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jeudi 4 janvier 2018

Les comptes de campagne présidentielle de Marine Le Pen ont été validés

La Commission des comptes de campagne autorise donc le remboursement au FN de plus de 10 millions d'euros

"Sans ça, on était au fond du trou"
INFO E1 - Les comptes de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle ont été validés
admet l'un des fidèles de Marine Le Pen, alors que le Front national connaît des difficultés financières. Outre que tombent les menaces de sanction, elle aura droit au remboursement prévu par la loi pour les candidats qui ont atteint le second tour. Une information qui devrait être publiée la semaine prochaine au Journal Officiel.

Plus de 10 millions de remboursement. 
L'État va en effet bientôt verser 10.691.775 euros à Marine Le Pen pour rembourser ses frais, soit le maximum de ce qui est prévu pour une candidate ayant atteint le second tour. 
Les banques ayant refusé tout prêt au FN, la candidate avait dû emprunter de l'argent à son parti et à Cotelec, le micro-parti fondé par Jean-Marie Le Pen. 

Le FN  peinera à sortir de ses difficultés financières

La commission des comptes refuse en effet de lui rembourser les intérêts sur ces emprunts, arguant qu'il ne s'agit pas de contrats bancaires classiques, et le FN est donc néanmoins pénalisé.

Le soulagement est néanmoins palpable dans l'entourage de la présidente du FN, temporairement. Depuis le mois de novembre, Marine Le Pen et plusieurs dirigeants du FN ont été sommés par HSBC et la Société générale de fermer leurs comptes. 

Un recul en nombre de voix aux législatives 2017 par rapport à celles de 2012 a également entraîné un manque à gagner de quelque 800.000 euros pour la formation politique. A tel point qu'en décembre, sa présidente avait appelé ses sympathisants à donner dans le cadre d'un "emprunt patriotique". 
Dans ce contexte, le remboursement à venir de l'État ne peut que conforter les finances du parti et maintenir une offre politique large.

vendredi 4 août 2017

La justice inflige un double revers à Jérôme Kerviel, trader mythomane

La justice accorde deux non-lieux dans les enquêtes qui opposent l'ancien trader à la Société générale

Les plaintes de l'ex-trader contre la Société générale sont rejetées par les juges d'instruction.


Ces deux non-lieux requis vendredi 4 août font suite à un premier non-lieu rendu par des magistrats instructeurs, le 6 juillet, dans l'enquête ouverte pour "subornation de témoin", et un second, le 25 juillet, dans la procédure pour "escroquerie au jugement" et "faux et usage de faux", révèle l'de sources judiciaire et proche du dossier.


Résultat de recherche d'images pour "kerviel marche"Les juges ont suivi les réquisitions du Parquet de Paris qui avait estimé en décembre dernier qu' "aucun élément ne va dans le sens d'une quelconque manœuvre frauduleuse du groupe bancaire pour peser sur le résultat de l'enquête". 
Pour l'ancien opérateur de marché, accusé en janvier 2008 en pleine tempête financière mondiale d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à sa banque, l'enjeu était important : la justice avait décidé d'attendre le dénouement de l'enquête pour "escroquerie au jugement" pour se prononcer sur un éventuel nouveau procès pénal, souhaité par Jérôme Kerviel qui a déposé une demande de révision de sa condamnation à cinq ans de prison, dont trois ferme.

Les chances de révision de son procès s'amenuisent

Me D. Koubbi, J. Kerviel et
Julien Bayou, porte-parole d'EELV
"Ce double échec judiciaire le prive de toute chance de succès dans sa tentative d'obtenir la révision de son procès", a réagi Jean Veil, avocat de la Société générale. 

Dans la première enquête pour "subornation de témoin", l'ex-trader de 40 ans, avait déposé une plainte en avril 2014, accusant la banque d'avoir versé plus d'un million d'euros à Éric Cordelle, son ancien supérieur hiérarchique, afin qu'il témoigne en faveur de la banque. Lors des deux procès de Jérôme Kerviel, Éric Cordelle avait assuré que le groupe bancaire n'avait rien su des colossales prises de position à risque du trader, contrairement à ce que ce dernier affirmait.

Dans la seconde procédure pour "escroquerie au jugement" et "faux et usage de faux", l'ancien opérateur de marché soutenait que la Société générale avait manipulé les bandes sonores sur lesquelles étaient enregistrées les conversations qu'elle a eues avec lui les 19 et 20 janvier 2008, juste après la découverte de ses prises de position non autorisées sur les marchés. Une expertise, diligentée par le juge d'instruction Roger Le Loire, avait conclu que les enregistrements n'avaient été ni expurgés ni modifiés. Jérôme Kerviel assurait aussi que la banque avait omis de transmettre certaines informations essentielles à la justice. Au cours de l'instruction, l'ex-enquêtrice de la brigade financière Nathalie Le Roy avait affirmé avoir été "instrumentalisé" par la Société générale alors qu'elle travaillait sur l'affaire. Mais les enquêteurs avaient relevé des inexactitudes et des contradictions dans le témoignage de l'ex-enquêtrice de la brigade financière.

"Systématiquement dissimulé"

Marcheur et fumeur médiatisé,
avec le père Patrice Gourrier 
L'ex-trader accusait enfin la Société générale de lui avoir imputé des pertes relevant d'autres opérateurs de marché et d'avoir été au courant des risques qu'il prenait. "La banque n'avait pas connaissance des prises de position de Jérôme Kerviel qui a "systématiquement dissimulé ses positions par de fausses opérations", avait estimé le parquet de Paris dans son réquisitoire. 
Après des années de joute judiciaire et médiatique, Jérôme Kerviel a tout de même remporté plusieurs manches face à son ancien employeur : le groupe bancaire a été condamné aux prud'hommes à lui verser près d'un demi-million d'euros.
 
Surtout, la Cour d'Appel de Versailles a condamné en septembre 2016 le trader à verser un million d'euros de dommages et intérêts à la Société Générale, bien loin des 4,9 milliards d'euros de sa première condamnation en 2010. En avril, ses comptes bancaires ont été saisis par un huissier à la demande de la banque.

Le feuilleton n'est pour autant pas terminé. 
L'ancien trader mythomane et son avocat, David Koubbi, sont accusés d'avoir utilisé des enregistrements d'une magistrate réalisés à son insu, lors d'une audience devant la cour d'appel de Versailles
Une enquête pour "recel d'atteinte à la vie privée" a été ouverte par le parquet de Lille et les deux hommes ont été placés en garde à vue en juin dans le cadre de cette procédure, avant d'être relâchés. Sollicité, l'ex-conseil de Tristane Banon alors qu'elle déclarait avoir l'intention de porter plainte contre Dominique Strauss-Kahnpour tentative de viol , Me David Koubbi ne souhaitait pas, dans l'immédiat, plaider sa cause.

mardi 5 avril 2016

Un conseiller de Hollande quitte l'Elysée... en parachute doré !

L'homme conseillait Hollande sur le commerce extérieur depuis 2013

Jean-Jacques Barbéris va quitter l'Elysée avec un pactole
 

Ce petit jeune homme va rejoindre le monde de la finance, "véritable adversaire" du locataire de l'Elysée, révèle Mediapart.
A l'inverse d'Emmanuel Macron, qui a quitté le monde de la finance pour la politique, l'un des conseillers de François Hollande a décidé de quitter la politique pour partir à la conquête du monde de la finance.

Administrateur civil de 34 ans, ancien élève de l'Ecole nationale d'administration (ENA), également titulaire d'une agrégation d'histoire et d'un master de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, il s'agit de Jean-Jacques Barbéris, qui épaule puissamment (!) le président de la République sur les affaires économiques et financières depuis 2013. 

Précédemment conseiller au cabinet de Pierre Moscovici, ci-contre, lorsque ce dernier était ministre de l'Economie et des Finances,
Jean-Jacques Barbéris devrait très prochainement quitter ses fonctions pour rejoindre Amundi, sans aucun délai de décence, au risque de conflits d'intérêts. 
L'article 432-13 de code pénal impose un délai de trois ans entre la cessation de fonctions et la reprise d'un travail dans les entreprises.
Amundi (SA) est "la société de gestion d'actifs issue du rapprochement de Crédit agricole Asset Management (proche du Crédit lyonnais, LCL), et de Société générale Asset Management", révèle ainsi Médiapart. 

Le site trotskiste d'information précise que le mignon de l'Elysée sera grassement rémunéré pour ses nouvelles fonctions.

L'Elysée 2015 comprend davantage d’énarques qu’il y a trente-trois ans, 17 contre 8, soit une proportion de 38% contre 25%.

"Allez-vous vous étonner que François Hollande ait multiplié les cadeaux les plus extravagants aux milieux les plus réactionnaires du patronat ou cherche à dynamiter le code du travail: ses conseillers sont, en effet, tous du même acabit. La finance, c'est leur port d'attache. Ils en viennent; ou alors ils savent qu'ils vont bientôt pouvoir y trouver refuge (...) Ce départ vient souligner que l'intérêt général n'a plus grand sens dans certains cénacles de la haute fonction publique. Car les pantouflages sont maintenant de plus en plus rapides. Une petite année ou deux dans un cabinet ministériel, parfois même seulement quelques mois: et il y a des hauts fonctionnaires qui n'hésitent plus désormais à s'en servir aussitôt comme tremplin pour faire carrière dans le privé, le plus souvent dans la finance, qui offre des rémunérations si somptueuses" peut-on lire sur Mediapart.
 
Il devrait toucher un salaire d'"environ 400.000 euros". 
Barberis n’est peut-être qu’un spécimen ordinaire de hipster du 8e arrondissement: Yanis Varoufakis doit passer une bonne demi-heure de moins que Jean-Jacques Barberis dans la salle de bain. Inconnu du grand public, malgré la Une que consacra le magazine L'Obs à "la jeune garde du président", Jean-Jacques Barbéris, gracile "trentenaire surdiplômé" qui aurait "l'allure de trader de la City", à en croire le journaliste du magazine des sanisettes, semble vouloir conjurer, avec sa panoplie de dandy, à la fois son prénom de quinquagénaire et son minois juvénile. Il n'est visiblement parvenu qu’à prendre l’apparence d’un gamin prématurément vieilli: il rejoint la finance !

L'Obs lui faisait prendre la pose au côté notamment de Boris Vallaud, le gracieux mari de Najat Vallaud-Belkacem, ci-contre, ancien collaborateur au conseil général de Saône-et-Loire, puis directeur du cabinet d'Arnaud Montebourg à Bercy et secrétaire général adjoint de l'Elysée, auquel il ne manquent que les rubans pour être Louis d'Orléans, frère du roi Louis XIV). Il a rejoint à l'Elysée un autre collaborateur de François Hollande, le chef du pôle communication de la présidence;
Gaspard Gantzer, le conseiller en communication du président (ci-contre), fumeur de joints. 
Ces jeunes qui ont grandi dans la soie sont en effet en rébellion de satin, contre les baby-boomers dont ils ont cru qu’ils ne leur céderaient jamais la place. C’est la génération Y de l’ENA ! De vrais punks. Ainsi, ils poussent l’irrévérence jusqu’à tutoyer François Hollande. Enfin, presque : "Monsieur le président, tu dois…" Il s’agit de "ne pas abandonner à Manuel Valls le terrain du jeunisme", explique un ministre…

Ces profils incarnent la permanence d’un mode d’imbrication entre sphère partisane et sphère politico-administrative, une marque de fabrique du Parti socialiste.

vendredi 1 août 2014

Dans le cas de Kerviel, l'extrême gauche soupçonne un "acharnement" de la justice

Le PCF n'est plus assuré de l''indépendance de la justice...

Vendredi,
le juge a accordé à Jérôme Kerviel son placement sous bracelet électronique 
mais le Parquet a fait appel et il restera en prison.

Soutien sans faille de l'ancien trader qui coûte 6 milliards aux clients de la Société Générale,
le père Patrice Gourrier s'est interrogé sur BFMTV sur l'appel du procureur d'Evry, au nom de la ministre de la Justice, Christiane Taubira.
Sur son site d’Arrêt sur images, Daniel Schneidermann concluait lundi dans ces termes son papier sur l’affaire : "Loin, très loin des instrumentalisations, dans les profondeurs du dossier judiciaire, la question se résume à ça : au total, les supérieurs de Kerviel l’ont-ils laissé faire sous l’effet d’une politique implicite de profit maximal, ou parce qu’il les a magistralement trompés ? Après deux procès, et tant et tant d’articles, la question reste entière."

Le prêtre y voit de l'acharnement du ministère

La décision du juge d'application des peines signifie, selon lui, que l'ancien employé de la Société générale "ne représente aucun danger pour la société".

Ce prêtre "marginal" qui défend l'ex-trader, ne met pas seulement en cause le "système amoral" des banques entretenu par des primes offertes aux salariés performants, "qui poussent à la fraude". 
Prêtre à Poitiers depuis 2000, après avoir été éditeur, puis directeur d'une maison d'édition pendant 18 ans vivant dans l'insouciance, et psychologue depuis 2007, on apprend qu'il a travaillé... à la Société Générale, au service banque, en 1983. C'est aussi de cette expérience qu'il trouve la légitimité d'expliquer que le système des banques est "amoral" ou, comme sur France Info dimanche, que "les tours de la Défense sont des pépinières à Kerviel".

Le père pointe aussi la police politique de Hollande.
Sous ses airs pépères Sapin, comme Hollande, est un méchant. Il affirme que le trader n’aspirait qu’à échapper à sa peine et lui dénie le droit d’interpeller le chef de l’Etat. Bien que Kerviel n'ait pas été condamné pour escroquerie, le ministre le juge comme "un escroc" qui a été "condamné" et "doit bien entendu purger sa peine". "Si on regarde les choses en face,  M. Kerviel est un délinquant et un délinquant condamné par la justice française pénalement", a déclaré Michel Sapin au Grand JuryRTL-Le Figaro-LCI.

"Il y a une instrumentalisation politique de la justice"
L'ancien président a été mis en examen après avoir passé près de 15 heures en garde à vue. "Les faits sont graves", avait jugé Manuel Valls, alimentant les soupçons de dépendance de la justice au pouvoir politique.
A son tour, l'extrême gauche n'est pas loin de penser à un acharnement judiciaire. 

mercredi 30 juillet 2014

Le Parquet fait opposition à l'aménagement de la peine de Jérôme Kerviel

Taubira juge Kerviel éligible à la réinsertion en prison

La ministre s'est-elle convertie à la prison comme voie d'amendement ?
L'ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, espérait pouvoir effectuer le solde de sa peine sous bracelet électronique.
Mais le Parquet d'Evry a décidé de faire appelde la décision du juge d'application des peines qui lui a donné satisfaction mardi, ce n'est pas le cas du parquet qui a décidé de faire appel de cette décision, selon une source judiciaire. Kerviel reste donc en prison. 

L'appel étant suspensif, le trader devra respecter les délais et attendre une nouvelle décision des juges avant de bénéficier d'un assouplissement de peine. 

Me David Koubbi avait anticipé un peu vite le jour où Jérôme Kerviel "sortira dans le cadre d'un aménagement de peine avec un bracelet électronique, avec des heures de sortie qui lui (permettraient) d'aller travailler et de rentrer à son domicile le soir", a expliqué son avocat. Il pourra "travailler dans une société normale", il aura une "activité normale", un "appartement normal". "Il aspire à continuer son combat judiciaire jusqu'à ce que la vérité l'emporte", commente son conseil.

Remises de peine

En mars, Jérôme Kerviel avait été condamné à 5 ans d'emprisonnement dont 3 ferme pour avoir causé une perte de 4,9 milliards d'euros aux clients de la Société générale.
Mais une fois déduite la détention provisoire de 41 jours en 2008, ainsi que les remises de peine automatiques prévues par la loi, la durée prévisible de sa détention n'était plus que de deux ans et quatre mois environ, avec une date de sortie envisageable en septembre 2016. 

En juillet 2015, soit à la moitié de sa peine, la loi l'autorisait à solliciter, comme tout condamné, une libération conditionnelle. Les avocats de Jérôme Kerviel, 37 ans, se sont appuyés sur les dispositions de l'article 723-7 du code de procédure pénale, qui prévoit qu'une mesure d'aménagement de peine "peut être exécutée un an avant" la mi-peine.

Kerviel est incarcéré de Nice à la maison d'arrêt de Fleury Mérogis

Ici, avec Mélenchon
Deux demandes de grâce ont été adressées au président François Hollande. La première signée de Mgr Di Falco, évêque de Gap et d'Embrun et la seconde vient de Roland Agret, président de l'association Action Justice.

Mediapart met en cause le juge d'instruction 
Les zones d'ombres soulevées par l'enquête de Martine Orange dans Mediapart du mois dernier sur les dysfonctionnements de l'institution judiciaire et les révélations de nouveaux témoins, auraient semé un doute et certains réclament une révision du procès.

Bizarrement,
une suspicion sur l'enquête qui vise Nicolas Sarkozy suscite en revanche une levée de boucliers de la profession.

Jérôme Kerviel pourrait bénéficier d'une libération conditionnelle

Feu vert du juge ("rouge") à un bracelet électronique pour l'ancien trader 

Celui qui a fait perdre près de 5 milliards d'euros aux clients de la Société générale,
Jérôme Kerviel, un proche de Mélenchon, devrait bénéficier d'un aménagement de peine.

Le juge d'application des peines prévoit d'offrir un bracelet électronique, selon son avocat,
sauf si le Parquet fait appel de cette décision. "C'est gagné !" a clamé Me David Koubbi à l'issue de l'audience au tribunal de grande instance d'Évry.
Le Parquet a dix jours pour faire appel
et, si le ministère en décide ainsi, il dispose d'un délai de deux mois pour organiser une nouvelle audience.

Appel probable

Le Parquet va "très vraisemblablement" faire appel de cette décision, a fait savoiré le procureur d'Évry, Éric Lallemand. "La décision sera sans doute prise dans la journée", a-t-il indiqué.


En mars, Jérôme Kerviel avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont trois ferme. Mais une fois déduite la détention provisoire de 41 jours en 2008, ainsi que les remises de peine automatiques prévues par la loi, la durée prévisible de sa détention n'était plus que de deux ans et quatre mois environ, avec une date de sortie envisageable en septembre 2016
En juillet 2015, soit à la moitié de sa peine, la loi l'autorisait à solliciter, comme tout condamné, une libération conditionnelle. Les avocats de Jérôme Kerviel se sont appuyés sur les dispositions de l'article 723-7 du code de procédure pénale, qui prévoit qu'une mesure d'aménagement de peine "peut être exécutée un an avant" la mi-peine.

Devant les chaînes de télévision, Me Koubbi a fait part du "soulagement immense" de son client. Jérôme Kerviel "sortirait dans le cadre de cet aménagement de peine avec un bracelet électronique, avec des heures de sortie qui lui permettent d'aller travailler et de rentrer à son domicile le soir", a pourtant déjà expliqué l'avocat. Il "va travailler dans une société normale", il aura une "activité normale", un "appartement normal", a décrit son conseil. "Il aspire à continuer son combat judiciaire jusqu'à ce que la vérité l'emporte."

C'est bien cette combativité qui incite Christiane Taubira à le garder à l'ombre.

"Justice pour Kerviel !", scande en chœur des manifestants. 
Parmi eux, beaucoup de militants de gauche, car l'ex-trader, poursuivi pour avoir outrepassé son mandat, est en effet accompagné d'un soutien très médiatique: Jean-Luc Mélenchon.
"Des gens de droite, narquois, m'interpellent et beaucoup de mes amis me disent :' Qu'est-ce que tu fais avec ce banquier ?' ", confie-t-il. Celui qui n'hésite pas à se comparer à l'antimilitariste Jaurès s'engageant en faveur du capitaine Dreyfus, justifie encore son choix. "Pour moi,
cette affaire, c'est la finance contre un individu, explique-t-il. C'est emblématique du monde dans lequel nous vivons." Jean-Luc Mélenchon assure qu'il continuera à épauler Jérôme Kerviel.  Un allié de poids surtout, dans une bataille aussi judiciaire que médiatique.

lundi 19 mai 2014

Affaire Kerviel: Patrice Gourrier, mon curé chez les traders

L'église est fermée: le curé n'est plus dans la sacristie

Les multiples vies du père Patrice Gourrier

Ancien éditeur recyclé dans l'agitation psychologique, le prêtre en question passe pour une "Grande Gueule " à Saint-Porchaire en ...Charente-Maritimerégion Poitou-Charentes) pourtant déjà éprouvée par l'empoisonneuse Royal, également tombée du ciel.  Depuis qu’il a frôlé la mort, le bon père a décidé de damner la population en lui consacrant sa vie.

L'abbé Gourrier reçoit les âmes perdues dans son cabinet de psychologue où il répand la parole de Dieu  Freud trois demi-journées par semaine, et celle de Marx, le reste du temps, dans le labyrinthe de pavillons du quartier sans âme du Pâtis. Pour le trouver, il suffit de suivre les panneaux du salon " Univers Coiffure "…

Ses priorités idéologiques ont pris le pas sur son engagement spirituel.
Le pasteur n'a pas hésité à planter là son troupeau pour assouvir sa véritable vocation. Les portes du saint enclos sont fermées; ses brebis sont abandonnées,  laissant à la rue une centaine de personnes venues participer à la méditation de pleine conscience qu'il organisait avec une nonne ...bouddhiste, Gelongma Davina, autrefois connue pour ses cours d'aérobic à la télévision, et un médecin psychologue. Pour ce prêtre progressiste, la religion doit être au service du développement personnel des individus égarés, comme des bergers. L'anecdote pose son homme. "Je suis forcément un peu marginal dans l'Église", se plaît-il à admettre. Patrice Gourrier affiche complet à Saint-Porchaire chaque dimanche, en matinée et en soirée. Une messe au style  "évangéliste" assumé 

Très sollicité pour les municipales

La paroisse a son compte Twitter, sa page Facebook et les fidèles ont chaque semaine à disposition une copie de l'homélie du dimanche précédent sur laquelle figure un flashcode renvoyant à la capture vidéo mise en ligne sur Dailymotion ! Le père Gourrier est un produit porteur dont la valeur marchande se mesure d'ailleurs au produit des quêtes, en hausse  depuis son arrivée à Saint-Porchaire, il y a six ans.

Tous les partis l'ont sollicité pour qu'il soit candidat aux élections municipales de 2014 à Poitiers. Patrice Gourrier a décliné toutes les propositions. A la fois "contre le capitalisme sauvage" et "contre le communisme athée", il aurait pourtant adoré s'engager en politique : "J'aurais surtout aimé militer dans un parti écologiste, ni de droite ni de gauche ; si Nicolas Hulot s'était lancé, je serais parti avec lui !" Et puis, c'est vrai, il aime beaucoup cette ville qui l'a accueilli il y a quatorze ans. "Poitiers m'a sauvé, dit-il. Si je n'étais pas venu ici, je serais déjà mort."

Un parcours rocambolesque

Avant d'être ordonné prêtre en 2000, à l'âge de 40 ans, Patrice Gourrier avait vécu  en parfait "bobo" parisien. Mais "j'ai bien connu la vie…, avoue-t-il avec un étincelle de malice suggestive dans le regard. Dieu sait que ma vie a été turbulente ! J'ai été éditeur puis directeur d'une maison d'édition pendant dix-huit ans. Je vivais dans le 15e; insouciant, je gagnais bien ma vie; je partais en voyage sept fois par an…" Et puis des proches sont morts et il s'est interrogé sur le sens de son existence : "J'ai voulu être prêtre."
La vocation n'était pas tout à fait nouvelle. A 6 ou 7 ans, déjà, il lisait l'Évangile dans la cour de récréation quand ses camarades de l'école laïque jouaient au ballon. "Au catéchisme, Jésus me fascinait." A 23 ans, il entra même au séminaire pour en sortir trois années plus tard avec l'idée que l'univers clos de l'Église n'était finalement pas pour lui. "Je n'oublie pas que j'ai été ordonné pour le service de Dieu et des hommes ; il n'était pas précisé pour le service de 4 % de catholiques pratiquants", lance Patrice Gourrier en sachant que la formule fera réagir. 

Eclectique et provocateur
"Je ne peux pas plaire à tout le monde mais je ne veux blesser personne, s'excuse-t-il. Je suis en contact avec des familles très catholiques et avec des couples homosexuels… En ce moment, j'ai un échange avec un salafiste rencontré à la radio, un auditeur de RMC, et c'est passionnant."
Le père Gourrier est en effet une des figures médiatiquesde l'émission  les "Grandes gueules" comme maître Gilbert Collard. Un curé médiatique habitué des plateaux de télévision et auteur d'une quinzaine de livres dont le très osé, Parlez-moi d'amour, co-écrit avec l'ancienne actrice porno Brigitte Lahaie. Il assure avoir voulu "tout arrêter", en début d'année, après avoir frôlé la mort à la suite d'une grave occlusion intestinale.

Il a gardé le goût des voyages et des caméras

Kerviel dans une église de Vintimille,
 le 17 mai 2014
Le père Patrice Gourrier a encore abandonné sa paroisse, cette fois pour Jérôme Kerviel, l'ancien courtier de la Société générale, au côté duquel il a marché de Rome à Menton pendant plus de deux mois pour lui apporter son soutien médiatique, tout comme Jean-Luc Mélenchon ou un évêque, Mgr Jean-Michel di Falco (Gap) qui le considère comme un "coupable idéal " et qui préside son comité de soutien, bien que l'Eglise de France oppose à ce "battage médiatique" une réserve prudente, voire embarrassée. L'homme d'église assure que son archevêque, Mgr Pascal Wintzer, lui a dit : "ce n'est pas une mission que je vous donne, mais je vous autorise à y aller", avant de le bénir "pour la route".

Le psychologue orchestre la médiatisation de l'affaire Jérôme Kerviel depuis que celui-ci a provoqué un échange avec le pape François, à l'occasion d'une audience générale à Rome, le 19 février dernier. Flanqué de son avocat, Me David Kourri, l'ex-trader avait réussi à obtenir une place au premier rang, celle qui permet d'échanger quelques mots avec le pape. C'est par ce coup d'éclat que Jérôme Kerviel a lancé sa "marche contre la tyrannie des marchés", qui a pris fin dimanche soir à la frontière franco-italienne.

En témoignage public de solidarité, 
le prêtre a revêtu le blouson rouge de Kerviel
Accueilli par une centaine de militants acclamant leur nouveau porte-drapeau en lutte contre le monde de la finance, il avait finalement annoncé devant une forêt de caméras son intention de rester en Italie tant que le président François Hollande n'assurerait pas une "immunité" en faveur de témoins dans son dossier. L'Elysée avait simplement répondu que si Jérôme Kerviel sollicitait une grâce présidentielle, sa demande serait examinée "selon la procédure habituelle".
Le trader a fait perdre près de 5 milliards à sa banque et a été condamné.
Le 19 mars 2014,
la Cour de cassation confirme la condamnation de Jérôme Kerviel à la prison mais annule les dommages et intérêts de 4,9 milliards d'euros.
Les pertes de la Société générale ont été découvertes en janvier 2008, celles-ci résultant de ses prises de positions illégales sur des contrats à terme sur indices d'actions s'élevant à cette époque à environ 50 milliards d'euros et qu'il aurait dissimulées par des manipulations frauduleuses, telles que des faux en écriture.
Alors que l'ex-trader Jérôme Kerviel a été arrêté dimanche soir à Menton et placé lundi en détention à Nice pour purger sa peine, le Parti de gauche défend son innocence, osant même le comparer au capitaine Dreyfus. Une volte-face, pour son leader Jean-Luc Mélenchon qui l'avait traité de "voleur": lien video

L'homme d'église fait parler son archevêque, Mgr Pascal Wintzer, qui lui aurait dit : "ce n'est pas une mission que je vous donne, mais je vous autorise à y aller", avant de le bénir "pour la route". Mais l'archevêque de Poitiers, avait lundi "une attitude de réserve" à l'égard du soutien spectaculaire apporté par le Père Gourrier à Jérôme Kerviel. "Il s'agit de l'initiative privée d'un prêtre, qui rend les gens un peu interrogatifs : est-ce que la condamnation de Jérôme Kerviel est une injustice? Personnellement, comme citoyen et archevêque, je n'ai aucune compétence pour porter un jugement" sur cet homme, explique Mgr Wintzer. "Est-ce que les moyens mis en oeuvre par le Père Gourrier sont proportionnés à la cause?", se demande encore l'archevêque, face au "battage médiatique" qui a accompagné le retour en France de l'ex-trader.
"Les iterrogations que j'ai pour Patrice Gourrier sont les mêmes pour Mgr di Falco", a poursuivi Mgr Wintzer, notant toutefois que son collègue de Gap "a une connaissance du dossier qu'(il) n'a pas". 

mercredi 20 novembre 2013

Paris : un "tireur fou", mais un homme "calme" et "déterminé"...

La presse justifie le flottement des enquêteurs 

L'homme 
n'a toujours pas été retrouvé

Les enquêteurs disent disposer de son ADN, mais attendons-nous à ce qu'il ne soit pas exploitable... L'individu a fait irruption en arme à BFMTV vendredi 15 novembre, a blessé un photographe de "Libération" et tiré devant une banque, la Société générale, lundi 18, sous l'oeil de plusieurs caméras de vidéosurveillance, mais la police ne l'a toujours pas identifié.

L'homme isolé qui a attaqué Libération et à la banque reste introuvable.
Les enquêteurs, qui disent récolter les premiers résultats des analyses ADN, continuaient mercredi à le traquer, sans guère d'indices. Les enquêteurs auraient pu analyser les empreintes génétiques retrouvées au siège du quotidien, où un assistant photographe a été gravement blessé, à La Défense, ainsi que lors de la prise d'otage d'un automobiliste le même jour.

"L'ADN mis en évidence sur les douilles libérées à Libération et à la Société générale, ainsi que sur la portière passager du véhicule de l'otage, est le même. Avant cette confirmation par l'ADN, les enquêteurs étaient déjà persuadés d'avoir affaire au même homme. En revanche, il n'y a pas eu "d'identification  du tireur via le fichier national des empreintes génétiques (FNAEG)", créé en 1998 et qui compte aujourd'hui quelque 2.130.000 profils, a par ailleurs précisé le procureur de Nanterre. Si une interpellation intervient, l'ADN identifié permettra de vérifier s'il s'agit bien du tireur.
L'information est toutefois sujette à caution, si la précision fournie dans les premières heures est exacte qu'il portait des gants.

"L'hypothèse d'un auteur unique est confirmée"
, a déclaré mercredi matin le procureur de Nanterre, Robert Gelli. 
  
Le procureur de Nanterre a annoncé son dessaisissement des faits de La Défense et de l'enlèvement au profit du procureur de Paris, déjà saisi de l'attaque à Libération et de l'agression de vendredi à BFM TV.

700 appels de dénonciateurs reçus par les policiers

Les enquêteurs comptent toujours sur les témoignages suscités par la photo
, plus nette que les précédentes, diffusée mardi après avoir été extraite des images de vidéosurveillance de la RATP

"De type européen"
Le suspect, lunettes fines sur un visage rond, y apparaît le regard fixe et la bouche entrouverte. Sur cette image, il porte une veste rouge à col noir et un bonnet beige enfoncé sur le front, une tenue différente de celle qu'il portait un peu plus tôt lors de son irruption à Libération. Les enquêteurs en conclut finement que l'homme est un "malin" qui "connaît sans doute les codes de la bonne cavale", ou est un lecteur assidu des faits divers. 
Avec peu de cohérence, la police fait état de témoignages de ceux qui ont croisé la route du "tireur fou" et qui le décrivent comme "calme" et "déterminé". 
On ne connaît pas non plus  ses motivations. Des experts évoquent aussi un homme déterminé, solitaire et organisé, au comportement plus rationnel qu'il n'y paraît au premier abord.

Les enquêteurs comptabilisaient près de 700 appels reçus d'informateurs
mardi soir. 

Seule certitude: l'individu n'est pas de "type méditerranéen"...
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a de nouveau exhorté "les concitoyens à donner à la police toutes les informations utiles". De manière très inaccoutumée, le portrait robot comporte une information à caractère racial, : âgé de 35 à 45 ans, de "type européen" et mesurant entre 1,70 m et 1,80 m, l'homme a surgi lundi matin au siège de Libération, un des quotidiens socialistes, armé d'un fusil à pompe à crosse et canon sciés, de calibre 12, un calibre très courant qui peut recevoir indifféremment des munitions Brenneke (chasse au sanglier) et/ou des munitions contenant des chevrotines. 
Le jeune assistant photographe sur lequel il a tiré, le blessant au thorax et à l'abdomen, est désormais réveillé, mais les médecins l'ont maintenu sous une surveillance étroite, a précisé le journal mardi après-midi. 

Après l'attaque du journal, le suspect a tiré contre le siège d'une banque à La Défense, sans faire de blessé. 
Dans la foulée, un automobiliste a affirmé à la police qu'un "individu armé l'avait pris en otage" pendant près de 20 minutes, le contraignant à le déposer aux Champs-Élysées. L'automobiliste a expliqué que l'homme lui avait dit "sortir de prison, être prêt à tout et avoir une grenade" dans son sac. Libération écrit mercredi que c'est dans cette voiture que le tireur aurait changé de vêtements. 
Le quotidien met en cause l'automobiliste pris en otage, un homme de 65 ans, qui aurait, selon lui, mis le temps avant de prévenir les secours depuis son domicile: ce qui a fait perdre du temps aux enquêteurs, accuse-t-il, pour justifier l'inefficacité des enquêteurs. Les policiers ont engagé une chasse à l'homme dans Paris mais sans savoir dans quelle direction s'orienter, ni parvenir à lui mettre la main dessus.
Manuel Valls a fait de multiples apparitions à la télévision pour dire ce qu'il faut faire, ce qu'il va faire et afficher sa détermination, mais énoncer des banalités qui montrent dans quel désarroi un homme seul peut mettre la police.

En février 2010, Libération faisait campagne contre la videosurveillance 

L’Etat incitait les communes à s’équiper via le Fonds interministériel de prévention de la délinquance, mais
la gauche opposait un refus idéologique tout en s'équipant, comme à Lille. Le quotidien dénigrait alors le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui disait: "Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmé".
En décembre 2011, la préfecture de police de Paris a incité l'opposition de gauche par un "plan de vidéoprotection pour Paris" (PVPP). Au total, 1 105 caméras de voie publique devaient enfin être installées, par le biais d’un partenariat public-privé avec la société Iris PVPP, une filiale d’Inéo-Suez. Moins de 1 000 caméras étaient enfin opérationnelles au début de ...cette année, pour la protection des citoyens et des biens.

Dans un article de Sylvain Mouillard, Libération prétendait qu'il fallait "nuancer" une déclaration de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris, selon laquelle "le réseau de vidéosurveillance de la capitale est insuffisant: "A l’en croire, ce dispositif 'a minima, mille caméras en tout' compte de nombreuses 'zones d’ombre, non couvertes", ce qui n’aurait pas facilité la traque du tireur de Libération. La réalité est en fait plus nuancée," prétendait le journaliste militant. Lien Libération