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mardi 11 décembre 2018

Crise sociale : les Gilets jaunes ne se satisferont pas de "miettes"

Les Gilets jaunes ne se sont pas laissés marabouter par le sournois: les manifestants "ne lâchent rien"


Au 
péage de la Barque, Bouches-du-Rhône, les 'gilets jaunes' ne comptent pas s'arrêter là...


Le péage de la Barque est occupé par les
Péage de la Barque 

Macron n'en est pas à son premier coup de force.

Les grèves et manifestations syndicales du printemps 2016 en France contre la Loi Travail de François Hollande ont duré du début du mois de mars à mai 2016 quand le gouvernement engagea sa responsabilité au titre de l'article 49, alinéa 3. Les mobilisations reprirent en septembre et octobre 2017,pour protester contre cette réforme dite El Khomri, imposée par ordonnances du président ...Emmanuel Macron. 
L'ex-conseiller, puis ministre de Hollande tenait à créer par ordonnances une 'Loi Travail 2', correspondant mieux à la version originelle du projet de la Loi El Khomri. Encore plus décriée que la version adoptée en 2016 et passée par Manuel Valls, en contournant le Parlement par le biais de l'article 49-3 de la Constitution,
l'entêtement du président Macron provoqua en septembre 2017 l'apparition de manifestations contre la 'Loi Travail 2' qu'il fit passer en force au moyen de deux nouveaux recours au 49.3, en dépit de manifestations, de dégradations matérielles, de rébellion ou d'outrage.

Au printemps 2018, l'Assemblée dominée par le parti résidentiel débattit d'une
réforme Macron du secteur ferroviaire prévoyant la fin progressive du statut du cheminot et fixant les modalités de l'ouverture à la concurrence du trafic de passagers, ce qui entraîna plusieurs préavis de grève des cheminots, qui ne parvinrent pas à empêcher l'adoption de la réforme dans l'été.
Les cheminots avaient appelé à une grève rythmée de deux jours sur cinq. Lancée le 3 avril, elle dura jusqu'au 28 juin, soit 36 jours de grève en trois mois, selon le planning fourni par les syndicats.

Les Gilets jaunes devront-ils tenir trois mois ?

  • Le péage de la Barque est occupé depuis le début du mouvement des «gilets jaunes».
  • Il continue à l'être au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron, insuffisantes selon eux. 
"Marquez bien qu’on ne lâche rien ! Il a cédé, c’est bon !". Comme tous les jours depuis le 17 novembre, une flopée de "gilets jaunes" s’est installée devant le péage de la Barque, dans les Bouches-du-Rhône. A quelques kilomètres d'Aix-en-Provence​, cette barrière de péage est devenue l’un des bastions du mouvement dans le département.

Au lendemain de l’allocution très attendue d’Emmanuel Macron, ces manifestants sont toujours là. Et pour cause : "on est déçu", gronde Gilles. "C’est de l’enfumage, abonde Jean-François. Le SMIC n’est pas revalorisé, c’est la prime d’activité" qui l'est. "Et ce SMIC-là, ce n’est pas lui ou les entreprises qui le donnent, ce sont nos impôts !", note, amère, Nelly. "Il faut augmenter le taux horaire du SMIC", réclame son voisin.

"On ne lâchera rien"

"Nous, on se bat pour le pouvoir d’achat de tout le monde, souligne Jean-François. Pour nos enfants, nos petits-enfants; on ne lâchera rien.
"La prime défiscalisée, il faut déjà que le patron veuille ou puisse la donner !" Ou qu'il en ait les moyens... 

"Moi, j’ai 73 ans, poursuit Alain. Je touche une retraite de 2.100 euros, je suis juste au-dessus du seuil, donc je suis marron. Avec la CSG, on m’enlève 600 euros par an ! Depuis Hollande, nos retraites sont bloquées, par une seule augmentation. Ça fait six ans !"

Le péage de la Barque est occupé par les «gilets jaunes»
Les 'gilets jaunes' occupent le péage de la Barque depuis un mois

"On demande aussi un référendum d’initiative citoyenne, explique Nelly. Il faut qu’on concentre nos revendications sur quelques points, ou sinon ils piocheront dedans, dans ce qui les arrange. On n'est que des enfants. Alors qu’avec le référendum, on redevient des adultes citoyens."

"Il pensait nous calmer et ça nous a mis en rage"

"Macron nous a donné des miettes, estime Pierre, très en colère. Il espérait qu’on dégage avec cette allocution. Mais on va continuer à se mobiliser et il donnera encore plus la prochaine fois. Il pensait nous calmer et ça nous a mis en rage. On est là pour que nos enfants aient un meilleur avenir. Ce n’est pas de gaieté de cœur que je viens me geler ici !"

"On continue à se mobiliser pour obtenir ce qu'on veut, explique Richard. Ce qu’il a annoncé, c’est de la poudre aux yeux. Ce n’est pas ce que l’on demandait. On voulait que les riches paient et il n’a pas rétabli l’ISF."

"Ça suffit d’être trop gentil"

Tous appellent à continuer la mobilisation. "Les gens, ils nous klaxonnent, mais on a envie de leur dire :"rejoignez-nous", histoire que tout ça serve à quelque chose", soupire Jean-François. "Moi, je suis prêt à passer le réveillon ici, répond Pierre. Si nous, on n’est pas sur ce péage, y’a personne !"

"Ça suffit d’être trop gentil, s’énerve Catherine. Là, y’en a marre. Ici, on sert à rien. Je viens tous les jours depuis le 17 novembre. Mon gendre, qui est un "gilet jaune" du dimanche, dit qu’il faut bloquer les préfectures. Je ne sais pas si c’est utile…" Dans certaines villes, les services des impôts le sont...

"C’est la casse qui a fait reculer Macron"

"On est gentil, pacifiste, mais si on est trop gentil, on ne nous écoute pas, déplore Cédric. Il faut de la casse, sinon on ne nous entend pas. C’est la casse qui a fait reculer Macron. Il ne faut pas lâcher."

"A la Barque, on est pacifiste, on a toujours canalisé les jeunes ici, explique Gilles. Mais on ne peut pas canaliser tout le temps… Il faut prendre conscience de la tension. Même moi au travail, je le vois. Pour l’instant, c’est calme…" 
Selon un sondage publié par Le Figaro et France Info, 54 % des Français appellent les 'gilets jaunes' à continuer leur mouvement, contre 66 % le 22 novembre.

lundi 24 septembre 2018

L'OFCE conteste la baisse fiscale de 6 milliards, selon Macron

L'Observatoire français des conjonctures économiques y voit une imposture

Le gouvernement annonce 6 milliards d'euros de baisse des prélèvements en 2019

Macron évalue à six milliards d’euros la baisse globale des prélèvements obligatoires pour les ménages en 2019, selon des chiffres publiés samedi par Les Echos et confirmés à la source par les services de Gérald Darmani au ministère des Comptes publics.

L’exécutif arrive à cette estimation en agrégeant des mesures déjà annoncées, comme la baisse de la taxe d’habitation pour 80% des Français (3,8 milliards d’euros), la suppression de certaines cotisations salariales (4 milliards d’euros) et la baisse de la CSG pour 300.000 retraités (300 millions d’euros).

Et ces baisses sont partiellement annihilées par la hausse de la fiscalité énergétique, représentant 1,9 milliard d’euros, celle des paquets de cigarettes, pour 400 millions d’euros, ou les restrictions du périmètre du CITE (crédit d’impôt pour la transition énergétique), pour 800 millions d’euros.
La différence entre les deux colonnes permet au gouvernement d’arriver au chiffre de six milliards d’euros d’allègement.


L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a abouti à une estimation bien inférieure

Cette étude de l’OFCE publiée vendredi a estimé à seulement 3,5 milliards d’euros le gain de pouvoir d’achat pour les Français en 2019 attribuables aux mesures gouvernementales.

L’OFCE souligne dans son évaluation que l’évolution des prestations sociales devrait amputer le pouvoir d’achat des ménages de 2,5 milliards en raison principalement de la désindexation des pensions de retraite, des prestations familiales et des allocations logement.

La presse institutionnelle n'a pas pointé l'intox de Macron
Malgré leurs importants moyens en personnels, les "fact-checkers" vertueux de la presse - toujours prêts à pointer les blogs et les réseaux sociaux qui ont la parole libre (le "check news" de Libération, l'AFP factuel, les "Observateurs"de France 24, le "fake off" de 20 Minutes, en partenariat avec Facebook !, "Le vrai du faux" mené par Antoine Kremp à francetvinfo, ou 8 rédacteurs "décodeurs" au journal Le Monde, avec 2 coordinateurs et 5 data-journalistes : combien d'emplois inutiles, donc) - n'ont pas dénoncé le tour de passe-passe de Macron.

L'exécutif s'est mis en difficulté dans la résolution de l'équation budgétaire - et aussi politique - , mais continue à magouiller les chiffres pour tenter de tromper l'opinion, tout en s'étonnant de sa chute vertigineuse de popularité, suite à ses choix de dépenses publiques et au "ras-le-bol fiscal".

Le premier ministre, Edouard Philippe, a dû annoncer une baisse de la CSG pour 300.000 retraités, en guise de "mesure de correction".
Or, selon l'édition 2018 des Tableaux de l'économie française publié en février par l'INSEE: "en fin d’année 2015, 16,0 millions de personnes, vivant en France ou à l’étranger, sont retraitées de droit direct d’au moins un régime français". Parmi ceux-là, 13,1 millions bénéficient du régime général des salariés du privé géré par la caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). 300.000 sur 16 millions...

Les ministres de l’Economie et des Comptes publics, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, doivent présenter le projet de loi de Finances pour l’année prochaine lundi en conseil des ministres. 

mardi 17 octobre 2017

Macron s'acharne sur les retraités


Les seniors  sont les grands perdants de la politique d'Emmanuel Macron


Les retraités vont une hausse de la CSG en 2018


60% des 14 millions de retraités sont visés par cette augmentation.
 
Le trentenaire et ses vieux
Ils étaient donc encore plus justifiés qu'ils ne pensaient à manifester leur colère contre la hausse de la CSG, le 28 septembre.  Ce sont les moins de 65 ans qui touchent plus de 1.200 euros par mois et les plus de 65 ans qui ont plus de 1.400 euros. 

Car, sur RMC et BFMTV, le jeudi 24 août 2017, il y a seulement deux mois, le premier ministre, Édouard Philippe, avait annoncé que les pensions de retraite seraient revalorisées de +0,8% au 1er octobre 2017.
Cette bonne nouvelle n'était possible que grâce à la remontée de l’inflation, expliquait-il. Au début du mois de juillet 2017, la Commission des comptes de la Sécurité sociale avait en effet assuré que l’inflation allait se stabiliser à +0,9 %. Partant de ce postulat, le gouvernement d'Edouard Philippe avait décidé d'augmenter les pensions retraite de +0,8% (et non 9%...) au 1er octobre 2017.
La petite bouffée d'oxygène que les retraités croyaient acquise leur est coupée.
Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, à l’Elysée, le 28 juin.
Le gel de leurs retraite est prolongé jusqu'en 2018..., après un précédent gel l’an dernier. 
La première hausse significative remonte à 2013, puisque les pensions n’avaient pas bougé en 2014 et avaient été augmentées de 0,1% seulement en 2015.
Quant aux fonctionnaires, le ministre des Comptes public, Gérald Darmanin, a officialisé fin juin le gel, dès 2018, de la valeur du point d'indice qui sert à calculer leur rémunération. Les salariés de l'Etat sont plus que jamais sa variable d'ajustement facile et récurrente. 
"Nous n’avions aucune illusion sur le programme libéral d’Emmanuel Macron", cingle Christian Grolier (FO). "M. Darmanin, peu après sa prise de fonctions, avait assez clairement laissé entendre qu’il n’y aurait "pas de nouvelle augmentation de la valeur du point, en 2017, après celle de 0,6 % entrée en vigueur en février", poursuit-il.

Le ministre va même plus loin, indiquant qu’il n’y aura aucun coup de pouce au moins jusqu’en 2018. Les retraités doivent faire face à des "pertes de pouvoir d’achat" pour les fonctionnaires, souligne Grolier. C’est la preuve que "le prisme comptable va peser sur ce ministère", s’indigne Bernadette Groison (FSU), en fustigeant une décision "aussi injuste qu’inefficace" qui va "bloquer la rémunération de 20 % de la population".
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Laissez-les vivre, bordel !
Et cette revalorisation des retraites passera sous le nez de certains.
En effet, au prétexte d'uniformisation des 35 régimes de base et des 29 régimes complémentaires, elle ne s’appliquera sans doute pas aux pensions complémentaires servies par l’Agirc (régime de cadres) et l’Arrco (salariés du privé) au 1er novembre (date à laquelle elles doivent être revalorisées chaque année). En effet, la revalorisation des pensions complémentaires est égale à la valeur d’inflation, diminuée d’un point. Les pensions complémentaires du privé pourraient encore être gelées en 2018, comme en 2017. Votée par les partenaires sociaux en octobre 2015, leur fusion est programmée pour le 1er janvier 2019.

Lors de son intervention télévisée dimanche 15 octobre, le président Macron a prétendu rassurer...

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Les parents Macron
Les retraités perdent d'un côté, mais certains d'entre eux gagneront de l'autre avec l'exonération de la taxe d'habitation.

2,5 millions d'entre eux seront taxés de toutes parts
Selon Bercy, les gagnants sont les célibataires aux revenus inférieurs à 2.500 euros par mois et les couples à moins de 3.981 euros.  En tout, 4,5 millions de retraités seront exonérés de la CSG. 
Mais près de 2 retraités sur 5 sont perdants. 

Ils paieront la CSG majorée et encore et toujours la taxe d'habitation.
La baisse de la taxe d'habitation, en contrepartie, ne s'appliquera pas aux retraités les plus aisés.


Macron a tenté une intox des retraités sur TF1 dimanche
Résultat de recherche d'images pour "macron et sa vieille"
Avec la hausse de la CSG, près de 60% des retraités, soit 8 millions de personnes âgées, vont voir leur pouvoir d'achat se réduire. Emmanuel Macron a pourtant assuré que cette hausse de la CSG sera intégralement compensée par la taxe d'habitation, "qui va progressivement baisser. Dans une grande partie des cas, la taxe d'habitation diminuera d'un tiers et compensera la hausse de 1,7 point de CSG", a-t-il précisé, estimant, non sans démagogie, que les retraités ont "dûment gagné leur retraite. Ils ont travaillé et ont des droits".


Mais dimanche 15 octobre, Macron a encore remonté les retraités contre lui.
Résultat de recherche d'images pour "colere retraites septembre 2017"
Pierre Erbs, le président de la Confédération des retraités, ne cache pas sa  colère relancée par les annonces du chef de l'État. "Je suis en colère de voir que monsieur Macron reste enfermé dans sa position qui consiste à opposer actifs et retraités", regrette Pierre Erbs. "Pour toutes les catégories d'actifs, il y aura compensation de la hausse de la CSG; il n'y a que pour les retraités qu'il n'y aura pas de mesure spécifique".
En même temps, il est vrai que les Français sont inaptes à comprendre la "pensée complexe" du petit vulgaire prétentieux de l'Elysée. En attendant, il a montré qu'il est lui-même inapte à la pédagogie : 61% de sondés ne lui ont pas fait confiance dimanche.

samedi 1 juillet 2017

Un séminaire gouvernemental en région, pour faire simple et pas cher

Macron clôture à Nancy le stage de formation de ses députés novices

La Meurthe-et-Moselle, supérieure au 7e arrondissement de Paris

Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"Le chef du gouvernement et ses ministres se sont délocalisés dans une belle province de Macron 1er, petit père de toutes les régions, vendredi et samedi, pour discuter la "feuille de route" du début du quinquennat. Nancy a eu l'immense honneur d'abriter un séminaire gouvernemental en forme de stage de "renforcement d'équipe" ("team building", pour les admirateurs de la langue américaine). 
Le concept de 'team building' est né dans les années 80 et se fondait alors sur de nombreux travaux des années 60, comme les "étapes de Tuckman," du nom du père du "forming–storming–norming–performing model" de développement du groupe considéré. Il a pour objectif de rendre les équipes plus efficaces en resserrant les liens au sein des équipes. Le jeune président trentenaire y a recours 30 ans et 50 ans plus tard, par nécessité. En effet, son équipe de législateurs est hétéroclite, inexpérimentée et informe.
Or, les techniques de
'team building' visent donc à resserrer les liens entre les membres d'une équipe, quand cette équipe existe. Mais comme la sienne est à l'état de pâte à modeler, Macron 1er doit lui donner forme et lui insuffler l'esprit d'équipe qu'il veut pour elle. Nancy est le lieu choisi pour ce formatage des esprits, en favorisant la gestion du stress et la cohésion entre ses membres par un environnement favorable au travail collectif, à travers des activités de jeux de management, d'activités sportives, culturelles, artistiques ou créatives. Un 'boot camp', diront certains, où sont mises en place des situations dans lesquelles les acteurs seront mis à contribution pour atteindre un but collectif, faire preuve de solidarité, communiquer, résoudre des problèmes et prendre des décisions de façon collégiale ou tout simplement partager un bon moment. Les pratiques de renforcement d'équipe sont au nombre de trois : la récompense, l'intégration de nouveaux collaborateurs et la gestion de crise...
Le séminaire de Nancy est aussi l’occasion pour Edouard Philippe de commencer à dessiner son style comme premier ministre. Une nécessité, là encore, puisque l'hyper-président lui brûlera la politesse lundi lors du rassemblement des deux chambres du Parlement en Congrès à Versailles, la veille de sa propre déclaration de politique générale devant les députés. Macron 1er, tsar de toutes les régions, affirmera à Nancy sa prééminence sur son collaborateur de Matignon. 
Résultat de recherche d'images pour "sons et lumieres nancy 2017"
Edouard Philippe et plusieurs membres de son gouvernement ont assisté vendredi soir au spectacle Sons et lumières donné, comme chaque été par la préfecture de Meurthe-et-Moselle, devant les façades XVIIIe siècle illuminées de l’hôtel de ville, au milieu des riverains et des touristes surpris de les trouver là. Le gouvernement s’est offert, vendredi et samedi 1er juillet, un week-end découverte en Lorraine : voyage en train tous ensemble et nuit à l’hôtel (sauf pour le premier ministre logé en préfecture). 
Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"
Deux jours durant, le chef du gouvernement et ses ministres se sont délocalisés en province pour ce "séminaire de travail" à huis clos (cf. le "bunker", ci-contre), au cours duquel chacun a évoqué sa "feuille de route" pour le début du quinquennat. 
L’occasion aussi pour Edouard Philippe d'effectuer ses débuts de chef de la majorité dominée par La République en marche, à la veille de sa déclaration de politique générale, mardi 4 juillet devant l’Assemblée nationale.

Pendant ce temps, le président de la République, Emmanuel Macron, assiste à Strasbourg à la cérémonie européenne en mémoire de l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl ou inaugure la nouvelle ligne TGV entre Paris et Bordeaux (en plus du Paris-Rennes).

A Nancy, l'ambiance rappelle celle des séminaires de cadres de grandes entreprises

"Un moment de rencontre et de partage" pour "souder un esprit de cohésion", tente de théoriser le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. " Nous retrouver tous ensemble pour mieux nous connaître et pour dresser un constat partagé sur la situation du pays", résume le premier ministre, dissimulant mal une opération de formatage des esprits à l'unanimisme de groupe. Edouard Philippe raconte qu'il a voulu "s’extraire des soubresauts du temps court", citant l’historien Fernand Braudel. On comprend dès lors que les journalistes des chaînes d'information en continu soient inadaptés et exclus de ce huis clos de Nancy.

Les media en sont réduits à couvrir l'écume de l'événement. 
Image associéeLa fine équipe Philippe II a donc partagé un "dîner de travail" avec des "héros du quotidien", dixit le même Castaner, vendredi soir, dans une tentative de perfusion de courage et d'expertise. Dans le huis clos des gens de La République en marche, les héros ont raconté "leurs expériences personnelles inspirantes pour tous". Parmi ces invités, Jean-Marie Schleret, l’ancien député de Meurthe-et-Moselle engagé dans l’action sociale et solidaire, Céline Lazorthes, fondatrice de la start-up de paiement en ligne Leetchi, ou l’académicien Erik Orsenna. L’écrivain, ancien conseiller à l’Elysée sous François Mitterrand, a mis en garde, avec humour, les ministres contre "la vanité du pouvoir". "Il nous a fait tout un topo sur la prison que peut devenir un ministère et sur le risque d’enfermement du pouvoir", rapporte un participant. 

Résultat de recherche d'images pour "seminaire travail nancy 2017"Mais l'étoile du week-end d’intégration du gouvernement Philippe a été l’astronaute français Thomas Pesquet (ci-contre à gauche). Convié par le premier ministre, "Thom Astro" a raconté sa mission de six mois sur la station spatiale ISS. "Je viens partager mon expérience et les points communs qu’il peut y avoir entre une mission spatiale et diriger la France", a expliqué le scientifique, légèrement flottant dans sa tentative de rapprochement sur commande. "On était comme des gosses !", confiera après le repas un ministre anonymé, avouant que plusieurs membres du gouvernement n’ont pas résisté à prendre des selfies avec l’astronaute ou à lui demander des autographes pour leurs enfants. Séminaire de travail, disiez-vous ?

L'exécutif, une 'Belle Alliance Populaire' ?

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G. Collomb ne semble pas vraiment intégré
Face à un chef de l’État omniprésent, Edouard Philippe a essayé de profiter du séminaire pour se poser en animateur du gouvernement. "Une équipe complémentaire, motivée, avec un bon esprit. Je suis ravi d’être à sa tête", a-t-il confié à la presse, vendredi soir devant un demi de bière, attablé en terrasse place Stanislas avec plusieurs de ses ministres. Du pain béni pour Paris Match, Closer ou Public... 
Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"
Autour de lui, s’affiche la jeune garde gouvernementale, avec les "Macron boys," Benjamin Griveaux, 39 ans (ci-contre à gauche), Julien Denormandie, 37 ans, et Mounir Mahjoubi, 33 ans, tous secrétaires d'Etat, et les ralliés venus de la droite, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Jean-Baptiste Lemoyne. Les vieux de la vieille, Jean-Yves Le Drian, 70 ans, Gérard Collomb, 70 ans, ou Bruno Le Maire, 48 ans, en revanche, avaient préféré regagner leurs chambres d’hôtel. 

Le chef du gouvernement prépare son discours devant les parlementaires mardi. La veille, lundi 3 juillet, Emmanuel Macron s’adresse au Congrès depuis Versailles, au risque de lui couper l'herbe sous le pied, bien que Castaner les déclare tous deux bien "en ligne". Le premier ministre nie d'ailleurs tout esprit de compétition dans le duo exécutif, ce qui est bien naturel à l'issue d'un weekend d'intégration: "Le président va fixer le cap, lundi; moi j’expliquerai mardi comment on atteint ce cap", résume-t-il. 

Les Républicains du gouvernement à la peine

Remettre de l’ordre dans les comptes publics de Hollande
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Philippe se voûte dangereusement
Les trois prises de Macron à la droite ne sont pas à la fête. Alors que Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, était venu samedi matin à Nancy pour disserter devant le gouvernement sur la situation des finances publiques (et François Molins, le procureur de la République de Paris, sur la politique de lutte antiterroriste), le premier ministre avait connaissance du "rapport extrêmement sévère et critique" de la rue Cambon pour préparer l’opinion à des économies supplémentaires et atteindre les 3 % de déficit à la fin de l’année. " 

Après cinq années de socialisme, la France est le dernier pays en Europe à ne pas avoir équilibré ses comptes publics. "Nous sommes en déficit permanent depuis 1974. On va remettre un peu d’ordre dans les comptes publics", prévient depuis Nancy Edouard Philippe, évoquant "une question de souveraineté" pour le pays. 

L’exécutif revendique un "discours de vérité"
Ce qui avait été reproché à F. Fillon, lorsqu'en septembre 2007, il s'était déclaré "à la tête d'un État "en situation de faillite", est aujourd'hui vanté. L'ex-maire juppéiste de Rouen refuse d'ailleurs de préciser l’ampleur et le ciblage des futures coupes budgétaires : retraités, handicapés, etc ? Bruno Le Maire devra trouver 8  à 9 milliards d'euros d'économie avant 2018 pour pallier les effets de la politique de Hollande et Sapin qui ont laissé filer les dépenses, quand ils ne l'ont pas organisée, et le premier ministre a annoncé des coupes budgétaires drastiques ... "suite au rapport du Président de la Cour des Comptes", lit-on, bien qu'il n'en soit évidemment en rien responsable.

Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, à l’Elysée, le 28 juin.
Le 29 juin, le gouvernement a déjà annoncé le gel du point d’indice des salaires des fonctionnaires, à la stupéfaction des syndicats que Darmanin n'a pas consultés, mais cela sera insuffisant pour rattraper le "dérapage" de 9 milliards d’euros attribué par la Cour des comptes au précédent quinquennat de François Hollande. Le premier ministre n’a "aucun domaine sur lequel il s’interdit de se poser des questions", ont précisé - dans un insupportable charabia - les technocrates de son entourage depuis Nancy.
L’annonce du gel du point d’indice, qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires, n’étonne pas vraiment les syndicats mais elle cause un profond mécontentement chez la plupart d’entre eux. C’est la méthode, tout d’abord, qui a déplu : "Le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a fait le choix d’aller devant les media pour dévoiler cette décision alors qu’il avait affiché son souci du dialogue, lorsqu’il nous avait reçus, le 23 mai", déplore Jean-Marc Canon (CGT). "C’est une déclaration choquante, sur la forme comme sur le fond, enchaîne Mylène Jacquot (CFDT). Elle se situe en dehors des modalités habituelles du dialogue social."
Christian Grolier (FO) dit "ne pas être surpris". "Nous n’avions aucune illusion sur le programme libéral d’Emmanuel Macron", assène-t-il. Et M. Darmanin, peu après sa prise de fonctions, avait assez clairement laissé entendre qu’i
l n’y aurait "pas de nouvelle augmentation de la valeur du point, en 2017, après celle de 0,6 % entrée en vigueur en février", poursuit-il.
Mais les propos du ministre vont plus loin, celui-ci ayant indiqué, vendredi, qu’il n’y aurait aucun coup de pouce au moins jusqu’en 2018. Résultat :
des "pertes de pouvoir d’achat" pour les fonctionnaires, souligne M. Grolier (FO). C’est la preuve que "le prisme comptable va peser sur ce ministère", s’indigne Bernadette Groison (FSU), en fustigeant une décision "aussi injuste qu’inefficace" qui va "bloquer la rémunération de 20 % de la population".
Matignon interdit néanmoins de parler d’austérité. 
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Hotel Mercure de Nancy
La Cour des comptes a épinglé l'"insincérité" du dernier budget de Hollande, ce qu'en langage  courant, on appelle "mensonger" (sous-budgétisation de certains ministères, la recapitalisation d’Areva, et le rendement plus faible qu'annoncé de la régularisation fiscale des contribuables fraudeurs  dans des paradis fiscaux) mais que les  fonctionnaires et les retraités seront les premiers appelés à éponger, sans la contrepartie d'un carton d'invitation à la 'garden party' de Nancy.  
Quelle sera la prochaine catégorie à son tour essorée comme "variable d'ajustement" du budget 2018 et des suivants ? "On ne va pas faire du sang et des larmes, mais on va prendre des décisions courageuses qui ne seront pas toutes forcément populaires", réplique un proche  anonyme d’Edouard Philippe. Un équilibre qui s’annonce difficile à trouver.

Du sang et des larmes, mais en silence, SVP...
Il est donc urgent que les syndicats se mettent au "team building" pour une meilleure défense des Français.