comme si la carrure d'un chef d'Etat se mesurait au nombre de décibels ou à l'aune du sourcil froncé. 

Benhamias avait déjà réveillé le premier débat télévisé de la primaire socialiste; il a recommencé à se distinguer du microcosme lisse avant même le coup d'envoi officiel du second. 
A un peu moins de 30 minutes du début des discussions, l'écologiste centriste a ainsi invité un journaliste de BFMTV dans sa loge. La chaîne privée d'information en continu avait besoin d'un "bon client" pour meubler les heures d'antenne très largement prévues pour couvrir le deuxième débat et tenter d'en faire un événement médiatique à moindre frais: la chaîne-hôtesse en était réduite à arpenter ses propres couloirs et à montrer les portes closes des candidats... Non seulement elle a saoulé les téléspectateurs désoeuvrés, mais elle n'a pas rempli son contrat commercial de publicités. La plupart avaient fui avant que ne commencent les échanges.

Le logiciel mental de Jean-Luc Bennahmias buggé

Interrogé sur ses techniques de préparation et de concentration à quelques instants d'un tel rendez-vous, Jean-Luc Bennahmias s'est alors complètement égaré dans ses pensées - preuve que le cannabis n'est pas le meilleur ami du cerveau -  livrant un discours aussi étonnant que confus. 
 
VOIR et ENTENDRE le candidat Bennahmias optimiser l'image de Valls en offrant une image contrastante... 

Or, comme Sylvia Pinel, la ravie du gang socialo-radical, l'écolo illuminé est censé apporter des voix à Valls, mais, hier soir, Bennahmias n'a pas semblé avoir l'électricité à tous les étages. 
Il n'est visiblement pas connecté au solaire et les déchets nucléaires lui encrassent les synapses... 

vendredi 1 mai 2015

Léonard Trierweiler repasse une couche au portrait de Hollande par sa mère

Le fils de l'ex-maîtresse présidentielle exploite le filon Hollande 

L'adolescent ne se contente pas d'échanges de tweets pourris avec le fils Sarkozy: 
désormais, Léonard Trierweiler accorde des entretiens...

Ses propos intéressent Canal+: l'irrévérencieux Mouloud Achour, étonnamment !


A travers ses pseudo-souvenirs, le fils de..., côté alcôve, rectifie le portrait qu'en donne sa mère bafouée en prêtant au président les réflexes d'un petit bourgeois radin, soucieux de faire des économies: "Parfois à l'Élysée, ça lui arrivait d'éteindre lui-même toutes les lumières : 'Ça coûte trop cher'.
Le ton est donné et l'entretien a clairement pour objectif de dorer la limande au fond de la poële. L'apprenti politicien ne s'en tient d'ailleurs pas là. "La première fois que je l'ai vu, il nettoyait notre piscine", se souvient Léonard Trierweiler, alors qu'il a 9 ans et que sa mère est toujours mariée à son père, Denis (ci-contre à droite), qui se fait passer pour traducteur de philosophe, mais fait profession de journaliste.

Petite tête et gros nez

Le fils cadet de l'ex-concubine présidentielle - qui en a eu trois d'un second mariage de 15 ans - dresse un portrait soi-disant gratiné du président Hollandeassorti d'anecdotes insignifiantes sur la vie à l'Elysée, de sa rencontre avec le locataire du palais jusqu'à la séparation avec sa mère. 

Léonard a de qui tenir et il se fabrique aussi des rendez-vous amoureux à l’Elysée et passe au crible sa relation twitto-épistolaire qu’il entretient avec Louis Sarkozy : "Je crois que j’avais sa chambre (…) Il avait laissé des pistolets à billes (…) et des altères aussi…" Le petit Valoche y aurait-il, quant à lui, laissé son orthographe ?

Dans l'entretien, Léonard Trierweiler revient aussi sur la révélation du magazine Closer en janvier 2014. Il apprend "l'affaire Julie Gayet" sur Internet et, à ce moment-là, la seule chose qui comptait c'était sa mère, raconte le jeune homme, protecteur. Et ça fait de l'audimat?  Sur l'hospitalisation de Valérie Trierweiler, il a ces mots impérissables : "C'était difficile, mais il a fallu faire avec". Pour se protéger, il se coupe alors des réseaux sociaux. Ouf...

"La girouette ne tourne pas, c'est le vent qui tourne." 
On peut être un "vieux con" à tout âge
Malgré son passé avec sa mégère de mère, Léonard Trierweiler assure François Hollande de son...soutien s'il se représente en 2017. Et si le petit gâte-sauce quitte son école de cuisine à bac+5 après y être entré avec un CAP, on saura d'où lui vient ce talent... 
Il votera alors pour la première fois : "Je crois en ce qu'il fait. Je ne sais pas comment ça se fait que ça ne marche pas. J'ai l'impression qu'il a l'air sincère, qu'il fait tout pour que ça se passe bien; il travaille tout le temps, mais rien ne se passe". Ca lui donne pourtant confiance et parfois envie de le soutenir encore cinq ans, mais c'est quand on est un jeune qui connaît la vraie vie et qu'on est assuré d'un emploi à la sortie d'une école qui vous a ouvert ses portes sur piston. Le jeune décrypteur de menus avance cependant un conseil politique: "Il doit changer. On peut pas être normal et Président, je pense". Le changement maintenant, n'était-ce pas déjà en 2012 ? A son âge, le fougueux petit gars ne serait-il pas juste un peu nostalgique des ors de la République ! Cuistot à l'Elysée en 2017 ? Et le Dîner de cons 2...


Qui croire d'une Valoche blessée ou d'ado ébloui ?

Herbert Léonard jeune ?
Comme on peut le lire dans Le Monde ou Paris Match, qui publia les bonnes feuilles du bouquin de Madame-mère, François Hollande, président élu de la gauche sous la bannière socia­liste, est plein de haine des riches et méprisant des classes popu­laires dont est issue Valé­rie Trier­wei­ler, à la fois par ses parents modestes et par ses grands-parents, des banquiers que, tous autant qu'ils sont, il avouent ne pas aimer, qu'ils soient grands, tels les actionnaires du journal socialiste Le Monde, ou petits, dont il fait ses ministres, comme Emmanuel Macron, freluquet à la voix flûtée et au regard louche.
Fille d’une cais­sière de pati­noire et d’un père inva­lide qui ne perce­vait qu’une maigre pension -selon le roman à la Eugène Sue de Valoche- l’ex-première favorite raconte que François Hollande la surnommait "Cosette" par dérision et s'est moqué de ses origines modestes -et du petit twitter- avec un manque de respect insultant. L’amuse gueule publié dans Paris Match rapporte que lors d’un dîner familial de Noël à Angers, le chef de l’Etat aurait lancé à sa compagne : "Elle n’est quand même pas jojo la famille Masson­neau [nom de jeune fille de Valé­rie Trier­wei­ler] ! " La dinde a dû passer de travers… Ou les ortolans car, malgré les apparences et son ventre gras et mou,  le "président normal" ne mange pas n'importe quoi: il exige des plats raffinés et rejette ce qui n'est pas à son goût. Il ne consomme que du frais et c'est ainsi que Valoche est répudiée.
Alors que le candidat Hollande en campagne décla­rait la guerre au monde de la finance, son ex-compagne raconte que François Hollande n’en appré­cie par pour autant les gens de peu de moyens. "Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. En réalité, le Président n'aime pas les pauvres, constate-t-elle dans l’ex­trait publié par Le Monde. Lui, l'homme de gauche, dit en privé : "les sans-dents" très fier de son trait d'humour." Après une telle révé­la­tion choc, François Hollande risque juste­ment d’en prendre plein les dents…

Pourquoi donner la parole aux premiers sots venus ?

Les allées du pouvoir sont le terreau de cette graine de socialiste. Ses privilèges ont laissé leur empreinte et l'ado n'est donc pas troublé d'apprendre que la France est pour François Hollande un pays de "sans-dents" (comprendre "les pauvres" qu'il appelle pudiquement "les défavorisés" devant les caméras), et les travailleurs français des "illettrés", selon Emmanuel Macron, ex-banquier (comme les aïeux du petit arrogant) et ministre de l'Économie de Manuel Valls, ou de faux chômeurs qui trichent, de l'avis François Rebsamen, ministre du Travail.

Le petit Léo à sa maman, ou l'histoire d'un pochage au court bouillon du socialisme nanti 
Un ado "normal" serait révolutionné d'apprendre qu'un élu du peuple tue le temps dans l'hémicycle en jouant au Scrabble en réseau avec Jérôme Guedj (qui plus est président de Conseil général). Or, le sens critique aigu mais unidirectionnel du Nanard de Valoche s'accommode que Thomas Thévenoud soit également affligé d'une pathologie nouvelle qui frappe sélectivement les socialistes exemplaires de basela "phobie administrative": ce mal excuserait les oublis et retards de déclarations fiscales de "godillots" du PS. D'autres ressemblent à des girouettes, d'autres seraient otages des lobbys (les anciennes ministres Delphine Batho et Cécile Duflot découvrent le pot aux roses dans leurs bouquins respectifs)... Bref, notre pays est devenu L'Enfer de Dante ou le Nom de la rose d'Umberto Eco. Léo ne le sait pas mais il en parle.

Léonard est apprenti-cuisinier à l'école Ferrandi (CCI), Paris 6e, qui recrute par chance dès le CAP. Le petit marmiton s'y est fait une spécialité d'assaisonner aux petits oignons l'opposition de droite. C'est ainsi que Louis Sarkozy, Isabelle Balkany ou encore Nadine Morano passent à la casserole et le people ado ne connaissent pas le feu doux: le  tweet-clash du virtuose carbonise et colle au plat.

Il aurait refusé de participer à l'émission Objectif Top Chef, mais c'est qu'il ne "souhaite pas faire de télé pour le moment, raconte-t-il, et certainement pas si c'est simplement pour son nom,"  si décrié soit-il, car porté par la personnalité -hors gouvernement-  la plus détestée en France. L'ado a été placé au milieu de grandes filles, épouse de footballeur ou ex-Miss France, pour une photo qui ne doit rien à de présumés talents cachés, mais à la notoriété conférée par la couche présidentielle. Il ne manquait qu'Enora Malagré, Roselyne Bachelot ou Audrey Pulvar. Léonard Hanouna était bien là, mais Cyril, quant à lui, sait qu'il est trop drôle....

dimanche 19 octobre 2014

Martine Aubry (PS) tire à boulets rouges contre son camp

Un réquisitoire qui place la maire de Lille à la tête des "frondeurs"

La ch'tite maire se pose en rassembleur des frondeurs en tous genres contre le "social-libéralisme" de François Hollande


Elle sort du bois pour se poser clairement en chef de file des députés PS frondeurs. L'ancienne ministre du Travail, puis de l'Emploi passe en effet à l'offensive, affichant sa radicalité en éreintant la politique économique de Hollande et Valls
"Je demande qu'on réoriente la politique économique (...) (Il faut) emprunter le bon chemin dans les deux ans qui viennent", faute de quoi la gauche va "échouer", lance la Cassandre du PS en direction du chef de l'État, qui l'a battue lors des primaires de 2011 pour la présidentielle. "Je ne me résigne pas (...) à la victoire de la droite en 2017", lâche-t-elle encore dans un entretien au JDD.

Martine Aubry s'était déjà montée en première ligne ces derniers mois en s'insurgeant contre la réforme territoriale menée par son amie Lebranchu et l'abandon de l'encadrement des loyers, mais elle semble avoir armé sa kalach. Elle a d'ailleurs lancé une première salve dans la nuit en publiant sur Internet sa contribution aux états généraux du PS, où elle plaide pour "une nouvelle social-démocratie", un projet qui n'est, insiste-t-elle, "ni le libéralisme économique, ni le social-libéralisme". Un texte signé à ce stade par 34 responsables socialistes : des frondeurs comme Jean-Marc Germain (époux Hidalgo) et Christian Paul (député de la Nièvre), des présidents de région, Jacques Auxiette (Pays de la Loire), François Bonneau (Centre), Marie-Guite Dufay (Franche Comté) et René Souchon (Auvergne), les ex-ministres François Lamy (son homme lige pour représenter son courant au gouvernement Ayrault) et Philippe Martin (éphémère ministre de l'Ecologie), des présidents de conseils généraux (Matthieu Klein, André Vezinhet), mais aussi des députés non étiquetés "frondeurs", mais ni le président de la Région Nord, ni aucun des présidents du Pas-de-Calais (Michel Dagbert), ni du Nord (Didier Manier).

Un bilan largement négatif

La bagouze étincelante pour
convaincre les socio-libéraux ?
Tout l'entretien est un réquisitoire contre l'action du tandem Hollande-Valls, bien qu'elle concède que l'exécutif aurait, selon elle, accompli quelques "bonnes choses" citant, en une petite phrase, gage de  sa positivité, "le retour de la France sur la scène internationale, les moyens complémentaires donnés à la police, à la justice, à l'éducation, la retraite à 60 ans pour les longues carrière". "Nous avions prévu qu'à mi-mandat, la croissance serait revenue, le chômage en repli et les déficits réduits en deçà de 3 %. Ce n'est pas le cas. Il nous faut trouver au plus vite le bon réglage des politiques économiques qui permettra de sortir la France de la crise", assène-t-elle à la veille du vote en première lecture de la partie recettes du budget 2015.

Aucune proposition, que des critiques 
- sur le fond de la politique menée. "Regardons la vérité en face. La politique menée depuis deux ans, en France, comme presque partout ailleurs en Europe, s'est faite au détriment de la croissance", ou encore : "Il n'y a pas d'un côté les sérieux et de l'autre les laxistes. Mais je demande une inflexion de la politique entre la réduction des déficits et la croissance."
- mais aussi sur la gouvernance Hollande : il faut "refaire de la politique", "donner la destination du voyage" car "on n'a pas fixé le cap", déplore la sexagénaire visiblement en partance pour une nouvelle aventure en 2017.

Aubry, candidate ?

Autre bague à diamants:
"Si à 60 ans on n'a pas une grosse 
collec de bagouzes, 
on a raté sa vie"

Faut-il lui baiser l'anneau?"


Martine Aubry franchit un pas supplémentaire aux côtés des "frondeurs en admettant pour la première fois publiquement "partager leurs propositions" économiques. Elle "regrette" au passage "que le Parlement n'ait pas pu en discuter" dans le cadre du pacte de responsabilité et de solidarité. "J'espère que la prise de conscience sera là, que le débat aura lieu. En tout cas, plus on sera nombreux à le dire à gauche - élus nationaux ou locaux, mais aussi dans la société civile -, plus on aura une chance d'être entendus", lance-t-elle en guise d'avertissement et d'appel au ralliement. À l'instar de ces frondeurs de la gauche radicale du parti, elle oppose d'ailleurs les Français en fonction de leurs revenus, jugeant dans une approche marxisante que "20 milliards d'euros peuvent et doivent être libérés sur les 41 milliards d'euros" d'aides aux entreprises.


Restant dans le flou, l'ex-ministre des Affaires sociales du gouvernement Jospin conseille vaguement de "mieux cibler les aides aux entreprises sur celles qui sont exposées à la concurrence internationale et sur celles qui investissent et embauchent", un "plan de soutien à la croissance qui touche les ménages et les collectivités locales", ainsi qu'une "fusion" du CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi) avec le crédit d'impôt recherche, sans chiffrage, ni aucune précision de montant, de méthode ou de calendrier.

A son tour, elle juge aussi qu'une grande réforme fiscale "est plus que jamais nécessaire pour réconcilier les Français avec l'impôt" et surtout "préférable à des mesures au fil de l'eau, aux allers-retours sur les mesures fiscales, aux baisses des prestations familiales ou au gel des retraites qui inquiètent les Français en situation difficile". Seul à échapper à ses piques assassines, le patron du PS, le trotskiste Jean-Christophe Cambadélis, qui était son candidat contre Harlem Désir et dont elle salue l'initiative "salutaire" des états généraux.

"Il faut en finir avec les vieilles recettes libérales. Ne perdons pas notre temps dans des débats du passé sans cesse remis sur la table par le MEDEF : le repos dominical, c'était il y a un siècle, l'assurance-chômage, soixante ans, les lois Auroux et les seuils sociaux, trente ans, les 35 heures, seize ans", ajoute-t-elle en visant autant le gouvernement Valls que le patronat.

Une façon de se poser très clairement en recours à gauche. Pourtant, promis juré, elle n'est "candidate" à rien d'autre qu'au "débat d'idées". Mais ça servirait à quoi que la ch'tite se décarcasse en démagogie?
Sur son créneau, Montebourg va devoir sortir de sa retraite.

samedi 4 octobre 2014

Rebsamengate: le texte de l'entretien retiré par Le Miroir, à la demande de Rebsamen

F. Rebsamen : “Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie”

Voici le verbatim de l'entretien que le ministre du Travail a accordé au site bourguignon


Pour l’opposition, il porte le nom de “ministre du chômage”. François Rebsamen s’est enfin installé de manière définitive dans les locaux historiques du ministère du Travail au 127 rue de Grenelle à Paris. Proche, très proche du Président de la République, il a accepté un poste clé du gouvernement de Manuel Valls, sans doute l’un des plus difficiles aussi.

Symboliquement pendu durant tout l’été par les  du spectacle, il a fait une rentrée fracassante en septembre en s’attaquant aux “fraudeurs” de Pôle emploi. Désormais il revendique sa ligne libérale et reste intimement persuadé qu’il pourra être celui qui relancera durablement la croissance en France.
Quelques mois après son arrivée, nous sommes allés le rencontrer il y a quelques jours dans son ministère, à Paris.
François Rebsamen bonjour. Depuis un mois, vous avez rejoint le siège historique du ministère du Travail, celui de la Rue de Grenelle. C’est là qu’ont été signés les fameux Accords de mai 68. C’est là que sont passés Pierre Bérégovoy et Martine Aubry. Une force pour étouffer la grogne ?
Pour la gauche, ce ministère est historique. Alors nous ne pouvons avoir qu’en référence ces grands ministres qui sont passés par là : Jean-Michel Jeanneney, en mai 68, Jean Auroux, qui a signé les accords du même nom, Pierre Bérégovoy, qui était un ami ou encore Martine Aubry, qui a marqué le monde du Travail avec la réforme des 35 heures. Lors de la passation avec Michel Sapin [l'ancien ministre du TravailNDLR], j’ai souligné la beauté de ce ministère. Je n’en mesurais pas encore la difficulté.
Justement, considérez-vous aussi qu’il s’agit du pire ministère du gouvernement ?
C’est surtout le ministère qui, tout au long du XXème siècle, a permis de former, d’organiser, de codifier le monde du travail, de protéger les travailleurs. C’est du ministère du Travail qu’émanent les grandes avancées sociales : Les Accords de Matignon en 1936, les seuils sociaux et la création des comités d’entreprise en 1945, sous le Général de Gaulle, la lutte contre le travail des enfants, contre le travail de nuit…
Désormais, nous sommes dans une autre phase : du ministère des avancées sociales, nous devenons ministère du dialogue social et des grandes protections collectives, nous devons désormais enregistrer des avancées sur les protections individuelles. C’est encore plus complexe. Il faut lutter contre le travail dissimulé, le travail illégal… C’est une forme d’esclavagisme humain et j’ai demandé aux inspecteurs du travail d’être plus vigilants sur cette question.
Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise
Lorsque vous êtes arrivé au ministère, François Hollande promettait d’inverser la courbe du chômage, désormais, vous refusez de commenter les chiffres mensuels. Pourquoi ce changement de communication ?
Tout simplement parce que ce n’est pas le bon référentiel. Malgré l’amitié que je porte à Michel [Sapin], il s’est totalement trompé. On ne juge pas le chômage mois par mois, mais sur des périodes plus longues : un trimestre, un semestre. Il s’est mis des boulets aux pieds et les a laissés à son successeur.
Je tente de renverser la compréhension des choses : le taux de chômage est différent du nombre d’inscrits et il permet les comparaisons internationales. Le taux de chômage en France métropolitaine est de 9,7% de la population active au sens du Bureau international du travail. C’est beaucoup, mais il y a déjà eu plus. Si on ne s’y attarde pas, les citoyens seront persuadés que nous avons un taux de chômage qui a explosé. Pour parler clair : je tente de m’enlever un boulet, assez plombant, en changeant de stratégie.
Vous vous êtes finalement réjouis que le chiffre de 150 000 emplois d’avenir ait été atteint fin septembre. Des emplois subventionnés, n’est-ce pas artificiel pour enrayer la hausse du chômage ?
Ce n’est absolument pas artificiel. C’est même le contraire. À la différence des emplois jeunes qui s’adressait à un public qualifié, les emplois d’avenir sont proposés aux jeunes des quartiers issus de la politique de la ville. Ils sont 80% à ne disposer d’aucun diplôme, à être très loin de l’emploi. Les acteurs de l’insertion demandaient du temps : le contrat peut donc durer trois ans et le taux de rupture est très faible, proche des 10%. En revanche, le taux de réussite est certain, car le contrat propose une formation. Ceux qui vont sortir du dispositif, à la fin du contrat, seront qualifiés pour décrocher un emploi. En quelque sorte, nous préparons une partie de la génération de décrocheurs à aller vers l’emploi lorsque la croissance reviendra.
Il y a tout de même 900 000 jeunes sans diplômes. Où trouver les marges de manœuvre ?
Nous faisons beaucoup de choses pour eux. De nombreux dispositifs existent. Parlons déjà de l’apprentissage. Dans les têtes, c’est une voie de garage alors qu’il faut le voir comme une voie d’excellence, qui permet la réussite. Les chefs d’entreprise adorent l’apprentissage, mais ne prennent personne en alternance. La prime qui avait été supprimée – c’était une erreur – est désormais doublée. Il n’y a donc plus d’excuse. À partir de l’année prochaine, nous allons développer la garantie jeune. Une procédure qui concernera les jeunes qui n’ont ni emploi ni stage, ni formation ni éducation, leur permettra de suivre un parcours d’insertion sociale. Il y a en aura 50 000 l’année prochaine.
Nous faisons donc feu de tout bois. Mais on ne remplace pas la croissance, il faut que la machine économique reparte. Ce qui crée l’emploi, c’est l’entreprise. Dès lors, nous pouvons préparer les jeunes, les former ou empêcher qu’ils sombrent.
Ce que vous dites c’est que la pédagogie, que vous avez appelée de vos vœux lors de la première partie du quinquennat, n’est peut-être pas si simple ?
J’essaye d’être pédagogue. Nous sommes dans un pays qui a du mal à accepter les choses. Si nous voulons sauver le modèle social français, il doit être irréprochable : les droits et les devoirs de chacun doivent être bien définis. Les Français sont attachés à ce modèle social, mais il faut l’adapter. Ce sont ces adaptations que nous devons expliquer, détailler.
Mais cette pédagogie n’est-elle pas trop tardive ? Nous sommes déjà à mi-mandat.
Il n’est jamais trop tard pour faire les choses. Le parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi je l’ai effectuée depuis longtemps. Il faut donc l’expliquer. Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise. Franchement, c’est quoi le socialisme ? Ce n’est pas la richesse pour chacun. Ah bon, certains socialistes doutent que ce soit l’entreprise qui crée des richesses ? L’entreprise, c’est des salariés.
Alors le Medef c’est une chose. Ce n’est pas la vie des entreprises. J’ai trois niveaux d’interlocuteurs : le niveau interprofessionnel national, la posture, avecle Medef, la CGPME et les autres ; ensuite les branches et au bout les entreprises. Au niveau local, les entreprises et donc les salariés font vivre le territoire, le développe. Elles savent ce qu’on veut.
Lorsque je rencontre les branches, je leur rappelle que pendant dix ans, elles n’ont rien dit. C’est incroyable. Les entreprises ont perdu marges et compétitivité, sans rien dire. Et là, sous prétexte qu’il s’agit d’un gouvernement socialiste, elles viennent pleurer. Nous faisons un effort sans précédent pour redonner des marges aux entreprises : nous restituons 41 milliards d’euros, l’équivalent de deux points de PIB pour permettre l’investissement, la création d’emploi, l’apprentissage. En un mot nous demandons de préparer l’avenir.
N’y avait-il pas un parasitage avec un Arnaud Montebourg parfois virulent envers les chefs d’entreprises.
Arnaud s’est investi dans sa mission. Il aime l’industrie, l’industrie lourde, l’industrie tricolore. Il préférait une entreprise allemande à une autre parce qu’elle était américaine. Arnaud Montebourg est un personnage complexe : il s’accrochait avec des patrons en arrivant puis les câlinait. Il a bien fait son boulot pour les entreprises en difficulté. Il s’est investi, mais avait une approche particulière. Un peu “olé olé” ! C’est un comédien, un avocat.
Mais ça, François Hollande le savait lorsqu’il a nommé Arnaud Montebourg dans le gouvernement.
Oui, tout à fait. Les gens peuvent ensuite se révéler. Et je ne parle pas de ceux qui ont truandé comme Thomas Thévenoud. On ne pouvait pas laisser passer ces gamineries.
Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles
Ces événements ont parasité la communication du gouvernement dont la première promesse était d’inverser la courbe du chômage en 2017. Y croyez-vous encore ?
Les entreprises continuent de créer de l’emploi, mais pas assez pour faire face à l’afflux de nouveaux entrants sur le marché du travail comme les jeunes et les femmes. J’ai rencontré le patronat allemand lundi 29 septembre, je me suis fait un petit plaisir. Ils voulaient donner des leçons, mais oublient plusieurs choses : l’Allemagne connaît une baisse de sa démographie et a donc de moins en moins de jeunes entrant sur le marché du travail, elle n’encourage pas non plus les femmes à travailler. Notre système de protection du chômage est fort et permet d’éviter la pauvreté. Le taux de pauvreté des chômeurs français, au sens du BIT, est de 38%. Chez nos voisins allemands, il est de 62%.
Pôle emploi dispose de plusieurs dispositifs pour protéger les demandeurs d’emploi. Il y a donc des personnes qui ne recherchent pas d’emploi et qui sont comptabilisées dans les chiffres. Il s’agit par exemple de personnes en situation de préretraite, qui sont dispensées de recherche. Au sens du BIT, ils ne sont plus demandeurs d’emploi.
La phrase que vous évoquez a en effet provoqué un tôlé, au sein même du parti socialiste. La regrettez-vous ?
Où ce fut un véritable tollé médiatique. Politique aussi. Ce qui n’a pas empêché 60% de la population d’approuver ce message. Ils ont conscience qu’il faut adapter notre système social, par ailleurs très protecteur. Les français considèrent qu’il faut renforcer les contrôles, assouplir les seuils, la législation, autoriser le travail le dimanche. Ils sont bien plus en avance que nous sur la nécessité d’un certain pragmatisme en économie.
Malheureusement, le parti socialiste, ou du moins son secrétariat national refuse toutes ces avancées. Il ne veut pas casser les tabous, se pose en garant de l’ordre social établi. Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles. Et c’est parfois dur. Je ne suis pas un ennemi de l’entreprise, je ne suis pas pour l’économie administrée ni pour les pays communistes. Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie, de la vie de l’entreprise. Avec des droits sociaux, avec une protection de l’individu.
Les citoyens des classes populaires se rendent bien compte que la droite ou la gauche ne sont pas prêtes à appliquer ces réformes alors ils se tournent vers les extrêmes. C’est ça que je veux éviter. Les socialistes ne vivent plus comme les gens : les élus ne connaissent pas le terrain. Ils ne savent pas comment la vie se déroule dans un HLM, dans le quartier de la Fontaine-d’Ouche, qui rassemble toutes les nationalités, dans sa diversité…
Selon vous les élus sont donc totalement déconnectés du terrain ?
Ils ne l’ont surtout pas connu. Il faut être maire, conseiller municipal conseiller général pour connaître cette réalité. Valls la connaît. A Évry, il l’a vécu. Moi aussi. Beaucoup d’élus n’ont pas fait de combat politique. Dans les quartiers, ils auraient rencontré des citoyens qui touchent le Smic, qui triment et qui peuvent en voir d’autres profiter du système. Ils se disent “pourquoi eux et pas moi” ? Pourquoi c’est comme ça ? Il faut être rigoureux et proche.
En sous-jacent vous semblez dire que ce qui peut marcher par exemple à Dijon, peut fonctionner partout.
Bien entendu. Le chômage a baissé de 8,7 à 8% à Dijon. Comment peut-il baisser dans notre ville et pas dans des endroits similaires ? Il faut se poser la question.
Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides
On a vu que le Conseil Constitutionnel a censuré les allégements de cotisations salariales. Elles devaient concerner 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires. Le motif du Conseil : Méconnaissance du principe d’égalité. Est-ce le cas ?
Les 41 milliards d’euros que nous avons débloqués doivent permettre de redonner des marges de compétitivité aux entreprises. Nous voulions essentiellement les réserver au secteur concurrentiel, mais le Conseil Constitutionnel en a décidé autrement : du coup, cette possibilité sera donnée à toutes les entreprises. Cette mesure va finir par porter ses fruits, le Président en est persuadé. Peut-être que ceci nous fera perdre la prochaine élection Présidentielle mais nous pensons que ceci est une nécessité pour le bien du pays. Si la droite et l’extrême droite reviennent, les entreprises se débrouilleront pour garder leur compétitivité. Quand on fait une politique de l’offre, on est obligé d’être en accord avec l’entreprise.
Vous envisagez donc l’éventualité de perdre la Présidentielle ?
Je ne suis pas pessimiste. Je crois toujours en une victoire. S’il faut être le dernier auprès de François Hollande, je le serai, car la victoire j’y crois. Pour moi, François est le candidat idéal. Mais la réalité c’est qu’une politique de relance par l’offre est très longue à mettre en œuvre et à porter ses fruits.
Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides : dès le premier semestre 2015 pour le CICE par exemple
La dernière réforme que vous avez lancée est celle des seuils sociaux. Pourquoi faut-il les réformer ?
Le nombre d’entreprises de 48 ou de 51 salariés varie du simple ou double, il y a bien une raison. Il faut donc envisager un assouplissement des seuils sociaux. J’ai demandé aux partenaires sociaux de travailler ensemble pour faciliter cette réforme. 66% des entreprises de dix et vingt salariés n’ont pas de délégué du personnel alors que c’est une obligation. Et dans le tiers des entreprises qui en ont un, c’est le patron qui le choisit. Moi, ça m’interpelle.
Il y a des lourdeurs invraisemblables, des réunions inutiles… Le droit doit être réel et pas formel. Le dossier est désormais sur la table des partenaires sociaux. J’espère qu’ils arriveront à un accord avant la fin de l’année. Dans le cas contraire, le gouvernement prendra ses responsabilités.
Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine
Parlons un peu de Dijon. Vous avez transmis le flambeau à votre ami Alain Millot. Quel bilan tirez-vous de ces premiers mois ?
Il est patient, apaisant. C’est d’ailleurs ce que je lui ai dit lors du dernier conseil municipal. Je lui ai envoyé un message, ainsi qu’à Nathalie [Koenders, la première adjointe, NDLR] et Colette [Popard, adjointe au maire déléguée au logement, NDLR] : “Il est bien Alain, il est calme, il est pondéré, à l’écoute. Ça fait du bien au conseil; tout le contraire de moi, car je suis agacé par Vandriesse, Bourguignat, Bichot et je ne parle même pas de Cavin”.
Alain Millot a surtout porté une réforme que vous aviez insufflée au Sénat : le passage en communauté urbaine du Grand Dijon.
Je suis très content d’avoir réussi mon coup. Ce passage en communauté urbaine va changer la dotation globale de fonctionnement (DGF) : de 34 euros par personne, nous allons désormais en toucher 60. Soit une enveloppe supplémentaire de six millions par an. 36 millions sur un mandat. Une marche est lancée vers l’unification des territoires dans le respect des uns et des autres. Il n’y a que la ville de Talant, pour des raisons politiques qui ne lui ont pas vraiment réussi d’ailleurs, qui n’a pas voté favorablement cette modification.
À terme, les territoires défensifs, comme Asnières-lès-Dijon, vont disparaître et nous allons poursuivre notre communauté de destin. Avec comme objectif de devenir une métropole, au cœur d’un bassin de 380 000 habitants, qui va tirer le département vers le haut.
On attendait la sortie de votre livre sur le football pour la rentrée…
(Il pointe son bureau). Il est là. 80% de l’ouvrage était rédigé avant que je n’arrive au ministère du Travail, mais je n’ai pas eu le temps d’écrire la dernière partie, consacré à la coupe du monde de football de juin 2014. Mais il est bien là, dans un tiroir et sortira au moment de l’Euro 2016.
À l’origine je voulais écrire un livre sur mes “France-Brésil”, mais l’éditeur a jugé que je n’étais pas assez connu alors il s’agira toujours de football, mais à travers le prisme politique. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont critiqué cette démarche, mais la vérité c’est que l’ouvrage était en partie écrit avant d’arriver ici.
Pour l’Euro 2016 donc. Et avec une équipe en résidence à Dijon ?
La France accueillera en effet la compétition et la ville a postulé pour accueillir une équipe. Le Président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, m’a confirmé que nous avions de grandes chances d’être retenus. D’ici là nous aurons avancé sur la construction de la tribune et sur tant d’autres projets comme la Cité de la gastronomie, la rénovation du Musée des Beaux-Arts, du chauffage urbain, sur la classification des climats au patrimoine mondial de l’Unesco. Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine.
Jérémie Lorand

Interview de François Rebsamen : le Miroir vous explique tout
 La rédaction du Miroir a passé une drôle de journée vendredi 3 octobre 2014. Comme l’ont souligné de nombreux médias nationaux, l’interview de publiée à 7 heures du matin a été retiré du site en milieu de matinée.  Nous avons choisi de republier cette interview ce matin. Nous vous devons quelques explications.

Emballement médiatique : Retour sur la journée


[Au cours de l'été (le 7 juillet, avec une relance le 18 août), nous avons fait une demande d'interview auprès du cabinet du ministre du Travail. Nous précisons dans nos échanges de mails que nous avions l'intention de publier un article sur la vie au ministère et les dossiers du moment sur miroir-mag.fr puis un reportage plus complet dans notre prochain magazine mensuel.]
Vendredi 3 octobre 2014, au matin, nous avons publié l’article sur le site internet à 7 heures, comme nous le faisons chaque matin nos lecteurs, loin d’imaginer le tollé médiatique qu’il allait provoquer. A 10h30, le cabinet de François Rebsamen a appelé le rédacteur en chef du Miroir, Jérémie Lorand, jugeant l’interview “catastrophique pour l’image du ministre”. La rédaction du Miroir a été surprise, puisque que François Rebsamen et Marie D’Ouince, sa conseillère spéciale, avaient partagé un peu plus tôt, l’article via leur compte Twitter dans le courant de la matinée, le cautionnant indirectement.
Afin d’être conciliant, la rédaction a accepté de dépublier momentanément l’article, le temps de régler un éventuel quiproquo avec le cabinet du ministre. Exceptionnellement, nous avons accepté le principe de modifier quelques tournures de phrases, sous réserve, mais en guise de bonne foi, ce que Marie d’Ouince a refusé. Dépublication ou rien.
Entre temps, les réseaux sociaux se sont emballés et des dizaines de médias nationaux ont publié des articles pour signaler la disparition de l’interview de François Rebsamen. Dépassés par le nombre de demandes d’interview et l’emballement médiatique, nous avons choisi de stopper toute communication et de suspendre la reparution de l’interview. En fin de journée, nous avons souhaité faire le point avec François Rebsamen, à l’occasion de sa visite à Dijon. Ce dernier a refusé.
Dans plusieurs articles et sur Twitter, Marie D’Ouince nous a reproché de l’avoir trompée en cachant notre intention de réaliser une interview de François Rebsamen. Marie D’Ouince a déclaré qu’une interview consistait en une “question, réponse puis relecture”. Or, nous n’avons pas fait relire l’article au cabinet du ministre – conformément aux pratiques habituelles et à la déontologie du métier.
Ce matin, le Miroir choisit de republier l’interview de François Rebsamen. Nous n’avons pas été déloyaux, puisqu’il était prévu que l’on réalise, en s’installant autour d’une table avec de François Rebsamen, micro en main, questions et relances à l’appui, une interview, et non pas “une discussion à bâtons rompus”. L’interview publiée sur miroir-mag.fr est d’ailleurs une retranscription scrupuleuse de l’enregistrement audio de l’entretien que nous avons eu avec François Rebsamen, en présence même de sa conseillère.
Nous choisissons de republier cette interview car en dehors des quelques phrases “chocs” retenues par les médias nationaux, nous la jugeons constructive, pertinente pour nos lecteurs, sans langue de bois et honnête.