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samedi 20 mars 2010

MAM stigmatise la gauche qui dresse les régions contre la France en temps de crise

Instaurer des contre-pouvoirs au gouvernement, c'est "agir contre la France"

Un contre-pouvoir des régions ?

=> Mars 2008 – La question était posée d'un contre-pouvoir socialiste

Depuis 2002, on constate à chaque élection que la droite a gagné les deux élections présidentielles et législatives, la gauche, les régionales en 2004 et les municipales et les cantonales en 2008. Cette répartition pose la question de la réalité des pouvoirs sur l'échiquier politique. Quelles sont les pouvoirs des collectivités territoriales par rapport à l'Etat ?

=> Avec ses vingt Régions sur vingt-deux depuis 2004, avec les plus grandes municipalités du pays depuis 2009, le PS avait la tentation du contre-pouvoir sur le gouvernement, en plus de l'hégémonie sur la gauche. A l'époque, François Fillon avait qualifié la débâcle de la droite de "21 avril à l'envers" en référence à l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002.

=> Le 10 décembre 2009, Désirdavenir Royal accusait: «« Nicolas Sarkozy veut détruire le seul [sic ! ] contre-pouvoir qui subsiste en France » (Les Echos)

=> L'objectif de l'opposition consista d'abord à installer un sentiment de défiance entre, d'un côté, le pouvoir central et, de l'autre, les pouvoirs régionaux et municipaux. Certaines Régions PS ont d'ores et déjà démontré qu'il ne faut pas compter sur elles pour mettre en place le service minimum dans les transports. À Paris et dans d'autres villes PS, c'est le service minimum à l'école primaire qui est jugé impraticable. La liste de ces petits «actes de résistance» ne cesse de s'allonger, à l'occasion de chaque réforme.
Chacun admet que la nécessaire modernisation du pays, sans cesse repoussée, ne peut plus attendre et que la limite des déficits publics est atteinte. Or, les crises financière, puis économique internationales ont rendu les objectifs du Président de la République difficiles d'accès. Parallèlement, les gouvernements socialistes d'Espagne et de Grèce ont fait apparaître leur impuissance. En France, les régions socialistes ont d'abord opposé leur immobilisme et elles surfent maintenant sur les crises pour renforcer leur contre-pouvoir politique.
Alors que les difficultés commandent la solidarité nationale, l'opposition s'allie (PS, Les Verts et le Front de gauche), pour se solidariser contre le pouvoir.

=> Le mercredi 10 mars 2010 à Orléans, pour son avant-dernier meeting de campagne avant le premier tour, le premier secrétaire du PS a estimé que le président Sarkozy «n'aimait pas les contre-pouvoirs, comme la presse ou l'opposition parlementaire et les régions». «Nous avons besoin d'avoir des grandes régions de gauche (…)

Un hégémonisme socialiste revendiqué
« Nous avons besoin d'être le premier parti de la gauche, d'être fort. Nous aurions aimé être unis, mais je respecte ceux qui ont fait un autre choix », a dit Marine Aubry.» Depuis, les « trois grâces » sont « solidaires » au café … Promesses d'ivrognes !
Pourtant, avant le 1er tour, lors de leurs derniers meetings à Paris et à Poitiers, les socialistes ont voulu creuser l'écart avec les écologistes. « S'il y a un parti à gauche capable de contrer la droite, c'est bien le parti socialiste», a conclu Martine Aubry. Avant le 2e tour, plus de quoi alarmer Marie-George Buffet (PC) et Cécile Duflot (Verts)... Pourvu qué ça doure...

=> Le 11, au Cirque d'Hiver de Paris, pour son dernier meeting, pour mobiliser les électeurs de gauche, le premier secrétaire Aubry, en soutien au candidat socialiste à un 3e mandat en Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, s'en est prise à l'action du chef de l'État, donnant ainsi une tournure nationale aux régionales.
À Poitiers, Désirdavenir Royal conférait aussi une valeur de revanche personnelle aux régionales. Elle clôtura en effet sa campagne en appelant au vote sanction contre Nicolas Sarkozy, son vainqueur de la présidentielle.

MAM accuse les candidats de gauche d'"agir contre la France"

Le ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a stigmatisé vendredi soir les candidats de gauche. Elle accuse ceux qui veulent instaurer « des contre-pouvoirs à l'action, à l'effort du gouvernement (..), ce sont des gens qui agissent contre la France"au gouvernement dans les régions.

Le garde des Sceaux, qui avait à ses côtés trois autres ministres, Valérie Pécresse, chef de file de l'UMP pour les régionales en IdF, Chantal Jouanno et Rama Yade, a en outre ajouté que ces candidats "disent des choses stupides parce que jamais les régions ne pourront être grandes sans la France et jamais la France ne pourra être grande sans ses régions".

Mme Alliot-Marie a qualifié par ailleurs d'"arnaque" la fusion entre les deux tours de scrutin de la liste du PS avec celles d'Europe Ecologie et du Front de gauche en IDF.
"Vous avez des équipes multiples au premier tour où tout le monde s'est déchiré et brusquement on les retrouve maintenant unis, alors vous allez me dire c'est un miracle, bah non c'est pas un miracle, c'est une arnaque ! ", a-t-elle affirmé sous les applaudissements d'un parterre d'élus et de militants d'UMP.

Contre l'arnaque, la droite

La liste menée par Valérie Pécresse a obtenu 14,86% dimanche dernier dans le XXème arrondissement, où l'UMP ne compte pourtant plus d'élu municipal.
V. Pécresse, qui "aime le combat et n'a pas peur", a assuré pour sa part que malgré les résultats du premier tour et les sondages qui donnent la gauche largement gagnante en IdF, "rien n'est joué" et "tout reste ouvert".

Le député maire d'Évry, Manuel Valls, avait dit son inquiétude du triomphalisme de ses camarades de l'opposition. Il ne voit pas d'adhésion garantie au projet de la gauche…

Il dépend clairement de l'électorat de droite -et de ceux (et celles) qui avaient prévu d'attendre le 2e tour pour peser sur le scrutin- que l'espoir d'un contre pouvoir de gauche renforcé soit ruiné.

mercredi 22 avril 2009

Enseignants chercheurs: le Conseil d'Etat valide le décret Pécresse

Désaveu des enseignants-chercheurs militants

Le Conseil d'Etat a validé mardi 21 avril le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, un des principaux motifs de la contestation universitaire, le mardi 21 avril.
Le projet de loi a donc pu être inscrit à l'ordre du jour du Conseil des ministres du mercredi 22 avril. Malgré cet arbitrage, les opposants continuent à contester et dénoncer un "passage en force". Le premier ministre "fait semblant de croire que tout est réglé dans les universités", a rétorqué Jean-Louis Fournel, président du collectif Sauvons l'université (SLU). Interrogé mercredi matin sur France Inter, François Fillon a souligné le caractère "minoritaire" du mouvement de protestation.

Deux autres décrets ont été également validés par le Conseil d'Etat

Ils doivent être examinés par le Conseil des ministres :
- l'un portant sur le fonctionnement du Conseil national des universités (CNU),
- l'autre réformant les modalités de classement à l'entrée des corps de maîtres de conférences et de professeurs des universités.

Bien que les militants enseignants-chercheurs occultent les nouveaux avantages dont le projet de loi les rend bénéficiaires, ce dernier texte permet d'engager une revalorisation par des augmentations salariales "de 12 % à 25 % en début de carrière", selon le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. Les étudiants qu'ils envoient en première ligne de la contestation sont-ils au courant?

Rappel des faits

Dévoilée en octobre 2008 par la ministre Valérie Pécresse, puis transmise pour examen au Conseil d'Etat en janvier 2009, la première version du décret a été un des éléments déclencheurs du mouvement universitaire, qui porte aussi sur d'autres sujets comme la réforme de la formation initiale des enseignants du primaire et du secondaire.
Le texte introduit la possibilité de moduler le service des enseignants-chercheurs entre cours, recherche et autres tâches. Certains enseignants-chercheurs n'ont plus vu depuis longtemps un amphi de près. Les chercheurs devront désormais transmettre leur savoir et sortir de leurs labos (s'ils le veulent bien !), dans la logique de la démocratisation de l'enseignement et de l'arrivée massive des bacheliers: plus de 80% des candidats.

Ce projet a été réécrit lors de plusieurs séances de négociation
, la modulation de service devenant impossible "sans l'accord écrit de l'intéressé".
Le Snesup-FSU, syndicat disposant d'une majorité relative parmi les enseignants-chercheurs, n'a pas participé à ces discussions, mais il n'est pas le seul interlocuteur possible. On notera que la FSU fonde sa propagande sur un prétendu refus de dialogue, mais qu'elle se dérobe, tandis que les autres syndicats participent à la concertation. La FSU, relayée par la presse d'opposition, persistera néanmoins à qualifier de reculs les avancées négociées par les syndicats rivaux avec le ministère.

Un projet re-travaillé, sans les enseignants-chercheurs radicaux
  • La FSU laisse les étudiants pour compte
    Le Sne-Sup ne connaît que la stratégie du blocage.

    Il estime que ce décret "exposera les enseignants-chercheurs aux pressions locales et à la concurrence de leurs propres collègues" et que la modulation se traduira inévitablement par l'alourdissement du temps d'enseignement de certains enseignants-chercheurs. Les étudiants ne s'en plaindront pas.Qui débloquera le Sne-Sup?
  • Le "collectif pour la défense de l'université"
    Animé notamment par le juriste Olivier Beaud, il estime que "contrairement aux apparences, l'attaque frontale contre le coeur du métier d'universitaire, son indépendance et sa liberté, n'a pas été désamorcée par la nouvelle rédaction du décret".
  • Le texte a encore été amendé et adopté

    Le projet, que refuse la FSU, a été adopté par le Comité technique paritaire universitaire (CTPU), instance consultative.

  • L'Autonome Sup, syndicat pourtant très engagé dans le mouvement, a approuvé le texte, jugeant qu'il représentait un "compromis acceptable", en particulier du fait que "l'alourdissement" autoritaire du temps d'enseignement ne pouvait être imposé.
  • L'UNSA et le SGEN se sont abstenus, mais sont sur la même ligne.
  • jeudi 2 avril 2009

    Formation des enseignants: étalement de la réforme jusqu'à 2011

    Confirmation de stages pour les deux premières années de master...
    Malgré des avancées

    La réforme de la formation des enseignants du premier et second degrés cristallisait les
    mécontentements dans le monde conservateur de l'Education
    , depuis la maternelle jusqu'aux universités. Nombre d'acteurs ont demandé le report d'un an de sa mise en oeuvre et l'ouverture de négociations.

    Le 13 mars dernier, au lendemain d'une
    énième journée de mobilisation massive dans le monde de l'éducation, on disait les deux ministres prêts à faire un geste.
    Depuis une quinzaine de jours, on sait que les ministres en charge du système éducatif et de la recherche de la maternelle à l’université ont pris en compte les revendications, mais ils n’ont pas été entendus des extrémistes de ce jeudi 2 avril qui maintiennent les manifestations prévues.

    Les syndicats veulent ignorer le communiqué commun de V.Pécresse et X. Darcos

    La
    réforme de la formation des enseignants aura bien lieu. Elle prendra toutefois un «caractère transitoire» en 2009-2010 et verra son «aboutissement à l'occasion des concours 2011». Les syndicats reprochaient en effet la suppression de l'année de stage prévue dans la réforme. La mise en œuvre de la mesure n'est donc pas reportée, mais étalée, pour permettre aux étudiants d’en prendre connaissance et de s’adapter à leur époque..=> Comme annoncé, les étudiants en master 1 et 2 bénéficieront d'un dispositif de stages afin de «permettre une préparation progressive à l'exercice du métier d'enseignant».
    Bourses et stages rémunérés ne satisfont pas les bloqueurs


    Rémunérations

  • En master 1, les étudiants pourront bénéficier de ces stages «d'observation et de pratique accompagnée» de 108 heures.
  • En master 2, les stages «en responsabilité», de même durée, seront rémunérés à hauteur de 3.000 euros au total et seront proposés à 50.000 étudiants.
  • Par ailleurs 12.000 bourses pouvant atteindre 2.500 euros seront attribuées, au mérite, pour l'année de master 2.
  • Malgré tout cela, les syndicats continuent à manifester et perturber l’activité universitaire

    Des enseignants-chercheurs, à l’origine de ces actions revendicatrices, appellent à la reprise des cours là où ils sont empêchés.

    Les enseignants-chercheurs de la faculté de lettres et sciences humaines à Aix-Schuman (Université de Provence) ont cosigné ce matin un communiqué dans lequel ils disent avoir "décidé de tourner la page". "Le gouvernement a répondu à une série des préoccupations qui se sont exprimées dans la communauté universitaire, expliquent-ils. " Il est temps pour nous de retrouver la voie de la raison, il en va de la crédibilité de notre université ainsi que des obligations juridiques et morales envers nos étudiants", pour lesquels, privés de cours depuis plus de huit semaines, "la situation est tout à fait récupérable dès lors que les rattrapages se mettent en place à partir de cette semaine". (La Provence, le 1er avril 2009)


    C’était un poisson d’avril ! Au troisième mois de grèves et de blocages, le sujet n’est-il donc pas aussi grave qu’il y paraît ?

    => Dans un texte adopté à l'unanimité en assemblée plénière, la Conférence des présidents d'université (CPU) stipule, jeudi 26 mars, que "les enseignements doivent reprendre" et que l'organisation des examens doit être mise en oeuvre dans les établissements universitaires "perturbés".
    La CPU "prend acte (...) de l'évolution concrète (...) de tous les sujets qui sont à l'origine des mouvements actuels", écrit-elle, dans ce texte conclut lors de son colloque annuel qui se tient à Brest depuis mercredi et jusqu'à vendredi. » (Lire plus : Nouvel Observateur)
    Les manifestations du jeudi 2 avril sont-elles justifiées ?

    samedi 14 mars 2009

    Luc Ferry fustige les présidents d'université

    Luc Ferry: « La grève, ce n’est pas les congés payés! »

    Philosophe, écrivain, chercheur, Luc Ferry connaît bien le sujet de la grève dans l’Enseignement. Invité du « Talk Orange-Le Figaro » , l’ancien ministre de l’Éducation nationale insiste: « La grève, ce n’est pas les congés payés. J’ai été le premier à faire voter un projet de loi pour qu’une retenue sur salaire soit prélevée sur les salaires des enseignants lorsqu’ils sont grévistes. Mais ce qui est simple dans les collèges et lycées est plus compliqué à appliquer dans les universités. Un chercheur n’a pas d’obligation de service.[Pas plus que de résultats: on peut être chercheur à vie, mais ne jamais rien trouver !] J’ai été moi-même chercheur durant deux ans et je ne me suis jamais rendu dans les locaux du CNRS. »

    Autre sujet qui lui tient à coeur: la loi sur l’autonomie des universités.
    Ministre de la Jeunesse, de l’Éducation Nationale et de la Recherche dans le gouvernement Raffarin, il est l’auteur en 2003 du premier projet de loi sur l’autonomie des universités, considéré alors par les étudiants et les enseignants comme une mise en cause de l’unité du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Une très forte mobilisation des enseignants avait alors déjà poussé le gouvernement à retirer cette réforme. « Je ne suis pas fier des présidents d’université, confie-t-il. La loi sur l’autonomie des universités est une bonne loi. Elle était réellement faite pour eux. Or ils ont abandonné Valérie Pécresse en rase campagne. »

    samedi 7 mars 2009

    Pendant les travaux de réforme universitaire, les manifs continuent…

    Une trentaine d’enseignants-chercheurs et étudiants dans la rue
    Entre 24.000 et 43.000 enseignants-chercheurs, étudiants et manifestants professionnels, selon les sources, ont manifesté contre les réformes gouvernementales dans l'enseignement, jeudi 5 mars à Paris et en province.

    Des intellos conservateurs et excessifs

    A Paris, une banderole ne faisait pas de détail et proclamait: "Non à la casse des universités et de la recherche, non à la destruction des statuts".

    La lutte des classes est relancée.
    Certains scandaient "l'autonomie des facs pour le gouvernement, c'est tous dans la merde sauf celles qui ont de l'argent".

    "IUFM en colère, non à la démolition de la formation des maîtres, retrait immédiat de la réforme Sarkozy-Darcos-Pécresse", lisait-on encore sur une autre. Les IUFM sont les instituts de formation des maîtres voulus par Jospin et qui dispensent la pensée unique en vase clos et sans contrôle des formateurs.

    Mouvement politique extrémiste

    La politisation par la gauche radicale est manifeste. Ne pouvait-on pas lire ce slogan, en métropole : "Guadeloupe partout, grève générale".
    Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, fédération hégémonique de l'Education, qui en Guadeloupe est membre de LKP, confirmait l’orientation politique de l’opposition aux réformes. "Le mouvement en Guadeloupe, qui a réussi à mobiliser et obtenir des résultats, ne peut que nous aider dans notre mobilisation", a-t-il déclaré dans le cortège.

    Pécresse tente pourtant d’adapter l’Université à son époque

    La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse travaille à sa modernisation malgré les blocages des conservateurs de gauche.
    Alors qu'elle recevait les enseignants-chercheurs dans la matinée du vendredi 6 mars, Valérie Pécresse a estimé sur LCI qu'"on trouvera les voies de passage pour rassurer les enseignants-chercheurs, les universitaires, pour leur donner les garanties que l'autonomie pour eux, cela va bien se passer par le dialogue, et pas par le blocage".

    Dialoguer avec les bloqueurs
    Les enseignants réclament du dialogue mais s'y dérobent.
    "Nous nous donnons tous les moyens avec les organisations syndicales représentatives de trouver la voie de passage, dans le plus large consensus, qui nous permettra de rétablir la confiance", a ajouté Valérie Pécresse, qui se heurte aux radicaux.

    L’opposition reste attachée au mandarinat

    Constituée en élites idéologiques, paradoxalement démocratiques mais fermées (! ), l'Université française se reproduit par clonage (ou cooptation). Dans le corps médical où il est mieux connu, les mandarins désignent les chefs de services hospitaliers, chirurgiens, grands médecins ou professeurs de médecine qui forment une certaine forme de caste. Dans les facultés de médecine, mais aussi à l'Université, il s’agit d’hommes au sommet de leur profession, qui exercent un pouvoir presque absolu dans leur service.
    On comprend donc que la ministre de l'Enseignement supérieur puisse regretter que dans ce système hérité du modèle de la Chine impérial, "le point de désaccord à voir" porte sur "la promotion" des enseignants-chercheurs, puisqu'ils veulent conserver ce 'privilège' des mariages universitaires consanguins...
    Leur nouveau statut "doit apporter davantage de transparence, de garanties contre le localisme, un euphémisme transparent, et les mauvaises pratiques, et montrer que nous faisons confiance aux universités pour faire des promotions de bonne qualité".

    Les enseignants-chercheurs souhaitent au final baigner dans leur jus jusqu’au retour de la gauche au pouvoir.
    Sans l’avouer, ils revendiquent le maintien du système antérieur fondé sur la cooptation et le copinage.

    C’est pourquoi ils refusent
    - d’une part, un droit de regard des présidents d’université qu’ils ont pourtant élus
    - et d’autre part, d’être évalués par eux.

    Ce serait la pérénisation du système qui fait des chefs de départements et de services des potentats qui continueraient à décider seuls de la progression de carrière des personnels qu’ils auraient eux-mêmes choisis sur des critères qui resteraient confidentiels et subjectifs.

    La cogestion, culture des syndicats

  • Face aux manifestations de jeudi, Valérie Pécresse a jugé que "s'ils s'expriment dans la rue, c'est une forme de méfiance vis-à-vis d'un pouvoir politique qui a délaissé l'université depuis 40 ans", avec le consentement de ses membres installés. Le monde conservateur universitaire était pourtant demandeur de réformes, mais l’heure venue, il se sent perturbé dans le confort de ses habitudes.
  • La ministre observe aussi "une défiance plus sourde au sein de l'université elle-même", liée aux préférences politiques massivement de gauche.

  • L'Université a peur de l'avenir
    Prisonnière de ses incertitudes et de la pensée unique, dont l'un des avatars, l'éducation de masse qu'elle a appelée de ses voeux, lui pose des problèmes d'adaptation qui la dépassent, elle reste jalouse de ses prérogatives et de son idéologie passéistes.

    Elle s’est enfoncée dans la co-gestion paralysante
    et ne peut dominer ses a priori négatifs envers une reforme que la gauche n’a pas engagée et qui est initiée par la droite.


    On ne peut faire du bien à quelqu'un contre sa volonté
    "Il faut que le nouveau statut des enseignants-chercheurs permette de fixer des règles, un cadre protecteur qui permette de la discipline", a insisté la ministre, notant qu'"il reste beaucoup de choses essentielles" de son décret initial.

    vendredi 20 février 2009

    Qui sont vraiment les ‘étudiants’ envahisseurs de la Sorbonne ?

    Qui risque de manipuler les vrais étudiants de base ?

    Savent-ils à qui ils ont donné leurs suffrages en votant au CEVU pour Maxime Lonlas ?

    Le CEVU, d’abord ?

    C’est le Conseil de la Vie et des Etudes Universitaires, le conseil des étudiants par excellence.
    Il est l'un des deux conseils consultatifs prévus par le statut des universités françaises, outre le conseil scientifique. « Le conseil élit en son sein un vice-président étudiant chargé des questions de vie étudiante en lien avec les centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires. »

    Le CEVU se réunit au moins six fois par an. Il émet un avis consultatif, mais le Président Molinié lui a donné un rôle important de préparation au Conseil d’Administration. On y parle aussi bien de la semaine de révisions, du contrôle des connaissances, que d’une cafétéria en Sorbonne ! Il est donc fondamental que son vice-président soit un étudiant… Il veille au respect des libertés politiques et syndicales étudiantes.

    Or, c’est la loi 2007-1199 du 10 août 2007, dite LRU de Valérie Pécresse -tant décriée- qui a voulu que le vice-président de l’université ne soit plus un professeur comme avant...

    Il n’est pas anodin de souligner enfin que cette instance a été mise en œuvre dans le cadre de la loi Savary sur l'enseignement supérieur (1984). Alain Savary (1918-1988) devint ministre de l'Éducation nationale de Mitterrand en 1981 dans le gouvernement de Pierre Mauroy. C’est à Savary que nous devons aussi les Zone d'éducation prioritaire (ZEP), une autre fausse bonne idée socialiste. Et onéreuse.
    Chargé par Mitterrand d'unifier l'enseignement secondaire et de mettre fin à la distinction entre l'école privée (dite école libre) et école publique, sa tentative, que les députés socialistes radicalisèrent, déclencha un véritable raz de marée de protestations qui déboucha sur une importante manifestation dans les rues de Paris en juin 1984, au nom de la défense de l'école libre. Finalement lâché par François Mitterrand, il remis sa démission du gouvernement quelques heures avant l'annonce de la démission complète du gouvernement Mauroy en juillet 1984. C’est le type de « couac » dont la gauche ne veut entendre parler et que Darcos n’instrumentalise pas…

    Maxime Lonlas, ensuite

    Ex-étudiant de prépa lettres, une Khâgne classique au lycée Camille Guérin de Poitiers, Maxime Lonlas a échoué à la Sorbonne. Il est donc à l’origine l’un de ceux que la gauche présente comme un privilégié puisqu’il a accédé à une classe préparatoire aux grandes écoles. Théorique graine d’élite de demain, il a néanmoins dû se rabattre sur la fac…
    Arrivé à l’Université de Paris IV en 2005, il est depuis mars 2006 élu au Conseil de l’UFR d’Histoire. Aujourd’hui étudiant en M2 (2e année de master) d’Histoire médiévale, sous la direction du Professeur Yves Sassier, Lonlas a été réélu vice-président du Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU), le 18 avril 2008, pour 2 nouvelles années.
    La mise en place de la loi LRU, que rejette l’UNEF après que Bruno Julliard (adjoint au maire socialiste de Paris) l’a signée, a engendré le renouvellement des 3 conseils centraux de l’université (répétons-le : Conseil d’Administration, Conseil Scientifique et CEVU), alors que Lonlas venait d’être élu vice-président depuis 6 mois seulement. Il entame donc une 3e année et son 2ème mandat d’une durée de 2 ans à ce poste.
    La loi LRU, que combat aussi Lonlas devant les étudiants et les media, lui a permis d’accéder à la vice-présidence de la Sorbonne , et nous voyons, depuis la nuit du 19 au 20, comment décrypter une profession de foi où le candidat en chemise noire promet de se mettre au service des étudiants, d’être un lien entre eux et l’université, pour tous les étudiants, y compris ceux qui n’adhèrent pas à son syndicat.
    Or, a-t-il organisé une assemblée générale avant d’envahir la Sorbonne et de squatter l’amphi Turgot ? Est-il mandaté par l’ensemble des étudiants pour mener ce genre de coup de force ?
    En d’autres termes, a-t-il respecté son mandat ? N’a-t-il pas outrepassé ses droits ?
    Mais ses électeurs trompés comprendront mieux pourquoi ils peuvent regretter la confiance qu’ils lui ont accordée, lorsqu’ils sauront ce qu’est véritablement l’AGEPS, dont il est le président.

    Le syndicat AGEPS, enfin

  • L’AGEPS (Association Générale des Étudiants de Paris Sorbonne) est un
    syndicat étudiant extrémiste.

  • Il est issu de la transformation progressive de l'orientation de l'UNEF-SE vers un syndicalisme considéré « de cogestion », qui ne convenait pas à l’extrême gauche hostile à la négociation avec le gouvernement.
    L’AGEPS, on l’a compris, est donc un syndicat de lutte, auquel la violence ne fait pas peur. L’Association Générale des Étudiants de Paris Sorbonne (AGEPS) est d’ailleurs membre de la FSE fondée au mois de juin 2000, pour marquer sa différence avec l’UNEF et rivaliser avec elle.

  • La FSE (Fédération syndicale étudiante)

    Le Monde,
    comme Le Figaro, classent la FSE (et plusieurs autres organisations ultra-minoritaires impliquées) comme appartenant ou étant proches de l'extrême gauche. Les blocages et la grève générale sont pour la FSE les moyens naturels d'établir un rapport de forces pour obtenir gain de cause sur des revendications.
    En rupture avec les pratiques des syndicats participant à la vie démocratique et institutionnelle des universités, elle co-signe non seulement certains de ses tracts avec le petit nombre de syndicats de lutte, comme …
    -> SUD Étudiant (qui revendique l'autogestion, et l’anti-capitalisme),
    -> l'AGEN,syndicat de lutte fondé au début des années 90, encore présent aujourd'hui,
    ->mais aussi avec les syndicats de personnels IATOS ou enseignants comme
    - la CGT éduc'action,
    - SUD Education,
    - la CNT FTE (syndicat de combat, autogestionnaire et anarchiste : à bas l'Etat et les patrons, solidarité sans frontière !) et
    - Emancipation, tendance intersyndicale révolutionnaire dont les militants interviennent dans les luttes et les mouvements sociaux ponctuels aux côtés d’autres syndicats de l'éducation, de la recherche et de la culture pour peser sur elles : ses militants sont donc syndiqués à la CGT, à la CNT, à la FSU, à SUD, à l’UDAS, à l’UNSA, voire non syndiqués.

    Le syndicat FSE n'est pas considéré représentatif dans le monde étudiant, car il ne dispose d'aucun d'élu au sein du CNOUS ou du CNESER.

    S’informer avant de suivre un mouvement semble être élémentaire…