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samedi 27 juin 2020

Indigénisation universelle: L'Oréal va supprimer de nouveaux mots-tabous comme 'blanchissant'

Certaines sociétés entreprennent de laver plus noir que noir,
alors que les Noirs ne sont que 12,6% (contre 17,6% d'Hispanos/Latinos), 
effaçant de leurs marques tout stéréotype suspect de racisme


Les géants des cosmétiques anticipent les exigences des mouvements racialisés

L'Oréal n'oppose aucune résistance à la sottise ambiante.

The Original Obama Joker Image | Visit the online store at: … | Flickr


Dernière entreprise en date, après Johnson & Johnson - détentrice de  GlaxoSmithKlinePfizerProcter & Gamble et Sanofi-Aventis -  et la filiale indienne d’Unilever, L’Oréal, géant français des cosmétiques, a annoncé samedi le retrait de certains mots-tabous de la description de ses produits cosmétiques sur ses emballages, cédant ainsi aux pressions des indigénistes racisés, dans un contexte mondial de manifestations antiracistes depuis la mort, fin mai, de l’Afro-Américain George Floyd, aux Etats-Unis, et d'instrumentalisation de l'émotion populaire par le candidat démocrate Joe Biden en campagne présidentielle.

Des mots comme "blanchissant", "blanc" ou même "clair" sont devenus obscènes et sont bannis:
ils irritent la peau des activistes dérangés.
...
Dans un communiqué publié samedi 27 juin, L’Oréal assure avoir pris l'initiative, annonçant avoir "décidé de retirer les mots blanc/blanchissant (white/whitening), clair (fair/fairness, light/lightening) de tous ses produits destinés à uniformiser la peau" des emballages de ses cosmétiques. L'entreprise ne donne pas plus de détails, notamment sur un retrait immédiat ou non de ses produits des rayons.

L’Oréal, pris à partie

 Michelle Obama, bientôt privée 
de son look capillaire occidental 

Après avoir été licenciée en 2017, le premier mannequin clairement transsexuel de L’Oréal UK avait publiquement pointé l’hypocrisie de la marque. Munroe Bergdorf avait dénoncé "la violence raciale des Blancs", après un défilé de l’extrême droite américaine à Charlottesville (ci-dessous). 
Début juin, L’Oréal avait dit être"solidaire de la communauté noire et contre toute forme d’injustice". Son message n'avait pas suscité les réactions escomptées, le modèle économique et la publicité du groupe étant axés sur les consommateurs blancs.

Le groupe avait déjà subi la dictature des groupes de pression noir et LGBT. 
Il avait accepté de présenter des excuses à Munroe Bergdorf, lui proposant même de revenir dans le groupe pour occuper un poste de conseiller de la nouvelle entité britannique chargée de la diversité et de l’inclusion. Offre que le mannequin a acceptée des "hypocrites" blancs. 

Réactions d’Unilever en Inde

Avant L’Oréal, la filiale indienne d’Unilever avait choisi de rebaptiser sa crème éclaircissante Fair & Lovely : l’entreprise anglo-néerlandaise a promis de ne plus recourir au mot fair (« clair »), se disant « engagée à célébrer tous les tons de peau ». 

En Inde, les crèmes éclaircissantes sont recherchées, notamment par des stars de Bollywood. L’une d’elles, Priyanka Chopra, a été prise à partie sur les réseaux sociaux pour avoir soutenu le mouvement 'Black Lives Matter", tout en gardant son rôle d’ambassadrice pour une de ces marques.
Unilever se retrouve régulièrement au centre de controverses 
Depuis son rachat d'Amora Maille, une partie de la production a été délocalisée en Europe : les vinaigrettes en République tchèque, le ketchup en Turquie, mais la production de vinaigrettes a été rapatriée en France en 2010. Les cornichons vendus sous les marques Amora et Maille, jadis récoltés dans l'Yonne, viennent depuis les années 2000 de Chine ou d'Inde. 
La filiale d'Unilever qui fabrique les thés Lipton et Eléphant possédait deux unités de production en France. Après la fermeture de l'usine du Havre en 1998, Unilever décide en septembre 2010 de fermer l'usine Fralib de Gémenos, qui emploie 182 personnes, et de transférer la production en Pologne. L'usine, parfaitement rentable, consacrait les deux tiers de ses bénéfices aux actionnaires. Les salariés et leurs organisations syndicales lancent alors une campagne de boycottage ciblé , décident d'occuper l'usine pour le maintien de l’activité (et des revenus des actionnaires?) 
En mai 2014, après l'annulation par trois fois de son plan social et 1.336 jours d'occupation de l'usine, Unilever conserve la marque mais cède les machines pour un euro et finance la création d'une SCOP. 

De son côté, le géant américain Johnson & Johnson a décidé d’aller plus loin
Cette semaine, il a interdit la vente de substances éclaircissantes conçues pour l’Asie et le Moyen-Orient. "Le débat des dernières semaines a mis en évidence le fait que certains noms ou promesses figurant sur nos produits Neutrogena et Clean & Clear visant à réduire les taches représentaient la blancheur ou la clarté comme étant meilleures que votre teint, unique », déplore le groupe dans un communiqué cité par la radio publique américaine NPR et le New York Times. « Cela n’a jamais été notre intention : une peau en bonne santé, c’est ça, une belle peau », ajoute Johnson & Johnson, en annonçant la fin de ses lignes Neutrogena Fine Fairness et Clear Fairness by Clean & Clear. 

Après le communiqué de L’Oréal, certains, en France, se sont interrogés sur la décision de supprimer des mots sur des emballages sans toutefois remettre en question l’existence même de ces produits blanchissants. 

Retard immense

On reconnaît les racistes
à la blancheur de leurs dents:

vive les dents noires !
Au-delà des cosmétiques, 
quelques entreprises américaines ont annoncé qu’elles allaient faire disparaître ou modifier leur identité visuelle qui perpétue des stéréotypes raciaux. C’est notamment le cas de Quaker Oats (filiale de PepsiCo), qui va bientôt se débarrasser de sa Tante Jemima, et de Mars, qui dit réfléchir à faire évoluer son célèbre Oncle Ben’s.

Le géant américain des produits d’hygiène et ménagers Colgate-Palmolive a annoncé vouloir "réexaminer" ses dentifrices Darlie vendus en Asie et dont le nom signifie "dentifrice pour personne noire", en chinois. La marque s’appelait, jusqu’en 1989, Darkie, une injure raciale.
Mais au-delà d’une image à corriger, les entreprises accusent un retard immense dans la prise en compte de la diversité, notamment au plus haut niveau. D’après un rapport de 2019 du Boston Consulting Group, seuls trois Afro-Américains et 24 femmes sont à la tête des 500 plus grosses sociétés américaines par revenus. Le rapport est inversé en Afrique...

L'information des consommateurs y gagnera-t-elle ?

jeudi 4 juin 2015

Gémenos: François Hollande en campagne présidentielle sur le dos des ex-Fralib

Hollande se déplace pour dévoiler le nouveau logo de la coopérative...

Le chef de l'Etat fait de la récup avec la coopérative des 
ex-Fralib

A l'occasion de la réunion de la Med COP à Marseille (forum de la société civile méditerranéenne) en début de matinée,
Février 2012: Hollande en campagne
au meeting de soutien aux salaries à Paris
 
il enchaînera avec les ex-Fralib de 
Gémenos (Nouveau Centre), à 15 kms de La Ciotat (Bouches-du-Rhône), ce jeudi en fin de matinée, pour traiter de l'enjeu climatique, a révélé en dernière minute l'entourage du président, inquiet de trouver des manifestants. La presse militante appelle ça une "visite-surprise" !

François Hollande va inaugurer les chrysanthèmes  ce  logo de la coopérative issue de Fralib, sous le nom de Scop-Ti (comme thé et infusion). Il visitera ensuite l'usine, puis participera à une signature d'accords. François Hollande était allé à Gémenos pendant la primaire socialiste pour la présidentielle, le 22 août 2011. 
En février 2012, au cours de sa campagne, il avait participé à un meeting de soutien aux Fralib à Paris (video, ci-dessous). Et il les a reçus à l'Elysée au début de son mandat le 31 août 2012. Et puis, plus rien.

Le 28 septembre 2010, le groupe anglo-néerlandais Unilever avait annoncé la fermeture du site pour transférer la production des thés Lipton et des infusions de l'Elephant, une marque créée en 1896 à Marseille, à Bruxelles et en Pologne, ce qui impliquait la suppression des 182 emplois. 76 salariés décidaient en septembre 2012 d'occuper l'usine, jour et nuit, résistant à plusieurs tentatives d'expulsion, assurant des tours de garde pendant les vacances par crainte d'un déménagement des machines.
En mai 2014, devenus des symboles de la lutte contre les délocalisations, ils arrachaient à Unilever un accord de fin de conflit, d'un montant total de 19,26 millions d'euros pour pouvoir monter leur projet, une Scop.

La nouvelle entreprise Scop-Ti s'était relancée seule 
et avait déposé ses statuts en août 2014 sous le nom de société coopérative ouvrière provençale de thés et infusions dans laquelle les salariés ont investi toutes leurs indemnités de licenciement (au total 177.00 euros). 
En mai 2014, après 1.336 jours d'occupation de l'usine et l'annulation par trois fois de son plan social par la justice, c'est Unilever qui cède les machines - d'une valeur comptable de 7 millions d’euros - pour un euro et finance la création d'une SCOP - en versant 2,85 millions d’euros à la coopérative - tout en conservant la marque.

Hollande refait aujourd'hui le coup de 2011

Il a rencontré des ex-Fralib lors de son lancement de campagne 2017 à Carcassonne,
où il avait aussi vu les ex-Pilpa (entreprise de fabrication de glaces reprise en scop par ses salariés). 
Le 26 mai, les salariés de la société coopérative ont présenté leur marque de thés et d'infusions, baptisée "1.336", "comme le nombre de jours de lutte" menée face au géant Unilever. 

Au 1er juin, Scop-Ti compte 24 salariés en CDI -sur les 58 annoncés- avec l'objectif de monter à 50 salariés en 2016.
VOIR et ENTENDRE les paroles creuses du candidat Hollande en campagne présidentielle au meeting de Fralib à Paris en février 2012:
Le 31 août 2014, les représentants syndicaux CGT-CFE/CGC de Fralib avaient reçu de l'Elysée l'assurance que le ministère du Travail allait travailler à conserver à la coopérative la marque "Eléphant", propriété en fait restée à Unilever.

mercredi 5 septembre 2012

Fralib: la communauté urbaine PS de Marseille se jette sur les dépouilles

Les terrains et l'usine Fralib achetés par la communauté urbaine de Marseille
Le président socialiste a finalisé l'acquisition des terrains et bâtiments de l'usine Fralib à Gémenos 
Marseille Provence Métropole (MPM) "avait exercé son droit de préemption sur l'ensemble du site, soit 12.000 m2 environ, dont quelque 2.107 m2 de locaux sociaux et techniques", rappelle le communiqué. La communauté urbaine  en devient propriétaire pour 5,3 millions d'euros,a-t-elle annoncé mercredi dans un communiqué, quelques jours après un report de la transaction.
Le président socialiste de MPM, Eugène Caselli, avait annoncé début août avoir conclu la vente du terrain sur la base d'une estimation des domaines, soit 5,3 millions d'euros, et des machines pour un euro symbolique.
"Les solutions de reprise de l'activité seront trouvées à l'issue du travail important de revitalisation du site et de recherche de repreneurs potentiels que mène aujourd'hui le gouvernement avec le concours des collectivités locales et territoriales", avait souligné M. Caselli le 29 août.

La signature de l'acte d'acquisition, qui devait initialement avoir lieu le 29 août, avait été reportée "pour des raisons techniques", selon MPM. Les représentants syndicaux de Fralib s'étaient alors inquiétés de l'éventualité qu'Unilever ne souhaite plus laisser toutes les machines sur le site.
En vertu d'un protocole conclu entre MPM et le groupe Unilever, maison mère de Fralib, cet achat inclut "l'ensemble des matériels et équipements du site", le seul en France où étaient produits les thés Lipton et infusions Elephant, dans les Bouches-du-Rhône, département toujours présidé par Jean-Noël Guérini.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est félicité de cette acquisition.

Caselli, Carlotti et Montebourg

"Cette étape rend désormais possible des projets de réindustrialisation du site", a-t-il assuré.
Pour Angel Llovera, le patron de Fralib, "l'avenir du site est désormais entre les mains de la communauté urbaine et du gouvernement  pour un projet de démarrage d'une activité, sans la marque Eléphant ni volumes de sous-traitance", ce que les salariés réclament mais ce que refuse Unilever, a-t-il souligné dans un communiqué reçu mercredi.
Or, l'usine de Gémenos est occupée depuis plusieurs mois par une partie de ses 182 salariés initiaux, qui s'opposent à sa fermeture.

Le candidat Hollande avait proposé une "table ronde"

En février 2012, François Hollande participa à Paris à un meeting de soutien aux salariés de Fralib de Gémenos organisé par la CGT. Il avait alors demandé une table ronde sur la situation de ce site menacé de fermeture par Unilever. Le candidat PS à la présidentielle souhaite qu'elle "réunisse des représentants de toutes les parties prenantes, Unilever, l'Etat, les collectivités locales" et assure que "tant que cette table ronde ne sera pas tenue, je continuerai à la demander". 
A l'extrême gauche, deux autres candidats, Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA), ainsi que Pierre Laurent, numéro un du PCF, avaient également promis de ne pas laisser infuser plus longtemps.


En mars 2012, Bernard Ruspini, dirigeant de la société aixoise MFB Lario était présentait comme un repreneur crédible avec pour objectif "la remise en route" de l'usine de Gémenos et de permettre à cette nouvelle entreprise d'acquérir "le statut d'entreprise souveraine, indépendante et autonome". MFB Lario apporterait pour cela un fonds de roulement de 300 000 €. 


Depuis
, à l'issue d'un entretien à l'Elysée le vendredi 31 août, une délégation de salariés de l'usine Fralib a annoncé avoir obtenu la tenue d'une nouvelle table ronde vers la mi-septembre en préfecture.
La délégation venue demander l'intervention du gouvernement pour que la marque Eléphant leur soit cédée a été reçue par des collaborateurs du président François Hollande. Selon ses membres, après une première table ronde en juin, la nouvelle rencontre qui sera organisée vers la mi-septembre, en présence de représentants d'Unilever, aura pour objectif d'ouvrir une phase sur "l'avenir de l'emploi et pour relancer l'activité", a expliqué Olivier Leberquier, délégué syndical CGT décidé à "faire plier Unilever".

L'Elysée a confirmé dans un communiqué qu'"une table ronde sera très rapidement organisée à la préfecture des Bouches-du-Rhône . Concernant l'avenir industriel du site de Gémenos, "on a le sentiment que le gouvernement est à nos côtés", a commenté Gérard Cazorla, secrétaire CGT du comité d'entreprise. 
En effet, "des pistes sérieuses existent, elles doivent faire maintenant l'objet d'un examen approfondi", assure l'Elysée. .

mardi 21 août 2012

Fralib: Hollande, Ayrault et Montebourg braquent Unilever

Les éléphants socialistes sacrifient les salariés 
Unilever refuse une cession de la marque Eléphant 

Paul Polman, le directeur général d'Unilever  exclut de céder la marque de thé Eléphant et de faire travailler en sous-traitance la société que les salariés de l'usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône),  assure P. Polman dans un entretien au Figaro de lundi.

Or, ces deux conditions sont jugées essentielles par les ex-salariés du site marseillais pour assurer la viabilité de leur future société, mais refusée avec constance depuis le début par les dirigeants français du groupe.
Cette mise au point sans ambiguïté de P. Polman - "on ne fera pas plus", assure-t-il par ailleurs dans l'entretien - intervient à quelques jours de la réception à l'Elysée d'une délégation de salariés de Gémenos, le 31 août.

Unilever a souligné être sur la même ligne que les responsables de la filiale française, qui refusent la cession de la marque Eléphant et l'accord de sous-traitance. "L'équipe française a toute ma confiance", dit-il.

Pour le directeur général d'Unilever, "nous sommes maintenant arrivés à une solution responsable". "Nous avons montré pendant deux ans une véritable ouverture au dialogue. Le plan social a été validé par les tribunaux, nous avons offert à tous les salariés la possibilité de travailler sur l'un de nos autres sites en France aux mêmes conditions et nous avons cédé pour un euro symbolique des machines. Je suis convaincu que nous sommes allés bien au delà de nos obligations légales, cela a coûté très cher", souligne-t-il.

"C'est très clair, le dossier est clos", confirme Unilever

Et de pointer le gouvernement: "si la France ne respecte pas ses lois, cela fera peser un risque sur les investissements en France".

Pour Olivier Leberquier, délégué syndical CGT de l'usine Fralib de Gémenos, les démarches des salariés "ont obligé Unilever à sortir du bois". "Si Paul Polman prenait le temps de nous écouter, de se pencher sur la nature exacte de notre projet, il changerait peut-être d'avis", a-t-il accusé.

Il souligne par ailleurs que le directeur général d'Unilever vient d'être désigné, en tant que "pionnier du développement durable", pour figurer dans un panel des Nations Unies chargé de définir l'agenda de développement pour la période suivant 2015.

Montebourg et Touraine ne carburent pas à la tisane

Or, "il y a dix ans, la verveine et la camomille utilisées pour les infusions venaient de Provence, mais Unilever a cassé ce système pour faire venir les plantes d'Europe de l'Est", s'indigne M. Leberquier, qui assure que P. Polman ne connaît pas tous les éléments du dossier.

En mai, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, en visite sur le site de Gémenos, avait prétendu qu'Unilever acceptait de reprendre les négociations sur des scénarios de reprise, dont le plan B  projet alternatif.

L'usine, qui a cessé de produire à la fin du mois de juillet 2011, est toujours occupée par une partie des salariés.

lundi 14 mai 2012

A Fralib, les salariés attendent que Hollande les ré-enchante...

Les salariés de Fralib attendent un "geste fort" de la "gauche molle"



Bernard Thibault (CGT) a fait le voyage le 13 octobre 2011 pour exalter les salariés



Hollande doit passer des promesses de changement à  un "geste fort" 

Les salariés de Fralib ne comprendraient pas, après sa promesse de les défendre, d'être expulsés, comme l'exige Unilever, de l'usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône, département socialiste) qu'ils réoccupent depuis vendredi, a-t-on appris lundi de source syndicale.

Bernard Thibault (CGT) avait appelé à voter  Hollande
"La passation de pouvoir [mardi à l'Elysée] est l'occasion de faire un geste fort pour empêcher Unilever de vider l'usine" que sa direction ferme pour manque de compétitivité, a déclaré le délégué du syndicat CGT, Olivier Leberquier.
"On a rencontré Hollande cinq fois pendant la campagne et à chaque fois il a pris l'engagement d'être à nos côtés. Il y a urgence maintenant", a insisté le syndicaliste désenchanté.

La CGT n'a évidemment pas eu de contact direct avec le président-élu, mais des socialistes locaux ont renouvelé  leur soutien -à la légère- depuis la semaine dernière.


Dimanche dans le Parisien, Bruno Witvoët,
 le président d'Unilever France a qualifié l'occupation de l'usine d' "opération commando".

Une audience devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille est prévue 


Elle aura lieu mardi à 14h00 pour obtenir l'expulsion immédiate des salariés, si besoin en faisant appel à la force publique, selon la direction, qui a entamé les préparatifs pour vider l'usine dont le terrain n'appartient pas au groupe.

"On ne comprendrait pas d'avoir les forces de l'ordre en face de nous puisque le nouveau président aura le pouvoir de dire au préfet de ne pas les envoyer", a prévenu le cégétiste local. 

Dans un courrier à la préfecture dimanche, l'union départementale de la CGT a fait part de sa détermination à s'opposer "fermement" à une intervention des forces de l'ordre qui ouvrirait la voie au déménagement de l'entreprise.

La CGT de Bernard Thibault réclame le maintien de l'outil industriel


Il suggère la préemption du terrain et des bâtiments  par les collectivités socialistes locales, et une table-ronde nationale pour mettre en place un projet de reprise de l'activité sur le site de Gémenos, le seul en France à produire les thés Lipton et tisanes de la marque L'Eléphant, et qui est au coeur d'un conflit depuis près de 600 jours.

Sur les 182 initiaux, 103 salariés encore en lutte se voient proposer un nouvel emploi au sein du groupe Unilever, ou un congé de reclassement dans la région, dans le cadre d'un troisième plan de sauvegarde de l'emploi validé par la justice marseillaise le 20 avril, les deux premiers plans proposés par le  groupe Unilever ayant été retoqués, après une campagne de boycottage ciblé des produits de la marque...
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mercredi 25 mars 2009

Que font les collectivités territoriales pour les emplois menacés de Heuliez à Amora ?

A quoi servent Rebsamen et Désirdavenir Royal ?

Au-delà des effets d’annonce
Combien les huit régions socialistes ont-elles versé en 2007 pour entrer au capital d’EADS et sauver Airbus ?
Voilà à peine plus de deux ans, en mars 2007, Sa Cynique Majesté Royal était une candidate pleine d’illusion à l’Elysée. L’esbroufe semblait devoir faire recette et elle se faisait la porte-parole de la proposition de Martin Malvy de faire entrer les huit régions socialistes concernées d’entrer au capital d’EADS, à hauteur de 150 millions d’euros (lien L'Express).
Elle déclarait alors que “tout le monde doit faire bloc” en France face au plan de restructuration d’Airbus, sujet qu’elle évoqua avec Angela Merkel, et proposa un plan d’action. “Au-delà des sensibilités politiques, en Allemagne, tout le monde a fait bloc. Donc, en France, tout le monde doit faire bloc dans la situation actuelle pour sauver l’aéronautique”, plaida-t-elle la candidate socialiste lors d’un point de presse à son QG de campagne, au terme d’une réunion des huit présidents PS des régions concernées par les suppressions d’emplois (dont sa région Poitou-Charentes).

Pas de politique politicienne quand Désirdavenir est dépassée
Encore une déclaration à sens unique: “Ce sujet ne mérite pas de politique politicienne. Il faut savoir dépasser les antagonismes politiques pour travailler ensemble dans l’intérêt général”, précha-t-elle alors, invitant l’Etat à “tendre la main” à l’initiative des régions socialistes !Face au plan Power 8, elle présenta un plan d’action en quatre volets qui resta lettre morte.

La grève, la réponse socialiste à tout

Les salariés menacés ont théoriquement sous la main une Présidente de région qui fut candidate, certes malheureuse, de l’ensemble de la gauche, et qu’est-ce que ça change ?
Frère François était numéro 2 du PS, rien de moins ! Il est toujours maire de Dijon. Sachant que les socialistes ont une solution à tout, voire plusieurs, comment expliquer que 244 emplois y soient encore menacés ?

N’est-ce qu’une question d’argent ?

Les sites d’Amora-Maille de Dijon (dont le maire socialiste, François Rebsamen, fut un proche de François Hollande, puis de l'amère Royal) et d’Appoigny (près d'Auxerre dont le maire est Ferraz, un socialiste), dans l’Yonne, restent en effet fermés. Une fermeture pour l’instant due à la grève menée depuis dix jours par les salariés mais qui sera bientôt définitive : Amora-Maille s’est vendu en 2000 au groupe Unilever, qui l’a décidée. En tout, près de la moitié des emplois pourraient être supprimés (sur un effectif de 453). Le site de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d’Or), que la direction veut développer, était bloqué mercredi 25 mars, les grévistes affirmant détenir un stock de 22 000 palettes de produits Amora.

  • Mercredi soir, la pression était énorme. La direction a promis de verser 40 000 euros à chaque salarié, en plus des indemnités légales (avec un plafond de 90 000 euros d’indemnités au maximum). Mais les syndicats réclament 125 000 à 140 000 euros. La direction leur a donné jusqu’à ce soir minuit pour accepter la proposition. Sinon, les strictes indemnisations légales s’appliqueront.
  • «Inacceptable, estime Jean-Pierre Cordier, de FO, le syndicat majoritaire. Quand on sait qu’ Unilever a fait 5,3 milliards de bénéfices nets en 2008…» Quant à la proposition de sauver 32 postes de plus en rapatriant une ligne de production de vinaigrette, produite en République tchèque : «Du flan. Je ne les vois pas démonter une ligne toute neuve [en Tchéquie] pour réimplanter en France une vinaigrette qui de toute façon ne se vend plus depuis qu’on a changé son emballage…»
    «Entre les mesures d’âge, les projets personnels et les reclassements, je peux déjà présenter autant de solutions que de salariés concernés», confiait au contraire la semaine passée Hervé Laureau, le président d’Amora-Maille. Notamment grâce à la création de 150 emplois chez FM logistic, qui s’est vu confier l’activité de distribution et où les ex-Amora seraient prioritaires. Hier soir, la CFDT espérait convaincre les autres syndicats d’organiser un vote des salariés sur les propositions de la direction. A main levée ?

    Mieux que l’invective à la Royal, le président aux « bras ballants »

    C’est acquis, la présidente de la région Poitou-Charentes est une incapable. Après EADS et la CAMIF pour lesquels elle n’a apporté que des déclarations, elle ne peut davantage pour Heuliez, sur son territoire.

    Pour Heuliez, les "cadeaux" deviennent possibles…
  • L’amère de Melle n’a que 5 millions à offrir: il faudra que les Français mettent 10 millions d’euros dans le sous-traitant automobile Heuliez.
    Si l’entreprise familiale se plie aux exigences du gouvernement, le Fonds d’investissement stratégique (FSI) contribuera à son sauvetage en rentrant au capital, après s’y être d’abord refusé. Dans le cas contraire, les 10 millions seront quand même versés, mais sous la forme d’un «traitement social d’entreprise en restructuration». Autrement dit, la cessation de paiement ne serait pas évitée et elle interviendrait dès le 10 avril.

    Temps mort dans les invectives

    L’entreprise a besoin de 45 millions d’euros et «la moitié n’est pas trouvée», a dit hier Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’Industrie, qui exige que la famille Quéveau, propriétaire d’Heuliez, mette la main à la poche. Selon Luc Chatel, seules les contributions de la région Poitou-Charentes présidée par Désirdavenir Royal (5 millions), de l’Etat (10 millions) et du fonds d’investissement Demeter (7 millions) sont acquises. Reste à trouver 23 millions auprès de banques ou d’industriels. Des partenariats pourraient être noués. Avec des bénéficiaires du bouclier fiscal ?

    Le gouvernement exige aussi que le sous-traitant lui soumette «un vrai projet industriel».

    Ce qui suppose de renoncer aux activités en déclin telles que l’emboutissage ou la carrosserie. Actuellement, les 1 014 salariés sont au chômage partiel un tiers de leur temps. Le gros de l’activité réside dans la production de l’Opel Tigra Twin-Top, qui cesse en juillet.

    Heuliez fait valoir son projet de véhicule électrique Friendly, prévu pour 2010. «Ce projet n’occupe que 45 salariés», oppose Chatel. Et les développements attendus paraissent inatteignables. «L’objectif de coût de production est extrêmement ambitieux compte tenu d’un prix de vente de la Friendly très bas, de même que celui d’accaparer 25 % du marché en deux ans alors même qu’il n’y a pas de client confirmé», liste le directeur du FSI, Gilles Michel, qui reconnaît qu’il «faudra une forme de réorganisation ou de restructuration».

    Les licenciés sont-ils "inreclassables"?
    Les salariés, reçus hier par le secrétaire d’Etat, craignent des licenciements. «Le gouvernement ne nous le dit pas clairement mais il nous demande d’expliquer en quoi notre projet tient la route entre septembre 2009 et avril 2010», confie Emile Bregeon, délégué CFDT. Il souligne qu’avec les contrats futurs, comme celui de fabrication de portes d’hélicoptères pour Eurocoptère, «150 personnes ne seront pas affectées sur des projets». Et souhaite que ce sureffectif soit géré via du chômage partiel : «Dans le contexte actuel, les gens sont inreclassables».

    Aujourd’hui , Luc Chatel doit se rendre dans le fief de Sa Cynique Majesté Royal, au siège du groupe, à Cerizay (Deux-Sèvres), pour expliquer la démarche du gouvernement.
    L'opposition "qui fait bloc" lui enverra-t-elle des syndicalistes survoltés? SUD se distinguera-t-il ?
    Qu’au moins la gauche ne fasse pas du blocage !...

    samedi 6 décembre 2008

    Manifestation contre la fermeture de l'usine Amora de Dijon

    Les socialistes Patriat et Rebsamen, les « bras ballants » ?
    Le député-maire PS de Dijon, François Rebsamen, un ségolénien, et François Patriat, président PS de la région Bourgogne, ont défilé aux côtés des salariés d'Amora et des militants solidaires. Ne pouvaient-ils pas mieux ?

    Ils ont manifesté samedi à Dijon contre le projet de fermeture de l'usine historique de fabrication de moutarde par la multinationale Unilever. La fermeture du site historique de moutarde à Dijon, celui de cornichons à Appoigny (Yonne), ainsi que sa plate-forme logistique locale devraient entraîner 296 licenciements, estiment les syndicats, contre 265 postes, selon la direction, parmi les 486 salariés d'Amora Maille.

    > Accompagnés d'employées d'autres industries de la région , d'habitants de Dijon et le renfort de responsables politiques de droite, les salariés d'Amora, qui portaient des dossards "Unilever n°1 de l'Assedic" ou "Unilever, Joyeuses fêtes", étaient quatre mille personnes, selon les syndicats, 2.500 selon la police.
    "Ce qui est en train de se passer est inacceptable", a dit Anne Fournier, Dijonnaise âgée de 50 ans. "C'est une société qui fait des bénéfices, il faut que toute la ville se mobilise pour sauver Amora."
    > "On montre à Unilever qu'on est déterminés à sauver nos emplois en Bourgogne", a déclaré Sylvain Pépin, délégué CFDT et responsable de maintenance chez Amora depuis 20 ans.

    >
    Une bonne petite manif fait oublier les drames humains à certains …
    "On est bien plus nombreux que ce qu'on avait espéré", s'est réjoui Didier Roche, délégué Force ouvrière, dans l'entreprise depuis 16 ans. "On se dit qu'on va peut-être pouvoir influencer la décision du groupe."

    Et comment se fait-il qu’en 2000, Amora-Maille soit tombée entre les mains de la multinationale Unilever ?
    Dans le secteur alimentaire, outre Amora, Uniliver possède Maille, Alsa, Fruit d'Or, Knorr, Maizena et Lipton.
    Dans les années 50, Amora s’était étendue de la moutarde aux vinaigrettes, ketchups, mayonnaises ou cornichons et était devenue le numéro 1 du secteur des condiments en France.

    Problème
    Bénédicta, son concurrent, créa bientôt des difficultés à Amora. Cette marque concurrente a appartenu à Unilever jusqu'en 2000. Depuis que le groupe l'a revendue, juste après le rachat d'Amora Maille, ses dirigeants ont redressé les ventes et gagné des parts de marché. Ils n'ont pas tardé à extrapoler sur Amora...
    Autre problème
    "Les ventes d'Amora Maille ont baissé de 20 % depuis 2003", justifie la direction. "Non seulement le marché régresse, mais les marques de distributeurs gagnent du terrain." Les manifestants défileront-ils devant les sièges sociaux d’Auchan, Carrefour et les autres ?
    Dommage que le PS soit centré sur lui-même, car lorsque, pendant la campagne présidentielle, sa candidate tenta de séduire les Français(es), elle était pleine d’ingéniosité ! N’avait-elle pas promis son soutien aux pêcheurs et l’aide financière de présidents de conseils régionaux socialistes pour venir en aide à EADS ? En période électorale, les socialistes admettent que soutenir une entreprise, c’est soutenir ses salariés. Mais après ?

    Or, les Européennes de 2009 ne mobilisent pas Sa Cynique Majesté Royal, qui semble se consacrer exclusivement à son avenir, mais le député-maire ségolénien de Dijon, Frère Rebsamen, et François Patriat, président PS de la région Bourgogne, ne pouvaient-ils pas faire mieux pour Amora que la présidente de Poitou-Charentes pour la CAMIF, considérant l’ampleur de leurs pouvoirs ?

    Seront-ils crédibles lorsqu’ils fustigeront le gouvernement ?