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samedi 2 juillet 2016

Mort de Michel Rocard, laissant la "deuxième gauche" orpheline

Poil à gratter de Mitterrand, Michel Rocard, son ancien premier ministre, est mort

Rocard avait rêvé de moderniser un Parti socialiste déjà "rétrograde"

Mort le samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans, il laisse aujourd'hui, au Parti socialiste, dans les ministères, dans les think tank de la gauche qui rêvent de la refonder, quantité de ses disciples, nourris par cette "deuxième gauche" sociale-démocrate, réaliste et redistributrice qu’il avait fini par incarner.

Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, fut un homme politique paradoxal et compliqué. Longtemps l’homme politique le plus populaire de France, il était spontané voire impulsif, sincère voire naïf, maladroit mais volontiers calculateur; apôtre d’un "parler vrai " parfois dévastateur, mais capable de manier sans broncher la langue "de madrier", selon l’expression d’un de ses anciens conseillers; orateur parfois obscur, mais, en dehors des tribunes, d’un abord simple et direct. 
Et surtout obsédé par l’idée d’être écouté, reconnu, respecté. Ce dernier trait de sa personnalité ne peut pas être dissocié des relations difficiles, mélange d’admiration et de frustration, qu’il avait avec son père. Yves Rocard était un scientifique de haut niveau. Quand, à 17 ans, Michel décida de faire Sciences-Po, il cessa d’être pris au sérieux par son père et il tenta toute sa vie, parfois inconsciemment, de reconquérir son estime. Yves était conservateur. Le jeune Michel fut progressiste, mais intégra l’influence paternelle, en étant très vite proche d’un socialisme humaniste, plus que du marxisme. 

Le parcours de Michel Rocard, meilleur ennemi de Mitterrand

Michel Rocard s’engage dans la mouvance de la SFIO (ancêtre du PS) dès 1949

et devient six ans plus tard secrétaire national de l’Association des étudiants socialistes. Déjà la SFIO bat de l’aile, empêtrée dans les compromissions de la IVe République et les mensonges de la guerre d’Algérie. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris – où il milite à l’UNEF et combat un dénommé… Jean-Marie Le Pen –, Michel Rocard sort de l’Ecole nationale d’administration dans la promotion 'Dix-huit juin', en 1958. 
Il intègre alors l’inspection des finances. La même année, il quitte la SFIO, découragé, comme tant d’autres, par la politique de Guy Mollet. C’est là qu’il participe à l’organisation d’un parti de gauche, le Parti socialiste autonome (PSA), dont le titre de gloire principal est d’avoir refusé d’accueillir dans ses rangs… François Mitterrand. 
Le petit parti deviendra le PSU en 1960. L’histoire de Michel Rocard se confond alors avec celle de toute une génération qui, transitant au PSU, à l’UNEF ou ailleurs, lutte contre la guerre d’Algérie. Après la fin du conflit, Michel Rocard, qui a pris un pseudonyme, Georges Servet, pour que ses activités militantes soient compatibles avec son statut de haut fonctionnaire, commence, déjà, à se ranger dans une gauche "moderniste". 
Dès 1966 lors d’un meeting à Grenoble, 'Georges Servet' affirme à la tribune, que "la visée à long terme du socialisme n’est pas nécessairement la nationalisation". La déclaration rompt avec la culture dominante dans la gauche de l’époque. Pour la première fois, le pseudo de Michel Rocard apparaît dans un titre du journal Le Monde.

Une longue incompréhension réciproque avec Mitterrand 
Michel Rocard et François Mitterrand, eux, ne se connaissent encore que de réputation. Ils se rencontrent lors des négociations pour les législatives de 1967 (Rocard est lui-même candidat sans succès, dans les Yvelines). C’est le début d’une longue incompréhension entre le terrien de province amoureux des arbres et l’urbain qui sera maire de Conflans-Sainte-Honorine (1974) mais qui trouvera longtemps l’évasion sur un bateau à voile, au large de la Bretagne. 
Michel Rocard prend la tête du PSU en juin 1967. Ce petit parti, débordant de militants brillants, devait réveiller et rénover la gauche. Il sera, selon son expression, un "laboratoire terrifiant" où l’on s’épuise dans des débats stériles et sans fin. Après avoir mis le général de Gaulle en ballottage en 1965, Mitterrand est l’homme qui monte à gauche. Mais Michel Rocard ne veut toujours pas travailler avec lui.

Arrive Mai 68. Rocard est au premier rang des manifestations avec les dirigeants gauchistes, alors que Mitterrand et ses amis courent derrière le mouvement, sans le rattraper. Pour Michel Rocard, c’est une victoire fatale : après Mai, il s’enferre avec le PSU dans un gauchisme débridé. 
Pourtant, 1969 marque aussi la véritable découverte de son personnage par le grand public. Candidat du PSU à la présidentielle provoquée par le départ anticipé du général de Gaulle, Michel Rocard fait 3,66 % des voix. C’est peu, mais la SFIO dépasse à peine 5 %. Le PSU continue pourtant son existence groupusculaire. 

Au congrès d’Epinay de juin 1971, lorsque François Mitterrand lance le PS dans l’aventure de l’union de la gauche, Rocard n'adhère pas à cette nouvelle stratégie. Il perd son mandat de député et attend 1974 pour soutenir la candidature de Mitterrand à la présidentielle et rejoindre le PS. Venu de l’extrême gauche, il passe directement à la 'droite' du PS en incarnant désormais une "deuxième gauche", souvent d’origine chrétienne, plus décentralisatrice, préférant la recherche du consensus à l’affrontement, l’autonomie de la "société civile" au tout Etat. En septembre 1975, Michel Rocard entre au secrétariat national du PS. En 1977, il est élu maire de Conflans-Sainte-Honorine.

Au congrès de Nantes, la même année, il prononce un discours resté célèbre, sur les "deux cultures" qui structurent la gauche. 
La rupture entre socialistes et communistes fait perdre à la gauche les législatives de 1978. Michel Rocard, lui, récupère son fauteuil de député des Yvelines. Mais au soir du second tour, à la télévision, il exprime en quelques mots, la déception et l’amertume de la gauche, et aussi sa foi dans l’avenir. La déclaration respire la spontanéité. En fait, elle a été répétée à l’avance et Rocard, à partir de là, conservera longtemps la faveur des media et des sondages. 

En 1979, au congrès de Metz, allié à Pierre Mauroy, il passe dans l’opposition à François Mitterrand. 
Le premier secrétaire (Mitterrand) et ses alliés prônent la "rupture avec le capitalisme", Michel Rocard n’y croit pas. En 1980, il décide de s’appuyer sur sa popularité et de presser le mouvement. Le 19 octobre, depuis sa mairie de Conflans, il annonce sa candidature, mais seulement si Mitterrand n’est pas lui-même candidat. Sa déclaration est malhabile, mal filmée. Lorsque, le 8 novembre, François Mitterrand se déclare, Rocard, mortifié, ne peut que se retirer. 

Rocard, premier ministre de l'"ouverture"
Avril 1985. Après la victoire de 1981 et un passage au ministère du Plan, Michel Rocard est à l’Agriculture. Le 3 avril, le scrutin proportionnel est adopté pour les législatives de 1986. Dans la nuit du 3 au 4, il présente sa démission. Il justifie sa décision par son opposition à ce mode de scrutin qui va amener pour la première fois le Front National à l’Assemblée. Il a aussi l’échéance de 1988 en tête. 
En mars 1988, François Mitterrand, annonce sa candidature à sa propre succession, sonnant la fin de la "récréation Rocard". Une fois réélu, pourtant, Mitterrand envoie à Matignon celui des socialistes qu’il juge le plus "en situation ", quoi qu’il en pense sur le fond. Michel Rocard est le premier ministre de l’" ouverture". Ses gouvernements intègrent des membres de la société civile, voire quelques transfuges de l’opposition. Pendant la campagne, François Mitterrand a affirmé qu’il n’est "pas sain" qu’un seul parti ait la majorité. Les électeurs l’ont si bien suivi que Michel Rocard ne dispose à l’Assemblée nationale que d’une majorité relative, qui le conduit à un jeu de bascule permanent, pour s’appuyer soit sur le PC, soit sur une partie des centristes.
Dans des conditions très inconfortables, le premier ministre, entravé par François Mitterrand, mène pourtant à bien un certain nombre de réformes, parfois tambour battant comme pour la création du Revenu minimum d’insertion (RMI) qui entrera en vigueur dès le 1er décembre 1988. Il ramène la paix civile en Nouvelle-Calédonie et institue la Contribution sociale généralisée (CSG)… 
A  son cabinet, le jeune Manuel Valls entame son parcours politique et il se placera désormais dans le sillage de Rocard qui l'emploiera comme conseiller en charge des affaires étudiantes. Aujourd'hui premier ministre, Manuel Valls a nommé conseiller en charge du pôle énergie, transport, environnement, logement, auprès de lui à Matignon, un polytechnicien de 40 ans en 2014,  Loïc Rocard). 

"Nous ne pouvons héberger toute la misère du monde"

"La France doit rester une terre d'asile politique...mais pas plus", ajouta-t-il. La gauche nie (Kouchner, pour qui, en avril 2015, les "salauds" sont les autres) ou instrumentalise (Sapin) - en fonction des besoins de l'actualité - que Michel Rocard a prononcé cette sentence le 3 décembre 1989, au Soir 3:

VOIR et ENTENDRE donc l'archive que conserve l'INA à disposition des manipulateurs :

Le temps creuse le fossé entre le président et son premier ministre. La première guerre du Golfe lui donne un sursis. Mais le 15 mai 1991, un mercredi, Michel Rocard se retrouve congédié en quelques minutes. 

Les illusions perdues
Les échecs de ses successeurs, Edith Cresson, puis Pierre Beregovoy le laissent espérer que son destin politique n’est pas encore joué. En avril 1993, Rocard réclame un "big bang" du PS, dont il devient premier secrétaire après le désastre des législatives. Le 29 mai 1994, il annonce que "rien", cette fois, ne l’empêchera d’être candidat à la présidentielle de 1995, où on sait que François Mitterrand ne se représentera pas. 
Mais aux Européennes de juin, alors que le président de la République a laissé Bernard Tapie conduire une liste radicale de gauche, le PS, dont les candidats sont menés par le premier secrétaire, s’effondre à 14,5 % des suffrages. Michel Rocard est débarqué, sans ménagement. C’est la fin de ses espérances. Il abandonne à l’automne la mairie de Conflans, après presque de vingt ans de mandat. Il ne sera jamais président de la République. 

Le monde a changé malgré lui. 
Il n’aime pas l’évolution des media, le règne de la dérision et le déclin du pouvoir politique. "La profession politique ne bénéficie plus du respect qu’on avait pour elle du temps où elle passait pour efficace, c’est-à-dire du temps du plein-emploi, avait-­il confié au Monde (Le Monde2 du 7 mars 2004). Aujourd’hui, on nous insulte, on nous veut pauvre et on nous moque (…) Ce qui fait que ne viendront plus que les ratés de leur profession." Il ne s’y résout pas cependant.

La victoire de Ségolène Royal aux primaires socialistes, en 2006, l’accable. Un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, il tente en vain de la convaincre de se désister… en sa faveur. Puis, quelques jours plus tard, se prononce dans Le Monde pour un accord "Royal/Bayrou", afin de battre Nicolas Sarkozy. 

Le 7 février 2013, Rocard exprime ses réserves sur le projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe, estimant que le PACS "aurait pu suffire".

Sarkozy l'aide à ne pas vieillir
Le 30 juin 2007, à 77 ans, victime d’une hémorragie cérébrale en Inde, il est transporté dans un état grave à l’hôpital de Calcutta. Une fois rétabli, il continue de fumer, boit vin blanc et rouge au déjeuner, dévore des dizaines de livres. Michel Rocard n’ignore pas, cependant, qu’il lui faut peu à peu décrocher. Il démissionne du Parlement européen en janvier 2009, sous les ovations des députés. 
Il s’installe sur les Champs-Elysées, dans un immeuble hausmannien, "non loin de l’Arc de Triomphe", floute Le Monde, en fait les locaux cossus de la Fondation
Terra Nova, un think tank proche du PS. Et… continue à travailler. "Je suis déclaré guéri du cancer depuis un mois. Epargnez-moi vos commisérations, mais j’ai trois mois de retard dans mon travail, donc je bosse", lâche d’emblée l’ancien premier ministre âgé de 85 ans, de retour d'une "croisière dans l’Arctique," selon Le Monde, occultant l'attachement de Rocard à la mission que Sarkozy lui a confié.

Nicolas Sarkozy qui pratique l'ouverture s’est voulu le "DRH" du PS. Il lui confie dès le printemps 2009 une série de responsabilités : un rapport sur la taxe carbone, la co-présidence avec Alain Juppé d’une commission chargée de réfléchir à la mise en œuvre d’un grand emprunt national et le nomme ambassadeur de France chargé des négociations relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Le voici sur la banquise, à 80 ans. 

Michel Rocard ne cachait pas, cependant, que son voyage le plus difficile restait son arrivée dans le grand âge. Lui qui vivait avec sa quatrième épouse dans une maison remplie de chiens et chats et avait encore réuni 300 personnes pour fêter son anniversaire, il constatait : "La vie active s’arrête à 60 ans; on devient caduc à 65 et les gens pensent que l’on sucre les fraises à 70. Il faut s’habituer à être moins attendu, à n’avoir plus d’avenir, quoi !" 

Intellectuellement, pourtant il en aurait remontré à beaucoup. Le 9 octobre 2015, François Hollande avait remis à un Rocard, frêle et souriant, la grand-croix de la Légion d’Honneur. Ces derniers mois, avant que la maladie ne l’affaiblisse trop, chaque fois qu’on allait lui rendre visite, on le trouvait encore au travail, son bureau encombré de livres dont il recommandait volontiers la lecture. Presqu’à chaque fois, on l’a entendu faire cette recommandation, en raccompagnant son visiteur à la porte : "N’oubliez pas : chaque nouveau quart d’heure est tout bénéfice…" 
Michel Rocard en 11 dates23 août 1930 : naissance à Courbevoie (Hauts-de-Seine)1949 : adhère à la SFIO

1958 : adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui devient le Parti socialiste unifié (PSU)1974 : rejoint le Parti socialiste 
1977 : élu maire de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)
La même année, il devient député des Yvelines.  1983-1985 : Ministre de l’Agriculture
1988-1991 : Premier ministre
1993-1994 : premier secrétaire du Parti socialiste 1994-2009: Député européen1969 : candidat du PSU à l’élection présidentielle, où il recueille 3,61 % des suffrages.
2 juillet 2016 : mort à l’âge de 85 ans

jeudi 19 mai 2016

Agression de policiers en voiture incendiée à Paris: 5 antifascistes récidivistes interpellés

L'un des  "antifa" contre la police, relâché par la juge administrative...
Ils seraient tous majeurs, appartenant au groupe d'âge 19 et 21 ans. Une cinquième personne a été interpellée après l'attaque de policiers dans l'exercice de leurs fonctions et l'incendie d'une voiture de police, dans laquelle circulaient deux fonctionnaires, mercredi à Paris par des manifestants "anti-police", quand on ne veut pas dire "anti-fascistes". Ces révolutionnaires du genre primaire et frustre assimilent grossièrement police, loi Travail, article 49.3 et fascisme !

Des sources policière et judiciaire avaient d'abord annoncé le placement en garde à vue de trois hommes. Bernard Cazeneuve s'exprimait devant la presse dans la soirée, après avoir rendu visite à l'hôpital à l'un des deux policiers agressés, frappé et "contusionné."
D'autres interpellations "interviendront", avait précisé le ministre de l'Intérieur.

Trois des agresseurs étaient interdits de manifestation...

Trois des hommes concernés avaient "fait l'objet de la part de la préfecture de police de Paris d'une interdiction de paraître dans les manifestations," a précisé Cazeneuve. L'un de ces trois arrêtés avait été "cassé par le tribunal administratif", a ajouté une source policière. 

"Grand soleil du XXIe siècle” place Beauvau, Bernard Cazeneuve avait comptabilisé mardi 53 arrêtés préfectoraux  signés, dont 41 à Paris, pour interdire de manifestation contre la loi travail des personnes soupçonnées d'être des fauteurs de troubles. 
Certains de ces arrêtés avaient été suspendus par la justice administrative. "J'ai demandé au préfet de reprendre les interdictions de paraître pour une liste d'individus" dont les actions relèvent "de la barbarie", a ajouté le ministre de l'Intérieur.
Les deux policiers reviennent de loin
Jeudi sur RTL, Manuel Valls a pronocé les phrases attendues, saluant "le courage" et "le sang-froid" des deux policiers, qui sont "en bonne santé" mais "choqués". Il a ajouté vouloir des "sanctions implacables" contre ceux "qui veulent se payer un flic". En revanche, et selon lui, les syndicats "doivent s'interroger sur la pertinence" de certaines manifestations, attribuant implicitement aux responsables syndicaux la responsabilité des violences meurtrières des 'antifa'.

Mercredi, à la mi-journée place de la République, des policiers manifestaient leur ras-le-bol de la "haine anti-flics" des "antifa" présentés par la presse comme des "casseurs" ordinaires, une contre-manifestation interdite s'est tenue au même endroit contre les "violences policières". Aux cris de "Flics, porcs, assassins" ou "Tout le monde déteste la police", les contre-manifestants ont été repoussés par un imposant dispositif de sécurité.

Gérard Larcher, Bruno  Le Maire et Marine Le Pen apportent leur soutien aux policiers

Marine Le Pen, présidente du FN, a assuré les forces de police de son soutien dans un communiqué: "Nos forces de l'ordre exercent avec courage des missions de plus en plus difficiles dans des conditions matérielles déplorables. Elles doivent faire face en première ligne au terrorisme et à l'explosion de la criminalité qui frappent notre pays. Récemment prise pour cible par une campagne de dénigrement absolument honteuse et irresponsable orchestrée par le syndicat Info'com de la CGT, notre police a tout au contraire besoin de se sentir portée par le soutien de la population et de l'ensemble des acteurs publics dans cette période de désordre généralisé (...)".

Gérard Larcher, LR, président du Sénat a également déclaré son soutien via Twitter.

Bruno Le Maire, député LR et candidat à la primaire s'est aussi exprimé,
sur Facebook: "La violence et le harcèlement verbal sont devenus le quotidien de nos forces de l'ordre depuis plusieurs semaines. Dans un contexte particulièrement tendu, elles réagissent avec un professionnalisme et un sang-froid qui forcent notre admiration à tous. Je veux leur dire mon respect. Je veux leur dire mon soutien."

Valls réclame des "sanctions implacables"

Vaine pression sur la justice: des mots, encore des mots !
Le Premier ministre, Manuel Valls, s'est adressé à la galerie en souhaitant, pour la forme, des sanctions "implacables" contre ceux qui "veulent se payer un flic", comme il l'a dit jeudi, au lendemain de l'attaque -en plein Paris- de policiers gazés avec des fumigènes, avant l'incendie de leur véhicule de police, par des "casseurs", comme continue de dire la presse, pour désigner des révolutionnaires d'extrême gauche hyper-violents.

Le groupe Action antifasciste Paris-Banlieue, créée en 2012 et constitué d'"antifa radicaux", autonomes et sectaires, organisés en structure horizontale et par un système de parrainage, compterait le plus de militants 'antifa' à Paris, avec beaucoup d’anciens de la tribune Auteuil du Parc des Princes.
Ciblant la lutte anticapitaliste contre l'État libéral et l'extrême droite, ce groupe a été révélé au grand public par l'affaire Clément Méric et le réservoir de Sivens, en juin 2013, et agit en coordination étroite avec le Collectif antifasciste Paris Banlieue.
Le chef du gouvernement a par ailleurs confirmé sur RTL que de nouvelles listes de personnes interdites de se rendre à des manifestations contre le projet de loi travail seraient déposées par les autorités, bien que la justice administrative ait cassé une décision similaire.
Or, ce nouvel épisode dans les violences des 'skins' et 'antifa' dépasse de loin le phénomène "casseurs" de droit commun auquel la presse a la consigne de s'attacher: 
"Pendant toutes les années du mitterrandisme nous n'avons jamais été face à une menace fasciste donc tout antifascisme n'était que du théâtre," (Lionel Jospin, 29 octobre 2007)
Manuel Valls participe à cette comédie communiste de l'antifascisme.
François Furet, ancien militant du PCF stalinien, écrit que les mouvements communistes ont nourri une assimilation volontaire et erronée entre fascisme et anticommunisme.  
Ce "terrorisme intellectuel" a bloqué toute analyse critique du communisme, car elle reviendrait à défendre le fascisme. François Furet applique  au stalinisme l'instrumentalisation manichéenne de l'antifascisme. 
Dans Le Livre noir du communisme, l'historien Stéphane Courtois écrit: " L'antifascisme est devenu, pour le communisme, un label définitif et il lui a été facile, au nom de l'antifascisme, de faire taire les récalcitrants. […] Furent ainsi prestement escamotés les épisodes gênants au regard des valeurs démocratiques, comme les pactes germano-soviétiques de 1939 ou le massacre de Katyn."

"
La ligne politique "antifasciste" comme programme politique [...] remonte [...] à mai 1934", à la suite du XXXIe congrès de la SFIO quand Léon Blum privilégie  "la lutte contre le fascisme" avec  l'arrière-pensée d'un "plan" pour rallier les masses en vue des campagnes électorales à venir.

Hollande et Valls trouvent-ils donc toujours un intérêt politique à laisser les "anfifa" prospérer
dans la perspective des élections de 2017 ?

mardi 31 mars 2015

Départements rayés de la carte socialiste au 29 mars 2015

Les vociférations et anathèmes du premier ministre n'ont eu aucun impact sur l'électorat 

Valls a réussi à vider 3 départements, plus sûrement que le Mali 

les Yvelines, le Var et la Haute-Savoie - de tous ses élus de gauche au conseil départemental...

En juin dernier, Manuel Valls clamait sa peur de voir "la gauche disparaître" en France. Il est lucide quand il veut, car ses prédictions alarmistes ont en fait été satisfaites au-delà de ses craintes. C'est pourquoi il a annulé tous ses engagements européens en Allemagne: le conseil des ministres franco-allemand à Berlin et la rencontre avec Mario Draghi, président de la BCE, à Francfort. Tout ça pour recréer du lien avec les parlementaires socialistes et tenter de se rallier les crève-la-faim écologistes (EELV) en mal de maroquin -bio ou non-, les J.V. Placé, de F. de Rugy (au ton mielleux devant les micros qui se tendaient vers lui ce matin), B. Pompili (toute aussi doucereuse) et même E. Cosse (ex-Act Up), qui raille depuis peu la moquette derrière les premiers quémandeurs.   

25 départements perdus : le PS s'est fait atomiser façon SFIO. La gauche française a déjà connu une situation de quasi implosion et de rupture entre son leader politique et l'appareil et si François Hollande souhaite endosser les habits de François Mitterrand, il s'est taillé un costard sur mesures avec la défaite sa défaite historique des élections départementales de mars 2015. Avec la montée de l'extrême droite, sa performance répète l'éclatement de la gauche de Guy Mollet dans les années 1950. 
C'est au point que le président tunisien l'a salué du nom de Mitterrand la semaine dernière, lors de son show médiatique de Tunis, la marche de réprobation des casseurs islamistes du Bardo, le musée de la capitale.

Dans les Yvelines, les 44 sièges reviennent tous à l'UMP, à l'UDI et aux divers droite.


Il n'y aura pas d'opposition au conseil départemental. Les scores de l'UMP atteignent même des sommets dans plusieurs cantons. A Verneuil-sur-Seine, la droite l'emporte avec 76,68% des suffrages face au FN. 74,71% à Aubergenville, toujours face à l'extrême droite. Au Chesnay, la gauche est laminée par l'UMP qui gagne le canton avec 76,34% des voix. 
A Rambouillet, Christine Boutin (67,25%) gagne son duel face au FN, bien que la gauche les dits si proches.
Le Parti socialiste et ses alliés ont perdu les onze sièges qu'ils occupaient avant le scrutin de dimanche.

Même scénario en Haute-Savoie où le département sera bleu horizon: la droite sera seule face à elle-même pendant toute la mandature. 
L'UMP et ses alliés font un grand chelem en remportant les 34 sièges du conseil départemental. Dans plusieurs cantons, l'UMP dépasse ou frôle les 70% des suffrages. Le PS n'était d'ailleurs présent au second tour que dans trois cantons. Dans la précédente assemblée, la gauche occupait trois sièges.
Lien EDA

Dans le Var, la situation est légèrement différente. Si là encore la gauche n'a obtenu aucun siège, la droite trouvera une opposition face à elle puisque le Front national a remporté trois cantons: La Seyne-sur-Mer, Garéoult et Fréjus. A Brignoles, Laurent Lopez, qui était le seul conseiller départemental du FN lors de la précédente mandature, a été battu par l'union de la droite (52,88%).
La gauche a dû lâcher les 10 qu'elle détenait lors du précédent scrutin.
Lien EDA

vendredi 27 mars 2015

Chômage, déficits: C’est mieux que si c’était pire, à entendre le gouvernement socialiste !

Le verbe tient lieu d'action: l'intox sémantique à prix le pouvoir

Comment tromper le peuple est devenu une obsession socialiste 

Fallacieux et incroyable, plus c'est gros, mieux ça passe ? Le gouvernement est depuis plusieurs mois passé maître dans l’art de présenter les chiffres sous un angle mensonger. Inventivité rhétorique, prévisions gonflées, hausses minorées transformées en baisses: tout est bon pour anesthésier l'opinion, puisque la presse ne dénonce pas les méthodes socialistes...

Le sens moral du marchand de sable socialiste est toutefois moins méconnu désormais. 12.800 chômeurs supplémentaires, 4 % de déficit, 9,7 milliards de trou de la Sécu : rien que des bonnes nouvelles, si on en croit les ministres et élus PS ou autres analystes et décrypteurs militants qui ont studios d'information ouverts. Dorénavant, on les appelle "experts" et il en sort de toutes parts: ils semblent plus nombreux encore que les actifs -en voie d'extinction- du vrai monde du travail. 

"Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer"


Hollande, petit père du peuple français ?
La bande à Hollande nous avait promis le redressement de la courbe de l'emploi avant décembre 2013. Dsignal positif en frémissement, les branquignols continuent d'annoncer des jours meilleurs, mais la dette publique brute ne cesse d'enfler, pour le plus grand bonheur des générations à venir. En attendant que les économies européennes nous envoient un peu de la croissance promise en partage, on guerroie ici et là, on accuse  de tous nos maux Poutine, al-Assad ou Merkel. Et la presse se laisse mettre... sous hypnose, ravie de servir les puissants, à défaut d'informer le peuple qui travaille et consomme de cette pub qui la fait vivre, de moins en moins bien d'ailleurs, puisqu'il faut du pouvoir d'achat pour accéder au superflu. Les media ont misé sur le mauvais cheval, mais ils défendent la seule idéologie qu'ils connaissent, l'avoine dont on les a gavé: nous sommes, avec la tragédie de l'A320, au temps du suicide altruiste... JeSuisl'A320 !

Entre les deux tours des élections départementales, le gouvernement tente par tous les moyens de positiver, coûte que coûte, les "valeurs", l'éthique -et quoi encore?- dussent-elles en souffrir et d'abord le pays. Pour cela, les Raspoutine de l'Elysée jouent sur les peurs de l'exécutif et produisent un effet de contraste fallacieux : ces chiffres sont moins mauvais que les perspectives qu’il avait lui-même tracées au cours des derniers mois. Ont-ils consciemment  faussé leurs propres prévisions par avance pour qu'ils paraissent moins désastreux au final ? La suspicion populaire entame la crédibilité de ce pouvoir  gangrené par les contre-vérités et le mensonge. Il n'est pas seulement  impopulaire pour ses promesses non tenues et ses échecs. Il est surtout détesté pour ses tromperies et son manque de respect des gens qui souffrent, les "illettrés" méprisés par Emmanuel Macron, les "sans dents" ridiculisés par Hollande et les 5 millions de Français désespérés qui se tournent vers le FN, certains venus de l'extrême gauche, déconsidérée par son archaïsme idéologique et son sectarisme haineux, marginalisée aussi par le PS, son allié hégémonique.

La descente en enfer est amorcée

Le seul souci sera que Hollande et Valls entraînent tout le pays avec eux, car les Français ont maintenant fait le tour de l'exécutif socialiste.
Le pouvoir de nuisance du pouvoir socialiste en place est immense: il est la résultante d'axiomes tels que "gauche de progrès", "gauche républicaine", "exemplarité", "garants des droits de l'homme," "humanisme", etc... C'est au nom de ces contrefaçon de la vérité que le PS se croit légitime à mépriser et humilier. 
C'est ainsi que Mélenchon (FG) est blessé jusqu'à l'os, non pas parce qu'il serait "sans dents" (selon Hollande) ou "illettré" (selon Macron), mais parce que les socialistes se croient d'une essence supérieure. Tant et si bien que les indésirables (Batho, Cahuzac, Hamon, Filippetti ou Montebourg) se sont fait exfiltrer du gouvernement Ayrault et que les écologistes ont claqué la porte du gouvernement avant d'être éjectés. Non seulement les impuissants de la majorité présidentielle malfaisante agressent en permanence l'opposition de droite, mais ils pulvérisent la gauche en mille morceaux, façon puzzle, comme dit l'autre.
   
Le Parti socialiste est suicidaire
Parce que ce sont les mentalités qui se sont perverties durant la traversée du désert et parce que Hollande, premier secrétaire, n'a pas mieux formé la relève nationale que les présidents de conseils généraux, localement,  le PS accumule les échecs électoraux sans parvenir à se réformer. 

Le PS est en train de s'auto-détruire.
Cette nouvelle défaite du 1er tour des départementales va créer un délitement de l’organisation, car c’est un parti d’élus locaux, qui trouve son assise notamment sur les maires. Et l’échec aux départementales survient après la saignée des municipales, où les socialistes avaient perdu un tiers des villes. Jamais un parti n’avait subi une telle défaite aux élections locales depuis 1945. Après les maires, qui avaient été souvent recasés dans les équipes parlementaires ou dans les cabinets ministériels, nombre de conseillers généraux vont se retrouver sur le carreau. Et ce sont eux, avec leurs collaborateurs, qui font vivre les sections locales du PS. Or, dans certains départements, le parti n’existe que parce qu’il détient le conseil général.
Beaucoup d’élus sont amers car ils avaient mis en garde contre les risques de l’exercice du pouvoir national -par exemple, Daniel Percheron, le président du Conseil régional Nord/Pas-de-Calais. Le PS a une culture d’élus locaux dont certains préfèrent perdre les élections nationales pour préserver le socle du parti.

La base militante a subi une forte hémorragie. Le chiffre officiel de 140.000 totalise les adhérents, qui souvent ne militent pas. Aux Etats Généraux, en décembre, seulement 60.000 militants ont voté. Et le choix du Flamby comme menu de substitution n’a rassasié aucun militant.

Imbus de leurs personnes, les branquignols ont fait mieux. Avec la belle confiance qu'ils ont en leurs petites personnes, ils ont fixé à 12,5 % des inscrits le nouveau seuil pour se présenter au second tour. Cette barre se voulait un obstacle anti-Front National, mais elle s’est retournée contre le PS. Sans compter que la création de cantons plus grands a dilué son implantation locale.

La grande peur de Valls est de se trouver face à la mort
Il ne va presque plus rien rester du parti ! Les conseils régionaux emploient beaucoup de cadres du PS. Or, la défaite annoncée des candidats socialistes arrivés derrière ceux du Front National sera largement due à la règle vertueuse de respect de leur engagement à faire échec au FN: ils se retireront et n’auront donc aucun élu, ni aucun besoin de cadres attachés aux nouveaux Conseils départementaux. La désertification du paysage socialiste est engagée et le PS risque d'y laisser sa peau.

Ce n'est pas ni la désastreuse politique de Hollande, ni la 
stratégie de la terre brûlée de Valls qui peut sauver leur parti. Ses réseaux se mettront en mode hiberbation en attendant des jours meilleurs, mais le printemps de la gauche sera tardif. Savoir donc si Manuel Valls n'aura pas avantage à saborder le pédalo socialiste pour espérer le reconstruire après 2017. Sans frondeurs, mais en attirant le centre-gauche, puisque le PS a repoussé l'échiquier politique sur la droite -au grand dam des Juppé et Fillon. 
Valls parviendra-t-il à enjamber le prochain congrès du PS en évitant l’affrontement ? Il lui faudra attendre que le parti se dessèche pour pouvoir mieux le réhydrater. Pour peu que le centre idéaliste et la droite molle lui tendent la main...

Le pire de Sarkozy, c'est le meilleur de Hollande.