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vendredi 18 octobre 2019

L'AFP, solidaire du journaliste jugé vendredi pour un doigt d'honneur à des policiers

Gaspard Glanz, journaliste autodidacte et récidiviste en justice

Six mois après son geste obscène aux représentants de la loi, l'AFP maintient que l'arrestation de Gaspard Glanz est "controversée"


Le journaliste sans diplôme professionnel est jugé  pour "outrage" vendredi à Paris, suite à un doigt d'honneur à des policiers, lors d'une manifestation des Gilets Jaunes dans la capitale. L'activiste, reporter autoproclamé de 32 ans, à la tête du media 'Taranis news', comparaît pour "outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique".
Il avait été placé en garde à vue le 20 avril, après avoir été interpellé place de la République, en pleine mobilisation des GJ lors de leur Acte 23 du 20 avril 2019.

Sur une vidéo diffusée sur YouTube, on le voyait vitupérant contre les forces de l'ordre et affirmant avoir été visé par une grenade de désencerclement

Le journaliste leur faisait ensuite un doigt d'honneur après avoir été poussé par un policier.

Ses avocats, Raphaël Kempf et Aïnoha Pascual, plaideront la relaxe.
"Si le doigt d'honneur est établi de façon matérielle (...), il y a un contexte où Gaspard Glanz venait de se prendre un projectile dans la jambe venant des policiers et il souhaitait s'en plaindre, s'estimant victime de violences policières", explique l'associé d'Aïnoha Pascual (ci-contre), chargée d'enseignement en droit administratif, Université Paris ...Nanterre, Raphaël Kempf, par ailleurs auteur d'Ennemis d'État - Les lois scélérates, des anarchistes aux terroristes, publié par un éditeur militant du 19e de Paris.
Raphaël Kempf, Ennemis d’État. Les lois scélérates, des anarchistes aux terroristes
"Face à ce dialogue impossible avec les forces de l'ordre, il a eu ce geste d'humeur", assure le fils (ci-contre) d'Hervé Kempf, journaliste d’environnement et rédacteur en chef du site reporterre.net, comme jeune défenseur, depuis plusieurs années, des manifestants et activistes victimes de la répression d'Etat.

L'avocat s'émeut en outre de "la manière dont la procédure a été menée", dénonçant une "forme d'acharnement" contre son client. 

Le "reporter indépendant", qui milite activement dans les mouvements sociaux, avait été dans un premier temps placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de paraître à Paris le 1er mai et les samedis, mais cette mesure avait été levée une semaine plus tard. 

L'interpellation de Gaspard Glanz avait suscité de vives réactions d'activistes, comme lui. 
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Le reporter s'en était trouvé projeté de l'ombre dans la lumière de la scène médiatique. 

Des syndicats et des sociétés de journalistes s'étaient indignés d'une "atteinte à la liberté d'informer". Et aussi, peut-être, à la liberté d'insulter. 
Cette gauche extrême avait dénoncé une "répression générale" sur les journalistes couvrant le mouvement des GJ. 

Cette arrestation avait fait réagir jusqu'au premier ministre. 
Edouard Philippe s'était dit "attaché" à la liberté de la presse, mais - en même temps -  il martela que "la loi est la même pour tous" et que "rien n'autorise un journaliste ou quelqu'un qui se revendique de la liberté de la presse, à provoquer ou insulter les forces de l'ordre".

mercredi 9 octobre 2019

Extinction Rebellion : l'occupation de centre commercial, une victoire qui en appelle d'autres ?

La macronie face à la chienlit écologiste

A l'ONU, New York, Greta Thunberg a pourri Macron 

Maintenant, des activistes du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XE) occupent le centre commercial parisien Italie Deux.
Pourquoi Greta Thunberg a pourri Emmanuel Macron à l'ONU à New

Prélude à une semaine d’actions de désobéissance civile à travers le monde entier, l'opération du samedi 5 octobre 2019 s’est inscrite sous le signe de la convergence entre différents mouvements sociaux. La tactique d’occupation du millier d’activistes présents a laissé les forces de l’ordre relativement désarmées et incapables de reprendre les lieux

"Mais vous êtes qui vous, bordel ?" s’exclame un commerçant stupéfait, lorsqu’il découvre qu'un groupe de jeunes gens bloque sa galerie commerciale, Italie 2 dans le XIIIe arrondissement de Paris, alors qu’au loin monte le tumulte d’une fanfare, le matin du 5 octobre 2019. "C’est quoi encore ces guignols, vous êtes des sortes de gilets jaunes ?", gronde-t-il, alors que, dans le hall, un millier d’activistes multicolores chante toujours plus fort. Un jeune écologiste aisément détectable à son écharpe et son pull délavés, se lance alors dans une action de pédagogie sur la démarche d’Extinction Rebellion. 


Né à Londres en novembre 2018 et lancé en France en mars 2019, Extinction Rebellion ou XR est un mouvement international de désobéissance civile exprimant ses revendications écologistes par l’action non-violente. Juste un peu dérangeant et méprisant d'autrui, si on peut toutefois encore se permettre...
Depuis l’affaire du Pont de Sully qui a vu ses militants écologistes et non-violents - si on considère que leurs entraves à la libre circulation est démocratique et citoyenne - , aspergés de lacrymo par les forces de l’ordre, le 28 juin 2019, ils ne sont pas totalement inconnus du public qui doit subir leurs démonstrations de vertu écolo. Avec la montée en puissance de la pression écologique dans les media  et le développement croissant de ses effectifs, XR entre dans une phase musclée de sa lutte pour l’environnement avec la Rébellion internationale d’octobre (RIO).
La RIO est une semaine d’actions fortes coordonnées dans plusieurs grandes métropoles du monde et menées par les différentes antennes nationales de XR.
Quelques jours après avoir publié une tribune de convergence des luttes – Nous ne demandons rien à l’Etat, nous voulons tout reprendre : la joie, la liberté, la beauté, la vie, publiée sur le site écologiste "non-partisan" Reporterre et à quelques heures du lancement de la RIO, Extinction Rebellion France est passée à l’action avant l’heure
en réunissant ses cosignataires dans une opération de blocage qui vraisemblablement fera date.
Reporterre est un site d'information fondé par son rédacteur en chef actuel, un ancien journaliste (Courrier international et Le Monde),
qui se définit comme "objecteur de croissance"). Il considère que "la dégradation rapide de l’écologie planétaire est LE problème politique de ce début du XXIe siècle".
Or, en avril 2018, dans le contexte du mouvement étudiant du printemps 2018,
Reporterre publia une information qui fit boule de neige dans les media, mais qui s'avérera par la suite être une "fake news" (infox) sur un blessé grave lors de l'évacuation de la faculté rouge de Tolbiac. Sur la base de plusieurs témoignages, visiblement non vérifiés, le site affirma que cet étudiant gravement blessé avait été caché par les autorités.
En octobre 2014, Reporterre s'était mobilisé au côté des activistes altermondialistes entrés en lutte - encouragée par José Bové, député européen EELV et syndicaliste Confédération paysanne, Pascal Durand, député européen EELV, et Jean-Luc Mélenchon, député européen Parti de gauche - à Sivens contre la création d'un réservoir à usage agricole, lequel fait aujourd'hui défaut en plein réchauffement climatique... et, en octobre 2016, a causé la mort de l'écologiste radical Rémi Fraisse.
Particulièrement engagé au côté du mouvement 'Nuit debout', ce site était également aux côtés des Zadistes réfractaires de Notre-Dame des Landes contre l'aéroport Ayrault à Nantes.
Extinction Rebellion affirme la convergence autour de la question écologique

Le collectif pénétra dans le hall du centre commercial
vers 
10h, lança ses chants et déploya ses banderoles. 
Résultat de recherche d'images pour "Italie Deux Extension Rebellion"


Préparée en toute discrétion, le lieu et l’heure précises ayant été dévoilés au dernier moment, l'action s'est toutefois déroulée avec la complicité d'une certaine presse convoquée dont les journalistes ont été invités par le biais de canaux sécurisés. 
Lancement de l’action de blocage
dans le hall du centre commercial Italie 2
Autour de XR (Extinction Rebellion) qui compose l'essentiel des effectifs de cette opération, plusieurs mouvements cosignataires de la tribune précédemment évoquée et aussi variés que Youth for Climate de Greta Thunberg, le Comité Adama, du nom d'un délinquant franco-malien mort en refusant violemment un contrôle de police, Cerveaux non disponibles, site "autonome et indépendant" né de la censure ("shadow banning" : le blog PaSiDupes a ainsi préféré se mettre en veille sur FB plutôt que de subir sa discrimination) de la contestation sociale en France par Facebook dans la perspectives des campagnes municipales, ou encore, plusieurs groupes de Gilets Jaunes radicalisés sont présents
Médusés ou amusés pour certains, irrités pour la plupart, les passants continuent à déambuler entre les scènes de "dying" entravant  - pacifiquement" (!) - leur libre circulation et les chants anti-Macron, alors que les magasins qui venaient tout juste d’ouvrir commençaient à fermer.


Aux premières heures de cette opération non-violente de désobéissance civile, l’occupation pénalisante pour le commerce commence dans une ambiance très festive, mais certains participants, dont des lycéens sympathisants de Youth for Climate, appelés à la grève des cours chaque vendredi, ne se reconnaissent pas dans la radicalité des objectifs de XR : "Il faut souvent désobéir à ses parents pour désobéir au gouvernement. Mais on le fait pour une bonne raison : on veut embarquer le maximum de gens dans une révolution sociale et écologique." L’objectif, explique un membre de Extinction Rebellion, qui répond au pseudonyme de Soir, comme "Grand Soir" révolutionnaire", "c’est de mobiliser 3,5 % de la population pour bloquer le pays. Des études [?) ont montré que c’est la part de la population qu’il faut en général pour qu’un mouvement populaire entraîne un changement de système. C’est ce qu’il faut pour obliger le gouvernement à agir face au désastre écologique face auquel il reste inactif de manière criminelle."

Le homard, symbole politique fort
depuis la révélation des repas de gala
du couple de  Rugy à l'Assemblée
Dans la foule, on retrouve également des opportunistes : soit qu'ils tentent de noyauter le mouvement, soit qu'ils se constituent un contenu idéologique sans lien avec leur fonds de commerce originel, profitant de l'engouement actuel pour l'écologie alarmiste de l'urgence. Le lien avec les Gilets Jaunes, mouvement social plutôt représentatif de la France des petites villes et de la ruralité, transparaît dans le témoignage d'un quadra revêtu de fluo : "La convergence, c’est devenu l’évidence parce que ce qui fait du mal à l’humain fait du mal à demain, et vice-versa !" : les formules claquantes tiennent lieu de pensée. Quant à Assa Traoré, porte parole du Comité Adama – du nom d'un de ses nombreux frères, un délinquant mort en refusant un contrôle de police, lien PaSiDupes, elle tient un discours clairement politique et communautariste, chargé de haine, estimant que le monde écologique doit parler des quartiers populaires, mais aussi de l’Afrique et de l’Asie dont les populations sont et seront les premières victimes du système productiviste. "C’est important de dire que quand on parle d’écologie ou de violence policière, on ne peut pas le faire sans parler des quartiers populaires. Nous avons tous ce même système répressif face à nous : l’Etat, la police, les gendarmes, cette machine de guerre que nous avons en face de nous, c’est la même ! Nous sommes devenus soldats malgré nous, ils ont construit en nous des soldats, face à cette machine de guerre qui n’a ni sentiment ni états d’âmes ni remords. Mais cette machine de guerre, il faut la renverser."

Et cet appel à la violence se concrétise juste après 11h
La machine de guerre se met alors en place, se substituant à l'ambiance "festive" et pacifiste" puisque les manifestants résistent au siège du bâtiment par les forces de l’ordre qui tenteront de premières incursions légères aux alentours de 12h20, sans succès : le blocage semble alors pouvoir durer plusieurs heures.

Un centre commercial transformé en ZAD.
Les militants écologiques de XR commencent à déployer leur organisation auto-gérée des lieux. En plus de la réquisition des toilettes du théâtre de la ville de Paris, ils bricolent des latrines supplémentaires. Rapidement, aux côtés des boutiques fermées, on voit se dresser des étales de cookies avec de petits fours  (amenés pour l’occasion, ils prouvent que la stratégie de départ est bien de squatter les lieux), des distributions de vivres apportées du dehors par de petites trappes et portes dérobées prévues par la logistique : tout le monde est nourri gratuitement ou à prix libre. La commune libre d'Italie Deux a surgi en quelques instants.

Un atelier de préparation de sandwiches jambon beurre tartines pour les bloqueurs jouxte une librairie improvisée avec la présence des éditions du Goéland, depuis 1987 à Montrabé (31850, Haute-Garonne, PS), situées 8 rue de l'Ukraine à Toulouse et dirigées par Thierry Diaz. Le village de Montrabé est une heure de route d'Artigat (Ariège) où l'"Emir blanc" Olivier Corel (de son vrai nom Abdel Ilah Al-Dandachi, né à Oms il y a 72 ans), un islamiste radical syrien naturalisé français, recrute des djihadistes, dont les terroristes Sabri Essid et Fabien Clain, lequel qui revendique dans un communiqué audio les attentats du 13 novembre 2015 en France, qui ont fait 130 morts et 352 blessés.
A Italie Deux occupé, on vante "un texte critique de l’écologie du renoncement. On ne renonce pas, on créé un nouveau monde en détruisant l’ancien. L’écologie c’est des nouveaux lieux, de nouveaux liens. Ça marche pour une ZAD comme pour un rond-point où se rencontrent des êtres humains. On veut sortir d’une écologie un peu chiante pour amener une écologie plus souriante." Les sectaires rayonnent : "Jamais on a été autant d’écologistes dans un centre commercial [!], ni si longtemps, et c’est pas si nul que ça finalement !" s'exalte une jeune femme qui se fait recadrer par une autre. "Plus sérieusement, vu l’impact de la consommation sur le réchauffement climatique, c’était intéressant de venir bloquer un centre commercial aujourd’hui et montrer qu’on a pas besoin d’eux."

Mêmes les tags sont écologiques...

Chaque tag sur les vitrines est recyclé en ..."affichage" de la communication d’Extinction Rebellion. La presse sympathisante en perd tout sens critique et transmet son enthousiasme béat, applaudissant à l'établissement illégal d'une "petite Cité éphémère" avec ses institutions parallèles : très régulièrement, une assemblée générale se réunit au sous-sol pour traiter des affaires communes, des questions de principes aux enjeux les plus pratiques (gestion - contrôle - des entrées et sorties, élaborations de nouveaux messages - formatage des esprits - et de banderoles communes - "petit Livre rouge" - : leurs (grands-) parents maoïstes savent, quant à eux, qu'en 1966, lors de la révolution culturelle chinoise, les publications de ce type sur les murs  s'appelaient des "dazibao"...). A côté de l’Hippopotamus (appartenant au groupe Flo, détenu en majorité par le groupe Bertrand, entreprise française de restauration rapide propriétaire de la brasserie Lipp, mais aussi de Burger King France ou Quick) empêché de faire ses affaires, se déroule une pseudo assemblée où chacun est incité à débattre sur des sujets sélectionnés : un GJ syndicaliste y parle d’éco-féminisme ou une habitante de quartier populaire y dresse le constat du relatif manque de diversité sociale et ethnique du mouvement. Tout ce qui peut y être dit est de bon ton Vert, sur fond de battement de tambour et de chants anti-fascistes dans le lointain ou encore de cris "Extinction, rébellion !" en ponctuation.
Appropriation : une militante de XR rebaptise des lieux.
Sur le pourtour de la zone occupée du centre commercial aux mains des occupants écologistes, des commerçants inquiets pour leur chiffre d'affaires observent à travers une vitre comment évoluent les choses  ou échangent quelques mots par une grille. Ainsi, peu à peu se dresse un rideau de fer entre le monde libre et celui de la dictature écologiste. La fracture est palpable, lorsqu'aux alentours de 18h, les sentinelles écologistes annoncent l’arrivée de fourgons bleus en renfort des forces de l'ordre déjà présentes, autour du bâtiment. Retour aux réalités et à la lutte : la RIO (Rebellion Internationale d'Octobre) est un affrontement, une bataille de l’image et des corps pour l’occupation politique d’un espace.

Entre bataille de l'image et réalité de terrain s'invite la question de la violence

Finies les séances de méditation évoquant les prières de rues des musulmans ou les tartines, après huit heures de délires bobos, l'atmosphère se tend à la tombée de la nuit. 
Des bloqueurs en état de veille surgissent de part et d’autre de la zone occupéeau moindre mouvement des forces de l’ordre, la fébrilité des activistes entraîne de petits mouvements de foule anxiogènes. Des individus masqués et vêtus de noir anticipent les incidents à venir et  neutralisent les caméras.

Un débat s'ouvre sur la présence ou non de membres du 'Black bloc' dans Extinction Rebellion : leur violence est-elle utile au mouvement ? Le partage entre concept éthéré de violence et sa réalité crue reste ouvert à la discussion : "Si je frappe qui me frappe, suis-je violent ? Si je casse quelque chose qui casse le monde, suis-je violent ? Si je dessine ou j’écris sur ce qui n’a aucun sens, suis-je violent ? Personne n’a la même réponse." 

Si la non-violence est un enjeu si important pour XR, explique l'un des activistes, "c’est qu’on a besoin d’un certain seuil de population qui nous soutienne si on veut pouvoir battre le gouvernement. Et on a besoin de la non-violence pour conserver une bonne image. C’est une bataille de l’image et si on la perd, il nous arrivera la même chose qu’aux Gilets Jaunes." 
Le libraire déjà cité s’exprime cette fois  en son nom propre : "On n'a pas de ligne politique aux éditions du Goéland, mais on met à disposition un texte qui dit 'Comment la non-violence protège l’Etat'... La désobéissance civile oui, mais ce n’est pas la question qu’elle soit violente ou non-violente. Moi, je suis favorable à une convergence entre les différentes stratégies de désobéissance civile. Pour détruire le système, la désobéissance civile est nécessaire, la non-violence a une utilité certaine qui fait venir les gens en nombre, mais il faut articuler les différentes tactiques."

"On ne négocie pas avec les pyromanes"
A 20h, la question de la violence ou de la non-violence n'est pas tranchée. On repense à 'Hommage à la Catalogne' de Georges Orwell. L'auteur qui s’est engagé aux côtés des milices anarchistes espagnoles contre Franco, se retrouve plongé dans une guerre longtemps dénuée d’affrontement et d’héroïsme et Orwell regrette que cette "guerre manque si cruellement de vie". 

Soudain, une 'street medic' -dont on nous dit qu'ils sont neutres - interrompt une AG pour expliquer que son talkie-walkie capte la fréquence des unités de gendarmerie (!) et qu'elles ont reçu l'ordre de se regrouper avant l’assaut. A leur tour, les bloqueurs se rassemblent et forment des groupes compacts, debout ou assis, autour des points d’accès au bâtiment afin d’empêcher l'intrusion des forces de l’ordre.


Stratégies en débat.
20h30 : des membres des forces de l’ordre viennent tenter de débloquer une grille séparant la partie du centre commercial occupée par les jeunes suiveurs d' Extinction Rebellion et ses alliés. 

VOIR et ENTENDRE
le compte-rendu vidéo du Huffington Post, assorti du commentaire "Le mouvement écologiste Extinction Rebellion a mené une action coup de poing, baptisée "Dernière occupation avant la fin du monde" :
Un autre groupe des forces de l’ordre tente une incursion simultanée par une porte dérobée et oubliée des activistes écologistes. Rapidement les jeunes gens de XR amorcent un mouvement stratégique de recul sous le choc : une question de stratégie et d'image. Ce sont des membres plus aguerris d’autres collectifs moins identifiables qui vont au contact. Les squatteurs sont abondamment aspergés de gaz lacrymogène. 
A la porte, des jets de mobilier urbain maintiennent les policiers à distance et les activistes ont finalement le dernier mot, puisqu’ils parviennent à bloquer l’issue après environ une demi-heure d’affrontements. De l’autre côté du centre commercial, les forces de l’ordre ne parviendront pas non plus à débloquer la grille et partout ailleurs, elles renonceront à intervenir devant le dispositif de blocage des membres de XR. La plupart des unités se replieront après cet échec.




La porte principale reste bloquée à l’issue de l’affrontement avec les forces de l’ordre.
La pluralité des modalités tactiques de désobéissance civile des différents mouvements et collectifs présents auraient assuré le succès de cette action coup de poing. Nos écolos estiment que, comme dans les écosystèmes, c’est la diversité qui fait la résilience, la résistance et la pérennité du milieu. Peu importe donc que des espèces disparaissent, si une certaine biodiversité est maintenue. En somme, la sélection naturelle est bonne, en milieu écologiste, si les survivants sont Verts.  
Le débat sur le sujet de la compatibilité entre ces différentes modalités d’action, au sein de XR, et entre XR et ses alliés, reste ouvert: le dossier n'est pas refermé. Se pose également la question de l'impact d’une telle action sur l’opinion publique, car si elle excite ses participants lycéens et étudiants, elle irrite aussi les adultes responsables. Une telle action de force - même médiatisée par des journalistes de l'information continue en mal de buzz -  est-elle de nature à favoriser la massification de la peur pour la planète ? Le ressenti du  public face au sentiment hystérique de l'urgence climatique est plus que mitigé: d'une part, la psychose verte ne dépasse pas le microcosme des collectifs militants, et d'autre part, l'instrumentalisation des jeunes pour stigmatiser leur parents et les entreprises crée un mouvement de rejet de cette dictature ajoutée à celle des juges ou celle des media.

Les bloqueurs bloqués s'angoissent bientôt. 
Ils poussent le volume sonore de leurs chants à travers un centre commercial Italie 2 désertés par les salariés. Un militant de XR se prend à rêver : "la RIO, ça peut être un déclic, parce qu’avec plusieurs jours d’actions, la réflexion pourrait amener un nouvel élan. Parce qu’en bloquant un bâtiment avec un peu de monde, on montre que c’est possible de le faire partout ailleurs"... 
Les bloqueurs semblent désemparés par la patience des forces de police. Ont-ils le sentiment que cette victoire va être difficile à gérer ? Vont-ils devoir prolonger l'opération ? Plus personne ne semble savoir exactement ce qu’il convient de faire de ce lieu qui semble désormais encombrant.
 
Finalement, aux alentours de 4h30 du matin, il sera décidé de libérer ces lieux pourtant conquis sans gloire et de les rendre, faute de savoir comment tirer avantage de la victoire: les vides idéologique et de l'incertitude stratégique seront les nouveaux sujets de réflexion à mettre en débat pour assurer un avenir à ce mouvement de jeunesse qui se cherche.  
La convergence n'a pas fait long feu.

dimanche 7 juillet 2019

Jadot a pris le melon et Brossat doit lui rappeler ses origines

C'est l'histoire de la pastèque qui se fait passer pour un melon

"Rappelle-toi que tu es de gauche" ! 

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Le chef de file des communistes aux élections municipales à Paris, Ian Brossat, veut croire qu'EELV l'est resté. Il a tancé dimanche le leader écologiste Yannick Jadot, qui n'a pas exclu la veille des alliances avec la droite dans certaines villes.
"Je suis très surpris par les déclarations de Yannick Jadot, même si cette petite musique s'était déjà faite entendre aux européennes", a déclaré sur France 3 I. Brossat, qui a conduit, comme lui, la liste de son parti au scrutin du 26 mai (2,5%), où EELV a réalisé 13,5%, une percée habituelle aux Européennes, mais sans lendemains.

"Je ne pense pas que l'écologie soit soluble dans le libéralisme - car c'est produire n'importe quoi dans n'importe quelles conditions sociales et environnementales - et M. Jadot nous dit qu'on peut faire alliance avec la droite", s'est indigné le communiste pur jus de betterave.
"J'y vois une espèce d'opportunisme qui est à mon sens inquiétant", a asséné le candidat rouge à la Mairie de Paris, avant de souligner: "Moi, la droite, je l'affronte au Conseil de Paris, elle s'est opposée au tramway, à la reconquête des voies sur berges".

Jadot fait du pied aux incolores, inodores et sans saveur

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Lève-t-on maintenant le poing serré chez LREM ?
Invité samedi au "Festival des idées" dans la Nièvre où se rendait une partie de la gauche, Yannick Jadot (ci-contre) avait prôné le "pragmatisme" dans des municipalités "où vous avez des gens qui sont sans étiquette ou même divers droite".

"Majoritairement chez les écologistes, il y a un attachement à la gauche, a tenu à lui opposer Ian Brossat, et dans la plupart des villes que dirige la gauche, il y a des écologistes".
Interrogé sur l'éventualité d'une alliance d'EELV avec LREM aux élections à Paris, l'adjoint au Logement d'Anne Hidalgo - qui compte EELV dans sa majorité parisienne -, a assuré: "Pour être en contact régulier avec les écologistes parisiens, je ne sens pas du tout cette tentation; j'ai l'impression que Jadot est isolé sur cette ligne, heureusement." Pas de quoi en faire un flan ?

La seule ligne possible pour la maire sortante "c'est le rassemblement de la gauche dès le premier tour", insiste Ian Brossat, et les communistes veulent y participer : c'est pour eux une question de survie.

Jadot a déclaré qu'il est favorable "à la libre entreprise et l'économie de marché," s'attirant les critiques d'une partie de la gauche dès la campagne des européennes.
Dans un entretien avec Reporterre, le 14 mai, il avait précisé son propos, se disant contre le "capitalisme financier" et contre un "libéralisme prédateur sur l'environnement, les femmes, les hommes, les animaux et sur l'économie", même s'il est pour la "liberté d'entreprendre" et reconnaît l'existence du "marché".

La députée européenne LFI Manon Aubry s'alarme, jugeant "inquiétants" les "signaux donnés par Yannick Jadot": "alliances locales avec la droite, acceptation de l'économie de marché". La question écologique "ne peut et ne doit pas se fondre dans une pensée libérale et doit s'accompagner de la justice sociale", a-t-elle souligné.

Ministre délégué au Développement de Hollande et Ayrault, puis directeur général du WWF France en 2016, Pascal Canfin,  membre du Haut Conseil pour le climat par la grâce de Macron en 2018, ci-contre, était déjà n°2 sur la liste présidentielle aux Européennes.

Questionné sur la compétition pour désigner le candidat LREM, dans laquelle Benjamin Griveaux et Cédric Villani se préparent à un duel fratricide, Brossat a asséné: "C'est bonnet blanc et blanc bonnet! Ce ne serait pas un maire mais un préfet, qui ne serait pas là pour défendre les parisiens, mais pour défendre le président de la République".

dimanche 3 février 2019

Foulards rouges : qui est à l'origine du détournement parodique sur BFMTV ?

Castaner est-il l'auteur de l'infox annonçant 500.000 "foulards rouges" ?...

BFMTV a diffusé une vidéo toxique supposée rendre compte d'une manifestation de 'foulards rouges' (des pro-Macron honteux qui n'avouent que leur opposition aux violences en marge de mobilisations pacifiques).
Résultat de recherche d'images pour "500000 Foulards rouge"
Ce document n'est dû ni à BFMTV, ni aux Foulards rouges : alors ?
Parce qu'ils ne vérifient pas leurs sources (que par ailleurs ils protègent, notamment de la concurrence !), et qu'ils ont le jugement brouillé par leurs partis-pris , les journalistes macroniens de la chaîne privée - des pros !-  se sont fait rouler dans la farine.

Mais le ridicule n'a encore pas tué BFMTV ce dimanche 27 janvier. Il ne s’agit  même pas d’un montage grossier, mais en fait d'une attribution mensongère et grotesque destinée à faire rire. Cette vidéo n’a même rien à voir avec la France, puisqu'il s'agit d'une manif d'étudiants à Cagliari. C'est dire...
En voulant ridiculiser la presse, l'auteur ne s'y serait pas pris autrement et c'était justement son intention.

Les professionnels du décryptage ont bondi les yeux fermés sur l'occasion de magnifier la mobilisation des soutiens à Macron et sa bande. Ils se sont fait mystifier comme des bleus puisque les moqueurs ont collés des propos inventés de Christophe Castaner, plus énormes que ce qu'il peut produire dans son état normal à l'heure du pastis. Et là, il a dépassé son seuil d'incompétence depuis plusieurs semaines, n'en déplaise à l'auteur de ses prises de parole qui ne connaît pas plus d'une figure de rhétorique, celle qu'on croyait usée jusqu'à la corde par Hollande, l'anaphore (vous savez : "Moi, président de la République", répété ad nauseam)…
La video annonce le chiffre fantaisiste de 500.000 manifestants, preuve à l'appui, visuelle imparable, surtout vue du haut d'un immeuble et non pas à hauteur de tête. Las, les images montrent quelques pelés et un tondu, de ceux qui ne diffèrent pas en Sardaigne et en France.

Ainsi, la préfecture se serait emmêlée les boules de son boulier - une première ?- en comptant autour de 10.000. Dans les dizaines de milliers de partages et commentaires, de nombreux internautes jouent le jeu, dénonçant une presse hors sol et une "propagande merdiatique toujours plus absurde" ou la "corruption des media" qui reprend servilement une "manipulation" du ministre de l’Intérieur. 
Seuls les amateurs ont repéré la supercherie, les internautes, à la différence de la fine fleur de la chaîne du franco-israelo-libanais Patrick Drahi, cinquième homme le plus riche de France et détenteur de plusieurs organes de presse, dont Libération, L'Express, en plus de BFM TV et RMC. Cette élite contemptrice de twittos se donnera l'excuse de travailler en temps réel, la tête dans le guidon..., juste un peu soucieuse de buzzer avant l'autre, sans aucunrespect des "gens" auxquels ils prétendent expliquer la vie.

Il aurait suffi de visionner le document avant de le balancer...
S’il est difficile de savoir qui est à l’origine de cette vidéo (une des premières occurrences qu’on trouve sur Facebook remonte à dimanche en début d’après midi), elle est devenue virale après avoir été partagée quelques minutes plus tard par une page Facebook intitulée "Info Libre" et qui a pour titre : "Vouloir Savoir - Oser Dire". Plutôt populaire (elle compte près de 300.000 abonnés et plus de 500.000 vues de plusieurs de ses publications récentes), elle se présente comme une "source d’information alternative libre et indépendante de France" avec pour devise : "A l’ère de l’information, l’ignorance est un choix… et l’indifférence est un crime !" 
Aucune information n’est donnée sur ses auteurs et aucun lien avec un site Internet en particulier n'est fourni (même si elle porte le même nom que ce site, qui n’est plus alimenté depuis 10 ans). Tout juste sait-on que deux personnes l’administrent depuis la France, puisque Facebook donne (depuis peu) accès à ces informations. Clairement, ces deux hommes ne sont pas protégés par des syndicats, ni par des chartes de déontologie faites pour être impunément violées, ni par la solidarité de la profession, quoi qu'il arrive, quelque soit les turpitudes de la profession. Ils doivent se dissimuler pour ne pas disparaître au nom de la liberté de la presse politiquement correcte et subventionnée (tel est le cas du JDD (groupe Lagardère : édition, Elle ou Paris Match et Europe 1) ou des Echos (pôle media de LVMH, famille Arnault : champagne, Cognac, Dior, Kenzo ou Bulgari et Le Parisien, etc) 

Son logo a été emprunté au site d’information espagnol de gauche Infolibre (qui dispose d’un partenariat avec Mediapart, site révolutionnaire trotskiste). La bannière de la page renvoie vers un collectif de "médias libres" (la Coordination permanente des médias libres, CPML) qui regroupe plusieurs media indépendants proches de la gauche et de la gauche extrême comme Acrimed, Politis, Fakir ou Reporterre. Mais la page Facebook "Info Libre" ne semble pas en faire partie puisqu’elle n’est jamais citée sur le site de la CPML.

Alors que publie cette page ? 
Ces derniers jours, les publications sont variées, entre contenus d’information (inspirés de plusieurs media), appels à la grève et montages humoristiques, par exemple. Quasiment toutes les publications ont un point commun : elles sont pro-gilets jaunes et anti-Macron, ce qui change de la presse institutionnelle et pareillement partisane. 
Et pour viser le président de la république, la page Facebook se montre trans-partisane : elle pioche aussi bien dans des contenus publiés par Le Media, émanation de La France Insoumise, comme avec cette interview de la sociologue d'extrême gauche Monique Pinçon-Charlot, que de ceux publiés par TV Libertés, webTV d’extrême droite qui recevait récemment l’ancien du FN Jean-Yves Le Gallou. Un trait d'union entre les oppositions à Macron sans idéologie sectaire, qui est tenue depuis le début du mouvement trans-partisan des Gilets jaunes.

Maduro, ça va, mais Salvini, "ça fout des frissons"...

Avant l'éruption sociale incarnée par les Gilets jaunes, la page Facebook avait au contraire une ligne très claire.
Quelques années en arrière, il apparaît  que la page pouvait aussi bien défendre une ligne politique proche de l’extrême droite identitaire. En 2017, la page Facebook qualifiait ainsi la députée insoumise Danièle Obono de "cosmopolite […] prioritaire pour la ré-émigration" (une réaction que son comportement urticant pouvait en partie expliquer). La page multipliait à l’époque les contenus anti-migrants ou ouvertement islamophobes, ce qui ne devrait pas être une hérésie dans une authentique démocratie, et partageait les vidéos de figures de l’extrême droite comme les Youtubeurs Aldo Sterone (pseudo d'un Algérien vivant à Londres et critique du gouvernement français et de l’islam prosélyte), aussi bien que Paul Joseph Watson, un Britannique irrité par l'internationalisme. 

Les camarades de Mediapart "Info Libre" partagent également régulièrement des contenus qualifiés de complotistes, comme une vidéo qui prétend que l’attentat de Nice du 14 juillet 2016 ferait "partie d’un rituel sacrificiel". Ce n'est pourtant pas une création de l'esprit de dire que l'Etat islamique exhorte ses partisans kamikazes à faucher les piétons au moyen de camions dans les rues bondées : on l'a vu à Londres, Strasbourg ou Nice. 
Comparer les photos et voir
quelle exploitation en est faite par le NPA
Depuis la création de la page, un autre sujet revient systématiquement : Vladimir Poutine, présenté sous un jour favorable, ce qui contraste avec la diabolisation dont il est l'objet en France, comme Trump (Parti républicain) qui a pour tache originelle d'avoir écarté Hillary Clinton (Démocrate). Ni Le New York Times, ni le Washington Post ne s'en est remis : tous deux lui vouent une haine tenace, dupliquée par la presse sous anesthésie profonde du "politiquement correct".

Ainsi, en novembre dernier, juste avant l’acte 1 de la mobilisation populaire aux ronds-points, pour la défense du pouvoir d'achat, la page Facebook partageait en revanche une vidéo du ministère de l’Intérieur nationaliste Salvini démocratiquement désigné par les électeurs, avec pour commentaire "ça fout des frissons". Quelques jours plus tôt, elle prenait le parti des abandonnés de la macronie, en dénonçant le fait que Macron cherche à donner "plus pour les migrants, moins pour nos retraités", un raccourci saisissant destiné à éveiller les consciences. Dans le même temps, la page pointait également les contenus ouvertement hostiles à Jean-Luc Mélenchon et à la France Insoumise


Une preuve un peu légère, en fait, si on songe qu'en 2018, l'association anti-corruption Anticor - qui ne peut être accusée d'extrémisme droitier ! - a "déposé une plainte contre X visant les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon. (Le 8 juin, une autre association, le Front républicain d’intervention contre la corruption (Fricc), a annoncé son intention de porter plainte, auprès du Parquet de Paris, pour "financement illégal de campagne électorale", visant Emmanuel Macron. Sait-on ce qu'il est advenu ?)

Avant de publier ces contenus, la page avait toutefois adopté encore un autre ton : les premières vidéos partagées, qui avaient rencontrés un franc succès, portaient sur la souffrance animale ou les ravages de la pollution.

En somme, cette page aborde tous les sujets avec un oeil critique qui dérange les media institutionnels et leurs inspirateurs, réussissant ainsi à se mettre tout le monde à dos. Les déviants n'ont pas bonne presse...