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jeudi 13 septembre 2018

Plan pauvreté : Macron ne promet pas un "pognon de dingue"...

Macron promet une fusion des prestations sociales, dont le RSA

Le "revenu universel d'activité" mettra fin au RSA en 2020


Ce jeudi, lors de la présentation de son "plan pauvreté" au Musée de l'Homme à Paris, Emmanuel Macron a annoncé des économies pour l'Etat en fusionnant plusieurs prestations sociales, mais son "revenu universel d'activité", mesure révolutionnaire, au moins dans les termes, permettra-t-il nécessairement aux précaires de vivre mieux.  
Le  projet phare de son "plan pauvreté" à 8 milliards d'euros, une réorganisation, devrait voir le jour en 2020.

Le chef de l'Etat a proposé cette nouveauté pour mettre fin au "maquis" des prestations sociales et la "sophistication administrative qui tourne au cauchemar". Il s'agirait donc d'une fusion des différentes prestations sociales. Il refait ainsi le coup de Pôle emploi, issu de la fusion entre l'ANPE et les Assedic.

"RSA, APL... Les acronymes enferment les gens dans des cases", a-t-il expliqué. L'écume des choses est porteuse du verbe jupitérien. Peu importe le sigle aux allocataires, pourvu que l'allocation permette de vivre plus dignement, mais Macron peut élucubrer à l'infini sur l'insignifiant. 
En même temps, le plan pauvreté de Macron supprime à coup sûr des sigles, mais peut-être pas la pauvreté. L'aide qui sera pourtant tout naturellement appelée "RUA" reprendra notamment le Revenu de solidarité active (RSA), lui-même déjà une fusion de différentes aides, dont le revenu minimum d'insertion (RMI), et l'allocation parent isolé (API), qui explique en grande partie le nombre croissant de mères seules, notamment dans certains milieux culturels.

L'aide "universelle" consentie par Macron est soumise à des obligations

C'est l'autre détail qu'a apporté Macron : le bénéficiaire du revenu universel d'activité devra respecter un "contrat d'engagement réciproque", "l'obligation d'inscription dans un parcours d'insertion avec l'impossibilité de refuser deux offres raisonnables d'emploi". Ni le RMI, ni le RSA n'avait jamais été ainsi conditionné à la recherche d'emploi.

Autre axe fort de la mesure, "l'Etat sera entièrement responsable" de cette nouvelle aide. Du fait de leurs missions d'insertion, ce sont actuellement les départements qui gèrent le RSA et les Caisses d'allocations familiales qui le versent.

Le gouvernement devra expliquer ce qu'il entend par "universel" qui peut orienter les esprits vers le revenu universel d'existence du candidat Benoit Hamon en 2017. Emmanuel Macron a notamment rappelé que près de 30% de ceux qui pourraient prétendre au RSA ne le font pas. 
Résultat de recherche d'images pour "plan pauvreté"Le socialiste de l'aile gauche du PS s’est montré dubitatif avant ces annonces, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI : "J’écoute les associations qui s’occupent, elles, tous les jours des pauvres, et pas un jour sur 365 comme M. Macron quand il fait un plan pauvreté, voire un jour sur le quinquennat."

Le cofondateur du mouvement Génération.s a fustigé dimanche "un gouvernement pauvrophobe ". Les associations "disent qu’il y a une montée de la pauvreté : des travailleurs, des retraités, des jeunes de plus en plus nombreux à être pauvres", a rapporté l’ancien ministre populiste. 

Macron, quant à lui, a aussi critiqué "l'empilement des aides" qui "finit par générer des erreurs, de la confusion", et alimente "ce discours insupportable sur l'assistanat" et le "pognon de dingue" distribué à fonds perdus.

samedi 2 juillet 2016

Mort de Michel Rocard, laissant la "deuxième gauche" orpheline

Poil à gratter de Mitterrand, Michel Rocard, son ancien premier ministre, est mort

Rocard avait rêvé de moderniser un Parti socialiste déjà "rétrograde"

Mort le samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans, il laisse aujourd'hui, au Parti socialiste, dans les ministères, dans les think tank de la gauche qui rêvent de la refonder, quantité de ses disciples, nourris par cette "deuxième gauche" sociale-démocrate, réaliste et redistributrice qu’il avait fini par incarner.

Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, fut un homme politique paradoxal et compliqué. Longtemps l’homme politique le plus populaire de France, il était spontané voire impulsif, sincère voire naïf, maladroit mais volontiers calculateur; apôtre d’un "parler vrai " parfois dévastateur, mais capable de manier sans broncher la langue "de madrier", selon l’expression d’un de ses anciens conseillers; orateur parfois obscur, mais, en dehors des tribunes, d’un abord simple et direct. 
Et surtout obsédé par l’idée d’être écouté, reconnu, respecté. Ce dernier trait de sa personnalité ne peut pas être dissocié des relations difficiles, mélange d’admiration et de frustration, qu’il avait avec son père. Yves Rocard était un scientifique de haut niveau. Quand, à 17 ans, Michel décida de faire Sciences-Po, il cessa d’être pris au sérieux par son père et il tenta toute sa vie, parfois inconsciemment, de reconquérir son estime. Yves était conservateur. Le jeune Michel fut progressiste, mais intégra l’influence paternelle, en étant très vite proche d’un socialisme humaniste, plus que du marxisme. 

Le parcours de Michel Rocard, meilleur ennemi de Mitterrand

Michel Rocard s’engage dans la mouvance de la SFIO (ancêtre du PS) dès 1949

et devient six ans plus tard secrétaire national de l’Association des étudiants socialistes. Déjà la SFIO bat de l’aile, empêtrée dans les compromissions de la IVe République et les mensonges de la guerre d’Algérie. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris – où il milite à l’UNEF et combat un dénommé… Jean-Marie Le Pen –, Michel Rocard sort de l’Ecole nationale d’administration dans la promotion 'Dix-huit juin', en 1958. 
Il intègre alors l’inspection des finances. La même année, il quitte la SFIO, découragé, comme tant d’autres, par la politique de Guy Mollet. C’est là qu’il participe à l’organisation d’un parti de gauche, le Parti socialiste autonome (PSA), dont le titre de gloire principal est d’avoir refusé d’accueillir dans ses rangs… François Mitterrand. 
Le petit parti deviendra le PSU en 1960. L’histoire de Michel Rocard se confond alors avec celle de toute une génération qui, transitant au PSU, à l’UNEF ou ailleurs, lutte contre la guerre d’Algérie. Après la fin du conflit, Michel Rocard, qui a pris un pseudonyme, Georges Servet, pour que ses activités militantes soient compatibles avec son statut de haut fonctionnaire, commence, déjà, à se ranger dans une gauche "moderniste". 
Dès 1966 lors d’un meeting à Grenoble, 'Georges Servet' affirme à la tribune, que "la visée à long terme du socialisme n’est pas nécessairement la nationalisation". La déclaration rompt avec la culture dominante dans la gauche de l’époque. Pour la première fois, le pseudo de Michel Rocard apparaît dans un titre du journal Le Monde.

Une longue incompréhension réciproque avec Mitterrand 
Michel Rocard et François Mitterrand, eux, ne se connaissent encore que de réputation. Ils se rencontrent lors des négociations pour les législatives de 1967 (Rocard est lui-même candidat sans succès, dans les Yvelines). C’est le début d’une longue incompréhension entre le terrien de province amoureux des arbres et l’urbain qui sera maire de Conflans-Sainte-Honorine (1974) mais qui trouvera longtemps l’évasion sur un bateau à voile, au large de la Bretagne. 
Michel Rocard prend la tête du PSU en juin 1967. Ce petit parti, débordant de militants brillants, devait réveiller et rénover la gauche. Il sera, selon son expression, un "laboratoire terrifiant" où l’on s’épuise dans des débats stériles et sans fin. Après avoir mis le général de Gaulle en ballottage en 1965, Mitterrand est l’homme qui monte à gauche. Mais Michel Rocard ne veut toujours pas travailler avec lui.

Arrive Mai 68. Rocard est au premier rang des manifestations avec les dirigeants gauchistes, alors que Mitterrand et ses amis courent derrière le mouvement, sans le rattraper. Pour Michel Rocard, c’est une victoire fatale : après Mai, il s’enferre avec le PSU dans un gauchisme débridé. 
Pourtant, 1969 marque aussi la véritable découverte de son personnage par le grand public. Candidat du PSU à la présidentielle provoquée par le départ anticipé du général de Gaulle, Michel Rocard fait 3,66 % des voix. C’est peu, mais la SFIO dépasse à peine 5 %. Le PSU continue pourtant son existence groupusculaire. 

Au congrès d’Epinay de juin 1971, lorsque François Mitterrand lance le PS dans l’aventure de l’union de la gauche, Rocard n'adhère pas à cette nouvelle stratégie. Il perd son mandat de député et attend 1974 pour soutenir la candidature de Mitterrand à la présidentielle et rejoindre le PS. Venu de l’extrême gauche, il passe directement à la 'droite' du PS en incarnant désormais une "deuxième gauche", souvent d’origine chrétienne, plus décentralisatrice, préférant la recherche du consensus à l’affrontement, l’autonomie de la "société civile" au tout Etat. En septembre 1975, Michel Rocard entre au secrétariat national du PS. En 1977, il est élu maire de Conflans-Sainte-Honorine.

Au congrès de Nantes, la même année, il prononce un discours resté célèbre, sur les "deux cultures" qui structurent la gauche. 
La rupture entre socialistes et communistes fait perdre à la gauche les législatives de 1978. Michel Rocard, lui, récupère son fauteuil de député des Yvelines. Mais au soir du second tour, à la télévision, il exprime en quelques mots, la déception et l’amertume de la gauche, et aussi sa foi dans l’avenir. La déclaration respire la spontanéité. En fait, elle a été répétée à l’avance et Rocard, à partir de là, conservera longtemps la faveur des media et des sondages. 

En 1979, au congrès de Metz, allié à Pierre Mauroy, il passe dans l’opposition à François Mitterrand. 
Le premier secrétaire (Mitterrand) et ses alliés prônent la "rupture avec le capitalisme", Michel Rocard n’y croit pas. En 1980, il décide de s’appuyer sur sa popularité et de presser le mouvement. Le 19 octobre, depuis sa mairie de Conflans, il annonce sa candidature, mais seulement si Mitterrand n’est pas lui-même candidat. Sa déclaration est malhabile, mal filmée. Lorsque, le 8 novembre, François Mitterrand se déclare, Rocard, mortifié, ne peut que se retirer. 

Rocard, premier ministre de l'"ouverture"
Avril 1985. Après la victoire de 1981 et un passage au ministère du Plan, Michel Rocard est à l’Agriculture. Le 3 avril, le scrutin proportionnel est adopté pour les législatives de 1986. Dans la nuit du 3 au 4, il présente sa démission. Il justifie sa décision par son opposition à ce mode de scrutin qui va amener pour la première fois le Front National à l’Assemblée. Il a aussi l’échéance de 1988 en tête. 
En mars 1988, François Mitterrand, annonce sa candidature à sa propre succession, sonnant la fin de la "récréation Rocard". Une fois réélu, pourtant, Mitterrand envoie à Matignon celui des socialistes qu’il juge le plus "en situation ", quoi qu’il en pense sur le fond. Michel Rocard est le premier ministre de l’" ouverture". Ses gouvernements intègrent des membres de la société civile, voire quelques transfuges de l’opposition. Pendant la campagne, François Mitterrand a affirmé qu’il n’est "pas sain" qu’un seul parti ait la majorité. Les électeurs l’ont si bien suivi que Michel Rocard ne dispose à l’Assemblée nationale que d’une majorité relative, qui le conduit à un jeu de bascule permanent, pour s’appuyer soit sur le PC, soit sur une partie des centristes.
Dans des conditions très inconfortables, le premier ministre, entravé par François Mitterrand, mène pourtant à bien un certain nombre de réformes, parfois tambour battant comme pour la création du Revenu minimum d’insertion (RMI) qui entrera en vigueur dès le 1er décembre 1988. Il ramène la paix civile en Nouvelle-Calédonie et institue la Contribution sociale généralisée (CSG)… 
A  son cabinet, le jeune Manuel Valls entame son parcours politique et il se placera désormais dans le sillage de Rocard qui l'emploiera comme conseiller en charge des affaires étudiantes. Aujourd'hui premier ministre, Manuel Valls a nommé conseiller en charge du pôle énergie, transport, environnement, logement, auprès de lui à Matignon, un polytechnicien de 40 ans en 2014,  Loïc Rocard). 

"Nous ne pouvons héberger toute la misère du monde"

"La France doit rester une terre d'asile politique...mais pas plus", ajouta-t-il. La gauche nie (Kouchner, pour qui, en avril 2015, les "salauds" sont les autres) ou instrumentalise (Sapin) - en fonction des besoins de l'actualité - que Michel Rocard a prononcé cette sentence le 3 décembre 1989, au Soir 3:

VOIR et ENTENDRE donc l'archive que conserve l'INA à disposition des manipulateurs :

Le temps creuse le fossé entre le président et son premier ministre. La première guerre du Golfe lui donne un sursis. Mais le 15 mai 1991, un mercredi, Michel Rocard se retrouve congédié en quelques minutes. 

Les illusions perdues
Les échecs de ses successeurs, Edith Cresson, puis Pierre Beregovoy le laissent espérer que son destin politique n’est pas encore joué. En avril 1993, Rocard réclame un "big bang" du PS, dont il devient premier secrétaire après le désastre des législatives. Le 29 mai 1994, il annonce que "rien", cette fois, ne l’empêchera d’être candidat à la présidentielle de 1995, où on sait que François Mitterrand ne se représentera pas. 
Mais aux Européennes de juin, alors que le président de la République a laissé Bernard Tapie conduire une liste radicale de gauche, le PS, dont les candidats sont menés par le premier secrétaire, s’effondre à 14,5 % des suffrages. Michel Rocard est débarqué, sans ménagement. C’est la fin de ses espérances. Il abandonne à l’automne la mairie de Conflans, après presque de vingt ans de mandat. Il ne sera jamais président de la République. 

Le monde a changé malgré lui. 
Il n’aime pas l’évolution des media, le règne de la dérision et le déclin du pouvoir politique. "La profession politique ne bénéficie plus du respect qu’on avait pour elle du temps où elle passait pour efficace, c’est-à-dire du temps du plein-emploi, avait-­il confié au Monde (Le Monde2 du 7 mars 2004). Aujourd’hui, on nous insulte, on nous veut pauvre et on nous moque (…) Ce qui fait que ne viendront plus que les ratés de leur profession." Il ne s’y résout pas cependant.

La victoire de Ségolène Royal aux primaires socialistes, en 2006, l’accable. Un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, il tente en vain de la convaincre de se désister… en sa faveur. Puis, quelques jours plus tard, se prononce dans Le Monde pour un accord "Royal/Bayrou", afin de battre Nicolas Sarkozy. 

Le 7 février 2013, Rocard exprime ses réserves sur le projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe, estimant que le PACS "aurait pu suffire".

Sarkozy l'aide à ne pas vieillir
Le 30 juin 2007, à 77 ans, victime d’une hémorragie cérébrale en Inde, il est transporté dans un état grave à l’hôpital de Calcutta. Une fois rétabli, il continue de fumer, boit vin blanc et rouge au déjeuner, dévore des dizaines de livres. Michel Rocard n’ignore pas, cependant, qu’il lui faut peu à peu décrocher. Il démissionne du Parlement européen en janvier 2009, sous les ovations des députés. 
Il s’installe sur les Champs-Elysées, dans un immeuble hausmannien, "non loin de l’Arc de Triomphe", floute Le Monde, en fait les locaux cossus de la Fondation
Terra Nova, un think tank proche du PS. Et… continue à travailler. "Je suis déclaré guéri du cancer depuis un mois. Epargnez-moi vos commisérations, mais j’ai trois mois de retard dans mon travail, donc je bosse", lâche d’emblée l’ancien premier ministre âgé de 85 ans, de retour d'une "croisière dans l’Arctique," selon Le Monde, occultant l'attachement de Rocard à la mission que Sarkozy lui a confié.

Nicolas Sarkozy qui pratique l'ouverture s’est voulu le "DRH" du PS. Il lui confie dès le printemps 2009 une série de responsabilités : un rapport sur la taxe carbone, la co-présidence avec Alain Juppé d’une commission chargée de réfléchir à la mise en œuvre d’un grand emprunt national et le nomme ambassadeur de France chargé des négociations relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Le voici sur la banquise, à 80 ans. 

Michel Rocard ne cachait pas, cependant, que son voyage le plus difficile restait son arrivée dans le grand âge. Lui qui vivait avec sa quatrième épouse dans une maison remplie de chiens et chats et avait encore réuni 300 personnes pour fêter son anniversaire, il constatait : "La vie active s’arrête à 60 ans; on devient caduc à 65 et les gens pensent que l’on sucre les fraises à 70. Il faut s’habituer à être moins attendu, à n’avoir plus d’avenir, quoi !" 

Intellectuellement, pourtant il en aurait remontré à beaucoup. Le 9 octobre 2015, François Hollande avait remis à un Rocard, frêle et souriant, la grand-croix de la Légion d’Honneur. Ces derniers mois, avant que la maladie ne l’affaiblisse trop, chaque fois qu’on allait lui rendre visite, on le trouvait encore au travail, son bureau encombré de livres dont il recommandait volontiers la lecture. Presqu’à chaque fois, on l’a entendu faire cette recommandation, en raccompagnant son visiteur à la porte : "N’oubliez pas : chaque nouveau quart d’heure est tout bénéfice…" 
Michel Rocard en 11 dates23 août 1930 : naissance à Courbevoie (Hauts-de-Seine)1949 : adhère à la SFIO

1958 : adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui devient le Parti socialiste unifié (PSU)1974 : rejoint le Parti socialiste 
1977 : élu maire de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)
La même année, il devient député des Yvelines.  1983-1985 : Ministre de l’Agriculture
1988-1991 : Premier ministre
1993-1994 : premier secrétaire du Parti socialiste 1994-2009: Député européen1969 : candidat du PSU à l’élection présidentielle, où il recueille 3,61 % des suffrages.
2 juillet 2016 : mort à l’âge de 85 ans

mercredi 18 avril 2012

Des politicards transhumants retournent d'où ils viennent

Le troupeau des hommes et femmes de conviction





Les "pomponnettes" de gauche
sont de retour au PS



Martin Hirsch, l'opportuniste

L'ex-Haut commissaire aux Solidarités actives  a annoncé lundi dans Le Monde qu'il voterait  pour le candidat le mieux placé dans les sondages.



Répudié par la gauche aux cris de " Tartuffe ! " ou " Saint Martin ! " sur les bancs du PS à l'Assemblée en 2007, Hirsch n'a jamais bonne presse sur aucun banc



Martin Hirsch  n'a jamais été d'aucune chapelle, ni d'aucun parti politique. 
Il est donc frappant d'entendre le tapage que mène la presse engagée autour de sa déclaration.

A son poste dès mai 2007, cet ancien président d'Emmaüs France  avait eu pour mission de lutter contre la pauvreté:  son  objectif était de réformer le RMI et  demettre en place le nouveau revenu de solidarité active (RSA).


Membre associé du gouvernement d'ouverture, il a déclenché des sentiments extrêmes parmi ses anciens collègues: au pire la colère et le mépris, au mieux la déception et l'amertume. Nicolas Sarkozy a donné le "la": "Aujourd'hui, il fait le choix de François Hollande, c'est son droit", a-t-il déclaré mardi sur France Inter. "Est-ce que c'est le moment ? Est-ce que c'est parfaitement élégant ? C'est un problème qu'il faudra poser à Martin Hirsch."

"L'attitude de Hirsch est frappée d'ingratitude, observe Hubert Falco, le maire de Toulon et ex-secrétaire d'État aux Anciens combattants. Qu'il soutienne Hollande, c'est son droit. Mais il n'avait rien à faire dans un gouvernement de Sarkozy." Falco, qui a toujours eu des relations fraîches avec Hirsch, ajoute: "Il aurait dû avoir la décence de ne rien dire".

Le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez n'est pas surpris. " J'ai toujours été très lucide sur ce que serait le comportement de Hirsch à la première épreuve, confie-t-il. Attendre la veille du premier tour pour faire ce genre de sortie laisse songeur sur son cynisme. " Hirsch est, selon Wauquiez, " un de ces personnages dans la République qui vont toujours où le vent les porte, c'est-à-dire à la soupe ". Il porte " un masque de conviction derrière le visage de l'opportunisme ".
Le ministre du Travail Xavier Bertrand est peu disert. Il s'interroge sur le moment choisi par Hirsch: " Pourquoi en avril et pas en janvier ? ", suggérant la malveillance.

Plus modéré, le président de la Gauche moderne
Jean-Marie Bockel, ex-ministre d'ouverture, critique une démarche  " qui n'est pas très franche et pas cohérente ". " Quand nous étions au gouvernement, raconte-t-il, j'ai demandé plusieurs fois à le voir pour parler politique. Il a toujours refusé. Il m'avait fait comprendre qu'il voulait rester en dehors de toute politique engagée. Avec lui, on avait l'impression d'être pestiféré quand on faisait de la politique ".

Le ministre des Affaires européennes Jean Leonetti, qui fut un des soutiens de Martin Hirsch à l'Assemblée nationale, laisse percer son amertume: " Comme j'ai été déçu ! J'ai pensé l'appeler. Et puis je me suis dit que cela ne servirait à rien ". Pour Leonetti, l'ex-Haut commissaire " a rompu le pacte moral ". " Le président sort à la fois trahi et grandi de cette histoire car c'est bien la preuve qu'il a fait l'ouverture ", analyse le ministre des Affaires européennes.

Même si elle juge " peu élégante " l'attitude de Hirsch, Nathalie Kosciusko-Morizet  n'exprime aucune surprise et dédramatise les commentaires de la presse militante. " Ce n'est pas lui, la France silencieuse. Je ne crois pas que son attitude soit de nature à troubler beaucoup Nicolas Sarkozy ", confie la porte-parole du candidat. Incapable de fidélité, l'individu  avait en effet déjà beaucoup déçu, mêlant indépendance et bassesse.


Mardi, un proche du chef de l'État tira les conclusions de l'épisode Hirsch pour l'avenir.  Au lendemain des élections régionales de 2010,  l'exécutif lui avait en effet trouvé un point de chute à l'Agence du service civique : " Il va falloir revenir à un certain nombre de règles républicaines qui font que les responsables d'organismes publics ne fassent pas état publiquement de leurs choix électoraux."
Nous attendons avec intérêt de connaître le bilan qu'il dresse de son action dans l'entourage du gouvernement, puisqu'il a présenté début juillet 2009 un " Livre vert sur la jeunesse " qui fixait les grands axes du Plan jeunes annoncé  fin septembre 2009... 

Issu d'une lignée de serviteurs de l'Etat, Martin Hirsh n'est pourtant pas un "homme de position" et il s'est rallié en fait au conseil de la communauté d'Emmaüs de Longjumeau, dont il est encore membre dans l'Essonne, qui l'avait enouragé à récupérer le système. " Pour ton confort, il vaudrait mieux ne pas y aller. Pour nous, ce serait mieux que tu plonges et que tu décroches le plus de choses possible ", lui ont dit les défavorisés qui s'emploient dans les maisons de l'abbé Pierre.

Fadela Amara a annoncé mardi qu'elle allait " voter Hollande " au premier tour

Symbole de la politique d’ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy

L'ancienne secrétaire d'État à la Ville du deuxième gouvernement François Fillon (2007-2010) de Nicolas Sarkozy s'en est expliquée dans Libération.
"Je vais voter pour François Hollande. D’abord c’est quelqu’un que je connais bien, qui est, on peut le dire, un ami."

Militant socialiste du PS depuis 1984, le compagon de Fadela Amara, Mohammed Abdi, est cofondateur et ancien secrétaire général  de NPNS: d'origine marocaine, il est, depuis le lancement de la campagne de Marie-sEGOlène Royal, l'un de ses conseillers sur les questions de l'Islam et la politique étrangère, notamment sur les affaires touchant les pays musulmans. Il fut l'un des plus proches conseillers de Fadela Amara après sa nomination comme secrétaire d'État chargée de la politique de la ville.
 
Etait-elle en fait l'infiltrée du PS au gouvernement ?

D'origine algérienne, la fondatrice de l’association Ni Putes ni soumise ne tarit pas d’éloges pour le candidat socialiste. Qui a "beaucoup d’humour" et qui est "un humaniste". Fadela Amara précise son choix : "Compte tenu de la crise et des difficultés que nous traversons, on a besoin justement à la tête de notre pays d'un homme capable de cette humanité, non seulement de l'incarner mais aussi de la transmettre et de transmettre cette dynamique au service de notre pays."

Défections de plusieurs ex-ministres de gouvernements chiraquiens

Des anciens ministres ou secrétaires d’État d'ouverture de gouvernements de droite ont fait savoir par communiqué qu’ils voteraient pour François Hollande au premier tour de la présidentielle.

Jean-Jacques Aillagon n'a pas cherché à provoquer de coup médiatique en faveur de l'opposition, puisqu'il s'est déclaré le mois dernier, manifestant donc plus de dignité que Hirsch.
Proche de Jacques Chirac, il avait été ministre de la Culture et de la Communication en 2002. Lorsqu'il avait quitté le gouvernement en 2004, il avait été nommé président de l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, fonction qu'il exerça jusqu'en septembre 2011.

Mais le cas Brigitte Girardin est plus malsain
Cette dernière, ex-ministre de l’Outre-mer est proche de Dominique de Villepin Elle est présidente du Club Villepin depuis 2009 et secrétaire générale de République Solidaire depuis 2010.
Elle a expliqué son vote contre Nicolas Sarkozy: "Souhaitant mettre fin à une politique qui, pendant cinq ans, a affaibli notre pays, a divisé les Français (…), mon vote personnel se portera sur François Hollande dès le premier tour, sans qu'il s'agisse d'un quelconque ralliement au candidat socialiste".

Les rats quittent le navire Bayrou pour un pédalo

Parmi eux, Azouz Begag (ci-contre à gauche), ancien ministre de Dominique de Villepin, Corinne Lepage (à droite), ministre de l’Environnement du gouvernement Juppé.
Le candidat du MoDem ironise sur les personnalités autrefois marquées  à droite qui rallient le candidat PS.

Corinne Lepage a annoncé le 17 avril  2012 qu'elle crée avec Michel Suchod un nouveau parti le Rassemblement démocrate écologiste et républicain, et appelle à voter pour François Hollande dès le premier tour.
Candidate écologiste à la présidentielle de 1981l'avocate ( des associations écologistes au barreau de Paris qu’à celui de Bruxelles) répond positivement à la proposition d'Alain Juppé de prendre en charge le ministère de l’Environnement en 1995. " Je ne me sens pas une femme de droite, mais je ne renie en aucune manière ma participation aux gouvernements d'Alain Juppé," déclarera-t-elle à la fin de ses fonctions.
En 2000, elle transforme son club de réflexion Cap 21 en mouvement politique, affronte les écologistes anti-libéraux et combat la dictature écologiste incarnée par les altermondialistes d'Europe Ecologie-les Verts.

Pendant sa campagne présidentielle de 2002, elle choisit d'attaquer frontalement les Verts, le Parti écologiste de la Gauche plurielle, à qui elle reproche d'avoir " instrumentalisé l'environnement."
Mais en 2007son  Cap21 est l'un des membres fondateurs du nouveau parti politique de François Bayrou, le MoDem,  et en 2012, elle fait allégeance à Hollande, pourtant allié de Gro-Eva Joly, candidate des Verts d'Europe Ecologie !...

Comment l'opposition fait-elle pour classer Azouz Begag à droite ?

Mais si Begag a été ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances (2005-2007) dans le gouvernement Dominique de Villepin, fonction qu'il quitte afin de prendre une part active dans la campagne présidentielle de François Bayrou.

Les périgrinations de Begag sont moins simples que la presse inféodée au PS le voudrait, car Hollande devra composer avec les déclarations de son rallié de la dernière heure qui déclara en  décembre 2009: " Dans 10 ans, on sera entourés de Chinois, alors il faudra que l’on se serre les coudes, les Français, les Arabes et les Africains, afin de protéger notre identité."

Le 19 novembre 2010, Azouz Begag, qui avoua qu'il aimerait avoir plusieurs femmes, regretta aussi  qu'il y ait trop de femmes parmi les ministres issus de la diversité: " Au sein de la population arabo-musulmane de France, cette féminisation exclusive de l'intégration des minorités passe mal. Elle a un goût amer de provocation. Elle symbolise aux yeux de beaucoup une émasculation, une volonté de créer une image qui vous paralyse, qui vous fait honte de ce que vous êtes, tellement elle est mauvaise (...). Cette féminisation de l'élite politique issue de la diversité a accru le sentiment d'éviction des jeunes Arabes, alors que depuis trois décennies ce sont eux qui subissent la plus grosse charge des vexations, des humiliations et des violences sociales et économiques." Et il se dit athée et intégré...

Et Begag annonça  sa candidature comme " divers gauche " lors de l'élection législative de 1997 (2e circonscription du Rhône) et se retrouve aussitôt accusé, par la gauche locale, d’être un " sous-marin de la droite ", mais en 1999, le Parti communiste lui proposa d’être candidat sur sa liste aux élections européennes... 
En novembre 2006, il déclare à propos de  l'élection présidentielle française: " Je voterais Dominique de Villepin, même s'il ne se présentait pas ".

En 2007, Azouz Begag participe à la campagne présidentielle de François Bayrou.
À l'issue du premier tour, le 24 avril, il déclare sur RMC : " Je sais pour qui je ne voterai pas. Je ne voterai pas, je ne voterai jamais pour Nicolas Sarkozy, c'est clair ". Interrogé sur son vote éventuel pour une femme,  Marie-Ségolène Royal, le 6 mai 2007, il répond : " Franchement, c'est un truc secret.  " 

Pour les municipales de Lyon,  Begag ne bénéficie ni du soutien de l UDF-MoDem du Rhône, ni de celui de François Bayrou, tous deux n'appréciant guère son caractère "incontrôlable". Begag soutient alors officiellement le socialiste Gérard Collomb...

Hollande bénéficie-t-il de ralliements dont il puisse vraiment se flatter ?

Bayrou dénigre à la fois Hollande-Sarkozy au second tour


François Bayrou,  candidat du MoDem, affirme  que "le remplacement de l’UMP par le PS ne changera pas profondément la vie du pays". Car selon lui, les deux grands partis ont fait la même politique, notamment sur le plan des comptes publics.

François Bayrou parle de "transhumance" vers la gauche

A propos des derniers ralliements en faveur de F. Hollande il ironise  "Ceux qui avaient fait le chemin pour aller de la gauche à la droite font le maintenant le chemin pour aller de la droite à la gauche […] ce n’est pas avec des caractères comme cela qu’on peut changer la situation du pays […] on ne peut pas bâtir l’avenir avec des gens qui sont un moment ici, un moment là".

Bayrou prépare son refus de vote utile

François Bayrou précise sa pensée après avoir prôné la reconnaissance du vote blanc en meeting. "Quand je parle de reconnaissance du vote blanc, je ne parle évidemment pas du deuxième tour de l’élection présidentielle […] je parle de la démarche citoyenne de l’électeur qui va voter et qui a, pour moi, le droit de dire 'les candidats que vous nous présentez ne sont pas ceux que je considère comme nécessaires pour l’avenir' [...] je suis pour qu’on reconnaisse ce vote blanc".

L’après 6 mai

Le patron du MoDem évoque enfin son avenir politique. "Quelles que soient les responsabilités qui seront les miennes, je considère comme vital pour le pays qu’un grand courant se reforme […] au centre de la vie politique française, ne serait-ce que pour qu’on puisse suivre un cap clair et écarter le danger des extrêmes".
Le danger de l'extrêmisme incarné par une alliance de gouvernement de Hollande avec le PCF, dissimulé sous les traits de Mélenchon, et des trotskistes de Besancenot-Poutou ?

Dans ses gouvernements d'ouverture, Michel Rocard (PS) n'avait pas eu à regretter la confiance qu'il avait accordée à ses ministres de droite  Michel Durafour (UDF-Rad) ou Jacques Pelletier (UDF-Rad), puis Lionel Stoléru ou Jean-Pierre Soisson.
Jean-Pierre Jouyet a repris ses distances, mais Eric Besson, Bernard Kouchner ou Jean-Marie Bockel, Frédéric Mitterrand et Michel Mercier, qui ont participé aux gouvernements Fillon, sont restés fidèles, sans compter Jean-Louis Borloo.

jeudi 26 mai 2011

Qui sont ces 10% de fraudeurs aux allocations familiales ?

La République politiquement correcte interdit de dévoiler l'identité des fraudeurs

La presse est généreuse avec l'argent de l'administration, mais fait peu cas de l'apport du contribuable

Son indulgence ne laisse de surprendre en temps de crise et d'efforts de résorption de la dette publique:
à l'heure de l'interdiction des statistiques éthniques, on peut même penser qu'elle entretient une embarrassante suspicion.
En effet, le coût réel des 10% de fraudes détectées en 2010 pèse moins sur la CAF que sur les nantis - d'un emploi - et davantage sur les allocataires exclus des prestations familiales, au profit des fraudeurs, en grande détresse sociale supposée, et dont la gauche démagogue fait son fonds de commerce. Le fisc sait où trouver les uns, mais la République généreuse peine à retrouver les autres et tient ces exploiteurs de la solidarité sociale dans un intolérable anonymat discriminatoire, paré des vertus probables du droit à la dignité, voire d'un humanisme dévoyé à toutes les sauces, si toutefois il ne s'agit pas de culpabilité post-coloniale.

Les 100 millions d'euros détournés de l'administration, c'est de la misère en plus pour la collectivité.

Tandis qu'en publiant un rapport de la Caisse nationale d'allocations familiales Le Parisien/Aujourd'hui en France estime que la fraude "reste toutefois faible", l'opposition responsable, que le dicton social (favori des anarcho-syndicalistes révolutionnaires) "qui sème la misère récolte la colère" arrange, assure les fraudeurs de sa compassion politicienne.

Les fraudes aux allocations familiales continuent de progresser
En 2010, 13.114 cas de fraudes ont été recensés contre 11.733 l'année précédente, soit une progression de 10%, selon Le Parisien/Aujourd'hui en France sur la foi d'un rapport de la Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF). La progression atteint 5,3% en termes de masse financière, selon ce document qui a été présenté mardi aux administrateurs de la CNAF. Mais si le nombre de fraudes continue à croître, il progresse à un rythme moindre : en 2007, la hausse avait atteint 73%. Le taux actuel n'est pas communiqué...

En 2009, 96,16% des sommes auraient été versées à bon droit, mais environ 200.000 allocataires seraient auteurs d'une fraude, selon le rapport cité par le quotidien.


Et parmi les aides versées, le Revenu minimum d'insertion (remplacé depuis 2009 par le Revenu de solidarité active), l'allocation de parent isolé et l'allocation de soutien de famille sont les prestations qui font l'objet du plus grand nombre de fraudes. Au total, 563 amendes pénales et 362 peines de prison ont été prononcées pour ces fraudes. Impressionnant, non ?

La lutte contre les fraudes s'intensifie

Toutefois, les pertes réelles issues de ces fraudes sont minimes dans la mesure où près de 90% des sommes seraient ensuite récupérées.
Si on ne veut pas tenir compte des frais de personnel nécessaires aux contrôle et au recouvrement. Le quotidien souligne ainsi que moins de 100 millions d'euros sont effectivement perdus par les administrations. Et les administrations, c'est qui ?
Il faut toutefois y ajouter le coût de la lutte contre la fraude puisque plus d'un millier d'agents sont mobilisés pour remplir cette tâche soit un coût de gestion de la fraude de l'ordre de 32,3 millions.

Et la hausse du nombre de fraudes repérées s'explique notamment par une intensification de cette lutte. En 2010, 41,7% des informations fournis par les allocataires ont été contrôlées contre seulement 35% en 2007. Le président de la CNAF, Jean-Louis Deroussen, note en outre que « globalement les contrôles sont très efficaces ». Mais insuffisants et peu dissuasifs.

Autre élément : près d'un tiers des contrôles fait suite à des dénonciations.
Parmi les contribuables solidaires, la colère monte.



samedi 10 avril 2010

Alain Marleix perce à jour les Conseils généraux rebelles

Avec Jean-Michel Aphatie, il fait la part de choses
Leurs budgets départementaux angoissent
Bartolone et Montebourg

Le Conseil Général de Seine-Saint-Denis dirigé par le socialiste Claude Bartolone, s'est placé dans l'illégalité en votant un budget en déficit. Lire PaSiDupes
Selon Claude Bartolone, l'Etat lui doit 75 millions d'euros au titre du transfert des charges qu'il opère depuis plusieurs années en direction des départements. S'il ne transfère pas les finances correspondantes, c'est le cas depuis « plusieurs années » et les difficultés d'adaptation de certains conseils généraux ne sont pas seules en cause.

Certains départements s'inquiètent avec plus ou moins de raisons
, qui ne sont pas toutes imputables aux difficultés d'ajustement des transferts de moyens financiers. Ce sont sept départements, dont deux modérés (la Haute Loire et la Meuse) qui se sont d'ailleurs un peu rétractés, et cinq dont les présidents socialistes (Claude Bartolone et Arnaud Montebourg), connus pour leur recherche de la polémique.
majorité
Haute-Loire: Gérard Roche (DVD)
Meuse: Christian Namy UMP)
opposition
Côtes d'Armor: Claudy Lebreton (PS)
Meurthe-et-Moselle: Michel Dinet (PS)
Territoire de Belfort: Yves Ackermann (PS)
Saône-et-Loire: Arnaud Montebourg (PS)
Val-de-Marne: Christian Favier (PCF)

Les causes réelles du malaise
D'abord, parmi les dépenses de transfert, c'est le fort dynamisme des dépenses sociales qui justifient cette situation, notamment les dépenses d'allocation personnalisée, l'APAC n'a en effet cessé d'augmenter depuis qu'elle a été instaurée par Lionel Jospin, au 1er janvier 2002. L'allocation personnalisée d'autonomie (APA) est une mesure sociale en faveur des personnes âgées et dépendantes.
Deuxièmement, les mutations fiscales ont engendré une perte de ressources, en particulier au niveau de ce que l'on appelle le Droit de Mutation à Titre Onéreux (DMTO). Pourtant, UFC-Que Choisir écrivait le 22 janvier 2008 (lien): « L'étude de l'évolution, depuis 2000, des montants des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) en France, que rend publique aujourd'hui l'UFC-Que Choisir, démontre que ces taxes, indexées sur le prix en très forte croissance de l'immobilier, sont devenues pour les consommateurs un frein à l'accès au logement et une cagnotte immobilière colossale pour les collectivités qui les perçoivent. »

Le 9 mars 2009, Bartolone allait devant le Conseil d’Etat, la juridiction administrative suprême. En juillet, Montebourg lui emboîtait le pas. En décembre, le Conseil tranchait en faveur des deux socialistes. Le gouvernement avait l’obligation de créer le fameux fonds, et devait rembourser 100.000 euros à la Saône-et-Loire. Le volumineux Montebourg avait sollicité un huissier pour aller chercher son dû !

Quid de la saisine du Conseil Constitutionnel ?
Denis Cordonnier, vice-président UMP chargé des finances du Conseil général de la Meuse. "Ce n'est pas exclu mais ce serait une décision ultime", déclare -t-il, en admettant être "poussé" par les élus de gauche de son Conseil Général.

Et si on parlait aussi des emprunts toxiques

Alain Marleix cite une cause non négligeable, que Cl. Bartolone évacue volontiers: les emprunts toxiques. « On a beaucoup parlé des emprunts toxiques. Effectivement, la Seine-Saint-Denis que dirige M. Bartolone est un département qui a été particulièrement hasardeux dans la gestion ... »

Fin octobre 2009
, Bartolone-le-hasardeux s'en prenait déjà aux banques.
L'aventurier ne reconnaissait pas sa prise de risques. Il mettait en demeure cinq banques auprès desquelles son département a contracté des emprunts « toxiques » de revoir ces contrats, faute de quoi il porterait l’affaire en justice.
Selon lui, la Seine-Saint-Denis a déjà perdu 200 millions d’euros avec les produits financiers structurés à risques (emprunts « toxiques »).
« Il y a eu de la part de ces banques un jeu qui n’est pas acceptable », a-t-il encore affirmé. « Il faut que le gouvernement comprenne ma détermination et celle des collectivités locales. Je déposerai s’il le faut un amendement pour que la loi puisse être améliorée sur le sujet. Pour le reste, il faut que la justice puisse dire ce qu’elle pense de ces emprunts toxiques », a conclu le fort peu avisé président socialiste de Seine-Saint-Denis.

Combien de villes ou de départements ont-ils goûté aux charmes des prêts, ou emprunts, dits «toxiques» ? Tous ne le crient pas sur les toits. Ce sont Tulle (Bernard Combes, PS), Saint-Etienne (Maurice Vincent, PS), ou Laval (Guillaume Garot, député-maire, président de la communauté d'agglomération et 'escort boy' de Sa Cynique Majesté Royal, PS)… Lire PaSiDupes
Mauvaise foi
C'est en toute connaissance de cause que la communauté urbaine de Lille a également contracté des prêts aux taux variables. Comment Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU) aurait-elle pu ignorer que ces emprunts sont indexés sur des indices, des valeurs très volatiles, des valeurs à risques.
=> Dans un rapport rendu en février 2009, la Cour des comptes estime d'ailleurs que les choix de contracter des emprunts structurés s’apparentent à “une démarche spéculative et, de ce fait, sont critiquables”.
Or, depuis avril 2008, la maire de Lille (depuis 2001), premier secrétaire du PS (novembre 2008), Martine Aubry assure la présidence de l'intercommunalité
(LMCU). Elle en fut même vice-présidente à partir de 2001. Elle fut aussi ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle des gouvernements Cresson et Bérégovoy (1991-93), puis ministre de l'Emploi et de la Solidarité de
Jospin (1997-2000)... ce qui suppose une certaine compétence, a priori.

=>
Quelques jours après l’incendie d’un bus au Tremblay-en-France, dans un département pauvre et socialement sinistré, Bartolone parie sur une solidarité de sa population, contre le pouvoir.

A. Marleix: l'Etat compense les charges qu'il transfère mieux qu'on le dit

L'Etat compense fortement
" Je voudrais d'abord rappeler pour citer le problème que contrairement à ce qui se raconte, malgré la crise, le budget des collectivités territoriales et des dotations de l'Etat continue parallèlement d'augmenter. Les dépenses des départements, c'est 62 milliards d'euros dont 29 milliards pour le social. Et les lois de financement de la Sécurité Sociale pour 2010, c'est-à-dire avec l'aide de l'Etat, les caisses, c'est 400 milliards d'euros."

S'agit-il seulement d'une affaire de budget ?

Le PS fait état d'un rapport commandé par l’ADF...
Le professeur de droit Dominique Rousseau estime que l’Etat s’engagerait insuffisamment sur le financement des trois prestations nationales gérées par les départements : RMI-RSA, APA et PCH (prestation de compensation du handicap ).
Or, l'ADF (Assemblée des départements de France) est présidée depuis 2004 par le socialiste Claudy Lebreton, président du Conseil général des Côtes-d'Armor et le 1er vice-président, Michel Dinet, est président socialiste du Conseil général de Meurthe-et-Moselle .

Une nouvelle lézarde dans le sarkozysme ?
La Meuse et la Haute-Loire, deux départements de droite, sont les fiefs respectifs du patron des sénateurs UMP Gérard Longuet, et du secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez. " Ce n’est pas une affaire politicienne, jure Christian Namy, président du Conseil général de la Meuse" (Parti radical valoisien). .