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mercredi 17 juillet 2019

Gilets jaunes : l'autisme de Macron coûte un max à la France

L'obstination de Macron, pour finalement céder, a alourdi la facture de réponse aux Gilets jaunes

Les pertes se chiffrent à plusieurs centaines de millions d'euros 

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dans certains secteurs depuis le début du mouvement de protestation sociale, selon une mission parlementaire.

Service du ministère de l'Economie, l'Institut de la statistique et des études économiques avait estimé le coût en termes de PIB à 0,1 point au dernier trimestre 2018Un rapport d'une mission parlementaire a ensuite procédé à ses propres calculs pour savoir en termes plus parlants aux "gens" à combien revient le mouvement des Gilets jaunes, au-delà de l'estimation donnée pour l'ensemble de l'économie française produite par l'Insee. 
Le rapporteur de cette mission parlementaire est Jean-René Cazeneuve, un ingénieur (Bouygues) de 61 ans qui se déclare diplômé de l'Ecole centrale de Marseille (créée en ...2006 !)  élu LREM du Gers. 

Pour les élus de la mission constituée à l'initiative du député LREM Roland Lescure, le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, cette estimation semble faible, mais ne reflète pas totalement la réalité. " L'impact des violences [parti-pris affiché contre un mouvement social] sur l'activité est conséquent [?] et cette perspective macroéconomique est loin de refléter l'étendue des répercussions économiques liées aux débordements [et mutilations qui représentent un coût pour la Sécurité sociale]", écrivent-ils dans leur synthèse. Ce Lescure est un de ces socialistes ralliés à Macron. Fils de François Lescure, journaliste à L'Humanité, et d'une mère syndicaliste à la RATP, il est le demi-frère de Pierre Lescure, un homme d'affaires qui débuta à la radio et fonda Canal+ en 1984 avec André Rousselet, son président directeur général, avant lui.

Selon les parlementaires de la mission présidée par Damien Abad (LR), les assureurs ont indemnisé "217 millions de préjudices", dont 41 % à Paris, pour "vols, incendies, dégradations et pillages". "Toutefois, ce chiffre ne correspond qu'à la partie émergée de l'iceberg. L'approche adoptée par la mission d'information, davantage centrée sur les entreprises, les secteurs d'activité et les zones géographiques, a permis de révéler un ensemble de coûts bien plus larges et aux effets bien plus durables", considèrent-ils.

Selon eux, la baisse de fréquentation des centres-villes le samedi a causé des pertes de chiffre d'affaires comprises entre 20 et 30 % pour les commerces. Quant aux centres commerciaux, ils ont fait état "de pertes de l'ordre de 2 milliards d'euros".

71 millions pour remettre les radars en marche

Dans ce rapport, les députés citent également la baisse de fréquentation des hôtels au premier trimestre 2019 (- 2,5 % par rapport à l'année précédente alors qu'ils avaient enregistré deux ans de hausse trimestrielle continue.

Le rapport liste surtout le coût budgétaire de la crise des Gilets jaunes. "L'Etat a fait face à des coûts directs de rémunération de forces de l'ordre au titre des heures supplémentaires effectuées – au moins 46,08 millions d'euros ont dû être mobilisés pour permettre aux policiers et gendarmes de répondre à la crise – et à la prise en charge de certaines dégradations physiques. Des dégradations physiques subies par les contestataires ne sont pas évoquées. 
Quant à la remise en état des 2.410 radars détruits et des 577 abîmés, elle pourrait "à terme coûter 71 millions d'euros".

Plus de 12,4 millions de coûts pour Bordeaux, Toulouse et Rouen

Les collectivités locales ont aussi dû dégager des fonds. L'association France urbaine évalue les coûts pour les grandes villes de France à 30 millions d'euros. Une estimation qui comprend "notamment le coût des dégradations d'équipements et de mobiliers urbains, ainsi que des dépenses exceptionnelles engendrées par les manifestations, dont le bouleversement de l'agenda de certaines missions de services publics et de travaux, ou encore la rémunération des agents sollicités au-delà de leur temps de travail habituel". Pour Paris, le coût attendrait 10,43 millions d'euros.

La mission s'est particulièrement concentrée sur les dégâts constatés dans des villes cibles, tel la rouge Toulouse (7,5 millions) récemment passée à la droitela juppéiste Bordeaux (3 millions) et Rouen, la socialiste (1,9 million), trois villes particulièrement impactées par des conflits sociaux (Ford à Blanquefort, ou la fermeture de l'usine d'hydroliennes à Cherbourg ou celle annoncée de l'usine de sucre "Saint Louis" de Cagny à 124 km de Rouen et bien sûr celle de Goodyear à Amiens, à 120 km. A elles seules, ces trois villes ont enregistré une perte de 12,4 millions entre les dégâts enregistrés et les mesures exceptionnelles nécessaires pour y faire face, selon le décompte révélé par le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, mais ce que l'on sait depuis le mercredi 20 mars 2019, lors de son audition par la commission des Affaires économiques et des finances de l’Assemblée nationale.

Cette facture est une conséquence des propos tenus par Macron, provoquant l'indignation et la colère, comme l'a lui-même reconnu le président méprisant, pompier-pyromane. "Je sais qu’il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos", a-t-il confessé, en référence à ses petites phrases comme le "pognon de dingue", pour parler des dépenses sociales, ou le "je traverse la rue et je vous en trouve", du travail, adressé à un jeune chômeur sur la pelouse de l’Elysée. Mais ce ne serait qu’incompréhension, parce que "je crois plus que tout dans notre pays et (…) je l’aime", a raconté Macron, qui a loué les "femmes de courage" venues exprimer leur "détresse sur tant de ronds-points"....

Cette nouvelle évocation du coût du mouvement social tous les quatre mois n'inclut pas l'évaluation à
2,4 milliards les mesures annoncées par Macron pour acheter la paix sociale.
La question est maintenant de savoir quel mauvais coup de Macron cette relance de la campagne gouvernementale vise à justifier, dès que les Français seront pour la plupart à la plage, déconnectés de la vie politique...

mardi 18 juin 2019

Grève à Radio France, suite à l'annonce de suppressions de postes

Et si les contribuables avaient un droit de regard sur la gestion de ce service public

Crise sociale à Radio France: un rapport contredit la direction
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1.300 grévistes pour dénoncer des suppressions d'emplois
(sans que la cote de popularité de Macron en soit affectée,
selon BFM TV et les  sondeurs...)
Un an après son arrivée à la tête de Radio France, Sibyle Veil a annoncé un plan de licenciements transformation qui prévoit de supprimer sur trois ans autour de 300 postes sur 4.600 salariés, déclenchant de vives protestations des syndicats.
Ces suppressions de postes seraient "surdimensionnées", affirme, à l'avant-veille d'une journée de grève prévue ce mardi, un rapport indépendant du cabinet d'experts-comptables Tandem, des "consultants dotés d’une longue expérience du conseil aux comités d’entreprise et organisations syndicales, dans tous les secteurs d’activité" : le mot "indépendant" est-il donc véritablement approprié ? Choisi par le Comité social et économique (CSE) central du groupe Radio France, ce cabinet a confronté les comptes de l'entreprise au projet "Radio France 2022" présenté début juin par Sibyle Veil, la présidente du groupe, désignée, le 12 avril 2018, par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et épouse de Sébastien Veil, petit-fils de Simone Veil et fils de Jean Veil, en 78e position de la liste LREM-MoDem pour les élections européennes...

Selon les premières conclusions de Tandem, la hausse des charges de personnel sur les prochaines années aurait été surévaluée de 8,7 millions d'euros. La direction de Radio France, qui prévoyait entre 270 et 390 départs volontaires, pourrait donc épargner 118 postes, selon ce nouveau calcul.
Dans un contexte d'audiences excellentes et de bons résultats financiers, les comptables de Tandem s'interrogent aussi sur la "soutenabilité" de ces suppressions de postes pour les salariés qui restent, sur la capacité réelle de Radio France à avoir moins recours aux CDD, et sur les ambitions du réseau France Bleu, alors que ses effectifs baissent. 
De son côté, la direction de Radio France "s'apprête à contester fermement les analyses du cabinet Tandem", a déclaré la directrice des ressources humaines de Radio France, Catherine Chavanier.

La direction compte négocier ce nouveau "pacte social" dès la rentrée

La direction présentera ses observations lors d'une réunion du Comité social et économique prévue à partir du mardi 18 juin, jour choisi par six syndicats de Radio France pour lancer un appel à la grève contre ce plan qui constitue, selon eux, un "appauvrissement de l'entreprise".

La direction de Radio France souhaite par ailleurs désigner un autre expert - tout aussi indépendant - pour analyser les hypothèses économiques sur lesquelles se fonde ce projet "Radio France 2022".

Les délais sont serrés puisque  demandant aux salariés de rogner sur leurs vacances pour éviter des suppressions de postes. Si l'avenir de l'entreprise en dépend... Renonceront-ils aussi à leur abattement fiscal de 7.650 euros, en solidarité avec les contribuables retraités qui n'en peuvent plus mais de la pression fiscale qui les cible?

Le groupe veut réaliser 60 millions d'euros d'économies d'ici 2022, pour répondre à la baisse de la contribution de l'Etat (moins 20 millions d'euros sur quatre ans), anticiper une hausse des charges de personnel et investir davantage dans le numérique.

La crise sociale à Radio France atteint la direction. 
Des divergences seraient apparues notamment entre la présidente Sibyle Veil et son numéro 2, Guy Lagache, ancien présentateur de l'émission Capital (2003-2011) sur M6, ex-directeur des magazines et de l'information de la chaîne C8, et actuel directeur-délégué aux antennes, qui serait sur le départ... 
Et bientôt sur BFM ?

vendredi 12 avril 2019

"Grand" débat : Jupiter va adresser aux gueux ses conclusions

Le nouveau 'one-man show' de Macron serait pour le début de semaine prochaine 

Après trois mois de déplacements sous haute surveillance et de débats encadrés avec des élus consentants, des militants non représentatifs de l'ensemble de la population et des enfants des écoles
Macron doit tirer les conclusions d'une concertation, dont on sait que la synthèse est remontée pervertie et tronquée.

La place des enfants est en classe et pas dans une parodie d'assemblée délibérative, souligne le professeur J.-P. Brighelli
Macron devrait dresser son bilan de la consultation sur-mesures que les Gilets jaunes ont suscitée, mais qu'ils auraient voulue sincère. L'intervention jupitérienne devrait avoir lieu avant mardi, dès dimanche ou lundi, mais pas plus que pour les remaniements au gouvernement, Macron n'est le "maître [ponctuel] des horloges" qu'il prétend. "Ce sera en début de semaine prochaine, mais rien n’est arbitré à ce stade pour le reste", commente de son côté l’entourage du Président dans Le Parisien. En somme, vous verrez bien! "Il va surprendre, ce sera un bon coup. Il va être disruptif, scotcher tout le monde", affirme un "marcheur historique", soit fantasmé, soit honteux, mais amateur de "one-shot". Pour cet admirateur inconnu, l'Histoire de France aurait commencé il y a seulement trois ans.

Une intervention depuis l'Elysée ou le Fouquet's (fish & chips, 31 euros)

"Le chemin qui tient la corde [sic] pour le moment, c'est
une intervention solitaire et solennelle dimanche soir ou lundi soir à l'Elysée. Cela sera suivi d'une explication plus longue dans un entretien. Emmanuel Macron a assez envie de s'exprimer dans la presse quotidienne régionale parce que ça lui parait correspondre au mouvement des Gilets jaunes. Des télés et des radios ne sont pas exclu(e)s", a expliqué Jean-Michel Apathie [selon France Info, pour 'Aphatie'] jeudi matin sur Europe 1. "Je parlerai au début de la semaine prochaine et je ne dirais [selon ce même service public de qualité, pour "dirai"] pas tout d'une seul coup", a également confié Emmanuel Macron à des proches.

Le chef de l'Etat prendra des décisions immédiates qui seront "puissantes et concrètes"

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Grand débat national à Saint-Brieuc, à l’Ephad des Filles du Saint-Esprit 
Tel est l'engagement qu'a pris pour lui Edouard Philippe devant l'Assemblée mardi
Même qu'il va ouvrir des "grands chantiers" lors de son intervention prévue dans les jours à venir. Ces "grands chantiers", que le Premier ministre n'a pas détaillés... 

Macron sera attendu sur les points qu'il a lui même définis :

  • Comment mieux accompagner les Français dans leur vie quotidienne pour se loger, se déplacer, se chauffer ?
  • Comment rendre notre fiscalité plus juste [notamment l'ISF], plus efficace, plus compétitive et plus lisible ?
  • Comment faire évoluer la pratique de la démocratie et de la citoyenneté ?
  • Comment faire évoluer l’organisation de l’Etat et des services publiques [publics] pour les rendre plus proches des Français et plus efficaces ?
Ces chantiers d'envergure concerneront "les sujets qui devront faire l'objet d'une concertation". La semaine prochaine, Emmanuel Macron devrait également évoquer les questions de fiscalité, les services publics et l'urgence climatique. 
Or, le 10 décembre en Conseil des ministres, les quatre questions majeures sur lesquelles le président avait autorisé les Français à débattre - pour sortir de la crise sociale incarnée par les Gilets jaunes - étaient : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté, l'organisation de l'Etat et des services publics. 
A-t-il ouvert ce débat qui devait "redonner la parole aux Français sur l’élaboration des politiques publiques qui les concernent" [...], permettant "à chaque Français de faire part de son témoignage, d’exprimer ses attentes et ses propositions de solutions" ? Il semble bien qu'au contraire, Macron n'a pas évolué, puisque l'un des thèmes n'est plus évoqué : il se serait même plutôt replié...

mardi 26 février 2019

Macron laisse grimper les prix des carburants

+ 2 centimes en une semaine pour le diesel et l'essence: Macron confirme ainsi qu'il écoute bien et comprend la colère sociale... 

Même que le parti qu'il promeut serait en tête aux Européennes,
selon des sondeurs !
blog -carburants-affichage trompeur
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Affichage trompeur :  les flèches - toutes tournées vers le bas -
 n'indiquent pas des baisses de prix !...
En dépit de la révolte populaire contre la fiscalité discriminante et injustifiée, le prix des carburants poursuit sa hausse entamée au début de l'année. 
Le litre de diesel a ainsi augmenté de 1,89 centime en une semaine et celui du SP95 de 1,74 centime, selon les moyennes hebdomadaires publiées ce lundi par le gouvernement. En deux mois, ils ont grimpé respectivement de 7 et 5 centimes. 

La tendance à la baisse des cours du Brent depuis octobre ne justifie pas cette hausse soutenue et constante : le prix du pétrole brut  avait fini 2018 à son plus bas de l'année. Mais centime après centime, le prix du carburant remonte pourtant, au mépris des automobilistes furieux d'avoir été incités à l'achat de véhicules diesel, puis rackettés par l'Etat. Le litre de diesel, gazole B7, comme d'essence SP95-E10, distribuée en France depuis 2009 - carburant pourtant sans plomb et pouvant incorporer du bioéthanol à hauteur de 10% en volume - , vient ainsi de prendre près de deux centimes en une semaine, selon les moyennes hebdomadaires publiées ce lundi 25 février par le ministère de la Transition écologique et solidaire.


Parce qu'il a été révélé que le produit de la hausse n'allait pas au financement de la transition écologique - mensonge énoncé pour justifier la surtaxation de certains automobilistes - , mais été versé au budget général, le gouvernement a finalement décidé de geler sa hausse pour endormir la grogne des Gilets jaunes.

Le pic de la semaine du 1er janvier est dépassé

Précisément, le diesel s'est affiché à 1,4503 euro/litre la semaine dernière (contre 1,4314 euro sur la moyenne des sept jours précédents, soit + 1,89 centime). Depuis le début de l'année, et sans même que la taxe carbone n'ait été majorée, ce carburant a finalement augmenté de 7,43 centimes. 

Il y a près de deux mois, le diesel s'affichait à "seulement" 1,3769 euro/litre. 
A l'exception de trois semaines de quasi stagnation entre fin janvier et début février, il n'a cessé d'augmenter. Il ne reste plus que quelques jours encore pour qu'il retrouve son record à 1,5331 euro/litre enregistré début octobre quand il a mis le feu au pays. 

Pour le super sans plomb 95, la courbe est semblable. Toujours selon les chiffres du gouvernement, il s'affichait la semaine dernière en moyenne à 1,4586 euro/litre (contre 1,4412 euro/litre une semaine plus tôt, soit +1,74 centime). Il a ainsi augmenté de 5,15 centimes/litre en près de deux mois, puisqu'il coûtait 1,4071 euro/litre la semaine du 1er janvier.

Carburant : faut-il réhabiliter le diesel ?

La hausse de la part de la fiscalité est en cause
Seule peut être prise en compte à la pompe la tendance à la hausse des cours du pétrole :


Le cours du baril de Brent de 159 litres, la référence européenne, est reparti à la hausse - moindre toutefois que celle du prix du baril - après avoir atteint fin décembre un prix plancher de 50 dollars. L'or noir a clairement augmenté jusqu'au 9 janvier pour atteindre 61 dollars. Puis, après avoir stagné jusqu'au 11 février, il a de nouveau augmenté jusqu'à un pic à près de 68 dollars le 15 février. Stagnant plus ou moins depuis dix jours, il était coté à 69 dollars ce lundi à l'ouverture du marché, mais les prix à la pompe ont poursuivi leur ascension. 

Les prix des carburants communiqués par le gouvernement sont des moyennes. Ces statistiques n'empêchent pas les stations-service d'afficher des prix différents, plus élevés ou plus bas : ce sont ainsi les distributeurs qui sont incriminés : cherchent-ils - comme Michel-Edouard Leclerc - à récupérer leur manque à gagner sur leurs propositions passées de vente à prix coûtant ?...
Pour trouver le pompiste pratiquant les meilleurs prix à côté de chez vous, il existe des applications pour mobiles.

jeudi 17 janvier 2019

Avec les maires, Macron a "pipé" le "grand débat" à la veille de son ouverture

"Dans sa lettre aux Français, le Président corsète le débat" (Benedetti) et, face aux maires, il apporte toutes les réponses 

Arnaud Benedetti soupçonne Emmanuel Macron de manquer de sincérité dans la consultation inédite qu'il propose aux Français. 

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Le choix de deux ministres pour coordonner ce débat renforce le sentiment d'un pilotage par le haut, explique ce professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne, spécialiste de communication politique. Il vient de publier Le coup de com' permanent (éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.

Le Président de la République a adressé hier soir sa "lettre aux Français" en vue du "grand débat national" annoncé. Sur la forme déjà,que penser de ce mode inédit de communication politique?  lui a demandé Le Figaro, le 14 janvier.

Arnaud BENEDETTI.- Ce n'est pas fondamentalement inédit: François Mitterrand en 1988, Nicolas Sarkozy en 2012 ont utilisé déjà le format de la "lettre aux Français", mais c'était dans la perspective d'une campagne présidentielle. Macron s'est finalement beaucoup exprimé ces dernières semaines. Le problème est que sa parole officielle ne "performe" plus, ou lorsqu'elle impacte, ce n'est que négativement. Il lui faut retrouver un mode d'adresse aux Français qui fasse l'économie des traits les plus "allergisants" de la perception, à tort ou à raison, qu'il véhicule. 
La lettre, après tout, est un vecteur qui en parlant à chacun d'entre nous peut être susceptible d'amodier la communication. Ecrire à quelqu'un, c'est prendre du temps, c'est graver aussi un message dans la mémoire, c'est acter un engagement. La lettre est parée d'une force symbolique que l'on n'accorde pas à la parole. Le dicton populaire ne dit-il pas: "Les écrits restent, les paroles s'envolent»? Or, le problème, c'est ce que ce dicton est démenti par les psychanalystes: "les paroles restent". Est-ce que l'écrit du Président Macron est susceptible d'effacer les mots polémiques, blessants, maltraitants qu'il a pu utiliser? Il existe un dépôt de méfiance et de défiance qui s'est cristallisé autour d'Emmanuel Macron. Difficile de s'en défaire...

Vous avez souvent reproché au chef de l'État d'être prisonnier des artifices de la com'. Ce grand débat est-il davantage, cette fois-ci, qu'un simple coup de communication?

La communication politique n'est pas un gros mot si elle contribue à densifier le débat démocratique, si elle porte une dialectique argumentaire et contre-argumentaire. Elle est même de ce point de vue au principe de la démocratie. Le problème, c'est quand elle se dégrade en instrument, en savoir-faire dont l'objectif consiste à déréaliser et à sur-signifier un message. Emmanuel Macron est un émetteur ; il a du mal à se concevoir, à se penser comme un récepteur. Ou s'il se pense comme récepteur, il ne se confronte que très peu à l'altérité. On lui reproche son manque d'écoute. L'exercice dans lequel il se lance, fortement contraint par une situation politique et sociale qu'il n'a pas vue venir et qu'il a sous-estimée, vise à apporter la démonstration qu'il est capable d'entendre et de tenir compte. Le problème, c'est qu'il se heurte au scepticisme et au soupçon de facticité.

En d'autres termes, tout l'enjeu pour lui consiste à s'extirper du seul exercice communicant pour entrer dans la voie de la négociation, de la production d'une sortie de crise politique dont il ne peut à lui tout seul être l'initiateur. Est-il disposé à cette humilité? C'est la question qui lui est posée. L'homme démocratique est d'abord un homme qui doit accepter la modestie. Or, nos institutions comme la personnalité propre du chef de l'Etat n'incitent pas forcément à cette prédisposition.

Vous ne pensez donc pas qu'Emmanuel Macron soit sincèrement disposé à repenser sa ligne politique au prisme de ce qu'il ressortira de ce débat?

Le problème, c'est celui de l'injonction paradoxale. Comment ouvrir un débat et vouloir le cadrer, en fixant des périmètres. L'exercice tel qu'il se dessine a plus l'épure méthodologique d'une conférence de méthode de Sciences Po, avec ses quatre grands thèmes, que celui d'une agora libre où l'on puisse échanger sans qu'aucune question n'en soit exclue. 
In fine, Emmanuel Macron est déchiré entre deux contraintes: la première qui consiste à ne pas détricoter son logiciel politique, et la seconde qui consiste à donner du mou à un appareil qui, s'il ne s'en déleste pas un peu, lui fait courir le risque d'un krach quasi-révolutionnaire. 
S'ajoute à cette double contrainte le fait qu'on a l'impression qu'ayant reculé sur la taxe carbone, le Président paraît confronté depuis ce retrait à une forme de blessure narcissique qu'il combat par un regain de fermeté et d'inflexibilité. De ce point de vue, les vœux présidentiels, ainsi que la petite phrase sur les Français et le sens de l'effort, donnent l'impression d'un homme à la recherche de son image perdue.

Selon vous, les questions posées par le chef de l'État ne font pas le tour des sujets qui préoccupent les Français, et en particulier les 'gilets jaunes'?

Ce qui frappe à la lecture de sa lettre, c'est que le Président ne renonce pas à penser qu'il a été élu sur la force de son projet. Il l'écrit d'ailleurs: "je n'ai pas oublié que j'ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle". C'est bien le fond du problème. 
Emmanuel Macron est bien plus le produit d'un malentendu que d'une adhésion. C'est le drame originel de ce quinquennat que celui d'un Président qui pense sincèrement avoir gagné sur une politique à laquelle des segments entiers de la société opposent un refus

Le chef de l'Etat corsète le débat sur le logiciel économique et social. On voit qu'il y a là assez peu à négocier. Excluant un retour à l'ISF, marqueur fort de la revendication "giletiste", l'exécutif reste intraitable sur ses fondamentaux. Or, toute la difficulté relève de ce sentiment diffus d'une partie de l'opinion qui considère que les grandes orientations économiques et sociales échappent de plus en plus à la confrontation démocratique. Macron est platement maastrichtien: pour lui, la décision économique relève d'abord de l'expertise, mais pas de la sphère démocratique.
Or, implicitement, la demande des 'gilets jaunes' vise à réintroduire cette dimension au centre du forum. Ne voulant rien lâcher sur le socio-économique, le Président ouvre des espaces pour la question institutionnelle, et encore, avec certaines limites. Mais le sujet lui coûte moins politiquement, même s'il ne prend pas, à mon sens, la mesure profonde de la crise de régime que nous traversons. Au fond, la question qui lui est posée est la suivante: êtes-vous prêt à vous hisser à la hauteur des événements? Or, le débat national me paraît être un instrument sous-dimensionné au regard du mal politique qui frappe le pays.

Que vous inspire le choix d'Emmanuelle Wargon et de Sébastien Lecornu pour conduire ce débat?

On ne débat pas de haut. Pour coordonner un débat, le choix de deux ministres renforcera inévitablement le sentiment d'un pilotage en surplomb, d'un cadrage où tout est finalement décidé en amont. Encore une fois, le risque est grand de verser dans ce qu'Edward Bernays, le père des relations publiques, appelait à la suite du grand éditorialiste Walter Lippman "la fabrique du consentement". Le problème est qu'une partie de la société ne veut plus consentir à... consentir!
Voilà pour les arguments du professeur Benedetti.

Le grand show de Macron devant un parterre de maires ruraux,
"c'est de la pipe"...

Emmanuel Macron devant 653 maires normands, le 15 janvier 2019 à Grand Bourgtheroulde dans l'Eure.

Or, ce sont ceux de l'Eure, dont le président du Conseil départemental fut Sébastien Lecornu, jusqu'à la constitution du gouvernement Philippe, et dans la petite commune triée sur le volet, celle de Bruno QuestelGrand Bourgtheroulde, jusqu'à ce qu'il soit député LREM. Difficile d'y voir une opération à grands risques...

Malgré les efforts de Macron, les maires gardent leurs distances
Le "petit débat de Macron avec les maires a pipé le grand débat national avec la population. Le président hautain s'est trompé d'auditoire : en craignant le franc parlé des "gilets jaunes" et en les contournant, Macron a opté pour la facilité d'un débat aseptisé avec des élus qui respectent les règles du jeu de l'ancien monde.
Macron veut qu’ils jouent "un rôle essentiel", mais de nombreux maires restent sceptiques : si le président ne ménage pas ses efforts à l’attention des élus locaux, c’est parce qu'il mise sur eux pour animer à la consultation nationale du 15 janvier au 15 mars 2019. 
Philippe Laurent, maire UDI et vice-président de l’Association des maires de France (AMF). "Je rappelle qu’il n’est pas venu au Congrès [de l’AMF], et que, lorsque nous avons envoyé des propositions au gouvernement, nous n’avons pas eu d’accusé de réception".
Or, s'il a commencé par les mépriser, il doit maintenant faire appel à eux pour organiser les débats et ils sont sur leurs gardes. D'autant qu'ils sont en première ligne pour recevoir les revendications des Français et ils ont des raisons de craindre d'être perdants-perdants à l'arrivée, car tout dépend des suites que donnera le gouvernement à cette consultation lancée afin de sortir de la crise des "gilets jaunes".

Dans sa 'Lettre aux Français', il leur a demandé de faire des propositions sur une trentaine de questions. Or,
devant les quelque 600 maires ruraux , il a apporté ses propres réponses avant même que soit ouvert le 'débat national'...

C’était la première d’une série de déplacements régionaux pour discuter avec des édiles. Le prochain est à Souillac dans le Lot, vendredi.

mardi 8 janvier 2019

Le grand débat national cale au démarrage avec le départ de Chantal Jouanno

La présidente de la Commission nationale du débat public descend en marche

Chantal Jouanno a expliqué ce retrait, mardi, par la polémique portant sur sa rémunération




Chantal Jouanno a décidé de se lâcher le manche à balai du coucou télécommandé par Emmanuel Macron : son 'grand débat national' décollera le 15 janvier, comme si de rien n'était, pour l'heure sans pilote à bord, et devra répondre à la crise sociale portée par les 'gilets jaunes'.  La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) l’a annoncé mardi 8 janvier au 20h00 de France 2, expliquant ce retrait par la polémique portant sur sa rémunération. Vérité partielle...
 
Son salaire s’élève à 14.666 euros brut mensuels, soit un revenu quasi équivalent à celui du président de la République ou du premier ministre, qui touchent chacun 15.140 euros brut par mois. "J’ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat", a déclaré l’ancienne ministre des Sports (2010-2011) de Nicolas Sarkozy à France 2, estimant que les débats provoqués par son niveau de salaire sont "légitimes", mais que les "conditions de sérénité nécessaires pour ce débat" ne sont plus assurées, depuis cette révélation. "C’est une décision que j’ai prise parce que je crois en ce débat (...) plus que nécessaire", a-t-elle poursuivi.

Mais si elle cède la direction du grand débat,
la fine mouche conserve la présidence de la Commission nationale du débat public, avec son salaires et les avantages attachés à la fonction.
La Commission nationale du débat public (CNDP) a été créée en 1995 par la loi Barnier relative au renforcement de la protection de l'environnement. La CNDP est devenue une autorité administrative indépendante (AAI) en 2002,à qui la loi confie la mission de "veiller au respect de la participation du public au processus d'élaboration des projets d'aménagement ou d'équipement d'intérêt national de l'État, des collectivités territoriales, des établissements publics et des personnes privées, relevant de catégories d'opérations dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, dès lors qu'ils présentent de forts enjeux socio-économiques ou ont des impacts significatifs. Mais elle n'a pas à se prononcer "sur le fond des projets qui lui sont soumis".
Le grand débat national qui se profile n'est pas encadré seulement par Macron. 
Promis par Macron le 10 décembre dernier, ce que certains gilets jaunes dénoncent déjà comme une "mascarade" a pour mission de redonner la parole à tous les Français pour faire naître une "réflexion profonde et partagée", "partout sur le terrain", selon les mots du président, et "bâtir le socle de notre nouveau contrat pour la Nation".

Or, cette consultation comporte un cadre et des règles qui ne sont pas aussi floues qu'on le dit: même si les maires, censés être les garants des discussions, commencent à s'impatienter, voire à s'inquiéter, elle est contrainte. "Outil de la réconciliation" pour Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au Numérique, "auberge espagnole où tout le monde apportera sa contribution", pour Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, le grand débat est le remède miracle pour ramener la sérénité sur tout le territoire national, ronds-points compris.

Même si la démission de Jouanno est un mauvais signal de départ, le grand débat ne sera pas improvisé. Il doit se dérouler en deux phases
La première est en cours : elle consiste à mettre à disposition des citoyens des "cahiers de doléances" dans les mairies dans lesquels ils peuvent inscrire leurs préoccupations. Et la seconde, qui doit démarrer à la mi-janvier et s'achever à la mi-mars, doit être celle des échanges sur tout le territoire national. 
Ils auront lieu à l'occasion d'une "multitude de réunions d'initiative locale", comme le détailla Chantal Jouanno, dans les colonnes du Journal du Dimanche, ce 6 janvier, avant de tirer sa révérence, le 8, et organisées "à l’échelle d’une famille, d’un quartier, d’un village, d’une association ou d’un syndicat".
Sur le site du gouvernement, on découvre que les "citoyens, associations, collectifs, élus, entreprises, syndicats, etc. souhaitant organiser des réunions locales" pourront demander à la CNDP un... "kit d'accompagnement des réunions" et son enregistrement, mais aussi des "stands mobiles" pour recueillir les avis ainsi qu'un "accompagnement" pour l'organisation d'un "atelier". 

L'expression sera-t-elle donc libre ? 
Elle est d'ores et déjà pour le moins encadrée.
Depuis 2016, une Charte de la participation du public liste les bonnes pratiques en matière de participation du public, rappelant les valeurs et principes qui définissent le socle d’un processus participatif vertueux. L'adhésion à la charte est volontaire, tout comme son application.

Ces discussions ne pourront porter que sur quatre thèmes fixés par le gouvernement : "la transition écologique", "la fiscalité et les dépenses publiques", "la démocratie et la citoyenneté" et "l'organisation de l’Etat et des services publics". Exit donc les questions sur l'immigrationle mariage pour tous et la PMA ou la GPA pour s'éviter de craquer de nouvelles allumettes... Et qu'importe si Emmanuel Macron insistait, dans son allocution du 10 décembre, pour que cette question soit "affrontée" par les Français. Pour éviter que les échanges ne "partent dans tous les sens", comme le redoute Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

Des couacs autour du 'grand débat', comme autour de la taxe d'habitation

Le cadrage de la consultation populaire est déjà fragilisé. Ce lundi 7 janvier sur Europe 1, Chantal Jouanno a annoncé, en contradiction totale avec les règles émises par le gouvernement, qu'"aucun thème ne sera interdit". Cela veut-il dire que l'abrogation du mariage pour tous pourra être discutée ?  "Si des personnes veulent organiser une réunion pour rouvrir ce débat, elles sont parfaitement libres de le faire", a-t-elle répondu. 
Pourtant, quelques minutes plus tôt sur France Inter, le porte-parole du gouvernement, l'illustre spécialiste de la montée du nazisme, Benjamin Griveaux, assurait le contraire… Un désordre qui dessine une improvisation totale : si, dans la forme, les maires vont disposer d'un 'kit', rien ne semble arrêté sur le fond, au grand désarroi de ces maires qui auront la charge d'animer ces débats dans la sérénité requise, mais qui devront faire face aux conséquences de ce micmac sur le terrain, en plus de faire remonter le contenu des doléances et des discussions au CNDP, par mail. 
Depuis, Chantal Jouanno a "clarifié" ses propos dans un tweet. "J’indiquais que chacun est libre d’organiser un débat sur le sujet qu’il souhaite. Il n’est pas dans mon pouvoir de censurer les sujets", a-t-elle précisé. Ce qui ajoute à la confusion en ne réglant rien.

L’ancienne ministre UDI a précisé qu’elle reste toutefois présidente de la CNDP.
"Le gouvernement prend acte de la décision de Chantal Jouanno et proposera à l’issue du séminaire gouvernemental (mercredi) une organisation et un mode de pilotage du grand débat national qui présenteront des garanties équivalentes en termes d’indépendance et de neutralité", a réagi Matignon. 

"Ceci dit, je remets dans les mains du président de la République et du gouvernement en général, le niveau de rémunération de la présidente de la CNDP qu’il leur appartiendra d’arbitrer, comme les autres rémunérations des autorités indépendantes et des hauts fonctionnaires," a ajouté l'ex-championne de France de karaté, nommée par Macron, en mars 2018. En même temps, le "boxeur de CRS", Christophe Dettinger, est champion de France poids lourds-légers (2007 et 2008).

Empêtré depuis bientôt plus de deux mois dans la crise sociale sans précédent des Gilets jaunes, Emmanuel Macron semble subir les événements. Et les démissions se multiplient autour de lui, avec Sylvain Fort, outre Jouanno, avant d'autres dans les tuyaux...
Après avoir parrainé Nathalie Kosciusko-Morizet pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016, celle qui servit Nicolas Sarkozy soutint finalement Alain Juppé... En raison de l'affaire visant Fillon, LR, elle lâcha le candidat de sa famille politique, durant la campagne présidentielle.


dimanche 16 décembre 2018

"Gilets jaunes" : la gauche porte une "lourde responsabilité" dans la crise, souligne Taubira

L'état de la gauche est "désespéré et désespérant"

L'ancienne ministre de Hollande est sans indulgence pour son camp
 


Résultat de recherche d'images pour "Taubira Macron"Christiane Taubira n'épargne pas ses camarades à gauche. A propos de la crise sociale portée par les "gilets jaunes", elle observe dans un entretien au Journal du dimanche que l'opposition de gauche est dans un état "désespéré et désespérant".

L'impopulaire ancienne garde des Sceaux du socialiste Hollande a pointé le rôle de la gauche dans cette colère populaire.
La responsabilité de la gauche "est lourde, très lourde", a déclaré celle qui contribua pourtant à son effondrement de 2012 à 2016. "Elle peut l'être plus encore si la gauche ne comprend pas que c'est à elle qu'il revient d'offrir un débouché politique à ce mouvement", a-t-elle néanmoins estimé. 
La gauche "doit dégager très vite une perspective, au lieu de continuer à bavarder, rabâcher, radoter des choses informes et insensées", a taclé l'ancienne députée de Guyane, sans pour autant faire de proposition.

"Condescendance" d'Emmanuel Macron

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Elle est tout aussi avec vacharde avec son ancien collège au gouvernement Valls 2
Macron "raisonne en termes de performance, de productivité, de résultats lucratifs", dénonce-t-elle chez le président Macron. Le chef de l'Etat "surplombe les individus avec hauteur et condescendance", a-t-elle estimé, sans illustrer son propos. Une évidence...

Quant au chef de file de la France insoumise, Taubira reproche à Jean-Luc Mélenchon de tenter de récupérer le mouvement des "gilets jaunes". Pour elle, il y a "une certaine indécence à appeler à la mobilisation celles et ceux qui se sont soulevés sans mot d'ordre politique ou syndical". Un jugement non étayé.

Pour l'ex-représentante du Parti radical de gauche (PRG), le mouvement des "gilets jaunes" est plein d'ambiguïtés, avec "à la fois du sublime et des traces de choses abjectes", notamment des idées "sexistes, racistes, homophobes, xénophobes, antisémites".

VOIR et ENTENDRE un reportage de CNews sur la mobilisation Gilets jaunes du 15 décembre, l''acte V' d'un mouvement citoyen sous les coups du pouvoir répressif, avec un déploiement hors normes de forces de sécurité et d'une pluie d'interpellations :

Taubira, le retour en politique ?

Interrogée sur une possible candidature aux élections européennes de mai 2019, Christiane Taubira a assuré avoir été approchée tout à la fois par l'écologiste Yannick Jadot (EELV), l'ex-candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, et le chef actuel du Parti socialiste, Olivier Faure. "Mais c'est encore une fois chacun dans son couloir ! Il est tragique que la gauche ne se rende pas compte que l'enjeu, aujourd'hui, n'est plus de conduire une liste, ni de se vautrer dans le confort de l'inefficacité, de la stérilité, du manque d'imagination", a déploré l'ancienne élue, qui n'indique pas si elle a rallié l'une des listes.
Taubira n'admet la course en couloir que si celui de la gauche lui est réservé.
Elle n'a jamais été euro-députée: le scrutin de liste et le collectif ne sont pas sa tasse de thé.

S
ur le "mariage pour tous", Taubira et Macron s'étaient allumés

Dans un entretien du 22 février 2017 sur la gauche, son identité et ses valeurs, voire les débats sur une éventuelle candidature commune, Christiane Taubira avait fait la leçon à Emmanuel Macron, dans Le Monde. 
Son collègue ministre dénonçait l'humiliation infligée aux opposants au mariage pour tous. Libération avait réagi le premier, le 16 février, en estimant que le candidat d'En marche!  niait les violences homophobes subies par les personnes LGBT et que Macron réécrivait l'histoire en déclarant que le gouvernement avait "humilié la France de la Manif pour tous".

Une façon de réécrire l'histoire des débats autour de cette loi d'égalité, écrivait Libération à ce sujet et qui a suscité l'émoi de la communauté LGBT. Et Christiane Taubira de rebondir : "Les agressions physiques homophobes, c'est la Manif pour tous qui les a supportées ? Les insultes homophobes, la disqualification de toute famille en dehors de celle avec un papa, une maman, un petit garçon et une petite fille… Ces gamins qui ont entendu qu'on les traitait "d'enfants Playmobil". Elle était dans quel camp, l'humiliation ?

L'humiliation vise aujourd'hui l'ensemble de la population éreintée par la charge fiscale : le prix des carburants a repris sa marche ascensionnelle. Depuis l'allocution de Macron, le litre de diesel est à plus d'1,40 euros à la pompe. La pédagogie du "sachant" de l'Elysée - qui ne connaît pas les fins de mois difficiles mais qui fait pourtant la leçon aux Français - est une humiliation que Macron a assumée : il disait l'"entendre" et la "comprendre", mais s'entêtait à l'infliger, pour le bien de tous...
Les "miettes" de la bûche de Noël rassasieront-elles la population en gilets jaunes des ronds-points?