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samedi 26 janvier 2013

Maurice Lévy: souvent patron milliardaire de Publicis varie...

Maurice Lévy s'adapte au moment politique

Aujourd'hui, homme de convictions à 55 %

Le patron du groupe de communication Publicis, 71 ans, fut l'invité de France Info au Forum économique mondial de Davos en Suisse, dont il est un des membres directeurs. A cette occasion, Maurice Lévy livra son analyse sur la politique économique de la France et en particulier sur le projet de taxation à 75 % des plus riches.

Ce modeste patron progressiste dispose d'une fortune estimée en 2009 à 108 M€ (231e en France) et a perçu 3,6 millions € en 2008, en 2009 et en 2010 (5e patron le mieux payé de France en 2010).


"Ceux qui sont les mieux lotis doivent contribuer plus, dit-il, mais 75 % c'est excessif, l' excès de taxation pénalise l'effort et le succès."

Publicis Group, c'est la célèbre agence de publicité des Champs- Elysées, et c'est surtout le troisième groupe mondial de communication avec 60.000 collaborateurs et un chiffre d'affaires de près de six milliards en 2011.

VOIR et ENTENDRE ce modèle de socialisme sincère: 

Maurice Lévy est le président du Directoire du groupe, propriété de la famille  Marcel Bleustein-Blanchet, donc de sa fille Elisabeth Badinter, principale actionnaire et épouse de Me Robert Badinter, ancien ministre socialiste et 5e président du Conseil constitutionnel français.

Lévy est aussi membre de la Direction du Forum économique mondial de Davos. 
Et d'après lui, Davos, ce n'est pas qu'un lieu où les grands patrons font des affaires, "c'est avant tout un lieu de débats, c'est même le principe de Davos, c'est un lieu de confrontation d'idées, entre des gens d'univers différents : les entreprises, les politiques, les organisations non gouvernementales et les universitaires".


Les grands patrons participant à ce forum suivent de très près les réformes économiques engagées par la France, "l'accord sur le marché du travail, ainsi que le pacte de compétitivité sont bien notés par les chefs d'entreprise" assure ce "Napoléon de la publicité".


Hier, homme solidaire à 75% 

Or, le mercredi 28 mars 2011 au micro d'Europe 1, François Hollande avait promis "un effort de justice fiscale". Le candidat socialiste à la présidentielle jugeait "pas acceptable" la rémunération de 16 millions d'euros que s'apprêtait à toucher le patron de Publicis, Maurice Lévy. 
Le candidat du PS souhaitait favoriser la "redistribution", "au moment où chacun doit faire des efforts". Les associations devaient être les premières bénéficiaires en qualité qu'interlocutrices privilégiées du débat gouvernemental, au détriment des citoyens lambdas, voire même des parlementaires rétifs, comme au Sénat.

VOIR et ENTENDRE


Et Lévy battit des mains jusqu'à ce que le magazine économique La Tribune dévoilât en mars 2012 que notre Momo Lévy allait recevoir un bonus de 16 millions d'euros de la part de Publicis. A "l'insu du plein gré" de la camarade actionnaire principale, la socialiste Badinter ?
Dans le Nouvel Observateur, ils s'insurgent contre les 13 millions de Ghosn (patron de Renault, dont l'Etat est l'actionnaire principal !)...
La politique fiscale du gouvernement français suscita dès lors beaucoup plus de doutes en lui

En août 2011
,
Maurice Lévy avait pourtant signé une tribune dans la presse réclamant une contribution exceptionnelle des plus fortunés, " je ne change pas d'avis, j' écrirais le même article aujourd'hui" ...

À la tête de la puissante Association française des entreprises privées, outre qu'il préconisait en passant de "raboter ou supprimer des niches fiscales", dans une tribune au journal ... Le Monde, Maurice Lévy se disait favorable à une taxation exceptionnelle, afin de réduire le déficit budgétaire de la France. Le vertueux socialiste jugeait "indispensable que l'effort de solidarité passe d'abord par ceux que le sort a préservés".

Mais, depuis, évoquant une possible taxe à 75 %, il considère désormais, rappelons-le, qu' "il faut être modéré, l'excès de taxation nuit, ça produit une très mauvaise image et ça pénalise l'effort et le succès".

Le temps où Maurice Lévy adhérait aux propos de Hollande est révolu: la solidarité sociale, ça lui a passé !

lundi 23 juillet 2012

Hollande et sa pénalisation fiscale font fuir les premiers cadres Français

Taxe à 75 % : des sociétés délocalisent déjà leurs cadres 

Nos cadres cherchent l'asile économique à l'étranger 

Ils posent des jalons hors de nos frontières et préparent des baisses de rémunération pour ceux qui restent en France. La taxe aura un effet négatif sur les recettes fiscales. "J'avais recruté trois cadres américains à Paris. Ils sont partis, confie le PDG d'un groupe industriel du CAC 40. Ils exercent les mêmes fonctions, mais sont basés ailleurs." Leurs impôts rempliront désormais les caisses d'autres États, leurs dépenses personnelles feront fleurir les économies d'autres pays. Seule consolation, leur travail profitera toujours à l'expansion internationale d'un fleuron de l'industrie française. 

La taxation à 75% des revenus supérieurs à un million d'euros n'est pas encore votée, mais elle fait déjà des ravages. Elle fait fuir dirigeants et cadres supérieurs, même ceux qui sont encore loin de gagner une telle somme. " Après des semaines de négociations, un manager de retour d'expatriation a annulé au dernier moment la signature d'un contrat de location pour un grand appartement de prestige, raconte un agent immobilier parisien. Son employeur a choisi de l'installer à Londres." 

David Cameron, le premier ministre anglais, n'a pas besoin de " dérouler le tapis rouge aux entreprises françaises ", comme il l'a proposé en juin. Londres leur sert déjà de refuge. C'est dans la capitale britannique qu'un groupe tricolore vient d'installer un manager français, débauché aux États-Unis dans une société d'ascenseurs, mais qui refusait de rentrer dans l'Hexagone. Du coup, une partie de son équipe, jusqu'ici basée en France, va devoir traverser la Manche pour le rejoindre. La liste d'attente au lycée Charles de Gaulle à Londres " a augmenté de plus de 700 demandes après le 6 mai ", confie un diplomate. Même les groupes les plus prestigieux doivent se plier aux conditions de leurs recrues. " Vous ne trouverez plus aucun cadre étranger qui accepte de venir à Paris, assure le patron d'un groupe de luxe. Cette mesure va freiner l'attractivité de la place de Paris." Une analyse partagée par un homologue de l'industrie: " Faire venir un cadre de haut niveau et le baser en France, c'est devenu mission impossible." 

Certains dirigeants allemands, espagnols, italiens ou suisses, qui occupent de hauts postes au sein de groupes français, pourraient être tentés d'exercer leurs fonctions hors de France. Après tout, dans les affaires, un " président normal " passe son temps à voyager.
 


Y.Noah a été condamné à 600000€ par le fisc, mais chante Redemption Song de Bob Marley... Le sportif millionnaire qui donne des leçons de morale aux pauvres est en fait un exilé fiscal que le candidat "exemplaire" François Hollande a choisi pour lancer son meeting de campagne du Bourget


Décalage des bonus

Pour les managers de groupes français en poste dans l'Hexagone, la taxe à 75% est en effet vécue comme une injustice et déstabilise l'ensemble du management. La foudre fiscale ne s'abattra que sur les dirigeants domiciliés en France, et pas sur leurs collègues à l'étranger, qu'ils côtoient au comité de direction. Plus grave, la taxe à 75 % déstabilise même ceux qui ne sont pas concernés. «J'observe des inquiétudes dans mon entourage, ce sont avant tout mes collaborateurs qui m'interrogent sur leur déménagement à l'étranger, confie le patron d'un fleuron de l'industrie française aux résultats florissants, qui n'a nullement l'intention de partir. Je ne sais pas comment je vais faire.» Dans certaines entreprises habituées à promouvoir les meilleurs au plus haut niveau, les ambitieux poussent à la délocalisation. " J'ai une pression de certains cadres dirigeants pour partir à l'étranger ", confie le patron d'un groupe réalisant plus des trois quarts de son chiffre d'affaires hors de France. 

Chez BNP Paribas, plusieurs responsables de la salle de marché ont demandé leur mutation à Londres à leur employeur, qui l'a refusée sans être certain de les retenir. 

Rétroactivité 
Avant de prendre des décisions radicales, les dirigeants attendent de connaître les modalités de la taxe, et s'accrochent à des déclarations de ministres et de conseillers de l'Élysée, qui promettent une mesure temporaire. 
Autre espoir, partagé par une partie de l'exécutif: la taxe pourrait être retoquée par le Conseil constitutionnel, qui devrait prendre une décision sur le sujet fin décembre. Mais si les sages valident la taxe, elle s'appliquera sur les revenus perçus en 2012. Pour en limiter l'impact immédiat pour les salariés concernés, les directions des ressources humaines pourraient décaler le versement des bonus, qui seraient bloqués, le temps de laisser passer l'orage fiscal. À condition que la mesure ne soit pas éternelle…
 

Marqué à gauche, le cinéma français délocalise:   Gondry tourne en Belgique "L'Ecume des jours" d'après Vian;  Jeunet au Canada son "Extravagant Voyage du jeune et prodigieux TS Spivet"; et Nicloux envoie I. Huppert et L. Bourgoin en Allemagne pour "La Religieuse". Et la télévision n'est pas de reste:  la série "Odysseus" d'Arte tournée au Portugal, la 2e saison des Borgia (Canal+) au Canada ou "Manipulations" (France 2) en République Tchèque.



Limiter les rémunérations à un million d'euros 

Les grands groupes sont par ailleurs prêts à adapter pour 2013 les rémunérations de leurs principaux dirigeants qui resteraient basés en France. " Ce qui est sûr, c'est qu'on ne fera pas de cadeau à l'État, confie un membre de comité exécutif d'un des principaux groupes français, qui a calculé que, s'il coûte 3,5 millions d'euros par an à son employeur, il ne lui reste plus, après le paiement des charges patronales et sociales, puis le règlement de ses impôts, que 750 000 euros. Si la loi passe, on sera payé un million d'euros, et pas plus." 

Un avis partagé par certains gestionnaires d'actifs anglo-saxons présents au capital de grands groupes français. Leurs représentants ont ainsi prévenu des mandataires sociaux qu'ils refuseraient d'accepter toute rémunération supérieure à un million d'euros lors des prochaines assemblées générales.Une véritable incitation à la délocalisation. 

L'épouvantail fiscale français est une exception européenne.

samedi 14 avril 2012

Un grand patron socialiste défend son super bonus

Les grands patrons de gauche défient François Hollande

 


"Le pragmatisme est ma boussole"
(M. Lévy)



Le patron du groupe Publicis a défendu ses plus de 16 millions d'euros de bonus qui lui ont été octroyés et qui avaient été critiqués par de nombreuses personnalités politiques.
"C'est une rémunération différée c'est-à-dire qu'elle a été accumulée au fil des années", a argumenté Maurice Lévy (ci-contre), président du directoire du groupe, samedi le sur RTL.

Publicis a en effet révélé dans son document de référence 2011 que Maurice Lévy recevrait près de 16,2 millions d'euros au titre de rémunérations variables différées accumulées depuis 2003.
"C'est neuf années pendant lesquelles il y avait une exigence (...) qui était de sur-performer (...) Si j'avais reçu mes primes de match chaque année, personne n'en aurait parlé", a-t-il ajouté, reconnaissant qu'il s'agissait là de "beaucoup d'argent" et disant comprendre que cela puisse choquer les manents...

Maurice Lévy s'est plaint d'une forme de récupération politique du montant de son bonus, en pleine période de campagne électorale.
Sans les nommer, il a ainsi estimé que certains hommes politiques avaient décidé de s'en saisir "soit parce qu'ils étaient en panne de programme, soit parce qu'ils étaient en panne de ressort politique, soit tout simplement parce qu'ils avaient envie de flatter les bas instincts de ce qu'on appelle le populisme".
"On est en train de dire la réussite est interdite quand elle s'accompagne d'une réussite économique", a-t-il estimé.

Le publicitaire a jugé qu'ON aurait "mieux fait" de lui demander ce qu'il comptait faire de ce bonus, sans toutefois apporter d'ailleurs de réponse à cette question.
Financer la campagne de François Hollande ?
             
 Maurice Lévy désigne F. Hollande sans le nommer

Le candidat PS François Hollande le lâcha en rase campagne, estimant qu'il n'était "pas acceptable" que des personnes touchent une telle somme en période de crise "où chacun doit faire des efforts".

La porte-parole du gouvernement   et ministre du Budget , Valérie Pécresse, a également jugé "disproportionné" un tel bonus.
Quant à Nicolas Sarkozy, qui a promis, s'il est réélu, d'instaurer un encadrement plus strict des très hautes rémunérations, il a  réagi au flou généraliste du PS en ciblant sa condamnation sur la socialiste Elisabeth Badinter, fille du fondateur du groupe, principale actionnaire de Publicis et présidente du conseil de surveillance de Publicis. Soulignant qu'elle a "le coeur à gauche", le président-candidat a reproché aux socialistes de condamner le bonus de Maurice Lévy sans l'y associer.

Maurice Lévy s'était prononcé en faveur d'une taxation des plus riches en août 2011 signant, dans un vieux réflexe de jeunesse, un manifeste demandant une surtaxation provisoire des hauts revenus et avait d'ailleurs renoncé à son salaire fixe (900 000 euros), avant de finalement s'élever contre la proposition du candidat socialiste de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros par an.


La sincérité du socialisme de M. Lévy mise en question

"Il ne suffit plus, pour comprendre les grandes tendances consuméristes, d'avoir de bonnes intuitions. Citoyen du monde, le consommateur n'est plus passif, il a tout simplement pris le pouvoir (...), le pouvoir d'intervenir dans le débat et d'envoyer, quand il le veut, des messages viraux susceptibles de mettre à mal ces grandes marques que l'on pensait à l'abri de tout. " (C'est du Lévy pur jus)


Cette condamnation à droite se comprend si on connaît l'affichage socialiste de Maurice Lévy

Le Monde rappela en 2003 que "l'indéboulonnable patron de Publicis cherche à convaincre que l'ère des rémunérations astronomiques des PDG est révolue."

Le parcours du "Napoléon de la publicité", né au Maroc il y a 70 ans, parle contre l'idéologie socialiste
Cet ingénieur informaticien se fit  remarquer de la direction par ses talents et succéda au fondateur du groupe, Marcel Bleustein-Blanchet, au poste de PDG en novembre 1987. C'est avec le soutien de la principale actionnaire, Élisabeth Badinter,  l'héritière de Bleustein-Blanchet, que Maurice Lévy s'est maintenu à la tête d'une affaire qui se place au 3ème rang mondial des groupes de communication.
Or, Élisabeth Badinter n'est autre que l'épouse de Robert Badinter, ministre de la Justice de François Mitterrand (1981-1986) qui le nomma à la présidence du Conseil constitutionnel (1986-1995).   

Lorsque le magazine La Tribune dévoila en mars 2012 que Maurice Levy allait empocher ce super bonus dans un contexte de crise économique, de nombreux remous apparurent et des interrogations s'élevèrent une nouvelle fois sur la rémunération des "grands patrons".

Plusieurs sources firent alors état de pressions dignes d'un régime totalitaire sur les salariés de Publicis pour forcer le soutien des salariés au grand patron socialiste.

Sur RTL, Marie Drucker s'est surpassée : " Il est bon quand même de rappeler que vous n’avez pas usurpé votre rémunération. Vous avez transformé Publicis en groupe de com’ mondial. Vous avez multiplié ses revenus par dix, créé des milliers d’emplois, personne ne conteste ce que vous avez fait de Publicis [...] et que vous êtes un bon patron. "

En riposte, d'autres salariés de Publicis et des militants de Sauvons les riches et de Génération Précaire ont "fêté" ironiquement avec confettis et champagne ce bonus devant le siège du groupe sur les Champs-Elysées. "Il faut vraiment être hyper mégalo pour penser que la performance du groupe tient à un seul homme", a estimé Julien Bayou, membre des collectifs Sauvons les riches et Génération précaire, au côté de Eric Diemer, délégué CGT Info-Com chez Publicis Consultant. Désormais directeur de la communication de la candidate altermondialiste Gro-Eva Joly (Europe Ecologie-les Verts), Bayou a fait savoir que Publicis, groupe fleuron du socialisme à la française, utilise " 40% de stagiaires ".


Maurice Lévy est une des personnalités socialistes les plus influentes de Paris.

Il est membre du club
Le Siècle et du conseil de la fondation du Forum économique mondial, le Forum de Davos. Il est aussi président de l'Association française des entreprises privées (Afep) et co-fondateur du Cercle de l'Industrie, avec Dominique Strauss Kahn. Il a participé à la conférence Bilderberg de 2011.

Déclaration finale du modeste Maurice Lévy abandonné par les siens:
" C’est triste de voir que l’on veut abîmer un travail exemplaire, une entreprise formidable et un patron qui s’est conduit de manière toujours exemplaire. En ce moment, on dit “réussite interdite."
Mauvais timing !



mercredi 2 mars 2011

Le plan de Sarkozy pour l'emploi et l'apprentissage

Niée par la gauche, c'est une attente des jeunes

Nicolas Sarkozy a présenté une série de mesures destinées à favoriser la formation -notamment par l'alternance- et l'emploi des jeunes, des chômeurs de longue durée et des plus de 45 ans.
A l'occasion d'un déplacement en terrain hostile, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), au campus des métiers et de l'entreprise, mardi 1er mars, le chef de l'Etat a détaillé les mesures, dont il avait présenté les grandes lignes pendant l'émission "Paroles de Français" du 10 février dernier.

Le chômage et l'emploi sont une chose

"Le chômage est au coeur des préoccupations de nos compatriotes, le travail est au centre de mon action politique", a répété Nicolas Sarkozy.
"Le chômage, qui a commencé à se stabiliser, n'a pas diminué autant que nous l'aurions souhaité", a-t-il admis. "Le niveau global de l'emploi n'est pas revenu à la dimension que nous pouvions souhaiter".

En France métropolitaine, fin janvier, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A s'établissait à 2.703.200 selon les chiffres du ministère, soit une augmentation de 1,4% sur un an, d'après le ministère du Travail.
"Penser que la reprise va automatiquement améliorer nos perspectives seraient une erreur", a observé le président. "Je sais que dans le temps, on a dit qu'on avait tout essayé contre le chômage et qu'il n'y avait plus rien à tenter. Je ne partage pas cette vision".

"Un demi-milliard d'euros seront dégagés cette année", a rappelé Nicolas Sarkozy, reprenant une annonce du 10 février. "En cette période contrainte pour nos finances publiques, c'est un effort absolument exceptionnel. Et comme il est hors de question d'augmenter les déficits, ce milliard d'euros (...) nous le récupérerons par des économies parallèles sur les autres ministères", a-t-il souligné.

Cette somme servira, à hauteur de 250 millions d'euros, à financer davantage de contrats aidés, et pour le reste, elle contribuera à améliorer la formation et l'accompagnement des demandeurs d'emploi.

"Je fais un choix. Plutôt que d'indemniser un demandeur d'emploi, je préfère qu'on lui finance un contrat aidé ou une formation pour qu'il puisse se reconvertir", a expliqué le chef de l'Etat. "C'est pour les chômeurs de longue durée, c'est pour des gens qui sont éloignés de l'emploi", a-t-il précisé.

Mais l'attente des jeunes déscolarisés en est une autre

Nicolas Sarkozy a présenté un plan destiné à développer l'apprentissage en France. "L'apprentissage, c'est 70% des jeunes qui à la fin trouvent un emploi", a-t-il souligné.

Un programme doté de 500 millions d'euros, financé par le grand emprunt, permettra notamment de financer des projets de formation et de créer des places supplémentaires d'hébergement en direction des jeunes.

Le chef de l'Etat a aussi présenté le système de bonus-malus qui sera mis en place dès cette année pour inciter financièrement les entreprises à embaucher des jeunes en alternance. Il a fixé l'objectif d'atteindre 800.000 apprentis en 2015, et un million à terme, contre 600.000 actuellement.

L'enjeu est "stratégique pour la société française", a-t-il insisté. "Il n'est pas un enjeu partisan (...) La reprise économique est là (...) mais elle ne suffira pas à résoudre le problème des chômeurs de longue durée et le problème des jeunes au chômage. Cette génération nous jugera sur nos engagements et sur nos résultats. Et j'ai bien l'intention que nous soyons au rendez-vous de leurs attentes", a promis Nicolas Sarkozy.

Les réactions idéologiques font peu cas de la souffrance des ados

La CFDT ne condamne pas sur le fond. Elle estime que "la politique de bonus-malus a déjà montré son inefficacité pour l'emploi des personnes handicapées, des seniors et pour l'égalité salariale des hommes et des femmes". "Le recours à la pénalité, même modulée, et à des allégements de charges pour relancer l'alternance serait faire fi des expériences passées", juge la confédération dans un communiqué.

Mais, pour la CFDT qui souhaite dans ces négociations "des engagements chiffrés de la part des organisations patronales", les décisions du président de la République "ne sont pas de nature à simplifier la tâche des partenaires sociaux et ne renforcent pas le dialogue social", prétend-elle pour la forme.

Elle reconnaît en effet la force de proposition du pouvoir, soulignant que "ces annonces arrivent au moment où syndicats et patronat négocient sur les moyens de donner une nouvelle impulsion à l'alternance".

Développer les filières courtes et la spécialisation

La plupart des adolescents sont contraints à accomplir le cycle complet du collège et, à 15 ans (voire 16, âge limite de l'obligation scolaire), aspirent à l'autonomie et à leur entrée dans le monde du travail. Nombre d'entre eux, qui ont déjà manifesté leur souffrance, parfois violemment, par des signes d'intolérance, voire de rejet, renâclent à choisir une orientation qui les maintient dans le système éducatif.

Or, le Certificat d'aptitude professionnelle (C.A.P.) assure une formation professionnelle courte qui permet l'insertion des élèves dans la vie active. Mais elles sont devenues relativement rares dans l'Education Nationale, au fil des ans.

Quinze jours après le rapport des Ateliers de l'apprentissage et de l'alternance qu'il avait initiés,
Laurent Wauquiez a annoncé jeudi 20 mai 2010 le lancement du Portail de l'alternance (
LIEN), destiné aux jeunes à la recherche d'un contrat d'apprentissage ou de professionalisation.
Il avait aussi confirmé la prolongation du dispositif de primes à l’embauche et le soutien aux développeurs de l’apprentissage jusqu’en décembre 2010.

L'objectif du secrétaire d'Etat à l'Emploi est désormais de faire en sorte que plus de jeunes puissent plus facilement accéder à une formation en alternance. Des journées d’information sur l’alternance auront lieu dans les collèges et les lycées pour contribuer à faire passer l’information.
Il étudie aussi les moyens de simplifier les démarches de recherche et d’enregistrement de contrat. Tout comme la définition d’un cadre de référence de l’alternance qui pourrait permettre de rendre plus lisibles les formations à l’échelle européenne, et contribuer à développer les échanges avec les autres pays.
Conscient que les jeunes apprentis souffrent parfois d’un manque de reconnaissance, les propositions des Ateliers de l’apprentissage, prévoient de permettre à tous les apprentis de bénéficier des mêmes avantages que les étudiants en terme de transports, de logement, de loisirs, etc. C’est une façon pour le gouvernement de montrer concrètement tout son intérêt pour ces formations et les apprentis. En plus des 250 millions d’euros affectés aux contrats aidés, le grand emprunt consacre d'ailleurs un budget de 250 millions d’euros à la rénovation des CFA (centres de formation des apprentis) et 250 millions au logement.

Reste le cas des jeunes en demande de réorientation ou au chômage qui souhaiteraient se former en alternance au niveau bac ou infra bac et qui rencontrent des difficultés quand ils ont plus de 21 ans, car leur formation en contrat de professionnalisation coûte plus cher aux entreprises.

Pour développer l’alternance dans la fonction publique, il faut repenser l’articulation avec les modalités de recrutement, qui suppose la réussite à un concours et les propositions gouvernementales comportent un volet sur la fonction publique, car le dispositif du PACTE [Parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale] est trop étroit et ne fonctionne encore qu’avec un public très ciblé. La piste actuelle de réflexion s'oriente vers la possibilité pour un jeune de mettre en avant l’acquisition d’une formation et une première expérience professionnelle.

jeudi 31 décembre 2009

Taxe carbone: entre contribution et ristourne

Avant compensation, elle aurait coûté en moyenne 74 euros à chaque ménage

Depuis que la gelée Royal, puis l'amère de Lille se sont dressées contre la taxe carbone, les élus de la majorité lui trouvent des vertus nouvelles. Au premier rang desquelles le risque que prend le PS en ramant à contre-courant de l'écologiquement correct. Mais l'essentiel, pour les Français, ne réside pas dans l'opposition du PS au projet du gouvernement, puisque les socialistes ne font que chercher à exister face aux Verts, depuis qu'Europe Ecologie vient leur brouter leur électorat.
Le sort que les « retoqueurs » du Conseil Constitutionnel leur réservent importe donc autrement davantage aux Français qui croyaient que les pays les plus pollueurs seraient seuls mis à contribution. Or, les Sages du Palais Royal veulent leur imposer de donner l'exemple au milliard et demi de Chinois -soit plus du cinquième de la population mondiale- et aux USA de l'illustre Obama dont ils avaient fait, mais un peu vite, leur icône.
Les Français auraient préféré qu'on ne les menât pas en bateau et que la gauche hexagonale soit un soupçon plus positive. Mais les media à la traîne des ONG leur ont un peu plus brouillé les idées comme les émissions de CO2 le ciel. Les scénarii alarmistes les ont convaincus qu'ils risquaient d'être un peu plus taxés, et cela grâce au lobbying écologiste et aux pressions socialistes sur les « retoqueurs » souverains.

Le projet initial n'était pas assez « contraignant »

Alléluia ! Les onze retoqueurs hexagonaux sont vraiment trop forts. Ils parvenus à s'entendre là où les 193 chefs d'état de la planète n'ont pas réussi à la Conférence pour le climat de Copenhague: ils ont tout rejeté en bloc...

Ce que nous ne sommes pas assurés de retrouver

Le nouveau projet de taxe carbone proposera-t-il encore une compensation ? L'État redonnera-t-il d'une main ce qu'il aura pris de l'autre ? Le système était novateur mais perturbant.

• Quelle aurait pu être la facture pour les ménages ?

Les ménages auraient payé dès janvier la taxe carbone lors de leur passage à la pompe et sur leur facture de chauffage, puisque cet impôt frappera encore les énergies fossiles: le pétrole, le gaz, le charbon et le GPL. Mais que deviendront les 17 euros la tonne de CO2 émise, selon l'annonce du jeudi 10 septembre 2009 par Nicolas Sarkozy ? Il est clair que nous devrons les regretter.
D'après le ministère du Budget, ce tarif aurait déjà dû entraîner un surcoût de 1,96 euro pour un plein de 40 litres d'essence, toutes taxes comprises (la TVA s'appliquant à la taxe). Pour le gazole, la note aurait grimpé de 2,16 euros. Le remplissage d'une cuve de fioul de 1 000 litres aurait coûté 54 euros de plus. Quant à la facture de gaz, elle saurait pris 7 %. L'impact aurait donc pu être très différent pour les particuliers, selon qu'ils se chauffent à l'électricité, au gaz ou au fioul et selon leur utilisation de la voiture. C'est à une modification des habitudes que le projet de loi invitait.
Le surcoût moyen de 74 euros par ménage est une moyenne théorique. Il correspond à la recette estimée de la taxe pesant sur les particuliers divisée par le nombre de foyers fiscaux (36 millions). Mais il suffit de consommer 2 000 litres de fioul et de faire trois pleins d'essence par mois pour que la taxe carbone coûte 178 euros par an. Et un Parisien sans voiture qui se chauffe à l'électricité ne payera rien ! Chaque année, le coût de la tonne de CO2 augmentera (le chef de l'État n'a pas précisé de combien). L'objectif restera à l'évidence que les Français soient peu à peu dissuadés de consommer les énergies contribuant au réchauffement climatique, en les rendant plus chères.
Mais les gauches verte et rose auront tout fait pour alourdir la note: c'est toujours autant qu'ils n'auront plus à récupérer quand ils finiront par revenir au pouvoir...

• Comment le système de compensation fonctionnait-il?

Chaque foyer français devait recevoir une compensation qui aurait pondéré cette hausse que brandit l'opposition pour rendre indigeste la pillule déjà amère.
  • En 2010, elle aurait été de 46 euros par adulte dans les «périmètres de transports urbains» - les villes et leurs banlieues - et de 61 euros ailleurs. Ce zonage de la France existe déjà. Chaque enfant ou personne à charge aurait donné droit à 10 euros en plus. Le fisc se serait chargé du calcul.
  • Les ménages qui ne payent pas d'impôt sur le revenu auraient pu recevoir un «chèque vert» en février. Pour les autres, la somme aurait été déduite du premier tiers provisionnel, à la même époque. Ceux qui sont mensualisés verront-ils encore leurs premières mensualités allégées ou annulées ?
  • Le cas des familles - qui ont une voiture et un logement plus grands - et celui des ruraux - qui doivent se déplacer pour aller travailler - était pris en compte.
    Reste que les Français qui vivent dans une banlieue mal desservie craignaient de ne pas s'y retrouver, pas plus que ceux qui se chauffent au fioul et au gaz. Un célibataire urbain qui a besoin de 1 000 litres de fioul aurait payé 54 euros de taxe et n'aurait reçu qu'une compensation totale de 46 euros. Il fallait qu'il soit profondément écolo et pas seulement en paroles.
    Or, le caractère forfaitaire de la compensation était précisément fait pour rendre le dispositif incitatif et formateur aux économies d'énergie : autant faire des efforts pour moins consommer d'essence et de fioul ! Mais la propagande politique a pris le pas sur l'intérêt général. Elle a jeté le doute, voire créé des angoisses et fait craindre le pire chez les particuliers. Dans un pays qui se targue d'être un modèle de répartition sociale solidaire, la frilosité de l'opposition aura lourdement pesé sur le projet.
    Alors le solde entre le chèque et la taxe devenait pourtant avantageux. D'ailleurs, les dispositifs fiscaux favorisant les économies d'énergie resteront probablement en vigueur : éco-prêt à taux zéro, crédit d'impôt pour les équipements réduisant la facture énergétique, bonus-malus automobile. Mais la compensation augmentera-t-elle encore chaque année, parallèlement à la taxe carbone, comme promis à l'origine par Nicolas Sarkozy. Il faudrait qu'une volonté de consensus prévale malgré les élections régionales...
    Lire PaSiDupes

    • Les entreprises échapperont-elles à la taxe ?

    Non : leurs factures de gaz, d'essence, de pétrole s'alourdiront dans les mêmes proportions que celles des ménages. Elles espéraient bien, elles aussi, bénéficier d'une compensation et singulièrement les petites et moyennes entreprises. Suite au « retoquage », devront-elles encore se «contenter» de la suppression de la part investissement de la taxe professionnelle, déjà prévue par ailleurs.
    La propagande de la gauche aura-t-elle raison d'elles, qui au final n'étaient pas une nouvelle fois accablées.
    Pour ne pas pénaliser la «compétitivité» de l'agriculture, de la pêche et du transport routier, gros consommateurs de carburants, ces secteurs auraient pu recevoir des aides, qui ne sont plus garanties, d'autant que l'U.E. veille jalousement au respect de la concurrence européenne. Les industries très émettrices de CO2 ne payaient pas la taxe, puisqu'elles sont déjà soumises au système européen des quotas de carbone.

    Mais la désinformation de la gauche, hexagonale et internationale, a retoqué les retoqueurs.
  • jeudi 24 septembre 2009

    Bonus - Vers un compromis: des régles, mais pas de limite

    L'opposition avait donc sous-estimé Sarkozy...

    La gauche doutait

    'Le compromis sera difficile', assurait RFI.
    Le sommet G20 court un grand risque, celui de voir chaque Etat membre exhiber son propre ordre du jour. Trois grands blocs se dessinent : les Européens d’un côté, les Anglo-saxons de l’autre et enfin les pays émergents. Les Européens, France et Allemagne en tête, insistent sur la nécessité d’encadrer les bonus excessifs distribués par les banques.

    Or, les dirigeants des 20 pays les plus industralisés
    n'imposent pas encore de plafond, mais s'accordent sur le principe d'un encadrement des bonus versés dans les métiers financiers.
    Les 20 réunis au sommet de Pittsburgh (Etats-Unis) devraient préconiser vendredi de "limiter les bonus à un pourcentage du produit net bancaire quand ils menacent un niveau de saine capitalisation", a déclaré un responsable d'un pays du G20 citant un extrait du projet de communiqué.
    Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a réfuté l'existence de profondes divergences avec les Européens et les Français en particulier. "En fait, nous sommes très proches et je crois que nous avons les mêmes positions", a-t-il dit. "Nous voulons des normes très vigoureuses qui limitent les risques". C'est pourquoi "nous avons conçu, et vous le verrez demain, une série ambitieuse de règles très détaillées, qui soulignent cet engagement", a-t-il dit.

    La pression européenne fait bouger les lignes

    Les positions de départ
    La gauche hexagonale avait mis le Président libéral français au défi d'obtenir quoi que ce soit des Américains, mais saluera probablement volontiers la limitation des bonus obtenue. La question des primes avait pourtant considérablement divisé Américains et Européens, sur fond d'indignation populaire devant les bonus versés aux banquiers ou aux opérateurs de marchés, accusés d'avoir fortement contribué à la crise par leurs comportements à risque. Les membres du G 20 ont aussi souligné que l'objectif était que chaque pays, individuellement, instaure en outre "un mélange de régulations, de lois et de mesures de supervision nécessaires pour appliquer ces normes".
    L'administration démocrate du Président Obama continue d'ailleurs de s'opposer à un plafonnement des rémunérations auquel poussent les Européens.

    Mais les participants au sommet ont assuré qu'il existait un "fort soutien" parmi les pays du G20 à la mise en place d'un cadre pour des politiques concertées entre les membres afin d'éviter les déséquilibres économiques et veiller à la stabilité financière.

    Les avancées

  • Mardi, était annoncé un accord "sur les priorités essentielles de réforme pour renforcer les normes de capital, réformer les pratiques de rémunérations, soumettre les marchés dérivés et les fonds spéculatifs à un cadre de supervision approprié, essayer de faire en sorte que nous ayons de meilleurs outils pour répondre à de futures crises financières", mais aussi sur des calendriers pour faire entrer en vigueur ces réformes.
  • Il y avait alors bon espoir que, sur une autre question qui les divise, les pays du G20 accompliraient des progrès : l'octroi aux grandes économies émergentes de droits de vote accrus dans les institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Il en a affirmé la nécessité, malgré les réticences européennes, mais a dit la volonté américaine de procéder "par étapes".
    Une "norme très claire" pour les exigences de capitaux propres des banques était aussi envisagée.
  • L'administration Obama a toutefois affirmé l'opposition américaine à une sortie prématurée des stratégies de relance économique, à laquelle poussent de grands pays européens inquiets de leurs déficits. "Nous prenons des mesures pour réduire nos déficits budgétaires à un niveau supportable", a-t-il assuré.
    Mais, a-t-il ajouté, les Etats-Unis comptent laisser les mesures de relance en place "jusqu'à ce que nous ayons toute confiance dans le fait que le système financier est en mesure de fournir le crédit nécessaire à la reprise. Nous veillerons aussi à ce que les gens comprennent que nous renverserons ces mesures dès qu'il sera raisonnable de le faire".

    Il a néanmoins déclaré qu'un dollar fort était "très important" pour les Etats-Unis et que ce pays avait la "responsabilité particulière" [Sa Cynique Majesté Royal va hurler au plagiat...] de préserver la confiance internationale, face aux inquiétudes internationales devant la faiblesse du dollar ou aux appels à une nouvelle monnaie de réserve.
    Selon lui, le dollar devrait rester la principale monnaie de réserve "pendant très longtemps", bien que l'euro ait pourtant démontré sa résilience.
  • samedi 8 août 2009

    Bonus: le gouvernement doit rappeler les banques à l'ordre

    Matignon réunit les représentants des banques

    François Fillon invite à une moralisation des moeurs de la banque

    Entrer dans une banque provoque un coup au moral, mais aussi une utile étape préliminaire à la visite du château de Versailles. Tout y est profusion de marbre et de lumière. Les agents y sont tous des banquiers au geste lent et majestueux, au port hautain et au regard condescendant, à la parole rare et au langage abscons : ils vivent sur vos dépôts, les gèrent au prix fort et en tirent le maximum de profits en prenant impunément les plus grands risques, mais ne consentent à vous rendre compte qu'avec impatience et réticence. A chaque coin de rue, dans ces temples de Mamnon, point de tape sur l'épaule, ni aucun mot de trop: « Aucun banquier ne peut servir deux maîtres: on ne peut servir à la fois Mammon et le client ».

    Des banques qui ont la mémoire courte

    Le Prince Démon de la cupidité n'a-t-il « ni dieu ni maître »?
    Ce prince des Enfers, uniquement soumis à Lucifer, préside aux divers péchés que fait commettre l'amour de l'argent. Fillon doit donc soumettre l'ange de la richesse et démon de l'avarice. Pour cela, le gouvernement est encore appelé à la rescousse

    Le Premier ministre français s'attaque a deux dérives.
  • Ce rappel intervient après la révélation d'une provision par BNP Paribas de centaines de millions d'euros pour ses traders, qui a provoqué l'indignation de l'opinion et une demande de rapport par la ministre de l'Economie.
    Après la CGT et le Parti socialiste, la CFDT à son tour, a, aussi condamné "la reprise de la pratique de bonus exorbitants". "C'est aux régulateurs et aux gouvernants de fixer de nouvelles règles du jeu", estime le syndicat qui juge insuffisant le code de bonne conduite adopté par les banques françaises en matière de bonus.

  • Le Premier Ministre a demandé jeudi aux banques de respecter leurs engagements et annonce qu'il recevra leurs dirigeants vendredi pour examiner l'évolution et les conditions du crédit bancaire en France.
    François Fillon "rappelle que le respect par les banques des engagements qu'elles ont pris est une exigence absolue vis-à-vis de la collectivité nationale, et de l'Etat, qui a mis à leur disposition à l'automne dernier des moyens importants pour les aider à surmonter la crise financière".

    "Cette exigence a conduit le président de la République et le Premier ministre à demander hier (mercredi 5/8) à Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi, de saisir le gouverneur de la Banque de France pour s'assurer du strict respect par les banques des règles en matière de bonus", poursuit le texte.
    "L'accès des entreprises et des particuliers au crédit bancaire dans de bonnes conditions est par ailleurs une clef d'une reprise rapide et soutenue de l'activité économique en France", a en outre souligné Matignon.

  • Le Premier Ministre lance un autre appel.
    La réunion avec les dirigeants des banques sera aussi l'occasion pour le Premier ministre de faire le point sur l'évolution du crédit en France.
    Pour François Fillon, "l'accès des entreprises et des particuliers au crédit bancaire dans de bonnes conditions est par ailleurs une clef d'une reprise rapide et soutenue de l'activité économique en France".
    "Le Premier ministre a donc demandé à ce que les représentants du monde bancaire soient réunis demain à Matignon avec la Banque de France et le ministère de l'Economie afin d'examiner l'évolution et les conditions du crédit bancaire aux particuliers et aux entreprises ces derniers mois, ainsi que les mesures qui devraient, le cas échéant, être envisagées."

    En échange de la garantie de l'Etat pour emprunter et de quasi-fonds propres, les banques françaises se sont engagées à augmenter leurs encours de crédit de l'ordre de 3 à 4% en rythme annuel.
    Mais fin juin, elles avaient prévenu que cet objectif de 3% pourrait ne pas être atteint cette année. En revanche, les bonus le sont.


    « Alors, au final, la bête fut vaincue et les infidèles se réjouirent. Mais tout n'était pas perdu, car des cendres s'éleva un majestueux oiseau. L'oiseau scruta les infidèles et lança sur eux le feu et le tonnerre. Dès lors que la bête fut réincarnée et sa puissance renouvelée, les disciples de Mammon se tapirent dans l'horreur.
    d'après Le Livre de Mozilla, 7:15 »
  • vendredi 27 mars 2009

    Discours présidentiel consacré à l’action du gouvernement face à la crise

    A Saint Quentin, Nicolas Sarkozy fait de la pédagogie

    "Responsabilité " : c'est sans doute le mot clef du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin dans l'Aisne. Le chef de l'Etat a appelé les patrons à prendre leurs " responsabilités " et maintient son cap économique, tout en se disant prêt à " aller plus loin " si la situation l'exige.
    Le chef de l'Etat a expliqué sa politique économique (cf. article de PaSiDupes), mais aussi annoncé des mesures contre les bandes violentes ou en faveur des transports en Ile-de-France.
    Voici les principaux points du discours économique et social qu’a tenu le président Nicolas Sarkozy mardi à Saint-Quentin:

    - PLAN D’URGENCE EN FAVEUR DES JEUNES
    : Nicolas Sarkozy veut, en 15 jours, "avant le 15 avril" un "plan d’urgence en faveur des jeunes" mettant l’accent sur la formation en alternance et sur l’apprentissage.

    - "BONUS" EN CAS DE PLAN SOCIAL OU D’AIDE DE L’ETAT
    : selon le chef de l’Etat, "il ne doit plus y avoir de bonus" [ boni], de "parachutes dorés" ou de "stock-options" "dans une entreprise qui reçoit une aide de l’Etat" ou qui "met en oeuvre un plan social d’ampleur".

    - PARTAGE DES RICHESSES
    : "Si aucun progrès n’est accompli d’ici au mois de juin" sur la question du partage des richesses, Nicolas Sarkozy demandera au gouvernement de déposer un "projet de loi cet automne".

    - COMMISSAIRES A LA REINDUSTRIALISATION
    : le gouvernement nommera des "commissaires à la réindustrialisation" dans les bassins d’emploi en difficulté" qui "auront les pleins pouvoirs pour mobiliser tous les acteurs et pour agir" et "disposeront de moyens d’intervention financiers accrus".

    - PROJET DE LOI SUR LES BANDES VIOLENTES
    : le Parlement sera saisi "dès le mois d’avril" d’un projet de loi sur les bandes, "la seule appartenance à une bande" étant passible "d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison".
    "L’intrusion dans un établissement scolaire sera également considérée comme un délit sanctionné par le code pénal".

    - TRANSPORT FRANCILIEN
    : une décision "plus radicale" sera prise "fin avril" pour l’amélioration du transport francilien et donc plus de bien-être dans la région.

    - TAXE CARBONE
    : Nicolas Sarkozy s’est dit favorable à une "taxe carbone" qui permettrait "de faire participer les importations au financement de notre protection sociale" et de lutter contre le "dumping environnemental". (cf. l’article précédent sur discours de F. Fillon en partie consacré à la taxe professionnelle, dans PaSiDupes)

    Le Président explique son action contre la crise

    Sarkozy combat la désinformation et le défaitisme de l’opposition

    Nicolas Sarkozy a fait la promotion de sa politique économique face à la crise
    Mardi à Saint-Quentin (Aisne), le Président de la République a promis d'aller encore "plus loin". Il a aussi opté pour un décret (plutôt qu’une loi) interdisant les stock-options ou les parachutes dorés en faveur de dirigeants d'entreprise en difficulté, vilipendés à droite comme à gauche.

    Cinq jours après une journée de grève peu suivie et de défilés de la peur dans toute la France, et à un peu plus d'une semaine du sommet du G20, le chef de l'Etat a choisi de venir "faire la pédagogie" de ses réformes dans la ville où est élu le secrétaire général de l'UMP et ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand.
    Devant quelque 4.000 personnes et en présence de deux ministres, Brice Hortefeux (Travail), et Eric Woerth (Budget), il a, point par point, défendu les réformes déjà engagées contre la crise, assurant que "si la situation devait se dégrader encore, nous ferions davantage".
    Mais "la sagesse, le bon sens, le sang froid commandent d'attendre que tout ce qui a été décidé soit mis en oeuvre, qu'on laisse le temps à toutes ces mesures de produire leurs effets". Il n’est pas favorable à des mesures sous la pression de la rue, à chaque fois que les militants d’opposition décident de manifester.
    Il a d’ailleurs rendu hommage à la France silencieuse et majoritaire qui travaille plutôt que de défiler.
    Il a salué la pudeur des Français qui souffrent dans l’effort face aux difficultés. Les populistes se sont-ils sentis à l'aise dans leurs habits étroits de démagogues?
    Il a enfin exprimé sa volonté de ne pas faire supporter la charge la plus lourde à la classe moyenne. La moitié des Français seulement paie l’impôt, a-t-il rappelé, et ils ne peuvent donner plus, a-t-il admis.

    Le chef de l'Etat a annoncé souhaiter évaluer avec les partenaires sociaux "avant l'été" les mesures du gouvernement. "Au vu de la situation économique et sociale, nous réfléchirons, si cela est nécessaire, à d'autres mesures", a-t-il indiqué.


    Lucidité et pragmatisme
  • Alors que les inscriptions à Pôle emploi en février, attendues mercredi 25, confirment l'impact accru du chômage sur les moins de 25 ans en activité, il a annoncé, "avant la fin du mois d'avril", un "plan d'urgence en faveur des jeunes" et spécialement au profit de ceux qui n’ont jamais eu de premier emploi..

    "Toutes les pistes doivent être explorées: celle de la formation en alternance dont je veux doubler le nombre de contrats, celle des contrats aidés, celle du service civique", a affirmé M. Sarkozy.


    Autres décisions
  • la prochaine nomination de "commissaires à la réindustrialisation" dans chaque bassin d'emploi en difficulté.
    "L'Etat ne peut pas sauver toutes les entreprises mais chacun a droit à une solution adaptée, soit un emploi, soit une formation (...) Personne ne doit être laissé au bord du chemin", a dit le président.
  • Nicolas Sarkozy veut également "aller plus loin sur les infrastructures", notamment pour améliorer un système de transport francilien "à bout de souffle" et pour lequel il promet des mesures d'ici "la fin du mois d'avril".

    Il s'est par ailleurs déclaré favorable à une "taxe carbone" contre le "dumping environnemental".
  • Le chef de l'Etat est également revenu sur ses objectifs en matière de "moralisation du capitalisme", l'un de ses principaux chevaux de bataille depuis le déclenchement de la crise, en septembre dernier.
    "Il ne doit plus y avoir de parachutes dorés (...), de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel", a-t-il dit sans proposer de loi, en réagissant aux polémiques suscitées par les stock-options des dirigeants de la Société Générale ou le parachute doré de l'ex-PDG de
    Valeo.
  • Toutefois, il a promis "à l'automne" un projet de loi sur le partage des profits des entreprises si les partenaires sociaux n'avançaient pas sur ce sujet.
    "Le chemin que nous avons pris nous permettra de nous en sortir. J'ai confiance, je vous demande d'avoir confiance", a conclu le chef de l'Etat.

    Lire le prochain article de PaSiDupes consacré aux principales mesures annoncées, dont la taxe professionnelle.