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vendredi 7 décembre 2012

Florange: Hollande-Ayrault se font laminer par la presse

Exécutif et  Mittal associés sous la critique de leur liquidation de Florange
Le délégué CFDT E. Martin
 s'adresse à la presse,
à Florange le 6/12/ 2012

Le pouvoir PS et le groupe Mittal sont vendredi sous le feu des critiques
 
Leur gestion opaque de l'avenir des 600 salariés de Florange suscite une montée de la colère des métallos.

C'est l'annonce jeudi de difficultés techniques concernant ce projet de captage/stockage du CO2, qui pourrait naître en partie sur la base de l'un des hauts fourneaux de Florange, qui a ravivé la colère des syndicats et le flot de reproches adressés au gouvernement.

Les croissants de Montebourg
ont un goût amer

La Commission européenne a en effet annoncé qu'ArcelorMittal a retiré une première version d'Ulcos d'un appel d'offres pour obtenir des financements communautaires. Matignon comme l'industriel ont immédiatement tenté de déminer le terrain, affirmant qu'il ne s'agissait que d'un contretemps, prévu dans leur accord passé la semaine dernière.Après l'accablant rebondissement de l'anéantissement des espoirs Ulcosplusieurs éditorialistes se sont lâchés contre l'exécutif, parlant d'une "déroute" du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et d'un "échec" du président François Hollande.


Tardivement jeudi soir, le chef de l'Etat s'est fendu de quelques paroles apaisantes, tentant d'enrayer la polémique en promettant que les engagements pris par ArcelorMittal envers le gouvernement seraient tenus. "J'en serai, avec le gouvernement, le garant", a insisté F. Hollande.

Le président a notamment promis de veiller à ce que l'industriel fasse en sorte que le projet expérimental Ulcos "voie le jour".



ArcelorMittal "sort le problème technique du chapeau

"Casus belli""écoeurement",  
"trahison":
les mots sont durs, violents,
prononcés par E. Martin,  CFDT
Ulcérés par cette reculade, des métallos CFDT ont mené jeudi une action éclair devant les caméras au pied des hauts fourneaux.

Ils ont affirmé avoir "pris le contrôle de l'alimentation en gaz" des installations et promis qu'ils occuperaient réellement les lieux dès qu'ils seront alertés d'une consigne de la direction de couper le gaz permettant leur maintien en veille.

ArcelorMittal "n'a jamais mis sur la table les problèmes techniques d'Ulcos", s'est emporté vendredi matin Edouard Martin au micro de France Inter.

"On l'a mis au pied du mur. La France a dit chiche, on met 150 millions d'euros sur la table" pour Ulcos et l'Europe s'apprêtait à apporter son financement, et il "nous sort le problème technique du chapeau", a-t-il poursuivi.

"Il va être très difficile que Mittal respecte ses engagements. Ce n'est pas dans sa culture. Il n'en veut pas d'Ulcos, il n'en veut pas de la filière liquide de Florange", a assuré E. Martin.

A Florange, recouverte de neige vendredi matin, des réunions syndicales sont prévues pour décider d'éventuelles nouvelles actions à mener la semaine prochaine.
Des syndicalistes ont notamment l'intention d'installer "leur village gaulois" à proximité des hauts fourneaux lorrains.

Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a estimé la veille que tous les syndicats pourraient "appeler à occuper" les hauts fourneaux, à la suite de l'appel lancé par la CFDT du site. "Il faut bien comprendre cette réaction de colère. On nous a bananés [..."sa mère": escroqués]", a-t-il lancé.


L'opposition mêle  sa voix au concert des critiques à gauche.

Assez discuté !...
Jean-François Copé, président proclamé mais contesté de l'UMP, a déploré vendredi un "manque de visibilité" de la politique gouvernementale

L'ancienne ministre de la Justice
Rachida Dati (UMP) a regretté le "camouflet honteux" infligé par Mittal avec la "complicité" du gouvernement.
Lien PaSiDupes - "Ayrault a-t-il conclu un deal avec Mittal pour sa circonscription "le Premier ministre nie tout conflit d'intérêts.

"Déroute" de l'exécutif

Plusieurs éditorialistes se désolidarisent du pouvoir.

Vendredi 7 décembre, ils ont rompu le contrat avec le président Hollande.
"Ce devait être le symbole de la rupture avec le sarkozysme. La marque d'une autre pratique politique", rappelle Vincent Giret  Eric Decouty dans Libération. Or "après avoir balayé la proposition de Montebourg, son ministre du Redressement productif, de nationaliser le site, après avoir affirmé que Mittal s'était plié aux volontés du gouvernement et après avoir fait la sourde oreille aux critiques syndicales justifiées, le Premier ministre a essuyé hier un revers cinglant", poursuit l'éditorialiste du journal de gauche. "La déroute du Premier ministre signe également l'échec du Président", assène-t-il.

Selon Bruno Dive (Sud-Ouest), protecteur du président et xénophobe, c'est avant tout le fusible Ayrault qui sort "laminé" de cet exercice. "On a connu des Premiers ministres conspués par la rue, d'autres secoués par une canicule, d'autres encore - et tout récemment - piétinés par un hyperprésident", souligne-t-il. "Mais jamais encore on n'avait vu de Premier ministre humilié à ce point par un grand patron, qui plus est étranger".

Le Gandrange de François Hollande

C'est un véritable "coup de pied de l'âne qui a été administré, hier, par ArcelorMittal au gouvernement", renchérit Jacques Camus (La République du Centre), parlant d'un "cinglant camouflet pour l'exécutif". "Florange est en train de devenir le Gandrange de François Hollande", ajoute-t-il et il est "grand temps" que le président "se mette vraiment aux fourneaux".
Sans parler de Vilvorde, un précédent occulté par les media qui ménagent Jospin.
Le 7 juin 1997, Libération titrait : "Jospin n'a pas de 'solution industrielle' pour Vilvorde" (lien)


Pour le Premier ministre actuel Jean-Marc Ayrault, Florange "est en train de tourner au chemin de croix de Lorraine, chaque jour contredisant la version de la veille et renforçant les doutes sur la fiabilité du sidérurgiste indien", considère également Hervé Favre (La Voix du Nord), indulgent pour le pouvoir. Mais la véritable question, selon lui, est de "savoir combien de temps François Hollande pourra rester en retrait derrière son Premier ministre?", suggérant de casser le thermomètre pour juguler la fièvre.

Puisque Jean-Marc Ayrault est "grillé sur le dossier ArcelorMittal", il "doit donc s'effacer et laisser la main" à François Hollande, qui 
pourtant n'en veut visiblement, selon Jean-Michel Servant (Le Midi Libre). "Pour stopper cette spirale infernale, le chef de l'État n'aura bientôt plus qu'un seul choix : se séparer plus tôt que prévu du locataire de Matignon. Et en confier les clés à l'un de ses pugnaces ministres : Valls le droitier ou Montebourg le gauchiste". Ce qui permettrait peut-être, espère l'éditorialiste de "connaître, enfin, la direction que souhaite prendre ce gouvernement socialiste."


jeudi 6 décembre 2012

Florange : Hollande s'engage à tenir les engagements

Alors que les syndicats durcissent le ton, Hollande sort de sa réserve

Jeudi, Fos-sur-Mer bloqué, appel à la grève à Basse-Indre, menaces à Florange


Le conflit se radicalise et s'étend. Les salariés de l'une usine ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) bloquent l'entrée des camions approvisionnant le site, en solidarité avec leurs collègues de Florange, a constaté un huissier.  Par ailleurs, un appel à la grève pour lundi prochain a été lancé sur le site de Basse-Indre (Loire-Atlantique). Et les métallos de Florange (Moselle) vont occuper les hauts fourneaux du site sidérurgique lorrain, a annoncé jeudi 6 décembre le syndicaliste CFDT Edouard Martin devant la presse. "A partir d'aujourd'hui, on prend possession de l'usine, on va dans les hauts fourneaux", a déclaré le leader syndical, visiblement ému, entouré d'une quinzaine de militants. "Il n'y en a pas un qui touchera aux vannes de gaz", qui permettent de maintenir les installations en veille, a-t-il ajouté.
"Nous avons maintenant deux ennemis : le gouvernement et Mittal", a tonné Edouard Martin de la CFDT, syndicat pourtant réformiste et proche du PS. 

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L'annonce par la Commission européenne qu'ArcelorMittal a retiré une première version du projet expérimental Ulcos a mis le feu aux poudres. Le gouvernement fondait de grands espoirs de salut du site sidérurgique. "On est tous écoeurés, on a été trahis", a réagi Edouard Martin, fer de lance de la lutte syndicale des ouvriers de Florange. "On a deux ennemis: on va se battre contre Mittal et contre le gouvernement", a poursuivi le syndicaliste, qui a appelé François Hollande à reprendre "le dossier en main".


L'exécutif joue la montre


Le président Hollande est sorti de sa retraite pour parler jeudi soir.
 

Concernant l'avenir des hauts fourneaux, le chef de l'Etat, en marge d'un déplacement chez Emmaüs, a fait "la promesse" de faire en sorte que "ce qui a été engagé aussi pour faire que (le) projet Ulcos voit le jour auprès de l'Europe s(oit) mené à bien".

"Le gouvernement a pris des décisions, elles ne sont jamais faciles, ce sont des décisions courageuses qui permettent d'éviter un plan social à Florange, d'obliger l'actuel industriel Mittal à faire des investissements qui n'ont que trop tardé et à engager un plan Ulcos qui doit permettre qu'il y ait un avenir pour la filière chaude", a déclaré François Hollande visiblement impuissant

"Je peux dire ici que ces engagements seront tenus et j'en serai, avec le gouvernement, le garant", a-t-il certifié soulignant qu'il connaîit "les inquiétudes, les doutes". "Compte tenu du passé, des manquements, j'ai vu la détresse et la colère, j'en mesure aussi les causes", a-t-il encore polémiqué, après sept mois de pouvoir.

Et de poursuivre sur le ton empathique des déclarations redondantes et creuses: "Mais ma responsabilité est de faire qu'il y ait un avenir pour Florange et tous les engagements qui ont été pris seront tenus. Ce qui a été engagé aussi pour faire que ce projet Ulcos voie le jour auprès de l'Europe sera mené à bien, j'en fais ici la promesse", a assuré le président potiche.

Venu avec des élus de Lorraine rencontrer à Matignon le premier ministre sur l'accord passé avec Mittal sur Florange, le député PS Michel Liebgott (Moselle), lui a dit jeudi de son sentiment de se "faire entuber" par le groupe sidérurgiste.
Matignon et le groupe sidérurgique ont affirmé qu'il ne s'agissait que d'un contretemps, expliquant qu'Ulcos n'est pas mûr pour demander un financement européen

VOIR et ENTENDRE le député socialiste local accabler Mittal pour épargner le pouvoir PS:



Ils confirment qu'ils cherchent à gagner du temps. 
Ils affirment en effet que cela était prévu dans leur accord passé la semaine dernière sur l'avenir de Florange. Le compromis entre ArcelorMittal et le gouvernement prévoit que les installations de la filière liquide (ou chaude) -dont les hauts fourneaux nécessaires à la réalisation d'Ulcos- ne soient pas démontés pendant six ans et mis "sous cocon". Et dans six ans, Hollande repasserait le mistigri au suivant...

76% des Français ne font pas confiance au gouvernement pour obtenir les engagements pris par ArcelorMittal, ajoute un sondage Opinion Way-LCI.

Florange: Ayrault est-il complice du retrait de Ulcos ?

Mittal retire le projet Ulcos de stockage de CO2, selon l'UE

Le groupe ArcelorMittal a retiré le projet Ulcos pour le captage et le stockage du CO2 à son site de Florange en Moselle, "à cause de difficultés techniques", a annoncé jeudi Isaac Valero, porte-parole de la Commissaire en charge du Climat Connie Hedegaard à la Commission européenne.

"La Commission a toujours été prête à considérer un cofinancement de ce projet dans le cadre du programme NER300", a-t-il ajouté.
"Ulcos pourrait concourir au prochain appel d'offres qui sera lancé l'an prochain", a-t-il encore précisé.

Qu'est-ce qu'Ulcos ?

C'est le nom du projet pilote de captage et de stockage du CO2
porté par un consortium de 48 entreprises de l'UE. Il devait être mis en oeuvre sur les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal à Florange (nord-est de la France), actuellement à l'arrêt.

Ce projet constituait la clef de voûte de l'accord passé vendredi soir entre le gouvernement français de Jean-Marc Ayrault et Lakshmi Mittal, patron d?ArcelorMittal pour sauver le site de Florange.


Ulcos était en tête de liste des projets pouvant bénéficier de cofinancements du budget de l'Union européenne (UE) après le retrait des projets p-résentés par les Britanniques.
Le dossier devait être examiné le 13 décembre par les représentants des Etats membres au sein du comité "changement climatique" et la décision finale de la Commission européenne devait intervenir une semaine après, autour du 20 décembre.

Le principe du programme NER300 est de monétariser 300 millions de tonnes de quotas de CO2 prélevés sur une réserve destinée aux nouvelles entreprises dans le système d'échange de quotas instaurés par l'UE pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Le programme NER300 co-finance les projets pour 50% de leur coût, le reste étant assuré par les investisseurs privés ou les Etats.

Avec ce retrait du projet Ulcos, le leader syndical Edouard Martin (CFDT) a estimé que le "compromis" entre le gouvernement et le groupe industriel "a enfumé tout le monde".


Cette annonce de l'U.E. signe "l'arrêt de mort de la filière liquide"


Les hauts fourneaux lorrains en font partie, a ajouté E. Martin, à sa sortie de réunion avec le Premier ministre.
"Merci à Ayrault, c'est la signature de la trahison", a -t-il ajouté, mais .
"Ce n'est pas la fin du combat", a-t-il menacé
Il  assure que le retrait du dossier sur Ulcos ne signifie pas l'abandon du projet par ArcelorMittall: le syndicaliste CFDT assure  "sa volonté de poursuivre le projet de recherche".

De son côté, Ayrault clame qu'ArcelorMittal,  s'était "engagé à poursuivre les travaux liés au projet Ulcos", "à la demande du gouvernement", et que l'accord passé avec Mittal vendredi sur Florange était "toujours valable".
"La première conception" du projet Ulcos "rencontre de réelles difficultés technologiques, mais nous avons obtenu d'ArcelorMittal qu'il ne soit pas abandonné", ont ajoutcertifié les services de Matignon.

samedi 1 décembre 2012

Florange: le compromis gouvernement-Mittal ne règle rien

Mittal paiera mais les incertitudes demeurent sur les haut-fourneaux

Le  patron d'Arcelor a trouvé samedi un  compromis avec le gouvernement

Le géant indien se dit satisfait, mais le gouvernement n'a pas dissipé le flou sur l'avenir des haut-fourneaux.
Arnaud Montebourg, qui s'est beaucoup impliqué dans ce dossier, confondant investissement et mise en scène, agression et négociation, a plaidé en vain pour une nationalisation temporaire du site mosellan.

Le président Hollande piégé par son ministre


"C'est le président de la République qui décidera" ou non en faveur de la nationalisation, avait déclaré Arnaud Montebourg à la sortie d'un café du quartier où il avait pris le petit déjeuner avec une dizaine de métallos qui lui mettaient la pression en campant sous les fenêtres de son ministère. Mais " ce n'est pas un faux espoir, c'est une solution. C'est une solution qui est sérieuse, crédible, durable ", a insisté le ministre, qui avait été le premier à vouloir imposer la nationalisation. Pour lui, une telle option n'était pas de nature à effrayer les investisseurs étrangers: " Je crois que Barack Obama a nationalisé, les Allemands nationalisent, tous les pays nationalisent... Je ne vois pas où est le problème, " avait maintenu le ministre illuminé pour qui "c'est très moderne de nationaliser !..."

Pour le président du
MoDem, François Bayrou, le projet de nationalisation "peut être envisagé (...), mais avant on est en droit de demander au gouvernement d'être un peu plus équilibré et d'agir un peu moins par foucades, par invectives".

Michel Delebarre
, sénateur-maire PS de Dunkerque
, où sont installés d'autres hauts-fourneaux d'ArcelorMittal, a regretté lundi soir des "déclarations à l'emporte-pièce" sur ce dossier, ciblant clairement  Montebourg.


Hollande repasse le mistigri à Ayrault

Le président de la République devait être l'arbitre. "J'imagine bien que François Hollande, s'il demande à rencontrer Lakshmi Mittal, c'est pour essayer de remporter le dernier bras de fer (...) et le convaincre à travers un accord négocié de céder le site de Florange", a déclaré sur France Inter Edouard Martin, délégué CFDT du site.

Le ministre du Redressement productif a d'ailleurs prétendu samedi soir ne pas se sentir désavoué par le jugement de Salomon du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.
"J'ai décidé de rester à mon poste de travail et de combat", a déclaré Montebourg sur TF1, réfutant toute idée de démission et confirmant ainsi que tout Premier ministre qu'il soit, Ayrault n'est pas le patron.

Le gouvernement recule sur la nationalisation

Le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, sur BFM TV et RMC, avait apporté son soutien à   Montebourg, rappelant que le premier à avoir demandé la nationalisation "c'est Bernard Thibault", le secrétaire général de la CGT.

Les syndicats ont donc  diversement apprécié l'arbitrage du président socialiste
Certes les 629 salariés menacés du site mosellan échappent transitoirement à un plan social, mais le compromis n'infléchit pas réellement la position d'ArcelorMittal, qui fait des concessions financières et non pas stratégiques.


En effet, toutes ces tractations n'ont pas fait varier d'un iota un des points essentiels de la stratégie de Lakshmi Mittal:
les hauts-fourneaux de Florange ne devraient plus cracher de brames d'acier brut. La négociation a abouti à des investissements sur "l'aval", c'est-à-dire la transformation de l'acier en produits industriels élaborés et non sur "l'amont", la production d'acier proprement dite.

Ayrault avoue rester sur le qui-vive
Évoquant"des interrogations qui se sont exprimées du côté des salariés" après l'annonce du compromis passé entre le gouvernement et ArcelorMittal, il indique qu'il "veillera scrupuleusement à la réalisation effective des engagements pris"

Jean-Marc Ayrault rappelle que ces engagements portent sur l'absence de plan social, "des investissements d'au moins 180 millions d'euros sur le site de Florange et sur le projet Ulcos".

En attendant Ulcos ?

Le gouvernement s'abrite derrière le projet européen Ulcos 
L'Union européenne n'a pourtant pas encore décidé de permettre -à terme- à un des haut-fourneaux de Florange de produire de l'acier en émettant beaucoup moins de CO2 pour faire meilleure figure, car il affirme qu'ArcelorMittal s'est engagé sur ce dossier.

Et c'est peut être dans ce flou que réside la supercherie
ArcelorMittal ne faisait samedi dans son communiqué aucun commentaire sur le projet Ulcos, contrairement au communiqué publié quelques minutes après par Jean-Marc Ayrault certifiant que "le projet Ulcos" - bien qu'il ne soit pas validé - est  inscrit dans les engagements pris par le groupe.

Montebourg affiche une défiance tous azimuts 
Interrogé, Montebourg admettait d'ailleurs que le projet n'était pas abouti, que Mittal s'est simplement "engagé à étudier le projet", et a  appelé Jean-Marc Ayrault à plus de radicalité.
"Je crois que le Premier ministre peut faire preuve d'encore plus de fermeté pour obtenir davantage d'ArcelorMittal".

Le ministre a également affirmé que le président François Hollande lui a assuré que l'option d'une nationalisation de Florange reste sur la table si le groupe ne respectait pas ses engagements.


Les réactions sont mitigées, mais évolutives

Arnaud Montebourg avait suscité l'espoir d'une nationalisation temporaire chez les syndicalistes et sur l'échiquier politique. Dans la journée du mardi 27 novembre, Arnaud Montebourg avait salué l'unité nationale qui se dessine selon lui sur une nationalisation temporaire du site de Florange.
Les syndicalistes CFDT et FO
appâtés au croissant

Mais la mergez partagée par Hollande et les croissants offerts par Montebourg à l'heure des poubelles leur sont restés en travers du gosier.



La CFDT a critiqué la "méthode" du ministre et du gouvernement, lui reprochant d'avoir "suscité énormément d'espoir, aujourd'hui déçu", mais tient l'arbitre élyséen en dehors de ses rancoeurs

FO
s'est déclaré "satisfait", mais redoute de la "poudre aux yeux".

"J’ai entièrement confiance en messieurs Hollande et Montebourg, avait pourtant cru pouvoir affirmer Walter Broccoli, délégué FO de Florange. J’ai entendu Arnaud Montebourg dire qu’il était prêt à aller jusqu’au bout, le président de la République aussi, on a vu les élus de droite, de gauche, nous soutenir jusqu’au bout, je vois mal aujourd’hui le gouvernement faire marche arrière. Pour nous, il n’y a aucun mystère : ou Mittal fait marche arrière, ou on nationalise ".

 
La CFE-CGC, elle est content qu'il n'y ait pas de nationalisation.

Comme Mélenchon, la CGT était en revanche plus soupçonneuse: " On a besoin de sérieux sur cette affaire. On va avoir aussi une visibilité sur ce qu’a annoncé à demi-mot Arnaud Montebourg à l’Assemblée nationale, le fait qu’il y aurait deux marques d’intérêt sur Florange. Nous, on veut savoir exactement ce que c’est, sur le fond."

Chez les politiques, Harlem Désir, premier secrétaire du PS, désigné par l'Elysée, a appelé tout le monde à se mobiliser "pour l'avenir de Florange", tandis que pour le député socialiste de Moselle, Michel Liebgott, l'accord "n'est pas la panacée mais il permet de préserver l'emploi".

La présidente du FN, Marine Le Pen, demande "un plan d'ensemble en faveur de la sidérurgie française".
Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, veut "un grand débat" sur la filière.


L'UMP dénonce unanimement le gouvernement. 

Le secrétaire général sortant, Jean-François Copé, a critiqué vendredi
"une forme d'improvisation au sommet de l'Etat", et l'ex-Premier ministre François Fillon a stigmatisé samedi "l'incohérence" et "l'irréalisme" de l'exécutif.

A Florange, les habitants ont accueilli ces annonces avec méfiance, en ce jour de la Saint-Eloi, patron des métallos.
"Lakshmi Mittal a roulé tout le monde dans la farine", peste Serge Gremese, ouvrier de 40 ans qui, d'avoir trop écouté Aurélie Filippetti et les visiteurs socialistes parisiens en campagne, ne réalise pas que la sidérurgie se porte mal partout en Europe et que Mittal reste le seul maître des forges.

Le ministre du Travail Michel Sapin a dit "comprendre les réactions de scepticisme des salariés", "compte tenu des antécédents" de L. Mittal, qui a souvent  manqué à ses promesses en s'adaptant à la crise internationale.

Z-Ayrault-pointé a ajouté à la morosité en réaffirmant samedi la nécessité de "veiller scrupuleusement à la réalisation effective des engagements".

Pour conserver un minimum de crédit, le Premier ministre s'est cru obligé de saluer samedi le travail de Arnaud Montebourg qui,selon lui, "n'a pas ménagé sa peine pour  "créer un rapport de forces favorable" et chercher toutes les solutions possibles". Sans les trouver.

Montebourg a mené la représentation nationale en bateau  pédalo

Un repreneur de l'intégralité de Florange est prêt à investir "près de 400 millions d'euros" sur le site sidérurgique qu'ArcelorMittal souhaite en partie fermer, avait déclaré le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, devant les députés. "La décision est entre les mains de M. le président de la République et de M. le premier ministre, je ne doute pas qu'ils prendront les bonnes décisions après les réponses de Mittal", a-t-il conclu, avec le respect dû 
à Monsieur Mittal par un ministre à l'Assemblée.

VOIR et ENTENDRE le poker-menteur du ministre de Hollande le 28/11/2012 :



A noter que Michel Liebgott, député socialiste de Moselle, n'avait pas manqué d'abonder dans le sens de Montebourg, ajoutant sur BFM-TV qu'il s'agissait d'un "industriel crédible".


Politiquement, le dénouement devrait, à plus ou moins court terme, avoir des conséquences pour Montebourg, qui n'a pas su faire pencher en sa faveur l'arbitrage de Matignon et imposer la nationalisation promise de Florange.
Le secrétaire général réformiste de la CFDT, proche du PS,  François Chérèque, a estimé mercredi qu'Arnaud Montebourg a fait "un pas de trop" face à ArcelorMittal. "Quand on a 23.000 salariés (en cause) et qu'on n'a pas les moyens de reprendre toute la branche, c'est une erreur", a-t-il déclaré en marge d'une assemblée générale des cadres de la CFDT.