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vendredi 12 avril 2019

"Grand" débat : Jupiter va adresser aux gueux ses conclusions

Le nouveau 'one-man show' de Macron serait pour le début de semaine prochaine 

Après trois mois de déplacements sous haute surveillance et de débats encadrés avec des élus consentants, des militants non représentatifs de l'ensemble de la population et des enfants des écoles
Macron doit tirer les conclusions d'une concertation, dont on sait que la synthèse est remontée pervertie et tronquée.

La place des enfants est en classe et pas dans une parodie d'assemblée délibérative, souligne le professeur J.-P. Brighelli
Macron devrait dresser son bilan de la consultation sur-mesures que les Gilets jaunes ont suscitée, mais qu'ils auraient voulue sincère. L'intervention jupitérienne devrait avoir lieu avant mardi, dès dimanche ou lundi, mais pas plus que pour les remaniements au gouvernement, Macron n'est le "maître [ponctuel] des horloges" qu'il prétend. "Ce sera en début de semaine prochaine, mais rien n’est arbitré à ce stade pour le reste", commente de son côté l’entourage du Président dans Le Parisien. En somme, vous verrez bien! "Il va surprendre, ce sera un bon coup. Il va être disruptif, scotcher tout le monde", affirme un "marcheur historique", soit fantasmé, soit honteux, mais amateur de "one-shot". Pour cet admirateur inconnu, l'Histoire de France aurait commencé il y a seulement trois ans.

Une intervention depuis l'Elysée ou le Fouquet's (fish & chips, 31 euros)

"Le chemin qui tient la corde [sic] pour le moment, c'est
une intervention solitaire et solennelle dimanche soir ou lundi soir à l'Elysée. Cela sera suivi d'une explication plus longue dans un entretien. Emmanuel Macron a assez envie de s'exprimer dans la presse quotidienne régionale parce que ça lui parait correspondre au mouvement des Gilets jaunes. Des télés et des radios ne sont pas exclu(e)s", a expliqué Jean-Michel Apathie [selon France Info, pour 'Aphatie'] jeudi matin sur Europe 1. "Je parlerai au début de la semaine prochaine et je ne dirais [selon ce même service public de qualité, pour "dirai"] pas tout d'une seul coup", a également confié Emmanuel Macron à des proches.

Le chef de l'Etat prendra des décisions immédiates qui seront "puissantes et concrètes"

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Grand débat national à Saint-Brieuc, à l’Ephad des Filles du Saint-Esprit 
Tel est l'engagement qu'a pris pour lui Edouard Philippe devant l'Assemblée mardi
Même qu'il va ouvrir des "grands chantiers" lors de son intervention prévue dans les jours à venir. Ces "grands chantiers", que le Premier ministre n'a pas détaillés... 

Macron sera attendu sur les points qu'il a lui même définis :

  • Comment mieux accompagner les Français dans leur vie quotidienne pour se loger, se déplacer, se chauffer ?
  • Comment rendre notre fiscalité plus juste [notamment l'ISF], plus efficace, plus compétitive et plus lisible ?
  • Comment faire évoluer la pratique de la démocratie et de la citoyenneté ?
  • Comment faire évoluer l’organisation de l’Etat et des services publiques [publics] pour les rendre plus proches des Français et plus efficaces ?
Ces chantiers d'envergure concerneront "les sujets qui devront faire l'objet d'une concertation". La semaine prochaine, Emmanuel Macron devrait également évoquer les questions de fiscalité, les services publics et l'urgence climatique. 
Or, le 10 décembre en Conseil des ministres, les quatre questions majeures sur lesquelles le président avait autorisé les Français à débattre - pour sortir de la crise sociale incarnée par les Gilets jaunes - étaient : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté, l'organisation de l'Etat et des services publics. 
A-t-il ouvert ce débat qui devait "redonner la parole aux Français sur l’élaboration des politiques publiques qui les concernent" [...], permettant "à chaque Français de faire part de son témoignage, d’exprimer ses attentes et ses propositions de solutions" ? Il semble bien qu'au contraire, Macron n'a pas évolué, puisque l'un des thèmes n'est plus évoqué : il se serait même plutôt replié...

jeudi 11 avril 2019

La restitution du "grand" débat ignore les revendications des Gilets jaunes

L'exécutif n'en fait qu'à sa tête 

Déception des figures des Gilets jaunes qui voulaient y croire

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Beaucoup de leurs revendications initiales n'apparaissent pas ou peu dans les conclusions de la concertation, selon la restitution du grand débat par Edouard Philippe qui a envoyé un mauvais signal. Exit le 'RIC' ou encore le rétablissement de l'ISF... D'autres propositions convergent. Que dit "le Vrai débat", leur plateforme concurrente ? 

'Paroles de Français', un slogan trompeur
"RIC" : ce slogan pour un référendum d'initiative citoyenne, relayé sur les rond-points tenus par les Gilets jaunes, était l'une des principales revendications du mouvement, mais il est littéralement passé à la trappe de la mascarade de débat national. Si l'on s'en tient à la synthèse rendue publique lundi, seuls 2.1% des contributeurs auraient soutenu l'idée d'instaurer un tel mode de consultation, préférant un élargissement du recours aux référendums locaux ou à d'autres modes de consultation de la population : le "RIC" ne serait donc soutenu que par une petite minorité de participants.
Il faut rappeler que les participants au 'grand' débat étaient essentiellement des élus, autant que possible sélectionnés, ou des retraités à la fois modérés et sympathisants de la majorité présidentielle. Les Gilets jaunes y étaient représentés de manière très marginales, quand ils n'étaient pas exclus du 'grand' débat. Le président n'a même jamais cité leur nom, zappant avec mépris  leur existence.
Les figures du mouvement n'ont donc pas de quoi être déçus, d'autant que, sur leur propre plateforme concurrente, baptisée "le Vrai débat" - et qui revendique 25.000 propositions et "plus d'un million de votes" - cite au contraire le "RIC" comme la deuxième revendication la plus soutenue, avec plus de 85% de votes favorables. 

Le "grand débatteur" a fait son marché parmi les propositions 

Il apparaît un étrange hiatus entre les propositions de Philippe et les revendications réelles. 'Paroles de Français' est un slogan trompeur.
On observe ainsi que nombre de revendications économiques et sociales portées sur la plateforme concurrente des Gilets jaunes reste très marginales côté 'grand débat', soit parce qu'elles sortent des thèmes proposés par le gouvernement, soit parce qu'elles apparaissent minoritaires. Parmi elles, la renationalisation des autoroutes et des secteurs de l'énergie, la "hausse du seuil de pauvreté au niveau du Smic" ou encore la suppression du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), plébiscitées par "le Vrai débat", alors qu'elles ne surgissent que de façon marginale dans les "contributions libres" des participants du Grand débat national.

Surtout, la recherche commune de justice fiscale aboutit à une hiérarchisation différentes des grandes options fiscales. 
Le rétablissement de l'ISF, présenté comme l'une des priorités des Gilets jaunes dans le cadre du "Vrai débat", n'est avancé "que" par 10.3% des contributeurs du Grand débat national. 
L'abandon de la hausse de la CSG, sixième proposition du "Vrai débat", est proposée par 9.8% des participants du grand débat. 
En revanche, la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales sont des priorités pour les deux plateformes. 

Des convergences théoriques, notamment sur la démocratie

Les deux plateformes convergent en revanche sur des revendications liées à la démocratie. Parmi les sujets placés largement en tête des deux côtés, la reconnaissance du vote blanc, le contrôle des "privilèges" des élus (anciens présidents, ministres, députés et sénateurs) et le renforcement de la transparence (90% des personnes qui se sont exprimées souhaitent qu'un candidat ne puisse se présenter à des élections que s'il possède un casier judiciaire vierge). Celui des privilèges des journalistes est toutefois négligé.
Durant sa campagne, le candidat Macron avait promis la "moralisation de la vie publique", qui s'est traduite en début de quinquennat dans deux lois visant à "rétablir la confiance dans la vie politique". Ces lois encadrent notamment le statut des collaborateurs du chef de l'Etat (on a vu avec l'affaire Benalla quel respect Macron leur porte), l'interdiction des emplois familiaux au sein de l'exécutif et du Parlement, et la transparence des élus en matière fiscale.
Durant sa campagne, Macron avait défendu le principe du casier judiciaire vierge pour les élus. Lors des débats autour de la moralisation de la vie publique, la mesure avait toutefois été écartée au profit d'une peine d'inéligibilité complémentaire inscrite dans le Code pénal, d'une durée maximale de dix ans, pour certaines condamnations (atteinte à la probité comme la fraude fiscale aggravée, violences, agressions sexuelles, harcèlement, discriminations ou terrorisme). D'autres pays, comme l'Italie ou l'Allemagne, présentent toutefois des règles plus contraignantes en tenant compte des condamnations passées.
Parmi les points de convergence, on peut également citer des mesures sociales (réindexation des pensions de retraite), environnementales (interdiction des pesticides, promotion de l'agriculture biologique), mais aussi la préservation des services publics, notamment dans le secteur de la santé.