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samedi 2 juillet 2016

Mort de Michel Rocard, laissant la "deuxième gauche" orpheline

Poil à gratter de Mitterrand, Michel Rocard, son ancien premier ministre, est mort

Rocard avait rêvé de moderniser un Parti socialiste déjà "rétrograde"

Mort le samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans, il laisse aujourd'hui, au Parti socialiste, dans les ministères, dans les think tank de la gauche qui rêvent de la refonder, quantité de ses disciples, nourris par cette "deuxième gauche" sociale-démocrate, réaliste et redistributrice qu’il avait fini par incarner.

Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, fut un homme politique paradoxal et compliqué. Longtemps l’homme politique le plus populaire de France, il était spontané voire impulsif, sincère voire naïf, maladroit mais volontiers calculateur; apôtre d’un "parler vrai " parfois dévastateur, mais capable de manier sans broncher la langue "de madrier", selon l’expression d’un de ses anciens conseillers; orateur parfois obscur, mais, en dehors des tribunes, d’un abord simple et direct. 
Et surtout obsédé par l’idée d’être écouté, reconnu, respecté. Ce dernier trait de sa personnalité ne peut pas être dissocié des relations difficiles, mélange d’admiration et de frustration, qu’il avait avec son père. Yves Rocard était un scientifique de haut niveau. Quand, à 17 ans, Michel décida de faire Sciences-Po, il cessa d’être pris au sérieux par son père et il tenta toute sa vie, parfois inconsciemment, de reconquérir son estime. Yves était conservateur. Le jeune Michel fut progressiste, mais intégra l’influence paternelle, en étant très vite proche d’un socialisme humaniste, plus que du marxisme. 

Le parcours de Michel Rocard, meilleur ennemi de Mitterrand

Michel Rocard s’engage dans la mouvance de la SFIO (ancêtre du PS) dès 1949

et devient six ans plus tard secrétaire national de l’Association des étudiants socialistes. Déjà la SFIO bat de l’aile, empêtrée dans les compromissions de la IVe République et les mensonges de la guerre d’Algérie. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris – où il milite à l’UNEF et combat un dénommé… Jean-Marie Le Pen –, Michel Rocard sort de l’Ecole nationale d’administration dans la promotion 'Dix-huit juin', en 1958. 
Il intègre alors l’inspection des finances. La même année, il quitte la SFIO, découragé, comme tant d’autres, par la politique de Guy Mollet. C’est là qu’il participe à l’organisation d’un parti de gauche, le Parti socialiste autonome (PSA), dont le titre de gloire principal est d’avoir refusé d’accueillir dans ses rangs… François Mitterrand. 
Le petit parti deviendra le PSU en 1960. L’histoire de Michel Rocard se confond alors avec celle de toute une génération qui, transitant au PSU, à l’UNEF ou ailleurs, lutte contre la guerre d’Algérie. Après la fin du conflit, Michel Rocard, qui a pris un pseudonyme, Georges Servet, pour que ses activités militantes soient compatibles avec son statut de haut fonctionnaire, commence, déjà, à se ranger dans une gauche "moderniste". 
Dès 1966 lors d’un meeting à Grenoble, 'Georges Servet' affirme à la tribune, que "la visée à long terme du socialisme n’est pas nécessairement la nationalisation". La déclaration rompt avec la culture dominante dans la gauche de l’époque. Pour la première fois, le pseudo de Michel Rocard apparaît dans un titre du journal Le Monde.

Une longue incompréhension réciproque avec Mitterrand 
Michel Rocard et François Mitterrand, eux, ne se connaissent encore que de réputation. Ils se rencontrent lors des négociations pour les législatives de 1967 (Rocard est lui-même candidat sans succès, dans les Yvelines). C’est le début d’une longue incompréhension entre le terrien de province amoureux des arbres et l’urbain qui sera maire de Conflans-Sainte-Honorine (1974) mais qui trouvera longtemps l’évasion sur un bateau à voile, au large de la Bretagne. 
Michel Rocard prend la tête du PSU en juin 1967. Ce petit parti, débordant de militants brillants, devait réveiller et rénover la gauche. Il sera, selon son expression, un "laboratoire terrifiant" où l’on s’épuise dans des débats stériles et sans fin. Après avoir mis le général de Gaulle en ballottage en 1965, Mitterrand est l’homme qui monte à gauche. Mais Michel Rocard ne veut toujours pas travailler avec lui.

Arrive Mai 68. Rocard est au premier rang des manifestations avec les dirigeants gauchistes, alors que Mitterrand et ses amis courent derrière le mouvement, sans le rattraper. Pour Michel Rocard, c’est une victoire fatale : après Mai, il s’enferre avec le PSU dans un gauchisme débridé. 
Pourtant, 1969 marque aussi la véritable découverte de son personnage par le grand public. Candidat du PSU à la présidentielle provoquée par le départ anticipé du général de Gaulle, Michel Rocard fait 3,66 % des voix. C’est peu, mais la SFIO dépasse à peine 5 %. Le PSU continue pourtant son existence groupusculaire. 

Au congrès d’Epinay de juin 1971, lorsque François Mitterrand lance le PS dans l’aventure de l’union de la gauche, Rocard n'adhère pas à cette nouvelle stratégie. Il perd son mandat de député et attend 1974 pour soutenir la candidature de Mitterrand à la présidentielle et rejoindre le PS. Venu de l’extrême gauche, il passe directement à la 'droite' du PS en incarnant désormais une "deuxième gauche", souvent d’origine chrétienne, plus décentralisatrice, préférant la recherche du consensus à l’affrontement, l’autonomie de la "société civile" au tout Etat. En septembre 1975, Michel Rocard entre au secrétariat national du PS. En 1977, il est élu maire de Conflans-Sainte-Honorine.

Au congrès de Nantes, la même année, il prononce un discours resté célèbre, sur les "deux cultures" qui structurent la gauche. 
La rupture entre socialistes et communistes fait perdre à la gauche les législatives de 1978. Michel Rocard, lui, récupère son fauteuil de député des Yvelines. Mais au soir du second tour, à la télévision, il exprime en quelques mots, la déception et l’amertume de la gauche, et aussi sa foi dans l’avenir. La déclaration respire la spontanéité. En fait, elle a été répétée à l’avance et Rocard, à partir de là, conservera longtemps la faveur des media et des sondages. 

En 1979, au congrès de Metz, allié à Pierre Mauroy, il passe dans l’opposition à François Mitterrand. 
Le premier secrétaire (Mitterrand) et ses alliés prônent la "rupture avec le capitalisme", Michel Rocard n’y croit pas. En 1980, il décide de s’appuyer sur sa popularité et de presser le mouvement. Le 19 octobre, depuis sa mairie de Conflans, il annonce sa candidature, mais seulement si Mitterrand n’est pas lui-même candidat. Sa déclaration est malhabile, mal filmée. Lorsque, le 8 novembre, François Mitterrand se déclare, Rocard, mortifié, ne peut que se retirer. 

Rocard, premier ministre de l'"ouverture"
Avril 1985. Après la victoire de 1981 et un passage au ministère du Plan, Michel Rocard est à l’Agriculture. Le 3 avril, le scrutin proportionnel est adopté pour les législatives de 1986. Dans la nuit du 3 au 4, il présente sa démission. Il justifie sa décision par son opposition à ce mode de scrutin qui va amener pour la première fois le Front National à l’Assemblée. Il a aussi l’échéance de 1988 en tête. 
En mars 1988, François Mitterrand, annonce sa candidature à sa propre succession, sonnant la fin de la "récréation Rocard". Une fois réélu, pourtant, Mitterrand envoie à Matignon celui des socialistes qu’il juge le plus "en situation ", quoi qu’il en pense sur le fond. Michel Rocard est le premier ministre de l’" ouverture". Ses gouvernements intègrent des membres de la société civile, voire quelques transfuges de l’opposition. Pendant la campagne, François Mitterrand a affirmé qu’il n’est "pas sain" qu’un seul parti ait la majorité. Les électeurs l’ont si bien suivi que Michel Rocard ne dispose à l’Assemblée nationale que d’une majorité relative, qui le conduit à un jeu de bascule permanent, pour s’appuyer soit sur le PC, soit sur une partie des centristes.
Dans des conditions très inconfortables, le premier ministre, entravé par François Mitterrand, mène pourtant à bien un certain nombre de réformes, parfois tambour battant comme pour la création du Revenu minimum d’insertion (RMI) qui entrera en vigueur dès le 1er décembre 1988. Il ramène la paix civile en Nouvelle-Calédonie et institue la Contribution sociale généralisée (CSG)… 
A  son cabinet, le jeune Manuel Valls entame son parcours politique et il se placera désormais dans le sillage de Rocard qui l'emploiera comme conseiller en charge des affaires étudiantes. Aujourd'hui premier ministre, Manuel Valls a nommé conseiller en charge du pôle énergie, transport, environnement, logement, auprès de lui à Matignon, un polytechnicien de 40 ans en 2014,  Loïc Rocard). 

"Nous ne pouvons héberger toute la misère du monde"

"La France doit rester une terre d'asile politique...mais pas plus", ajouta-t-il. La gauche nie (Kouchner, pour qui, en avril 2015, les "salauds" sont les autres) ou instrumentalise (Sapin) - en fonction des besoins de l'actualité - que Michel Rocard a prononcé cette sentence le 3 décembre 1989, au Soir 3:

VOIR et ENTENDRE donc l'archive que conserve l'INA à disposition des manipulateurs :

Le temps creuse le fossé entre le président et son premier ministre. La première guerre du Golfe lui donne un sursis. Mais le 15 mai 1991, un mercredi, Michel Rocard se retrouve congédié en quelques minutes. 

Les illusions perdues
Les échecs de ses successeurs, Edith Cresson, puis Pierre Beregovoy le laissent espérer que son destin politique n’est pas encore joué. En avril 1993, Rocard réclame un "big bang" du PS, dont il devient premier secrétaire après le désastre des législatives. Le 29 mai 1994, il annonce que "rien", cette fois, ne l’empêchera d’être candidat à la présidentielle de 1995, où on sait que François Mitterrand ne se représentera pas. 
Mais aux Européennes de juin, alors que le président de la République a laissé Bernard Tapie conduire une liste radicale de gauche, le PS, dont les candidats sont menés par le premier secrétaire, s’effondre à 14,5 % des suffrages. Michel Rocard est débarqué, sans ménagement. C’est la fin de ses espérances. Il abandonne à l’automne la mairie de Conflans, après presque de vingt ans de mandat. Il ne sera jamais président de la République. 

Le monde a changé malgré lui. 
Il n’aime pas l’évolution des media, le règne de la dérision et le déclin du pouvoir politique. "La profession politique ne bénéficie plus du respect qu’on avait pour elle du temps où elle passait pour efficace, c’est-à-dire du temps du plein-emploi, avait-­il confié au Monde (Le Monde2 du 7 mars 2004). Aujourd’hui, on nous insulte, on nous veut pauvre et on nous moque (…) Ce qui fait que ne viendront plus que les ratés de leur profession." Il ne s’y résout pas cependant.

La victoire de Ségolène Royal aux primaires socialistes, en 2006, l’accable. Un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, il tente en vain de la convaincre de se désister… en sa faveur. Puis, quelques jours plus tard, se prononce dans Le Monde pour un accord "Royal/Bayrou", afin de battre Nicolas Sarkozy. 

Le 7 février 2013, Rocard exprime ses réserves sur le projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe, estimant que le PACS "aurait pu suffire".

Sarkozy l'aide à ne pas vieillir
Le 30 juin 2007, à 77 ans, victime d’une hémorragie cérébrale en Inde, il est transporté dans un état grave à l’hôpital de Calcutta. Une fois rétabli, il continue de fumer, boit vin blanc et rouge au déjeuner, dévore des dizaines de livres. Michel Rocard n’ignore pas, cependant, qu’il lui faut peu à peu décrocher. Il démissionne du Parlement européen en janvier 2009, sous les ovations des députés. 
Il s’installe sur les Champs-Elysées, dans un immeuble hausmannien, "non loin de l’Arc de Triomphe", floute Le Monde, en fait les locaux cossus de la Fondation
Terra Nova, un think tank proche du PS. Et… continue à travailler. "Je suis déclaré guéri du cancer depuis un mois. Epargnez-moi vos commisérations, mais j’ai trois mois de retard dans mon travail, donc je bosse", lâche d’emblée l’ancien premier ministre âgé de 85 ans, de retour d'une "croisière dans l’Arctique," selon Le Monde, occultant l'attachement de Rocard à la mission que Sarkozy lui a confié.

Nicolas Sarkozy qui pratique l'ouverture s’est voulu le "DRH" du PS. Il lui confie dès le printemps 2009 une série de responsabilités : un rapport sur la taxe carbone, la co-présidence avec Alain Juppé d’une commission chargée de réfléchir à la mise en œuvre d’un grand emprunt national et le nomme ambassadeur de France chargé des négociations relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Le voici sur la banquise, à 80 ans. 

Michel Rocard ne cachait pas, cependant, que son voyage le plus difficile restait son arrivée dans le grand âge. Lui qui vivait avec sa quatrième épouse dans une maison remplie de chiens et chats et avait encore réuni 300 personnes pour fêter son anniversaire, il constatait : "La vie active s’arrête à 60 ans; on devient caduc à 65 et les gens pensent que l’on sucre les fraises à 70. Il faut s’habituer à être moins attendu, à n’avoir plus d’avenir, quoi !" 

Intellectuellement, pourtant il en aurait remontré à beaucoup. Le 9 octobre 2015, François Hollande avait remis à un Rocard, frêle et souriant, la grand-croix de la Légion d’Honneur. Ces derniers mois, avant que la maladie ne l’affaiblisse trop, chaque fois qu’on allait lui rendre visite, on le trouvait encore au travail, son bureau encombré de livres dont il recommandait volontiers la lecture. Presqu’à chaque fois, on l’a entendu faire cette recommandation, en raccompagnant son visiteur à la porte : "N’oubliez pas : chaque nouveau quart d’heure est tout bénéfice…" 
Michel Rocard en 11 dates23 août 1930 : naissance à Courbevoie (Hauts-de-Seine)1949 : adhère à la SFIO

1958 : adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui devient le Parti socialiste unifié (PSU)1974 : rejoint le Parti socialiste 
1977 : élu maire de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)
La même année, il devient député des Yvelines.  1983-1985 : Ministre de l’Agriculture
1988-1991 : Premier ministre
1993-1994 : premier secrétaire du Parti socialiste 1994-2009: Député européen1969 : candidat du PSU à l’élection présidentielle, où il recueille 3,61 % des suffrages.
2 juillet 2016 : mort à l’âge de 85 ans

mardi 2 décembre 2014

Manuel Valls reste-il une énigme?

Manuel Valls, de l’ombre de la MNEF aux coulisses du PS mercredi 1er octobre 2014.

Ce sont ceux qui le connaissent bien qui en parlent le mieux: le Parti de gauche
L’histoire de Manuel Valls, qui croise celle de Cambadélis et de Le Guen, donne tout autant à voir sur la nécrose qui a gagné le PS (à la date du mercredi 1er octobre 2014). Elle donne à réfléchir sur ce parti qui s’est coupé des milieux populaires ; ce parti de technocrates hautains ou de professionnels de la politique n’ayant jamais travaillé de leur vie, ou si peu de temps, et qui sont souvent mobilisés autour d’une seule cause : la leur... C’est le point commun entre Cambadélis et Valls : ils n’ont pas de légitimité universitaire, n’ayant fait que de maigres études. Ils n’ont pas de légitimité professionnelle puisque leur ascension, c’est d’abord à d’obscures et dérisoires manigances dans les coulisses du Parti socialiste qu’ils la doivent. (…)

Si ces nouveaux promus ont un passé commun, ils sont aujourd’hui des alliés : c’est Manuel Valls qui a personnellement insisté pour que Le Guen entre au gouvernement, lequel Le Guen a tout fait pour que son vieil ami Cambadélis décroche le poste de premier secrétaire du PS. Les trois associés pourraient bien aussi nourrir des desseins identiques, comme tourner une bonne fois pour toutes la page du socialisme. Et conduire le parti vers d’autres horizons. Ou d’autres abîmes...

Le premier témoignage sur le parcours de Manuel Valls, c’est un ancien militant de l’OCI, Michel Assoun, qui me l’a fourni dans le cours de mon enquête. La scène se passe au beau milieu du mois d’août 1980 au siège du bureau national de l’UNEF, où il est de permanence. Les locaux sont déserts, comme de coutume en cette période de l’année. Et pourtant, ce jour-là, il se passe un événement anodin mais exceptionnel dans la vie du syndicat étudiant : un lycéen sonne à la porte et dit au responsable de l’UNEF qu’il est venu pour adhérer, en prévision de son inscription à l’université à l’automne. Événement microscopique mais étrange : de mémoire de syndicaliste étudiant, il n’était jamais arrivé auparavant qu’au creux de l’été un lycéen fasse spontanément une telle démarche ; ce n’est vraisemblablement jamais arrivé depuis. Selon Michel Assoun, qui en parle les jours suivants à d’autres dirigeants de l’UNEF, l’affaire est entendue : cette adhésion hors norme ne peut s’expliquer que parce que ce lycéen leur a été « envoyé ». Ce lycéen qui se nomme Manuel Valls.

L’Unef et de très longues années universitaires
Par qui aurait-il donc été « envoyé » ? À l’époque, la direction de l’OCI a dépêché comme « sous-marins » certains de ses militants dans de nombreuses organisations rivales. Il y a eu ainsi des trotskistes infiltrés à la direction de l’UNEF rivale – dite UNEF-Renouveau –, dont Paul Robel ; il y en a eu d’autres dans le COSEF, le syndicat étudiant socialiste, parmi lesquels Jean-Marie Grosz ou Carlos Pieroni, évoqué précédemment ; il y en a eu en pagaille dans les rangs du Parti socialiste, jusqu’au sommet, dont Lionel Jospin.
Tout un temps, la rumeur circule donc dans les rangs étudiants de l’OCI selon laquelle ce jeune lycéen venu spontanément adhérer à l’UNEF, et dit être rocardien, a peut-être, lui aussi, les mêmes attaches secrètes. Cependant rien ne viendra confirmer cette hypothèse. À ma connaissance, elle a seulement été évoquée par Denis Pingaud, dans son ouvrage La Gauche de la gauche. Bon connaisseur du monde de la communication, pour avoir travaillé à Matignon sous Laurent Fabius, et avoir entretenu longtemps des relations avec Stéphane Fouks, l’intéressé donne pour certain le fait que Manuel Valls a eu des attaches secrètes avec le lambertisme. Il ne fait que l’affirmer, sans en apporter de preuve.
Quoi qu’il en soit, il existe déjà à l’époque un noyau d’étudiants rocardiens qui a opéré le mouvement vers l’UNEF, et qui a participé au congrès de réunification de Nanterre au mois de mai précédent. Ils sont peu nombreux, sans doute guère plus d’une dizaine au plan national. Mais l’OCI, qui a besoin de montrer que ce congrès de l’UNEF est un événement historique pour la vie universitaire, les a accueillis à bras ouverts. En outre, comme les fausses cartes circulent à foison (il y a plus d’adhérents à l’UNEF à Strasbourg que d’étudiants inscrits à l’université !), l’OCI déroule le tapis rouge à ces jeunes rocardiens qui donnent du crédit au mouvement de réunification.
Dans les semaines qui précèdent le congrès de réunification, d’âpres négociations se déroulent dans les cafés voisins du bureau national de l’UNEF, situé rue de Hanovre (dans des locaux qui appartiennent à la confédération FO), à deux pas de l’Opéra, entre la direction du syndicat étudiant et ce courant des étudiants rocardiens, dont les deux chefs de file sont Stéphane Fouks (futur dirigeant de l’agence de communication Euro-RSCG, rebaptisée Havas) et Alain Bauer (futur grand maître de la principale loge maçonnique, le Grand Orient de France).

Négociations surréalistes... Régulièrement, Fouks suspend les tractations en prétendant qu’il va téléphoner à Michel Rocard pour le consulter, alors que l’ancien leader du PSU et rival de François Mitterrand ignore tout de ce qui se trame dans les arrière-cuisines de l’UNEF. Ces suspensions interviennent alors que l’OCI veut devancer les désirs de ces étudiants rocardiens et leur accorder des positions syndicales importantes, même dans des villes où ils ne pèsent rien. Plusieurs associations générales d’étudiants de l’UNEF, en province, leur sont offertes avant même que ne se tienne le congrès de Nanterre, en mai 1980, à l’issue duquel Fouks et Bauer font leur entrée au bureau national du syndicat. Encore lycéen en mai 1980, Alain Bauer rate le premier jour du congrès parce qu’il doit se rendre en cours. (…)
De ce noyau d’étudiants rocardiens, c’est Stéphane Fouks le plus âgé et celui qui a le plus d’expérience politique. Fils d’un ancien résistant juif communiste, qui a été dans les maquis du Jura puis a rompu avec le PCF après la guerre pour basculer vers le mendésisme, il a adhéré au Parti socialiste à l’âge de quinze ans, en 1975, alors qu’il était encore lycéen. Il militait au sein de la section socialiste de Charenton-le-Pont, où il a fait la connaissance de l’une des figures de proue du rocardisme, Yves Colmou. Devenu étudiant, il a adhéré à un petit syndicat, le Mas, où se côtoyaient des rocardiens et des militants de la Ligue communiste révolutionnaire. C’est avec cette expérience qu’il participe au congrès de réunification de l’UNEF, au printemps 1980, et fait cause commune avec un autre jeune rocardien, Alain Bauer. (…)

De son côté, Manuel Valls fait un choix : la politique et le Parti socialiste, où il bascule vite et s’investit. Sa première section d’accueil est celle de Paris-I ; il rejoint le comité directeur quand Fouks lui cède sa place. Il y bascule si vite qu’il néglige ses études. Plus de trente ans plus tard, sa biographie, postée sur le site Internet de Matignon, affiche fièrement ce parcours d’études d’histoire dans ladite université : « Études d’histoire à l’université Paris-I », sans préciser quels diplômes l’étudiant aurait pu décrocher. Sur le site Internet du ministère de l’Intérieur, peu avant, son cursus universitaire était présenté de manière encore plus énigmatique : « Ancien élève en histoire à l’université Paris-I. » Et pour cause. À l’époque, il n’en décroche aucun d’importance. Au terme d’« un parcours universitaire chaotique », selon la formule de son ami Bauer, il obtient tout juste une licence d’histoire, s’il faut en croire sa biographie sur Wikipédia.

Michel Rocard sur ses gardes

Dans leur livre Manuel Valls, les secrets d’un destin, les deux auteurs Jacques Hennen et Gilles Verdez indiquent ce qu’ils sont parvenus à reconstituer du cursus universitaire du jeune rocardien : « Sa présence est notée pour la première fois en 1980 en DEUG de droit première année et pour la dernière fois en 1987. » Les deux auteurs citent alors Manuel Valls lui-même : « Je fais une première année de droit qui se termine par un désastre absolu. Je bifurque vers l’histoire. Mon diplôme, c’est la licence d’histoire, je l’assume, mais je suis happé totalement par la vie politique et mes vrais diplômes sont politiques. » Et les deux auteurs reprennent leur récit : « De fait, il obtient le DEUG en trois ans, puis décroche la licence et ne mène pas sa maîtrise à son terme. » (…)
Sans légitimité universitaire, Manuel Valls s’immerge dans la vie interne du courant rocardien. Ce serait excessif de dire qu’il ne s’y fait que des amis. Dès le début de son cheminement, il suscite même l’étonnement ou l’agacement tant il paraît pressé de se faire une place. L’un des cadres dirigeants du mouvement rocardien de l’époque se souvient d’avoir vu débarquer Valls dans son bureau en 1980 – un « jeune angelot venu de nulle part » que lui avait recommandé un ami, à la veille du congrès de la fédération de Paris du Parti socialiste. Pensant être bienveillant, le dirigeant socialiste propose à son jeune camarade de le parrainer pour entrer à la commission exécutive fédérale. À sa grande surprise, l’intéressé fait la fine bouche et rétorque : « Non ! Je pense que l’on pèse trois places... » Le dirigeant rocardien enregistre la réponse mais n’y donne pas suite, estimant que le jeune homme est un peu trop pressé.
Quand arrive le congrès fédéral, les dirigeants rocardiens sont donc persuadés que leur jeune recrue s’est fait une raison et qu’il se satisfera de ce siège à la commission exécutive, dont la composition a fait l’objet de longues et délicates tractations avec les autres sensibilités du parti. Quand le vote a lieu, il réserve une surprise : Manuel Valls entre bel et bien à la commission exécutive, mais il a aussi arraché à l’insu de la direction des rocardiens les deux autres postes qu’il convoitait pour des proches. « J’ai tout de suite compris qu’il n’était pas étouffé par l’idéologie et que, pour arriver à ses fins, il avait passé secrètement un accord avec d’autres courants que le nôtre », raconte ce dirigeant qui dit s’être depuis toujours profondément défié de Manuel Valls.

Pendant de longues années, la carrière du jeune homme ne décolle guère. Tout juste devient-il l’attaché parlementaire du député Robert Chapuis, un ancien du PSU. Constamment flanqué de ses deux compères, il affiche ses ambitions mais suscite aussi des inimitiés au sein de son propre courant, tant il apparaît à tous un peu trop pressé. Michel Rocard s’en amuse, et s’en méfie aussi.
Au siège de la mouvance rocardienne, située au 226 du boulevard Saint-Germain, à Paris, le trio est à l’origine, en 1986, d’une violente et mystérieuse fâcherie entre Rocard et lui. Ce jour-là, une dizaine de permanents ou de cadres dirigeants de la sensibilité rocardienne sont présents dans les lieux. Subitement, ils sont conviés à une réunion imprévue, à la demande expresse de Michel Rocard. Quand tout son petit monde est assemblé, Rocard désigne du doigt le trio Valls, Bauer et Fouks, les sommant de quitter les lieux sur-le-champ, au motif qu’ils sont exclus.
La petite assemblée assiste au départ du trio, sans que quiconque demande à Michel Rocard de dévoiler les raisons de cette fracassante exclusion. Que s’est-il passé ? Dans cet étrange microcosme qu’est le rocardisme, la parole du patron est parole d’évangile et nul ne se sent autorisé à lui demander des explications. Curieusement, l’exclusion, qui a été présentée comme définitive et irrévocable, ne dure guère : à peine dix jours plus tard, les membres du QG rocardien voient revenir les trois trublions, triomphants, sans que quiconque ose, cette fois encore, demander à Rocard les raisons de sa mansuétude.

J’avoue n’être pas parvenu à percer cette énigme. L’incident m’a été confirmé par deux personnalités proches de l’ancien Premier ministre, mais toutes deux m’ont avoué n’avoir jamais pu connaître les causes de cette fâcherie. Tout juste Michel Rocard a-t-il évoqué auprès de l’un d’eux des faits graves. Selon mon second témoin, c’est l’épouse de Michel Rocard, Michèle, influente et présente dans le courant, qui aurait mal pris le fait que des intellectuels rocardiens aient été malmenés par le trio et aurait exigé une sanction.
Si Manuel Valls aime à rappeler qu’il a débuté en politique dans la mouvance rocardienne, il y a pourtant entre lui et le patron du courant, nommé Premier ministre en 1988, une relation qui n’est pas toujours confiante. Et de cela, Rocard donne de nombreux signes. Lorsqu’il accède à Matignon, il hésite sur la conduite à tenir vis-à-vis du trio Valls-Fouks-Bauer. Mais après quelque temps de réflexion, il lâche à plusieurs de ses proches, lors d’une réunion : « Écoutez camarades ! On ne peut pas les laisser en liberté ; il faut en prendre un... » Cependant, Michel Rocard est tout à fait opposé à ce que Manuel Valls entre à son cabinet. Pour une raison de fond : le Premier ministre ne veut pas d’un collaborateur qui n’ait pas de métier, et qui ne soit qu’un apparatchik. Rocard recommande donc à Manuel Valls de poursuivre ses études. « Cette position est dans l’ADN du rocardisme : la politique, c’est quelque chose qui se fait en plus, ce n’est pas un métier », se souvient l’un des lieutenants de l’époque du Premier ministre. Il ajoute : « Une grande partie de la désespérance actuelle, c’est que la politique professionnelle a pris le pas sur tout. » [Cambadélis est l'un de ces apparatchiks-là]

Or, Manuel Valls est précisément déjà un politique professionnel : il grenouille dans les coulisses du Parti socialiste depuis déjà presque huit ans et n’a aucun autre enracinement professionnel. Apprenant le veto de son patron, Jean-Claude Petitdemange, bras droit de Michel Rocard, respecte la consigne et ne fait rien pour intégrer Valls dans l’équipe de Matignon. Seulement l’intéressé parvient à forcer la porte, en défendant sa candidature auprès du directeur de cabinet, Jean-Paul Huchon, qui finit par l’imposer. 

Administrateur de la MNEF

Manuel Valls devient alors l’un des adjoints de Guy Carcassonne, qui au cabinet de Michel Rocard s’occupe des relations avec le Parlement. Valls a en charge les relations avec l’Assemblée nationale tandis qu’une autre militante, Catherine Le Galliot, s’occupe du Sénat. Assez vite, les choses se passent mal. Est-ce Guy Carcassonne qui trouve sa petite main un peu trop encombrante ? Est-ce la petite main qui n’apprécie guère d’être placée sous tutelle ? Toujours est-il que Jean-Paul Huchon est contraint de trouver une nouvelle affectation pour son protégé : il sera chargé au sein du cabinet de suivre les questions liées à la jeunesse et à la vie étudiante.
En 1989, nouvelle anicroche : Valls, qui voudrait bien que sa carrière décolle, aimerait que Michel Rocard le parraine pour être en position éligible sur la liste socialiste aux élections européennes. Peine perdue. Rocard estime que son poulain a les dents qui rayent le parquet, et y oppose son veto.
Pendant toutes ces années où il est membre du cabinet de Rocard à Matignon, de nombreux signes attestent pourtant que Valls entretient toujours des liens serrés avec ses deux plus proches amis, Fouks et Bauer, ainsi qu’avec le clan qui s’est constitué à la fin des années soixante-dix autour de l’UNEF et de la MNEF, c’est-à-dire Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Le Guen et Olivier Spithakis. C’est une lettre pour le moins embarrassante, retrouvée plus tard dans les archives de la MNEF, quand la justice s’est saisie de l’affaire, qui en porte témoignage. Lisons ce qu’en dit le journaliste Éric Decouty dans Le Parisien, le 13 septembre 2000 :
« Cette fameuse lettre, parfaitement authentifiée, en date du 21 décembre 1990, à en-tête du Premier ministre, est donc signée de Manuel Valls, alors chargé de mission de Michel Rocard à Matignon et chef de file des jeunes rocardiens. Dans ce courrier adressé au “Président et Cher Ami” de la MNEF, Dominique Levêque, il regrette amèrement qu’“un des points dont nous avions convenu n’ait pas été mis à l’ordre du jour. [...] Emmanuel Couet, vice- président de l’UNEF-ID, n’est pas rentré au conseil d’administration” de la mutuelle. En conséquence, Manuel Valls présente sa démission de ce conseil et annonce une éventuelle mesure de représailles. “Je me réserve [...] la possibilité de réunir d’autres administrateurs afin d’étudier en commun leur propre retrait de cette instance.” En clair, si son exigence n’est pas satisfaite, Manuel Valls menace de faire partir tous les rocardiens de la MNEF, avant de conclure : “Je suis sûr que tu trouveras, en accord avec Olivier Spithakis [n.d.l.r. : le directeur général et véritable patron], les moyens de résoudre ce que je veux considérer comme un incident.” »
Le Parisien poursuit : « Mais la lettre de Manuel Valls recèle une autre étrangeté. “Depuis des années, écrit-il en préambule au président de la MNEF, nos relations sont basées sur la confiance et le respect des dispositions arrêtées en commun avec moi-même et Alain Bauer.” Ce dernier, qui fut comme Manuel Valls rocardien avant de devenir jospiniste, a toujours entretenu des liens étroits avec la MNEF, au point d’être nommé par Spithakis, au milieu des années quatre-vingt-dix, à la direction d’une filiale. Souvent cité dans les affaires de la mutuelle sans jamais avoir été inquiété, Bauer a été élu, en fin de semaine dernière, à la tête du Grand Orient, la première organisation maçonnique. Quelles étaient donc les mystérieuses dispositions arrêtées entre Manuel Valls, Alain Bauer et l’équipe d’Olivier Spithakis ? Si le nouveau grand maître du Grand Orient était, hier, injoignable, l’actuel porte-parole de Lionel Jospin a accepté de commenter cette lettre dont il nous a d’abord affirmé de ne pas se souvenir. » Et pour finir, le quotidien livre donc les explications emberlificotées de Manuel Valls qui, visiblement excédé, n’admet qu’une maladresse mineure selon lui : “La seule maladresse que j’ai commise est d’avoir écrit ce courrier sur du papier à en-tête du Premier ministre.” »
Avec le recul, le document revêt une grande importance car il vient confirmer la proximité qu’entretiennent ceux que François Hollande promeut au lendemain de la débâcle des municipales de 2014. La génération MNEF a pris le pouvoir.
Même si cette lettre recèle un mystère sur ces énigmatiques « dispositions » entre le patron de la MNEF et les trois jeunes rocardiens, elle vient confirmer que Valls fait partie de la bande Cambadélis et Le Guen. Même bande, ou même clan : le terme n’est pas trop fort. Même bande qui a longtemps eu l’UNEF pour vitrine et la MNEF, la richissime MNEF, pour véritable quartier général.

La lettre vient aussi mettre au jour une autre réalité : administrateur de la MNEF pendant de longues années, Valls a aussi été le témoin de la tumultueuse vie interne de la mutuelle, même s’il n’a jamais voulu s’exprimer là-dessus. La « dérive affairiste », mise au jour par la justice, il en a donc été au moins le témoin. Que sait-il ? Qu’a-t-il vu ou entendu ? On se perd en conjectures. A-t-il été un administrateur incompétent et aveugle, qui n’a rien su de ces dérives pourtant connues de tous ? Au contraire, s’il a eu connaissance de ces dérives, pourquoi n’en a-t-il jamais parlé ?
Ces questions revêtent d’autant plus de sérieux que, selon les informations que j’ai pu recueillir, Manuel Valls obtient gain de cause grâce à sa lettre comminatoire. Il ne met pas sa menace de démission à exécution et continue de siéger au sein du conseil d’administration de la MNEF, au moins jusqu’en 1992. Les « dérives affairistes » qui s’accélèrent au début des années quatre-vingt-dix, il en est donc forcément le témoin. Selon mes sources – que je n’ai pu vérifier auprès de lui puisqu’il a refusé de répondre à mes questions –, il apparaît même que Valls a continué de siéger au sein du conseil de la MNEF encore plus longtemps. Après avoir été membre du conseil d’administration jusqu’en 1992, en qualité de représentant du collège étudiant, il y aurait été reconduit, environ deux ans de plus, en qualité de personnalité qualifiée.

Cette proximité avec la direction de la MNEF, on en trouve trace dans un article du Monde, daté du 2 mars 2006. Le quotidien rend compte du procès des emplois fictifs de la MNEF, qui a débuté la veille, et donne la parole à l’un des prévenus, Olivier Spithakis. Là encore, le patron de la MNEF vient confirmer que Manuel Valls fait bien partie de la galaxie des jeunes socialistes qui a gravité autour de la mutuelle étudiante. « Des personnes ont été rémunérées en toute légalité, comme les députés de Paris Cambadélis et Le Guen, d’autres ont siégé bénévolement à la MNEF, tels le député (PS) Julien Dray et les ex-rocardiens Manuel Valls, député et ex-porte-parole de M. Jospin à Matignon, Stéphane Fouks, coprésident d’Euro-RSCG France, ou Alain Bauer [grand maître du Grand Orient de France de 2000 à 2003]. Elles étaient des actionnaires idéologiques de la MNEF. Moi, j’étais là pour garder la maison. » (…) 

L’aide discrète de Hollande pour les primaires

Revenons au parcours de Manuel Valls. Après environ dix-sept années pendant lesquelles il vivote dans les coulisses du Parti socialiste, n’obtenant qu’un mandat de seconde zone, celui de membre du Conseil régional d’Île-de-France, il profite enfin d’un marchepied inespéré pour sortir de l’ombre. Au lendemain des élections législatives de 1997, qui suivent la dissolution prononcée par Jacques Chirac, Lionel Jospin s’installe à Matignon. Manuel Valls insiste pour entrer à son cabinet. Dans un seul souci : obtenir une circonscription et une légitimité grâce au suffrage universel. Problème : comment fait-on pour devenir conseiller du Premier ministre lorsque l’on ne dispose pas de la légitimité technicienne d’un haut fonctionnaire, ni de la légitimité de l’expérience ?

Valls trouve la parade : c’est le poste de conseiller à la communication qu’il brigue avec insistance auprès de Lionel Jospin. Dans les faits, il n’a pas plus de légitimité en ce domaine, mais son ami Stéphane Fouks l’incite vivement dans cette voie. Jacques Séguéla accepte même d’intervenir auprès du Premier ministre pour le convaincre que c’est le bon choix. Après plusieurs jours d’hésitation, Jospin finit par accepter.
Pour Stéphane Fouks et Manuel Valls, cette cooptation marque sans doute le tournant de leur carrière. Même s’il n’a pas accès à Lionel Jospin, qui préfère le tenir à distance, le premier passe sans cesse rue de Varenne et, du secrétariat du service de presse, adresse aux PDG avec lesquels il a des rendez-vous des fax à en-tête de Matignon, dans le genre : « Pardon ! J’aurai un peu de retard, je suis en réunion avec le Premier ministre. » C’est le moment où il prend une importance croissante au sein d’Euro-RSCG et dans les milieux de la communication d’influence. Ayant désormais l’ascendant sur Jacques Séguéla, en grande partie grâce à ce GIE qu’il forme avec son correspondant et ami de Matignon. La bataille de communication qu’il conduira pour aider la BNP à réussir son OPA sur Paribas, en 1999, finira peu après à l’installer comme un personnage incontournable du microcosme du capitalisme parisien.

Quant à Valls, s’il ne connaît strictement rien à la communication, il a assez d’habileté et d’entregent pour en comprendre les ficelles et se faire une place dans l’équipe de Matignon.
À l’époque, c’est d’Aquilino Morelle (qui, quinze ans plus tard, sera expulsé de l’Élysée, après les révélations de Mediapart sur ses liens avec un laboratoire pharmaceutique) que Manuel Valls est le plus proche. Tous deux font équipe et cherchent à gagner de l’influence en reprochant régulièrement à Lionel Jospin d’être trop dans la main des « technos » de son cabinet, emmené par Olivier Schrameck. Valls appuie aussi les propositions sulfureuses du ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn. C’est en somme la constitution d’un étrange GIE, qui va perdurer les années suivantes. Valls et Fouks s’appuient mutuellement dans leurs entreprises ; le même Valls envoie de son côté des signes de sympathie à Dominique Strauss-Kahn, dont les principaux soutiens au sein du parti sont Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Marie Le Guen, épaulé pour sa communication par Stéphane Fouks. Et dans les années suivantes, tout ce petit monde ne va cesser de se rendre des services mutuels.
Fouks va de proche en proche offrir un refuge dans son agence à certains des amis du groupe informel : à Aquilino Morelle, et à quelques autres. De son côté, Anne Hommel, l’assistante de Cambadélis, qui a fait ses classes à l’OCI, va passer elle aussi par Euro-RSCG, avant de devenir la chargée de communication de Dominique Strauss-Kahn. C’est elle qui se distinguera plus tard dans les turbulences de l’affaire Cahuzac en lâchant : « La vérité, ce n’est pas mon sujet ! » La « génération MNEF » élargie, deux décennies plus tard. (…)

Manuel Valls profite de son passage au cabinet de Jospin comme d’une rampe de lancement. (…) Fort de ces années à Matignon, il peut ainsi devenir le maire d’Évry en 2001, et être enfin élu député de l’Essonne en 2002.
La suite est connue. Cherchant systématiquement à prendre des positions décalées, non pas dans une logique de conviction, mais de communication ou de marketing politique, il ne rate aucune occasion de se distinguer et jouer de la provocation, dans le but de se faire un nom.

Se positionnant de plus en plus à droite, le voici qui brocarde les trente-cinq heures en usant des mêmes arguments que ceux de l’UMP ; le voilà qui part en guerre contre la retraite à soixante ans. Le tout dans un seul souci, se démarquer et se faire entendre.
Manuel Valls profite aussi d’un ultime coup de pouce du destin. Et, plus précisément, d’un coup de pouce de François Hollande. Incapable de réunir les parrainages en nombre suffisant pour se présenter à la primaire socialiste, Valls reçoit l’aide discrète de Hollande, qui demande à des élus proches d’apporter leur soutien au maire d’Évry pour contrebalancer l’influence d’Arnaud Montebourg.
C’est ainsi que Manuel Valls, à force de ténacité et d’intrigues dans les coulisses du pouvoir, est devenu, contre l’avis des électeurs des primaires de 2011 qui l’ont crédité de moins de 6 % des suffrages, l’improbable Premier ministre d’un gouvernement en perdition. Quelle est sa légitimité ? Disons-le franchement : aucune. Ni légitimité universitaire : il n’est qu’un professionnel des arcanes socialistes. Ni véritable légitimité politique : la seule fois où il a brigué nationalement les suffrages des électeurs de gauche, il a été balayé.
Ainsi va la gauche socialiste : elle confie son avenir à celui qui proposait en 2009 d’abandonner le nom même de Parti socialiste.

Dans son enquête,
Laurent Mauduit, le journaliste de Mediapart déballe ainsi le passé de Cambadélis, Valls et Le Guen pour mieux montrer comment la MNEF (et ses affaires d’argent) unit ce trio aujourd’hui aux commandes et d’un parti, et du pays.

Source : http://www.mediapart.fr/journal/france/180914/manuel-valls-lombre-de-la-mnef-et-les-coulisses-du-ps


lundi 7 avril 2008

Les excités de la gauche font vaciller la flamme olympique à Paris

Plus vite, plus fort, plus loin, la sottise gauchiste
Si seulement la cause du peuple tibétain progressait en proportion de la bêtise militante des négatifs de la gauche stérile, elle aurait fait un grand pas! Mais, militants aigris acquis à toutes les causes qui passent peuvent avoir la joie triste.
Ils ont sacrifié la fête des sportifs à leur petite satisfaction malsaine, avec la participation de quelques athlètes égarés.
Ils ont cru se grandir en s’opposant. Pour lutter contre leur mal-être, leur inadaptation au monde, ils se sont donné l’illusion de leur utilité, voire de leur importance. La générosité et le dialogue auraient pu les rassurer sur leur humanité, mais en jugeant ceux auxquels ils se croient supérieurs, en les condamnant sans procès dans la rue, ils ont fait œuvre de tribunal révolutionnaire, expéditif. Ils se sont comportés en tribunaux chinois, ceux-là mêmes dont Sa Cynique Majesté vante la rapidité exemplaire, mais que les manifestants entendaient condamner.
Individuellement petits et malingres, à l’image de Robert Ménard, ils ont un compte à régler avec la vie qui les a sans doute oubliés en les dotant mal. Est-ce une raison pour, forts enfin d’être ensemble, gâcher le plaisir des autres et de briser les chances de réussite d’un dialogue constructif pour plus de libertés en Chine et d’amitié entre les peuples ?
Des Français sous influence ont manqué l’occasion de témoigner de leur amitié pour deux peuples en souffrance, au Tibet comme en Chine.
Tibétains et Chinois, pareillement, souffrent d’un système politique autoritaire qui a fait l’admiration de Français qui en lui apportant leur soutien en d’autres temps ont participé à l’oppression de ce peuple qu’ils veulent maintenant sortir de la dictature. Et cela au moment où, lentement mais sensiblement, il s’ouvre sur l’Occident et évolue vers plus de démocratie. Les démonstrations de Londres et Paris seront-elles responsables d’un blocage du processus ?
En mêlant sans nuance le peuple à la condamnation du régime politique chinois qui l'opprime, ces défenseurs vertueux des droits de l'homme et du Tibet, ont fait reculer la cause qu’ils sont supposés soutenir. Certains ont abandonné leurs cols Mao, comme l’ineffable Lang qui les affectionnait avec ostentation. Les filles de notaires qui occupaient la Sorbonne en Mai 68 ou les fils de profs qui jouaient aux révolutionnaires hirsutes à Nanterre, il y a bientôt 40 ans, étaient-ils tous sur le parcours de la flamme ou ont-ils esquivé la séquence souvenir ? Leurs enfants sont-ils à leur tour engagés auprès des combattants pro-Chinois du Népal ou du Soudan, contre le Darfour?
La Révolution culturelle chinoise (lien Wikipedia )
Vers 1966-1968, la radicalisation d'une partie de la jeunesse étudiante occidentale apporte de nouveaux partisans au maoïsme. C'est le début d'une deuxième période caractérisée par un assez large rayonnement de la Chine dans les milieux étudiants et intellectuels. La « voie chinoise » est perçue comme une sortie du stalinisme par la gauche. La révolution culturelle chinoise est interprétée comme un mouvement de critique du parti par « les masses », et séduit par l'idéologie anti-autoritaire affichée.
Des récits édifiants se multiplient sur une Chine où se forge « l'homme nouveau » : des journalistes, psychanalystes, philosophes, prêtres, cinéastes, et écrivains rivalisent d'éloges. Pour Maria-Antonietta Macciocchi, auteur du livre De la Chine qui exalte la Révolution Culturelle, les prisons chinoises sont un des endroits les plus agréables qui soit. Marie-sEGOlène Royal qui vante la rapidité de la justice chinoise est sur la même ligne !
Les futurs « nouveaux philosophes » s'efforcent de trouver un sens profond aux quelques lieux communs de Mao censés former le sommet théorique de la philosophie marxiste. Des médecins rapportent avec enthousiasme que la lecture du Petit Livre rouge permet de se passer d'anesthésie. Pour Charles Bettelheim, la Chine aurait découvert une voie économique authentiquement socialiste en rompant avec la tradition stalinienne. La « maomania » européenne ne se heurte qu'à de très rares critiques avant 1975. On peut citer les livres décapants du sinologue belge Simon Leys (Les Habits neufs du président Mao, 1971) ou les tentatives de militants trotskystes comme Livio Maitan, de porter un jugement critique sur la Révolution culturelle (Parti, armée et masses dans la Révolution culturelle, 1970).
Les rapports difficiles entre les premiers noyaux de militants staliniens des PC et la nouvelle génération furent souvent à l'origine de scissions et de crises. Les premiers préfèrent la dénomination de « marxistes-léninistes » à celle de « maoïstes » et mettent l'accent sur la continuité dans l'histoire du mouvement communiste international. En 1970, on dénombre plusieurs centaines d'organisations maoïstes en Europe. Le plus souvent, elles se livrent une guerre idéologique impitoyable. Certaines d'entre elles reproduisent le culte de la personnalité de Mao en présentant leur propre dirigeant comme le leader bien aimé de la classe ouvrière de leur pays (Aldo Brandirali en Italie, Arnaldo Matos au Portugal, etc.). Ce phénomène est loin d'être limité à l'Europe: au Canada (Hardial Bains) ou au Pérou (le camarade Gonzalo), le culte des génies locaux occupe une place importante dans le maoïsme.
La plupart des militants de la nouvelle génération n'ont qu'une expérience limitée du « communisme » et leur « marxisme » est souvent sommaire. Leurs nouveaux dirigeants proviennent surtout de milieux catholiques radicalisés. Quelques citations de Mao tiennent lieu de ligne politique et les organisations connaissent une instabilité marquée. À l'exception de la Grande-Bretagne où les organisations trotskystes sont dominantes, la nébuleuse des organisations maoïstes sera la principale force de l'extrême-gauche entre 1968 et 1975.
Dans certains pays, il existe aussi des organisations d'extrême-gauche que l'on pourrait qualifier de maoïsantes. Elles considèrent Mao comme un éminent dirigeant révolutionnaire sans reprendre à leur compte l'ensemble des positions politiques du PC chinois. C'est le cas notamment d'Il Manifesto en Italie, de l'Organisation communiste Bandera Roja en Espagne ou de tendances au sein du
PSU de Rocard et Chevènement en France.
Si les organisations maoïstes sont très actives, elles échouent cependant à s'implanter de façon durable en milieu ouvrier. Malgré la priorité qu'elles accordent à cette tâche, leur hostilité extrême à l'égard des PC et des directions syndicales très présents dans ce milieu, leur théorisation sur de nouvelles avant-gardes (jeunes ou immigrés) ne leur permettent pas de gagner une base ouvrière. L'envoi de lycéens et d'étudiants dans des usines sert souvent de substitut à cette base. Cette volonté reste réflexe dans les universités et les lycées. Le seul parti maoïste d'Europe qui parviendra à se développer et connaît jusqu'à nos jours une certaine implantation et une représentation parlementaire est le SP (Parti Socialiste) des Pays-Bas mais ce parti a écarté toute référence au maoïsme dès la fin des
années 1970.
Qui en France prend fait et cause pour Taïwan ? Que signifie donc ce subit engouement pour le Tibet ?
En s’en prenant aux symboles olympiques, ils s’en sont pris à l’un des symboles universels de fraternité qui survit tant bien que mal dans toutes les parties du monde.
Le voyage de la flamme olympique d'Athènes à Pékin a sombré dans le chaos lundi à Paris où la torche a effectué une grande partie du trajet en autocar.

Groupes maoistes en France
Les groupes actuellement en activité :
- l'
Organisation communiste marxiste-léniniste Voie prolétarienne, OMCL VP, qui a adopté une ligne « post-maoïste », plus spontanéiste, (1976-)
- le
Parti communiste des ouvriers de France, PCOF, issu de la section de Strasbourg du PCMLF, (1979-)
- le
Parti communiste marxiste-léniniste-maoïste, parti récent se revendiquant de la Gauche prolétarienne (2003-)

samedi 1 décembre 2007

Trotskistes, la haine leur va si bien !

LO fait le grand écart et laisse la LCR à part
Ca n'allait déjà pas fort entre eux, mais rien ne va plus -actuellement- entre Lutte ouvrière (LO) et la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) !
Après avoir ironisé sur le futur grand parti «radical, guévariste, libertaire, syndicaliste révolutionnaire» d’Olivier Besancenot, voilà que les amis d’Arlette Laguiller tripote la «gauche molle» de Hollande. Et la LCR n'hallucine pas. Ils se pincent pourtant. «Ils sont fous chez Arlette. Aux municipales, ils préfèrent s’allier avec le PS qu’avec nous. C’est du jamais vu».

Lutte ouvrière tient son Congrès «clandestin» ce week-end au … château de Presles (Val-d’Oise) qui fut un temps possession du …prince de Conti et où la fête annuelle de Lutte Ouvrière se déroule le week-end de la Pentecôte, avec une capacité d'environ 30 000 visiteurs: la densité d' (in)occupation de cette 'surface habitable' laisse DAL insensible!... Parc réservé aux personnes de qualité, en toute simplicité révolutionnaire, et où des tentes de Maliens feraient probablement tâches... Chez ces gens-là, on ne se mêle pas!

La LCR inquiète l'ombrageuse Arlette pour avoir fait un score à la Présidentielle qui lui fait de l'ombrage. Elle doit se démarquer ou disparaître et refuse donc de faire liste commune aux municipales avec ses camarades trotskistes du parti d’Olivier Besancenot et de mêler les voix des 'Travailleurs, Travailleuses' avec celles de ces manants! Et préfère soit partir à la lutte finale sous ses propres couleurs, soit faire alliance avec le Parti communiste, voire avec le Parti socialiste au sein de listes d’union de la gauche. Et Fanfan Bayrou, alors? Comme à Saint-Brieuc, Besançon, Angers, Orléans… «La prise de position nationale commence à s’appliquer partout. A La Courneuve, Aubervilliers ( Seine-Saint-Denis), mais aussi dans le Nord et le Rhône. Ils nous disent avoir rejoint nos analyses : au moment où les coups de Sarkozy pleuvent dru, il ne faut pas que la gauche se divise. Ils vont même jusqu’à parler gestion, ce qui est nouveau», indique Michel Laurent, de la direction du PCF.

Des trotskistes gérant des villes avec des socialistes! La Ligue communiste révolutionnaire qui veille à son indépendance totale vis-à-vis du Parti socialiste comme sur sa vertu, s'exclame: «C’est un tournant à 180 degrés, un virage historique." Alain Krivine, leader de la LCR, explique. "Jusqu’à présent, LO n’avait jamais fait d’alliance électorale au-delà du PSU !" C'était tout de même Rocard ou Chevènement

Le 27 novembre, la LCR s’est fendue d’une lettre à ses camarades de LO, les appelant au rassemblement dans un anticapitaliste virginal. Sans trop se faire d’illusions. Car, derrière les rivalités sur les municipales, c’est bien l’OPA de la LCR sur la gauche radicale qui titille LO. «Ils ne veulent pas faire liste commune pour ne pas cautionner le nouveau parti. Et pour sauver les meubles, car la seule condition qu’ils posent au PCF et au PS, c’est d’avoir des élus», glisse-t-on à la LCR. Ca s'appelle gérer la pénurie d'électeurs.
Avec ses 4,08 % à l’élection présidentielle, contre 1,33 % à Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, qualifié de «Che Guevara sans les poils» cette semaine dans Paris Match, réussit son opération marketing, sur le modèle de son aîné. A quand les T-shirts à son effigie? Le facteur tente de cristalliser son statut d’opposant radical à Nicolas Sarkozy acquis pendant les grèves sur les régimes spéciaux. Objectif : mettre sa popularité au service du futur parti. Peinant à tourner la page Laguiller, la direction de LO a trouvé la parade : «Arlette le double sur sa droite», observe Christian Picquet, de la minorité unitaire de la LCR. «Et, se faisant, LO met le doigt sur la forte aspiration à l’unité qui existe dans ce pays, notamment quand les municipalités communistes sont menacées par le PS

Rappel historique... Qui a dit?«Il n'est pas question pour nous de cautionner» Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon ou Laurent Fabius en faisant campagne commune pour le «non» à la Constitution européenne, expliquait Arlette Laguiller dans un entretien à «Libération» publié samedi, à l'époque . «Nous n'avons pas envie de nous retrouver aux côtés d'anciens ministres socialistes comme Emmanuelli ou Mélenchon qui ont soutenu le gouvernement Jospin et n'ont pas contribué à améliorer le sort des travailleurs. Il n'est pas question pour nous de cautionner ces gens-là», explique la porte-parole de l'organisation.

Le courant majoritaire de LO devrait -pourtant- valider ce changement de cap ce week-end. contre la fraction marginale favorable au tête à tête avec la Ligue communiste révolutionnaire.
«Hardy», le mentor d’Arlette, explique cette stratégie circonstancielle de LO : «Personne dans les colistiers que nous contactons actuellement ne nous demande de nous dissoudre pour rejoindre leur parti, ce que fait, en substance, la LCR», écrit-il. Cet été, Arlette Laguiller avait déclaré «regarder avec sympathie» la tentative de la LCR. «Mais regarder avec sympathie et participer, c’est différent. Quand Georges Brassens trouvait sympathiques les amoureux qui se bécotaient sur les bancs publics, il n’allait pas s’asseoir entre eux pour se mêler de leurs affaires de cœur !» conclut Hardy.
Entre Arlette et Olivier, c’est bien fini?

Aucun n'est soluble dans l'autre?

mercredi 26 septembre 2007

Brice Lalonde entre en scène au côté de Sarkozy

Ouverture : Brice Lalonde, côté jardin


L'écologiste Brice Lalonde a été nommé aujourd’hui mercredi ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique, a annoncé le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, en soulignant "une façon de continuer l'ouverture" voulue par Nicolas Sarkozy. "
Brève bio :
Brice Lalonde, est né en 1946 de l’union de Alain-Gauthier Levy, d'origine alsacienne, et Fiona Forbes, écossaise, qui changérent leur nom en Lalonde en 1950. Brice Lalonde est cousin germain de John Kerry, sénateur démocrate du Massachusetts, candidat à l'élection présidentielle américaine de novembre 2004. Leurs mères respectives sont sœurs, issues de la famille Forbes.
Il milita longtemps au PSU (Parti socialiste unifié) et fut militant à l'UNEF comme étudiant. Il rejoint au début des années 70 l'association Les Amis de la Terre. Puis, il fut directeur de campagne du candidat écologiste René Dumont à l'élection présidentielle française de 1974.
Il fut secrétaire d'Etat puis ministre de l'Environnement dans des gouvernements de Michel Rocard et Edith Cresson de mai 1988 à avril 1992. Marie-sEGOlène Royal lui succéda. Il fonda également en 1990 le parti Génération écologie, fondé à l'initiative du Président Mitterrand, qui d'après Noël Mamère, cherchait à empêcher la montée de Les Verts aux régionales de 1992 à la suite de leurs excellents résultats de 1989.

Il s'éloigna ensuite peu à peu des écologistes radicaux, et se rapprocha d’autant des libéraux. Élu conseiller régional de Bretagne en mars 1992, il se découvrit plus d’affinités avec la majorité de droite de l'Assemblée et sera réélu en mars 1998 sur la liste d'union UDF-RPR-GE (Génération écologie).
Brice Lalonde est actuellement maire de Saint-Briac (Ille-et-Vilaine).


B. Lalonde, qui fut candidat écologiste à la présidentielle de 1981, "est évidemment reconnu pour ses compétences en la matière et notamment sur le développement durable", a ajouté L. Wauquiez.