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vendredi 8 janvier 2016

Métropole Aix-Marseille Provence frappée de paralysie politique et d'asphyxie économique

La justice bloque la Métropole Aix-Marseille Provence

Les opposants à la nouvelle collectivité pavoisent, mais sa population et ses 7.500 agents sont en attente...

Hier, devant les juges du tribunal administratif de Marseille, la métropole a tenté de surmonter la doctrine, la jurisprudence et autres subtilités juridiques et de faire valoir les préjudices encourus. Les battus ont introduit six recours  contre l'élection de Jean-Claude Gaudin à la présidence de la nouvelle collectivité. Ils tentent ainsi d'obtenir des juges qu'ils se prononcent contre le principe de la majorité démocratique et fassent tomber celui qu'une majorité de communes a porté à la tête de la métropole. 

Mais c'est surtout du Conseil constitutionnel que les mauvais perdants attendent une décision qui lui porte un mauvais coup, d'ici au 27 février. Cette guerre administrative de "cent ans" devenue ubuesque plonge les acteurs économiques de la zone et les 7.500 agents de la Métropole et en état de sidération
4 maires, de 4 communes des Bouches-du-Rhône ont annoncé samedi 14 novembre 2015, avoir déposé un recours pour contester l’élection de Jean-Claude Gaudin à la tête de la future métropole. Il s’agit du maire PCF de Gardanne, Roger Meï, du maire DVD de Pertuis, Roger Pellenc, et des maires Les Républicains d’Eguilles et de Cabriès, Robert Dagorne et Hervé Fabre-Aubrespy. Ce dernier, un proche de François Fillon, s’était présenté, le jour de l’élection, comme seul adversaire à Jean-Claude Gaudin.
Les  élus n'ont pas le droit de siéger ni de décider quoi que ce soit 

Les fonctionnaires des six communautés de communes (EPCI) se retrouvent en "chômage technique" depuis que la collectivité "suspendue" (par décision du Conseil d'État du 18 décembre)  a été dissoute le 31 décembre. Son président, en sursis, ne peut plus gérer que les strictes affaires courantes... "C'est le flou total, dans une institution qui existe sans exister, sans aucune lisibilité sur l'avenir", résume Patrick Rué, secrétaire général FO-Territoriaux à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM). 
"On ignore même qui a le pouvoir de signer ! " Seule certitude, explique Jean-Claude Gaudin : les 7.500 agents métropolitains seront bien payés fin janvier (ce qui ne sera sans doute pas le cas des 240 élus). 
Pour tout le reste, "les services sont à l'arrêt, nous ne recevons aucune consigne, on ignore quels projets doivent être développés, selon quel calendrier", témoigne un cadre de MPM. "Tout est bloqué, les parapheurs sont à l'arrêt", confirme une secrétaire de direction; le personnel s'occupe en "faisant du rangement". "On demande à nos chefs ce qui va se passer, personne n'est capable de répondre. On ignore même qui a le pouvoir de signer! Le plus embêtant, c'est pour les facturations aux fournisseurs. Cette situation risque de mettre des entreprises en difficulté." Un autre l'atteste, "la principale difficulté, c'est que les seuls à pouvoir signer, ce sont le président de la Métropole et les maires en exercice".

A MPM pourtant, le président Guy Teissier avait donné des instructions pour que les urgences soient réglées avant le 31 décembre, date à laquelle la communauté urbaine, devenue conseil de territoire, a perdu la personnalité juridique. "Nous avons fait remonter les priorités pour les ports, l'assainissement, les eaux pluviales, la voirie et nous avons signé tout ce que nous avons pu : notifications et lancements de marchés, bons de commandes, afin de pouvoir continuer à fonctionner durant le premier trimestre 2015", assure Lionel Royer-Perreaut qui était chargé de la commande publique à MPM. 
L'élu est même revenu pendant ses vacances pour parapher d'ultimes documents, en sorte que des chantiers de sécurisation de voirie ou dans le métro puissent être engagés. Et donc payés aux prestataires, à leur livraison. "Même en l'absence de budget métropolitain, censé être voté en mars, il est possible d'engager des financements jusqu'aux 3/12e de ce budget", précise l'élu. 

Les grands projets marseillais, type Boulevard Urbain Sud, ou pôle multimodal du Capitaine-Gèze, sont menacés: ils ne sont pas concernés par cette avance qui risquent donc d'être retardés. 
Pas question non plus de passer de nouveaux marchés, "sauf cas exceptionnel et urgent". Espérons du moins que si la corniche s'effondre demain, on n'attendra pas de statuer sur la mutabilité de la question préjudicielle... 

La vie administrative et économique est suspendue


Dans les couloirs du Syndicat d'agglomération nouvelle (San) Ouest-Provence, socialiste, à Istres (PS), les voeux se teintent ces jours-ci de perplexité et d'ironie. "On ne sait vraiment pas ce qui nous attend; c'est le flou, commente l'une des agents. Tout le monde attend de savoir à quelle sauce nous serons mangés." C'est notamment un problème pour les agents qui seront reversés, non à la Métropole, mais aux communes. La perte d'un système de primes, "plutôt favorable", aurait créé des aigreurs dans certains services, dont celui des forestiers, note une autre source. Dans tel service, décembre a été mis à profit pour "signer le plus possible" de conventions, afin qu'elles soient, de façon certaine, honorées par la future Métropole. "Car là, seul le directeur général des services est habilité à parapher quoi que ce soit.

Plusieurs services sont, de fait, à l'arrêt. 
Un responsable de service souligne ainsi que les demandes de permis de construire, jusqu'ici instruites par le San, sont en suspens. "Que se passera-t-il si la Métropole ne se met pas en marche ?", s'interroge cet agent haut placé. On sent "monter l'inquiétude": "Puisque nous ne pouvons pas lancer le paiement de nos fournisseurs, c'est toute l'économie locale qui risque des problèmes de trésorerie."  

Une collectivité "suspendue" et bientôt décapitée ? 
La Métropole pourrait,de surcroît, perdre son président. C'est du moins ce qu'a préconisé hier Hélène Rouland-Boyer, rapporteur public du tribunal administratif de Marseille, présidé par Christophe Ciréfice. La magistrate s'est ralliée à certains arguments des six protestations déposées à l'issue de ce scrutin par Roger Pellenc, maire de Pertuis, Hervé Favre-Aubrespy, maire LR de Cabriès, Robert Dagorne, maire NC d'Éguilles, Roger Meï, maire PCF de Gardanne, Gaby Charroux, maire PCF de Martigues et le sénateur-maire FN des 13e-14e arrondissements de Marseille, Stéphane Ravier, qui contestent l'élection de Jean-Claude Gaudin, lors de la séance du 9 novembre dernier. 

Le rapporteur public estime que la décision du juge des référés du 6 novembre dernier de suspendre les arrêtés préfectoraux du 1er septembre et du 12 octobre 2015, "fait obstacle à ce que le conseil de la Métropole pût régulièrement se réunir le 9 novembre". Sans séance licite, point d'élection valide donc...
D'autant que, relève le rapporteur, nommée à point nommé à ce poste sensible depuis septembre 2015, cette séance avait été dûment close par le maire d'Aix Maryse Joissains, qui présidait l'assemblée en tant que doyenne d'âge. Ancienne-directrice de cabinet à la préfecture du Morbihan et ex-sous-préfète en poste depuis... septembre 2012 à Saint-Benoît à La Réunionen charge de la Sécurité routière (après Clermont-Ferrant et Tahiti), Hélène Rouland-Boyer (née en 1965, ci-dessus) n'a, en revanche, pas retenu l'insincérité du scrutin invoquée par certains plaignants, constatant la large majorité dégagée par Jean-Claude Gaudin (119 voix sur 169 votants, une soixantaine d'élus ayant toutefois refusé de participer au vote). 
Mais pour l'avocat de Jean-Claude Gaudin, la vérité juridique n'est pas si limpide. Me Gilbert Sindrès estime que "la chronologie absurde de l'enchaînement procédural de ce dossier empêche d'être péremptoire". Et d'analyser la nature exacte des arrêtés préfectoraux qui servent de base à l'argumentaire du rapporteur public. Métropole, les élus sans le sou ! Le premier portait sur le nombre et la répartition des sièges du conseil de la future Métropole, le second sur la composition du conseil métropolitain. Pour Me Sindrès, ces textes n'ont qu'"une valeur déclarative". Ils se bornent à "constater l'existence d'un fait". 
Leur annulation par le juge des référés portant sur la compétence du préfet à fixer le nombre et la répartition des sièges n'empêcherait donc en rien la tenue de la séance métropolitaine. Dans l'entourage de Jean-Claude Gaudin, on s'est félicité que les arguments retenus par le rapporteur public ne portent que sur des points très juridiques et nullement sur les conditions dans lesquelles s'est déroulé le scrutin. 
Emmenés par Maryse Joissains, maire de Aix-en-Provence (ville historiquement rivale de Marseille) et chef de file de cette gronde anti-métropole, ces élus dénoncent la surreprésentation, selon eux des élus Marseillais au sein du futur conseil métropolitain. Argument face auquel l’entourage de Jean-Claude Gaudin, oppose un argument juridique. Celui de la Loi Sarkozy du 16 décembre 2010 qui prévoyait 130 membres pour la composition des conseils de la métropole. Un nombre bien mois élevé que celui du futur conseil provençal. "Si on applique la loi strictement, affirme un proche du maire de Marseille, la proportion d’élus Marseillais sera mécaniquement beaucoup plus forte".
Décision sous huit jours.

mercredi 5 septembre 2012

Fralib: la communauté urbaine PS de Marseille se jette sur les dépouilles

Les terrains et l'usine Fralib achetés par la communauté urbaine de Marseille
Le président socialiste a finalisé l'acquisition des terrains et bâtiments de l'usine Fralib à Gémenos 
Marseille Provence Métropole (MPM) "avait exercé son droit de préemption sur l'ensemble du site, soit 12.000 m2 environ, dont quelque 2.107 m2 de locaux sociaux et techniques", rappelle le communiqué. La communauté urbaine  en devient propriétaire pour 5,3 millions d'euros,a-t-elle annoncé mercredi dans un communiqué, quelques jours après un report de la transaction.
Le président socialiste de MPM, Eugène Caselli, avait annoncé début août avoir conclu la vente du terrain sur la base d'une estimation des domaines, soit 5,3 millions d'euros, et des machines pour un euro symbolique.
"Les solutions de reprise de l'activité seront trouvées à l'issue du travail important de revitalisation du site et de recherche de repreneurs potentiels que mène aujourd'hui le gouvernement avec le concours des collectivités locales et territoriales", avait souligné M. Caselli le 29 août.

La signature de l'acte d'acquisition, qui devait initialement avoir lieu le 29 août, avait été reportée "pour des raisons techniques", selon MPM. Les représentants syndicaux de Fralib s'étaient alors inquiétés de l'éventualité qu'Unilever ne souhaite plus laisser toutes les machines sur le site.
En vertu d'un protocole conclu entre MPM et le groupe Unilever, maison mère de Fralib, cet achat inclut "l'ensemble des matériels et équipements du site", le seul en France où étaient produits les thés Lipton et infusions Elephant, dans les Bouches-du-Rhône, département toujours présidé par Jean-Noël Guérini.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est félicité de cette acquisition.

Caselli, Carlotti et Montebourg

"Cette étape rend désormais possible des projets de réindustrialisation du site", a-t-il assuré.
Pour Angel Llovera, le patron de Fralib, "l'avenir du site est désormais entre les mains de la communauté urbaine et du gouvernement  pour un projet de démarrage d'une activité, sans la marque Eléphant ni volumes de sous-traitance", ce que les salariés réclament mais ce que refuse Unilever, a-t-il souligné dans un communiqué reçu mercredi.
Or, l'usine de Gémenos est occupée depuis plusieurs mois par une partie de ses 182 salariés initiaux, qui s'opposent à sa fermeture.

Le candidat Hollande avait proposé une "table ronde"

En février 2012, François Hollande participa à Paris à un meeting de soutien aux salariés de Fralib de Gémenos organisé par la CGT. Il avait alors demandé une table ronde sur la situation de ce site menacé de fermeture par Unilever. Le candidat PS à la présidentielle souhaite qu'elle "réunisse des représentants de toutes les parties prenantes, Unilever, l'Etat, les collectivités locales" et assure que "tant que cette table ronde ne sera pas tenue, je continuerai à la demander". 
A l'extrême gauche, deux autres candidats, Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA), ainsi que Pierre Laurent, numéro un du PCF, avaient également promis de ne pas laisser infuser plus longtemps.


En mars 2012, Bernard Ruspini, dirigeant de la société aixoise MFB Lario était présentait comme un repreneur crédible avec pour objectif "la remise en route" de l'usine de Gémenos et de permettre à cette nouvelle entreprise d'acquérir "le statut d'entreprise souveraine, indépendante et autonome". MFB Lario apporterait pour cela un fonds de roulement de 300 000 €. 


Depuis
, à l'issue d'un entretien à l'Elysée le vendredi 31 août, une délégation de salariés de l'usine Fralib a annoncé avoir obtenu la tenue d'une nouvelle table ronde vers la mi-septembre en préfecture.
La délégation venue demander l'intervention du gouvernement pour que la marque Eléphant leur soit cédée a été reçue par des collaborateurs du président François Hollande. Selon ses membres, après une première table ronde en juin, la nouvelle rencontre qui sera organisée vers la mi-septembre, en présence de représentants d'Unilever, aura pour objectif d'ouvrir une phase sur "l'avenir de l'emploi et pour relancer l'activité", a expliqué Olivier Leberquier, délégué syndical CGT décidé à "faire plier Unilever".

L'Elysée a confirmé dans un communiqué qu'"une table ronde sera très rapidement organisée à la préfecture des Bouches-du-Rhône . Concernant l'avenir industriel du site de Gémenos, "on a le sentiment que le gouvernement est à nos côtés", a commenté Gérard Cazorla, secrétaire CGT du comité d'entreprise. 
En effet, "des pistes sérieuses existent, elles doivent faire maintenant l'objet d'un examen approfondi", assure l'Elysée. .

mercredi 16 novembre 2011

Guérini menace la Ville de Marseille, puis fait volte-face

Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône souffle le chaud et le froid

Le président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône
, revient sur ses menaces, quatre jours après une lettre à la Communauté urbaine.

Le maître-chanteur ne refuse plus de financer certains projets structurants à Marseille.

Sa dernière pirouette ? Jean-Nono Guérini " adore bousculer les habitudes " !
Oubliée ou presque, la lettre pourtant sans ambiguïté qu'il a adressée à Eugène Caselli, président de la Communauté urbaine MPM, toujours en colère contre celui "qui a déclenché un séisme". Effacées, les intentions à peine voilées de geler les millions d'euros promis par contrat sur le tramway de la rue de Rome et la semi-piétonnisation du Vieux-Port.
Celle d'un président du Conseil général qui, quatre jours après avoir fait peser publiquement des menaces sur le financement de projets structurants à Marseille, retourne sa plume.
En niant hier avoir voulu couper les vivres à MPM ou à la Ville, aussi inquiète que remontée, Jean-Noël Guérini a cherché à nuancer les interprétations d'une attaque politique violente. " Celle d'un homme désormais isolé qui a fait une grosse bêtise ", glisse un élu socialiste de premier plan. " Il a voulu faire une mise au point, assure Lisette Narducci, l'une de ses fidèles au Conseil général. C'est encore une affaire malheureuse. Qui va s'arrêter là, je l'espère."

La maire PS du secteur où Guérini est aussi élu à Marseille, est "fatiguée" et "atterrée"

Exaspérée par le bruit médiatique et politique généré tout au long du week-end. Aussi par ce énième rebondissement d'une série politico-judiciaire où s'entremêlent mises en examen dans des affaires de marchés publics et luttes d'influence dans une ville gouvernée à la fois par la gauche et la droite.

Une "gouvernance partagée" sur le fil du rasoir
Pendant que Jean-Claude Gaudin, le maire UMP, disait sa colère et réclamait la démission de Jean-Noël Guérini en parlant de "vendetta", celui-ci réunissait ses proches au Conseil général. Ils ne tiennent pas à s'exprimer sur des décisions prises, pour partie seulement, avec leur consentement, assurent-ils, prêts à se désolidariser.
" Nous sommes tous las, confie l'un d'entre eux. Cette histoire est ubuesque. Dès que la situation sera décantée, nous prendrons une initiative collective. Sans faire de putsch, ni la révolution."
Peut-être le calendrier judiciaire les aidera-t-il au largage final, au moment où l'annonce de la révélation de nouvelles écoutes pèse sur le milieu socialiste. À moins que le PS national fasse enfin ce qu'il faut pour emporter la démission de son baron mafieux.

En attendant, Marseille souffre et navigue à vue
" Le mal est fait , pointe le conseiller général Michel Pezet. Je ne sais pas si ses fidèles font semblant ou non. Il n'y a pas d'autre solution que de précipiter une réunion de groupe, en espérant qu'elle enclenche des révolutions intérieures. " À l'extérieur du Vaisseau bleu aussi (bâtiment du CG), on s'interroge.

Le président de la Chambre de commerce et grand ordonnateur de la Capitale de la culture 2013 s'impatiente.
" Ce sentiment d'immobilisme politique m'inquiète et est en décalage avec les attentes du monde économique ", note Jacques Pfister. " Ce genre de projet demande une unanimité, pas des volte-face liées à des problèmes personnels."
Pendant que Jean-Marc Lacave, nouveau directeur exécutif du Forum mondial de l'eau qui se tiendra à Marseille en 2012, ne voit " aucune portée particulière à l'international ", Jean-Luc Chauvin, président de l'Union patronale, entrevoit une fin de règne. " Ce genre d'épisode montre qu'on est à la fin d'un système archaïque. Où les investisseurs se sentent pris en otage. Il faut tourner la page." Il s'exprimait à la veille d'une réunion publique sur le projet de métropole: encore un sujet de discorde entre Guérini et les autres.

Hollande et Aubry doivent manifester un peu de fermeté

Jean-Noël Guérini n'a jamais été député. Pourtant, c'est bien son nom qui a résonné dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, scandé par les députés UMP dans le but de pousser les socialistes à l'action.

DSK continue d'"abîmer" souiller l'image du PS, tandis que Guérini fait de la résistance à une Rue de Solférino distante et molle. "Je suis innocent. Je ne comprends pas pourquoi je démissionnerais ", a simplement riposté le mafieux. Et le porte-parole du Bureau national, Benoît Hamon, a avoué l'impuissance du PS à le maîtriser.

La ministre Valérie Pécresse a déjà commencé à poser à haute voix les questions que, dans la peur du système Guérini, les contribuables marseillais osent à peine murmurer sur la gestion de leur argent par un élu mis en examen pour " association de malfaiteurs " .

Les décisions prises par le NPM en octobre sur les transports en commun sont débloquées

Elles concernent le développement de Marseille: les sites propres au bus à haut niveau de services (BHNS), le tramway entre Canebière et place Castellane (via la rue de Rome) et ses prolongements futurs au Nord et à l'Est, le prolongement de la ligne 2 du métro de Bougainville à Capitaine Gèze et, plus largement, sur la révision du plan de déplacements urbains.
Les activités de rénovation de la municipalité UMP de Marseille peuvent reprendre
Les premiers exemplaires du BHNS devraient circuler vers Luminy et les quartiers Nord dès 2013. Les travaux du tramway Canebière-Castellane sont eux prévus fin 2013, une fois passée l'année capitale de la culture.
Guérini ne gâtera pas la victoire de " Marseille Provence " pour être capitale européenne de la culture en 2013.

Marseille-Provence 2013(MP13) est résolument ouvert sur la Méditerranée

Jean-Claude Gaudin
, maire de Marseille, vice-Président du Sénat, en sa qualité d’hôte, a souligné deux points, moins de deux ans avant que la cité phocéenne ne soit sous le feu des projecteurs : il a insisté sur " la volonté partagée et l’union entre les responsables politiques " (signe d’une unité retrouvée après les épisodes de rivalités territoriales) et sur le fait que " la Ville et ses partenaires sont en ordre de marche pour faire aboutir dans les temps un ambitieux programme de construction et de rénovation d’équipements ", rassurant ainsi sur l’état des chantiers des 50 projets en cours, qui seront les " contenants " du scénario élaboré par l’équipe de MP2013.
Son architecture comporte quatre déclinaisons saisonnières d'environ 500 projets: " Marseille accueille le monde " (incitation aux familles du territoire à inviter des familles de l’Europe et de la Méditerranée à venir fêter les cérémonies, fêtes et événements d’ouverture de l’année capitale), " La cité radieuse " (nouveaux territoires de l’art). Le chapitre estival " L’art prend l’air " ( nature,dehors) et " Révélations " (l’art et le vivre ensemble dans l’espace public) proposées aux dix millions de visiteurs attendus à Marseille en 2013.

jeudi 3 mars 2011

Marseille: Laurence Vichnievsky lave plus blanc que Montebourg

A Marseille, "Martine Aubry doit mettre de l'ordre dans son camp"

Les Guérini ont réussi au-delà de toutes les espérances de FO

Depuis que Gaston Deferre a donné les clés de la ville à FO, le syndicat tire la ville vers le bas.
Alors que le maire UMP actuel se bat comme un beau diable pour sortir la ville et son port de cette spirale infernale et reconstruit la ville avec une admirable opiniâtreté, FO a reçu le renfort du PS qui impose son embargo à tous les Marseillais, serrant les cordons de la bourse, à la fois à Marseille Provence Métropole (MPM), dont le président est Eugène Caselli, au Conseil général tenu par Jean-Noël Guérini et au Conseil régional occupé par Michel Vauzelle, tous socialistes. De grèves des éboueurs FO (lien PaSiDupes), en blocages CGT du port (lien PaSiDupes) et en violences physiques contre les élus (cf. R. Muselier frappé par des nervis de FO) la coalition de gauche met la Marseille socialiste sens dessus dessous, plus sûrement que la peste de 1720.

La tension monte à la fédération PS des Bouches-du-Rhône

La presse a révélé l'existence d'un rapport ravageur, vieux de 9 mois. Arnaud Montebourg a dénoncé le système socialiste de prébendes généralisées, de clientélisme, de pressions sur les élus et les cadres du PS local...
Lien PaSiDupes
La direction fédérale du Parti socialiste a réservé un accueil glacial au document explosif rédigé par Arnaud Montebourg sur les dérives au sein la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. "Il n'y a rien dans ce rapport."
Lien PaSiDupes
Visé, son "président", Jean-Noël Guérini, vient d'ailleurs de porter plainte pour diffamation contre son camarade député et candidat marginal de la primaire socialiste.
Lien PaSiDupes
Bien qu'il ne soit plus secrétaire national à la rénovation du PS, Arnaud Montebourg tente un blanchiment tardif de la fédération et demande clairement que M. Guérini soit démis de ses fonctions.
Lien PaSiDupes
Mais le premier secrétaire estime que ce coup de balai serait contreproductif à quelques semaines seulement des cantonales et affirme qu'avec son enquête Montebourg fait du vent, craignant qu'il lève un fort mistral sur la région. Martine Aubry assure donc dans Le Point.fr, que Montebourg n'a "pas un élément concret, précis, pas un fait".
Lien PaSiDupes: tentative PS d'occultation

Laurence Vichnievsky (Europe Ecologie) met le pied dans la porte
L'ex-juge d'instruction au côté d'Eva Joly dans l'affaire Elf au tribunal de Paris, et ancienne tête de liste régionale pour Europe Ecologie dans les Bouches-du-Rhône, assure qu'elle a déjà interpellé les états-majors de partis, après que des "dérives" ont été décrites dans la presse. Sans résultat. Elle refuse de s'exprimer sur le "volet judiciaire" de l'affaire, mais appelle à une réaction de la direction du PS.
Lien PaSiDupes sur les détournements de fonds publics
Elle a accordé un entretien au Monde du jeudi 3 mars.

Comment réagissez-vous à la publication du rapport d'Arnaud Montebourg ?
Cela fait un moment que je réagis. Et que j'interpelle les dirigeants, en l'occurrence Martine Aubry, sur ce qui a été mis en lumière – notamment par la publication dans la presse de comptes-rendus d'écoutes [effectuées par la police sur Alexandre Guérini et dans lesquelles le nom de Jean-Noël Guérini est cité] : des dérives clientélistes, des réseaux d'influence... [lien PaSiDupes] C'est une pratique dont les écologistes ne peuvent s'accommoder. Nous avons une autre conception de la politique, de la gestion des collectivités territoriales. Il faut un sursaut démocratique et un réaction des états-majors politiques. Car sur ces dérives, la classe politique locale est très taisante. Cela traduit une forme de verrouillage, qui peut être une conséquence du clientélisme.

Ne pensez-vous pas, comme Martine Aubry, qu'il ne s'agit que de soupçons, sans véritables faits ??
C'est pour cela qu'il faut distinguer les deux sujets : le sujet judiciaire – sur lequel je n'ai aucune raison de m'exprimer – et ce sujet politique : les dérives clientélistes sur lesquelles j'ai lu des articles. J'ai dit qu'il fallait une réaction nationale. Martine Aubry doit mettre de l'ordre dans son propre camp. Sinon, cela fait le lit des extrêmes. La réaction de Martine Aubry est insuffisante.

Montebourg ne s'érige-t-il pas en chevalier blanc, alors qu'il n'a, selon la direction du PS, passé qu'un jour à Marseille ??
Nous avons alerté sur les dérives politiques avant la publication du rapport Montebourg. Il y a trois semaines, j'ai donné une interview à La Provence, ainsi qu'à Mediapart. J'ai également rédigé deux communiqués.

Est-ce que ce n'est pas facile, de faire de Jean-Noël Guérini un exemple, alors que les dérives toucheraient d'autres personnes et d'autres partis à Marseille ??
J'ai horreur des chasses à l'homme, des attaques ad hominem. C'est un système que je dénonce. C'est pour cela que les états-majors doivent réagir : les affaires touchent tout le monde, car elles touchent aussi la droite.

Les écologistes ne sont pas concernés par ces dérives ??
Non, ils ne sont pas touchés.

Mais vous êtes alliés du PS localement...?
Oui, mais justement, c'est pour cela que nous sommes exigeants. On doit gagner les cantonales et c'est aussi pour cela que les partis doivent réagir. Ou alors les électeurs.

Martine Aubry doit-elle sanctionner Jean-Noël Guérini ??
Je ne fais pas d'ingérence au sein du PS. La balle est dans le camp des états-majors.

Ne s'agit-il pas là de coups bas de campagne ??
Je n'en sais rien. J'ai parlé de ces dérives bien avant le rapport de Montebourg. Ce document dégèle les réactions, mais le système existait avant.

Devoir de mémoire



Alexandre Guérini, le frère qui sent fort



vendredi 4 février 2011

Eugène Caselli peut retourner à ses activités

Le premier secrétaire fédéral de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône est libre

Eugène Caselli a pu quitter l'un des commissariats de Marseille jeudi soir, après une garde à vue de 24h.

Caselli, le président de la communauté urbaine de Marseille (Marseille Provence Métropole, MPM), avait été interpellé mercredi matin par les gendarmes et placé en garde à vue. Il était interrogé dans le cadre d'une affaire de fraudes présumées aux marchés publics des Bouches-du-Rhône, instruite par le magistrat Charles Duchaine.

Dans cette affaire, le frère du président PS du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, Alexandre Guérini, patron de plusieurs décharges de déchets, est soupçonné d'avoir bénéficié de marchés publics frauduleux de tri et de collecte des ordures. Il a été mis en examen et écroué début décembre, pour blanchiment d'argent, abus de biens sociaux, détournement de fonds et de biens publics.



En marge du dossier des déchets,
Bakchich faisait état de désaccords politiques
entre Jean-Noël Guérini et Eugène Caselli (26 nov. 2010)



Tout le monde dehors

Toujours selon Europe 1, Franck Dumontel, l'ancien directeur de cabinet d'Eugène Caselli, l'avocat Olivier Grimaldi, et Eric Pascal, patron de la société de traitement de déchets Queyras Environnement, qui avaient également été placés en garde à vue, sont ressortis libres eux aussi.

jeudi 3 février 2011

Affaire Guérini: La Provence confirme l'implication de Caselli

La gauche marseillaise ne sent pas la rose...

Eugène Caselli est entendu par les gendarmes, comme annoncé par PaSiDupes dès mercredi: lien.

Pas de traitement VIP pour le numéro un socialiste à Marseille, le président de l'agglomération MPM est en garde à vue avec trois autres personnes.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Eugène Caselli est le président PS du MPM (Marseille Provence Métropole)

Autre affaire mettant en cause l'opposition de gauche:
les dockers de Marseille sont des rupins !
Lien PaSiDupes

mardi 19 janvier 2010

Marseille: l'étau se resserre sur les frères Guérini

L'enquête sur les marchés publics rebondit

Le PS des Bouches-du-Rhône encombrent les services de police.
Et déjà les tribunaux

  • Le maire d'Istres et ancien premier secrétaire de la fédération PS des Bouches-du-Rhône (1990-2000), François Bernardini (1953), avait été déchu de ses droits suite à des « affaires ». Les Istréens l'ont néanmoins rappelé à la mairie où il a aussitôt irrité les contribuables avec la création d'un jet d'eau sur l'étang voisin: psychologues et urologues y voient une compensation pour ce sexagénaire...

  • A Fos-sur-Mer, le socialiste Bernard Granié (alors maire socialiste de Fos-sur-Mer) se mouilla -avec de Jean-Noël Guérini...- dans un plan d'élimination des déchets de Marseille: contre lequel le procureur requit cinq ans de taule et cinq d’inéligibilité. Lien Les Fosséens se sont depuis rabattu sur René Raimondi, un autre maire ... socialiste !

  • Plus récemment, la vice-présidente (suspendue-démissionnaire, lien LaProvence ) du Conseil Régional présidé par le socialiste Michel Vauzelle, Sylvie Andrieux, s'était distinguée par l'arrosage des associations de sa circonscription marseillaise. lien PaSiDupes
  • Et c'est maintenant le tour du Conseil général présidé par Jean-Noël Guérini (né en 1951 à Calenzana en Corse), qui s'était accoquiné avec Sa Cynique Majesté Royal en campagne. Candidat malheureux à la conquête de la mairie de Marseille, il est aujourd'hui soupçonné d'être un repère mafieux qui prospèrerait sur le tas d'ordures de la région marseillaise. Alexandre Guérini, le frère cadet de Jean-Noël (ci-contre) est en effet au centre de nouvelles perquisitions.

    Les dernières en date, conduites à la veille de Noël, n'avaient jusqu'à présent pas été relayées par la rumeur du Vieux-Port.
    Le 23 décembre dernier, c'est en effet en toute discrétion que les gendarmes de la cellule «déchets 13» se sont une nouvelle fois présentés au domicile d'Alexandre Guérini, propriétaires de plusieurs centres spécialisés dans le traitement des déchets. La veille, une société dirigée par l'un de ses très proches amis, Queyras Environnement, avait également reçu la visite des enquêteurs. Agissant sur commission rogatoire du juge Charles Duchaîne, ceux-ci s'intéressent notamment aux relations que cette entreprise spécialisée dans le tri et le recyclage des déchets semble avoir nouées avec la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), présidée par Eugène Caselli, un autre socialiste au nom fleurant également fort les poubelles.
    Jean-Noël sur son tas d'or...dures

    Ces investigations font suite aux perquisitions menées début décembre dans les locaux de MPM et du conseil général.
    Elles s'inscrivent dans le cadre d'une enquête tentaculaire menée depuis plusieurs mois à Marseille. À l'origine de cette procédure, une lettre anonyme postée en février 2009 décrit un vaste «système» mêlant corruption, entente sur les marchés publics ou encore détournement de subventions associatives. À en croire le «corbeau», Alexandre Guérini en serait le pilier occulte. Il jouerait notamment de son influence supposée auprès de son frère Jean-Noël, ainsi que sur certains décideurs locaux, pour mettre le marché des déchets en coupe réglée.

    On se dénonce entre socialistes vertueux

    «Très circonstanciée» , selon une source judiciaire, cette dénonciation n'en est pas moins traitée avec la plus grande prudence par les magistrats marseillais. «Nous marchons sur des œufs, de crainte d'être instrumentalisés par des manœuvres politiques qui visent possiblement à déstabiliser le président du conseil général» , explique un proche du dossier. Dans l'entourage d'Alexandre Guérini, on souligne aussi que les lettres anonymes ont été postées au moment précis où le marché du traitement des ordures marseillaises subit une profonde réorganisation.

    Les gendarmes de la section de recherches ont commencé par conduire de discrètes surveillances autour d'Alexandre Guérini, puis, le 18 novembre dernier, ils ont perquisitionné la modeste HLM que ce prolétaire loue dans le centre-ville, ainsi que la vaste maison avec piscine et jacuzzi intérieurs dans laquelle il réside plus fréquemment, dans le quartier chic du Prado... Des écoutes téléphoniques ont révélé que ce discret quinquagénaire se flatte pourtant volontiers, en privé, d'exercer son influence sur divers élus socialistes. Un relatif laxisme dans la gestion de ses entreprises permettait en outre quelques irrégularités de bon aloi. L'une de ces élues rémunérerait une de ses proches amies qui, selon plusieurs témoins, n'y aurait pourtant jamais été vue. De même, ils relèvent qu'une Mercedes ML 320, "voiture du peuple" acquise par cette structure lui aurait été attribuée à titre personnel. «Pour l'heure, rien ne confirme l'existence d'un système mafieux» , assure toutefois une source proche de l'enquête, qui insiste : «à plus forte raison, rien ne permet d'accrocher Jean-Noël Guérini». Soyons patients !

    Au printemps, un deuxième courrier anonyme a plus précisément attiré l'attention de la justice sur Queyras Environnement. Cette entreprise était alors pressentie pour décrocher, en partenariat avec une filiale locale de Veolia, un important marché de «transfert, tri et valorisation» concédé par MPM. Or, les élus UMP et communistes ont refusé d'entériner le choix des services techniques, jugeant que l'«offre» à 17 millions d'euros faite par Queyras Environnement était sensiblement moins intéressante que celle de son concurrent. La filiale de Suez, en effet, proposait de fournir la même prestation pour… 12,7 millions d'euros. Une différence de 4,30 millions qui n'aurait pas été perdue pour tout le monde. Lire Bakchich

    Désormais chargés d'enquêter sur le marché des déchets, les gendarmes cherchent à s'assurer que les dirigeants de MPM n'ont pas tenté de rompre l'égalité d'accès aux marchés publics. Démocratiquement, il va sans dire. Les responsables de Queyras Environnement réfutent les soupçons, prétendant que la qualité de leurs prestations suffit à expliquer la différence des tarifs proposés. Quant à Alexandre Guérini, il se mure dans le silence et jure désormais à ses proches qu'il sait qui est le mystérieux «corbeau». L'Eugène ?

    Relance prochaine de la vendetta corse ?
  • Caselli a donc de bonnes raisons de craindre désormais qu'un présumé innocent par avance ne se fasse justice en lui volant dans les plumes. Après tout, Calenzana n'est pas seulement connu pour ses rencontres de musique douce: n'est-il pas en effet le village natal de Mémé Guérini, figure du milieu marseillais de l'après-guerre ?... (lien )

    dimanche 27 avril 2008

    Communauté urbaine de Marseille : le cadeau empoisonné

    Le président PS réduit à négocier avec la majorité de droite
    La communauté urbaine de Marseille a vécu un marché de
    dupes la semaine dernière.
    Malgré une majorité de droite, elle s’est donnée un président socialiste. Le dindon socialiste de la farce marseillaise était pieds et mains liées à son fauteuil ! La droite est quant à elle encombrée d’un président-pantin dont les ficelles sont tirées par le président socialiste du Conseil Général, le candidat battu, Jean-Noël Guérini, qui depuis des années ne sait guère qu’asphyxier la Ville de Marseille. Cette situation est tellement malsaine que les adversaires se sont résolus à un accord de gestion gauche-droite, à l'image de ce qui s'est passé à Bordeaux.
    Vendredi, les élus de droite - les députés UMP de Marseille Renaud Muselier et Guy Teissier en tête - se sont prononcés pour un "contrat de gouvernance partagée" ou - selon les termes - "contrat communautaire de mandature" avec le PS Eugène Caselli, élu président de Marseille Provence Méditerranée (MPM) le 17 avril.
    "Mon élection n'est plus contestée, c'est une nouveauté. Le blocage n'est plus d'actualité. Ce sont des points positifs", a soupiré l’Eugène ravi mais impuissant, élu avec deux voix d'avance alors que la droite est majoritaire, mais divisée. Trois élus ont voulu manifester leur puissance, dont le maire de Plan-de-Cuques, Jean-Pierre Bertrand, qui aurait mérité le pied où vous pensez justement.
    Eric Le Dissès (DVD) et Jean-Pierre Bertrand (ex-UMP devenu SE), respectivement maires de Marignane et de Plan-de-Cuques, deux des dix-huit communes qui composent Marseille Provence Métropole (MPM), ont annoncé qu'ils entendaient créer un groupe indépendant au sein de l'assemblée communautaire. Ce groupe, baptisé « Ensemble pour l'avenir », qui rassemblerait 14 conseillers sur 157, pourrait jouer les arbitres entre la gauche et la droite, pour défendre l'intérêt de leurs communes. "Ca me paraît suffisant pour engager des discussions", a-t-il déclaré, ajoutant qu'elles démarreraient "dans les jours qui viennent".
    Les deux maires de droite -dont les deux voix donnent l'avantage à la gauche- comptent donc faire part de leur volonté de créer un groupe à Eugène Caselli, le nouveau président socialiste de MPM, qui doit rencontrer prochainement l'ensemble des dix-huit maires.
    Le rival d’ Eugène Caselli à la tête de MPM, Renaud Muselier, a souhaité que MPM s'inspire de Bordeaux. Il a été désigné vendredi président d'un groupe composé de 78 conseillers communautaires sur un total de 157. Ce groupe UMP est le plus important en nombre de l'assemblée de MPM, sans avoir la majorité absolue.
    Caselli se satisfait que la communauté urbaine de Marseille se retrouve aujourd'hui dans la même
    situation que celle de Bordeaux "où le maire de la ville-centre, Alain Juppé, n'est pas majoritaire. Ils (droite et gauche bordelaises) viennent de signer un contrat pour développer ensemble la communauté urbaine, ça me paraît une démarche tout-à-fait positive", a-t-il admis. Nécessaire à tous, et qui libère un tant soit peu le socialiste.
    A Bordeaux, à la suite d'un accord de coopération, un socialiste a été réélu président de la communauté urbaine de Bordeaux, tandis qu'Alain Juppé (UMP) en était élu premier vice-président.
    Caselli revendique pour sa part le soutien incertain de 80 élus très disparates, dont 65 seulement du PS et du PCF. Mais, ajoute-t-il, "je ne raisonne pas comme ça. Une communauté urbaine se gère dans le consensus, je suis partisan d'une gestion partagée". Bien obligé !
    " Il y a chez nous une déception très grande, un sentiment d'usurpation", a de son côté déclaré devant la presse M. Teissier, maire UMP d’arrondissement de Marseille. Ils ont négocié un "contrat de gouvernance partagée et un contrat de projets communautaires", faute desquels, a-t-il dit, "nous n'aurions qu'à nous opposer de manière systématique".
    Il a admis que les voix ayant manqué à M. Muselier relevaient d'une "jacquerie par rapport aux attentes des maires". Aussi a-t-il proposé que 25% (contre 12% lors de la précédente mandature) des investissements de MPM soient réservés aux collectivités hors Marseille.
    La droite entend aussi que "soit respecté le choix des urnes" et demande à avoir la majorité des postes au sein du bureau et une répartition égalitaire des présidences de commission.

    S'agissant de Marseille, Guy Tessier a jugé "impérieux de poursuivre la politique engagée". Pressenti pour présider l'opération de rénovation urbaine Euroméditerranée, il a relevé que le gros point de discorde" avec les socialistes porterait sur la question de l'incinérateur en construction actuellement à Fos-sur-mer et que les socialistes souhaitent abandonner. La décharge publique et à ciel ouvert de Marseille, la plus grande d’Europe, située à Entressen à quelque cent kilomètres au nord de la capitale régionale, risque donc de continuer encore longtemps à polluer la région malgré les pressions de l’Union Européenne
    Le candidat PS battu à la mairie de Marseille, Jean-Noël Guérini, président du Conseil général, en campagne proposait un moratoire sur l'incinérateur de Fos-sur-Mer. Malgré une astreinte de 10.000 euros par jour.