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lundi 5 décembre 2016

Manuel Valls va-t-il se croire plus capable que Hollande de rassembler la gauche ?

Honni de tous, il a précipité la fin du quinquennat et l'éclatement du PS

Haineux ?
En démissionnant lundi, le Premier ministre va provoquer un changement de gouvernement pour annoncer sa candidature à la présidentielle. 

Manuel Valls va, dit-on, annoncer sa candidature à la primaire de la gauche
lundi soir à Evry, avec l'ambition de rassembler la gauche qu'il a dressée contre Hollande et luila partie est loin d'être gagnée. Autoritaire, cassant et colérique, le Néron semble en effet davantage de droite que de gauche.
  
Il propose de supprimer les 35 heures et l'ISF 

"Il faut déverrouiller les 35 heures !" lançait Manuel Valls au Grand-Rendez Vous d’Europe 1, en janvier 2011, alors qu'il était candidat aux primaires socialistes de la présidentielle de 2012. A l'époque, le député-maire d’Evry défiait Martine Aubry, aujourd'hui chef de file des 'frondeurs', alors première secrétaire du PS et qui avait mis en place les 35 heures alors qu'elle était ministre de Lionel Jospin. 



Quelques mois plus tard, dans l'un de ses livres, Valls violenta à nouveau la doxa socialiste. 
"Je propose sans tabou de supprimer l’impôt sur la fortune, source d’injustice entre les classes moyennes supérieures et les chefs d’entreprises", écrivait-il.
"Le candidat aux primaires que je suis, comme le Parti socialiste, propose la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG", a-t-il expliqué. "Il faut un impôt à la fois progressif, c'est le cas de l'impôt sur le revenu, et il faut une capacité d'élargir l'assiette. Il faut, bref, que tous les français puissent payer l'impôt. Il faudrait d'ailleurs que cet impôt soit retenu à la source".
Manuel Valls estime que cela rapporterait "plusieurs milliards, parce que le seul fait que les Français payent chacun une part de cet impôt permettrait non seulement que la fiscalité soit plus juste, mais que les recettes soient plus importantes pour l'Etat".


La gauche le rejette depuis 2011
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Dangereux schizophrène ?


Qui pour rassembler la gauche ?

Manuel Valls est le pire pour rassembler la famille de gauche, mais qui peut y prétendre ? Arnaud Montebourg ? Non, pas plus, Arnaud Montebourg que Manuel Valls. On est dans une situation inédite : les deux principaux candidats à cette primaire incarnent deux minorités du Parti socialiste et de la gauche.

Bipolaire ?
Dans ce duel, Manuel Valls bénéficie d’un avantage institutionnel. Il est le chef du gouvernement et incarne donc une forme d’autorité. Mais beaucoup à gauche retiendront surtout ses positions sur le burkini, sur la déchéance de nationalité. La question est finalement plutôt : mais existe-t-il quelque chose de gauche chez Manuel Valls ?

Manuel Valls aime l’entreprise comme il l’a proclamé en tant que Premier ministre devant le Medef, lors des universités d'été du syndicat des patrons en 2014. 
Binaire hystérique ?

Faire sauter les 35 heures et l’ISF, deux marqueurs de droite qui à eux seuls auraient peut-être permis à Manuel Valls de faire un meilleur score à la primaire de la droite qu’à celle de la gauche en 2011. Pour mémoire, il avait recueilli 5,63% des voix, très, très loin derrière Arnaud Montebourg, qui avait totalisé plus de 17,19% des suffrages. En d’autres termes, 95% des électeurs de gauche en 2011 n’avaient pas voté pour lui. 

De nouvelles candidatures ? 

Il y a donc une place à prendre pour un ou une candidate capable de faire la synthèse, de rassembler vraiment.

Emmanuel Macron, le "bébé" Hollande, avait un boulevard devant lui, mais il a choisi une autre stratégie, hors du cadre socialiste.

Et puisque les socialistes pensent aux femmes dans les situations désespérées, (comme ils ont pensé aux Blacks Blancs Beurs avant de les écarter sans états d'âme), des noms de kamikazes en jupons sortent:

Ségolène Royal qui est allée à Cuba pour l'incinération du dictateur Castro et s'est carbonisée dans un accès de "castritude" qu'elle croyait de nature à rallier l'extrême gauche à sa candidature.

Najat Vallaud-Belkacem, même si "ce n'est pas une intellectuelle," selon Hollande ("Elle est bonne Najat, très forte en langue de bois") ? "Pimprenelle" (le surnom qu'il lui a donné) à l'Elysée ? 

Marisol Touraine, fayotte du chef de l'Etat déchu ? 
L'ennemie jurée de Valls, Christiane Taubira (2,32 % des voix, en 2002) qui croit avoir redressé son image, comme Montebourg la courbe de l'emploi ? 

Et d’autres candidats peuvent encore se déclarer dans les 10 jours qui restent jusqu'au dépôt des candidatures. Pourquoi pas Myriam El Khomri, aussi...
Tout est tellement ouvert que cette primaire à gauche s'annonce comme la cerise sur le flanby écroulé de Hollande.


lundi 16 mars 2015

Constructive, l'opposition UMP du Sénat tente de sauver la loi Macron

Le Sénat entreprend de renforcer la loi Macron

Les sénateurs d'opposition proposent une loi "Macron plus " !  

La gauche fracture aussi le monde économique
35 heures, seuils sociaux… : le Sénat n'exclura aucune piste pour améliorer la loi Macron sur la compétitivité de l'économie. "Nous allons écrire la vraie loi dont a rêvé Emmanuel Macron et nous voterons pour", raillait récemment le patron des sénateurs UMP, Bruno Retailleau sur Europe 1.
Le projet de loi sur la croissance sera débattu à partir du 7 avril au Sénat, majoritairement à droite. Et la chambre haute compte passer à la moulinette le texte adopté en force, au moyen de l'article 49-3, sans vote des représentants du peuple

A quoi pourrait ressembler une loi rêvée par Macron mais faite par la droite ?
Le Sénat veut s'attaquer aux 35h…  En août, le ministre de l’Économie s'était dit prêt à autoriser "les entreprises à déroger" sur les 35h. Mais la mesure ne figure finalement pas dans la loi qui porte son nom. Les sénateurs  veulent y remédier et comptent donc bien la réintroduire.
"Des propositions seront faites" sur les 35 heures, a ainsi fait savoir Vincent Capo-Cannellas, le sénateur de Seine-Saint-Denis. La majorité à la Chambre Haute veut en effet revoir le cadre des accords aujourd'hui possibles en entreprise. L'objectif est de passer d'accords "défensifs" à des accords "offensifs". Aujourd'hui, ces accords permettent de revoir la durée du temps de travail lorsque l'entreprise rencontre de graves difficultés économiques, mais la droite sénatoriale voudrait que les entreprises puissent disposer de davantage de souplesse avant d'être complètement dans le rouge.
La Commission spéciale sur le projet de "loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques" a commencé ses auditions, notamment avec celle du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. Elle examinera les amendements à partir du 17 mars. Outre les 35h, d'autres mesures prévues par l'UMP ont commencé à filtrer.

Pour sauver la loi -et favoriser la croissance-, relever les seuils sociaux. 
Comme l'avait fait entendre Emmanuel Macron avant de repousser la réforme à plus tard, les sénateurs devrait ainsi relever les "seuils sociaux" pour les petites entreprises. Aujourd'hui, par exemple, une entreprise de 10 salariés a l'obligation de nommer un délégué du personnel, qui dispose d'un certain droit de regard sur l'action des dirigeants. Les sénateurs UMP voudraient relever ce seuil à 20.

Concernant le travail du dimanche,
"nous défendrons un amendement pour que les contreparties ne soient pas obligatoires dans les zones touristiques pour les entreprises de moins de dix salariés", indique également Catherine Deroche (Angers, Maine-et-Loire), rapporteur UMP sur les aspects sociaux et travail. "Le gouvernement a l'opportunité d'en faire un vrai texte en faveur de la croissance. La balle est dans son camp", souligne Vincent Capo-Cannellas (Force européenne démocrate, FED, de Jean-Christophe Lagarde, Gard).

L'UMP veut également assouplirer le texte sur les professions réglementées, ce à que le gouvernement s'oppose fermement.
 
Le gouvernement se dit prêt à "enrichir" le texte

Emmanuel Macron s'est dit prêt, en revanche, à "enrichir" le texte sur d'autres points.
Sur le travail du dimanche, le gouvernement pourrait en effet accepter de ne plus rendre  les compensations salariales obligatoires aux petits commerces
Macron se tourne vers la droite
Sous la pression de la droite, Macron pourrait aussi assouplir l'obligation faite aux entreprises d'informer à l'avance ses salariés avant la vente d'une société. Cette loi controversée était portée par Benoît Hamon, l'ancien ministre de l'Economie solidaire,  débarqué cet été pour ses appels en faveur d'une politique économique plus social-démocrate, aux côtés des "frondeurs" du PS.

samedi 27 septembre 2014

Les Français ne veulent plus des 35h

Les Français sont également pour l'ouverture des commerces le soir et le dimanche

Un  sondage qui annonce de nouvelles reculades de la gauche
Les Français sont majoritairement favorables à la remise en cause des 35 heures
ainsi qu'à l'ouverture des commerces le soir et le dimanche.

Sans surprise, les sondés s'opposent  à un recul de l'âge de la retraite.
Ils sont également contre la suppression de deux jours fériés, selon un sondage Odoxa pour i-télé (groupe Canal+) et Le Parisien/Aujourd'hui en France publié samedi.

Ces quatre propositions du MEDEF marquent une évolution des mentalités

61% souhaitent "revenir sur la durée légale du travail et l'adapter selon la taille et le secteur des entreprises" (39% opposés)
72% des sondés sont favorables à une "autorisation d'ouverture des commerces à la fois le soir et le dimanche" (28% opposés), 

"Reculer l'âge légal de départ à la retraite" (31% pour) en mécontenterait 69%

73% refusent même de "supprimer deux jours fériés
par an pour allonger la durée annuelle travaillée" (26% pour et 1% sans opinion).

Sondage réalisé par internet les 25 et 26 septembre auprès d'un échantillon de 1.001 personnes, représentatif de la population française adulte.

mardi 10 juillet 2012

La conférence sociale de Hollande n'a de "grande" que la mise en scène

Les chômeurs, laissés pour compte de la "Grande" conférence sociale
Finis les " sommets spectacles ", a promis le gouvernement. Et pourtant !

300 acteurs sociaux convoqués, les media mobilisés et une couverture inversement proportionnelle aux mesures escomptées par les entrepreneurs. 

C'est Ben Hur (1959) sans William Wyler, mais Ayrault-zéro dans le rôle du héros... 
Ce lundi, le nouveau président de la République n’a prononcé que le discours d’ouverture de ce peplum. Avant de s’éclipser du Conseil économique social et environnemental (CESE), laissant ses ministres écouter les 300 invités et les "facilitateurs" synthétiser les sept tables rondes thématiques, prochaines tables de la loi sociale. 

Hollande se croit encore dans l'arène présidentielle
 
Pour Mariette Darrigrand, sémiologue et blogueuse sur Rue89 : " François Hollande continue de faire de l’antisarkozysme, comme pendant sa campagne. Avant, il y avait un homme qui décidait tout seul et très vite; là, les décisions se prendront ensemble et sur les cinq ans du mandat." L'un avait des convictions et de l'énergie, l'autre n'en a pas et ne sait décider seul.

Rappelons qu’étymologiquement, conférence veut dire “parler ensemble, précisément ce que Sarkozy n’a pas eu le temps de faire, puisque les réformes attendaient et que l'économie et les finances internationales ne souffraient pas les atermoiements que connaît maintenant le gouvernement Ayrault. 

L’Etat se dévalorise: l'exécutif se complaît en effet dans les rôles d'appoint. 
Il est devenu un acteur, un partenaire social comme les autres. 
Hollande aurait pu parler de “Grenelle de l’économie mais le terme aurait, selon lui, été trop galvaudé sous le précédent quinquennat. 
Le 3 février, le PS annonça pourtant un "Grenelle des quartiers populaires" pour début mars 2012. "François Hollande m'a chargé, aux côtés de Thierry Repentin, sénateur PS de Savoie, de piloter la mobilisation de l'électorat populaire et des associations de banlieue", a précisé M. Chibli, également maire-adjoint de Lavelanet (Ariège), dont le président du Sénat Jean-Pierre Bel fut longtemps maire. 

En avril 2012, le PS recommença
avec le député des Landes, Alain Vidalies, monsieur Emploi-Travail du candidat Hollande (aujourd'hui ministre délégué de Ayrault, chargé des ... Relations avec le Parlement), ne manifestèrent-ils pas un grand intérêt au " Grenelle de la pauvreté " proposé par Chérèque (CFDT) ? Juste encore un ? 

Rappelons aussi qu'à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat socialiste François Hollande promit qu'il "instaurerai(t) une "Conférence environnementale" à 5 collèges + 1, celui des parlementaires, doté d'un agenda environnemental qui déterminera chaque année des priorités, pour mettre le dialogue environnemental au niveau du dialogue social. Cette Conférence sera régionalisée, pour permettre une meilleure prise en compte de la diversité des territoires." 

Le logo de la Grande farce sociale 

On peut trouver heureux l’emprunt au vocabulaire religieux et ses séminaires : on s'extasie d'ailleurs que le gouvernement parle d’ " ateliers ", de " tables rondes "... et il faut bien admettre que la modalité de la rencontre prend le pas sur sa finalité ! 
Qui dira que le logo de la conférence est navrant de naïveté sur le fond et banal dans la forme, son objet étant totalement flou et le mot "rigueur" tabou. 

Vers un socialisme libéral ? 

 Si on remonte l’histoire du dialogue social à la française, il se peut qu'on comprenne ce qui se joue ces jours-ci au palais d’Iéna. Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail (IST ), rappelle qu’auparavant, quand l'Etat était l’Etat, il " convoquait " les partenaires sociaux (en 1936 et 1968 pour mettre fin à de grandes crises sociales) ou bien il les "consultait", quand par exemple Nicolas Sarkozy avait instauré les " sommets sociaux " à l’Elysée avec la réforme des retraites. 

La majorité socialiste se donne le beau rôle et manipule l'opinion d'autant plus facilement que les media évitent de rappeler que la gauche au pouvoir a souvent fait passer ses grandes lois sociales sans passer par un réel dialogue : ce fut le cas en mai 1981 comme en 1997. Jean Gandois, patron des patrons, avait eu l’impression de s’être fait " berner " par Lionel Jospin et Martine Aubry sur les 35 heures. Aujourd’hui, les syndicats n’accueillent donc pas cette conférence sans scepticisme, ni sans méfiance la proposition d’inscrire le dialogue social dans la Constitution. 

Hollande prétend inventer la " concertation " 

La seule innovation serait qu'elle s'inscrirait en rupture avec les pratiques socialistes du siècle passé. 
Hollande serait-il un libéral honteux, au sens où il laisserait les partenaires sociaux négocier entre eux, comme cela se passe en Espagne ou en Allemagne ? Ce serait un retour du socialisme au libéralisme, après sa période marxiste.

 Un Etat toujours en vigie 

 Le choix du CESE pour cette conférence relève du symbole
On ne se réunit pas dans un ministère, mais dans un lieu naturel d’échanges entre partenaires sociaux et la presse s'en esbaudit, perdant tout bêtement de vue qu'il fallait trouver à loger 300 personnes et que le Stade de France ne faisait pas vraiment l'affaire. 

 Mais les symboles peuvent être des rideaux de fumée 
Le président Hollande veut certes réhabiliter les corps intermédiaires, mais il a bien précisé l’ordre des " trois défis " qu’il veut gagner: 
1- les finances publiques ;
2- défi : l’industrie et la compétitivité ; 
3- le chômage et la précarité.

Fort bien, mais les chômeurs se plaignent justement de ne pas avoir été invités...
VOIR et ENTENDRE   les représentants de 15 à 20% de la population active exclus de la "grande" conférence. Chômeurs et Précaires ont tenté  d'accéder à la Conférence pour s'y faire voir et entendre, mais ils ont été refoulés.




Le renouveau sémantique n’est donc que poudre aux yeux destinée à faire avaler le fait que les caisses sont vides.

Jusqu’ici, l’Etat est toujours resté à l'initiative et à la manoeuvre
Or, donner à croire aux partenaires sociaux que l'Etat leur accorde davantage d’autonomie est du foutage de gueule, car on peut se demander s'ils en ont le désir et les capacités. 
On a vu par exemple que, malgré ses bonnes intentions, la loi de janvier 2007 sur la modernisation du dialogue social est restée lettre morte.

Continuer, le sachant,  à leurrer les uns et les autres, c'est du cynisme social  à la Hollande.