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mercredi 5 septembre 2012

Fralib: la communauté urbaine PS de Marseille se jette sur les dépouilles

Les terrains et l'usine Fralib achetés par la communauté urbaine de Marseille
Le président socialiste a finalisé l'acquisition des terrains et bâtiments de l'usine Fralib à Gémenos 
Marseille Provence Métropole (MPM) "avait exercé son droit de préemption sur l'ensemble du site, soit 12.000 m2 environ, dont quelque 2.107 m2 de locaux sociaux et techniques", rappelle le communiqué. La communauté urbaine  en devient propriétaire pour 5,3 millions d'euros,a-t-elle annoncé mercredi dans un communiqué, quelques jours après un report de la transaction.
Le président socialiste de MPM, Eugène Caselli, avait annoncé début août avoir conclu la vente du terrain sur la base d'une estimation des domaines, soit 5,3 millions d'euros, et des machines pour un euro symbolique.
"Les solutions de reprise de l'activité seront trouvées à l'issue du travail important de revitalisation du site et de recherche de repreneurs potentiels que mène aujourd'hui le gouvernement avec le concours des collectivités locales et territoriales", avait souligné M. Caselli le 29 août.

La signature de l'acte d'acquisition, qui devait initialement avoir lieu le 29 août, avait été reportée "pour des raisons techniques", selon MPM. Les représentants syndicaux de Fralib s'étaient alors inquiétés de l'éventualité qu'Unilever ne souhaite plus laisser toutes les machines sur le site.
En vertu d'un protocole conclu entre MPM et le groupe Unilever, maison mère de Fralib, cet achat inclut "l'ensemble des matériels et équipements du site", le seul en France où étaient produits les thés Lipton et infusions Elephant, dans les Bouches-du-Rhône, département toujours présidé par Jean-Noël Guérini.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est félicité de cette acquisition.

Caselli, Carlotti et Montebourg

"Cette étape rend désormais possible des projets de réindustrialisation du site", a-t-il assuré.
Pour Angel Llovera, le patron de Fralib, "l'avenir du site est désormais entre les mains de la communauté urbaine et du gouvernement  pour un projet de démarrage d'une activité, sans la marque Eléphant ni volumes de sous-traitance", ce que les salariés réclament mais ce que refuse Unilever, a-t-il souligné dans un communiqué reçu mercredi.
Or, l'usine de Gémenos est occupée depuis plusieurs mois par une partie de ses 182 salariés initiaux, qui s'opposent à sa fermeture.

Le candidat Hollande avait proposé une "table ronde"

En février 2012, François Hollande participa à Paris à un meeting de soutien aux salariés de Fralib de Gémenos organisé par la CGT. Il avait alors demandé une table ronde sur la situation de ce site menacé de fermeture par Unilever. Le candidat PS à la présidentielle souhaite qu'elle "réunisse des représentants de toutes les parties prenantes, Unilever, l'Etat, les collectivités locales" et assure que "tant que cette table ronde ne sera pas tenue, je continuerai à la demander". 
A l'extrême gauche, deux autres candidats, Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA), ainsi que Pierre Laurent, numéro un du PCF, avaient également promis de ne pas laisser infuser plus longtemps.


En mars 2012, Bernard Ruspini, dirigeant de la société aixoise MFB Lario était présentait comme un repreneur crédible avec pour objectif "la remise en route" de l'usine de Gémenos et de permettre à cette nouvelle entreprise d'acquérir "le statut d'entreprise souveraine, indépendante et autonome". MFB Lario apporterait pour cela un fonds de roulement de 300 000 €. 


Depuis
, à l'issue d'un entretien à l'Elysée le vendredi 31 août, une délégation de salariés de l'usine Fralib a annoncé avoir obtenu la tenue d'une nouvelle table ronde vers la mi-septembre en préfecture.
La délégation venue demander l'intervention du gouvernement pour que la marque Eléphant leur soit cédée a été reçue par des collaborateurs du président François Hollande. Selon ses membres, après une première table ronde en juin, la nouvelle rencontre qui sera organisée vers la mi-septembre, en présence de représentants d'Unilever, aura pour objectif d'ouvrir une phase sur "l'avenir de l'emploi et pour relancer l'activité", a expliqué Olivier Leberquier, délégué syndical CGT décidé à "faire plier Unilever".

L'Elysée a confirmé dans un communiqué qu'"une table ronde sera très rapidement organisée à la préfecture des Bouches-du-Rhône . Concernant l'avenir industriel du site de Gémenos, "on a le sentiment que le gouvernement est à nos côtés", a commenté Gérard Cazorla, secrétaire CGT du comité d'entreprise. 
En effet, "des pistes sérieuses existent, elles doivent faire maintenant l'objet d'un examen approfondi", assure l'Elysée. .

mardi 21 août 2012

Fralib: Hollande, Ayrault et Montebourg braquent Unilever

Les éléphants socialistes sacrifient les salariés 
Unilever refuse une cession de la marque Eléphant 

Paul Polman, le directeur général d'Unilever  exclut de céder la marque de thé Eléphant et de faire travailler en sous-traitance la société que les salariés de l'usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône),  assure P. Polman dans un entretien au Figaro de lundi.

Or, ces deux conditions sont jugées essentielles par les ex-salariés du site marseillais pour assurer la viabilité de leur future société, mais refusée avec constance depuis le début par les dirigeants français du groupe.
Cette mise au point sans ambiguïté de P. Polman - "on ne fera pas plus", assure-t-il par ailleurs dans l'entretien - intervient à quelques jours de la réception à l'Elysée d'une délégation de salariés de Gémenos, le 31 août.

Unilever a souligné être sur la même ligne que les responsables de la filiale française, qui refusent la cession de la marque Eléphant et l'accord de sous-traitance. "L'équipe française a toute ma confiance", dit-il.

Pour le directeur général d'Unilever, "nous sommes maintenant arrivés à une solution responsable". "Nous avons montré pendant deux ans une véritable ouverture au dialogue. Le plan social a été validé par les tribunaux, nous avons offert à tous les salariés la possibilité de travailler sur l'un de nos autres sites en France aux mêmes conditions et nous avons cédé pour un euro symbolique des machines. Je suis convaincu que nous sommes allés bien au delà de nos obligations légales, cela a coûté très cher", souligne-t-il.

"C'est très clair, le dossier est clos", confirme Unilever

Et de pointer le gouvernement: "si la France ne respecte pas ses lois, cela fera peser un risque sur les investissements en France".

Pour Olivier Leberquier, délégué syndical CGT de l'usine Fralib de Gémenos, les démarches des salariés "ont obligé Unilever à sortir du bois". "Si Paul Polman prenait le temps de nous écouter, de se pencher sur la nature exacte de notre projet, il changerait peut-être d'avis", a-t-il accusé.

Il souligne par ailleurs que le directeur général d'Unilever vient d'être désigné, en tant que "pionnier du développement durable", pour figurer dans un panel des Nations Unies chargé de définir l'agenda de développement pour la période suivant 2015.

Montebourg et Touraine ne carburent pas à la tisane

Or, "il y a dix ans, la verveine et la camomille utilisées pour les infusions venaient de Provence, mais Unilever a cassé ce système pour faire venir les plantes d'Europe de l'Est", s'indigne M. Leberquier, qui assure que P. Polman ne connaît pas tous les éléments du dossier.

En mai, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, en visite sur le site de Gémenos, avait prétendu qu'Unilever acceptait de reprendre les négociations sur des scénarios de reprise, dont le plan B  projet alternatif.

L'usine, qui a cessé de produire à la fin du mois de juillet 2011, est toujours occupée par une partie des salariés.