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mardi 1 janvier 2019

Prix : ce qui change au 1er janvier 2019, au faciès...

Macron ne nous a pas tout dit dans ses voeux...

Une série de nouveautés susceptibles d’influer sur le pouvoir d’achat

A la baisse, mais aussi à la hausse : cotisations, SMIC, heures supplémentaires, prix du gaz...

Profitons bien des cotillons, faisons le plein de baisers sous le gui, distribuons sans retenue nos vœux de bonne santé et de fins de mois après le 15 ! Les changements affectant les dépenses et recettes des ménages sont nombreux à entrer en vigueur le 1er janvier 2019. Prêts ?

Pour les travailleurs "modestes" (terme paternaliste)

Parmi les mesures les plus emblématiques, la hausse de la prime d’activité, complément de revenus destiné aux travailleurs, à la condition qu'ils gagnent peu (qu’elles soient salariées, indépendantes ou fonctionnaires), et versé sous condition de ressources du foyer. Il fallait penser avant à divorcer... Il était question d’une hausse de 90 euros, mais elle sera plutôt de 80, pour un bénéficiaire au niveau du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance), allocation réservée aux salariés - soit désormais 5 millions de personnes - dont les revenus professionnels sont supérieurs à 0,5 Smic, à partir du 5 février 2019. Car les CAF (Caisses d’allocations familiales) ne seront pas en mesure de verser la prime d’activité avant, et raison de plus concernant les nouveaux allocataires s’ils font une demande entre le 1er et le 25 janvier et qui répondent aux conditions prévues. Etant versée à terme échu, au début du mois suivant celui pour lequel elle est due, les allocataires verront concrètement la couleur de cette augmentation sur le montant touché début février 2019. Depuis 2016, elle remplace la prime pour l'emploi et le RSA activité.

Pour les salariés et fonctionnaires

Salariés du privé comme du public verront, en 2019, ils verront leurs heures supplémentaires exonérées d’impôt sur le revenu, dans certaines limites, et de cotisations salariales (CSG, CRDS et cotisations patronales resteront toutefois dues). Le niveau du SMIC horaire sera également relevé de 1,5 %, à 10,03 euros brut. Résultat : le montant mensuel atteindra 1.521,22 euros brut, contre 1.498,47 euros aujourd’hui. Soit 22 euros par mois.

Moins réjouissantes pour le pouvoir d’achat, des hausses de cotisations vieillesse sont prévues. Elle sera de +0,27 point pour les fonctionnaires, dont les salaires sont gelés. Et celles d’une grande partie des salariés grimperont du fait de la fusion des régimes Agirc et Arrco, qui implique une refonte de l’architecture globale des cotisations de retraite complémentaire. A retenir : le niveau de la hausse dépendra du statut (cadre ou non) et du salaire, et les cotisations de certains salariés vont, au contraire, diminuer (les cadres mal rémunérés).  
Actée en 2015, cette fusion s’accompagne de l’instauration d’un nouveau paramètre de calcul des retraites Agirc-Arrco : un malus temporaire de pension de 10 %, les trois premières années de retraite. Vous ne serez toutefois pas concerné par ce dispositif si vous êtes dans l’un des cas suivants : vous êtes né avant 1957 ; vos revenus sont modestes (retraités exonérés de CSG) ; vous remplissez, avant 2019, les conditions de la retraite à taux plein ; vous attendez un an pour partir une fois les conditions du taux plein remplies ; vous prenez votre retraite sans avoir le taux plein (mais des abattements définitifs s’appliqueront).
Sont prévues d’autres exceptions, notamment pour les personnes handicapées, et le malus sera de 5 % pour les retraités au taux réduit de CSG. Un bonus de pension Agirc-Arrco fera aussi son apparition, pour ceux qui prendront leur retraite au moins deux ans après le taux plein (10 % à 30 %, selon les cas).

Sous la pression du mouvement des "gilets jaunes" - bien qu' "agitateurs" et "factieux" -, le gouvernement est finalement partiellement revenu sur la hausse du taux plein de CSG, entrée en vigueur en 2018. Près de la moitié de ceux qui avaient été touchés verront leur taux de CSG repasser de 8,3 % à 6,6 % au 1er janvier 2019. La mesure ayant été décidée tardivement, ce correctif ne sera pas appliqué les premiers mois de l’année, mais donnera lieu à des remboursements a posteriori. Environ 3,8 millions de foyers fiscaux sont concernés, selon le gouvernement, pour un gain de pension nette de 448 euros par an : 37 euros mensuels...

Ce changement de dernière minute vient s’ajouter à une autre mesure prise en catastrophe dans le cadre du budget 2019 de la Sécurité sociale : pour être soumis au taux plein de CSG, il faudra désormais dépasser, deux années d’affilée, le plafond de revenu fiscal de référence fixé.

S'il a cédé sur le sujet sensible de la CSG, le gouvernement a maintenu la sous-indexation des retraites, qui seront revalorisées, au 1er janvier 2019, de 0,3 %, soit moins que l’inflation. On avait les travailleurs pauvres, on aura aussi davantage de retraités pauvres. Sont concernées les pensions de base (sauf avocats : 26 députés le sont...), mais aussi les complémentaires des artisans, commerçants et agents non titulaires de la fonction publique. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (l’ex-minimum vieillesse) profitera en revanche d’une nouvelle revalorisation exceptionnelle de 35 euros.

Plusieurs nouveautés toucheront les non salariés. 

L’année 2019 marque notamment l’acte II de la suppression du régime social des indépendants : dès le 1er janvier, les nouveaux indépendants (hors agriculteurs) relèveront directement de l’Assurance-maladie. Pour ceux déjà en activité avant 2019, le transfert est planifié en 2020. A savoir aussi : la durée du congé maternité des commerçantes, artisanes, agricultrices et libérales s’alignera sur celui des salariées, soit seize semaines. Elles seront cependant obligées de s’arrêter au moins huit semaines pour être indemnisées. Au-delà, elles pourront reprendre partiellement sans devoir renoncer à la totalité de leurs indemnités journalières.

Parmi les autres changements visant les indépendants : la suppression de la cotisation foncière des entreprises pour les micro-entrepreneurs avec moins de 5 000 euros de chiffre d’affaires, l’année blanche de cotisations de Sécurité sociale pour les créateurs d’entreprise et la réduction à une vingtaine de professions du périmètre de la caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance-vieillesse, principale caisse de retraite des professions libérales.

Des prix qui baissent, d’autres qui grimpent…

Du côté des factures, celle du gaz devrait baisser. En tout cas, pour les 4,5 millions de ménages ayant conservé les tarifs réglementés, puisque ceux-ci accuseront une diminution moyenne de 1,9 % en janvier 2019, hors taxes. Par ailleurs, contrairement à ce qui était prévu, la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel, qui pèse, elle, sur le prix TTC du gaz, réglementé ou non, n’augmentera pas au 1er janvier 2019. 

L'augmentation du prix du gaz a été très marquée en 2018 avec une hausse du tarif réglementé gaz de plus de 20% avec notamment 7 mois consécutifs d'augmentation. La tendance est donc clairement à la hausse. 

Et la Taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN) devrait exploser dans les prochains mois : par rapport à 2017, la taxe devrait grimper de 44% en 2019 et de 172 % d'ici à 2022 !

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Enfin, il reste quelques jours aux adeptes des échanges épistolaires pour prendre les devants, car les prix des timbres s’apprêtent à grimper en 2019. La hausse sera de 10 % sur les timbres rouges (qui passeront à 1,05 euro), verts (0,88 euro) et gris (0,86 euro).


 

mercredi 31 octobre 2018

Budget des ménages : ce qui nous attend au 1er novembre

Pendant que Macron est au repos, les augmentations continuent
Budget : ce qui change au premier novembre

A partir de jeudi,
les tarifs réglementés du gaz d'Engie augmentent de 5,79 % en moyenne. 

En octobre, les tarifs avaient déjà augmenté de 3,25%. Près de 5 millions de clients en France sont concernés par cette hausse du groupe industriel énergétique français, ex-GDF, dont le principal actionnaire est l'Etat français qui détient un quart du capital. Si, depuis le 1er janvier 2015, les prix ont en moyenne baissé de 4,4%, les consommateurs sont confrontés à une progression ces derniers mois : la faute à une hausse des cours sur les marchés, comme pour les prix des carburants... 

La Toussaint marque aussi le début de la trêve hivernale. 

Comme chaque année, les expulsions de locataires sont suspendues pendant la période allant du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante. L'expulsion est toujours possible si un relogement décent pour le locataire et sa famille est prévu ou si les locaux font l'objet d'un arrêté de péril, rappelle le site "service public.fr".

Quand les prestations sociales sont revalorisées, c'est le secteur privé qui paie

Les retraites complémentaires des salariés du secteur privé, Agirc et Arrco, sont revalorisées de 0,6 %, versées aux travailleurs en contrepartie ou à l’occasion du travail.
L'allocation adulte handicapé passe de 819 euros par mois à 860 euros à taux plein. Versée en France par la CAF (organisme de droit privé financé par les cotisations pour partie à la charge des employeurs et, pour l'autre, à la charge des salariés) ou par la MSA (Mutualité sociale agricole) aux personnes atteintes d'un handicap ou d'une maladie chronique ou invalidante, elle sera également rehaussée l'an prochain pour atteindre 900 euros mensuels.

Avion : première taxation des bagages-cabines

Il y a aussi du changement si vous prenez l'avion. La compagnie aérienne Ryanair va désormais faire payer un surplus pour les bagages cabines, comme annoncé fin août. Jusqu'ici, il était possible d'embarquer avec un bagage de 10 kilos et un petit sac personnel. Il faudra désormais devenir client "prioritaire" pour avoir les mêmes privilèges. Une option facturée au minimum six euros.
 

Wizz Air adapte aussi sa politique bagages. Chaque passager de cette compagnie aérienne à bas prix hongroise sera autorisé à emporter gratuitement un sac de dix kilos maximum qui devra être placé sous le siège. Et seuls les passagers ayant souscrit au service prioritaire pourront emporter un sac supplémentaire en cabine.

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mardi 17 octobre 2017

Macron s'acharne sur les retraités


Les seniors  sont les grands perdants de la politique d'Emmanuel Macron


Les retraités vont une hausse de la CSG en 2018


60% des 14 millions de retraités sont visés par cette augmentation.
 
Le trentenaire et ses vieux
Ils étaient donc encore plus justifiés qu'ils ne pensaient à manifester leur colère contre la hausse de la CSG, le 28 septembreCe sont les moins de 65 ans qui touchent plus de 1.200 euros par mois et les plus de 65 ans qui ont plus de 1.400 euros. 

Car, sur RMC et BFMTV, le jeudi 24 août 2017, il y a seulement deux mois, le premier ministre, Édouard Philippe, avait annoncé que les pensions de retraite seraient revalorisées de +0,8% au 1er octobre 2017.
Cette bonne nouvelle n'était possible que grâce à la remontée de l’inflation, expliquait-il. Au début du mois de juillet 2017, la Commission des comptes de la Sécurité sociale avait en effet assuré que l’inflation allait se stabiliser à +0,9 %. Partant de ce postulat, le gouvernement d'Edouard Philippe avait décidé d'augmenter les pensions retraite de +0,8% (et non 9%...) au 1er octobre 2017.
La petite bouffée d'oxygène que les retraités croyaient acquise leur est coupée.
Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, à l’Elysée, le 28 juin.
Le gel de leurs retraite est prolongé jusqu'en 2018..., après un précédent gel l’an dernier. 
La première hausse significative remonte à 2013, puisque les pensions n’avaient pas bougé en 2014 et avaient été augmentées de 0,1% seulement en 2015.
Quant aux fonctionnaires, le ministre des Comptes public, Gérald Darmanin, a officialisé fin juin le gel, dès 2018, de la valeur du point d'indice qui sert à calculer leur rémunération. Les salariés de l'Etat sont plus que jamais sa variable d'ajustement facile et récurrente. 
"Nous n’avions aucune illusion sur le programme libéral d’Emmanuel Macron", cingle Christian Grolier (FO). "M. Darmanin, peu après sa prise de fonctions, avait assez clairement laissé entendre qu’il n’y aurait "pas de nouvelle augmentation de la valeur du point, en 2017, après celle de 0,6 % entrée en vigueur en février", poursuit-il.

Le ministre va même plus loin, indiquant qu’il n’y aura aucun coup de pouce au moins jusqu’en 2018. Les retraités doivent faire face à des "pertes de pouvoir d’achat" pour les fonctionnaires, souligne Grolier. C’est la preuve que "le prisme comptable va peser sur ce ministère", s’indigne Bernadette Groison (FSU), en fustigeant une décision "aussi injuste qu’inefficace" qui va "bloquer la rémunération de 20 % de la population".
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Laissez-les vivre, bordel !
Et cette revalorisation des retraites passera sous le nez de certains.
En effet, au prétexte d'uniformisation des 35 régimes de base et des 29 régimes complémentaires, elle ne s’appliquera sans doute pas aux pensions complémentaires servies par l’Agirc (régime de cadres) et l’Arrco (salariés du privé) au 1er novembre (date à laquelle elles doivent être revalorisées chaque année). En effet, la revalorisation des pensions complémentaires est égale à la valeur d’inflation, diminuée d’un point. Les pensions complémentaires du privé pourraient encore être gelées en 2018, comme en 2017. Votée par les partenaires sociaux en octobre 2015, leur fusion est programmée pour le 1er janvier 2019.

Lors de son intervention télévisée dimanche 15 octobre, le président Macron a prétendu rassurer...

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Les parents Macron
Les retraités perdent d'un côté, mais certains d'entre eux gagneront de l'autre avec l'exonération de la taxe d'habitation.

2,5 millions d'entre eux seront taxés de toutes parts
Selon Bercy, les gagnants sont les célibataires aux revenus inférieurs à 2.500 euros par mois et les couples à moins de 3.981 euros.  En tout, 4,5 millions de retraités seront exonérés de la CSG. 
Mais près de 2 retraités sur 5 sont perdants. 

Ils paieront la CSG majorée et encore et toujours la taxe d'habitation.
La baisse de la taxe d'habitation, en contrepartie, ne s'appliquera pas aux retraités les plus aisés.


Macron a tenté une intox des retraités sur TF1 dimanche
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Avec la hausse de la CSG, près de 60% des retraités, soit 8 millions de personnes âgées, vont voir leur pouvoir d'achat se réduire. Emmanuel Macron a pourtant assuré que cette hausse de la CSG sera intégralement compensée par la taxe d'habitation, "qui va progressivement baisser. Dans une grande partie des cas, la taxe d'habitation diminuera d'un tiers et compensera la hausse de 1,7 point de CSG", a-t-il précisé, estimant, non sans démagogie, que les retraités ont "dûment gagné leur retraite. Ils ont travaillé et ont des droits".


Mais dimanche 15 octobre, Macron a encore remonté les retraités contre lui.
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Pierre Erbs, le président de la Confédération des retraités, ne cache pas sa  colère relancée par les annonces du chef de l'État. "Je suis en colère de voir que monsieur Macron reste enfermé dans sa position qui consiste à opposer actifs et retraités", regrette Pierre Erbs. "Pour toutes les catégories d'actifs, il y aura compensation de la hausse de la CSG; il n'y a que pour les retraités qu'il n'y aura pas de mesure spécifique".
En même temps, il est vrai que les Français sont inaptes à comprendre la "pensée complexe" du petit vulgaire prétentieux de l'Elysée. En attendant, il a montré qu'il est lui-même inapte à la pédagogie : 61% de sondés ne lui ont pas fait confiance dimanche.

mercredi 4 novembre 2015

Retraites complémentaires: la vérité sur l'accord

Les socialistes ont maintenu l'illusion française d'avoir toujours le meilleur modèle 

Hollande a-t-il réussi à maintenir le nirvana des retraites complémentaires ?
Si on en croyait les thuriféraires de Libération et du Monde, pour ne citer qu'eux, leur président aurait entretenu le rêve de notre modèle social d’après-guerre, en dépit de la démographie, des finances publiques, des crises, de la mondialisation ou des mutations économiques et technologiques. 
Par Jean-Charles Simon, économiste et fondateur de Facta. 
Or, le compromis négocié entre les partenaires sociaux sur les retraites complémentaires appartient à ce domaine de l'illusion dont le premier symptôme est toujours le concert de louanges et de satisfecits soulagés pour ne pas avoir rompu le "pacte", ne pas avoir touché au modèle social français. Ainsi, les décisions prises ont toujours pour objet la préservation et non la transformation du système. Syndicats et patronat sont les Lampedusa de la question sociale : "il faut que tout change pour que rien ne change"...

L'accord comporte un lot de mesures permettant d'éviter que les dérives ne deviennent abyssales, histoire de réduire le risque de remise en cause brutale. Les partisans du laisser-aller, qui refusent de considérer les déficits comme une menace, quand ils ne les glorifient pas, telle la CGT, ont fait une colère, accordant en fait une caution nécessaire à ce nouvel épisode du feuilleton : les raisonnables ont su faire front aux irresponsables! Il faut en fait veiller à ce que chaque partie puisse garder la face, notamment un patronat en caoutchouc contraint en permanence -comme les autres- de faire comme si ces accords et ce modèle étaient cohérents avec la vision économique que professent les uns et les autres par ailleurs.

Tout s'est organisé autour de la CFDT, allié du pouvoir socialiste

Ce syndicat est le véritable maître de l'illusion dans ces jeux de rôles et il déroule son agenda au fil de ces négociations attribuées au gouvernement. Il se plie ainsi à la contrainte de rester en retrait, laissant l'apparente initiative et l'accueil de ces réunions au Medef, des concessions bien superficielles.

La CFDT veille aussi à ménager la CFTC et les cadres de la CGC, afin de s'assurer des alliés face à FO et la CGT et de dégager un bloc syndical majoritaire, sans subir les tocades de FO ni les diktats de la CGT. Ainsi va la vie dans le monde de la négociation interprofessionnelle à la française, parée contre le psychodrame attendu, ses pressions et coups de gueule divers méthodiquement mis en scène pour parvenir à s'entendre, souvent au petit matin, et continuer à cohabiter dans le cocon du paritarisme de gestion jusqu'à la prochaine échéance.

Cette fois encore, le petit cinéma du paritarisme se sera déroulé sur plusieurs mois de négociations. Le 19 octobre, un compromis était annoncé entre le patronat et les trois comparses syndicaux habituels, CFDT, CFTC et CGC, finalisé en un accord formel le 30 octobre. Pour que chacun puisse défendre auprès de ses adhérents les mesures douloureuses les concernant, il a fallu évidemment brandir les contreparties obtenues du camp adverse, et plus encore le caractère "innovant", "réformateur", "structurel" de ces accords à trois. Il faut beaucoup de force de persuasion pour lever tout soupçon de conservatisme et de gestion à la petite semaine. A croire que le modèle va être revisité du sol au plafond... 

Quoi de neuf donc dans cet accord ? 

Il porte son regard sur deux horizons temporels. D'une part, ce qui s'applique tout de suite, dès 2016. Toutes les mesures traditionnelles des précédents accords sur les retraites complémentaires sont ressorties. Des pensions qui sont abaissées, avec une sous-indexation d'un point par rapport à l'inflation, sans pouvoir être négative. Et leur revalorisation reportée à plus tard, au 1er novembre de chaque année, soit 7 mois d'attente supplémentaire par rapport à la pratique actuelle. Deux mesures qui devraient donc entraîner des pertes de pouvoir d'achat pour les retraités... si toutefois l'inflation est au rendez-vous, ce que rien ne garantit. 

Toujours aussi classique pour prendre l'argent et pour faire face aux déficits publics de Hollande, la baisse du rendement des cotisations, un mouvement pluri-décennal s'agissant de l'Agirc et de l'Arrco. On continue donc comme on a commencé, cette fois en abaissant le rendement brut du point à 6%. C'est peu de dire que les retraites complémentaires ont un piètre rendement... 

Et pour couronner le tout, la traditionnelle taxation additionnelle. En l'occurrence, seuls les cadres supérieurs sont concernés par cette première louche supplémentaire : l'application de la cotisation AGFF - 2,2%, sans créer de droits - à la fraction des salaires comprises entre 4 et 8 plafonds de la sécurité sociale.

Rien que du déjà vu dans ces mesures de rendement appliquées dès 2016. Mais, pour qu'elles n'apparaissent pas peu ambitieuses et à courte vue, les partenaires sociaux ont cette fois rusé en reprenant l'idée de leur échelonnement, prévoyant donc un second train de mesures, renvoyées à 2019. Ce qui a l'avantage de faire moins mal et qui, sait-on jamais, pourra toujours se renégocier.

L'avenir de la gauche étant plus qu'hypothéqué, le patronat a finalement accepté d'avaler à l'horizon 2019 le noyau dur en matière de cotisations : le passage de 125 à 127% du taux d'appel des cotisations. Le taux d'appel est ce chef d'œuvre d'hypocrisie créé par les partenaires sociaux pour que l'augmentation des cotisations ne crée pas de droits supplémentaires à la retraite. Le taux de cotisation (dit "contractuel") peut ainsi rester virtuellement inchangé, et c'est le seul pris en compte pour l'acquisition de points de retraite. Mais il est en fait multiplié par un taux d'appel qui détermine le niveau effectif de la cotisation, partagée ensuite entre employeurs et salariés. Cette fois, avec cette mesure le coup de massue est de 800 millions d'euros supplémentaires sur les cotisations.

Quel est le jeu du Medef ?
Le patronat se veut rassurant avec un argument d'une incroyable naïveté, mauvaise foi ou les deux cumulées : la hausse de la part patronale ne serait pas si grave car il aurait reçu du gouvernement l'assurance d'une baisse équivalente des cotisations accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP). Or, il paraît bien imprudent de gager une hausse de cotisations sur une promesse faite par une majorité qui a fait la démonstration de son incapacité à tenir ses promesses et qui ne cesse de racler les fonds de tiroirs pour tenter de baisser de la main droite les dépenses publiques qu'elle accroît de la main gauche. De plus et surtout, si les cotisations AT-MP sont effectivement trop élevées au regard des risques couverts, elles doivent baisser et cette diminution devrait profiter aux entreprises, sans compensation. Il est donc invraisemblable de considérer que puisqu'on payait trop dans une caisse, le retour à la normal autorise à verser plus dans les autres.

De plus encore, une autre hausse des cotisations se profile derrière la fusion annoncée de l'Arrco et de l'Agirc en un seul régime, grande affaire de cet horizon 2019. A elle seule, elle devrait rapporter près d'un milliard de plus par an aux caisses du régime désormais unifié. Et ce sont les cotisations des salariés qui trinqueront : sous couvert d'uniformiser les règles de répartition à 60/40 entre cotisations patronales et salariales (au lieu de 62/38 à l'Agirc aujourd'hui), les premières (Arrco) seront inchangées et les secondes (Agirc) relevées. De sorte que le taux de cotisation global passera de 16,44% en 2018 à 17% en 2019 (le tout, donc, multiplié par 127% pour arriver au taux réellement prélevé).

Quant au rapprochement de l'actuelle "tranche 2" de l'Arrco et de la tranche B de l'Agirc, elle se fera sur la base de la seconde, relevant ainsi plafond et taux de cotisations des non-cadres. Or, peu importe finalement que les hausses de cotisations sociales portent sur la part salariale ou patronale : le coût du travail est forcément impacté dans tous les cas, au moins indirectement par le jeu des négociations salariales qui tiennent compte de la baisse de pouvoir d'achat entraînée par des hausses de cotisations salariales.

La véritable hausse des cotisations de retraite complémentaire est donc très importante, puisqu'elle représentera 1,8 milliard d'euros de plus à compter de 2019 (toutes mesures confondues, y compris celle de la cotisation AGFF sur la tranche C applicable dès 2016). A ajouter aux hausses de cotisations décidées en 2013 par les mêmes organisations patronales et syndicales et rapportant environ 1,1 milliard d'euros supplémentaires depuis cette année. Les partenaires sociaux ont ainsi eu la main lourde avec ces 2 accords, qui pèseront à la fin de la décennie de près de 3 milliards de plus sur les salaires en France. Donc, le coût du travail et la compétitivité.

Travailler (au moins) un an de plus ?  

Quid du mécanisme de bonus-malus selon l'âge de départ à la retraite ? 
Cette mesure, qui entrerait en vigueur en 2019, aura un impact finalement marginal sur l'économie générale de l'accord. En effet, à partir de 2019, les retraités se verront appliquer 10% de minoration de leur retraite complémentaire s'ils n'ont pas travaillé au moins un an au-delà de l'âge qui leur donnerait le taux plein du régime de base, et ce pendant trois ans (et au plus jusqu'à 67 ans, avec une exemption pour les retraités exonérés de CSG et quelques autres situations). Un effet de l'ordre de 0,5% des montants moyens totaux devant être perçus à la retraite...
Pour illustrer l'absence de véritable incitation à reporter la retraite à 63 ans, contrairement à ce que diffusent de nombreux media et commentateurs, il suffit de noter qu'un salarié de 62 ans risquera un impact cumulé sur trois ans très inférieur à un mois de salaire s'il se voit appliquer ce malus. En un mois de travail en plus, il aura plus que compensé la totalité de cet abattement : ce n'est donc pas ça qui pourrait le décider à travailler une année supplémentaire. 

Parallèlement, ceux qui partiront à la retraite au moins deux ans après l'âge requis pour le taux plein dans le régime de base seront gratifiés d'une majoration de 10% de leur retraite complémentaire (ou 20/30% en cas de report d'au moins 3/4 ans)... mais pendant un an seulement. Diable ! Mais vu comme un moyen de retarder l'âge de liquidation des droits - ce qu'il n'est pas, il sera toujours possible de liquider sa retraite à 62 ans, voire plus tôt dans le cadre des dispositifs de carrière longue -, le dispositif a été commenté et vanté à l'excès, et a conduit les négociateurs à se dépeindre en grands réformateurs.

Le chiffrage de ces mesures et de la situation financière qui en résulterait pour les retraites complémentaires n'est pas à l'image de l'autosatisfaction affichée dans l'après-négociation. D'une part, l'essentiel du redressement financier attendu est lié aux décisions les plus classiques employées pour colmater ces régimes. Le chiffrage de 7,4 milliards pointe en effet deux paquets majeurs : pour 4,1 milliards en 2030, les effets des décisions sur les pensions; et pour 3,3 milliards, toujours en 2030, les mesures supportées par les actifs, soit sous forme de hausses de cotisations, soit du fait de la baisse du rendement des points acquis. En revanche, le "bonus-malus" ne rapporterait aux régimes que 800 millions à cette échéance, soit quelque 10% du total des effets attendus de l'accord.

Même fusionnés, les régimes resteront déficitaires 

Les régimes resteraient malgré tout déficitaires. 
L'équilibre Agirc-Arrco n'est pas en vue, malgré ce nouveau remède de cheval sur les cotisations et les prestations. Certes, les déficits envisagés seront réduits, mais il faut rappeler que ceux-ci entraînaient une faillite inévitable de l'ensemble Agirc-Arrco dans le courant de la prochaine décennie. Avec le nouvel accord, on oscillerait entre 2 et 4 milliards de déficit technique annuel, aucune amélioration significative due à la fin des effets de la transition démographique en cours n'étant à espérer avant environ 2040. Ce qui signifie une situation très tendue si les résultats financiers sont médiocres, ce qu'une faible inflation et croissance à l'horizon pourraient laisser craindre.

Le scénario économique retenu pour le chiffrage des mesures et de l'évolution de la situation financière des régimes pose problème. 
La prudence n'est guère de mise dans le domaine de la retraite. Et si les scénarios plutôt optimistes de 2015 ne se concrétisaient pas, alors les prévisions évoquées seraient encore davantage dégradés. Notamment, les mesures censées rogner le pouvoir d'achat des retraités en figeant un peu plus l'évolution de leurs pensions n'auront de véritable effet que s'il y a, justement, une inflation tangible. Si, au contraire, celle-ci restait à peu près nulle, comme c'est le cas ces derniers temps, alors les salaires n'évolueraient pas assez vite par rapport aux pensions de retraite pour redresser comme espéré les comptes des régimes complémentaires. Les négociateurs ont beau se féliciter de l'instauration d'un mécanisme pompeux de 'pilotage stratégique et tactique', il faudrait encore trouver de nouveaux accords et recourir invariablement aux mêmes vieilles recettes, si une vraie réforme n'était pas décidée.

Qu'aurait pu être une vraie réforme réussie ?

On est passé à côté d'une réforme vraiment structurelle de ces retraites complémentaires.
Côté institutions, l'organisation actuelle des retraites complémentaires n'a plus de sens. A leur fondation, ces régimes s'articulaient autour des professions, et pour chacune correspondait une institution. Chaque branche négociait les conditions de son régime de retraite complémentaire et l'administrait avec des caisses dédiées (généralement une caisse non-cadre et une caisse cadre). Les taux et les prestations différaient donc entre les branches. Mais cette époque est révolue depuis longtemps. Le processus d'unification complète des taux et des modalités de cotisations a supprimé toute différence entre les salariés, quelle que soit leur profession (à quelques exceptions de surcotisations décidées dans certaines branches), et la fusion Agirc-Arrco en 2019 finira d'achever la fiction de régimes distincts.

Dès lors, pourquoi maintenir une kyrielle de caisses de retraite, hébergées en général dans des "groupes de protection sociale" qui ont également des activités d'assureurs privés ? Faire adhérer chaque entreprise à l'une de ces caisses plutôt qu'une autre a-t-il du sens, dès lors que les cotisations et les prestations sont les mêmes ? Pourquoi multiplier les frais de gestion relatifs au recouvrement des cotisations et au versement des prestations, d'autant que l'opacité reste forte sur ce qui relève vraiment de ces missions et ce que l'on fait supporter à ces caisses de retraite mais qui ressort en fait d'activités concurrentielles ? Et pour quelle raison compliquer la vie des entreprises, qui doivent donc s'affilier à une caisse et ensuite leur verser des cotisations séparées du reste des cotisations sociales, alors qu'une centralisation du recouvrement par les URSAAF simplifierait grandement cette gestion, et en réduirait sûrement de beaucoup le montant ? La réponse est hélas bien connue : gérer des caisses de retraite assure aux partenaires sociaux une importance, leur permet d'attribuer des mandats et parfois même des emplois à leurs militants, et financent plus ou moins directement la vie des branches professionnelles et des centrales, par exemple comme sponsor ou acheteur d'événements, de publications, etc. On est là au cœur des cuisines malodorantes du paritarisme. Mais l'intérêt supérieur des salariés et des entreprises commanderait de mettre fin à ce système d'un autre temps.

Avec un recouvrement commun par les URSAAF, pourquoi ne pas rapprocher encore plus le régime de base et les retraites complémentaires ? Aujourd'hui, la compréhension des droits à la retraite et de leur évolution est terriblement compliquée pour la plupart des salariés du privé, car ils ont affaire, au minimum, aux droits acquis dans le régime de base, dépendant d'abord de la durée d'affiliation, et à ceux des régimes complémentaires, exprimés en points. Des partenaires sociaux réformistes et modernistes devraient travailler avec l'Etat à une grande fusion de l'ensemble, afin de définir un régime global unifié par points, beaucoup plus lisible et pilotable que la dualité actuelle.

Enfin et peut-être surtout, toutes les parties aux décisions prises sur les retraites acceptent des hausses de cotisations depuis des années. Toutes et y compris celles qui s'alarment, à raison, du coût du travail en France et plus encore de l'écart gigantesque entre ce coût du travail et le salaire net, que l'on baptise pudiquement le "coin social". Or, ce coût des cotisations sociales salariales et patronales, qui était déjà considérable en France en 2012, ce sera encore fortement accru entre 2012 et 2019, en prenant en compte à la fois les décisions prises par l'Etat pour les régimes de base (financement des départs à 60 ans et réforme du régime général de 2013) et celles des partenaires sociaux relatives aux régimes complémentaires (accords de 2013 et de 2015).

En sept ans, le total des prélèvements sociaux dédiés à la retraite sur les salaires aura ainsi augmenté de 5,6% pour la première tranche des revenus (jusqu'au plafond de la sécurité sociale) et jusqu'à 18,3% sur la tranche C (au-dessus de 4 plafonds de sécurité sociale)... Et si les réformes des régimes de base sont en cause aux trois-quarts sur la tranche A, les accords Agirc-Arrco de 2013 et 2015 comptent pour 68% de la hausse des cotisations sur la tranche B et 85% sur la tranche C...

Et, encore une fois, la comparaison ne nous est pas favorable avec la situation en Allemagne, pays pourtant plus touché que nous ne le sommes par le vieillissement de la population (et alors même que les cotisations vieillesse en Allemagne couvrent également les risques invalidité et décès). Encore s'agit-il d'un pays au modèle social très protecteur. Si on observe maintenant le Royaume-Uni, on observe par exemple que les cotisations patronales aux retraites complémentaires Agirc-Arrco dépassent à elles seules (au-dessus du plafond de sécurité sociale) la totalité des cotisations patronales de toute la sécurité sociale britannique... 

samedi 31 octobre 2015

Retraites complémentaires: accord avec une minorité de syndicats, CFDT, CFTC et CFE-CGC

La gauche comptable se met d'accord avec le MEDEF, sur le dos des faibles

Travailler plus longtemps pour espérer perdre moins ?

Cet accord n'est pas signé entre tous les syndicats et le patronat, mais par certaines organisations syndicales: seulement trois...
Libération se félicite que "le texte de l’accord vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, de manière à limiter à 2,3 milliards d’euros le déficit cumulé des deux régimes." On croirait lire un communiqué de Bercy... 
La négociation durait depuis février et devait s’achever en juin. Les syndicats patronaux (Medef, CGPME, UMPA) et trois syndicats ouvriers (CFDT, CFTC et CFE-CGC) ont finalement validé vendredi, après une "dernière séance" (sic) au siège du Medef, l’accord destiné à renflouer les caisses de retraites complémentaires des salariés du privé.  Libération ne mentionne pas la CGT, FO, SUD et UNSA. Et pourquoi passent-ils à la trappe de leur information sélective ? ILs ont refusé de signer !

L’Agirc et l’Arrco sont en effet menacés d’asphyxie financière:
par la crise économique (celle que la gauche a niée de 2008 à 2012...), l’arrivée de millions de papy-boomers à la retraite (qu'il est permis de racketter, selon l'éthique de la double peine "validée" par Libération, bien qu'ils aient déjà été imposés une première fois sur le revenu tout au long de leur activité) et la réduction des cotisations à cause du chômage élevé (du fait de la gauche socialiste au pouvoir après bientôt quatre ans). 
Ces deux régimes complémentaires ont vu leur déficit se creuser respectivement à 1,985 milliard d’euros et à 1,153 milliard en 2014. Avec, en l’absence d’accord, un risque pour l’Agirc (cadres) de voir ses réserves épuisées d’ici à 2018 et à 2027 pour l’Arrco.
Le texte de l’accord, qui doit être formellement signé dans les jours qui viennent, vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, de manière à limiter à 2,3 milliards d’euros le déficit cumulé des deux régimes. Ses principales mesures sont une incitation à travailler plus longtemps via un système de bonus-malus, une moindre revalorisation des retraites ou encore une fusion des régimes Agirc-Arrco

Bien naturellement, mais "comme prévu" selon Libération,
la CGT et Force ouvrière ont refusé de signer cet accord.
Côté Medef, le négociateur Claude Tendil a, lui, salué "un bon accord pour l’ensemble des partenaires signataires, puisque nous sommes six à signer", Côté syndical, l'exécutif socialiste atteint son objectifCet accord ouvre "selon elles" (à la différence de Libération, propriété des hommes d'affaires multi-millionnaires, Bruno Ledoux et Patrick Drahi, ) la voie à un report de l’âge de départ à la retraite. Philippe Pihet (FO) a dénoncé un texte "déséquilibré", tandis qu’Eric Aubin (CGT) a déploré une "régression"
Dans le détail, l’accord prévoit:

  • Dès 2016
  • 2,1 milliards d’économies à l’horizon 2020:
    Une moindre revalorisation des pensions pendant trois ans (1 point de moins que l’inflation), avec toutefois une "clause plancher" pour empêcher une diminution. 

    1,3 milliard d’économies:
    La date de revalorisation des pensions sera décalée au 1er novembre (au lieu d’avril). 
    100 millions d’euros d’économies: Augmentation du prix d’achat du point pendant trois ans, de manière à diminuer le rendement des régimes pour le futur retraité. Le montant de la retraite complémentaire dépend du nombre de points Arrco (cadres) et Agirc (tous salariés du privé) accumulés. Alors que pour 1.000 euros cotisés, le salarié a actuellement 65,6 euros de rente, il n’aura plus que 60 euros dans trois ans.

  • A partir de 2019

  • 500 millions d’euros d’économies en 2020: Mise en place, à compter du 1er janvier et pour les générations nées à partir de 1957, d’un bonus-malus pour inciter les salariés à travailler un an de plus une fois qu’ils ont rempli les deux conditions nécessaires pour partir avec une retraite à taux plein (âge légal et durée de cotisation). Sans considération de la longueur des études et de l'âge d'entrée dans la vie professionnelle des étudiants et futurs cadres exposés au burn-out et aux maladies cardiaques. 
    Un salarié disposant de toutes ses annuités et qui prendrait sa retraite à 62 ans, verrait sa retraite complémentaire amputée de 10% par an pendant deux voire trois ans, avant d’obtenir une retraite à taux plein à 65 ans. En revanche, s’il travaillait jusqu’à 63 ans, ce malus temporaire serait annulé. Il bénéficierait pendant un an d’un bonus de 10% s’il restait deux ans de plus en activité, bonus qui grimperait à 20% pour trois ans de plus et 30% pour quatre ans de plus. 
    Les personnes pouvant partir dès 60 ans (carrières longues) et celles devant travailler au-delà de 62 ans pour avoir toutes leurs annuités seront également concernées par ce système, qui s’applique au maximum jusqu’à 67 ans. Les nouveaux retraités exonérés de CSG seront dispensés, ceux qui sont soumis à son taux réduit pourront subir des décotes de 5% pendant 3 ans. Des dérogations sont également prévues pour les salariés handicapés (50% d’incapacité) et les aidants familiaux. 

    800 millions d’économies attendues des comptables de Bercy
    Augmentation des cotisations patronales, via une augmentation de deux points du 'taux d’appel', passant de 125 à 127%. Economies attendues: 800 millions d’euros. Les cotisations aux régimes complémentaires sont calculées via deux taux, le "taux contractuel" et le "taux d’appel". Le premier ouvre des droits: plus on cotise, plus on engrange de points, plus la retraite sera élevée. Le 'taux d’appel' n’ouvre en revanche pas de droits : même si on cotise plus, la pension ne sera pas plus élevée, ce qui permet de remplir les caisses des régimes. 

    La création d’un nouveau régime fusionnant l’Agirc et l’Arrco est également prévue à cet horizon. Tout comme la mise en place d’une nouvelle répartition des cotisations à l’Agirc: 60% à la charge de l’employeur et 40% à celle des salariés (contre respectivement 62 et 38% actuellement), comme c’est le cas à l’Arrco.

    Des économies à n'importe quel prix et au détriment des retraités, pourquoi pas, selon la majorité présidentielle, le PS et la CFDT, ainsi que leurs media affiliés... La démarche socialiste consistant à frapper les salariés du secteur public et les retraités a quelque chose d'insupportable quand le gouvernement continue a augmenter la dette publique.