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dimanche 18 août 2019

Pénuries de médicaments en France : son ministre de la Santé est une pharmacienne...

Pendant l'alerte par les médecins, la ministre est en vacances

Une tribune de médecins appelle à relocaliser la production des principes actifs contenus dans les médicaments

Buzyn ne peut ignorer le risque sanitaire qu'elle fait courir aux Français
Résultat de recherche d'images pour "pénurie de medicaments"
Dès 2017, 538 signalements de rupture ou tensions d'approvisionnement ont été recensés en France par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), un record en France, contre seulement 44 en 2008. 
Mais c'est seulement le lundi 8 juillet 2019 que le ministère de la Santé a dévoilé le plan du gouvernement pour lutter contre la pénurie de médicaments en France. Agnès Buzyn [non pas pharmacienne, mais médecin : merci, ami lecteur! Je fais amende honorable..., bien qu'elle ait été collaboratrice de trois laboratoires privés avant 2011] a plaidé pour un meilleur partage de l'information et une meilleure gestion du "circuit du médicament", du fabricant jusqu'à à la pharmacie. Fort bien, mais qui dit plan, dit  projet et donc délai de mise en oeuvre. Avec l'espoir qu'il est adapté à la situation d'urgence. 

A la veille du retour de vacances du gouvernement, des professionnels de santé alertent, ce dimanche, sur une pénurie de médicaments de plus en plus fréquente en FranceLa ministre de la Santé n'a pas révélé son lieu de vacances mais a assuré qu'elle part "en France métropolitaine". "Je vais surtout rester très vigilante tout l'été; je vais rester joignable sur mon lieu de vacances qui n'est pas trop éloigné de Paris", a-t-elle indiqué au micro de... BFMTV.

Les signataires de la tribune mettent en cause notamment la délocalisation de la fabrication des principes actifs 
Visages réels de nos pharmaciens
Il ne suffit pas de jeter la suspicion sur les produits homéopathiques, une médecine parallèle d'appoint et de bien-être, mais aussi de soins, que les tenants de l'allopathie contestent, en ardents défenseurs de l'industrie chimique. Le professeur Jean-Paul Vernant et un collectif de médecins hospitaliers ont publié une tribune dans les colonnes du Journal du Dimanche, le 18 août. Ces professionnels de santé s'insurgent contre le manque de dispositifs visant à  prévenir les pénuries de médicaments et la fréquence des pics de carence pharmaceutique.

"En 2018, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d'approvisionnement"  -contre  538 en 2017 - commencent par rappeler les signataires du texte."C'est 20 fois plus qu'en 2008 (44 signalements)", précisent-ils.

Un constat d'autant plus préoccupant que certaines ont concerné "des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l'hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux...", s'alarment les médecins. 

Ces médecins vigilants désignent la responsable
Certes Agnès Buzyn est prise en défaut, mais aussi la délocalisation de la production des principes actifs par les laboratoires pharmaceutiques. Cette tâche est confiée à des laboratoires de chimie basés en Inde ou en Chine, majoritairement. "La production des principes actifs de 80% des médicaments passés dans le domaine public a été  délocalisée,  pour des raisons de moindre coût, depuis plusieurs années," sur ces territoires, peut-on lire.

Or, la sous-traitance d'une partie de la fabrication des médicaments favorise la survenue de pénuries, selon les professionnels qui appellent ainsi à relocaliser ces activités.

Les signataires de la tribune préconisent, enfin, la constitution de stocks dans les laboratoires pharmaceutiques, qui fonctionnent actuellement en flux tendus, et la création d'un établissement pharmaceutique non lucratif.

Une version définitive du plan annoncé en juillet est prévue pour septembre.
French Health Minister Agnes Buzyn calls for “accelerating the pace” to raise at least $14 bn to fight the 3 major pandemics with Global Fund.
 En février 2019, Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, était à New Delhi pour représenter la France à la conférence préparatoire de reconstitution du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Les "grandes orientations" floues évoquées par Buzyn ne constituent qu'"un point de départ", de son aveu même, et seront enrichies des propositions des acteurs concernés, pour aboutir à un plan définitif en septembre, précise la ministre dans le document présentant cette feuille de route.

Cyniquement, cette ministre de la Santé avait pourtant froidement observé fin mai que
"plus d'un Français sur quatre affirme aujourd'hui avoir été en difficulté pour acheter un médicament courant. Entre 2008 et 2018, c'est près de vingt fois plus de pénuries signalées".
"On voit bien", nous diront les députés bavards à l'étiage de twittos-militants de LREM, que le dossier est sur la table, que les ministres sont au travail et qu'il n'y a pas le feu au lac : "ils sont au contact des gens" et "il faut raison garder", n'est-ce pas? 
Le 1er avril 2013, la Cour suprême indienne avait rejeté la demande de brevet déposée par le laboratoire suisse Novartis pour son médicament anticancéreux Glivec : "pas assez inventif". Les laboratoires occidentaux qui disent avoir de plus en plus de mal à faire respecter leur propriété intellectuelle cherchent "en même temps" à faire produire leurs médicaments à bas coût.Déjà, mercredi 12 décembre 2012, le Bureau indien des brevets avait annulé la protection d’un médicament contre l’asthme conçu par Merck. Il favorisait du même coup le fabricant indien de génériques Cipla qui peut ainsi inonder le marché de copies à bas prix du médicament de l’américain. Trois mois plus tôt, c’est un autre suisse, Roche, qui faisait les frais de l'intransigeance indienne. Depuis son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2005, l’Inde a pourtant entériné des règles de protection des brevets. Y compris pour les médicaments. Mais son interprétation diffère de celle des pays occidentaux...
Buzyn va devoir laisser son empreinte écologique et se rendre en Inde, tout en restant joignable. D'ici qu'elle ne nous revienne pour assurer qu'en réunion de travail, elle et son équipe ne se nourrissent que d'une aile de poulet au 'tandoori'...  

vendredi 11 mars 2016

Préconisée par Hollande, la surtaxe des CDD ne satisfait personne

"Une très mauvaise nouvelle pour les entreprises et les salariés" 

La dernière du pouvoir socialiste, sous la contrainte


Sous la pression de la gauche en révolte contre son projet de loi Travail, Hollande fait gronder les entrepreneurs.  
Le gouvernement veut répondre à la révolte contre l'ex-loi El Khomri, rebaptisée loi Travail, par une surtaxation plus forte des CDD au risque d'ouvrir un nouveau front du côté des créateurs d'emplois.

La piste n'est certes pas encore officielle, mais le gouvernement qui menaçait de passer en force, avec l'article 49.3, est entré de force dans la négociation et par les acteurs politiques de gauche et par la rue, au lendemain d'une mobilisation de lycéens et étudiants.

Hollande recule et Valls envisage une piste nouvelle: surtaxer davantage les CDD 

L'exécutif mise sur la surtaxe des CDD de courte durée pour les rendre moins attractifs. Il pense inciter ainsi les entreprises à recruter en CDI. "C'est sorti du chapeau du gouvernement hier (mercredi 9), réagitla CGPME. Je ne comprends pas très bien pourquoi le gouvernement vient mettre les pieds dans ce sujet, qui relève de la négociation sur l'assurance chômage menée actuellement par les partenaires sociaux," souligne François Asselin.

"Le sujet a toute sa place dans les débats," selon la ministre du Travail 
"Cette question est posée sur la table. La proposition existe. C'est en corrélation avec le projet de loi", a-t-elle confirmé, toujours aussi déphasée, jeudi 10 mars sur France Info
La surtaxation des contrats courts existe déjà depuis 2013 et la loi de sécurisation de l'emploi : plus le CDD est d'une durée réduite (moins d'un mois), plus les cotisations sont élevées (+3%). 
Mais le gouvernement semble vouloir aller plus loin. 
Pour François Asselin, cette piste est une erreur. "J'y vois une très mauvaise nouvelle pour les entreprises et pour les salariés, poursuit-il. Ce n'est pas comme ça, en augmentant le coût du travail, qu'on va signer plus de CDI, croyez-moi, fait valoir cet homme de terrain face aux technocrates de Bercy. 
"Il y a des activités purement saisonnières ou avec des pics d'activité qui nécessitent des contrats à durée déterminée, explique-t-il. Les taxer encore plus ne conduira pas au CDI mais à la sous-traitance," met-il en garde.

Dans un communiqué, le syndicat des petites et moyennes entreprises,
la CGPME, fustige même "la foire aux idées qui semble ouverte pour dénaturer ce texte". 

Au MEDEF, on balaie la question. "Ce sujet ne regarde pas le gouvernement mais les partenaires sociaux, qui n'en sont qu'au début de leur négociation, estime-t-on en début d'après-midi.
Sur le fond de la mesure, taxer n'a jamais créé d'emplois et ce n'est pas le moment pour le gouvernement de changer son fusil d'épaule", estime le patronat, qui a déjà opposé une fin de non-recevoir à cette proposition lors des discussions entre partenaires sociaux. "L'enjeu, c'est de débloquer les embauches en CDI et ça ne se fera pas en taxant davantage les contrats à durée déterminée, qui sont liés à un manque de visibilité, à une peur de l'embauche. On ne fera que l'accentuer en brandissant cette menace de surtaxation", selon ce représentant du Medef, qui maintient qu'il ne s'agit pas de la bonne recette. 

Le ton est monté dans la soirée. 
En déplacement au Maroc, Pierre Gattaz a dit tout le mal qu'il pense de cette piste de travail. "Si on veut totalement asphyxier l'économie française, taxons les contrats courts", a-t-il prévenu, invitant plutôt à "baisser la fiscalité sur tous les types de contrats". "Il faut arrêter de penser en France que la solution passe par l'augmentation des taxes, des cotisations. Il faut inciter et non pas démotiver, je ne pense pas que ce soit une bonne solution du tout", a-t-il conclu. 

L'opposition est contre, les syndicats sont (plutôt) pour

Côté syndical, à la tête de tous les autres, la CGT réagit favorablement.
Le syndicat d'extrême gauche le réclame depuis longtemps: la CGT en a fait une de ses propositions phares dans le cadre, d'ailleurs, de la négociation sur la nouvelle convention Unedic.

Le syndicat ouvrier voudrait frapper fort.
La CGT a même proposé une très sévère  sur-cotisation de 12,40%  pour les CDD de moins d'un mois, de 10,40% pour ceux de un à deux mois, et de 8,40% pour les CDD de deux à six mois. En s'attaquant à cette question, le gouvernement outrepasse un peu son champ de compétences, observe Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO). "La surtaxation des CDD, ce n'est pas son problème. Ca relève de la négociation patronat-syndicats qui est en cours, donc ce n'est pas au gouvernement de trancher là-dessus", a-t-il affirmé jeudi 10 mars. 
"Le gouvernement est embêté sur un projet de loi et il cherche une solution qui n'est pas de sa responsabilité, ça montre bien qu'il est un peu gêné aux entournures. Cela fait dix ans qu'on demande qu'il y ait une sur-cotisation patronale quand il y a ce qu'on peut considérer comme un abus d'utilisation de CDD", développe-t-il, plaidant en faveur d'un système de bonus et de malus. "Ce n'est même pas une question financière, à la limite; c'est aussi pour changer les comportements des employeurs. La grande nouveauté, ce sont les CDD très très courts; c'est ça le problème." 

Côté politique, en revanche, les réactions de l'opposition ne sont guère favorables à la mesure. 
Pour Luc Chatel, président du Conseil National du parti Les Républicains, il s'agit même d'un "contresens". 
Un avis partagé par le député des Hauts-de-Seine Jean-Christophe Fromantin. "Cette option ne laisserait (aux entreprises) comme marge de souplesse que le recours à l'intérim qui a le double désavantage d'être une forme de travail très précaire et de leur coûter très cher. Notons enfin que les majorations de cotisations déjà applicables aux CDD n'ont eu aucun effet pour limiter leur développement", estime ce patron d'une société de services et de conseils pour l'import-export qui, avec un groupe de personnalités, Jean-Christophe Fromantin (ex-UDI) a lancé, en mars 2012, la candidature de la France pour l'exposition universelle de 2025 au Grand Palais.

jeudi 27 août 2015

Main d'oeuvre Rom 'low cost' pour l'université d'été PS de La Rochelle

C'est la faute du sous-traitant de Cambadélis...

Le sous-traitant du PS employait des étrangers "détachés"...
Le pouvoir socialiste s'est lancé dans une chasse à la fraude,
 celle des autres
Le sénateur David Assouline joue l'indignation. Pour tenter d'éteindre la polémique sur l'emploi de travailleurs détachés le Parti socialiste charge un sous-traitant du "prestataire le mieux disant" choisi pour  l'organisation de son université d'été. Le travailleur détaché est une personne qui est "délocalisé" à l’étranger par son employeur. L'affaire ne sera étouffée que si la presse la plonge dans l'oubli.

La révélation de la pratique des vertueux donneurs de leçons fait tache.
L’université d'été du parti socialiste débute en effet vendredi à La Rochelle. Dix salariés roumains sont employés pour la mise en place du mobilier et le nettoyage, a fait savoir France Bleu La Rochelle jeudi matin. Le parti socialiste a confirmé l'information, dégageant sa responsabilité en stigmatisant un sous-traitant de GL Events, le prestataire chargé de l'organisation de l'université d'été du PS.pas  après vérification. 

Le PS se flatte d'avoir aussitôt rompu le contrat...

C'est par communiqué que le parti de l'"audacieux" président de la République exemplaire a assuré avoir "immédiatement demandé des explications" sur l'importation de main d'oeuvre étrangère alors que l'inversion de la courbe du chômage tarde à venir après trois ans de promesses.

Le PS se donne le beau rôle 
"Si, dans un premier temps, il a été indiqué au régisseur que les salariés visés n'étaient pas en situation de détachement, les nouveaux éléments fournis ne laissent plus de doute sur cette réalité", est-il ensuite précisé. "En conséquence, le Parti socialiste a exigé du prestataire qu'il rompe son contrat avec ce sous-traitant, ce qui a été fait dans la matinée de ce jeudi", affirme le parti qui se dit "socialiste", une fois pris la main dans le sac.

Indigné, le Parti de gauche ironise
Peu avant le communiqué du PS annonçant la fin du contrat avec Trepte Events, le sous-traitant ayant eu recours à ces travailleurs détachés, le Parti de gauche a publié une réaction indignée."Plutôt que d'exploiter des salariés roumains et de mettre en œuvre lui-même la directive européenne sur les salariés détachés et la concurrence libre et non faussée entre les travailleurs, nous conseillons (au PS) de compter sur ses forces militantes pour organiser son université d'été", ironisait le PG dans un communiqué.

Le patron de GL Events, Olivier Ginon, a vu sa fortune personnelle (401e en France) grimper de 105 M€ en 2014 à 130 M€ en 2015, soit une embellie de 23.81% sur moins d'un an, sans probablement rien devoir à l'arrivée du PS au pouvoir. GL Events n'est pas Bygmalion, mais ça y ressemble. 
Quant à Trepte Events, c'est une entreprise basée à Brasov (B-Dul Eroilor Nr 3a, +40-546244) à Brasov en... Roumanie ! Les vierges effarouchées du PS ne manquent donc pas d'aplomb.

Qu'est-ce que le travail détaché dans l'UE ?

Un travailleur est considéré comme "détaché" s'il travaille dans un Etat membre de l'UE, parce que son employeur l'envoie provisoirement offrir sa force de travail dans cet Etat membre.
Les cotisations sociales appliquées sont celles du pays d'origine. Ce qui, concrètement, permet à un employeur d'embaucher des travailleurs à moindre coût dans des pays aux cotisations sociales bien plus élevées.

Montages frauduleux et dumping social

"Le contournement de ces règles s'accroît en France", déplorait fin 2014 dans Le Monde le ministre du travail en exercice (?), Michel Sapin, à cause, notamment, "des montages frauduleux de plus en plus sophistiqués", ce qui conduit à une forme de "dumping social".

Le gouvernement de François Hollande en avait fait une des priorités de sa politique européenne, espérant (!) que les Vingt-Huit seraient capables de se mettre d'accord pour renforcer la directive sur le détachement de travailleurs d'un pays à l'autre du continent, qui concernerait 1,5 million de personnes dans l'Union européenne.

jeudi 24 avril 2014

Bangladesh: plusieurs ONG portent plainte contre Auchan dans le drame du Rana Plaza

Auchan exploitait les travailleurs victimes du drame du Rana Plaza, au Bangladesh

Le
 cache-misère de la sous-traitance
L'enseigne de grande distribution française est dans la ligne de mire de plusieurs ONG, révèle Le ParisienEn sous-traitance, Auchan aurait fait fabriquer des vêtements dans cet immeuble qui s'est effondré le 24 avril 2013.

C'était il y a un an jour pour jour. Le Rana Plaza, un immeuble qui abritait des ateliers de confection, s'effondre à Dacca (Bangladesh), tuant 1.138 ouvriers et blessant 2.500 personnes. "J'ai eu la hanche brisée et je ne peux plus me tenir debout", raconte Kohinur, une rescapée rencontrée par France 3. Handicapée à vie, elle n'a touché que 310 euros d'indemnités versées par le gouvernement.
 
Seules 10 des 28 marques internationales concernées ont accepté d'indemniser les victimesUn an après, plusieurs clients de ces ateliers, qui fournissaient une trentaine de marques occidentales, restent dans le viseur des ONG.

Une plainte contre l'enseigne de grande distribution française Auchan 

Que reproche-t-on à Auchan ?
Les associations Sherpa, Peuples solidaires et le collectif Ethique sur l'éthiquette vont déposer jeudi 24 avril.

Dans les décombres du Rana Plaza, des étiquettes de la marque de vêtements In extenso d'Auchan ont en effet été retrouvées. Mais l'empire de la famille Mulliez refuse de participer au fonds d'indemnisation des victimes, arguant avoir été "victime de sous-traitance dissimulée". "Nous n'avons aucun lien direct ou indirect avec les entreprises travaillant sur le site", assure un porte-parole du groupe.

En face, William Bourdon, le président de Sherpa, dénonce dans le quotidien "une formidable opération d'enfumage des consommateurs". "Ils ont rompu tout lien avec le fournisseur qu'ils soupçonnaient", abonde Fanny Gallois, du collectif Ethique sur l'étiquette. Les associations poursuivent Auchan pour des "pratiques commerciales trompeuses".

Que font les autres entreprises ?

Auchan n'est d'ailleurs pas la seule entreprise dans le déni. Carrefour nie également sa présence. A l'inverse, la marque Britannique Primark a été la première à se mobiliser, apportant 12 millions de dollars (8,7 millions d'euros), rapporte Le Monde. 

D'autres marques étrangères ont versé au fonds d'indemnisation, selon l'OIT, notamment les sociétés américaines Gap, Wal-Mart, espagnoles Inditex (Zara), El Corte Ingles, Mango, française Camaïeu, l'enseigne à bas prix allemande KIK, le danois Mascot, les britanniques Premier Clothing et Bonmarché, le néerlandais C&A, le canadien Loblaw… Au 4 avril, ces donations n'excédaient pas 15 millions de dollars, soit un peu plus du tiers de l'objectif attendu. Mais, en France, seule Camaïeu a décidé d'en faire autant.

VOIR et ENTENDRE un document consacré à la révolte populaire des salariés exploités par des marques occidentales au Cambodge ou au Bangladesh: 

Les conditions de travail ont-elles changé ?

La mobilisation des ouvriers et la mobilisation internationale ont permis quelques progrès. Le salaire des ouvriers du textile est passé de 30 à 53 euros par mois. 
Autre progrès, un accord international sur la protection incendie et sur la sécurité des bâtiments, à ce jour signé par 150 marques européennes. 
Depuis, des visites de contrôle sont prévues dans toutes les usines du Bangladesh. "Si cet accord avait été signé en 2011, des vies auraient été sauvées", estime le syndicaliste Kalpona Akter.

 

mardi 12 février 2013

Réseau de travail au noir démantelé en France

Les Bouches-du-Rhône, plaque tournante de la fraude

Dans ce département socialiste vertueux, on travaille plus pour payer moins 

Le réalité dépasse la propagande
Plusieurs sociétés de montage de serres agricoles avait monté un vaste réseau de travail clandestin.
Il a été démantelé et ce n'est pas grâce à Jean-Noël Guérini, son président. Cinq dirigeants d'une société française sont entendus par la Police aux frontières (PAF) de Marseille, a annoncé mardi la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

Plusieurs sociétés immatriculées en Italie ou en Bulgarie employaient illégalement en France de nombreux ouvriers bulgares, macédoniens, bosniaques et serbes.

L'enquête, ouverte à Lyon au mois d'août 2011
Les dégats de l'idéologie
Le 22 janvier, une quarantaine d'enquêteurs de la police de l'air et des frontières (PAF) sont intervenus dans les départements de la Drôme, de la Haute-Savoie, du Maine-et-Loire, des Bouches-du-Rhône et du Tarn-et-Garonne.


L'enquête a permis de remonter jusqu'à une grosse entreprise française soupçonnée d'employer de 50 à 60 personnes, de façon illégale, sans titre de travail, via des "faux sous-traitants" italiens,  a révélé la commissaire Marjorie Ghizoli, directeur zonal adjoint de la PAF Sud-Est.

Ce système de sous-traitance qualifié de "pérenne" par les enquêteurs aurait permis à l'entreprise, leader européen sur son secteur, de "réaliser des marges plus profitables que celles qu'ils auraient pu espérer en respectant le droit du travail français".
Poncif de la gauche bien-pensante

"L'enquête a permis de voir que ces sociétés italiennes ne travaillent que pour cette entreprise française, en toute illégalité. Et surtout, tous les éléments laissent penser que le donneur d'ordre [l'entreprise française] ne pouvait méconnaître la façon dont ces sociétés italiennes travaillaient.

"L'enquête, poursuivie sur commission rogatoire par les policiers des Brigades mobiles de recherche zonale de Lyon et Marseille, (a mis) en évidence de nombreuses infractions au droit du travail: dissimulation d'activité et de salariés, prêt illicite de main d'oeuvre (...), etc.", explique la préfecture dans un communiqué.

Les dirigeants du groupe français, dont le nom n'a pas été révélé, mais qui est "très connu", selon la police, ont été entendus par la police, puis laissés libres à l'issue de leur garde à vue. Il s'agit du groupe Richel, implanté à Eygalières (source La Provence en date du 13 février).

"Les investigations démontrent également que, dans le cadre d'une fausse sous-traitance manifestement bien organisée, toutes ces sociétés italiennes de montage dirigées par des ressortissants de l'ex-Yougoslavie ont pour donneur d'ordre un seul et unique client : un groupe français implanté dans la région de Tarascon, leader européen de la fabrication de serres et d'équipements horticoles", précise-t-on de même source.


Quatre dirigeants des sociétés italiennes de sous-traitants ont eux été mis en examen par un magistrat de Tarascon (Bouches-du-Rhône), désormais en charge du dossier.

"Ce fut une enquête longue et complexe, avec des montages financiers et légaux compliqués", conclut la commissaire Ghizoli. "Mais au final, le but paraît simple: casser les prix".

Autres fraudes célèbres dans les Bouches-du-Rhône
Lien PaSiDupes - Fraude: délivrance de faux certificats médicaux pour des sans-papiers
Lien PaSiDupes - " Le 'collectif' mafieux des frères Guérini de Marseille"

mardi 21 août 2012

Fralib: Hollande, Ayrault et Montebourg braquent Unilever

Les éléphants socialistes sacrifient les salariés 
Unilever refuse une cession de la marque Eléphant 

Paul Polman, le directeur général d'Unilever  exclut de céder la marque de thé Eléphant et de faire travailler en sous-traitance la société que les salariés de l'usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône),  assure P. Polman dans un entretien au Figaro de lundi.

Or, ces deux conditions sont jugées essentielles par les ex-salariés du site marseillais pour assurer la viabilité de leur future société, mais refusée avec constance depuis le début par les dirigeants français du groupe.
Cette mise au point sans ambiguïté de P. Polman - "on ne fera pas plus", assure-t-il par ailleurs dans l'entretien - intervient à quelques jours de la réception à l'Elysée d'une délégation de salariés de Gémenos, le 31 août.

Unilever a souligné être sur la même ligne que les responsables de la filiale française, qui refusent la cession de la marque Eléphant et l'accord de sous-traitance. "L'équipe française a toute ma confiance", dit-il.

Pour le directeur général d'Unilever, "nous sommes maintenant arrivés à une solution responsable". "Nous avons montré pendant deux ans une véritable ouverture au dialogue. Le plan social a été validé par les tribunaux, nous avons offert à tous les salariés la possibilité de travailler sur l'un de nos autres sites en France aux mêmes conditions et nous avons cédé pour un euro symbolique des machines. Je suis convaincu que nous sommes allés bien au delà de nos obligations légales, cela a coûté très cher", souligne-t-il.

"C'est très clair, le dossier est clos", confirme Unilever

Et de pointer le gouvernement: "si la France ne respecte pas ses lois, cela fera peser un risque sur les investissements en France".

Pour Olivier Leberquier, délégué syndical CGT de l'usine Fralib de Gémenos, les démarches des salariés "ont obligé Unilever à sortir du bois". "Si Paul Polman prenait le temps de nous écouter, de se pencher sur la nature exacte de notre projet, il changerait peut-être d'avis", a-t-il accusé.

Il souligne par ailleurs que le directeur général d'Unilever vient d'être désigné, en tant que "pionnier du développement durable", pour figurer dans un panel des Nations Unies chargé de définir l'agenda de développement pour la période suivant 2015.

Montebourg et Touraine ne carburent pas à la tisane

Or, "il y a dix ans, la verveine et la camomille utilisées pour les infusions venaient de Provence, mais Unilever a cassé ce système pour faire venir les plantes d'Europe de l'Est", s'indigne M. Leberquier, qui assure que P. Polman ne connaît pas tous les éléments du dossier.

En mai, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, en visite sur le site de Gémenos, avait prétendu qu'Unilever acceptait de reprendre les négociations sur des scénarios de reprise, dont le plan B  projet alternatif.

L'usine, qui a cessé de produire à la fin du mois de juillet 2011, est toujours occupée par une partie des salariés.