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samedi 13 août 2011

Société générale: un titre trompeur de France Info


Alarmer le public est-il la fonction du service public d'information ?

France Info participe à la désinformation


La rumeur spéculative

En une après-midi, Frédéric Oudéa a vu sa banque [sic] perdre jusqu’à un quart de sa valeur à la Bourse de Paris. L’action a finalement clôturé en net recul de 14,74%. En cause : des spéculations sur la note souveraine de la France mais surtout des rumeurs de marché liées à la solidité financière de l’établissement mais aussi à un plan de sauvegarde du système bancaire français qui serait actuellement en discussion.
Pas de quoi mobiliser la presse solidairement.

France Info est-elle plus respectable que la presse à sensation
?
"A l’origine, notamment, de ces rumeurs : The Daily Mail.
[Il faut noter que, pour la circonstance, ce quotidien populiste n'est pas stigmatisé...] Trois jours après avoir décrit la Société générale comme étant "au bord du désastre", le tabloïd s’est finalement excusé. Mais le mal est fait [sic]. Le patron de la Société générale tente [sic, selon France Info] donc de rassurer les investisseurs sur France Info." Mais c'est sans compter sur la perversité du journaliste invitant et le titre affiché sur la page internet de la chaîne.

"Le patron de la Société générale l’assure : ce n’est pas le moment de vendre. Reste que depuis le 22 juillet, son titre a perdu plus de 41%. Et les autres banques françaises liées au plan de sauvetage de la Grèce ne sont pas en reste : Crédit agricole perd -35,63% et la BNP Paribas chute de 27,05%." Cette formulation de France Info suggère que les assurances du PDG invité ne sont pas fiables.

"La Société générale dans le rouge : Frédéric Oudéa appelle au calme"
Tel est le titre de la chaîne de radio en continu. Toutes les 7 minutes, elle aura martelé cette information mensongère.

L'information en France se fait, pourquoi pas, sur la base de rumeurs.
France Info avait invité Frédéric Oudéa qui comptait sur la loyauté de la chaîne publique et croyait y dénoncer " les rumeurs qui ont provoqué la chute du titre de près de 15% ce mercredi à la Bourse de Paris." Pourquoi France Info n'a-t-elle pas privilégié la parole du PDG de la Société générale, Frédéric Oudéa, contre les rumeurs dont il assure sur France Info qu'elles sont "complètement infondées ?" Malgré ce titre, non pas racoleur mais trompeur et dangereux pour l'économie nationale, la chaîne n'accorde guère de crédit à la parole de Frédéric Oudéa.

Exploitation tendancieuse de la déclaration du PDG

L'article contredit le PDG et accrédite ainsi la tendance dans un climat financier pourtant reconnu délétère et spéculatif.

" Le patron de la Société générale l’assure ['certifie' ou 'donne à croire' ?] : ce n’est pas le moment de vendre. Reste que [formule qui annonce des réserves] depuis le 22 juillet, son titre a perdu plus de 41%. Et les autres banques françaises liées au plan de sauvetage de la Grèce ne sont pas en reste : Crédit agricole perd -35,63% et la BNP Paribas chute de 27,05%.

Absence de commentaires quand il faudrait
Le PDG annonce qu'il réclame une enquête auprès de l’Autorité des marchés financiers. Pour en savoir plus, il faut ouvrir le podcast. (0'50")

Le journaliste ne se donne pas davantage la peine de décrypter les assurances du PDG
Pourtant, " la Société générale a les reins solides", assure Frédéric Oudéa . Mais pour apprécier son argumentaire, il faut prendre la peine d'ouvrir le second podcast de 1'19".

Et pourquoi le sensationnalisme du Daily Mail n'est-il pas villipendé ?

Frédéric Oudéa a pris la succession de Daniel Bouton en mai 2009, suite à l'affaire Kerviel et il ne faut pas remuer le passé du PS.

L'affaire de la Société générale
Devenu Premier ministre (1992-1993), le socialiste Pierre Bérégovoy fut confronté à la persistance des difficultés économiques des gouvernements socialistes et au mécontentement de la gauche, qui voyait en lui le symbole du ralliement des socialistes au libéralisme économique. Outre les incitations fiscales au développement des stock options, et la privatisation sous la présidence de François Mitterrand (mai 1981-mai 1995) de TF1 en 1987 et la création de Canal+ (chaîne cryptée et ... payante) et de M6 (chaîne privée), la Société Générale est en effet l'une des trois banques privatisées en 1987 (avec la BNP et le Crédit commercial de France, CCF).
C'est au gouvernement socialiste de Jospin (juin 1997-mai 2002) que nous devrons ensuite la privatisation partielle de France Télécom (octobre 1997), du CIC (avril 1998), les privatisations totales de Thomson CSF et de Thomson Multimédia, et d'Aérospatiale, ainsi que la cession du GAN et du CIC, de l’UIC (1998), de la CNP "assurances", d'Air France (1999), et du Crédit Lyonnais(6/1999).

Bérégovoy se fit en outre le chantre socialiste de la lutte contre la corruption affairiste et politique.
=> Mais fut au coeur de l'un des plus grands scandales politico-financiers des années Mitterrand.

Ce sont les grands noms de la finance française et ceux de plusieurs hommes politiques du Parti socialiste, dont celui de Pierre Bérégovoy, alors ministre des Finances de François Mitterrand qui étaient cités.

=> Dans le même temps, éclate l'affaire du prêt Pelat , du nom de Roger-Patrice, un ami personnel de Mitterrand, en février 1993.
Il s'agit d'une affaire de délit d'initié dans l'affaire Pechiney-Triangle qui implique son directeur de cabinet, Alain Boublil.En 1986, Pierre Bérégovoy avait reçu un prêt d’un million de francs, sans intérêt, de Roger-Patrice Pelat, un richissime ami intime de Mitterrand, pour l’achat d'un appartement dans le ...16e arrondissement, à Paris. Le juge Thierry Jean-Pierre, qui instruisit cette affaire complexe, découvrit non seulement le prêt Pelat, mais aussi les nombreuses libéralités accordées à la famille Bérégovoy : ainsi la prise en charge financière par Roger-Patrice Pelat de vacances du couple Bérégovoy, entre 1982 et 1989 ; les versements d’argent effectués à Lise Bérégovoy, l’une des filles du Premier ministre, pour qui Pelat se portait également caution auprès des banques pour des emprunts répétés ou encore des billets d’avion gracieusement offerts à la jeune femme. Le juge Jean-Pierre met également en lumière la persistance de découverts bancaires jugés « faramineux» accordés par la SDBO, la filiale du Crédit Lyonnais, aux membres de la famille Bérégovoy. Apparaît ainsi un découvert de 199.737,20 F au mois d’avril 1993. Puis, de nouveau, on trouve la trace de prêts d’argent aux membres de la famille Bérégovoy, notamment à sa fille Lise, de cadeaux à son épouse Gilberte, ainsi que des aides ponctuelles consenties à Pierre Bérégovoy entre 1986 et 1988.
Un mois après avoir quitté Matignon, Pierre Bérégovoy se suicide près de Nevers, le 1er mai 1993.

La vertu socialiste ne serait-elle pas un mythe ?

mercredi 16 juin 2010

L'essentiel de la réforme des retraites présentée par Eric Woerth

Ce qu'il faut savoir

Les contraintes et les objectifs

Dans nombre de pays d'Europe, Grèce, Espagne, France, les déficits publics se sont creusés sous la pression de la crise financière. En France, le déficit des régimes de retraites atteindra 100 milliards par an en 2050.
Parmi les leviers pour réduire ses déficits, l'un d'eux impose une main ferme : la réforme des retraites. Le Premier ministre, François Fillon, l'avait annoncé, 2010 devait être l'année de la réforme des retraites. Si l'exécutif restait « les bras ballants » ou s'il repoussait à plus tard, à la manière socialiste, sur l'objectif plus accessible du non cumul des mandats, la France n'aurait pas tenu auprès de l'U.E. ses engagements sur la réduction de ses déficits.

Après deux mois de concertation, le projet présenté comporte une trentaine de pages.

A elles-seules, les mesures d'âge permettront de réduire de 50% les déficits d'ici 2018, auxquelles s'ajoutent 4 milliards d'euros d'économies dans la fonction publique et 4,4 milliards de recettes nouvelles, via la taxation des hauts revenus et des revenus du capital.
En l'absence de toute réforme, le déficit du régime qui doit s'élever à 32,3 milliards d'euros en 2010, aurait filé à 42,3 milliards en 2018.

Le ministre du Travail Eric Woerth a déclaré devant la presse que le gouvernement a construit la réforme "avec deux exigences", "être responsable et être juste".


AUGMENTATION DE LA DUREE D'ACTIVITE

- Recul de l'âge légal de départ à 62 ans en 2018, en l'augmentant chaque année de quatre mois à compter du 1er juillet 2011. Dans six mois, il faudra donc travailler quatre mois de plus.

- Durée de cotisation relevée d'un trimestre en 2013 pour atteindre 41 ans et trois mois.

- Dans la fonction publique: relèvement à 62 ans pour les fonctionnaires dont l'âge de départ est actuellement à 60 ans; passage à 57 ou 52 ans pour certaines professions qui pouvaient bénéficier d'un départ anticipé à 55 ou 50 ans, notamment les professions classées "insalubres et dangereuses".

- Régimes spéciaux: recul progressif de l'âge légal à compter de 2017.

CARRIERES LONGUES ET PENIBILITE

- Maintien du dispositif "carrières longues": possibilité de départ entre 58 et 60 ans pour les salariés qui ont commencé de travailler avant l'âge de 18 ans. Le dispositif concernera 50.000 personnes en 2011 et 90.000 personnes en 2015, selon le gouvernement.

- Pénibilité: retraite à 60 ans pour les salariés qui, du fait d'une "situation d'usure professionnelle constatée" (par un médecin du travail: maladie professionnelle ou accident du travail) ont une incapacité physique supérieure ou égale à 20%. Le gouvernement estime le nombre de cas individuels concernés à 10.000.

- Aide à l'embauche pendant un an pour les recrutements de seniors demandeurs d'emploi de plus de 55 ans.

- Renforcement du tutorat entre les seniors et les jeunes.

HAUSSE DES PRELEVEMENTS

- Création d'un prélèvement de 1% sur la dernière tranche de l'impôt sur le revenu; augmentation d'un point des prélèvements sur les plus-values de cessions immobilières.

- Augmentation des prélèvements sur les stock-options: passage de la contribution de l'employeur de 10 à 14%; passage de la contribution du salarié de 2,5 à 8%.

- Augmentation des prélèvements sur les retraites-chapeaux.

- Suppression de deux niches fiscales: le crédit d'impôt sur les dividendes des particuliers et le plafonnement de la quote-part pour frais et charges sur les dividendes des entreprises.

- Taxation au premier euro des plus-values de cessions mobilières.

CONVERGENCE PUBLIC/PRIVE

- Alignement du taux de cotisation du public sur celui du privé (passage de 7,85 à 10,55%) étalé sur dix ans. N.B. Les salaires de la fonction publique seront-ils également alignés ?

- Le nombre de trimestres validés lorsqu'une personne est au chômage non indemnisé passera de quatre à six.

- L'indemnité journalière perçue pendant le congé maternité sera intégrée dans le salaire de référence pour le calcul de la pension de retraite.

- Modification des règles du minimum vieillesse pour que les agriculteurs ayant peu cotisé puissent avoir au moins 709 euros de revenu au titre de la retraite.

REGLES DE LA RETRAITE

- Mise en place d'un "point d'étape individuel retraites" à 45 ans.

L'OBJECTIF DE L'EQUILIBRE
- La réforme vise à remettre les régimes de retraite à l'équilibre en 2018.
- Les déficits accumulés durant cette période seront intégralement transférés à la CADES (Caisse d'amortissement de la dette sociale), qui aura la propriété des ressources du Fonds de réserve des retraites (FRR).

La suite des opérations

Le texte est "amendable" d'ici vendredi, le ministre du Travail devant de nouveau recevoir les partenaires sociaux. Nicolas Sarkozy rendra ses ultimes arbitrages vendredi.
Le projet sera présenté le 13 juillet en Conseil des ministres, avant d'arriver au Parlement en septembre.

dimanche 12 juillet 2009

Rémunérations: «le patronat n'a pas réussi à s'autoréguler»

Un entretien du Figaro
Les propos recueillis par Samuel Laurent ont été publiés le 08/07/2009

Entretien - Le député Philippe Houillon , rapporteur d'une mission, propose
une loi pour mieux encadrer les rémunérations des dirigeants, notamment en supprimant les retraites chapeaux.

Philippe Houillon, député UMP du Val-d'Oise, était le rapporteur de
la mission parlementaire sur la rémunération des patrons, qui a rendu ses conclusions mardi 7 juillet. Le constat que dresse le rapport est accablant : les dix patrons les mieux payés du CAC 40 gagnent entre 2,4 millions et 4,7 millions d'euros par an.
Pour mettre fin à ces dérives, la mission propose 16 mesures, parmi lesquelles l'institutionnalisation des comités de rémunération ou la suppression des retraites chapeaux. Le député revient sur les conclusions de ce rapport pour lefigaro.fr.

Quelles sont les principales propositions de ce rapport ?
Nos propositions ne sont pas révolutionnaires, elles correspondent à des notions déjà déclinées par d'autres interlocuteurs, comme la charte éthique du Medef. Pour nous, la rémunération doit correspondre à l'intérêt général de l'entreprise. Une notion qui existe déjà, mais qui a du mal à s'appliquer. Nous proposons donc de l'inscrire dans la loi. Cette notion reste générale, car il faut examiner la situation entreprise par entreprise, avec des critères composites et qui peuvent varier en fonction de la situation.

  • Mais nous proposons aussi de
    - diminuer le nombre de mandats dans les grandes entreprises de cinq à trois,
    - institutionnaliser les comités de rémunération
    -et de les ouvrir à d'autres acteurs, notamment les salariés.
  • Il faudra aussi tenir compte de la situation d'échec ou de réussite de l'entreprise avant de fixer la rémunération.
  • Nous proposons également
    -d'interdire les retraites chapeaux
    -ou de mieux encadrer les stock-options.

    Ces mesures suffiront-elles à changer des pratiques déjà en place ?
    Où met-on le curseur ? Les propos martiaux que nous avons entendus depuis la crise au sujet de la rémunération des patrons n'ont pas été suivis d'effet. On nous reproche d'un côté de ne pas être assez sévères, de l'autre on trouve que nous allons déjà trop loin. Pour moi, on assiste à un timide changement de culture depuis la crise, et notre but est de proposer des mesures à même d'accompagner ce changement. Personnellement je ne suis pas favorable, par exemple, à un plafonnement par la loi de la rémunération des dirigeants, qui doit rester l'affaire des actionnaires. Mais le patronat, qui parle sans cesse d'autorégulation plutôt que d'une loi, a montré qu'il ne parvenait pas à se réguler seul.
  • L'une des mesures que nous proposons, la décote de 20% à l'acquisition de stock-options, fait partie du code éthique du Medef depuis des années. Elle n'est pas appliquée. Nous voulons aider l'organisation patronale à faire appliquer son code. Il faut bien comprendre que les abus, même s'ils sont marginaux, rejaillissent sur l'ensemble des acteurs concernés en termes d'image. Il faut donc une réponse adaptée.

    L'argument contre une législation, c'est de dire que les grands patrons risquent de quitter la France…
    On a toujours en fond de lucarne ce risque de départ des patrons, c'est pour cela qu'il ne nous est pas possible d'aller trop loin. On ne fait que reprendre des choses dites mille fois, en espérant que cette fois, elles s'appliquent. Cela étant, je ne connais pas beaucoup de patrons français qui dirigent de grandes sociétés étrangères, ni l'inverse d'ailleurs.

    Quelle sont les suites à attendre après votre rapport ?
    Soit il en restera à ce stade, soit on déposera une proposition de loi, soit nous engagerons un débat avec les ministres concernés. Quinze mesure sur les 16 que nous proposons sont consensuelles et correspondent à des éléments déjà présents dans les codes éthiques. Une seule risque de faire débat [qualifié de 'polémique' par la presse d'opposition], le plafonnement de la déductibilité fiscale de l'impôt sur les sociétés. Mais à une époque où les sociétés sont implantées à l'international, aucune législation quelle qu'elle soit ne suffit. Il faut des accords internationaux, au niveau de l'Europe, ou du G20. Pour moi, nous sommes dans un changement de culture. Nous parlons de rémunérations « correspondant à l'intérêt général », le Bundestag allemand évoque des rémunérations « appropriées », on sent bien que nous sommes dans des choses très voisines. Les comités de rémunération sont une instance composée de personnalités indépendantes, chargé de définir la politique de rémunération des dirigeants d'une entreprise en fonction des performances de la société.

    Philippe Houillon (1951), avocat à 21 ans, juge titulaire de la Cour de justice de la République (du 25/06/1997 au 18/06/2002) et maire UMP de Pontoise, réélu député en 2007 dans le Val-d’Oise, il fut désigné comme rapporteur de la Commission d'enquête chargée de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice dans l'affaire d'Outreau et de formuler des propositions pour éviter leur renouvellement.

    lundi 30 mars 2009

    La rémunération des patrons par décret

    L’opposition en a parlé, le gouvernement le fait
    François Fillon présentera à 15h45 le décret encadrant la rémunération des chefs d'entreprises aidées par l'Etat, en présence de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et du ministre du Travail, Brice Hortefeux.

    Ce qu’on pense en savoir
    Selon le quotidien Les Echos, le texte interdira jusqu'à fin 2010 la distribution de stock-options et d'actions gratuites aux dirigeants et mandataires sociaux des banques et constructeurs automobiles soutenus financièrement par l'Etat.

  • Les entreprises soutenues par le Fonds stratégique d'investissement (FSI) ne seraient pas concernées.
  • Les rémunérations variables ne seraient pas interdites mais encadrées. Elles devront être établies à partir de critères de performance précis et limités dans le temps, poursuit le quotidien économique, selon qui le gouvernement juge suffisantes les règles actuelles sur les "parachutes dorés".

    « Le compte n’y est pas » ?

  • Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, regrette une éventuelle limitation de ces mesures dans le temps.
    "On a le sentiment qu'une fois la crise passée tout recommencera comme avant", a-t-il déploré sur Canal+, souhaitant que les nouvelles règles s'appliquent après 2010.

  • Radicale, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a souhaité que les stock-options soient purement et simplement interdites. "Pourquoi on n'utilise pas les salaires, pourquoi on veut toujours éviter de parler salaires ?", s'est-elle interrogée sur LCI. C’est pourtant simple d’en parler !

    Déjà, plusieurs dirigeants ont été poussés ces derniers jours à renoncer à des stock-options qui leur avaient été attribuées.

  • vendredi 27 mars 2009

    Discours présidentiel consacré à l’action du gouvernement face à la crise

    A Saint Quentin, Nicolas Sarkozy fait de la pédagogie

    "Responsabilité " : c'est sans doute le mot clef du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin dans l'Aisne. Le chef de l'Etat a appelé les patrons à prendre leurs " responsabilités " et maintient son cap économique, tout en se disant prêt à " aller plus loin " si la situation l'exige.
    Le chef de l'Etat a expliqué sa politique économique (cf. article de PaSiDupes), mais aussi annoncé des mesures contre les bandes violentes ou en faveur des transports en Ile-de-France.
    Voici les principaux points du discours économique et social qu’a tenu le président Nicolas Sarkozy mardi à Saint-Quentin:

    - PLAN D’URGENCE EN FAVEUR DES JEUNES
    : Nicolas Sarkozy veut, en 15 jours, "avant le 15 avril" un "plan d’urgence en faveur des jeunes" mettant l’accent sur la formation en alternance et sur l’apprentissage.

    - "BONUS" EN CAS DE PLAN SOCIAL OU D’AIDE DE L’ETAT
    : selon le chef de l’Etat, "il ne doit plus y avoir de bonus" [ boni], de "parachutes dorés" ou de "stock-options" "dans une entreprise qui reçoit une aide de l’Etat" ou qui "met en oeuvre un plan social d’ampleur".

    - PARTAGE DES RICHESSES
    : "Si aucun progrès n’est accompli d’ici au mois de juin" sur la question du partage des richesses, Nicolas Sarkozy demandera au gouvernement de déposer un "projet de loi cet automne".

    - COMMISSAIRES A LA REINDUSTRIALISATION
    : le gouvernement nommera des "commissaires à la réindustrialisation" dans les bassins d’emploi en difficulté" qui "auront les pleins pouvoirs pour mobiliser tous les acteurs et pour agir" et "disposeront de moyens d’intervention financiers accrus".

    - PROJET DE LOI SUR LES BANDES VIOLENTES
    : le Parlement sera saisi "dès le mois d’avril" d’un projet de loi sur les bandes, "la seule appartenance à une bande" étant passible "d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison".
    "L’intrusion dans un établissement scolaire sera également considérée comme un délit sanctionné par le code pénal".

    - TRANSPORT FRANCILIEN
    : une décision "plus radicale" sera prise "fin avril" pour l’amélioration du transport francilien et donc plus de bien-être dans la région.

    - TAXE CARBONE
    : Nicolas Sarkozy s’est dit favorable à une "taxe carbone" qui permettrait "de faire participer les importations au financement de notre protection sociale" et de lutter contre le "dumping environnemental". (cf. l’article précédent sur discours de F. Fillon en partie consacré à la taxe professionnelle, dans PaSiDupes)

    Le Président explique son action contre la crise

    Sarkozy combat la désinformation et le défaitisme de l’opposition

    Nicolas Sarkozy a fait la promotion de sa politique économique face à la crise
    Mardi à Saint-Quentin (Aisne), le Président de la République a promis d'aller encore "plus loin". Il a aussi opté pour un décret (plutôt qu’une loi) interdisant les stock-options ou les parachutes dorés en faveur de dirigeants d'entreprise en difficulté, vilipendés à droite comme à gauche.

    Cinq jours après une journée de grève peu suivie et de défilés de la peur dans toute la France, et à un peu plus d'une semaine du sommet du G20, le chef de l'Etat a choisi de venir "faire la pédagogie" de ses réformes dans la ville où est élu le secrétaire général de l'UMP et ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand.
    Devant quelque 4.000 personnes et en présence de deux ministres, Brice Hortefeux (Travail), et Eric Woerth (Budget), il a, point par point, défendu les réformes déjà engagées contre la crise, assurant que "si la situation devait se dégrader encore, nous ferions davantage".
    Mais "la sagesse, le bon sens, le sang froid commandent d'attendre que tout ce qui a été décidé soit mis en oeuvre, qu'on laisse le temps à toutes ces mesures de produire leurs effets". Il n’est pas favorable à des mesures sous la pression de la rue, à chaque fois que les militants d’opposition décident de manifester.
    Il a d’ailleurs rendu hommage à la France silencieuse et majoritaire qui travaille plutôt que de défiler.
    Il a salué la pudeur des Français qui souffrent dans l’effort face aux difficultés. Les populistes se sont-ils sentis à l'aise dans leurs habits étroits de démagogues?
    Il a enfin exprimé sa volonté de ne pas faire supporter la charge la plus lourde à la classe moyenne. La moitié des Français seulement paie l’impôt, a-t-il rappelé, et ils ne peuvent donner plus, a-t-il admis.

    Le chef de l'Etat a annoncé souhaiter évaluer avec les partenaires sociaux "avant l'été" les mesures du gouvernement. "Au vu de la situation économique et sociale, nous réfléchirons, si cela est nécessaire, à d'autres mesures", a-t-il indiqué.


    Lucidité et pragmatisme
  • Alors que les inscriptions à Pôle emploi en février, attendues mercredi 25, confirment l'impact accru du chômage sur les moins de 25 ans en activité, il a annoncé, "avant la fin du mois d'avril", un "plan d'urgence en faveur des jeunes" et spécialement au profit de ceux qui n’ont jamais eu de premier emploi..

    "Toutes les pistes doivent être explorées: celle de la formation en alternance dont je veux doubler le nombre de contrats, celle des contrats aidés, celle du service civique", a affirmé M. Sarkozy.


    Autres décisions
  • la prochaine nomination de "commissaires à la réindustrialisation" dans chaque bassin d'emploi en difficulté.
    "L'Etat ne peut pas sauver toutes les entreprises mais chacun a droit à une solution adaptée, soit un emploi, soit une formation (...) Personne ne doit être laissé au bord du chemin", a dit le président.
  • Nicolas Sarkozy veut également "aller plus loin sur les infrastructures", notamment pour améliorer un système de transport francilien "à bout de souffle" et pour lequel il promet des mesures d'ici "la fin du mois d'avril".

    Il s'est par ailleurs déclaré favorable à une "taxe carbone" contre le "dumping environnemental".
  • Le chef de l'Etat est également revenu sur ses objectifs en matière de "moralisation du capitalisme", l'un de ses principaux chevaux de bataille depuis le déclenchement de la crise, en septembre dernier.
    "Il ne doit plus y avoir de parachutes dorés (...), de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel", a-t-il dit sans proposer de loi, en réagissant aux polémiques suscitées par les stock-options des dirigeants de la Société Générale ou le parachute doré de l'ex-PDG de
    Valeo.
  • Toutefois, il a promis "à l'automne" un projet de loi sur le partage des profits des entreprises si les partenaires sociaux n'avançaient pas sur ce sujet.
    "Le chemin que nous avons pris nous permettra de nous en sortir. J'ai confiance, je vous demande d'avoir confiance", a conclu le chef de l'Etat.

    Lire le prochain article de PaSiDupes consacré aux principales mesures annoncées, dont la taxe professionnelle.

  • jeudi 2 octobre 2008

    Crise mondiale : la droite au pouvoir, la chance des Français

    Chance ou pressentiment ?

    Les électeurs sont-ils pour la France les oies du Capitole ?

    Les électeurs Français voient-ils venir les crises, qu’à son approche, ils se choisissent la droite : savent-ils en effet amener la gauche en période d’abondance et de détente, mais appeler à temps la droite, lorsque le ciel se couvre, pour faire face, réformer et s’adapter aux turbulences venues d’ailleurs ?
    PaSiDupes propose à ceux qui l’auraient manqué cet article du Figaro Magazine du 27 septembre. C’est la chronique d’Alexis Brézet (26/09/2008) :
    La réforme ou la fatalité

    C'était le 7 février 2007, quelques semaines avant l'élection présidentielle. A Toulon déjà , le candidat Sarkozy s'était emporté contre les « patrons voyous qui restent impunis ». Il avait fustigé les « parachutes en or pour celui qui échoue », dénoncé « les stock-options réservées à quelques-uns ». Et il avait martelé : « Ça ne peut plus durer ! »
    Diversement appréciée du côté de ses soutiens traditionnels, la sortie, il faut bien le dire, n'avait guère été prise au sérieux. Dans cette tirade « anticapitaliste », les observateurs avaient surtout voulu voir une habileté rhétorique, le moyen (efficace) de raccrocher des classes populaires peu réceptives au libéralisme présumé du candidat de l'UMP. Nul, à l'époque, n'imaginait que, vingt mois plus tard, le discours de Toulon prendrait une portée prémonitoire, ni que Nicolas Sarkozy retrouverait le même lieu et presque les mêmes mots pour tenter d'apporter une réponse à la « plus grave » crise financière que le monde et la France ? aient connue depuis les années 30.
    Il faut avouer que, chez nous, la droite a bien du mérite de chanter comme elle le fait les louanges de l'économie de marché. Sous l'effet d'un étrange sortilège, il semblerait qu'elle ne puisse accéder au pouvoir sans être aussitôt heurtée de plein fouet par la crise économique ! Jacques Chirac, Premier ministre de cohabitation en 1986, est rattrapé par le krach boursier de 1987. Edouard Balladur, qui reprend le rôle en 1993, est bousculé par la récession. En 1995, Alain Juppé, Premier ministre de Jacques Chirac, découvre une économie en dépression. En 2002, c'est Jean-Pierre Raffarin qui voit la croissance se dérober sous ses pas. Une malédiction.
    La droite serait-elle si maladroite que, systématiquement, elle détraque l'économie ? Allons donc ! Difficile, même avec beaucoup de mauvaise foi, de soutenir que Nicolas Sarkozy est pour quoi que ce soit dans la crise des subprimes... Faut-il croire, à l'inverse, à un sixième sens de l'électeur qui, sentant venir la tempête, choisirait préventivement de confier la barre à l'équipe la mieux armée pour l'affronter ? Ce serait, pour le coup, tout aussi déraisonnable. Reste le hasard, avec quoi il faut compter en politique, et la statistique : la droite étant plus souvent aux commandes que la gauche, il n'est pas anormal qu'elle rencontre davantage de difficultés.
    Quoi qu'il en soit des causes, les effets de cette fatalité sont là et bien là, dont le jeu, depuis vingt ans, produit l'immobilisme français. Heureuse en économie, la gauche redistribue à tout-va les fruits de la croissance sans entreprendre les réformes nécessaires à l'aune des marges de maneuvre qui étaient les leurs, Michel Rocard (1988-1991) et Lionel Jospin (1997-2002) resteront associés à deux formidables occasions manquées. Quant à la droite, ses belles intentions réformatrices se brisent aussitôt sur les récifs de la conjoncture : très vite, on la voit changer de cap, puis abdiquer peu ou prou ses ambitions.
    Le film est étrangement répétitif. En 1987, Jacques Chirac met les réformes en panne : ce que l'affaire Malik Oussekine a produit dans l'ordre politique, le krach boursier l'accomplit dans l'ordre économique. En 1994, Edouard Balladur, pour soutenir la machine, jette par-dessus les moulins les bons vieux principes de vertu budgétaire : heureux temps où les critères de Maastricht n'existaient pas ! En 1995, Jacques Chirac, pour boucler son budget, dissout ses promesses de campagne et, deux ans plus tard, sa majorité. Double erreur : la gauche revient, la croissance avec. En 2003, après les retraites, il demande à Jean-Pierre Raffarin de ne pas ajouter la crise à la crise et de ne pas brusquer les Français : il sera entendu, et même au-delà...
    La conclusion ? Elle est toujours la même : Jacques Chirac battu en 1988, Edouard Balladur battu en 1995, la droite battue en 1997, le chiraquisme symboliquement défait en 2007 par la victoire du candidat de la « rupture »... Le recul d'abord, la défaite ensuite : c'est cette malédiction que Nicolas Sarkozy, au-delà des beaux discours et des saintes colères, doit maintenant conjurer dans les faits.
    Comment ? En réformant. En réformant. En réformant. En ne retranchant rien des engagements qu'il a pris devant les Français, et surtout pas celui de baisser les prélèvements. En restant sourd à la petite musique du principe de précaution politique comme à la tentation d'économiser sa popularité. En décidant de voir dans la crise économique, qui ne nous épargnera pas, non pas un frein mais un aiguillon pour aller plus vite, plus loin.
    Tenir le cap afin que la France soit en situation de profiter de la croissance quand celle-ci reviendra ? Plus facile à dire qu'à faire, sans aucun doute. Mais les leçons du passé doivent être méditées :
    les Français peuvent comprendre les difficultés économiques, ils ne pardonneraient pas à Nicolas Sarkozy d'avoir, comme les autres, abdiqué devant la fatalité.
    (présentation de PaSiDupes)
    Défi d'envergure
    qui ne sera pas relevé
    en chansons au Zénith

    vendredi 26 septembre 2008

    La crise financière fédère le PS éclaté contre Sarkozy

    Ils n’ont pas la « langue ballante » …
    Tandis que les candidats américains à la Présidence, Barack Obama et John Mc Cain se concertent avec Bush sur la question préoccupante de la crise financière qui frappe durement le monde entier, à commencer par les Etats-Unis, les socialistes français, candidats au poste de premier secrétaire, se liguent contre la politique gouvernementale.

    Qu’a donc encore dénoncé Désirdavenir Royal ?
    L'inaction gouvernementale de l'amère Royal ne la met pas à l'abri des écarts de langage en direction de ceux qui sont aux responsablités.
    Ecartée du pouvoir, elle ne court pas ce risque et s'en donne à coeur joie. Son coup bas du jour contre la France, c’est, en ce vendredi, ce qu’elle appelle "l'écart entre le discours et les actes". Voilà une contribution positive, suite à l'intervention du Président Sarkozy sur la crise financière la veille à Toulon.

    Quand elle ne lâche pas une bourde, Sa Cynique Majesté Royal porte des jugements sur tout et tout le monde, avec une prédilection obsessionnelle pour Sarkozy. La sentence de celle qui remue les lèvres, sur France Inter aujourd’hui, est la suivante : "Les mots sont justes. [Bien !...] Ce qui est grave, c'est l'écart entre le discours et les actes, c'est ça qui est devenu maintenant insupportable". "Je partage le constat. Ce qui est beaucoup plus étrange, c'est qu'on ait l'impression d'un responsable politique qui n'est pas en responsabilité, mais qui est pratiquement dans l'opposition ou simplement observateur de la crise nationale et internationale", a-t-elle déclaré. La vilenie de la maîtresse consiste cette fois et à deux reprises à commencer en douceur par la distribution de bons points , mais de finir par un carton rouge.
    Et puisque son mandat de présidente de Poitou-Charentes l’autorise à parler au nom de tous les Français, elle assure qu’ils "sont parfaitement conscients" que les actions du gouvernement sont "contraires aux discours". Pour cela, elle brandit le bouclier fiscal.
    Puisque l’amère de Melle trouve son plaisir à viser les personnes, plus que le système, elle assure qu’il suffirait " aujourd'hui que les grandes puissances s'engagent très fermement sur les paradis fiscaux". Or, selon elle, Nicolas Sarkozy aurait dû convoquer "en urgence les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Européenne pour qu'ils arrêtent ensemble des propositions de nature à juguler la crise". Nul doute qu’on convoque 27 états souverains comme on siffle les conseillers régionaux du fin fond de la province française.

    Quant au plus grand économiste de France, il est également socialiste, et c’est Hollande François. Le futur ex-premier secrétaire du PS ne s’en est pas pris aux paradis fiscaux. Non, après le discours économique de Nicolas Sarkozy à Toulon jeudi, Hollande François a réclamé des sanctions. Il a critiqué la "lucidité tardive" du chef de l'Etat sur "les méfaits du capitalisme", à propos duquel le PS a pourtant annoncé qu’il lève désormais ses tabous. Il a aussi dévoilé la panacée universelle, selon le leader mou sur le départ qui a retrouvé un reste de vitalité.
    De la prévention à la répression
    Sur France 3, Flamby 1er a durci le ton et estimé que "ce qui peut être fait immédiatement, c'est une pénalisation fiscale de tous les parachutes dorés, rémunérations sous forme de stock-options ou indemnités qui paraissent choquantes quand les résultats ne sont pas là". une "pénalisation fiscale de tous les parachutes dorés". Il n'a pas dit si il fait des exceptions en faveur des dirigeants de la CAMIF, que son 'ex- concubine Royal a fustigés en public (lire PaSiDupes à 'Camif'). "Depuis un an et demi, aucune mesure n'avait été prise sur cette question-là", a déploré F. Hollande.
    Nicolas Sarkozy a "une lucidité tardive", pour "reconnaître les méfaits du capitalisme. "Que ne l'avait-il dit il y a plusieurs mois, alors que sa politique a été une politique libérale, faisant confiance aveuglément au marché!", s'est-il exclamé. Et que dirait son ex-concubine des propos de cet ex-premier secrétaire dans quelques semaines ? « Ce qui est grave, c'est l'écart entre le discours et les actes, c'est ça qui est devenu maintenant insupportable" …
    Le dirigeant socialiste n’a pas trouvé tout seul ce qu’il préconise, notamment un "système de garantie qui permette aux banques de reprêter aux acteurs économiques", aux petites entreprises qui "ne peuvent plus accéder au crédit", et de "baisser l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices qui sont réinvestis". « Baisser l'impôt sur les sociétés » ? Mais où vont-ils au PS, s’il s font maintenant des faveurs aux investisseurs ? Pas vraiment de quoi se rallier les trotskistes…

    Des polémistes socialistes en campagne permanente, interne et externe
    Comme si , pour valider sa pensée et durcir la pâte, Flamby 1er avait besoin de la caution de son ami secrétaire national PS à l'économie, Michel Sapin est venu derrière lui en renfort pour dénoncer "un gouffre entre le discours et les faits du président Sarkozy". Pour faire avancer le sujet, Sapin, l’arbre qui cache la forêt socialiste, s’est interrogé : "Quand le président de la République comprendra-t-il qu'il n'est plus en campagne électorale, mais qu'il est désormais comptable de la réalité et des faits ?" Pour lui, la France n’est pas frappée comme les autres pays par la récession et la crise financière. Non, Sarkozy "tire aujourd'hui prétexte de la crise économique pour justifier l'accélération d'une politique d'austérité à l'égard des catégories moyennes et populaires". C’est crédible et asséné en toute objectivité, avec la volonté positive d’apporter une contribution positive…
    "Sur l'ensemble des grandes priorités des Français (pouvoir d'achat, emploi, santé, logement, éducation, environnement), il se contente une nouvelle fois d'effets d'annonce et de slogans vides", conclut-il. C'est tout pour l'instant.

    Martine Aubry ne pouvait faire moins
    En campagne, puisqu’elle conduit une motion pour le congrès du PS de novembre, s’est tournée vers les militants avec la complicité de la presse, la maire PS de Lille a déploré "la poursuite absolue d'un discours qui affiche une langue de bois battante, totalement irréelle et totalement en décalage par rapport à la politique qu'il mène". Sereine et tout en nuance, ‘totalement’ ! En campagne, on ne fait pas de détail …
    Très affûtée sur les problèmes internationaux, l’ex-ministre des finances sur le retour considère que le chef de l'Etat "nous fait croire que la crise que nous vivons déjà à cause de sa politique pourrait être la conséquence de la crise financière qui arrive. [Tiens, il n'y aurait donc aucun rapport ?] Son leitmotiv est 'je continue les réformes, c'est-à-dire, je continue la régression, et je continue le libéralisme' ", a-t-elle estimé, hermétique aux réalités conjoncturelles de notre économie globalisée.
    "Nous avons en France sur le plan économique comme social la conséquence de cette politique libérale qu'il a menée", a jugé l'ex-ministre, affirmant que les conséquences de la crise financière pour la France sont "d'autant plus graves" que Nicolas Sarkozy "a grillé toutes ses cartouches budgétaires". Bien qu'elle tire à l'aveugle sur tout ce qui bouge au gouvernement, la Ch'tite Aubry n'a pas grillé toutes ses cartouches. Mais elle risque fort de rester au râtelier du PS en novembre: après 35 heures hebdomadaires d'un tir nourri, "le canard Sarkozy était toujours vivant"...
    L'ancien numéro deux du gouvernement Jospin s'est en outre dite "assez estomaquée": le "président du pouvoir d'achat" fait une "série d'incantations contre la dérégulation alors que Nicolas Sarkozy pratique cette politique en France avec détermination". Ainsi, la Ch'tite Aubry polémique-t-elle sans faire aucune proposition constructive...
    Le PS ne fait aucune proposition innovante et adaptée
    Bouclier fiscal, parachutes dorés et langue de bois sont les trois médailles qu’arborent à leur cou les trois champions socialistes de la démagogie : Bayrou n’est encore pas sur le podium, mais c’est de peu, à un quart de seconde…