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vendredi 12 juin 2009

Demain, les syndicats boiront la coupe de l'unité jusqu'à la lie

Les syndicats mobilisent encore, et déjà pour le… 7 octobre !
L'intersyndicale appelle à une course de (ré)-orientation à travers les grandes villes de France pour obtenir du gouvernement de nouvelles mesures contre la crise - en renonçant par exemple au "bouclier fiscal" limitant l'imposition à 50% des revenus et aux suppressions de postes dans la fonction publique.

Des manifestations sont attendues dans tout le pays.

  • A Paris, plusieurs syndicats de chercheurs et de l'enseignement supérieur (FSU et Sne-Sup) , ainsi que les syndicats (UNEF étudiants de gauche main dans la main ( ?) avec les trotskistes de Sud-Etudiants se sont joints au mouvement.
  • La parution des journaux régionaux et nationaux devrait être fortement perturbée en raison d'un appel lancé par le syndicat du livre CGT. La presse sera pénalisée par ce syndicat radical, bien que la trésorerie de nombreux journaux soit chancelante. Seul Le Monde sera lisible (façon de parler !), parce qu'il paraît la veille... Tous, presse nationale ou régionale, nous offriront un accès libre sur Intermet.

  • Aucune perturbation n'est prévue dans les transports.

    Les sondages d’opinion

    Selon BVA-Les Echos-France Info-BPI, les trois quarts des 1.009 Français interrogés les 5 et 6 juin disent soutenir cette journée de mobilisation.
    Mais près des deux tiers en attendent peu. Ils sont 61% à avoir répondu "non" à la question "Si ce mouvement est fortement suivi, pensez-vous que cela pourrait inciter le gouvernement à modifier effectivement sa politique économique et sociale ?"
    Gaël Sliman, directeur général-extra-lucide de BVA, y voit une "forme de résignation avant l'arrivée de l'été". Que ne partage-t-il pas sa boule de cristal avec les syndicats organisateurs !

    Refaire le 1er mai le 13 juin...

    Ce n'est pas un gag, malgré cette impression de lassitude, la CGT et la CFDT espèrent une mobilisation équivalente à celle du 1er mai, jour de la Fête du travail, lorsque 450.000 personnes avaient manifesté selon le ministère de l'Intérieur et 1,2 million selon la CGT.
  • "J'espère qu'on pourra faire au moins aussi bien que le 1er mai", a déclaré vendredi sur France 2 Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT.
  • Même objectif fixé dans le Parisien par le numéro un de la CFDT, François Chérèque, pour qui "les mesures gouvernementales ne sont pas à la hauteur de ce qui va se passer cet été". Parce que les syndicats sont à la hauteur de la crise?
    "Prétexter d'un éventuel essoufflement du mouvement pour ne pas faire plus serait mettre de l'huile sur le feu d'un chaudron social qui risque d'exploser", ajoute le secrétaire général.
  • Bien que partie prenante de la mobilisation de samedi, Jean-Claude Mailly, n°1 de FO, a évoqué une certaine lassitude. Va-t-il passer la main ?...
    "Les manifestations à répétition, ce n'est pas notre tasse de thé car il y a un peu un phénomène d'usure des salariés", a-t-il déclaré en début de semaine.

    St Antoine de Padoue, priez pour eux !

    Le 13 juin représente la cinquième journée de mobilisation intersyndicale cette année, après celles du 29 janvier, du 19 mars, du 1er mai et du 26 mai.
  • Face à la hausse du chômage et à la multiplication des plans sociaux, les syndicats ont un désir d’avenir social difficile à l’automne.

  • François Chérèque voit venir"une radicalisation dans les entreprises" et "des débordements de la jeunesse tout aussi désespérée".
    "Le cycle des restructurations et des fermetures d'entreprises est loin d'être achevé", assure Bernard Thibault dans La Tribune. "Socialement, si aucune décision n'est prise, nous allons vers une plus grande souffrance et une plus grande exclusion".

    => Le dirigeant de la CGT précise que les organisations syndicales, en dépit de leurs divergences, notamment avec FO, vont "d'ores et déjà intégrer dans le calendrier de l'automne le 7 octobre, la mobilisation mondiale à l'occasion de la Journée du travail décent".
  • Au cours de l’été 2007, les commentateurs avaient annoncé à Nicolas Sarkozy qu'il devrait s'attendre à une rentrée sociale agitée en septembre. Au cœur de l'hiver, les mêmes anticipaient une réédition de Mai 68 quarante ans plus tard. Forcément, l'automne 2008 serait «chaud» avec son cortège de manifestations et de protestations contre la crise économique.
  • Dès février 2008, huit mois après l'entrée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, et l'échec retentissant de Désirdavenir Royal à la présidentielle, l'amère Royal n’avait-elle pas déjà dénoncé le bilan "calamiteux" du président de la République, qu'elle qualifiait de "monsieur taxe" ?
  • En septembre 2008, prenant ses désirs pour des réalités, Sa Cynique majesté Royal avait d’ailleurs déjà annoncé une rentrée sociale agitée.
    Dans cette tribune publiée dans Le Monde, l'amère Royal avait une intuition :"Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte".
  • Août 2008 ? Ca les reprend !
    Le Parti socialiste (PS) estima que la rentrée serait marquée par "le malaise de la France qui travaille" et, par la voix de Stéphane Le Foll, dénonça l'inaction du gouvernement qui reste "sans voie, sans solution, et sans aucune proposition".
    "Cette rentrée est marquée par le malaise de la France qui travaille", comme en atteste "une baisse significative de la consommation des ménages", soulignait-il.
    Et que dit-il aujourd'hui ? PaSiDupes envisage de consacrer un prochain article aux chiffres de la consommation en 2009.

  • Le 13, les têtus commenceront donc par brûler des cierges à St Antoine, dont l’un des attributs est la mule. Demain samedi, il sera surtout chargé de retrouver les objets espoirs perdus et les pertes de crédibilité…

    mardi 19 mai 2009

    Université : la Sorbonne libérée

    Six universités toujours occupées


    La raison l’emporte ?

    Les universités parisiennes en pointe de la contestation universitaire depuis quatre mois, dont l'emblématique Paris-IV Sorbonne, ont voté le déblocage mardi, pour permettre la tenue des examens, mais six autres dans le pays restent bloquées.

  • A la Sorbonne (Paris-IV), enseignants, étudiants et personnels ont voté la reprise des cours à partir de lundi 25 mai et la tenue des examens dans la semaine du 22 au 26 juin, comme l'avaient décidé auparavant la direction de l'université et ses trois conseils.
    "Les sujets et questions posées (lors des examens) devront porter sur les contenus des cours et travaux dirigés effectués dans des conditions normales d'enseignement", ont décidé ces conseils, avec l’approbation de la ministre.

    La direction, dont le président Georges Molinié est lui-même un opposant aux réformes gouvernementales, n'a entériné la session d'examens que parce que les solutions alternatives d’examens au rabais envisagées se sont "heurtées au refus de l'administration ministérielle", selon les conseils. Dans une motion approuvée à la quasi-unanimité, ceux-ci ont "condamné avec la plus grande fermeté les attaques indignes" dont M. Molinié "fait l'objet depuis plusieurs jours" et qui "portent atteinte à l'institution universitaire elle-même".
  • L'AG de Paris-I Tolbiac avait déjà voté le déblocage dans des termes similaires, tandis que celle de Paris-III avait entériné le déblocage, mais jusqu'au 3 juin seulement, et les examens dès la semaine prochaine. Dans ce cas, affirmer que les partiels ne seront pas offerts relève de l’hypocrisie pure et simple.

    De plus, la minorité de blocage exige toujours le retrait des "réformes incriminées" et menace la majorité de la reprise de l’occupation des locaux dès le 4 juin. Ainsi, les personnels et étudiants de Paris-III bradeurs font peu cas de la valeur des diplômes 2009 et de la réputation de l’université française.
    Or, le ministère de l’Enseignement Supérieur avait demandé aux recteurs de "rappeler la loi et le Code de l'éducation, à savoir qu'il n'y a pas de diplômes sans examen ni rattrapage", mais aussi d'aider les universités à organiser des cours et des examens, notamment en trouvant des locaux.

  • Des universités soucieuses de leur avenir
    -> Les universités de Lille-III et Saint-Etienne ont été débloquées en début de semaine.
    -> A Aix-Marseille-I, Amiens, Caen, Nancy-II et Reims, seuls certains départements des universités sont encore perturbés. Les facultés concernées sont en général celles de lettres et sciences humaines.
    Dans trois d’entre elles (Grenoble-III, Paris-X, Lyon-II), les modalités des examens sont en cours de discussion.

    Baroud de déshonneur des nostalgiques de la révolution

    -> A l'inverse, chez le vrai-faux socialiste Georges Frèches, à Montpellier-III, une alerte à la bombe, qui s'est révélée sans fondement, avait entraîné lundi après-midi l'évacuation du campus.

    -> Une seule université reste totalement réfractaire

  • Quelques universités font les dures

    Six universités restent en partie bloquées, indifférentes au rappel mardi du président Nicolas Sarkozy qu'en bloquant les universités "on prive les étudiants d'avenir".
    Si ces décisions apaisent à Paris l’angoisse demeure chez les étudiants quant à la tenue de leurs examens, la chienlit qui en est à sa seizième semaine ne paraît pas pour autant stoppée et l’incertitude demeure sur la tenue des examens ici ou là dans le pays.
  • Un pochon de résistance médiatique à Toulon

    Lundi
    18, une équipe de onze a entamé une grève de la faim, comme Jojo Bové, le 3 janvier 2007, en compagnie aussi d'une dizaine de militants ! Les grévistes de la faim se sont installés dans le campus face au bâtiment administratif. "Nous allons recevoir des toiles de tente, comme les Don Quichotte, et nous allons rester sur place 24 heures sur 24 en espérant être entendus par le gouvernement", ajouté Alexandre Picazo."Cette grève de la faim, nous la mènerons jusqu'à son terme".
    « Nous réclamons le retrait de la loi LRU et ses décrets concernant les enseignants chercheurs, que seul le premier semestre compte pour le passage en année supérieure, c'est à dire la neutralisation du deuxième trimestre, et la démission du président de l'université », a déclaré le porte-parole conservateur des étudiants grévistes. « A conditions exceptionnelles, il faut des mesures exceptionnelles. » Et le soutien de Décathlon, comme aux Enfants de Don Quichotte.
    A noter enfin que les professeurs sont restés sur le bancs de touche ! Ils n’ont pas de petit ventre rond et aucune surcharge pondérale : seuls les étudiants ont le souci de leur apparence physique sur les plages…
    Parents, ne craignez rien pour la santé et l’équilibre mental de ces durs à cuire. « On est suivi par la médecine préventive de l'université. Des organismes familiers de ce type d'action nous ont également donné des conseils. » Qui en doutait ? La ‘spontanéité’ n’exclut ni l’organisation ni la solidarité.
  • Toulouse-Le Mirail, une université de gros bras

    La faculté Toulouse-II-Le Mirail reste bloquée, alors qu’elle a entamé lundi 18 mai sa seizième semaine consécutive de blocus, au grand désarroi d'une partie de ses enseignants qui évoquent une "fatalité" dangereuse pour l'université locale.
    -> Cette faculté avait été débloquée dans la nuit de vendredi 15 au samedi 16 par des professeurs qui avaient réussi, sous la protection de la police, à rouvrir les grilles soudées par des étudiants en grève contre la réforme des universités. Dès dimanche soir, pourtant, quelques dizaines d'étudiants ont repris possession des lieux, qui accueillent habituellement près de …21.000 étudiants.
    "Pas question de cesser notre blocus tant que la réforme ne sera pas abrogée. Les intimidations de la direction sont et resteront sans effet", a dit Ludivine Labbé, porte-parole locale de l'Unef-ID. "La question des examens ne doit pas conditionner notre combat contre cette réforme", a t-elle ajouté.

    -> Patrick Cabanel, professeur d'histoire contemporaine, se montre désemparé devant la situation. "Nous sommes de nouveau entrés dans une spirale de l'échec. Il y a une sorte de fatalité du blocus qui pèse sur le Mirail", a-t-il expliqué. "Mais d'habitude, au bout d'un mois de blocus en général, les étudiants non grévistes reviennent sur le site pour exiger et obtenir le déblocage. Cette fois, ils ne reviendront pas, je crois. Plus rien n'est raisonnable", poursuit l'enseignant.

    "Un peu moins d'un millier d'étudiants sont en train de signer l'arrêt de mort du Mirail. Il y avait 28.000 élèves il y a quelques années. Il y en a 21.000 aujourd'hui. Demain, ce sera pire", dit encore Patrick Cabanel. Selon lui, " le blocus du Mirail est devenu une sorte d'institution. Comme un rituel organisé par des étudiants qui ne sont pas, selon moi, manipulés par des partis politiques", ajoute-t-il soulignant qu’ils sont incontrôlables, car débordant les syndicats.
    L’UNEF-ID et Ludivine Labbé, ça représente quoi ? En février 2009, la Sorbonne était déjà couverte de graffitis à la bombe de peinture et de slogans vindicatifs : «Sorbonne en Grèce» ou «UNEF = MEDEF», barraient certains murs de l'amphi. , mais
    Il estime aussi que "les dirigeants de la faculté eux-mêmes n'y peuvent rien". Personne n’est donc responsable ? "Quels que soient les présidents, mêmes de gauche, quels que soient les gouvernements, mêmes de gauche, la fac est bloquée chaque année. Cette année, c'est pire. Le Mirail mourra de cette fatalité", dit-il.
    La présidence du Mirail fait le pari que le principe de réalité l’emportera. En attendant, elle propose que les différentes épreuves de la première session d’examens portent «sur un programme révisé et selon des modalités qui seront arrêtées par chaque équipe pédagogique et communiquées aux étudiants».

    Les lycéens savent maintenant quelles universités ils doivent à tout prix éviter lors de leurs inscriptions.
  • dimanche 10 mai 2009

    L’Université française au bord du gouffre: 42e au monde !

    Et des moutons, étudiants et professeurs, prêts à se jeter dans le vide

    Depuis quatre mois, les facs françaises tournent cahin-caha.

    La faute à un interminable bras de fer entre les enseignants et étudiants conservateurs et donc opposés à la réforme de leurs établissements, d'un côté, et le gouvernement réformiste, de l'autre. C'est ainsi qu’aujourd'hui l'ensemble du modèle universitaire hexagonal qui sent la naphtaline refuse d’ouvrir les fenêtres, voire de les entrebâiller : un renouvellement de l’air pourrait la tuer, craignent les vieux parchemins, comme les jeunes disques durs de l’université. Buguée pour le moment...


    Une évaluation de nos universités venue de Chine

    Le classement dit "de Shanghaï"
    est un classement des principales universités mondiales, établi par des chercheurs de la faculté chinoise. Il tombe chaque année et, on a beau se croire la meilleure du monde, il donne à coup sûr des sueurs froides aux responsables de l'université française. Les établissements sont notés de 1 à 100 selon le nombre de publications dans les revues scientifiques les plus prestigieuses, le nombre de prix Nobel attribués aux équipes pédagogiques, etc.
    L'an passé, Harvard est arrivée en tête, devant Stanford et Berkeley. Au total, 17 universités américaines figuraient parmi les 20 premières. En Europe, seules Cambridge (4e) et Oxford (10e) ont échappé au jeu de massacre.


    Et les françaises?
    Elles arrivent loin derrière: Paris-VI se classe 42e, Paris-XI, 49e, Normale sup 73e. Les autres sont hors classement.

    Les Chinois font-ils partie des réseaux sarkozystes ?…

    Ils devaient être invités au Fouquet’s sans que le magazine Marianne le sache… Ainsi, les Chinois chercheraient-ils donc à donner raison au Président Sarkozy qui déclencha l’ire des mandarins et des enseignants-chercheurs de notre grande et belle université. Selon eux, dans son discours de Saclay du 22 janvier 2009, lors du lancement de la réflexion pour une Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation, N. Sarkozy n’avait pas manié la litote :
    Et qu’est-ce qui depuis fait tousser l’université française ?
    Du discours présidentiel, l'opposition n'a retenu que ceci: Mais ces admirables chercheurs et ces points forts - j’ose le dire -ne sont-ils pas l’arbre qui cache la forêt ? Ne servent-ils pas parfois d’alibi aux conservateurs de tous poils, que l’on trouve à droite en nombre certain et à gauche en nombres innombrables. Je dis innombrables à gauche car ils sont plus nombreux. Il en manque pour avoir l'ensemble et s'en faire une idée juste !

    La lecture du discours du Président permet de former un jugement éclairé que les Chinois semblent d’ailleurs faire leurs : la video se trouve ICI
    .
    Et le texte intégral LA
    .
    Mais voici que les Chinois aussi.
    Pour contenter nos chercheurs, faudra-t-il donc prendre l’avis du dalaï-lama ?

    Pour se faire un jugement plus équitable en attendant, on peut d’ailleurs se reporter aussi au texte intégral du discours du 28 janvier lors de la Cérémonie en l'honneur du Professeur Albert FERT (lien) Il confirme que l’arbre ne doit pas cacher la forêt…

    Evidemment contesté et contestable, et singulièrement par les rangs du fond, ce classement n'en est pas moins un étalon cité à travers le monde qui écorne à chaque fois l'image des facs françaises. Les professeurs des écoles auraient-ils donc eu raison de craindre l’évaluation de leurs élèves ?

    Dans le même temps, les grandes écoles d'ingénieurs et surtout de commerce se taillent une réputation toujours plus flatteuse.

    Persuadé que le modèle universitaire français est en crise, le gouvernement a du coup lancé, dès l'été 2007, une vaste réforme:
    - investissements en milliards d'euros,
    - loi sur l'autonomie des établissements,
    - création de dix "pôles d'excellence" censés doter la France des moyens nécessaires pour rivaliser avec le monde anglo-saxon.
    Mais la réforme ne passe pas et les facs de l'Hexagone sont de nouveau plongées, depuis quatre mois, dans une crise dont elles ont le secret.

    Une vision utilitariste ?


    Dénoncée par certains comme une véritable "usine à chômeurs", la fac manque-t-elle à tous ses devoirs, au point que d'ici à 2017 les prévisionnistes envisagent une fonte de 15% de ses effectifs?
    La réalité est plus complexe. Avec quatre Prix Nobel (de chimie pour Yves Chauvin, de physique pour Albert Fert, de médecine pour Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier) depuis 2005, avec des prouesses médicales unanimement saluées comme ces greffes de la face et des mains réalisées ces dernières semaines au CHU Henri-Mondor de Créteil, la recherche française n'a pas à rougir de la qualité de son travail. Des filières d'excellence existent dans les universités. Les élèves de certains masters (bac + 5) n'ont rien à envier aux diplômés des plus grandes écoles de commerce ou d'ingénieurs. Mêmes offres d'embauche à l'issue de la formation, mêmes salaires, même attrait auprès des entreprises...

    Sans compter que se pose une question essentielle et provocatrice: au même titre que les BTS, les IUT ou les grandes écoles, l'université est-elle vouée à fournir un emploi immédiat à ses étudiants, une fois leur scolarité terminée? Joint par le JDD, l'historien Marc Fumaroli, élu à l'Académie française et ancien professeur au Collège de France, est bousculé par cette vision utilitariste: "L'université est un endroit où l'on se consacre pendant un certain temps à apprendre des choses qui seront utiles pour toute une vie. C'est un lieu qui a ses lois propres et qu'on ne doit pas aligner sur le monde des affaires ou de l'économie. [Au nom de quoi ?] On doit y vivre une vie un peu amphibie, une sorte de retraite dans le sens religieux du terme. Le modèle français, avec son légendaire Quartier latin ou ses facs de centre-ville avec leur cortège de librairies, de cinémas, de cafés, était un bon système. [Image pieuse ?] Il est faux de croire que la faculté doive apprendre un métier aux étudiants. Ceux qui sont en droit l'apprennent, certes, ainsi que bien d'autres choses qui leur serviront dans la vie..."
    [Fabriquons des gentilshommes...]<br>Peut-on encore pour cette année universitaire mettre la fac sur les rails?
    A ce jour, 400 000 étudiants, soit un tiers des élèves des facs, ne savent pas comment se terminera leur année. Le professeur Hélène Carrère d'Encausse, de l'Académie Française, propose une solution qui respecte les diplômes et préserve la réputation de nos universités dans le monde: "Que tout le monde travaille cet été."

    mercredi 22 avril 2009

    Enseignants chercheurs: le Conseil d'Etat valide le décret Pécresse

    Désaveu des enseignants-chercheurs militants

    Le Conseil d'Etat a validé mardi 21 avril le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, un des principaux motifs de la contestation universitaire, le mardi 21 avril.
    Le projet de loi a donc pu être inscrit à l'ordre du jour du Conseil des ministres du mercredi 22 avril. Malgré cet arbitrage, les opposants continuent à contester et dénoncer un "passage en force". Le premier ministre "fait semblant de croire que tout est réglé dans les universités", a rétorqué Jean-Louis Fournel, président du collectif Sauvons l'université (SLU). Interrogé mercredi matin sur France Inter, François Fillon a souligné le caractère "minoritaire" du mouvement de protestation.

    Deux autres décrets ont été également validés par le Conseil d'Etat

    Ils doivent être examinés par le Conseil des ministres :
    - l'un portant sur le fonctionnement du Conseil national des universités (CNU),
    - l'autre réformant les modalités de classement à l'entrée des corps de maîtres de conférences et de professeurs des universités.

    Bien que les militants enseignants-chercheurs occultent les nouveaux avantages dont le projet de loi les rend bénéficiaires, ce dernier texte permet d'engager une revalorisation par des augmentations salariales "de 12 % à 25 % en début de carrière", selon le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. Les étudiants qu'ils envoient en première ligne de la contestation sont-ils au courant?

    Rappel des faits

    Dévoilée en octobre 2008 par la ministre Valérie Pécresse, puis transmise pour examen au Conseil d'Etat en janvier 2009, la première version du décret a été un des éléments déclencheurs du mouvement universitaire, qui porte aussi sur d'autres sujets comme la réforme de la formation initiale des enseignants du primaire et du secondaire.
    Le texte introduit la possibilité de moduler le service des enseignants-chercheurs entre cours, recherche et autres tâches. Certains enseignants-chercheurs n'ont plus vu depuis longtemps un amphi de près. Les chercheurs devront désormais transmettre leur savoir et sortir de leurs labos (s'ils le veulent bien !), dans la logique de la démocratisation de l'enseignement et de l'arrivée massive des bacheliers: plus de 80% des candidats.

    Ce projet a été réécrit lors de plusieurs séances de négociation
    , la modulation de service devenant impossible "sans l'accord écrit de l'intéressé".
    Le Snesup-FSU, syndicat disposant d'une majorité relative parmi les enseignants-chercheurs, n'a pas participé à ces discussions, mais il n'est pas le seul interlocuteur possible. On notera que la FSU fonde sa propagande sur un prétendu refus de dialogue, mais qu'elle se dérobe, tandis que les autres syndicats participent à la concertation. La FSU, relayée par la presse d'opposition, persistera néanmoins à qualifier de reculs les avancées négociées par les syndicats rivaux avec le ministère.

    Un projet re-travaillé, sans les enseignants-chercheurs radicaux
  • La FSU laisse les étudiants pour compte
    Le Sne-Sup ne connaît que la stratégie du blocage.

    Il estime que ce décret "exposera les enseignants-chercheurs aux pressions locales et à la concurrence de leurs propres collègues" et que la modulation se traduira inévitablement par l'alourdissement du temps d'enseignement de certains enseignants-chercheurs. Les étudiants ne s'en plaindront pas.Qui débloquera le Sne-Sup?
  • Le "collectif pour la défense de l'université"
    Animé notamment par le juriste Olivier Beaud, il estime que "contrairement aux apparences, l'attaque frontale contre le coeur du métier d'universitaire, son indépendance et sa liberté, n'a pas été désamorcée par la nouvelle rédaction du décret".
  • Le texte a encore été amendé et adopté

    Le projet, que refuse la FSU, a été adopté par le Comité technique paritaire universitaire (CTPU), instance consultative.

  • L'Autonome Sup, syndicat pourtant très engagé dans le mouvement, a approuvé le texte, jugeant qu'il représentait un "compromis acceptable", en particulier du fait que "l'alourdissement" autoritaire du temps d'enseignement ne pouvait être imposé.
  • L'UNSA et le SGEN se sont abstenus, mais sont sur la même ligne.
  • jeudi 9 avril 2009

    Universités : de l'essoufflement des manifestants à la radicalisation de la minorité

    Présidents sequestrés, étudiants préoccupés

    Un point de vue médiatique révélateur

    C’était la dixième journée de manifestations contre les réformes dans l'Enseignement et la Recherche
    (universités et IUT) dont le mouvement a commencé le 2 février.
    La presse observe que les manifestations ont nettement moins mobilisé ce mercredi 8 avril et que le gouvernement exprime sa "préoccupation" pour le bon déroulement des examens.
    Mais les media ne prennent pas en compte l’anxiété qui grandit parmi les étudiants. Ils ont pourtant été privés de leur droit à étudier : suivre leurs cours et accéder aux services de leurs facs, comme leur BU. Ils ont payés des droits, souvent lourds, et signé un prêt d’étude. A la dixième semaine de perturbation des cours, les étudiants se préoccupent de leur formation et de leurs examens, car ce mouvement qui s’éternise malgré des avancées et des crédits supplémentaires pose le problème de la récupération des heures perdues qui pèsent sur la validation de leur année universitaire.

    Etudiants pris en otages par les syndicales

    Cette agitation chronique ne va pas sans victime.
    "Les plus touchés, regrette
    Anne Fraïsse, présidente de Montpellier-III et parmi les plus engagées contre les actuelles réformes, sont les étudiants de licence, ceux qui viennent d'arriver et qui sont les plus faibles. Après quelques semaines d'interruption des cours, certains lâchent prise. Dans notre pyramide des âges, les mouvements provoquent des trous, comme les guerres dans celle de la population française."

    Beaucoup d'étudiants travaillent pour payer leurs études. Ce sont les premiers touchés. "A la reprise des cours, ils ne pourront pas étudier à plein temps pour rattraper le temps perdu, constate
    Patrick Mpondo-Dicka, vice-président du conseil des études et de la vie universitaire de Toulouse-II. En plus, ils profitent de l'absence de cours pour travailler davantage et glissent vers la vie active sans diplôme." » (Le Monde)

    Entre 4.200 et 12.000 personnes (du simple au triple et sans garantie qu’elles soient des universitaires), selon la police ou les organisateurs, ont manifesté dans le pays.

    C'est 2 à 3 fois moins que la précédente journée (13.500 à 31.000 manifestants, selon les sources, le 2 avril) ou encore que le 24 mars, journée la plus faible en terme de mobilisation (10.000 à 23.000 manifestants).
    A noter par ailleurs que les estimations portaient aussi sur un plus grand nombre de villes dans les régions .


    Radicalisation d’une minorité

    Les manifestants répondaient à l'appel du Snesup-FSU, syndicat hégémonique de l'enseignement supérieur, et de la coordination nationale des universités (CNU), qui appelle à la "radicalisation du mouvement" et à "la désobéissance civile".
    Des universités éruptives

    A Toulouse-II-Le Mirail (UTM), Rennes-II ou Paul-Valéry-Montpellier-III, les étudiants et les enseignants sont prompts à sortir des amphis pour devenir des "anti" : toutes sont spécialisées en lettres et sciences sociales…
    Comme en 2008, et l'année d'avant, elles sont cette année encore à la pointe de la contestation contre les réformes de l'enseignement supérieur. A Rennes-II, le président
    Marc Gontard faisait ses comptes, le 31 mars 2009 : "En 2006, lors de la contestation du CPE (contrat première embauche), j'ai eu huit semaines de blocage. En 2007, pendant le mouvement contre la loi sur l'autonomie des universités, je n'ai eu que dix jours ! La mobilisation actuelle se solde déjà par sept semaines d'arrêt des cours." (Le Monde)
    Des chercheurs occupent le siège du CNRS, Nouvel Observateur, 27 mars 2009.

    Des séquestrations de présidents d’université élus

    Des « démocrates » bloquent les élus des universités.

  • Tandis qu'une centaine d'étudiants ont perturbé une réunion de la direction de l'université de Strasbourg, le 7 avril 2009, une centaine d'autres à Rennes-II avaient opté la veille pour une option plus radicale. Ils ont en effet occupé le hall d’entrée de l’université, bloquant ainsi le président Marc Gontard et le personnel dans les étages pendant plusieurs heures. Une modalité d'action qui ressemble étrangement à celle utilisée par certains salariés avec leur patron dans plusieurs entreprises ces dernières semaines.
  • Mardi 7 avril en fin d’après-midi, une situation similaire se déroulait à l'université d'Orléans. Le président, Gérald Guillaumet, et les personnels étaient en effet bloqués dans les locaux appelés le "château", entourés par des étudiants qui se sont réunis en assemblée générale pour voter sur « la séquestration du président », selon la chargée de communication de la présidence. Du jamais vu. Une situation qui semblait se décanter vers 19 heures, avec une simple occupation des locaux prévue pour la nuit, sans séquestration aucune.
  • Autre président en difficulté à l'université de Franche Comté : Claude Condé a tenté de faire entrer ses élus des conseils scientifique et administratif "sous escorte policière" le 7 avril 2009, selon le communiqué d'une assemblée générale de l'établissement. Le président avait dépêché des policiers en raison d'un rassemblement prévu de la communauté universitaire. Les élus ont refusé de siéger.

  • Populisme : Grande braderie populaire, mais suicidaire, des diplômes

    Outre la séquestration, mode de pression extrême utilisé par une minorité étudiants, également preneurs d’otages étudiants, les menaces des enseignants-chercheurs sur l'attribution à tous de diplômes se précisent. Réunie le 6 avril 2009 à l’université Paris 3, la coordination nationale des universités (CNU) a affirmé son soutien aux « UFR et IUT qui décideraient la validation automatique du semestre pour les étudiants ». Au risque de distribuer des diplômes sans valeur.

    Chantage sur les jurys de bac

    Dernier moyen de pression mis en avant par les personnels mobilisés : le boycott des jurys, dont le plus symbolique : celui du baccalauréat, présidé par un enseignant-chercheur. A l’université de Rouen, plus de 200 enseignants-chercheurs ont ainsi signé une pétition demandant au président de l’université, Cafer Özkul, de ne pas transmettre leur nom au recteur pour la constitution des jurys de baccalauréat.

    La CNU, c’est le SNESUP (FSU), FO, Solidaires, Sauvons la Recherche (SLR, association qui vise à défendre le financement de la recherche française par les pouvoirs publics, Alain Trautmann), Sauvons l’Université (SLU), SNCS, SNTRS-CGT, etc... (lien PaSiDupes: les contre-vérités syndicales)


    Les syndicats suicidaires de l'enseignement supérieur

  • Selon Le Monde (lien ), les universités françaises qui connaissent le plus d'activité politique et de grèves étudiantes perdent des étudiants. L'article consacré à Montpellier-III sur l'encyclopédie en ligne Wikipédia comprend une rubrique "les grèves". "J'ai deux fils en terminale, déclare Isabelle Cayzac, présidente de la fédération de parents PEEP pour l'Hérault. S'ils avaient voulu faire des études de lettres, je me serais opposée à ce qu'ils aillent à Montpellier-III. Cette université donne une image de chaos, de bazar, de glandeurs."

    On observe en effet
    => l'arrêt prématuré d'études des étudiants les moins fortunés, qui travaillant pour financer leurs études et qui ont choisi des filières aux débouchés limités (psycho, par exemple), qui sont dans l'impossibilité de rattraper les cours,

    => l'aliénation des entreprises peu enclines à offrir des stages à de jeunes trublions prétentieux et exigeants.
    "J'ai besoin de 4 000 stages par an, dit-il, mais je crains que ce ne soit de plus en plus dur de vendre Rennes-II à des patrons qui voient notre université comme un repaire de gauchistes." Pourtant, insistent les présidents, leur université ne peut être réduite à cette image frondeuse. "Dans certains champs de recherche, l'excellence du Mirail est reconnue à l'international, assure Daniel Filâtre qui dirige Toulouse-II-Le Mirail. Mais cette image est brouillée par une autre : passer pour un lieu permanent de contestation." (Le Monde)

    => l’université est livrée au chaos entretenu par une chienlit minoritaire
    « Vue avec des yeux d'étudiantes américaines, l'agitation qui règne à Montpellier-III est "bizarre et énervante", mais au moins leurs cours sont assurés. Même sidération chez les étudiants Erasmus. En lettres modernes au Mirail, la
    Berlinoise Stefanie Becker avoue sa surprise : "En Allemagne, il n'y a pas de tradition de grève." Pendant le blocage du campus, la jeune femme passe rarement à la fac : "Les tas de chaises qui bloquent les grilles, cela ne fait pas vraiment envie. Je les prends en photo avec les banderoles pour montrer à mes amis de Berlin ce que je suis en train de vivre." (Le Monde)

    => la mauvaise réputation internationale de l’université française.
    Daniel Weissberg, vice-président délégué aux relations européennes et internationales au Mirail, regrette qu'à la suite des précédents conflits des établissements étrangers aient dénoncé les conventions qui les liaient avec l'université. "Si les flux d'étudiants étrangers sont stabilisés, la manière dont on est perçu chez nos partenaires se dégrade", avance-t-il.
    "Au deuxième semestre, il y a eu des cours pendant trois semaines, puis ça s'est arrêté, s'étonne
    Stefanie Pickel
    , étudiante allemande en LEA à Montpellier-III. Les étudiants Erasmus n'ont rien pour réviser ou apprendre. Heureusement que je suis également des cours à Montpellier-I, qui, eux, continuent, car sinon j'aurais perdu mon temps." (Le Monde)
  • « Dans un contexte de baisse démographique du nombre de bacheliers (qui justifie les réductions de postes) et de désaffection générale pour les filières lettres et sciences humaines, les grèves ont tendance à aggraver l'hémorragie d'étudiants.
    Rennes a perdu 5 500 étudiants en quatre ans, ses effectifs passant de 22 000 en 2005 à 16 500 en 2009. Montpellier-III accueille chaque année 7 % d'étudiants en moins, en moyenne depuis trois ans, même si "c'est compensé par des arrivées en master", précise la présidente. En six ans, l'UTM a perdu 5 000 étudiants. » (Le Monde)
  • Alain Finkielkraut a qualifié le mouvement étudiant de pathétique, sénile et odieux, considérant qu'il empêche ceux qui le souhaitent de travailler, qu'il ne défend pas l'égalité mais le statut, qu'il rejette la sélection, devenue taboue, alors que celle-ci est un instrument démocratique.
  • Il suffit d’entendre Damien Jouve, vice-président de l'UNEF à Montpellier : "C'est une fac où l'on devrait avoir envie d'aller, reconnaît-il. Mais il y a des gens qui ne s'inscrivent pas parce que Montpellier-III a une image de fac poubelle sous-financée qui n'offre pas de débouchés. Donc, si l'université a mauvaise réputation, c'est plus à cause de la politique menée que des mouvements."
    Ce spécimen d’étudiant pathétique, sénile et odieux démontre l’incapacité de la gauche à se remettre en cause, à s’adapter à son époque et à se tourner vers l’avenir : malgré un diagnostique lucide sur l’état de décomposition avancée de cette fac , ce prochain cadre de l’UNEF et du PS, plombé par une idéologie périmée, est d’ores et déjà ‘out’ et dans l’impossibilité intellectuelle et politique de réformer pour survivre.’
  • jeudi 2 avril 2009

    Formation des enseignants: étalement de la réforme jusqu'à 2011

    Confirmation de stages pour les deux premières années de master...
    Malgré des avancées

    La réforme de la formation des enseignants du premier et second degrés cristallisait les
    mécontentements dans le monde conservateur de l'Education
    , depuis la maternelle jusqu'aux universités. Nombre d'acteurs ont demandé le report d'un an de sa mise en oeuvre et l'ouverture de négociations.

    Le 13 mars dernier, au lendemain d'une
    énième journée de mobilisation massive dans le monde de l'éducation, on disait les deux ministres prêts à faire un geste.
    Depuis une quinzaine de jours, on sait que les ministres en charge du système éducatif et de la recherche de la maternelle à l’université ont pris en compte les revendications, mais ils n’ont pas été entendus des extrémistes de ce jeudi 2 avril qui maintiennent les manifestations prévues.

    Les syndicats veulent ignorer le communiqué commun de V.Pécresse et X. Darcos

    La
    réforme de la formation des enseignants aura bien lieu. Elle prendra toutefois un «caractère transitoire» en 2009-2010 et verra son «aboutissement à l'occasion des concours 2011». Les syndicats reprochaient en effet la suppression de l'année de stage prévue dans la réforme. La mise en œuvre de la mesure n'est donc pas reportée, mais étalée, pour permettre aux étudiants d’en prendre connaissance et de s’adapter à leur époque..=> Comme annoncé, les étudiants en master 1 et 2 bénéficieront d'un dispositif de stages afin de «permettre une préparation progressive à l'exercice du métier d'enseignant».
    Bourses et stages rémunérés ne satisfont pas les bloqueurs


    Rémunérations

  • En master 1, les étudiants pourront bénéficier de ces stages «d'observation et de pratique accompagnée» de 108 heures.
  • En master 2, les stages «en responsabilité», de même durée, seront rémunérés à hauteur de 3.000 euros au total et seront proposés à 50.000 étudiants.
  • Par ailleurs 12.000 bourses pouvant atteindre 2.500 euros seront attribuées, au mérite, pour l'année de master 2.
  • Malgré tout cela, les syndicats continuent à manifester et perturber l’activité universitaire

    Des enseignants-chercheurs, à l’origine de ces actions revendicatrices, appellent à la reprise des cours là où ils sont empêchés.

    Les enseignants-chercheurs de la faculté de lettres et sciences humaines à Aix-Schuman (Université de Provence) ont cosigné ce matin un communiqué dans lequel ils disent avoir "décidé de tourner la page". "Le gouvernement a répondu à une série des préoccupations qui se sont exprimées dans la communauté universitaire, expliquent-ils. " Il est temps pour nous de retrouver la voie de la raison, il en va de la crédibilité de notre université ainsi que des obligations juridiques et morales envers nos étudiants", pour lesquels, privés de cours depuis plus de huit semaines, "la situation est tout à fait récupérable dès lors que les rattrapages se mettent en place à partir de cette semaine". (La Provence, le 1er avril 2009)


    C’était un poisson d’avril ! Au troisième mois de grèves et de blocages, le sujet n’est-il donc pas aussi grave qu’il y paraît ?

    => Dans un texte adopté à l'unanimité en assemblée plénière, la Conférence des présidents d'université (CPU) stipule, jeudi 26 mars, que "les enseignements doivent reprendre" et que l'organisation des examens doit être mise en oeuvre dans les établissements universitaires "perturbés".
    La CPU "prend acte (...) de l'évolution concrète (...) de tous les sujets qui sont à l'origine des mouvements actuels", écrit-elle, dans ce texte conclut lors de son colloque annuel qui se tient à Brest depuis mercredi et jusqu'à vendredi. » (Lire plus : Nouvel Observateur)
    Les manifestations du jeudi 2 avril sont-elles justifiées ?

    samedi 14 mars 2009

    Université : les grévistes en congés payés

    Les présidents d’université, complices des enseignants-chercheurs

    Les media militants l’avaient passé sous silence. Le Figaro confirme ce que nous pensons, mais que Libération, le Nouvel Observateur ou France Inter taisent. Voici un article de Aude Sérès , daté du 13/03/09:

    Enseignants-chercheurs : les grévistes sont payés

    Manifestation d'étudiants et de chercheurs à Paris en février dernier. Sur les 57 000 enseignants-chercheurs en France, seuls 150 à 300 sont enregistrés comme grévistes, précise-t-on au ministère.
    Le mouvement universitaire ne faiblit pas, en dépit des concessions annoncées jeudi soir par le gouvernement sur la formation des maîtres.
    Début de polémique autour du paiement des jours de grève des enseignants-chercheurs. Valérie Pécresse devrait en début de semaine envoyer une circulaire aux présidents d'université rappelant les modalités de comptabilisation des grévistes. Alors que le mouvement dure depuis plus de six semaines, la plupart des enseignants-chercheurs en grève de­vraient être payés, faute tout simplement d'avoir été comptabilisés. Alors que le Sne-Sup revendique haut et fort que sur les 57 000 enseignants-chercheurs de France, «plus de la moitié sont en grève et le mouvement ne faiblit pas» au ministère, on précise que seuls 150 à 300 enseignants-chercheurs sont enregistrés comme grévistes. Les autres, en toute logique, se verront donc verser un salaire.
    En vertu de la réglementation, c'est à l'administration de l'université de recenser les enseignants grévistes. La loi stipule que les fonctionnaires en grève ne peuvent être payés. D'ailleurs, même s'ils ne font grève qu'une partie de la journée, ils se verront ponctionner une journée entière de salaire. Ces retenues sont étalées dans les mois qui suivent.

    Rattrapages de cours

    Pourtant, dans le cas des enseignants-chercheurs, cette règle semble plus difficile à mettre en pratique. D'autant que certains présidents d'université ne l'entendent pas de cette oreille. «Le rôle des présidents d'université est de vérifier que les cours sont bien assurés, même s'ils ne se tiennent pas au moment prévu et que l'enseignement de l'année n'est pas en péril», souligne Simone Bonnafous, présidente de l'université Paris XII-Val-de-Marne, qui dans son cas, n'a pas signalé de retenues de salaires. Difficulté supplémentaire, glisse un autre président d'université, «dans un contexte de tension, on peut hésiter à mettre trop de pression».
    En outre, sur le terrain, il est parfois difficile de vérifier si les cours sont assurés [ ! ], d'autant que certains sont déplacés dans le temps et dans les locaux. Autre cas, en cas de blocage par des étudiants, les cours ne sont pas assurés, mais pas du fait des enseignants… Et parfois, la frontière est subtile. «Il est très difficile de prouver que les enseignants sont grévistes et le droit est relativement flou sur ce sujet, car on peut même estimer que leur service est annuel», explique Yves Lecointe, président de l'université de Nantes. Valérie Robert, maître de conférence à l'université Paris-III et membre du collectif Défense de l'Université, estime qu'«il y a une difficulté juridique à comptabiliser les heures de présence devant les étudiants non assurées car elles ne représentent qu'une partie de nos tâches, et il est difficile de quantifier le reste». [Les dindons de la farce ne seraient-ils pas les étudiants ?] Elle assure par ailleurs des cours, même si le contenu n'est pas forcément académique… [Hallucinant service public...] Autre pratique fréquemment observée dans les mouvements précédents, des rattrapages de cours une fois le mouvement terminé. «Lors du mouvement de l'an dernier contre la loi sur l'autonomie de l'université, le calendrier universitaire a été réaménagé une fois le mouvement terminé et nous avons rattrapé les cours», explique ainsi Mathieu Brunet, maître de conférence à Aix-Marseille. [Soit les étudiants ont une capacité surhumaine de travail, soit ils bénéficient d'un nombre excessif d'heures de cours ]
    Après six semaines de mouvement, la mobilisation universitaire ne faiblit pas, en dépit des annonces de jeudi soir sur un étalement de la réforme de la formation des maîtres. Pour les syndicats, l'objectif semble de maintenir leurs troupes en alerte jusqu'au mouvement national du 19 mars. [Ca ne coûte pas cher et çà peut rapporter gros...] De nombreuses universités font, selon le comité Sauvons l'université [ la bien mal nommée] , encore l'objet de blocages partiels. À Montpellier, l'université a été fermée à la suite d'une rixe. Des «casseurs» ont saccagé l'amphithéâtre et brisé une alarme incendie, des tags ont été tracés. [Pas cher, pas cher; ça dépend de quel point de vue ! Et qui paie...]

    Info ou intox ?
    Le Sne-Sup (FSU) et l'UNEF nous disent qu'ils se défient des présidents d'université qu'ils ont élus ...
    A quoi sert-il d'envoyer les étudiants en première ligne? Pour 150 grévistes déclarés...

    mercredi 11 mars 2009

    Université : 6e journée de manifestation en France

    L’agence de presse française se décarcasse pour la cause universitaire
    Plusieurs milliers de personnes (à partir de deux, çà en fait déjà plusieurs…) ont repris mercredi 11 leur modeste petit parcours dans Paris, le temps de prendre des photos. Ils ont recommencé le défilé à Paris, de République en direction de Nation, dans le cadre de la sixième journée de manifestations du mouvement universitaire entamé le 2 février.

    Il est convenu d’affirmer que le cortège comprenait beaucoup d'étudiants d'universités parisienne et d'Ile-de-France ou d'IUT, où de nulle part, puisqu’on ne leur demande pas leur carte d’étudiant. L'UNEF était pourtant fort discrète. Comme un troupeau transhumant, les moutons allaient droit devant, en suivant une banderole de tête sur laquelle on pouvait lire: "Ensemble de la maternelle à l'enseignement supérieur et à la recherche, pour la défense du service public". Longue et belle, la banderole, remarquez ! Mais qui soulignait qu’en rassemblant de 3 à 73 ans, ça aurait pu faire plus de monde...

    Nous avons droit à des commentaires volontaristes

    "Cette manifestation montre l'insatisfaction persistante du monde (la planète) de l'Education et-est une étape dans la préparation du 19" [mars], a déclaré un agrégé de lettres classiques, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.
    A combien de journées de grève en est-il personnellement ? Combien de journées retenues sur ses salaires ? Combien d'heures de cours ses élèves ont-ils eu? Et perdu ?
    "Nous sommes toujours sur la demande d'un report de la réforme de la formation des enseignants", a affirmé Jean-Fabbri, pour le Sne-Sup (le SNES de l'enseignement supérieur, la branche aînée de la FSU, toujours).
    Et le SGEN-CFDT, où était-il ? Il est vrai que le slogan n'était pas "Ensemble du SGEN à la CNT"...
    Dans les régions
    Tous les personnels étaient conviés à manifester partout en France à l'appel de
    - la Coordination Nationale des Universités (des non syndiqués et des représentants de l'UNSA, CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNEF, FSE et SUD),
    - d'une intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche (Snesup-FSU, SNCS-FSU, Snasub-FSU, Snep-FSU, Snetap-FSU, SNTRS-CGT, Ferc Sup-CGT, CGT-Inra, Ugict-CGT, SNPTES-Unsa, SGEN-Recherche EPST, SNPREES-FO, SUD-Education, SLR, SLU -Sauvons l’Université- et l'UNEF),
    - et de la coordination étudiante, situé par certains observateurs comme l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur comme étant "proche de l'extrême-gauche".
    Ils critiquent la réforme de la formation des enseignants et réclament un plan pluriannuel de créations d'emplois dans le supérieur et la recherche.
    Outre Paris, des manifestations auraient dû avoir lieu dans au moins 23 villes, en grande majorité dans l'après-midi, à Toulouse, Rennes et à Toulon, d’où plusieurs centaines d'enseignants-chercheurs (flou sur les chiffres) avaient annoncé leur intention de soulever Marseille à partir de 14h00.

    Intox sur les blocages

    La presse militante qui travaille par téléphone assure que les blocages se multiplient, sans préciser s’ils sont complets et intermittents ou partiels et sporadiques. Il a fallu une consigne de la coordination nationale des universités vendredi en ce sens pour que Montpellier-III vote le blocage mardi soir en assemblée générale, selon la technique démocratique du vote à main levée de quelques extrémistes; à Toulouse deux des trois universités (le campus du Mirail et Paul-Sabatier, comme d’hab) étaient perturbées mercredi; à Perpignan, l'université Via-Domitia était partiellement bloquée.
    Par ailleurs, sur 33 IUT ayant tenu une assemblée générale ce mercredi, 22 ont voté la grève reconductible. Date du prochain vote à main levée ?

    La liberté d’expression sans abus
    Les bureaux de l’agence de presse française sont parties prenantes aux troubles dans le supérieur. Selon les décomptes de l’agence militante, qui sait décidemment tout faire, au moins une quarantaine d'universités, sur 79 en métropole, seraient en grève et/ou bloquées.
    Ce chiffrage n’est pas très scientifique : d’une part 'une quarantaine', c’est quelque peu approximatif, et 'au moins', c’est un peu flou et volontariste. Or, sachant qu’à partir d’une heure de cours empêchée, la fac est partiellement bloquée…
    Citons les 7 associations, membres de la CLU
    Et dont on ne parle pas :
    - Collectif pour la Défense de l'Université, qui anime le mouvement côté juristes, autour d’Olivier Beaud (même s’il comprend des représentants d’autres disciplines)
    - Qualité de la Science Française (QSF), qui se sent exclue des négociations
    - Collectif des enseignants précaires (Papera), reçu au ministère de l'enseignement supérieur le 24 février 2009
    - Défense de l'université (majoritairement juristes)
    - SAGES (PRAG, professeurs ENSAM et PRCE)
    - Sauvons l'Université (SLU)
    - Sauvons la Recherche (SLR), qui vise à défendre le financement de la recherche française par les pouvoirs publics et dont l’un des porte-parole les plus médiatisés fut Alain Trautmann, limite hystérique.