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jeudi 1 octobre 2015

L'Express soumis à dégraissage depuis son rachat par Drahi

Plan de "sauvegarde de l'emploi" au Groupe Altice Média

R
acheteur de L'Express et Libération, Drahi doit maintenant payer ses dettes

Quelque 134 suppressions de postes sur 630 et une filialisation partielle
C'est la proposition de plan de sauvegarde de l'emploi que la direction du groupe Altice Media, créé en 2015 par Patrick Drahi, co-propriétaire du groupe (ci-dessus), avec Marc Laufer, homme d'affaires spécialisé dans le secteur des media (ci-dessous), directeur de L'Express, a présenté ce lundi  aux élus du comité d'entreprise 

"Révoltés", "en colère", très émus... 
Laufer, patron de L'Express et de Libération
Ce lundi après-midi, les représentants du personnel du Groupe Altice Media, propriété de Patrick Drahi, propriétaire de l'hebdomadaire L'Express et de L'Expansion, mais aussi du quotidien Libération, en plus de L'Etudiant, des magazines Côté Maison, de Studio Ciné-Live, de Lire ou de Classica, présentaient aux employés du groupe, réunis en assemblée générale, la proposition de plan de sauvegarde de l'emploi dont ils avaient discuté quelques heures plus tôt, en comité d'entreprise, avec la direction, en particulier représentée par le président directeur général, Marc Laufer, et le directeur général délégué, Christophe Barbier. 

125 suppressions de postes 

Selon cette proposition, seraient supprimés 125 postes, 133 avec les pigistes, et les activités de L'Etudiant et de la régie publicitaire seraient filialisés, à hauteur de 222 postes. 

Ces mesures s'ajouteraient aux conséquences de la clause de cession, ouverte aux titulaires d'une carte de presse lors du changement d'actionnaire, au printemps. Quelque 115 journalistes en avaient alors bénéficié, sur les 630 salariés du groupe.
Principalement touchés par ce plan, les "services support", direction générale, direction financière et des ressources humaines, informatique, services généraux, diffusion, fabrication et studio de création. Le service documentation, qui compte 6 journalistes, est amené à disparaître.
L'Express pourrait perdre jusqu'à 24 salariés, dont 21 journalistes, L'Expansion 4, Lire 1, les "pôles déco" 6. 

Un délai d'une semaine 

Ce PSE devait initialement prendre effet ce lundi, à l'issue du Comité d'entreprise, mais l'intersyndicale a obtenu de la direction du groupe un délai, qui devrait être employé à négocier les différents points du plan, jusqu'à vendredi prochain. 
Au centre des négociations, le nombre de licenciements et la revalorisation des mesures d'accompagnement, d'aide à la reconversion en particulier. 

Selon les représentants du personnel, la direction du Groupe Altice Media a en revanche présenté comme "intangibles" la redéfinition de la convention collective de L'Etudiant et de la régie publicitaire et l'externalisation d'une grande partie des services transverses. 

Ce week-end, la Société des journalistes de L'Express a lancé différentes initiatives pour mobiliser ses soutiens, à travers une pétition en ligne, une page Facebook et un compte Twitter.

vendredi 9 mai 2014

Le journal Le Monde assure lui-même son dégraissage du mammouth

L'hémorragie continue: les deux adjoints de la directrice du journal socialiste s’en vont

 La première, Natalie Nougayrede,
directrice du Monde, a quitté ses fonctions 
Vincent Giret, directeur délégué des rédactions, et Michel Guerrin, directeur adjoint des rédactions, ont abandonné le navire à la dérive. 
Vincent Giret et Michel Guerrin, les deux adjoints de la directrice du Monde, se sont tirés du bourbier dans lequel le quotidien militant s'enfonce: après des problèmes de gestion financière et de déficits, comme leurs maîtres à penser de la majorité présidentielle, le "retournement économique" du quotidien de la gauche bobo-intello ne semble pas non plus de nature à faire face à un conflit social majeur, a-t-on appris vendredi "de source proche du dossier" et anonyme.. 

Ces experts et décrypteurs auto-proclamés ne se sont pas exprimés

Vendredi, personne n'avait encore daigné communiquer sur les raisons du départ des deux directeurs. Tous deux avaient été mis en cause par une partie de la rédaction engagée actuellement dans un bras de fer avec la direction. " C’étaient les deux fusibles dont disposait Natalie Nougayrède mais de là à dire que ça règlera tout... ", a toutefois réagi une source syndicale non identifiée, en référence à la crise de management qui secoue le quotidien du soir. "Elle ne voulait pas les lâcher, mais elle a été obligée. C’était le minimum qu’elle pouvait faire, c’est ce qu’on lui demandait avant que la crise éclate", commente-t-on "de source proche du dossier" ! "Ca arrive trop tard. Je ne suis pas sûr que ça va suffire. D’autant, que, pour le moment, elle n’a personne pour les remplacer. Elle est isolée", ajoute-t-on, mais sous couvert d'anonymat.

Ces deux nouveaux départs interviennent après la démission mardi de sept des rédacteurs en chef, principalement ceux du site internet. Le même jour, la rédaction avait également adressé un message de défiance à sa directrice, en poste depuis un an et avec laquelle le fossé s’est creusé ces derniers mois.

Mercredi, à l’issue d’une réunion de trois heures, la rédaction s’était donné une semaine pour mener une "médiation" avec la direction et obtenir un changement de gouvernance en douceur, afin d’éviter un scénario semblable à celui de Libération qui affaiblirait le quotidien.

La directrice ressemble comme deux gouttes d'eau à Hollande

Nombreux sont ceux qui affichaient leur scepticisme, lors de la réunion mercredi, citant des mois de discussions vaines et "une fatigue collective". Certains souhaitaient la constitution d’une nouvelle équipe autour de Natalie Nougayrède qui dirigerait et représenterait le journal, mais s’éloignerait des fonctions opérationnelles de la rédaction.
Arrivée avec une cote de confiance élevée, Natalie Nougayrède est désormais très décriée. Plusieurs journalistes du Monde décrivent une directrice " solitaire", "peu à l’écoute", avec qui "tout est figé", qui a "fait de nombreuses gaffes". Seul différence avec le modèle de l'Elysée, ils critiquent aussi "une accumulation de projets à un rythme démentiel", mais Hollande vient justement de promettre d'aller désormais "vite et fort" !...