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vendredi 24 octobre 2014

Les "arrière-pensées" de la Ch'tite Aubry n'inspirent que mépris à Sapin, ministre des déficits

Le ministre des déficits prend la grosse tête

Sapin ne daigne pas "commenter des arrière-pensées" de l'amère Aubry

Le ministre des Finances répond par le mépris aux critiques de la maire de Lille qui éreinte la politique économique menée par ...Michel Sapin. Mon beau Sapin, roi de la Place Vendôme (ci-contre), a refusé lundi de commenter des "arrière-pensées" de Martine Aubry: sentirait-elle fort la bière rance ? 
"Comment voulez-vous que je commente des arrière-pensées? s'est indigné  le ministre des déficits de quatre gouvernements en deux ans. "Je ne commente que des pensées", s'est encore flatté Michou Sapin sur France Info, interrogé sur les motivations politiques de Mme Aubry.
Le ministre des Finances a par ailleurs repassé une couche de cirage sur les propos du président François Hollande, qui a assuré que les grandes orientations de politique économique seront maintenues, ce qui serait un changement. 

"Le cap c'est celui-là: appuyer les entreprises, diminuer la dépense publique; on ne changera pas"

, a garanti Sapin.

"Est-ce que c'est à mi-mandat qu'on change de cap? On n'aurait que des inconvénients: ni les avantages de la politique que nous menons (...), ni les avantages d'une autre politique parce qu'elle n'aurait pas le temps de se mettre en place", semble-t-il avoir compris, concluant: "La seule solution aujourd'hui, c'est de réussir la politique qui est menée et il serait bon que chacun apporte sa pierre". Chacun attend juste le prochain revirement...

Dans un entretien au Journal du dimanche, l'amère de Lille, ex-ministre des Affaires sociales, est sortie de sa réserve. Depuis le début du quinquennat, elle campait sur son quant-à-soi, mais il s'avéra qu'elle agitait bien un peu les "frondeurs" du PS dans la coulisse.
 
La pierre de la Ch'tite Aubry ? "Qu'on réoriente la politique économique"

Selon les "Une" des journaux, la "dame de piques" caillasse le gouvernement socialiste depuis son créneau. Dans un entretien avec le JDD, la maire de Lille dénonce la politique économique du gouvernement qu’elle juge trop libérale. Juste pour nourrir le débat d’idées ? 

Pour Libération, elle se pose, "sans le dire et sans le vouloir, en alternative à Manuel Valls au poste de premier ministre".

Le Figaro publie justement un sondage qui traduit le rejet de la politique de François Hollande : 86% des français ne souhaitent pas que le chef de l’état brigue un second mandat.

Les Echos note toutefois que depuis janvier dernier, 119 sites de production ont été créés contre 90 sur la même période en 2013. Quant aux fermetures, elles ont reculé, passant de 204 à 153. Toujours dans Les Echos et malgré ses louables efforts  de défense des retranchements du gouvernement, il se fait l'écho du rapport de la Cour des Comptes qui épingle les nouvelles lignes TGV : sur 6 liaisons à grande vitesse étudiées, aucune n’a atteint les objectifs de rentabilité annoncée, que la largeur des quais permettent ou non leur passage... Les projections sur le nombre de voyageurs sont souvent gonflées pour permettre la validation des projets.

L’Humanité fustige le projet d’Emmanuel Macron qui vise à favoriser la création de lignes d’autocars longue distance gérées par des opérateurs privés, "une aberration écologique et une menace directe pour le transport public ferroviaire régionale".

La maire PS de Lille, Martine Aubry, a déclaré lundi qu'elle ne souhaite "pas être un recours" face à François Hollande, disant vouloir sa "réussite". On ne pourrait en effet s'y prendre autrement.

samedi 4 octobre 2014

Rebsamengate: le texte de l'entretien retiré par Le Miroir, à la demande de Rebsamen

F. Rebsamen : “Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie”

Voici le verbatim de l'entretien que le ministre du Travail a accordé au site bourguignon


Pour l’opposition, il porte le nom de “ministre du chômage”. François Rebsamen s’est enfin installé de manière définitive dans les locaux historiques du ministère du Travail au 127 rue de Grenelle à Paris. Proche, très proche du Président de la République, il a accepté un poste clé du gouvernement de Manuel Valls, sans doute l’un des plus difficiles aussi.

Symboliquement pendu durant tout l’été par les  du spectacle, il a fait une rentrée fracassante en septembre en s’attaquant aux “fraudeurs” de Pôle emploi. Désormais il revendique sa ligne libérale et reste intimement persuadé qu’il pourra être celui qui relancera durablement la croissance en France.
Quelques mois après son arrivée, nous sommes allés le rencontrer il y a quelques jours dans son ministère, à Paris.
François Rebsamen bonjour. Depuis un mois, vous avez rejoint le siège historique du ministère du Travail, celui de la Rue de Grenelle. C’est là qu’ont été signés les fameux Accords de mai 68. C’est là que sont passés Pierre Bérégovoy et Martine Aubry. Une force pour étouffer la grogne ?
Pour la gauche, ce ministère est historique. Alors nous ne pouvons avoir qu’en référence ces grands ministres qui sont passés par là : Jean-Michel Jeanneney, en mai 68, Jean Auroux, qui a signé les accords du même nom, Pierre Bérégovoy, qui était un ami ou encore Martine Aubry, qui a marqué le monde du Travail avec la réforme des 35 heures. Lors de la passation avec Michel Sapin [l'ancien ministre du TravailNDLR], j’ai souligné la beauté de ce ministère. Je n’en mesurais pas encore la difficulté.
Justement, considérez-vous aussi qu’il s’agit du pire ministère du gouvernement ?
C’est surtout le ministère qui, tout au long du XXème siècle, a permis de former, d’organiser, de codifier le monde du travail, de protéger les travailleurs. C’est du ministère du Travail qu’émanent les grandes avancées sociales : Les Accords de Matignon en 1936, les seuils sociaux et la création des comités d’entreprise en 1945, sous le Général de Gaulle, la lutte contre le travail des enfants, contre le travail de nuit…
Désormais, nous sommes dans une autre phase : du ministère des avancées sociales, nous devenons ministère du dialogue social et des grandes protections collectives, nous devons désormais enregistrer des avancées sur les protections individuelles. C’est encore plus complexe. Il faut lutter contre le travail dissimulé, le travail illégal… C’est une forme d’esclavagisme humain et j’ai demandé aux inspecteurs du travail d’être plus vigilants sur cette question.
Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise
Lorsque vous êtes arrivé au ministère, François Hollande promettait d’inverser la courbe du chômage, désormais, vous refusez de commenter les chiffres mensuels. Pourquoi ce changement de communication ?
Tout simplement parce que ce n’est pas le bon référentiel. Malgré l’amitié que je porte à Michel [Sapin], il s’est totalement trompé. On ne juge pas le chômage mois par mois, mais sur des périodes plus longues : un trimestre, un semestre. Il s’est mis des boulets aux pieds et les a laissés à son successeur.
Je tente de renverser la compréhension des choses : le taux de chômage est différent du nombre d’inscrits et il permet les comparaisons internationales. Le taux de chômage en France métropolitaine est de 9,7% de la population active au sens du Bureau international du travail. C’est beaucoup, mais il y a déjà eu plus. Si on ne s’y attarde pas, les citoyens seront persuadés que nous avons un taux de chômage qui a explosé. Pour parler clair : je tente de m’enlever un boulet, assez plombant, en changeant de stratégie.
Vous vous êtes finalement réjouis que le chiffre de 150 000 emplois d’avenir ait été atteint fin septembre. Des emplois subventionnés, n’est-ce pas artificiel pour enrayer la hausse du chômage ?
Ce n’est absolument pas artificiel. C’est même le contraire. À la différence des emplois jeunes qui s’adressait à un public qualifié, les emplois d’avenir sont proposés aux jeunes des quartiers issus de la politique de la ville. Ils sont 80% à ne disposer d’aucun diplôme, à être très loin de l’emploi. Les acteurs de l’insertion demandaient du temps : le contrat peut donc durer trois ans et le taux de rupture est très faible, proche des 10%. En revanche, le taux de réussite est certain, car le contrat propose une formation. Ceux qui vont sortir du dispositif, à la fin du contrat, seront qualifiés pour décrocher un emploi. En quelque sorte, nous préparons une partie de la génération de décrocheurs à aller vers l’emploi lorsque la croissance reviendra.
Il y a tout de même 900 000 jeunes sans diplômes. Où trouver les marges de manœuvre ?
Nous faisons beaucoup de choses pour eux. De nombreux dispositifs existent. Parlons déjà de l’apprentissage. Dans les têtes, c’est une voie de garage alors qu’il faut le voir comme une voie d’excellence, qui permet la réussite. Les chefs d’entreprise adorent l’apprentissage, mais ne prennent personne en alternance. La prime qui avait été supprimée – c’était une erreur – est désormais doublée. Il n’y a donc plus d’excuse. À partir de l’année prochaine, nous allons développer la garantie jeune. Une procédure qui concernera les jeunes qui n’ont ni emploi ni stage, ni formation ni éducation, leur permettra de suivre un parcours d’insertion sociale. Il y a en aura 50 000 l’année prochaine.
Nous faisons donc feu de tout bois. Mais on ne remplace pas la croissance, il faut que la machine économique reparte. Ce qui crée l’emploi, c’est l’entreprise. Dès lors, nous pouvons préparer les jeunes, les former ou empêcher qu’ils sombrent.
Ce que vous dites c’est que la pédagogie, que vous avez appelée de vos vœux lors de la première partie du quinquennat, n’est peut-être pas si simple ?
J’essaye d’être pédagogue. Nous sommes dans un pays qui a du mal à accepter les choses. Si nous voulons sauver le modèle social français, il doit être irréprochable : les droits et les devoirs de chacun doivent être bien définis. Les Français sont attachés à ce modèle social, mais il faut l’adapter. Ce sont ces adaptations que nous devons expliquer, détailler.
Mais cette pédagogie n’est-elle pas trop tardive ? Nous sommes déjà à mi-mandat.
Il n’est jamais trop tard pour faire les choses. Le parti socialiste est en pleine mue idéologique. Moi je l’ai effectuée depuis longtemps. Il faut donc l’expliquer. Il est très grave de voir des socialistes siffler un ministre lorsqu’il dit qu’il aime l’entreprise. Franchement, c’est quoi le socialisme ? Ce n’est pas la richesse pour chacun. Ah bon, certains socialistes doutent que ce soit l’entreprise qui crée des richesses ? L’entreprise, c’est des salariés.
Alors le Medef c’est une chose. Ce n’est pas la vie des entreprises. J’ai trois niveaux d’interlocuteurs : le niveau interprofessionnel national, la posture, avecle Medef, la CGPME et les autres ; ensuite les branches et au bout les entreprises. Au niveau local, les entreprises et donc les salariés font vivre le territoire, le développe. Elles savent ce qu’on veut.
Lorsque je rencontre les branches, je leur rappelle que pendant dix ans, elles n’ont rien dit. C’est incroyable. Les entreprises ont perdu marges et compétitivité, sans rien dire. Et là, sous prétexte qu’il s’agit d’un gouvernement socialiste, elles viennent pleurer. Nous faisons un effort sans précédent pour redonner des marges aux entreprises : nous restituons 41 milliards d’euros, l’équivalent de deux points de PIB pour permettre l’investissement, la création d’emploi, l’apprentissage. En un mot nous demandons de préparer l’avenir.
N’y avait-il pas un parasitage avec un Arnaud Montebourg parfois virulent envers les chefs d’entreprises.
Arnaud s’est investi dans sa mission. Il aime l’industrie, l’industrie lourde, l’industrie tricolore. Il préférait une entreprise allemande à une autre parce qu’elle était américaine. Arnaud Montebourg est un personnage complexe : il s’accrochait avec des patrons en arrivant puis les câlinait. Il a bien fait son boulot pour les entreprises en difficulté. Il s’est investi, mais avait une approche particulière. Un peu “olé olé” ! C’est un comédien, un avocat.
Mais ça, François Hollande le savait lorsqu’il a nommé Arnaud Montebourg dans le gouvernement.
Oui, tout à fait. Les gens peuvent ensuite se révéler. Et je ne parle pas de ceux qui ont truandé comme Thomas Thévenoud. On ne pouvait pas laisser passer ces gamineries.
Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles
Ces événements ont parasité la communication du gouvernement dont la première promesse était d’inverser la courbe du chômage en 2017. Y croyez-vous encore ?
Les entreprises continuent de créer de l’emploi, mais pas assez pour faire face à l’afflux de nouveaux entrants sur le marché du travail comme les jeunes et les femmes. J’ai rencontré le patronat allemand lundi 29 septembre, je me suis fait un petit plaisir. Ils voulaient donner des leçons, mais oublient plusieurs choses : l’Allemagne connaît une baisse de sa démographie et a donc de moins en moins de jeunes entrant sur le marché du travail, elle n’encourage pas non plus les femmes à travailler. Notre système de protection du chômage est fort et permet d’éviter la pauvreté. Le taux de pauvreté des chômeurs français, au sens du BIT, est de 38%. Chez nos voisins allemands, il est de 62%.
Pôle emploi dispose de plusieurs dispositifs pour protéger les demandeurs d’emploi. Il y a donc des personnes qui ne recherchent pas d’emploi et qui sont comptabilisées dans les chiffres. Il s’agit par exemple de personnes en situation de préretraite, qui sont dispensées de recherche. Au sens du BIT, ils ne sont plus demandeurs d’emploi.
La phrase que vous évoquez a en effet provoqué un tôlé, au sein même du parti socialiste. La regrettez-vous ?
Où ce fut un véritable tollé médiatique. Politique aussi. Ce qui n’a pas empêché 60% de la population d’approuver ce message. Ils ont conscience qu’il faut adapter notre système social, par ailleurs très protecteur. Les français considèrent qu’il faut renforcer les contrôles, assouplir les seuils, la législation, autoriser le travail le dimanche. Ils sont bien plus en avance que nous sur la nécessité d’un certain pragmatisme en économie.
Malheureusement, le parti socialiste, ou du moins son secrétariat national refuse toutes ces avancées. Il ne veut pas casser les tabous, se pose en garant de l’ordre social établi. Je ne suis pas là pour stigmatiser les chômeurs, encore moins pour casser les droits sociaux, mais pour rappeler les règles. Et c’est parfois dur. Je ne suis pas un ennemi de l’entreprise, je ne suis pas pour l’économie administrée ni pour les pays communistes. Je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie, de la vie de l’entreprise. Avec des droits sociaux, avec une protection de l’individu.
Les citoyens des classes populaires se rendent bien compte que la droite ou la gauche ne sont pas prêtes à appliquer ces réformes alors ils se tournent vers les extrêmes. C’est ça que je veux éviter. Les socialistes ne vivent plus comme les gens : les élus ne connaissent pas le terrain. Ils ne savent pas comment la vie se déroule dans un HLM, dans le quartier de la Fontaine-d’Ouche, qui rassemble toutes les nationalités, dans sa diversité…
Selon vous les élus sont donc totalement déconnectés du terrain ?
Ils ne l’ont surtout pas connu. Il faut être maire, conseiller municipal conseiller général pour connaître cette réalité. Valls la connaît. A Évry, il l’a vécu. Moi aussi. Beaucoup d’élus n’ont pas fait de combat politique. Dans les quartiers, ils auraient rencontré des citoyens qui touchent le Smic, qui triment et qui peuvent en voir d’autres profiter du système. Ils se disent “pourquoi eux et pas moi” ? Pourquoi c’est comme ça ? Il faut être rigoureux et proche.
En sous-jacent vous semblez dire que ce qui peut marcher par exemple à Dijon, peut fonctionner partout.
Bien entendu. Le chômage a baissé de 8,7 à 8% à Dijon. Comment peut-il baisser dans notre ville et pas dans des endroits similaires ? Il faut se poser la question.
Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides
On a vu que le Conseil Constitutionnel a censuré les allégements de cotisations salariales. Elles devaient concerner 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires. Le motif du Conseil : Méconnaissance du principe d’égalité. Est-ce le cas ?
Les 41 milliards d’euros que nous avons débloqués doivent permettre de redonner des marges de compétitivité aux entreprises. Nous voulions essentiellement les réserver au secteur concurrentiel, mais le Conseil Constitutionnel en a décidé autrement : du coup, cette possibilité sera donnée à toutes les entreprises. Cette mesure va finir par porter ses fruits, le Président en est persuadé. Peut-être que ceci nous fera perdre la prochaine élection Présidentielle mais nous pensons que ceci est une nécessité pour le bien du pays. Si la droite et l’extrême droite reviennent, les entreprises se débrouilleront pour garder leur compétitivité. Quand on fait une politique de l’offre, on est obligé d’être en accord avec l’entreprise.
Vous envisagez donc l’éventualité de perdre la Présidentielle ?
Je ne suis pas pessimiste. Je crois toujours en une victoire. S’il faut être le dernier auprès de François Hollande, je le serai, car la victoire j’y crois. Pour moi, François est le candidat idéal. Mais la réalité c’est qu’une politique de relance par l’offre est très longue à mettre en œuvre et à porter ses fruits.
Je suis personnellement convaincu que les résultats seront plus rapides : dès le premier semestre 2015 pour le CICE par exemple
La dernière réforme que vous avez lancée est celle des seuils sociaux. Pourquoi faut-il les réformer ?
Le nombre d’entreprises de 48 ou de 51 salariés varie du simple ou double, il y a bien une raison. Il faut donc envisager un assouplissement des seuils sociaux. J’ai demandé aux partenaires sociaux de travailler ensemble pour faciliter cette réforme. 66% des entreprises de dix et vingt salariés n’ont pas de délégué du personnel alors que c’est une obligation. Et dans le tiers des entreprises qui en ont un, c’est le patron qui le choisit. Moi, ça m’interpelle.
Il y a des lourdeurs invraisemblables, des réunions inutiles… Le droit doit être réel et pas formel. Le dossier est désormais sur la table des partenaires sociaux. J’espère qu’ils arriveront à un accord avant la fin de l’année. Dans le cas contraire, le gouvernement prendra ses responsabilités.
Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine
Parlons un peu de Dijon. Vous avez transmis le flambeau à votre ami Alain Millot. Quel bilan tirez-vous de ces premiers mois ?
Il est patient, apaisant. C’est d’ailleurs ce que je lui ai dit lors du dernier conseil municipal. Je lui ai envoyé un message, ainsi qu’à Nathalie [Koenders, la première adjointe, NDLR] et Colette [Popard, adjointe au maire déléguée au logement, NDLR] : “Il est bien Alain, il est calme, il est pondéré, à l’écoute. Ça fait du bien au conseil; tout le contraire de moi, car je suis agacé par Vandriesse, Bourguignat, Bichot et je ne parle même pas de Cavin”.
Alain Millot a surtout porté une réforme que vous aviez insufflée au Sénat : le passage en communauté urbaine du Grand Dijon.
Je suis très content d’avoir réussi mon coup. Ce passage en communauté urbaine va changer la dotation globale de fonctionnement (DGF) : de 34 euros par personne, nous allons désormais en toucher 60. Soit une enveloppe supplémentaire de six millions par an. 36 millions sur un mandat. Une marche est lancée vers l’unification des territoires dans le respect des uns et des autres. Il n’y a que la ville de Talant, pour des raisons politiques qui ne lui ont pas vraiment réussi d’ailleurs, qui n’a pas voté favorablement cette modification.
À terme, les territoires défensifs, comme Asnières-lès-Dijon, vont disparaître et nous allons poursuivre notre communauté de destin. Avec comme objectif de devenir une métropole, au cœur d’un bassin de 380 000 habitants, qui va tirer le département vers le haut.
On attendait la sortie de votre livre sur le football pour la rentrée…
(Il pointe son bureau). Il est là. 80% de l’ouvrage était rédigé avant que je n’arrive au ministère du Travail, mais je n’ai pas eu le temps d’écrire la dernière partie, consacré à la coupe du monde de football de juin 2014. Mais il est bien là, dans un tiroir et sortira au moment de l’Euro 2016.
À l’origine je voulais écrire un livre sur mes “France-Brésil”, mais l’éditeur a jugé que je n’étais pas assez connu alors il s’agira toujours de football, mais à travers le prisme politique. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont critiqué cette démarche, mais la vérité c’est que l’ouvrage était en partie écrit avant d’arriver ici.
Pour l’Euro 2016 donc. Et avec une équipe en résidence à Dijon ?
La France accueillera en effet la compétition et la ville a postulé pour accueillir une équipe. Le Président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, m’a confirmé que nous avions de grandes chances d’être retenus. D’ici là nous aurons avancé sur la construction de la tribune et sur tant d’autres projets comme la Cité de la gastronomie, la rénovation du Musée des Beaux-Arts, du chauffage urbain, sur la classification des climats au patrimoine mondial de l’Unesco. Le vent souffle dans le bon sens pour Dijon et sa communauté urbaine.
Jérémie Lorand

Interview de François Rebsamen : le Miroir vous explique tout
 La rédaction du Miroir a passé une drôle de journée vendredi 3 octobre 2014. Comme l’ont souligné de nombreux médias nationaux, l’interview de publiée à 7 heures du matin a été retiré du site en milieu de matinée.  Nous avons choisi de republier cette interview ce matin. Nous vous devons quelques explications.

Emballement médiatique : Retour sur la journée


[Au cours de l'été (le 7 juillet, avec une relance le 18 août), nous avons fait une demande d'interview auprès du cabinet du ministre du Travail. Nous précisons dans nos échanges de mails que nous avions l'intention de publier un article sur la vie au ministère et les dossiers du moment sur miroir-mag.fr puis un reportage plus complet dans notre prochain magazine mensuel.]
Vendredi 3 octobre 2014, au matin, nous avons publié l’article sur le site internet à 7 heures, comme nous le faisons chaque matin nos lecteurs, loin d’imaginer le tollé médiatique qu’il allait provoquer. A 10h30, le cabinet de François Rebsamen a appelé le rédacteur en chef du Miroir, Jérémie Lorand, jugeant l’interview “catastrophique pour l’image du ministre”. La rédaction du Miroir a été surprise, puisque que François Rebsamen et Marie D’Ouince, sa conseillère spéciale, avaient partagé un peu plus tôt, l’article via leur compte Twitter dans le courant de la matinée, le cautionnant indirectement.
Afin d’être conciliant, la rédaction a accepté de dépublier momentanément l’article, le temps de régler un éventuel quiproquo avec le cabinet du ministre. Exceptionnellement, nous avons accepté le principe de modifier quelques tournures de phrases, sous réserve, mais en guise de bonne foi, ce que Marie d’Ouince a refusé. Dépublication ou rien.
Entre temps, les réseaux sociaux se sont emballés et des dizaines de médias nationaux ont publié des articles pour signaler la disparition de l’interview de François Rebsamen. Dépassés par le nombre de demandes d’interview et l’emballement médiatique, nous avons choisi de stopper toute communication et de suspendre la reparution de l’interview. En fin de journée, nous avons souhaité faire le point avec François Rebsamen, à l’occasion de sa visite à Dijon. Ce dernier a refusé.
Dans plusieurs articles et sur Twitter, Marie D’Ouince nous a reproché de l’avoir trompée en cachant notre intention de réaliser une interview de François Rebsamen. Marie D’Ouince a déclaré qu’une interview consistait en une “question, réponse puis relecture”. Or, nous n’avons pas fait relire l’article au cabinet du ministre – conformément aux pratiques habituelles et à la déontologie du métier.
Ce matin, le Miroir choisit de republier l’interview de François Rebsamen. Nous n’avons pas été déloyaux, puisqu’il était prévu que l’on réalise, en s’installant autour d’une table avec de François Rebsamen, micro en main, questions et relances à l’appui, une interview, et non pas “une discussion à bâtons rompus”. L’interview publiée sur miroir-mag.fr est d’ailleurs une retranscription scrupuleuse de l’enregistrement audio de l’entretien que nous avons eu avec François Rebsamen, en présence même de sa conseillère.
Nous choisissons de republier cette interview car en dehors des quelques phrases “chocs” retenues par les médias nationaux, nous la jugeons constructive, pertinente pour nos lecteurs, sans langue de bois et honnête.

mardi 11 septembre 2012

François Hollande conduit la France dans une impasse

Les socialistes nous mènent droit dans le mur

Le gouvernement socialiste ne traite que les conséquences des problèmes et non pas leurs causes


C'est le constat de Laurent Pinsolle, porte-parole du parti Debout la république dirigé par Nicolas Dupont-Aignan, qui observe que le PS aune fois de plus choisi la voie "sociale-libérale".

Un petit "coup de pouce" au SMIC trois fois moins important que celui de Jacques Chirac en 1995, une baisse symbolique du prix des carburants, un gel du point d’indice de la fonction publique et des coupes drastiques dans les effectifs, l’acceptation de la camisole budgétaire, l’austérité en temps de crise : François Hollande est dans une impasse. 



Hier, Le Point annonçait que le rapport commandé par Arnaud Montebourg sur la fermeture de l’usine PSA, et qui devait être initialement publié le 25 juillet, devrait, malheureusement mais logiquement, valider le choix du constructeur automobile, comme chacun pouvait le prévoir en juillet. C'est aujourd'hui le tribunal de Commerce qui autorise la mise au chômage des 2/3  des salariés du groupe volailler Doux. Autant de signes de l’incapacité chronique du gouvernement socialiste à sortir du cadre idéologique dans lequel il s’enferme et qui fait qu’il ne traite que les conséquences des problèmes et non pas les causes.



Des causes et des conséquences de la démondialisation


Super Mario Montebourg la rêvait, mais le "redresseur positif" s'en mord les doigts
Il est tout de même incroyable que la "gauche sociale" fasse trois fois moins pour les petits salaires que Jacques Chirac en 1995. Il est tout aussi invraisemblable de voir le PS souscrire au logiciel néolibéral d’interprétation de la crise, réduire les déficits de 30 milliards et rejeter la lecture d’économistes comme Paul Krugman, qui dénonce dans son dernier livre les plans d’austérité appliqués en Europe

Les socialistes qui ont libéré les échanges et la finance jouent désormais aux infirmières des conséquences de cette libéralisation. Pire, cette libéralisation et le carcan européen privent le pouvoir tous les jours davantage des moyens d'y parvenir. En fait, le PS traite les conséquences de la mondialisation en semblant à peine se soucier des causes des problèmes et dans tous les cas, sans jamais avoir rien fait pour les remettre en cause, du fait d’un fond idéologique trop internationaliste et libertaire.


L’avenir s'assombrit


Opus aux puces, Zou !
,  
au rebut
ouste  !
Entre les trois gauches, le PS a opté pour le social-libéralisme, comme l’expliquait Laurent Bouvet en 2010. Excepté entre 1981 et 1983, temps des dévaluations de François Mitterrand, c’est toujours la voie qu’il a choisie. Le Général de Gaulle n’a-t-il pas déclaré qu’il "n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes" ? Mais le problème est que le pouvoir destructeur de la mondialisation s’est considérablement renforcé depuis l’émergence de la Chine et des pays émergents à faibles coûts sociaux et salariaux. La crise de la zone euro et l’austérité accentuent le problème. 


Sur la méthode, de surcroît, la présidence normale - et flottante - ne parvient pas à  convaincre. Pour des raisons plus concrètes et objectives, les sondages et les media désenchantés ne sont pas moins critiques que sous Nicolas Sarkozy. En refusant de remettre en cause le cadre de la mondialisation et de cette Europe néolibérale, le gouvernement actuel n’a strictement aucune marge de manœuvre et se retrouve à essayer de rendre un peu moins injuste une grande régression sociale qu’il ne remet paradoxalement pas en cause.


Un PS dans le sillage de la Grèce

Le pouvoir socialiste est-il à ce point aux abois qu'en appliquant les recettes du PASOK en Grèce, il en accepte sciemment le  destin  ? 

Le Parti Socialiste semble parti pour nous entraîner dans un naufrage au moins aussi violent que celui de 1993 en 2017. Il ne reste plus qu'à positiver en espérant que l'échouage du pédalo de Hollande permettra de faire émerger une alternative extrême, autre que l'un ou l'autre Front,  National ou de Gauche, et que nous échapperons à une cohabitation droite-gauche,  que la nécessité imposerait, comme en Grèce aujourd’hui. 
Alors qu'au moment opportun, la gauche avait refusé l'union nationale à Sarkozy, une partie de l'ancienne majorité - toute aussi incrédule qu'elle soit - n'est-elle pas en train de trouver quelque vertu au projet de loi socialiste d'emplois d'avenir ? En désespoir de cause et plutôt que de ne rien tenter !
Le PS n'en est qu'au début de sa descente aux enfers 

Les décrypteurs sont déboussolés

Favorables au cadre actuel, ils tombent néanmoins à bras raccourcis sur ce gouvernement suicidaire qui se précipite tête baissée vers sa fin. 

Bien que, par ses options civilisationnelles sur le mariage entre personnes de même sexe ou des salles de "shooting", elle se livre au saccage de notre civilisation, la "gauche sociale" compte fort sur le patriotisme viscéral de la droite et sur la réunion des conditions d’une recomposition politique.

mardi 10 juillet 2012

La conférence sociale de Hollande n'a de "grande" que la mise en scène

Les chômeurs, laissés pour compte de la "Grande" conférence sociale
Finis les " sommets spectacles ", a promis le gouvernement. Et pourtant !

300 acteurs sociaux convoqués, les media mobilisés et une couverture inversement proportionnelle aux mesures escomptées par les entrepreneurs. 

C'est Ben Hur (1959) sans William Wyler, mais Ayrault-zéro dans le rôle du héros... 
Ce lundi, le nouveau président de la République n’a prononcé que le discours d’ouverture de ce peplum. Avant de s’éclipser du Conseil économique social et environnemental (CESE), laissant ses ministres écouter les 300 invités et les "facilitateurs" synthétiser les sept tables rondes thématiques, prochaines tables de la loi sociale. 

Hollande se croit encore dans l'arène présidentielle
 
Pour Mariette Darrigrand, sémiologue et blogueuse sur Rue89 : " François Hollande continue de faire de l’antisarkozysme, comme pendant sa campagne. Avant, il y avait un homme qui décidait tout seul et très vite; là, les décisions se prendront ensemble et sur les cinq ans du mandat." L'un avait des convictions et de l'énergie, l'autre n'en a pas et ne sait décider seul.

Rappelons qu’étymologiquement, conférence veut dire “parler ensemble, précisément ce que Sarkozy n’a pas eu le temps de faire, puisque les réformes attendaient et que l'économie et les finances internationales ne souffraient pas les atermoiements que connaît maintenant le gouvernement Ayrault. 

L’Etat se dévalorise: l'exécutif se complaît en effet dans les rôles d'appoint. 
Il est devenu un acteur, un partenaire social comme les autres. 
Hollande aurait pu parler de “Grenelle de l’économie mais le terme aurait, selon lui, été trop galvaudé sous le précédent quinquennat. 
Le 3 février, le PS annonça pourtant un "Grenelle des quartiers populaires" pour début mars 2012. "François Hollande m'a chargé, aux côtés de Thierry Repentin, sénateur PS de Savoie, de piloter la mobilisation de l'électorat populaire et des associations de banlieue", a précisé M. Chibli, également maire-adjoint de Lavelanet (Ariège), dont le président du Sénat Jean-Pierre Bel fut longtemps maire. 

En avril 2012, le PS recommença
avec le député des Landes, Alain Vidalies, monsieur Emploi-Travail du candidat Hollande (aujourd'hui ministre délégué de Ayrault, chargé des ... Relations avec le Parlement), ne manifestèrent-ils pas un grand intérêt au " Grenelle de la pauvreté " proposé par Chérèque (CFDT) ? Juste encore un ? 

Rappelons aussi qu'à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat socialiste François Hollande promit qu'il "instaurerai(t) une "Conférence environnementale" à 5 collèges + 1, celui des parlementaires, doté d'un agenda environnemental qui déterminera chaque année des priorités, pour mettre le dialogue environnemental au niveau du dialogue social. Cette Conférence sera régionalisée, pour permettre une meilleure prise en compte de la diversité des territoires." 

Le logo de la Grande farce sociale 

On peut trouver heureux l’emprunt au vocabulaire religieux et ses séminaires : on s'extasie d'ailleurs que le gouvernement parle d’ " ateliers ", de " tables rondes "... et il faut bien admettre que la modalité de la rencontre prend le pas sur sa finalité ! 
Qui dira que le logo de la conférence est navrant de naïveté sur le fond et banal dans la forme, son objet étant totalement flou et le mot "rigueur" tabou. 

Vers un socialisme libéral ? 

 Si on remonte l’histoire du dialogue social à la française, il se peut qu'on comprenne ce qui se joue ces jours-ci au palais d’Iéna. Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail (IST ), rappelle qu’auparavant, quand l'Etat était l’Etat, il " convoquait " les partenaires sociaux (en 1936 et 1968 pour mettre fin à de grandes crises sociales) ou bien il les "consultait", quand par exemple Nicolas Sarkozy avait instauré les " sommets sociaux " à l’Elysée avec la réforme des retraites. 

La majorité socialiste se donne le beau rôle et manipule l'opinion d'autant plus facilement que les media évitent de rappeler que la gauche au pouvoir a souvent fait passer ses grandes lois sociales sans passer par un réel dialogue : ce fut le cas en mai 1981 comme en 1997. Jean Gandois, patron des patrons, avait eu l’impression de s’être fait " berner " par Lionel Jospin et Martine Aubry sur les 35 heures. Aujourd’hui, les syndicats n’accueillent donc pas cette conférence sans scepticisme, ni sans méfiance la proposition d’inscrire le dialogue social dans la Constitution. 

Hollande prétend inventer la " concertation " 

La seule innovation serait qu'elle s'inscrirait en rupture avec les pratiques socialistes du siècle passé. 
Hollande serait-il un libéral honteux, au sens où il laisserait les partenaires sociaux négocier entre eux, comme cela se passe en Espagne ou en Allemagne ? Ce serait un retour du socialisme au libéralisme, après sa période marxiste.

 Un Etat toujours en vigie 

 Le choix du CESE pour cette conférence relève du symbole
On ne se réunit pas dans un ministère, mais dans un lieu naturel d’échanges entre partenaires sociaux et la presse s'en esbaudit, perdant tout bêtement de vue qu'il fallait trouver à loger 300 personnes et que le Stade de France ne faisait pas vraiment l'affaire. 

 Mais les symboles peuvent être des rideaux de fumée 
Le président Hollande veut certes réhabiliter les corps intermédiaires, mais il a bien précisé l’ordre des " trois défis " qu’il veut gagner: 
1- les finances publiques ;
2- défi : l’industrie et la compétitivité ; 
3- le chômage et la précarité.

Fort bien, mais les chômeurs se plaignent justement de ne pas avoir été invités...
VOIR et ENTENDRE   les représentants de 15 à 20% de la population active exclus de la "grande" conférence. Chômeurs et Précaires ont tenté  d'accéder à la Conférence pour s'y faire voir et entendre, mais ils ont été refoulés.




Le renouveau sémantique n’est donc que poudre aux yeux destinée à faire avaler le fait que les caisses sont vides.

Jusqu’ici, l’Etat est toujours resté à l'initiative et à la manoeuvre
Or, donner à croire aux partenaires sociaux que l'Etat leur accorde davantage d’autonomie est du foutage de gueule, car on peut se demander s'ils en ont le désir et les capacités. 
On a vu par exemple que, malgré ses bonnes intentions, la loi de janvier 2007 sur la modernisation du dialogue social est restée lettre morte.

Continuer, le sachant,  à leurrer les uns et les autres, c'est du cynisme social  à la Hollande.

samedi 29 novembre 2008

Mélenchon relance son Parti de Gauche, une ‘force’ parallèle au PS

Et une fois les Européennes 2009 passées ?


Jean-Luc Mélenchon, ex-sénateur socialiste, a réactivé ce samedi son Parti de Gauche lors d'un meeting à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Il a exprimé sa volonté de "rassembler une majorité politique de gauche pour gouverner le pays" et, pour cela, a invité à
- "affronter le capitalisme", vaste ambition…
- et à dénoncer "l'impuissance" du social-libéralisme.
"Il y a une immense disponibilité à gauche pour affronter le capitalisme, pour sortir des sentiers battus et rebattus de l'impuissance incarnée par le social-libéralisme", a-t-il dit.
"Il faut mettre en quarantaine le social-libéralisme", a résumé le sénateur de l'Essonne. Il a reproché au PS d'être accroché à la "ligne sociale-démocrate européenne".

Le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député Marc Dolez
Ils ont quitté le Parti socialiste au début du mois. Leur volonté était de créer une "force nouvelle" clairement à gauche, ce qu’ils ne trouvent pas au PS.
"La France des rébellions et des révolutions a de nouveau une volonté, un drapeau et un parti", a lancé Jean-Luc Mélenchon devant plusieurs centaines de personne, assemblées dans un palais des sports non chauffé.
Désireux de "réinventer la gauche" dans "la crise du capitalisme", il s'est engagé à
- "inverser l'ordre du partage des richesses entre le capital et le travail",
- "installer la planification écologique",
- "la VIe République parlementaire",
- et surtout à "tourner la page du modèle pourri de construction libérale de l'Europe dont le traité de Lisbonne est la misérable règle du jeu".

Internationalisme
Dans un discours de 50 minutes devant ses "partisans", conclu comme il se doit au son de l'Internationale , l'ex-ministre délégué à l'Enseignement professionnel du gouvernement Jospin a présenté le projet et la stratégie du nouveau parti, inspiré du "Die Linke" allemand de l'ancien leader social-démocrate Oskar Lafontaine, invité d'honneur du meeting.
Avant lui à la tribune, l'ancien ministre social-démocrate allemand Oskar Lafontaine, lui-même cofondateur d'un "Parti de gauche" en Allemagne, avait appelé à "rompre avec ce dilemme fatal de compromis pourris". "Si la gauche perd sa crédibilité, elle perd sa raison d'être", a-t-il souligné.
"Il faut mettre en quarantaine le social-libéralisme", a résumé le sénateur de l'Essonne. Il a reproché au PS d'être accroché à la "ligne sociale-démocrate européenne". "Annoncer comme Martine Aubry qu'on est ancré à gauche et qu'on est réformiste, c'est annoncer qu'on ne fera rien", a-t-il lancé à propos de la nouvelle Première secrétaire du PS.


Objectif: les élections Européennes du printemps 2009

"Nous ne savons pas si c'est possible d'y parvenir avec le Parti de Gauche, mais ce dont nous sommes certains, c'est que c'est nécessaire de l'entreprendre, de le commencer tout de suite parce qu'il y a urgence".
Opposant au traité européen de Lisbonne, il a détaillé la stratégie du "front de gauche" qu'il entend constituer avec les militants de gauche qui se sont opposés au traité constitutionnel.

Pour remporter ce "référendum politique sur le traité de Lisbonne",
Jean-Luc Mélenchon s'est rapproché du Parti communiste et de la Ligue communiste révolutionnaire après son départ du PS.

  • Mais le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot se fait prier.
    "Nous discuterons avec lui. Sa démarche va dans le bon sens", déclare le porte-parole de la LCR dans "L'Express" de cette semaine. Mais celui qui reproche à Jean-Luc Mélenchon de fonder un PS-bis rappelle que l'objectif du NPA ne consiste "pas à refaire la gauche, mais à construire une autre gauche".Le porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, a jugé possible de "mener des campagnes" avec lui tout en excluant toute idée de parti commun.

    Prenant Olivier Besancenot au mot, Jean-Luc Mélenchon s'est dit "d'accord" pour discuter "tout de suite". Promettant une "place éminente" au NPA sur ses listes, Mélenchon a garanti que les élus du Parti de gauche ne siégeront pas avec les socialistes au Parlement européen.
  • Pour l'instant, seul le Parti communiste, grabataire, a accepté de rejoindre ce front.
  • Ratissant large, le fondateur du Parti de gauche a aussi appelé l'aile gauche des Verts à rejoindre le nouveau parti.
    "Ne vous laissez pas embarquer par le politicien de centre-droit Cohn-Bendit", a-t-il lancé. Il a précisé que le premier forum sur le programme du Parti de gauche porterait sur le "projet de planification écologique".

    Mélenchon a-t-il les moyens de brader ses cartes d’adhérents ?
    Jean-Luc Mélenchon a une autre tâche à accomplir d'ici au congrès fondateur du nouveau parti, programmé les 7 et 8 février: gonfler les effectifs de son parti. Le Parti de gauche, qui revendique plus de 6.000 soutiens sur son site Internet, est aujourd'hui constitué majoritairement d'anciens socialistes.