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samedi 25 janvier 2020

Concentration de la presse: Niel autorisé à ajouter Nice-Matin à ses autres media

Feu vert définitif de la justice au rachat de Nice-Matin par le magnat de la presse

L’Autorité de la Concurrence autorise sans engagements Xavier Niel à prendre le contrôle du quotidien régional

Anciennement Conseil de la concurrence, elle est une autorité administrative indépendante (A.A.I.) dont la présidence est toutefois attribuée sur proposition des commission des affaires économiques du Sénat et de l'Assemblée nationale, conformément à l'article 13 de la Constitution. En 2016, la majorité présidentielle était socialiste.
Depuis octobre 2016 et pour cinq ans l'actuelle présidente est une conseillère d'Etat, Isabelle de Silva, une ex-membre du conseil d'administration de la caisse de retraite des personnels de l'Opéra national de Paris.De manière embarrassante au regard de ses prétendues neutralité, vis-à-vis des media, et indépendance, à l'égard du pouvoir, celle qui livre Nice-Matin à Xavier Niel (propriétaire de Free et copropriétaire du groupe Le Monde) est la même qui, dès les premiers mois de son mandat à la tête de l'Autorité, condamna à une amende de 80 millions d'euros le groupe Altice de Patrick Drahi (Libération et BFM) pour la pratique de gun jumping après qu'il a réalisé de manière anticipée deux opérations de concentration notifiée en 2014, et, se flattant de son féminisme qui, au jour de sa nomination clama son désir "d'aider les femmes autour [d'elle] à développer leur carrière et à saisir des opportunités ", renforce aujourd'hui l'emprise sur l'opinion d'un homme condamné en octobre 2006 à deux ans d'emprisonnement avec sursis et à 250.000 euros d'amende pour recel d'abus de biens sociaux datant de 2001 à 2004 dans un 'peep-show' dont il était actionnaire. On ne refuse rien à une fortune personnelle de 5 milliards qui épouse la fortune d'un autre homme d'affaires, Bernard Arnault (groupe LVMH, le plus riche du monde, avec des actifs valorisés à 109 milliards de dollars américains), en la personne de Delphine Arnault.
Après être entrés en négociation exclusive l’année dernière avec Nethys en vue de la reprise d'une part majoritaire des 34% détenus par le groupe belge dans le journal Nice-Matin, Xavier Niel et sa holding NJJ ( Le Monde, L’Obs) ont par la suite eu le champs libre après le retrait surprise du milliardaire franco-libanais Iskandar Safa alors en course pour racheter le solde des 66 % détenus par les salariés actionnaires du journal.

L’Autorité de la concurrence a aggravé la main mise sur la presse par des hommes d'affaires et la concentration de la presse en autorisant le fondateur de Free et NJJ, qu’il détient à 100%, à prendre ce lundi 20 janvier le contrôle exclusif du groupe de presse, lequel édite les titres Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin. 
Un nouveau pas en arrière est franchi, préfigurant le "monde nouveau" de Macron.

Cette autorité administrative indépendante est censée lutter contre les pratiques anticoncurrentielles

Après examen (!), elle n'a constaté aucun chevauchement d’activité en ce qui concerne la presse écrite.
“Compte tenu des différences de nature qui existent entre les différents titres édités par GNM (titres de presse quotidienne régionale) et NJJ (titres de presse quotidienne nationale et magazines), l’opération ne donne lieu à aucun chevauchement d’activité dans le secteur de la presse écrite”, a tranché l’Autorité.

Cette autorité fantoche reconnaît pourtant "des chevauchements d’activités (qualifiés de "très limités") sur les marchés de l’exploitation de sites éditoriaux en ligne et de la vente d’espaces publicitaires en ligne”. 
Qu'à cela ne tienne, compte tenu de différences très marquées entre les lectorats de ces différents journaux et la faible diffusion payante des titres édités par NJJ dans les départements du Var et des Alpes-Maritimes, l’Autorité a écarté tout risque de vente liée.

La holding de Xavier Niel s’est engagée à conserver le contrôle de Nice-Matin pendant cinq ans, tout en promettant d’investir plus de 50 millions d’euros.

jeudi 1 octobre 2015

L'Express soumis à dégraissage depuis son rachat par Drahi

Plan de "sauvegarde de l'emploi" au Groupe Altice Média

R
acheteur de L'Express et Libération, Drahi doit maintenant payer ses dettes

Quelque 134 suppressions de postes sur 630 et une filialisation partielle
C'est la proposition de plan de sauvegarde de l'emploi que la direction du groupe Altice Media, créé en 2015 par Patrick Drahi, co-propriétaire du groupe (ci-dessus), avec Marc Laufer, homme d'affaires spécialisé dans le secteur des media (ci-dessous), directeur de L'Express, a présenté ce lundi  aux élus du comité d'entreprise 

"Révoltés", "en colère", très émus... 
Laufer, patron de L'Express et de Libération
Ce lundi après-midi, les représentants du personnel du Groupe Altice Media, propriété de Patrick Drahi, propriétaire de l'hebdomadaire L'Express et de L'Expansion, mais aussi du quotidien Libération, en plus de L'Etudiant, des magazines Côté Maison, de Studio Ciné-Live, de Lire ou de Classica, présentaient aux employés du groupe, réunis en assemblée générale, la proposition de plan de sauvegarde de l'emploi dont ils avaient discuté quelques heures plus tôt, en comité d'entreprise, avec la direction, en particulier représentée par le président directeur général, Marc Laufer, et le directeur général délégué, Christophe Barbier. 

125 suppressions de postes 

Selon cette proposition, seraient supprimés 125 postes, 133 avec les pigistes, et les activités de L'Etudiant et de la régie publicitaire seraient filialisés, à hauteur de 222 postes. 

Ces mesures s'ajouteraient aux conséquences de la clause de cession, ouverte aux titulaires d'une carte de presse lors du changement d'actionnaire, au printemps. Quelque 115 journalistes en avaient alors bénéficié, sur les 630 salariés du groupe.
Principalement touchés par ce plan, les "services support", direction générale, direction financière et des ressources humaines, informatique, services généraux, diffusion, fabrication et studio de création. Le service documentation, qui compte 6 journalistes, est amené à disparaître.
L'Express pourrait perdre jusqu'à 24 salariés, dont 21 journalistes, L'Expansion 4, Lire 1, les "pôles déco" 6. 

Un délai d'une semaine 

Ce PSE devait initialement prendre effet ce lundi, à l'issue du Comité d'entreprise, mais l'intersyndicale a obtenu de la direction du groupe un délai, qui devrait être employé à négocier les différents points du plan, jusqu'à vendredi prochain. 
Au centre des négociations, le nombre de licenciements et la revalorisation des mesures d'accompagnement, d'aide à la reconversion en particulier. 

Selon les représentants du personnel, la direction du Groupe Altice Media a en revanche présenté comme "intangibles" la redéfinition de la convention collective de L'Etudiant et de la régie publicitaire et l'externalisation d'une grande partie des services transverses. 

Ce week-end, la Société des journalistes de L'Express a lancé différentes initiatives pour mobiliser ses soutiens, à travers une pétition en ligne, une page Facebook et un compte Twitter.

vendredi 6 juin 2014

Concentration de la presse aux mains de quelques riches socialistes: après Le Monde, le Nouvel Observateur

Les milliardaires, amis de Hollande, peuvent s'emparer  du Nouvel Observateur

Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse sont autorisés à racheter le groupe de presse de Claude Perdriel
Trois des oligarches socialistes:
Pigasse, Bergé, Niel
Bien que chargée de lutter contre les pratiques anti-concurrentielles, l'Autorité de la concurrence a donné son feu vert au rachat du Nouvel Observateur par des hommes d'affaires, les nouveaux propriétaires du quotidien Le Monde (2010), Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse. En 2011, la fortune de ce dernier était (sous-) estimée à 120 millions d'euros.

Pluralisme de la presse en danger
Nommés par le ministre des Finances, les membres de cette Autorité de la concurrence viennent de rendre une décision par laquelle ils autorisent la prise de contrôle du Nouvel Observateur par les milliardaires socialistes Pierre Bergé, un industriel du grand luxe (maison de haute-coutre Yves-Saint-Laurent) et soutien médiatique et financier du PS, Xavier Niel, qui investit en 2010 dans plusieurs start-ups liées à l'information en ligne (Mediapart, Bakchich) et qui possède Monaco Telecom, et Matthieu Pigasse, banquier passé par les cabinets ministériels de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius.


Cette opération s'effectue via leur structure commune Le Monde Libre,
propriétaire du groupe Le Monde.

Elle porte sur l'acquisition de 65% du Nouvel Observateur pour la somme de 13,4 millions d'euros. Le fondateur du magazine, Claude Perdriel, indutriel en sanibroyeurs, conserve 35%. Que penser donc désormais de l'affirmation de la presse de gauche selon laquelle les media seraient toujours en majorité intégrés à des groupes industriels, Mediapart nommant exclusivement Lagardère (propriétaire du magazine féministe Elle, Télé 7 jours, Le Journal du dimanche, dont des journalistes protestèrent en 2010 contre la position du groupe Lagardère vis-à-vis du pouvoir, affirmant  que le JDD, "pas plus que n'importe quel autre media, n'a à se plier aux désirs d'un pouvoir, ni à céder aux pressions ou aux menaces, d'où qu'elles viennent", de Paris Match, qui employa l'ex-concubine du président Hollande, et Europe 1, dont le PDG, Denis Olivennes, vient du Nouvel Observateur, et qui tous militèrent néanmoins pour le candidat de la gauche, Bouygues (groupe TF1 qui détient la chaîne de télévision éponyme et à 100 % les chaînes Eurosport, LCI, NT1, 80 % de TMC, 50 % de TF6 et 100 % de l'édition française de presse gratuite, Métronews), Dassault qui ne possède quasiment plus que Le Figaro?...

L'acquisition ne porterait pas atteinte à la concurrence !... 
L'Autorité a considéré que l'opération "n'est pas susceptible de porter atteinte à la concurrence dans la mesure où les parts de marché cumulées des parties restent limitées sur tous les marchés de la presse magazine". 
Même si les acheteurs cumuleront la possession de deux groupes de presse, les différents titres de la nouvelle entité devront encore "faire face à des concurrents importants, tel que le groupe belge L'Express-Roularta (L'Express, L'Expansion, Lire, L'Étudiant), Le Point (appartenant, via la holding Artémis, à l'ancien propriétaire du groupe Pinault-Printemps-Redoute, l'homme d'affaires François Pinault, lequel, en 2012, fit connaître son intention de voter pour François Hollande), Le Figaro, Lagardère Active, Prima Media ou encore Marianne (hebdomadaire fielleux orienté à gauche et anti-Sarkozyste)", souligne l'Autorité. Le groupe du Nouvel Observateur a enregistré une perte nette de 9,8 millions d'euros en 2013.


Pourtant, le groupe Le Monde concentre déjà plusieurs titres de presse
Télérama, magazine culturel ;
Courrier international ;
La Lettre de l'éducation ;
Le Monde diplomatique (51 %)
La Vie, hebdomadaire chrétien social. Or, l'Autorité de la concurrence n'est pas perturbée par le risque d'ingérence de Bergé dans la ligne rédactionnelle du Nouvel Observateur. En juin 2013, le socialiste totalitaire, propriétaire du groupe Le Monde et militant de la cause homosexuelle, avait portant fait savoir qu'il "désapprouve en tous points les éditoriaux de La Vie contre le mariage pour tous". Pierre Bergé menaça même d' "abandonner La Vie si de telles prises de position devaient se reproduire".

A titre privé, le banquier Matthieu Pigasse est déjà un magnat de la presse
L'Autorité de la concurrence ne voit pas d'inconvénient non plus à ce que ce banquier, directeur général délégué de la banque Lazard en France et vice-président de Lazard en Europe, soit propriétaire et président du magazine Les Inrockuptibles depuis 1986, et non seulement actionnaire du journal Le Monde mais aussi du Huffington Post
Cette instance administrative n'est encore pas interpellée par cette autre atteinte à la concurrence. Rien ne semble la retenir dans son favoritisme socialiste, puisque Pigasse a pourtant montré de quoi il est capable par amitié socialiste en nommant directrice générale chargée de l’éditorial, Audrey Pulvar, alors concubine du ministre PS Arnaud Montebourg.
Le Monde annonça le lancement, en janvier 2012, de la version française du site l'américain The Huffington Post. L'ex-épouse du candidat PS à la présidentielle 2012, Anne Sinclair, est la première directrice éditoriale de cette version française.Or, ce site est détenu à 51 % par la maison-mère américaine, à 34 % par Le Monde et à 15 % par le banquier Matthieu Pigasse.
Tout le monde y voit la concentration de la presse entre quelques mains socialistes, sauf l'Autorité de la concurrence...

Le troisième repreneur du Nouvel Observateur n'est pas un modèle de vertu
Xavier Niel n'est pas seulement vice-président du groupe de télécommunications français Iliad, maison mère du fournisseur d'accès à Internet et opérateur de téléphonie mobile Free. Ce troisième larron a aussi été mis en examen et placé en détention provisoire à la prison de la Santé (Paris) pendant un mois en 2004 pour proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux concernant un de ses "peep-shows". En 2005, le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke rendit une ordonnance de non-lieu en sa faveur, concernant les accusations de proxénétisme: Niel était déjà quasiment intouchable, comme co-concepteur de la Freebox...
Mais Niel est encore condamné en octobre 2006 à deux ans d'emprisonnement avec sursis et à 250.000 euros d'amende pour recel d'abus de biens sociaux datant de 2001 à 2004 pour cette affaire de "peep-shows" dont il était actionnaire et pour lesquels il perçut quelque 200.000 euros sur trois ans. Suite à cette affaire, Xavier Niel attaqua plusieurs fois en diffamation le journal Libération et l'auteur d’articles évoquant ses démêlés judiciaires. Xavier Niel et la société Free furent déboutés en 2008 et condamnés à verser des dommages-intérêts à Libération pour procédures abusives, mais l'Autorité de la Concurrence n'y a pas vu depuis la volonté de ce candidat à la reprise du Nouvel Observateur une volonté de museler la presse...


Et pour mémoire, le quotidien socialiste  Libération a pour actionnaires de référence les hommes d'affaires Bruno Ledoux - Société minière et métallurgique de Penarroya (Metaleurop), propriétaire du siège du journal et fondateur et actionnaire de référence du Groupe Colbert, auteur de nombreuses acquisitions en partenariat avec les principales banques d'affaires mondiales Lehman Brothers - et Édouard de Rothschild, homme d'affaires dont le magazine Challenges (groupe de presse Perdriel) estima la fortune (avec David de Rothschild ) à 315 millions d'euros, en 2007.

L'aveuglement de l'Autorité de la concurrence interpelle les démocrates 

Elle vient en effet d'accorder une prime à Bergé pour ses odieux propos publics

En novembre 2009, il accusa le Téléthon de "parasiter la générosité des Français d'une manière populiste".
lors du débat sur l'ouverture du mariage aux couples du même sexe, cet octogénaire déclara à propos de la GPA: "Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ?"

Le 16 mars 2013, le vieillard indigne, militant de la cause homosexuelle et de la lutte contre le sida, récidiva sur Twitter, avec cet ignoble message : "si une bombe explose sur les Champs à cause de #laManifPourTous, c'est pas moi qui vais pleurer".
En septembre 2013, ce socialiste haineux se déclara favorable à la suppression de toutes les fêtes chrétiennes en France.

Le destin du Nouvel Obs est-il dans de bonnes mains ?
Début 1987, P. Bergé lança le magazine Globe, qui soutint la candidature de François Mitterrand en 1988.
En 1990, il co-fonda Courrier international qui se fit racheter par le groupe Le Monde. 
En 1993, il aida aussi au lancement du magazine Globe Hebdo qui, déficitaire, stoppa ses activités l'année suivante.

mardi 6 mai 2014

A l'extrême gauche, Mélenchon met Le Monde sous surveillance

Vigilance citoyenne: Le Monde, placé sous surveillance par l'extrême gauche 

Maltraité par le quotidien socialiste,
Mélenchon appelle à "surveiller" et "filmer" des journalistes

Dimanche 4 mai, Jean-Luc Mélenchon s'est encore révolté contre les procédés de la presse gouvernementale. 
Il a une nouvelle fois les journalistes du Monde dans le collimateur. Le coprésident du Parti de gauche, qui avait déjà qualifié le quotidien de "journal de révérences" à la majorité socialiste

Marginalisé par une certaine presse,
Mélenchon avait aussi caricaturé Le Monde en "organe central" du Front national, à force de le présenter en unique opposant au régime. 

Dans une note publiée dimanche sur son blog, il estime aussi que le quotidien du soir est le "journal des publi-reportages sur les Le Pen"
Suivons Les Aventures du Soviet au pays des Roses à épines.   

Acte 1 : riposte de Mélenchon

Un journaliste du Monde s'est fait passer pour un journaliste de Libération lors d'une opération du Front de gauche au côté des salariés d'Alstom de Belfort (Territoire de Belfort)Le leader du Front de gauche, accuse Jean-Luc Mélenchon. "Aucun des 'journalistes' de ces deux quotidiens [Libération et Le Monde] ne sont [n'est] bienvenu[s] dans mes meetings et déplacements tant qu’ils travaillent pour ces quotidiens ! " discrimine et censure le chef de parti d'extrême gauche. 

"D’ailleurs, j’appelle mes amis à les surveiller de façon étroite et vigilante, à filmer leurs agissements, si possible, dès qu’ils les repèrent, qu’ils agissent à découvert ou qu’ils se cachent sous des faux noms", poursuit-il.

Acte 2 : l'indignation des journalistes


Piqués au vif, les journalistes dénoncent une atteinte à leur toute-puissance sur Twitter. Et ils ne sont pas uniquement du Monde mais de France Culture, du Figaro ou encore Libération. Autant dire les syndiqués à l'USJ (Union syndicale des journalistes), proche de la CFDT. 
En juillet 2010, lors des attaques de plusieurs ministres contre le site trotskiste d'information en ligne Médiapart, l'USJ CFDT avait défendu le droit à l'enquête et l'investigation, dans une tribune libre publiée par le quotidien Libération.
Un gros effort s'impose encore. 
Puisque l'objectivité n'est plus un objectif vertueux à atteindre, il reste à lutter contre le secret des sources et l'anonymat des témoins. 

Un tweet de Laure Bretton, journaliste à Libération:

Acte 3 : L'organe officieux du PS  ne se disculpe pas

Lundi, Natalie Nougayrède, la directrice n'acceptait pas la mise en cause  du quotidien par Jean-Luc Mélenchon accusé d'attaquer le travail du Monde "depuis plusieurs mois" et "de manière chaque fois plus outrancière", selon elle

La salariée des hommes d'affaires socialistes Xavier Niel (Free), Pierre Bergé (multi-milliardaire du grand luxe) et Matthieu Pigasse (banque Lazare) est virulente. "Cette basse manœuvre ne sert qu'un objectif : empêcher nos équipes de faire leur travail de journaliste". Et de conclure : "La direction du Monde condamne ces attaques avec la plus grande fermeté."

Acte 4 : Mélenchon produit une preuve

Lundi, en début de soirée, il rétorque sur Twitter en publiant un montage qui met côte-à-côte la Une que M, le magazine du Monde lui a consacrée, et un entretien (article payant, réservé aux nantis) de la présidente du FN publié sur le site du journal. Il estime que le quotidien "fait un choix militant".
"Fasciste", sans doute pas, malgré la tendance de la gauche à fasciser tous ses détracteurs, mais " totalitaire ", au vu de l'emportement de la presse autocratique de l'analyse militante et de la pensée unique.

Les ploutcrates se rebiffent.
La concentration de la presse entre les mains  de X. Niel , P. Bergé  et M. Pigasse, également propriétaires du Nouvel Observateur, autorise-t-elle - en démocratie - la soviétisation des media? 
Déjà propriétaires du Monde pour 13,4 millions d'euros depuis janvier 2014, ils se sont aussi portés acquéreurs du Nouvel Observateur, à hauteur de 65 %.

mercredi 8 janvier 2014

Concentration de la presse de gauche: Le Monde veut Le Nouvel Observateur

Un front socialiste des media menace la liberté de la presse 

Main basse des propriétaires du Monde sur Le Nouvel Observateur 
 

Le mythe dépasse la réalité depuis plusieurs années.
Il est communément admis que le grand nombre de titres de presse écrite, de chaînes de télévision, d’éditeurs de livres masque l’ampleur de la concentration dans la presse. Il est aussi donné à croire que les media sont en majorité intégrés à des groupes industriels de droite (Lagardère, Bouygues, Dassault, ...) qui dépendent économiquement par leurs marchés de l’Etat, donc du pouvoir politique. L'Humanité (PCF) dépend quant à lui des aides de l'Etat... Il apparaît de plus en plus clairement que cette présentation tendancieuse est carrément fausse. 

Le nouveau projet de concentration a fuité hier soir
"Les Echos" a appris que les trois propriétaires du journal socialiste Le Monde, Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse (ci-dessous à droite) sont sur le point de s’offrir l'hebdomadaire socialiste de Claude Perdriel, le propriétaire du groupe Nouvel Observateur (Le Nouvel Observateur, hebdomadaire de gauche d'information générale, Sciences et Avenir, magazine mensuel de vulgarisation scientifique, Challenges, premier news magazine économique en France et le site internet Rue89.)

Le rachat devait se faire via la holding du Monde, LML (Le Monde Libre), détenue à parts égales par les trois hommes d’affaires multimillionnaires. Claude Perdriel devrait conserver 30 % du titre. Le Monde détient déjà 6% des actions du Nouvel Observateur.

Les acquéreurs potentiels sont des hommes d'affaires militants Au PS
Les socialistes au pouvoir mangent dans la main de ces riches militants.
Xavier Niel, 10e fortune de France : né en 1967, il est vice-président et directeur délégué de la maison mère du fournisseur d'accès à Internet Free, opérateur de téléphonie mobile. Mis en examen et placé en détention provisoire en mai 2004 pour proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux concernant un de ses peep-shows, Xavier Niel a obtenu une ordonnance de non-lieu du juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke en août 2005. Il est toutefois condamné en octobre 2006 à deux ans d'emprisonnement avec sursis et à 250 000 euros d'amende  pour recel d'abus de biens sociaux dans ce peep-show dont il était actionnaire.

Matthieu Pigasse, né en 1968, est directeur général délégué de la banque Lazard en France et vice-président de Lazard en Europe, mais est issu d'une famille de presse par son grand-oncle et son père. Son frère est directeur de la rédaction du magazine people Public.
Depuis son passage dans les cabinets ministériels de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius, il est resté proche du Parti socialiste. Il est membre du conseil d'administration de la Fondation Jean-Jaurès, think tank du parti socialiste, ainsi que de la fondation pro-européenne EuropaNova. En 2007, il a fait partie des Gracques, l'un des groupes de pression de la gauche française. En 2007, le "banquier de gauche" conseille Ségolène Royal (financée par Pierre Bergé) et ne cache pas ses ambitions concernant un ministère en cas de victoire de la candidate socialiste à l'élection présidentielle. En 2009, il collabore avec Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et aussi Manuel Valls.
En 2005, Matthieu Pigasse organise la vente de Libération à Édouard de Rothschild. En 2009, il achète l'hebdomadaire culturel et politique Les Inrockuptibles, qui engagera Audrey Pulvar, alors concubine d'Arnaud Montebourg, ministre du "redressement productif". Il soutient aussi le site d'information Rue89 financièrement. En juin 2010, il prend le contrôle, avec Pierre Bergé et Xavier Niel du quotidien Le Monde.

Pierre Bergé, un homme d'affaires du luxe né en 1930, fut le compagnon du peintre Bernard Buffet et du couturier Yves Saint-Laurent. Il se trouve maintenant à la tête d'une fortune sous-évaluée à 120 millions d'euros
Dans les années 80, il se lie d’amitié avec le président François Mitterrand qu'il soutient, puis Ségolène Royal dont il finance la campagne présidentielle de 2007 et Vincent Peillon en 2009dans la création de son association L'espoir à gauche, dont le président est David Assouline, porte parole du PS, et le secrétaire général Patrick Mennucci, candidat socialiste à la mairie de Marseille.

Le site Internet Rue89, racheté il y a deux ans par " Le Nouvel Observateur ", fait partie du lot. Lorsqu'en décembre dernier l'industriel définit les contours de son projet de cession de son groupe de presse en difficultés, le site d'information "participatif" Rue89, propriété du groupe Perdriel, s'était mis en grève. Dans un texte publié sur Rue89 le 9 décembre 2013, Claude Perdriel estime que "l’indépendance éditoriale de Rue89 n’est pas menacée" et que "la réaction des journalistes de Rue89 est pour [lui] incompréhensible." La rédaction de Rue89 devait déménager avant l'été 2014 "Place de la Bourse, dans les locaux de l'Obs".

Pierre Bergé affirme qu’il n’est pas intéressé.

Manifestement, les trois protagonistes ne sont pas d’accord entre eux.
Ce matin, le co-propriétaire du Monde, Pierre Bergé (ci-contre, au centre), affirme au " Monde ": "je n’ai pas l’intention de le faire ".  
Claude Perdriel s’était dit prêt début décembre à céder le contrôle du "Nouvel Observateur ". Il avait adressé des appels du pied à Xavier Niel, patron de Free (ci-dessus à gauche), Jacques-Antoine Granjon, PDG de Ventesprivées.com, société dans laquelle le Qatar vient d'acquérir des parts,   et Jean-Louis Beffa, ex PDG de Saint-Gobain.

Plus que tout, Claude Perdriel souhaitait un rapprochement avec Le Monde , pour son magazine. Il y a trois ans, associé à Orange, il avait échoué à prendre le contrôle du quotidien du soir.

Hollande n'aime pas les riches, mais ce qui compte, c'est que les riches l'aiment...

Les organes de presse sont à gauche, contrairement au mythe qu'elle entretient

"Ils ont acheté la presse, explique Benjamin Dormann

Analyse solidement documentée qui s’avère à la fois édifiante et consternante
.

"Pourquoi la presse française n'a-t-elle rien dit avant ?", s'est-on peut-être interrogé quand l'affaire Dominique Strauss-Kahn a éclaté. La presse d'opposition était heureuse de recevoir des centaines de millions de subventions de Nicolas Sarkozy, mais s'est mobilisée pour empêcher sa réélection. De ce fait, tout en jurant leurs grands dieux qu'ils sont indépendants, les journalistes militent plus qu'ils n'informent, reproduisant avec complaisance les dépêches d'agences, elles-mêmes réceptacles des scénarii mis en scène par les bons think tanks, des experts choisis et de dévoués communiquants, renonçant souvent à ouvrir la moindre enquête ou la menant avec des présupposés.
De plus, cette presse se vend progressivement à des financiers qui s'assument clairement "de gauche", oubliant que dans la presse, comme ailleurs, des financiers restent des financiers. En suivant notamment de près la reprise du Monde par le banquier Matthieu Pigasse et la gestion du Nouvel Observateur par Denis Olivennes, un ancien conseiller du Premier ministre socialiste Pierre Bérégovoy, on découvre, étonnés, ses connivences, son opacité, et les coulisses d'une presse embourbée dans ses contradictions et ses mensonges.

Si
ce 4e pouvoir a aujourd'hui totalement perdu son ambition d'objectivité et renoncé à jouer son rôle d'information, c'est qu'il est décomplexé et fraye avec ce 5e pouvoir que l'on découvre dans ce livre : celui des réseaux mondialisés, mêlant hommes d'affaires, financiers, media et politiques, agissant et décidant dans la coulisse, en toute discrétion, parallèlement à nos structures démocratiques devenues impotentes. Il faut dire que, dans le même temps, la démocratie s'est également accommodée des organisations supranationales (ONG) sans aucune légitimité électorale.

L'auteur livre le fruit d'une enquête fouillée de plus de deux ans,
un voyage édifiant et instructif dans l'envers du décor, où l'on croise les membres du Siècle, le plus grand groupe d'influence français, le Young Leader (de la Fondation Franco-Américaine ) Arnaud Montebourg, le Bilderberger Manuel Valls, ou le German Marshall Fund (réseau d'experts et de financement de projets), financeur américain de Terra Nova, fondation initiatrice des primaires du Parti socialiste... et où l'on découvre les stupéfiantes conditions de la nomination du parfait inconnu Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen.
 
Ils ont acheté la presse, telle est la provocante affirmation de Benjamin Dormann 

Elle sert de titre à son ouvrage. Ces "ils" sortent vite de l’anonymat. Ils s’appellent
Serge July, Laurent Joffrin, Denis Olivennes, Matthieu Pigasse, Pierre Bergé, entre autres.

Benjamin Dormann, qui fut journaliste dans la presse financière et a été trésorier d’un parti politique "divers gauche", n’est pas un néophyte. Il sait ce dont il parle et le montre dans cet ouvrage, véritable bouquet de révélations. Elles sont tour à tour déroutantes, surprenantes, déconcertantes. L’auteur nous invite à passer de l’autre côté du miroir. On part en sa compagnie explorer les méandres souvent obscurs de Mediapart, des Inrockuptibles, du Nouvel Observateur, de Libération et du Monde. Une plongée dans la presse de gauche.

On considère la presse comme étant le quatrième pouvoir. Théoriquement, cette affirmation suppose qu’elle est objective, un lieu de réflexion, d’analyse et, naturellement, de contestation. Elle aurait donc la noble fonction d’informer le citoyen et, au besoin, d’alerter l’opinion publique des dérives du pouvoir en place. Aujourd’hui, l’idée même d’une presse indépendante, autrement dit libertaire, tient de l’utopie.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France s’est libérée de l’occupant. Les journaux furent, eux, emprisonnés dans le carcan de plus en plus étroit d’une idéologie où l’œil de Moscou veillait. Il ne fallait pas trop s’écarter de la vision totalitaire de l’Histoire. Il s’agissait de marcher droit et de penser à gauche, voire à l'extrême gauche.

En analyste rompu aux subtilités du monde financier, Benjamin Dormann constate que la presse écrite, dans son ensemble, se trouve dans une situation économique désastreuse. En mars 2012, date de publication, certains titres frisaient déjà le dépôt de bilan. 
L’auteur relève là un singulier paradoxe. Les bilans de nombreux titres devraient faire fuir tous les investisseurs responsables, assurés qu’ils sont de ne jamais pouvoir retrouver leur mise. Il n’en est rien. Au contraire, ils s’empressent, Pierre Bergé en tête, et sortent leur carnet de chèques. L’auteur nous donne les raisons d’une telle démarche. Les équipes rédactionnelles sont de plus en plus emportées par le militantisme politique (les écoles de formation et les salles de rédaction sont noyautés par le SNJ). Du fait de leur engagement, les journalistes perdent toute crédibilité. La prétendue objectivité disparaît, avalée par les brumes du combat idéologique. Les journalistes partisans se transforment en agents de publicité et les titres deviennent insidieusement des agences de communication.

Benjamin Dormann étaye ses analyses et ses démonstrations d’exemples concrets. Avec une ironie mordante, il épluche le dossier de la lamentable affaire DSK. Il n’est pas original de constater que le satyriasisme du directeur du FMI était connu de l’ensemble des medias. Les plus effrontés en faisaient des gorges chaudes. Tout le monde savait, mais tout le monde se taisait. Ah, la sacro-sainte atteinte à la vie privée ! Les gardiens si sourcilleux de l’éthique avaient moins de scrupules lorsqu’il s’agissait de raconter les frasques érotiques d’un Berlusconi.

Une nouvelle étape allait bientôt être franchie. Le quatrième pouvoir agonisant est remplacé par un cinquième pouvoir, selon l’auteur. On est insensiblement passé de l’ère de la communication à celle de la manipulation, puis à celle du mensonge délibéré. Les frontières entre ces genres, théoriquement incompatibles, deviennent chaque jour plus ténues.

Benjamin Dormann met à mal bien des idées reçues. A des media qui crient famine, il montre (chiffres à l’appui) que l’État subventionne les grands organes de presse avec une constante régularité. Celle-ci se complaît fort bien de cet assistanat étatique.

Pour reprendre le sous-titre de l’ouvrage, "aujourd’hui, la presse se tait, étouffe, ou encense". Il ne faut pas s’étonner qu’elle se trouve de plus en plus coupée de l’opinion et donc de son lectorat. L'analyse  s’avère à la fois édifiante et consternante. 

Trop dérangeante pour que l'omerta du milieu ne s’impose pas.
L'éditeur, Jean Picollec, n'a pas dû mettre la clé sous le paillasson et pourtant le livre est difficilement accessible. Aurait-il subi des pressions pour ne pas le ré-éditer ?