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lundi 29 juin 2020

Avec les municipales, Buzyn est-elle arrivée au bout de son calvaire à Paris ?

Le parcours imposé par Macron à son ancienne ministre, suppléante du détraqué sexuel Benjamin Griveaux, aura été un long calvaire

Les choix de Macron sont catastrophiques

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L’échec d'Agnès Buzyn à Paris est une baffe pour Macron
En plus d’être arrivée derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati, l'indigence de son score prive la candidate LREM de Jupiter du gîte et du couvert au Conseil de Paris

Loin de conquérir la capitale, malgré le bon score de l’élection présidentielle en 2017 – 34,83 % des Parisiens avaient soutenu le quasi inconnu Macron au premier tour –, puis aux législatives, avec 12 députés 'marcheurs' sur les 18, et enfin aux Européennes, où 32,92 % de Parisiens s'étaient accrochés à leurs illusions, en dépit de la personnalité controversée de Nathalie Loiseau, cette fois, pour les Parisiens qui vivent un enfer quotidien avec la succession de manifestations violentes incontrôlées, la coupe était pleine.. Avec seulement 13,30 % des suffrages, l’ancienne ministre de la Santé est tombée face contre terre contre ses adversaires crédibles, la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la maire LR d'arrondissement, Rachida Dati s, ce dimanche 28 juin.

Trois femmes envoyées au casse-pipe, c'est de la misogynie !

Cette défaite LREM publique en dissimule une autre, plus personnelle
Le sacrifice de Buzyn n'est pas encore consommé. Non seulement elle n’a pas été élue au Conseil de Paris, faute d’avoir suffisamment rassemblé voix, mais l'ex-numéro 4 du gouvernement Philippe - auquel aucun des trois ministres d'Etat  (Collomb, Hulot et Bayrou) ne s'est maintenu - "ne sera pas au Conseil de Paris, elle sera conseillère d’arrondissement et siégera seule", a indiqué Geoffroy Boulard, le maire LR sortant du 17e arrondissement, réélu avec 55,92 % des voix face à l'épouse du professeur Yves Lévy (13,02 %). 
Telle une pestiférée ou une malade de la Covid-19 pour une quarantaine de 24 mois...

C’est aussi une sévère défaite pour Macron et son parti.
La République en Marche ne finit en tête que dans deux arrondissements parisiens. 
Le 9e arrondissement, qui était susceptible de basculer, est conservé par la maire sortante LREM Delphine Bürkli, avec 43,67 % des voix. 
Idem pour le 5e, où la maire sortante Florence Berthout (soutenue par LREM, mais repassée à LR) a été réélue à 51,91 %. 

A 22 heures, dimanche, LREM n’aurait obtenu entre 6 et 9 sièges au Conseil de Paris, sur 163. La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, candidate sur la liste LREM dans le 14e arrondissement de Paris, et Gaspard Gantzer, candidat? quant à lui dans le 6e, et ancien proche de François Hollande à l'Elysée, ne décrochaient déjà pas de siège de conseiller de Paris.

Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher a également pris une gamelle: comme Marlène Schiappa, arrivée quatrième dans le 14e arrondissement, elle ne sera même pas conseillère d’arrondissement où elle était septième sur la liste soutenue par LREM, découvrant ce que sont les violences électorales.

"Ce soir, nous éprouvons une déception", a euphémisé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. "Il y a des endroits où notre propre division interne nous a conduits à des scores extrêmement décevants."
Ils en sont à la phase 'harakiri" ?

En l'état des dépouillements, Agnès Buzyn n'obtiendrait pas de siège au Conseil de Paris. Elle n'obtiendrait qu'un siège de conseillère d'arrondissement dans le 17e. #Municipales2020
10:27 PM · 28 juin 2020Twitter for Android 
<br>Coup de grâce: La France insoumise (LFI) obtient 1 siège sur 163.

mercredi 24 juin 2020

Municipales à Paris: Dati (LR) refuse toute contamination par Buzyn (LREM)

LREM a en revanche accepté la candidate Florence Berthout venue à Paris de la "droite conservatrice" ou le soutien de la "droite dure" à Lyon  

La figurante LREM aux municipales, c'est une Nathalie Loiseau aux Européennes


Invitée de Franceinfo ce mardi 23 juin, Agnès Buzyn, candidate aux Municipales à Paris, avoue que Dati rejette une alliance avec elle, alors que, dans plusieurs villes de France, des alliances entre candidats La République en marche et Juppéistes de LR se sont noués pour le second tour des élections municipales. Mais la conversation téléphonique qu'a eu mercredi 3 juin Emmanuel Macron avec la candidate Les Républicain Rachida Dati n'a pas convaincu la candidate LR.

A la peine dans les sondages, derrière Anne Hidalgo (PS, 45% des intentions de vote) et Rachida Dati (LR, 34%), Agnès Buzyn (LREM, 18%) a nié catégoriquement vouloir faire alliance avec sa rivale de droite. A quelques jours du second tour des Municipales de ce dimanche 28 juin, la candidate du parti présidentiel était sur le plateau de franceinfo ce mardi 23 juin où elle a expliqué qu'elle "souhaite que la voix du gouvernement soit entendue et existe à Paris".

Réplique méprisante d'une arrogante blessée
"Je n'avais aucune envie de faire une alliance avec une droite qui est une droite conservatrice à Paris (...) il y a une différence de valeurs fondamentales", assure Agnès Buzyn, comme dans une pub pour les rillettes...



"Nous sommes la majorité présidentielle, nous défendons le bilan du gouvernement et du président de la République, nous préparons également l'élection présidentielle à venir, indique-t-elle, se trompant se scrutin, et je n'avais aucune envie de faire une alliance avec une droite qui est une droite conservatrice à Paris", a martelé Agnès Buzyn. 
Puis de justifier : "Je rappelle le positionnement de madame Dati sur un certain nombre de sujets qui me tiennent à coeur, notamment sur les sujets LGBT et la PMA, que j'ai portés au Parlement avec la loi bioéthique. Il y a une différence de valeurs fondamentale avec cette droite conservatrice. Madame Dati a soutenu Sens commun pendant la Manif pour tous", a aussi raconté l'ancienne ministre de la Santé, qui ne mentionne pas l'abstention de sa rivale sur ce vote.


La figurante LREM aux municipales, c'est une Nathalie Loiseau aux Européennes

A Lyon, Gérard Collomb, maire depuis 2001, déçu par Macron après seulement quelques mois de pouvoir et candidat LREM aux Municipales, s'est allié avec la droite pour faire barrage à la gauche. Or, Agnès Buzyn l'a taclé : elle ne compte pas l'imiter ! Facile: personne ne veut d'elle... "C'est une alliance que je n'ai pas souhaitée. Je pense qu'il y a une place pour une autre alternance. (...) Je ne suis pas venue faire campagne pour Paris pour m'allier avec cette droite conservatrice et je l'ai dit je ne voterai ni pour madame Dati, ni pour madame Hidalgo", a fait savoir celle qui fut l'épouse d'un fils de Simone Veil.
<br>Dès fin mai,Dati avait rejeté toute idée de « fusion » avec LREM

Vendredi 29 mai, la candidate Les Républicains avait déjà balayé les supputations de L'Express, lui répétant qu'il n'y aurait pas de fusion" avec la liste LREM de la maire sortante du 5e arrondissement, Florence Berthout, juppéiste si flexible qu'elle a rallié LREM pour le second tour... 

Les Parisiens "veulent un changement profond à Paris", avait alors souligné Dati.
Et l'ancienne Garde des Sceaux de vilipender "les hésitations et les états d'âme" de l'ancienne ministre controversée de Macron à la Santé.
Buzyn n'est en campagne "que pour pouvoir se justifier" de sa gestion catastrophique de l'épidémie de coronavirus. Ses états d'âme "ne sont pas un projet pour Paris et n'intéressent pas les Parisiens", a-t-elle asséné.

"Toute abstention favorisera le déclin de Paris"

Dati a également dénoncé la politique d'Anne Hidalgo, qualifiant la socialiste de "maire du béton".
"Je veux des espaces de respiration et d'apaisement pour les Parisiens", a-t-elle réaffirmé. 

"La dynamique est pour notre équipe et notre projet", a ajouté Rachida Dati, en reprenant ses thématiques de campagne sur la propreté, la lutte contre la délinquance et le maintien des familles à Paris. 
Mais "toute abstention ou dispersion des voix favorisera l'immobilisme et même le déclin de Paris", a-t-elle mis en garde.
 

dimanche 1 mars 2020

Municipales à Paris : Dati repasse en tête devant Hidalgo

Dati en tête devant Hidalgo dans "un" sondage, titre Le Figaro: "devant Hidalgo et Buzyn", selon Ouest France"

Avec 25% en partant de 14%, la candidate LR arrive en tête des intentions de vote au premier tour des municipales à Paris.

Résultat de recherche d'images pour "RACHIDA DATI CAMPAGNE"
Avec 25%, l'ancienne garde des Sceaux est suivie de la maire sortante PS Anne Hidalgo (24%) et de l'ex-ministre LREM de la Santé Agnès Buzyn (20%), démissionnaire en marche du gouvernement, malgré l'épidémie de coronavirus, selon un sondage Ifop-Fiducial paru dimanche.

Dans cette étude pour Le Journal du dimanche et Sud Radio, le candidat EELV David Belliard est crédité de 11%, le marcheur dissident Cédric Villani de 8% et l'insoumise Danielle Simonnet de 5%.

Alors que la majorité a fini largement en tête aux européennes et lors de la présidentielle, Paris pourrait bien leur échapper. La faute au conflit qui oppose Cédric Villani et Benjamin Griveaux. Rachida Dati pourrait, elle aussi, en profiter.

Lors du précédent sondage Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio paru le 23 février, Anne Hidalgo arrivait en tête avec 24% suivie de Rachida Dati (22%) et d'Agnès Buzyn (19%). David Belliard était à 12%, Cédric Villani à 9% et Danielle Simonnet à 6%.

Dans la dernière enquête, 73% des sondés disent être sûrs de leur choix contre seulement 68% dans la précédente.

Pour le second tour, dans l'hypothèse d'une quadrangulaire, une liste d'union entre Anne Hidalgo et l'écologiste David Belliard arriverait en tête avec 37% des suffrages, devant la liste Dati (32%), la liste Buzyn (22%) et la liste Villani (9%).
En cas de triangulaire, la liste Hidalgo-Belliard accentuerait son avance avec 39% des suffrages devant la liste Dati (33%), tandis qu'une liste d'union Buzyn-Villani recueillerait (28%).

Les Juppéistes avec LREM peuvent confisquer la victoire a Dati.
Ce sondage IFOP-Fiducial ne doit pas démobiliser: Le Figaro ne doit pas y parvenir en cassant la dynamique LR. 
La holding Fiducial appartient à Christian Latouche. En avril 2008, il fait rachète Lyon Capitale et il fait ensuite l'acquisition de Lyon TV en 2010, devenu Lyon Capitale TV. Ses tentatives de rachat de l'Expansion et de la Tribune en 2011 se heurtent au refus des journalistes des deux établissements: il est classé très à droite...

lundi 3 février 2020

Municipales à Paris : les punaises de lit se glissent dans la campagne

"Il faut développer un service public des punaises de lit," insiste la candidate LFI à la mairie de Paris

La socialiste Anne Hidalgo a mis les Parisiens dans de mauvais draps

Alliée des Ecologistes, la maire sortante PS aurait protégé l'espèce...
0602691564491_web_tete.jpgDanielle Simonnet, la candidate LFI à la mairie de Paris, rejoint son adversaire Benjamin Griveaux (LREM) sur ce dossier. Selon le candidat du président, "il y a une part de régulation à mettre sur la question des nuisibles". Villani est-il menacé ?

Un sujet récurrent déjà évoqué par Le Figaro en février 2018
"La Ville de Paris s'attaque aux punaises de lit," assurait alors le quotidien...
La Ville de Paris a décidé aujourd'hui [5 février 2018] de s'attaquer aux punaises de lit en lançant une campagne d'information et en mobilisant ses services pour lutter contre ces petites bêtes [sic] qui infestent des appartements de la capitale.

Les bailleurs sociaux, qui viennent de voter un budget de trois millions d'euros pour lutter contre les punaises de lit, sont "mobilisés", a indiqué devant le Conseil de Paris Ian Brossat, adjoint PCF au Logement de la maire PS de Paris. Le phénomène, qui touche 1 à 2% des logements sociaux, "ne concerne pas que l'habitat social", a ajouté le marxiste, sans pouvoir donner une ampleur de l'infestation dans les autres types de logements comme le logement privé.

Une plaquette d'information va être mise à la disposition des Parisiens dans les mairies et les établissements publics [c'était il y a deux ans], avec des conseils et les contacts en cas d'infestation. Les vieux matelas susceptibles d'être infestés seront enlevés en priorité par les services de collecte. Ces mesures ont été prises à la suite d'un voeu de l'UDI-MoDem qui alerte depuis des mois sur cette infestation accrue par la rotation des personnes dans les appartements type airbnb et la récupération de vieux meubles dans les brocantes."

dimanche 19 janvier 2020

Municipales 2020 : Rachida Dati devient l'alternative à la maire sortante à Paris

Avec +5 points, une percée remarquée de l'ancienne ministre Rachida Dati

L'ex-garde des Sceaux coiffe désormais au poteau les candidats de la majorité présidentielle

Dati-Hidalgo, duel de femmes à Paris


Les candidats de la majorité présidentielle à la mairie de Paris sont en perte de vitesse, à deux mois des élections municipales, selon un sondage IFOP pour Le Journal du dimanche, détenu par le groupe LagardèreIl n'empêche que, paradoxalement, Elabe, entreprise commerciale de sondages, continue de valoriser les gains de points supposés d'un Macron dans la tourmente sociale, bien qu'il ne rassemble qu'une trentaine de sympathisants pour lui faire encore confiance. 

La candidate LR Rachida Dati a pris l'ascendant sur sur les deux candidats de la majorité LREM, celui désigné par le président Macron, Benjamin Griveaux, et le dissident, Cédric Villani. 
Au premier tour du scrutin de mars prochain, la maire du 7e arrrondissement de Paris obtiendrait 19 % des votes avec sa liste 'Engagés pour changer Paris', contre 15 % pour Benjamin Griveaux et 13 % pour Cédric Villani, qui vient de recueillir le soutien des Radicaux, ce que le sondage ne prend pas encore en compte
En mai 2019, Paris a pourtant encore attribué près de 33 % des voix à la liste LREM aux élections européennes.

La maire-sortante continue de bénéficier des promesses de 'rasage gratis'.  
Le sondage paraît au moment où la socialiste Anne Hidalgo vient justement de promettre la gratuité des transports aux mineurs de 18 ans, ainsi que la création de 10.000 logements par an, en faveur des classes moyennes. La liste Verts-PS, 'Paris en commun' arriverait ainsi au premier tour avec 25 % des voix, "bien loin devant Rachida Dati" et les autres candidats, selon l'AFP
En mars 2014, face à Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP, 35,64%) sur l'ensemble des 20 arrondissements de Paris, Anne Hidalgo, recueillait 34,40%, bien que première adjointe PS. 

La lente progression des écologistes.
Entre eux s'intercale l'écologiste David Belliard (14 %), soumis à rude concurrence dans un paysage municipal où tous les candidats s'évertuent à verdir leur programme. Anne Hidalgo, qui apparaissait en difficulté il y a un an, après notamment le fiasco de Vélib', creuse son avantage sur ses concurrents. Dans le précédent sondage publié par Ifop courant décembre, elle était déjà en tête avec 22,5 % des intentions de vote. Benjamin Griveaux (17 %) et Rachida Dati (17 %) étaient au coude à coude devant Cédric Villani (14 %) et David Belliard (12,5 %).

Les ralliements n'ont pas tous été annoncés

L'enquête Ifop pour le JDD et Sud Radio est publiée après le ralliement à Benjamin Griveaux du candidat de centre droit Pierre-Yves Bournazel. 
Les sondeurs ont toutefois testé l'hypothèse du maintien de la girouette Bournazel (Agir!, jusqu'ici en partenariat avec LREM, le MoDem et... le Mouvement Radical) et  la pirouette de l'élu juppéiste du 18e arrondissement fait gagner 2 points à Rachida Dati (17 %), tandis qu'elle en fait perdre 1 (16 %) à Benjamin Griveaux, à l'inverse de Cédric Villani (12 %), et surtout David Belliard qui en cède 1,5 (14 %). 

Mais l'impact du ralliement des Radicaux à Villani échappe au sondage IFOP.
Ce dimanche 19 janvier, les Radicaux ont quitté Hidalgo pour Villani, ce que le sondage IFOP réalisé du 13 au 17 janvier 2020 ne prend pas encore en compte. Un prochain sondage indiquera si la préférence des Radicaux fait tomber Hidalgo à 23% et monter Dati à 21%... Sans intégrer la marge d'erreur !

Aux extrêmes, les listes LFI de Danielle Simonnet et RN de Serge Ferdebusch obtiendraient chacune 5 % dans tous les cas de figure. Au second tour et dans l'état actuel des alliances à la date du 17 janvier,, une liste d'union hypothétique entre les listes Hidalgo et Belliard l'emporterait avec 41 % devant celle de Rachida Dati (22 %), suivie de Benjamin Griveaux (20 %) et de Cédric Villani (17 %), des scores qui ne sont déjà plus fiables.

L'enquête de l'IFOP publiée ce 19 janvier a été réalisée en ligne du 13 au 17 janvier auprès de 1 102 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

dimanche 8 septembre 2019

Municipales à Paris : Villani porte un premier coup à l'autorité de Macron

Et si cet exemple de dissidence se reproduisait ailleurs? 

Le modèle de candidature dissidente offert par Cédric Villani à la mairie de Paris semble promis à la duplication.

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Le Journal du Dimanche n'est pas allé chercher loin pour s'en prendre à la candidature Villani
: il a choisi d'interroger son propre directeur de la rédaction (et éditorialiste à RMC et BFMTV, également suspect de Macron-friendliness), Hervé Gattegno, qui a navigué d'une salle de rédaction à l'autre (du Méridional au Nouvel Observateur, en passant aussi bien par Le Monde que par Le Point ou Vanity Fair).
Le caméléon est soupçonné d'avoir censuré en novembre 2018 une enquête sur le député de la majorité, Francis Chouat, ex-socialiste de 70 ans, élu contre la candidate LFI avec l'étiquette LREM proche de Manuel Valls, à qui il a succédé à la mairie d'Evry. D'après le journal Marianne, l'ancien premier ministre aurait obtenu de du journaliste sans états d'âme qu'il empêche la publication de l’enquête. Ainsi partons-nous aujourd'hui sur de bonnes bases...

Ce matin, vous nous parlez de
Cédric Villani, candidat dissident de la REM à la mairie de Paris.
Il fait des débuts un peu étranges, et il subit déjà beaucoup d’attaques. D’après vous, c’est le prix de l’inexpérience ou ça veut dire que les macronistes supportent mal l’indiscipline?

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Ça veut sans doute dire qu’il doit faire des progrès et qu’on va lui faire des procès. Des progrès parce que oui, c’est un débutant en politique, ce qui n’est pas un handicap à condition de le faire vite oublier – il peut apporter de la fraîcheur mais il ne faut pas qu’il brasse trop d’air dans ses discours… Et puis des procès parce que bien évidemment, dans une campagne pour la mairie de Paris, personne ne fait de cadeau à personne. Donc, c’est normal qu’on le critique parce qu’il bafouille quand on l’interroge sur ce qu’il propose pour le logement, et c’est normal qu’on attende de lui un vrai projet – pas forcément pour tout de suite [les élections sont dans six mois]; on ne connaît pas non plus celui d’Anne Hidalgo ni celui de Benjamin Grivaux. Mais il faut qu’il s’y mette rapidement. 

Comment interprétez-vous le fait que La République en marche ne réclame pas son exclusion, alors qu’il n’a pas respecté la règle du parti en se rangeant pas derrière Benjamin Griveaux [candidat imposé d'en haut, depuis l'Elysée]?

Il y a deux hypothèses, qui peuvent se combiner.
Le sanctionner, ce serait en faire une victime, un martyr de la politique – et ça ferait de Benjamin Grivaux le méchant de l’histoire, le revanchard, donc ce serait un atout pour Villani.
On peut penser aussi qu’Emmanuel Macron (parce qu’on n’imagine pas qu’il reste en dehors de tout ça) [depuis sa désignation de son ancien porte-parole du gouvernement, il ne l'est pas] préfère
attendre de voir lequel des deux va prendre l’avantage pour organiser ensuite le rapprochement. Sauf qu’en attendant, le cas Villani risque de se reproduire dans d’autres villes – on parle déjà de Lille, de Montpellier, voire de Marseille… Si ça se produit, ce sera un coup porté à l’autorité d’Emmanuel Macron. Villani est un grand mathématicien ; peut-être qu’Emmanuel Macron, lui, n’est pas toujours un grand calculateur.

D’un autre côté, quelques maires qui ont soutenu le président de la République au moment de la crise des Gilets jaunes se plaignent de la brutalité du parti d’Emmanuel Macron, qui veut présenter des candidats contre eux. Vous pensez que là aussi, il y a de la maladresse? [réponse téléguidée]

En tout cas, c’est un paradoxe :
La REM tolère des dissidents en son sein, mais agresse ses propres alliés. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une volonté hégémonique dans ce parti qui est un peu en crise de croissance, et il y a aussi de l’arrogance, de l’agressivité. Ce sont des défauts qu’on reproche parfois à Emmanuel Macron, mais dans son parti, ils sont d’autant plus criants qu’on n’y retrouve pas toutes ses qualités. En fait La REM, c’est un grand bazar où pas grand monde ne travaille et où chacun veut faire ce qui lui plait. C’est le péché originel du macronisme : comme Emmanuel Macron est parti de très bas et qu’il est arrivé très haut, ceux qui le suivent pensent tous qu’ils peuvent en faire autant. Le résultat, c’est que c’est le parti du chacun pour soi. Ça fait le jeu des ambitieux, mais ça ne fait pas les affaires du parti. Et si ça provoque des dissidences, ça divise les voix, donc ça favorise les adversaires – et ça, comme dirait Cédric Villani, c’est mathématique.