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dimanche 16 décembre 2018

"Gilets jaunes" : la gauche porte une "lourde responsabilité" dans la crise, souligne Taubira

L'état de la gauche est "désespéré et désespérant"

L'ancienne ministre de Hollande est sans indulgence pour son camp
 


Résultat de recherche d'images pour "Taubira Macron"Christiane Taubira n'épargne pas ses camarades à gauche. A propos de la crise sociale portée par les "gilets jaunes", elle observe dans un entretien au Journal du dimanche que l'opposition de gauche est dans un état "désespéré et désespérant".

L'impopulaire ancienne garde des Sceaux du socialiste Hollande a pointé le rôle de la gauche dans cette colère populaire.
La responsabilité de la gauche "est lourde, très lourde", a déclaré celle qui contribua pourtant à son effondrement de 2012 à 2016. "Elle peut l'être plus encore si la gauche ne comprend pas que c'est à elle qu'il revient d'offrir un débouché politique à ce mouvement", a-t-elle néanmoins estimé. 
La gauche "doit dégager très vite une perspective, au lieu de continuer à bavarder, rabâcher, radoter des choses informes et insensées", a taclé l'ancienne députée de Guyane, sans pour autant faire de proposition.

"Condescendance" d'Emmanuel Macron

Résultat de recherche d'images pour "Taubira Macron"

Elle est tout aussi avec vacharde avec son ancien collège au gouvernement Valls 2
Macron "raisonne en termes de performance, de productivité, de résultats lucratifs", dénonce-t-elle chez le président Macron. Le chef de l'Etat "surplombe les individus avec hauteur et condescendance", a-t-elle estimé, sans illustrer son propos. Une évidence...

Quant au chef de file de la France insoumise, Taubira reproche à Jean-Luc Mélenchon de tenter de récupérer le mouvement des "gilets jaunes". Pour elle, il y a "une certaine indécence à appeler à la mobilisation celles et ceux qui se sont soulevés sans mot d'ordre politique ou syndical". Un jugement non étayé.

Pour l'ex-représentante du Parti radical de gauche (PRG), le mouvement des "gilets jaunes" est plein d'ambiguïtés, avec "à la fois du sublime et des traces de choses abjectes", notamment des idées "sexistes, racistes, homophobes, xénophobes, antisémites".

VOIR et ENTENDRE un reportage de CNews sur la mobilisation Gilets jaunes du 15 décembre, l''acte V' d'un mouvement citoyen sous les coups du pouvoir répressif, avec un déploiement hors normes de forces de sécurité et d'une pluie d'interpellations :

Taubira, le retour en politique ?

Interrogée sur une possible candidature aux élections européennes de mai 2019, Christiane Taubira a assuré avoir été approchée tout à la fois par l'écologiste Yannick Jadot (EELV), l'ex-candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, et le chef actuel du Parti socialiste, Olivier Faure. "Mais c'est encore une fois chacun dans son couloir ! Il est tragique que la gauche ne se rende pas compte que l'enjeu, aujourd'hui, n'est plus de conduire une liste, ni de se vautrer dans le confort de l'inefficacité, de la stérilité, du manque d'imagination", a déploré l'ancienne élue, qui n'indique pas si elle a rallié l'une des listes.
Taubira n'admet la course en couloir que si celui de la gauche lui est réservé.
Elle n'a jamais été euro-députée: le scrutin de liste et le collectif ne sont pas sa tasse de thé.

S
ur le "mariage pour tous", Taubira et Macron s'étaient allumés

Dans un entretien du 22 février 2017 sur la gauche, son identité et ses valeurs, voire les débats sur une éventuelle candidature commune, Christiane Taubira avait fait la leçon à Emmanuel Macron, dans Le Monde. 
Son collègue ministre dénonçait l'humiliation infligée aux opposants au mariage pour tous. Libération avait réagi le premier, le 16 février, en estimant que le candidat d'En marche!  niait les violences homophobes subies par les personnes LGBT et que Macron réécrivait l'histoire en déclarant que le gouvernement avait "humilié la France de la Manif pour tous".

Une façon de réécrire l'histoire des débats autour de cette loi d'égalité, écrivait Libération à ce sujet et qui a suscité l'émoi de la communauté LGBT. Et Christiane Taubira de rebondir : "Les agressions physiques homophobes, c'est la Manif pour tous qui les a supportées ? Les insultes homophobes, la disqualification de toute famille en dehors de celle avec un papa, une maman, un petit garçon et une petite fille… Ces gamins qui ont entendu qu'on les traitait "d'enfants Playmobil". Elle était dans quel camp, l'humiliation ?

L'humiliation vise aujourd'hui l'ensemble de la population éreintée par la charge fiscale : le prix des carburants a repris sa marche ascensionnelle. Depuis l'allocution de Macron, le litre de diesel est à plus d'1,40 euros à la pompe. La pédagogie du "sachant" de l'Elysée - qui ne connaît pas les fins de mois difficiles mais qui fait pourtant la leçon aux Français - est une humiliation que Macron a assumée : il disait l'"entendre" et la "comprendre", mais s'entêtait à l'infliger, pour le bien de tous...
Les "miettes" de la bûche de Noël rassasieront-elles la population en gilets jaunes des ronds-points?

mercredi 5 décembre 2018

Macron, conspué au Puy-en-Velay : une visite surprise de 2 heures depuis Paris, de nuit

Ni la presse et ni les élus territoriaux n'étaient dans la confidence

Le président Macron se cache pour sortir de son bunker élyséen

Préfecture de Haute-Loire, au Puy-en-Velay, incendiée
au cours d'une mobilisation des "gilets jaunes", samedi 1er décembre
Le chef de l'Etat était venu constater les dégâts survenus lors de la mobilisation des "gilets jaunes" samedi et "témoigner personnellement de son soutien aux agents".

Emmanuel Macron s'est rendu à la préfecture de Haute-Loire, au Puy-en-Velay, mardi 4 décembre à la nuit tombée, en fin d'après-midi, selon le correspondant local de franceinfo, radio de service public. Le président de la République est venu constater les dégâts, à la suite de l'incendie de la préfecture survenu lors de la mobilisation des "gilets jaunes" samedi 1er décembre.

Macron y a été copieusement conspué 

Dans cet extrait,
on entend clairement les appels à la démission, mais seulement à son arrivée. 
Mais les voix des manifestants sont rapidement couverts par le commentaire de France 3 Régions.

VOIR et ENTENDRE cette couverture tronquée de l'événement:
  
On aura noté qu'il ricane, narguant les contestataires.

VOIR et ENTENDRE le compte-rendu plus complet et donc moins partial de BFMTV...

A la vérité, Macron et son cortège ont été pris en chasse par les Auvergnats en colère 

L'Obs a diffusé ce document amateur. Les professionnels ont failli à la diffusion de l'information de service public, comme les chaînes privées tenues par des hommes d'affaires...

A sa sortie, le mal-aimé déconnecté de la réalité a voulu ouvrir la vitre pour saluer les gens qui l'encerclaient...

Sa voiture blanche sera prise en chasse

Il n'a fait aucune déclaration. Apprenant la venue d'Emmanuel Macron, une vingtaine de manifestants s'étaient réunis devant les grilles de la préfecture.

La garde rapprochée du président a dû sortir d’un véhicule pour protéger le cortège.
Témoignage d’un journaliste de Télérama (groupe Le Monde):
Scène ahurissante au Puy-en-Velay, où l’annonce de l’arrivée de Macron s’est propagée comme une traînée de poudre, laissant entrevoir la haine viscérale qu’inspire le président.
Sur les trottoirs, les gens se passaient le mot et immédiatement, de petits groupes se sont formés pour repérer la voiture du président dans le cortège qui montait la rue principale.
159 personnes parlent à ce sujet
« On va l’attraper, ce fils de pute. » Certains se sont mis sur la route, simplement pour gêner son passage, d’autres ont essayé de taper sur la voiture.
Le décalage est dingue entre l’espoir du gouvernement de régler la crise avec des annonces timides et la violence désormais physique que certains sont prêts à déployer contre Macron.
271 personnes parlent à ce sujet

Le décalage est dingue entre l’espoir du gouvernement de régler la crise avec des annonces timides et la violence désormais physique que certains sont prêts à déployer contre Macron.
J’ai entendu une gamine de 8 ans max crier « Enculé Macron ! » au passage du cortège présidentiel... Comment peut-il encore espérer s’en sortir avec un bon vieux coup de « dialogue social » ?
Arrivé vers 16 heures et reparti en trombe, le chef de l'Etat a repris son avion deux heures plus tard. 

samedi 1 décembre 2018

Macron attire à nouveau les "gilets jaunes" aux Champs-Elysées

Le mépris de la majorité présidentielle exacerbe la colère populaire

Les "gilets jaunes" en colère contre la hausse des taxes et la baisse du pouvoir d'achat réinvestissent la capitale samedi

Après deux rassemblements en deux semaines sur les Champs-Elysées à Paris, le pouvoir macronien reste sourd aux cris de misère de la population pressurée de taxes injustifiées et le mouvement citoyen s'engage donc dans une troisième journée d'action aux contours encore incertains, tandis qu'une centaine de "gilets jaunes" belges ont également manifesté vendredi en Belgique, pays de l'Union européenne qui arrive deuxième, derrière la France.

Avec un taux de prélèvement de 45,3 % du produit intérieur brut, la France se hisse au 2e rang du palmarès des pays où les cotisations sociales, impôts et taxes sont les plus élevés, selon le dernier rapport de l'OCDE.
La France est désormais vice-championne du monde de la pression fiscale derrière le Danemark, selon l'étude annuelle de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). En 2016, les impôts (sur le revenu, les sociétés et la fortune), les taxes et les cotisations sociales représentaient, à elles seules, 45,3 % du PIB (Produit intérieur brut), tandis que la moyenne de l'OCDE se situait à plus de 10 points, au-dessous de la barre de 35 %.
 

Ce mouvement de colère sourde a trouvé à s'exprimer le 17 novembre,
commence à déborder les frontières de l'Hexagone.

Encouragé par le soutien de plus de huit Français sur dix et une pétition "pour une baisse des prix du carburant à la pompe" qui a dépassé le million de signatures, le mouvement entend de nouveau se faire entendre au coeur de Paris, à portée de voix du tandem Macron-Philippe.
Selon une enquête Odoxa-Dentsu Consulting réalisé par Le Figaro et Franceinfo, 84 % des Français trouvent le mouvement justifié.
L'exécutif et ses députés ne manifestent aucune volonté de réforme de leurs modes de pensée. Désarçonnés par les revendications protéiformes de ce mouvement né des réseaux sociaux, hors de tout cadre politique ou syndical, l'amateurisme des élus LREM entrave la réflexion et la prise de décisions innovantes et justes. Ils ont en revanche voté l'interdiction de la fessée dans les familles...

Alors que ses élus locaux, incapables d'autonomie, sont interpellés par leurs concitoyens, le gouvernement est saturé d'appels à faire un geste pour ces revendications des citoyens les plus fragilisés. Surpris d'être désavoué et désarçonné dans les théories hors-sol développées par leur maître à penser azimuté, les blancs-becs tentent d'engager le dialogue en écho des tentatives tardives et du coup infructueuse du gouvernement d'organiser la concertation avec des représentants, après avoir considéré le mouvement populaire de haut : nos concitoyens ne comprennent rien, mais on va faire de la pédagogie : nous les sachants, on va faire mine de les écouter, pour mieux les anesthésier ensuite avec des discours d'intentions, des promesses d'avenir et de cité radieuse.

Les annonces faites cette semaine par Macron - un dispositif pour limiter l'impact des taxes sur le carburant, ainsi qu'une "grande concertation" sur trois longs mois - ont plus irrité que convaincu.
"Du vent", du "blabla", ont réagi les "Gaulois réfractaires" - "fainéants" ou "cyniques" maltraités et injuriés, mais tous "séditieux" - qui restent rivés sur les routes ou les ronds-points. "Il nous faut du concret, pas de l'enfumage", a résumé Yoann Allard, un ouvrier agricole de 30 ans.

Une volonté de pourrissement 
De Buenos Aires où il participe au G20, comme si de rien n'était en France, 
le président français a redit jeudi vouloir répondre à "la colère légitime" et "la souffrance d'une partie du peuple" par "des décisions supplémentaires dans les semaines et les mois à venir", mais qui "ne seront jamais des reculs", alors que l'exécutif - relayé par ses élus bénis-oui-oui et sa presse "indépendante" (LCI- CNews et BFMTV) - continue de faire du chantage à l'urgence écologique pour tenter de justifier ses taxes sur les carburants (TICPE et TVA), alors que chacun sait qu'il confisque la fiscalité sur les carburants - au prétexte de la lutte pour la transition écologique -  et la détourne au profit du budget général en déficit.

Résultat : Macron fabrique des casseurs 

A la veille de l'acte III de cette mobilisation moins visible dans la rue mais de plus en plus populaire et alors qu'Edouard Philippe devait recevoir des "gilets jaunes" vendredi, Macron a envenimé la situation en excluant d'avance tout "recul" de Matignon.

Des "gilet jaune" devant l'Arc de Triomphe, le 24 novembre 2018 à Paris ( AFP/Archives / Lucas BARIOULET )

Filtrage, fouilles et vérifications d'identité
Dans un geste de renoncement, après avoir été bafoué dans son interdiction lors du rassemblement du 24 novembre dernier, le gouvernement s'est résigné à ouvrir les Champs-Elysées aux piétons samedi, comme le demandaient les "gilets jaunes".

Le président Emmanuel Macron s'adresse à la communauté française, le 29 novembre 2018 à Buenos Aires, en Argentine ( AFP / Ludovic MARIN )
Macron s'adresse à la communauté française, le 29 novembre 2018 depuis l'étranger, Buenos Aires, en Argentine 
Mais un filtrage et des fouilles seront "systématiquement" organisés, a précisé le demi-ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, contraint par les échauffourées qu'il a favorisées lors de la précédente manifestation du 24 novembre.
Sur cette artère où déambulent entre 200.000 et 300.000 visiteurs par jour, les commerçants prenaient cette fois leurs précautions pour se prémunir contre de nouvelles dégradations samedi. 
Quant à la Mairie de Paris, elle a de nouveau laissé en place des éléments de chantiers qui avaient pourtant déjà servi à dresser des barricades, le 24...

Des rassemblements citoyens pacifiques sont aussi annoncés dans plusieurs autres villes du pays
Des 'gilets jaunes' font face aux forces de police devant un dépôt de carburant, le 29 novembre 2018 au Mans/AFP

Ainsi, le député LFI parachuté Mélenchon se rendra finalement à Marseille, sur l'emblématique Vieux-Port de Marseille, après avoir été annoncé à Paris.

Mais, dans les territoires français d'Outre-mer, à La Réunion en état d'insurrection, la ministre Annick Girardin a dû être exfiltrée  par son service d'ordre lors d'une rencontre devenue trop houleuse, jeudi soir. Signe d'une colère qui ne faiblit pas parmi ceux et celles pour qui les fins de mois sont de plus en plus difficiles. 

A Pau, des gilets jaunes se sont invités dans la mairie où le suppôt de Macron, François Bayrou, présidait une réunion.

Dans le sud-est de la France, neuf personnes ont été placées en garde à vue vendredi après des heurts dans la nuit à un péage de La Ciotat.

Dans la majorité présidentielle, l'inquiétude monte devant le rejet exprimé, au point que l'idée d'un moratoire sur la hausse des taxes commence à faire débat.

Du côté de l'opposition, à droite comme à gauche, les positions oscillent entre soutien et souci de ne pas prêté le flanc à l'accusation de récupération.

"Parce que nous avons pris la décision que chacun soit dans sa région", le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé vendredi qu'il ne manifesterait pas sur les Champs-Elysées mais qu'il serait à Marseille dans une marche réunissant des "syndicats, des révoltés du logement, des 'gilets jaunes' et des lycéens".

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan sera lui à Paris, à nouveau aux côtés des opprimés. La cheffe de file du RN, Marine Le Pen, a réclamé une dissolution de l'Assemblée nationale.

Le patron des Républicains (droite), Laurent Wauquiez, ira "à la rencontre" des manifestants dans sa circonscription. 

Quant à l'ex-président socialiste, François Hollande, il est allé voir des "gilets jaunes" pour défendre son bilan mis en cause par son protégé Macron ou ses affidés, s'attirant les railleries du président Macron pour avoir rappelé qu'il avait donné "un coup de pouce" au Smic, sous la pression.


samedi 17 novembre 2018

Les Gilets jaunes ont largement rassemblé, en dépit des manipulateurs macroniens

Ni les menaces, ni le mépris n'ont bloqué les "gens qui ne sont rien" en colère

Ils étaient ce samedi plus de 280.000 manifestants en France. Et le mouvement pourrait se prolonger et continuer à rappeler l’exécutif à un peu d'humanité dans les jours à venir.

Avec 282.700 manifestants recensés par le ministère de l’Intérieur au fil de plus de 2.000 opérations dans toute la France, les Gilets jaunes ont réussi à démontrer leur capacité à mobiliser. Même si la journée a été endeuillée par le décès d’une manifestante fauchée par une automobiliste irascible et que les accrochages ont fait 227 blessés, dont 6 graves seulement sur toute la France, les casseurs ont été tenus à distance, un exploit dont les syndicats ne peuvent se flatter.
Le niveau de la mobilisation a été d'autant plus exceptionnel que c'est un mouvement populaire, né sur les réseaux sociaux, contre la hausse des taxes sur les carburants, sans organisation verticale, ni de leaders identifiés. De Caen à Strasbourg, les chaînes d'information ont fait tourner en boucle des images partielles de petits groupes éparpillés sur les ronds points (de rares plans larges !) la circulation était filtrée, d’opérations escargot, dans une ambiance bon-enfant, rejointes par des VTC ou des motards.

A Paris, la journée s’est soldée par un face-à-face tendu entre les CRS sous pression et un millier de Gilets jaunes, décidés à marcher sur l’Elysée pour se faire entendre. A une centaine de mètres de l’Elysée (au fond sur la photo), la manifestation des Gilets jaunes a été stoppée par les forces de l’ordre.

Les chefs de parti, Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez ou Nicolas Dupont-Aignan se sont associés à cette vague jaune, tout en restant en retrait, présents mais sans volonté de récupération.

Cible de nombreux slogans, l’Elysée était barricadé, bunkerisé, en mode veille, mais Matignon, tout en suivant heure par heure l’évolution de la situation, a laissé le demi-ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, monter au front, escorté de Laurent Nunes, le seul professionnel des deux.

Les Gilets jaunes ne lâchent rien

La balle est dans le camp de Macron. Ses réponses, attendues dans la semaine, sur la prime à la casse ou les aides devant inciter à changer sa chaudière au fioul ont fait pschitt. Et l’exécutif, qui s’interrogeait sur la force de frappe des Gilets jaunes, est maintenant fixé. Au cas où le mouvement devait se prolonger et pour peu qu’il agrège d’autres mécontentements, Macron devra forcément sortir de sa bulle.

Les Gilets jaunes sont maintenant convaincus de leur représentativité. 

Rassurés, ils ont pris confiance et vont continuer à donner de la voix "jusqu’à ce que l’Etat prenne en compte nos revendications", a averti sur BFM Lætitia Dewalle, chef de file dans le Val-d’Oise.

Le mouvement va se poursuivre le 18 et les jours d’après. Lorsque nous retournerons au travail, les poids lourds, les forains, les ambulanciers prendront la relève - et pourquoi pas les retraités - et le week-end prochain, nous nous mobiliserons à nouveau".
Même tonalité en Seine-et-Marne où Eric Drouet, dont le Mouvement National contre la Hausse des Taxes réunit sur Facebook 250.000 participants, appelle à poursuivre les actions jusqu’au 20 novembre. 
Organisateur du mouvement à Grenoble, Julien Terrier, estimait lui aussi que, dans tous les cas, "il faut voir plus loin que samedi".