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lundi 14 juillet 2014

La politique de Hollande panique l'économiste Charles Gave

SOS: l'économie française va s'effondrer "dans les trimestres qui viennent" 

L'auteur met en garde contre le plan d'Arnaud Montebourg

Charles Gave est cet économiste libéral français qui avait eu un vrai succès d'estime avec un premier livre (Des lions menés par des ânes, éditions Robert Laffont, 2003). Dans cet essai, l'économiste prévoyait et annonçait la crise économique qui touche la France depuis quelques années et montrait à quel point nos entrepreneurs, "les lions", étaient critiqués, bridés, corsetés, assommés de charges, de réglementations et de taxes par "les ânes"qui nous gouvernent, issus pour la plupart d'une classe politique formée de fonctionnaires, de technocrates et d'apparatchiks notoirement incompétents.

Aujourd'hui, Charles Gave va beaucoup plus loin et nous annonce un inéluctable et prochain désastre : "En tant qu'économiste et homme d'affaires depuis quarante ans, je sais maintenant avec certitude que l'économie française va s'effondrer dans les trimestres qui viennent puisque
M. Montebourg va faire passer une loi pour la croissance, comme il avait promis de sauver la sidérurgie française." Dans une chronique du 7 juillet à l'Institut des libertés qu'il a créé et qu'il préside, il explique pourquoi il est arrivé à cette dramatique conclusion : l'économie, rappelle-t-il, ne peut croître et créer des emplois que "si le système légal permet le déroulement du processus de création destructrice", défini par Joseph Schumpeter au milieu du XXe siècle.

"Destruction créatrice"

Ce principe est bien connu depuis longtemps et a été mille fois vérifié. C'est ainsi que la nouvelle économie américaine, avec ses champions Microsoft, Oracle, Apple, Goggle et autres Amazon, s'est d'autant plus développée et d'autant plus vite que les meilleurs cerveaux, les plus dynamiques collaborateurs et les plus grands investisseurs ont abandonné la vieille économie pour miser sur l'avenir. En France, Arnaud
Montebourg est tellement fier de pouvoir relever les sauvetages de Fagor-Brandt, Mory Ducros ou Ascométal, qu'il en fait les symboles du "retour en force de l'État dans l'économie". Gave est très clair à ce sujet : en France, note-t-il, "la quasi-totalité des lois portant sur des domaines économiques visent à empêcher cette destruction créatrice, ce qui revient immédiatement à empêcher toute création, c'est-à-dire toute croissance". La plupart des secteurs "dans lesquels nous pourrions générer de la croissance, comme les transports, les médias, la culture ou la santé, sont sous le contrôle de l'État, c'est-à-dire sous le contrôle de la CGT", ajoute-t-il.

Georges Marchais, PCF, avril 1981
Et c'est bien là
le problème que pose le ministre de l'Économie quand il lance le 10 juillet à Bercy, dans une mise en scène théâtrale avec effets de manche et tam-tam médiatique, "la feuille de route du redressement économique de la France" basée sur les poncifs les plus rétrogrades du siècle dernier : le patriotisme économique ("il nous faut des patrons patriotes"), l'antimondialisation ("être plus forts dans la compétition mondiale face à la mondialisation déloyale"), l'antilibéralisme ("non au modèle anglo-saxon libéral, oui au modèle entrepreneurial solidaire"), et l'interventionnisme étatique "qui permet à l'État de protéger et de défendre la souveraineté de nos entreprises".

"Mon tambour"

Et le matamore de Saône-et-Loire, surnommé "mon tambour" dans sa région d'élection, d'annoncer sans mollir que son "décret Alstom" du 14 mai 2014 va servir "dans certains secteurs sensibles comme l'eau, la santé, la défense nationale, l'industrie du jeu, les transports, l'énergie et les télécommunications". L'industrie du jeu, un secteur sensible à protéger... Et pourquoi pas l'industrie du carambar ou du scoubidou qui pourraient aussi avoir besoin de protection ? On croit rêver! Ce Montebourg ressemble à un enfant qui joue avec un train électrique qu'on lui a offert pour Noël ! Le ministre qui vient de coûter un milliard et demi d'euros à la France en vendant des actions de l'État dans GDF pour acheter des actions de Bouygues dans Alstom croit-il vraiment à ce qu'il déclame à longueur de discours? Prend-il ses délires pour des réalités? Hélas, il semblerait que oui. 

Pour clôturer le tout, pendant son one man show à Bercy, tant qu'il y était, il s'est aussi offert une sortie contre l'Euro et contre "l'incompétence, le dogmatisme et peut-être l'aveuglement idéologique de dirigeants européens", sans compter un paragraphe bien senti d'antiaméricanisme primaire et même secondaire ! On se serait cru revenir trente-cinq ans en arrière, pendant la campagne électorale des socialistes pour l'élection présidentielle de François Mitterrand en 1981! Charles Gave, évidemment, sait bien de quel bois, rouge, est fait Arnaud Montebourg qui se battra jusqu'au sang - celui des autres, bien sûr - contre la loi du marché et finira, si on le laisse faire, par "réussir aussi bien que Castro ou Chávez", car, ajoute-t-il, "il n'y a pas un seul exemple dans l'histoire d'une économie gérée par un État qui ne se soit conclu autrement que par la faillite et la tyrannie." 

 Ch.Paul (député de la Nièvre, gauche du PS)
et Montebourg en reine d'Angleterre
au Mont Beuvray
Gave a toujours écrit et parlé cash et, plus que jamais, devant le cyclone économique qu'il nous annonce si on laisse faire Montebourg, cyclone qui aura donc été initié par nos gouvernants eux-mêmes, il tient à rappeler les lois fondamentales de l'économie et particulièrement celle-ci: plus le poids de l'État augmente, plus la croissance économique diminue et plus les chômeurs s'ajoutent aux chômeurs. Il prend note d'un phénomène unique dans le monde développé: "Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, écrit-il, il n'y a pas un seul membre du gouvernement qui ait la moindre expérience du secteur privé. Tous les membres du gouvernement ont toujours été payés par nos impôts et jamais par un client." 
Charles Gave termine sa chronique à l'Institut des libertés par un bien triste constat : "Notre pays qui devrait être le plus riche du monde, compte tenu de ses avantages naturels et de la qualité de sa force de travail, est en train de s'appauvrir à vue d'oeil. Les entrepreneurs français sont comme le Tiers État en 1789. Ils portent sur leur dos la noblesse (le système politique) et le clergé (le système syndical) et la France en crève. Elle est sur le chemin de l'Argentine. Rien ne peut empêcher un pays de se suicider. Nous sommes sur la bonne voie." 

dimanche 1 mai 2011

Tarifs spéciaux: les agents EDF-GDF n'en ont jamais assez

Les militants EDF-GDF pompent notre énergie, mais vive le 1er mai !

Tragédie - EDF/GDF : les agents vont payer plus

C'est ce qu'on nous donnait à penser, en novembre 2010.
Le "tarif agent" dont bénéficient quelque 300.000 salariés et retraités pourrait être relevé. On parlait bien de "tarif spécial" mais c'était pourtant vécu comme une agression des patrons. Pour une fois qu'on oubliait Sarkozy !
Les groupes EDF et GDF Suez voulaient donc relever le "tarif préférentiel", c'est-è-dire "réduit", pour parler clair, de privilégiés, dont bénéficient ces centaines de milliers d'actifs, sans compter les retraités du secteur, a révélé le quotidien économique Les Echos, citant des "sources concordantes" !
La rhétorique est superbe. "EDF et GDF Suez se préparent à toucher à l'un des symboles du statut des employés du gaz et de l'électricité. Les deux entreprises veulent faire évoluer la structure du ‘tarif agent’", écrit le quotidien.

Un avantage sensible, symbolique et tout ce qu'on voudra, mais injuste
Lors de la précédente tentative de modification de ces tarifs spéciaux, lorsque les entreprises avaient tenté d'y 'toucher', au début des années 1980 et des septennats du socialiste Mitterrand. Ces tarifs spéciaux constituent "un des éléments du pacte social". Comme ces choses-là sont bien dites: plus elles sont énormes, plus elles sont imparables !

Pour mieux faire passer cette réforme, les deux groupes "vont laisser passer les élections professionnelles, qui débutent ... chez EDF, et engager le débat en 2011". EDF n'a pas souhaité commenter ces informations.

Le "tarif agent" dont bénéficient quelque 300.000 salariés et retraités pourrait être relevé.

Les groupes EDF et GDF Suez voulaient faire participer solidairement 300.000 privilégiés à l'effort collectif en prenant les 93% de grévistes (en 1983) pour des socialistes sociaux.

Des aristocrates, avant 1789; les fonctionnaires, après
Jeudi 7 avril 2011
Les agents EDF-GDF étaient donc en grève pour défendre le tarif d'électricité extrêmement avantageux dont ils bénéficient : 0,5 centime d'euro le kw/h.
Ainsi, en pleine flambée des prix de l'énergie pour tous les Français - mais pour certains Français plus que pour d'autres (qui ne sont pas ni patrons ni riches - et alors que le gouvernement essaie de mettre en place des mesures pour contrer cette flambée des prix, les agents EDF-GDF ont décidé de se mettre en grève pour défendre un privilège de longue date : le kw/h à 0,5 centime d'euro, au lieu des 12 centimes payés par les autres Français.

Une économie de 100 euros par mois
Pas moins de 300 000 fonctionnaires et retraités d'EDF et GDF bénéficient de cet avantage, grâce à une exonération de taxes et d'abonnement, leur permettant de ne payer au final que 5 à 10% de la facture. Au micro de RMC, Laurent Langlard, agent GDF et militant CGT avoue qu'"en moyenne, ça me fait une économie de 100 euros par mois". Mais considéré comme un avantage salarial, ce tarif spécial agent est soumis à l'imposition.

"Une mauvaise image auprès du public"
Une réforme préparée par EDF pourrait avoir des conséquences sur ce tarif. EDF envisage en effet d'abandonner l'exonération de taxe ou d'aligner une partie du tarif sur celui des particuliers du Tiers Etat. Cependant, Laurent Langlard prévient : "Il est hors de question qu'il y ait une remise en cause de cet avantage. La dernière fois que l'on a tenté de toucher au tarif agent en 1983, il y a eu 96% de grévistes". L'agent GDF reconnaît pourtant qu'en cette période de hausse des prix généralisée, le mouvement des salariés EDF-GDF peut avoir une "mauvaise image auprès du public".

Les entreprises et les salariés ont partie liée
Proposer à ses salariés d’acheter à prix réduit les objets ou services qu’ils produisent, c’est positif pour les entreprises : renforcement de l’esprit maison, promotion de leurs produits et meilleure prise en compte des besoins du client par des employés eux-mêmes utilisateurs. Pour les salariés, les réductions de prix doivent être attractives, mais à EDF/GDF avec le "tarif agent", on est plus proche de la gratuité que de la baisse de prix. En 2011, ces deux entreprises essayent à nouveau de ramener cette pratique à un niveau raisonnable, mais les syndicats refusent toute évolution. Ce sont pourtant les autres Français qui financent ces avantages indus.
A Air France, les salariés peuvent voyager à des tarifs très avantageux, mais à condition d’utiliser les places libres au moment de l’embarquement. Cet avantage provoque un manque à gagner mais ne coûte pratiquement rien aux compagnies aériennes. Chez les constructeurs automobiles, la réduction de prix est d’environ 25%, correspondant en partie aux coûts économisés en frais de vente et de transport des voitures neuves et de reprise des occasions. À EDF et GDF le taux de réduction est record. Et non pas indécent, mais outrageant.
Les dépenses d’électricité et de gaz représentant environ 5% des dépenses des ménages, un ménage disposant de 4.000 euros de revenus par mois et dont un des membres est salarié d’EDF/GDF économise environ 200 euros par mois. Cela ne présente pourtant aucun avantage pour EDF et GDF, leurs salariés consommant plutôt plus (gaspillent ?) que les autres clients, y compris aux heures de pointe, et ne constituant en rien une publicité pour leur entreprise. Et pas davantage pour les syndicats qui soutiennent et encouragent.

A première vue, la vente à prix réduit aux salariés semble de la seule responsabilité de l’entreprise et ne léser personne. En réalité, le montant de ces "dons" échappe au paiement des charges sociales (assurance maladie, retraite, chômage, famille). Ils échappent aussi au financement de l’État, puisque ces sommes sont soustraites à l’impôt sur le revenu. D’un côté, ce système prive la solidarité nationale de financements, et de l’autre, cette minoration du revenu réel permet à une partie des bénéficiaires d’avoir accès à plus de prestations sociales telles que tarifs réduits de cantine, HLM, etc.

Le comité d’entreprise d’EDF/GDF financé à hauteur de 1% du chiffre d’affaires constitue un autre avantage en nature pour lequel les entreprises et les salariés ne paient ni charges sociales ni impôts.

Ce risque de détournement est bien connu, et les avantages en nature doivent être déclarés. Mais au lieu de déclarer les montants exacts de ces avantages qu’EDF/GDF peuvent parfaitement connaître, ces entreprises ne déclarent que des valeurs forfaitaires, très rarement réévaluées et très inférieures à la réalité.
Dans une situation de concurrence, les avantages accordés aux salariés par les entreprises sont financés grâce à la réussite de l’entreprise et la performance de ses salariés (si ce n’est pas le cas, l’entreprise court à la faillite). Mais parce qu’EDF/GDF ont été (et sont encore) en situation de monopole, les cadeaux qu’elles distribuent à leurs salariés le sont aux dépens de leurs véritables clients, les particuliers, et non pas grâce à la performance de l’entreprise.

Autre idée fausse: des avantages en compensation des faibles salaires d’EDF/GDF ?
C’est l’argument fallacieux utilisé en dernier recours par les syndicats d’EDF et GDF pourtant artisans des injustices sociales. Les salariés de ces entreprises sont mieux payés que la moyenne des autres Français. Et en incluant seulement les cotisations retraites payées par les employeurs EDF et GDF, on arrive à des coûts salariaux sans comparaison avec ceux de leurs collègues du privé.

Exemple : Salarié gagnant 2.500 euros bruts par mois.
Dans le privé, la cotisation retraite de l’employeur est de 15%, ce qui représente, pour ce salarié, un coût total de : 2.875 euros
A EDF/GDF : la cotisation retraite de l’employeur est de 70%, ce qui représente, pour ce salarié, un coût total de : 4.250 euros.

Les agents qui épargnent un millier d'euros/an tendaient le poing dans les rues

Et quel était donc le mot d'ordre des sournois ?
Nul ne songeant leur supprimer cet avantage, ils ont fait grève pour dire NON à l'indexation de leur tarif spécial sur la hausse du prix de l'énergie...
De quoi faire sauter les plombs
En 2015, quand nos factures de Français défavorisés ou retraités auront augmenté de 30% - après les 50% sur les cinq années déjà écoulées - , leurs "tarif spécial" n'aura toujours pas varié.

A la prochaine grève, faudra-t-il
leur offrir les derniers 5% de leur gaz et l'électricité ?

mercredi 1 juillet 2009

Revalorisations, prestations sociales, tarifs : quoi de neuf au 1er juillet ?

Tour d'horizon de ce qui change

SMIC

Le SMIC est revalorisé de 1,3% en juillet. Il sera ainsi porté de 8,71 à 8,82 euros bruts de l'heure (6,93 euros nets). Pour un salarié au Smic travaillant 35 heures par semaine, le salaire mensuel passera de 1.321,02 à 1.337,70 euros bruts et atteindra 1.051 euros nets. Environ 3,4 millions de personnes sont payées au Smic.

FONCTION PUBLIQUE

Dans la Fonction publique, le point d'indice est revalorisé de 0,5% en juillet. Les trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalières) emploient au total 5,2 millions de fonctionnaires.

ASSURANCE CHÔMAGE

Les allocations de près 1,9 million de chômeurs indemnisés par l'assurance chômage vont être revalorisées de 1% au 1er juillet.

Il n'y aura pas de baisse des cotisations chômage au 1er juillet, comme l'avaient envisagé les partenaires sociaux l'an dernier.

COMPLÉMENTAIRE SANTÉ POUR LES CHÔMEURS

Les chômeurs vont pouvoir à partir de juillet continuer à bénéficier de la couverture complémentaire santé et prévoyance (décès et invalidité) de leur ex-entreprise, à condition de bénéficier d'une indemnité d'assurance chômage et d'avoir travaillé au moins un mois dans cette entreprise.

Si ces conditions sont remplies, le bénéfice de la complémentaire santé, dans les mêmes conditions qu'au sein de l'entreprise, est maintenu pour une durée égale à celle du dernier contrat de travail, avec une durée maximale fixée à 9 mois.

MINIMA SOCIAUX

Les minima sociaux, revalorisés au 1er janvier, ne bougent pas au 1er juillet.

Le revenu de solidarité active (RSA) est entré en vigueur en juin, mais c'est le 6 juillet que seront effectués les premiers versements. Le RSA remplace le RMI (revenu minimum d'insertion), l'Allocation parent isolé (API) et plusieurs aides forfaitaires comme la prime de retour à l'emploi. Il concerne également les "travailleurs pauvres".

ALLOCATIONS FAMILIALES

Les montants restent inchangés jusqu'au 1er janvier, date de leur revalorisation.

TRANSPORTS

  • SNCF :
    - Les tarifs des trains Intercités, Corail, Téoz et Trains Express Régionaux (TER) vont augmenter à partir du 1er juillet de 3,4% en moyenne.

    - La SNCF a confirmé le gel du prix des cartes de réduction (Carte 12-25, Senior, Escapades et Enfant+), comme déjà annoncé en début d'année.
  • Ile-de-France :
    Les tarifs de transport public en Ile-de-France seront relevés de 2% en moyenne au 1er juillet.
    Les forfaits Carte Orange-Navigo vont tous être augmentés de 1,5O euros, quel que soit le nombre de zones.

    Le carnet de 10 tickets t+ va être relevé de 20 centimes à 11,60 euros, contre 11,40 euros aujourd'hui. Le tarif du ticket t+ vendu à l'unité restant inchangé à 1,60 euro.

    ÉNERGIE
  • GDF : Aucune évolution n'est prévue pour les prix du gaz.
  • EDF : une hausse des tarifs est probable, mais elle n'interviendrait qu'en août.

    RESTAURATION

    Le taux de TVA dans la restauration passera à compter du 1er juillet de 19,6% à 5,5%. Les syndicats professionnels se sont engagés à ce que cafés, brasseries et restaurant baissent certains prix, mais chaque établissement est libre de le faire ou non.
  • mardi 20 novembre 2007

    Grève EDF-GDF: pour le principe!

    20,5% de grévistes à GDF, 18,8% à EDF
    Participation en forme de désaveu.
    Dans le secteur de l'énergie, la solidarité avec les privilégiés de la SNCF et de la RATP n'a pas été frappante. Le sens de l'égalité et tout simplement le bon sens y sont donc manifestement plus développés.
    La grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, et en soutien aux derniers fonctionnaires bénéficiaires d'"avantages acquis" d'un autre âge, mobilisait aujourd'hui en fin de journée 20,5% des salariés à GDF, et 18,8% à EDF, selon les chiffres définitifs des deux directions.
    Mais les blocages continuent à la RATP et à la SNCF. Quand vous les reverrez un jour au travail, n'oubliez pas de leur dire votre façon de penser.

    vendredi 12 octobre 2007

    La CGT livre des combats fratricides

    Marseille : la CGT impose sa loi
    C’était en avril 2007. Une fois de plus, la CGT prit en otages les usagers et les consommateurs à Marseille. Pour des raisons de luttes d’influence et donc de pouvoir, et non pas dans l’intérêt des salariés, des grévistes du Port autonome de Marseille (PAM) paralysèrent les terminaux pétroliers et gaziers pendant 17 jours. Ils exigeaient l’emploi d’agents des adhérents CGT du PAM pour le branchement et le débranchement des méthaniers au futur terminal de GDF à Fos-sur-Mer. La CGT du PAM s’opposait à la CGT de GDF ? Pour l’opinion, il s’agissait de faire croire que la CGT du PAM refusait ce que la CGT de GDF accepte: l’exploitation conjointe avec Total dès 2008. Mais GDF, pour raisons de sécurité, comptait employer son propre personnel comme, depuis 35 ans, au terminal méthanier existant déjà à Fos. La CGT bloqua une soixantaine de navires – pétroliers, chimiquiers, gaziers – voulant accéder aux terminaux publics de Fos et de Lavéra. Une prolongation de la grève eût entraîné des pénuries d’essence. Par le recours à la force, la CGT a finalement obtenu la création de cinq emplois -équivalent temps plein- pour des agents du PAM, sur le futur terminal méthanier. Et « une charte qui va définir les règles du jeu sur le port pour les années à venir», dans le langage CGT. Le conflit est apaisé, mais la résorption de l’embouteillage de navires nécessita deux semaines ! Piétinant usagers et consommateurs, la CGT se livre à un combat d’arrière garde contre la privatisation et pour son monopole du contrôle des embauches au PAM, où les emplois sont distribués par cooptation de type parrainage à tendance mafieuse et de père en fils, par voie héréditaire !…
    Dans le même temps les autorités du PAM continuent néanmoins de faire entrer sur son domaine des investisseurs privés, seul moyen de faire profiter Marseille du dynamisme du trafic maritime mondial et de réduire l’emprise du syndicat de la gauche extrême. Cette grève était donc, en réalité, une démonstration de force et une mise en garde cégétiste pour la future gestion de Fos2XL : un projet mobilisant 400 millions d’euros d’investissements mi-publics mi-privés, dans lequel des opérateurs privés construiront des terminaux privés. Ces installations, prêtes fin 2009, augmenteront le trafic conteneurs. Mais voilà : la CGT veut imposer les agents CGT de manutention du PAM à ces opérateurs privés. Après les grèves de la Régie des transports marseillais et de la Société nationale Corse-Méditerranée, celle du PAM a endommagé un peu plus la réputation de Marseille, et acculé à la faillite de nombreux petits entrepreneurs et commerçants…
    Le 18 octobre, le scénario recommencer-t-il ?

    jeudi 20 septembre 2007

    Des syndicats de l'énergie prêts à disjoncter

    La 3° mi-temps présidentielle sera syndicale, interactive et festive, aux bougies!
    Les fédérations de l'énergie CGT -encore et toujours- "n'excluent pas" de faire leur fête aux Français: ils veulent se joindre aux cheminots, dans « l’intérêt général »...
    Les fédérations syndicales de l'Energie "n'excluent pas" de se joindre au mot d'ordre de grève lancé par cinq syndicats de cheminots pour le 17 octobre contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, selon un communiqué diffusé à l'issue d'une rencontre intersyndicale à Paris mercredi soir, avant les rencontres avec le ministre du Travail, Xavier Bertrand, ce jeudi. Un exemple de la méthode syndicale de concertation.
    L'un des porte-parole de la Fédération nationale des mines et de l'énergie-CGT (FNME-CGT, majoritaire à EDF et GDF, entreprises publiques privilégiées), Maurice Marion, a précisé que les syndicats se reverraient "dans le courant de la semaine prochaine", pour arrêter leur décision.
    Dans leur communiqué, les fédérations syndicales de l'Energie "condamnent avec fermeté le fond et la forme" des annonces de Nicolas Sarkozy sur les régimes spéciaux et parlent d'une "attaque" à l'encontre des gaziers et des électriciens qui relèvent de ces régimes de retraite. Ils nedisent rien de la sauvegarde des entreprises publiques dont l’impôt des contribuables ne réussit pas à empêcher le déséquilibre budgétaire.
    Les syndicats parlent librement au nom des Français, bien que le nombre de leurs syndiqués ne les justifient pas dans ce comportement démagogique et incendiaire qui consiste à faire croire que les salariés du privés et de la fonction publique sont encore concernés, alors qu’ils ont déjà vu leurs régimes de retraites réajustés. Ces syndicats de privilégiés accusent donc le président d'"opposer les Français les uns aux autres". Les fédérations vont "interpeller ensemble" le ministre du Travail, Xavier Bertrand, chargé de mener la concertation sur les régimes spéciaux, et "n'excluent pas de s'associer à une journée d'action nationale le 17 octobre prochain", selon leur communiqué. La CGT pratique le dialogue à une voix!... Et le chantage habituel!

    Mercredi soir, cinq fédérations de cheminots (CGT, FO, Sud, CFTC et CGC) ont appelé à la grève le 17 octobre à la SNCF, en laissant déjà planer la menace d'un mouvement reconductible, pour dénoncer les modalités de réforme des régimes spéciaux annoncées la veille par Nicolas Sarkozy. Le mouvement portera également sur des revendications internes à la SNCF, et notamment la poursuite de la restructuration du fret et les suppressions de postes.
    Quelle est la marge de négociation face à la menace ? Faut-il encore engager des négociations que les syndicats abordent le poing levé et la menace de grève générale à la bouche ? Faut-il maintenir les ‘avantages acquis’ et permettre qu’une classe sociale conserve ses privilèges en prenant sa retraite à, disons, 52 ans, au lieu de 50 !…, alors que d’autres travailleurs ne le peuvent pas avant 65 ans ?