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lundi 21 octobre 2019

SNCF : reprise partielle du trafic ce lundi 21 octobre, sur fond de remise en cause du "droit de retrait"

Vers une amélioration du trafic ce lundi 21 octobre

Le conflit entre syndicats et direction n'est pas réglé pour autant



Le gros week-end des départs en vacances de la Toussaint passé, la SNCF mise sur une nette amélioration du trafic ferroviaire ce lundi 21 octobre, avec des perturbations limitées aux TER et Intercités, sans que le conflit entre syndicats et direction sur les “problèmes de sécurité” soit résolu.
Les syndicats jugent "légitime" le droit de retrait qu'ils ont exercé après la collision d'un TER avec un convoi exceptionnel bloqué à un passage à niveau dans les Ardennes, mais une grève "sans préavis" selon la compagnie, voire "surprise" d'après son patron, et même "sauvage" pour le chef du gouvernement, Edouard Philippe... Alors que le trafic des trains a été très perturbé au premier week-end des vacances scolaires, les 19 et 20 octobre, les conducteurs et contrôleurs sont attaqués par leur direction et par leurs tutelles conjointes sur la légitimité de leur action. 
"Dès lors qu'un conducteur gréviste a été qualifié en absence irrégulière, il y aura naturellement une retenue sur son salaire, de l'ordre de 70 à 100 euros par jour", a lancé, dans un entretien au Parisien, Guillaume Pepy, patron de la SNCF pendant encore dix jours.

Dans l’ensemble et selon la SNCF, ce lundi matin, 
les trains Ouigo circulent “normalement”, de même que les TGV.
Les TER (trois trains sur quatre) et les Intercités (deux trains sur trois) continuent à être impactés, au quatrième jour de ce bras de fer entre syndicats et direction autour du "droit de retrait".
🔵 Trafic du lundi 21 octobre
➡️TGV : normal
➡️OUIGO : normal
➡️Transilien : normal
➡️Intercités: 2/3 trains, selon les régions
➡️TER : 2/3 trains, selon les régions

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Des disparités existent d’une région à l’autre, avec des "problèmes résiduels" sur des TGV province-province relevés dans l’Ouest et très peu de TER circulant en Champagne-Ardenne, où l’accident à l’origine de l’arrêt de travail a eu lieu mercredi.
Gare Saint-Lazare à Paris, l’affluence ressemblait à celle d’un lundi matin ordinaire, avec seulement un TER supprimé vers Giverny, et un Intercités vers Le Havre.
A Marseille, gare Saint-Charles, la plupart des TER étaient affichés à l’heure, même si un panneau prévient que "le trafic sera perturbé jusqu’à la mi-journée".

La direction de la SNCF joue les usagers contre les cheminots
Résultat de recherche d'images pour "danger SNCF"
Les billets seront remboursés "à 100%", a annoncé le président de la SNCF, Guillaume Pepy, dimanche soir, précisant que cela concerne aussi ceux normalement non remboursables... 
Il a annoncé la mise en place rapide d’un fonds d’indemnisation d’un million d’euros pour les voyageurs qui ont subi "des dommages exceptionnels", notamment ceux qui ont dû acheter d’autres billets de transport à des tarifs plus élevés ou se loger à l’hôtel.

Polémique gouvernementale sur le "droit de retrait" qualifié de "grève-surprise qui ne respecte pas la loi"

A l’origine du mouvement  de colère cheminote, l'accident du TER reliant Charleville-Mézières à Reims qui a fait 11 blessés dont plusieurs hospitalisés, soulève la
question de la sécurité des passagers et des personnels lorsque le conducteur est seul agent SNCF  à bord du train, face à l'obligation de porter secours aux passagers alors qu’il était lui-même blessé, et qu'il doit dans le même temps sécuriser la voie contre le risque de collision avec un autre train, donc abandonner le train et ses passagers.

Les syndicats contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs. Ils pointent aussi des problèmes de sécurité particuliers à l’engin accidenté, un autorail grande capacité (AGC).
Lors d’une réunion dans la nuit de vendredi à samedi, la direction a fait trois propositions qui n’ont pas satisfait les organisations syndicales: modification de "certains équipements" spécifiques de l’AGC (autorail grande capacité); mise en place de... groupes de travail sur les procédures de sécurité "dans les jours qui viennent" et "accélération" des recrutements, a résumé samedi Guillaume Pepy.

Dans le même temps, le patron de l'entreprise publique a également dénoncé une "grève-surprise qui ne respecte pas la loi", puisqu’à la SNCF le préavis est obligatoire. 
Pour les syndicats au contraire, il s’agit bien d’un droit de retrait, une procédure exercée par un salarié lorsqu’il considère que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection.

Sur les voies à la place de Macron, Edouard Philippe,
le premier ministre a dénoncé un "détournement du droit de retrait qui s’est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d’examiner toutes les suites qui pouvaient être données, et notamment judiciaires." Le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, lui a fait écho, estimant que la SNCF pourrait prononcer des sanctions individuelles et saisir la justice.
Guillaume Pepy précise dans un entretien avec Le Parisien ce lundi que, "dès lors qu’un conducteur gréviste a été qualifié en ‘absence irrégulière’, il y aura naturellement une retenue sur son salaire, de l’ordre de 70 à 100 euros par jour".
Alors que la direction prévoit une réunion "avec les partenaires sociaux dès jeudi", selon Guillaume Pepy, l’Unsa (2e syndicat SNCF) va organiser des réunions en interne à partir de lundi "pour décider de la stratégie à adopter", a souligné Didier Mathis, son numéro un. Mais le syndicat écarte d’emblée l’idée de déposer un préavis de grève.

En revanche,
les trotskistes de SUD-Rail (3e) vont "continuer de soutenir les cheminots qui vont exercer le droit de retrait car la direction ne propose rien de concret pour la sécurité”, selon Julien Troccaz.

L
iant les revendications, la CGT (1er syndicat) appelle à participer “massivement” à la journée d’action du 5 décembre contre la réforme des retraites. Elle accuse le Premier ministre de vouloir “le pourrissement”.

vendredi 2 mars 2018

Assurance-chômage : Macron va frapper fort

Pour éliminer les démissionnaires, Pénicaud ira "plus loin" que les partenaires sociaux en termes d'indemnisation

Syndicats et patronat ont finalisé le 22 février un accord sur l'assurance chômage

Résultat de recherche d'images pour "démissionnaire chomage chomage"Il prévoit une indemnisation pour les salariés qui démissionnent en vue d'une reconversion professionnelle, a annoncé jeudi la ministre du Travail Muriel Pénicaud dans un entretien au Parisien.
"Nous sommes en phase avec le texte de l'accord", déclare M. Pénicaud. Concernant notamment la lutte contre les contrats précaires, "nous allons respecter ce que les partenaires sociaux ont prévu dans leur accord", a-t-elle fait valoir.
Selon elle, les branches "n'auront plus le choix", ce sera leur "dernière chance" de se saisir de la question.

Autre différence, le nouveau droit sera mobilisable par un démissionnaire souhaitant "créer son entreprise". Après l'avoir un temps envisagé, les partenaires sociaux avaient, eux, retiré cette possibilité de leur texte final. 

Le gouvernement respectera le compromis avec les syndicats sur les contrats courts.
Mais le texte demande toutefois aux branches professionnelles de réduire, par la négociation, le recours aux contrats courts. Les branches auront "jusqu'à fin décembre pour prendre des mesures afin de modérer le recours aux contrats courts". 
Faute de "résultats satisfaisants", "le gouvernement prendra ses responsabilités" en leur imposant "un bonus-malus dont la possibilité sera inscrite dans le projet de loi".

En revanche, la ministre ne compte pas reprendre l'accord à la lettre concernant les démissionnaires

Un droit mobilisable "tous les cinq ans", au lieu de sept permettra au gouvernement d'aller "plus loin" que les partenaires sociaux sur l'indemnisation chômage des démissionnaires.
"Les partenaires sociaux ont mis comme condition d'avoir une durée d'activité ininterrompue de sept ans dans l'entreprise pour en bénéficier. On souhaite aller plus loin qu'eux sur ce point : instaurer un droit tous les cinq ans", assume la ministre.

En revanche, la ministre recule en validant la proposition des partenaires sociaux d'indemniser les démissionnaires dans "les mêmes conditions que n'importe quel chômeur", alors qu'elle tablait initialement sur un droit minoré.
Avec les critères retenus par le gouvernement, la mesure concernerait "entre 20.000 et 30.000 personnes par an" et coûterait "quelques dizaines de millions d'euros supplémentaires" par rapport aux 180 millions budgétés par les partenaires sociaux.

Concernant l'indemnisation des indépendants, sujet que les partenaires sociaux avaient renvoyé dans le camp du gouvernement, la ministre annonce qu'un "droit de 800 euros par mois pendant six mois" sera mis en place, "financé par la CSG" et "destiné aux indépendants qui sont en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel autour de 10.000 euros".

Le contrôle des chômeurs sera renforcé
Le renforcement des contrôles devra "aller de pair avec un accompagnement plus rapide et personnalisé des demandeurs d'emploi," insiste la ministre.
Pour le contrôle des chômeurs, le gouvernement va "tripler les équipes de contrôle de Pôle emploi", qui "vont passer de 200 à 600 agents d'ici à la fin de l'année".

En revanche, la question des sanctions n'est pas tranchée, pour l'heure. 
"Nous allons en discuter rapidement avec les partenaires sociaux", indique la ministre, qui juge le système actuel "incohérent". La notion d'offre raisonnable d'emploi va notamment être définie "plus précisément" pour que les sanctions après deux refus soient "pleinement applicables".

mercredi 17 janvier 2018

NDDL: Macron fait marche arrière et renonce à son engagement

"Les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes," assure Édouard Philippe

"Le gouvernement a pris sa décision" : il ne fait pas ce qu'il dit...

Macron envoie son collaborateur à Matignon confirmer l'abandon du projet, ce mercredi 17 janvier, à l'issue du Conseil des ministres à l'Élysée. La ZAD devra être libérée "d'ici le printemps prochain". 

Le projet sera bien "abandonné". "Si la décision avait été facile, elle aurait été prise depuis longtemps", tente de se justifier le chef du gouvernement, rappelant les débats autour du projet depuis cinq décennies. L'aéroport de Nantes-Atlantique sera donc "modernisé", a indiqué Édouard Philippe, c'est-à-dire étendu. Les aéroports de Brest et Rennes seront eux aussi sollicités. 

Par ailleurs, la ZAD (un détournement de "zone d'aménagement différé" en "zone à défendre" : sorte de squat à vocation politique, voire zone de non-droit) devra être évacuée. "Nous mettrons fin à la zone de non droit qui prospère depuis près de dix ans", a promis Edouard Philippe. 
"La demande de prorogation de la déclaration d'utilité publique sera retirée. La déclaration d'utilité publique actuelle deviendra donc caduque le 8 février prochain", a-t-il précisé. 
De plus, les trois routes qui traversent la zone devront être à nouveau praticables, a-t-il précisé. Les agriculteurs dont les terres sont occupées par les zadistes vont pouvoir les récupérer. "Les occupants illégaux devront partir d'ici le printemps prochain ou seront expulsés", a averti le Premier ministre. 

Les élus locaux avait eu la primeur de la décision dans la matinée.
Le gouvernement avait confirmé à plusieurs élus locaux l'abandon du projet d'aéroport contesté à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) dans la matinée. Une trahison", selon ces élus qui étaient favorables au nouvel aéroport. 


"C'est officiel. C'est abandonné". Le projet de transfert d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne verra pas le jour, a indiqué Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire (SMA) et président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, après avoir eu au téléphone un conseiller du Premier ministre Edouard Philippe dans la matinée. Le SMA regroupe les collectivités favorables au projet d'aéroport. 

Après six mois de médiation et une ultime consultation, l'exécutif a choisi d'abandonner le projet controversé d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, malgré des décisions de justice et un référendum départemental favorables. 

• Un projet passionnément controversé depuis 50 ans 

Prévenu par un conseiller de Matignon, Philippe Grosvalet fustige "un véritable reniement" et "une très très mauvaise décision du président de la République". "C'est pire que de la déception, c'est quasiment une trahison", s'étrangle l'élu. 
L'alternative devrait être d'aménager l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, comme l'envisageaient des médiateurs dans leur rapport remis le 13 décembre. Malgré les multiples rejets des recours en justice des anti-aéroport, le soutien au projet d'une majorité des élus de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, ainsi qu'un référendum consultatif favorable, mais étriqué (55,17%) en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif a préféré lâcher "NDDL"

Né dans les années 60, relancé en 2000,  l'aéroport "du Grand Ouest"  - attribué à Vinci par appel d'offres en 2010 - a traversé un demi-siècle, pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande, des  conflits environnementaux emblématiques du pays, mais aussi de la montée en puissance de la république des juges.

• Evacuation de la ZAD ce mercredi 
Edouard Philippe, qui a rencontré plus de 100 élus de l'Ouest depuis début janvier et s'est rendu en catimini samedi à la mairie de Notre-Dame-des-Landes, avait reconnu mardi, devant les députés la République en marche (LREM), la difficulté de trancher. "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise car elle fera des mécontents", a-t-il admis. 

Malgré l'abandon, l'exécutif ne veut pas perdre la face et s'est engagé à évacuer la ZAD. Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, sont attendus mercredi sur place, selon une source proche du dossier, avec l'objectif de quadriller la zone et de procéder à des contrôles pour éviter l'arrivée de renforts d'activistes dans la ZAD. Plusieurs compagnies de CRS seront cantonnées à Nantes et Rennes, prêtes à intervenir et assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations. Soit quelque 1.500 personnels de maintien de l'ordre.

Le mouvement anti-aéroport Ayrault, qui prévoit une conférence de presse deux heures après l'annonce du Premier ministre, s'est donné rendez-vous mercredi à 18h00 à "La vache rit", une grange servant de lieu de rassemblement en plein coeur de la ZAD. 

• Occupants et partisans déçus.
Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d'assurer le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, tout en soulageant les aéroports d'Ile-de-France, face à la saturation attenduedans sa version actuelle, de Nantes-Atlantique, puisque son extension était gelée par les luttes menées par les écologistes et anti-libéraux.  

"Il faudra gérer la déception des partisans de l'aéroport, c'est une désillusion pour eux c'est certain", reconnaît un parlementaire anonyme. "Mais ce sont principalement des élus, il n'y a pas de mouvement citoyen de masse pour l'aéroport", selon le même élu masqué.

• Et maintenant, quel avenir ?
Pour les activistes, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles", condamnant un beau bout de zone humide au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 

L'agrandissement de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics, en raison notamment de la présence d'une zone naturelle protégée à proximité et de la problématique du survol de Nantes, reste toutefois entouré d'incertitudes. Pour l'heure : comme la GPA après le mariage pour tous, une chose après l'autre... "Il s'agit de rallonger la piste vers le sud, l'extension des terminaux, l'aménagement des pistes de circulation pour les avions et changer la pente de la piste pour réduire les nuisances sonores", énumère un des élus voilés partisans de cette option. "Rallonger la piste en tant que tel le prendrait six semaines. Au total, je pense qu'en deux ans tout peut être réglé", juge le même optimiste.


  • La décision de Macron est vivement contestée par les élus partisans de Notre-Dame-des-Landes.
  • L'ex-président les Républicains (LR) de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau, ou la maire PS de Nantes Johanna Rolland, ont répété leur déception. Sur Twitter, l'ex-premier adjoint de Jean-Marc Ayrault dénonce une "trahison du Grand Ouest" et un "déni de démocratie". 







  • Macron se renie.
  • Macron promettait de construire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
    Pendant la campagne, le candidat Macron s'était engagé à respecter le référendum validant la construction de Notre-Dame-des-Landes.
    "Je fais ce que j'ai dit". Emmanuel Macron a atteint son seuil de fiabilité avec ce dossier explosif de Notre-Dame-des-Landes. En annonçant l'abandon du projet d'aéroport, le chef de l'Etat ne respecte pas sa promesse de campagne. Interrogé dans l'Emission politique sur France 2, le 6 avril, le candidat Macron avait promis de construire l'aéroport s'il était élu. Il souhaitait respecter le référendum départemental de juin 2016, lors duquel 55% des votants s'étaient prononcés en faveur du projet. "Je prends l'engagement de faire respecter ce vote, avec ma méthode", avait assuré le candidat face à Bruno Retailleau, président du Conseil régional des Pays de la Loire et fervent soutien de l'aéroport.
    Alors que la droite réclamait à l'époque un "acte d'autorité" du gouvernement et l'évacuation de la ZAD, le candidat Macron avait exposé sa méthode: "Je nomme un médiateur pour faire tomber la pression pour une durée de six mois maximum. A l'issue de ces six mois, je ferai évacuer la zone avec les forces de l'ordre qui s'imposent". "C'est facile de dire: 'moi, j'enverrai l'armée". Allez faire un Sivens puissance 10...", avait-il craint, en référence à l'ultra tué dans un violent affrontement de l'extrême gauche avec la gendarmerie. "Je regarderai la situation; j'essaierai d'apaiser les choses. Si je n'y arrive pas, je prendrai mes responsabilités." 
    • Et maintenant, quel avenir ?
    Pour les activistes, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles"condamnant un beau bout de zone humide au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 
    L'agrandissement de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics, en raison notamment de la présence d'une zone naturelle protégée à proximité et de la problématique du survol de Nantesreste toutefois entouré d'incertitudes. Pour l'heure : comme la GPA après le mariage pour tous, une chose après l'autre... "Il s'agit de rallonger la piste vers le sud, l'extension des terminaux, l'aménagement des pistes de circulation pour les avions et changer la pente de la piste pour réduire les nuisances sonores", énumère un des élus voilés partisans de cette option. "Rallonger la piste en tant que tel le prendrait six semaines. Au total, je pense qu'en deux ans tout peut être réglé", juge le même optimiste. 

    • Le contribuable versera au moins 350 millions à Vinci
    Un éventuel abandon du projet soulève aussi la question de l'indemnisation prévue pour Vinci qui, selon le rapport remis à Edouard Philippe, pourrait atteindre 350 millions d'euros.

    Mardi, le PDG de Vinci, Xavier Huillard, a évoqué un contrat "béton", après des rumeurs démenties de contestation de certaines clauses du contrat par l'Etat. Certains élus suggèrent une négociation avec le géant du BTP - également exploitant de Nantes-Atlantique ! -  et qui se place en vue de la possible privatisation des Aéroports de Paris (ADP).
    Vinci pourrait obtenir des compensations lors de prochaines passationss de marchés publics...

    lundi 8 janvier 2018

    SNCF : les usagers ont subi plus de retards de trains en 2017

    Des remboursements partiels pour faire taire les voyageurs: à quel prix ?

    Les perturbations de fin d'année couronnent une perte accrue de fiabilité 

    En 2017, les trains de la SNCF ont été plus en retard qu'en 2016.
    Image associée
    Ainsi, 88.7% des TGV ont été ponctuels, soit une baisse de 1% par rapport à l'année 2016. Les Intercités (anciennement trains Corail) et Transiliens ont également connu une augmentation des retards lors de l'année 2017. Seuls les TER se sont montrés réguliers, en enregistrant une légère hausse de 0.3%.

    L'augmentation de la fréquentation n'est pas seule en cause

    La SNCF assure que les nombreux chantiers sur le réseau ferroviaires ont eu un impact sur la régularité des trains, avouant du même coup son incapacité à s'adapter à la croissance.

    Le Ouigo, le TGV low-cost de la SNCF.
    La SNCF a pourtant enregistré une augmentation de la fréquentation de ses trains en 2017. Ils seraient près de 110 millions à avoir voyagé sur les lignes grandes vitesses, soit dix de plus qu'en 2016. Cette augmentation serait à porter au crédit de Ouigo, la formule low cost de la SNCF. 2 millions de voyageurs supplémentaires auraient profité de cette offre.

    Enfin, les trains régionaux ont également connu une hausse de la fréquentation. Les TER ont totalisé 336 millions de voyageurs, soit une hausse de 4.6%, tandis que 1.2 milliards de personnes ont emprunté le réseau Transilien (+3.2%).

    2016 avait déjà connu une hausse des retards de trains

    Résultat de recherche d'images pour "Cour des comptes montant dedommagements SNCF"C'était alors la faute aux grèves de cheminots, à des travaux sur le réseau ou encore à des colis suspects. Et aussi les inondations et les feuilles mortes... Les TGV, Intercités et TER avaient accumulé davantage de retards en 2016 qu'en 2015. 

    "En 2017, on peut, on doit faire mieux", avait alors déclaré le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, en interne, rapporta le quotidien Les Échos sur son site, lors de sa présentation des voeux.

    Améliorer la ponctualité est aussi un enjeu financier que s'est imposée la SNCF. 
    Depuis décembre 2016, dès que leur TGV ou Intercités a plus de 30 minutes de retard, l'entreprise indemnise les retards supérieurs à 30 minutes sur les réseaux Intercités et TGV : entre 25 et 75% du prix du billet. Auparavant, les usagers ne pouvaient être dédommagés que lorsque la SNCF était responsable.
    Ainsi, pour les TGV et Intercités qui ont entre 30 minutes et 2 heures de retard, les consommateurs peuvent se voir rembourser 25% du prix de leur billet, et 50% si le train a entre 2 et 3 heures de retard. Enfin, la SNCF indemnise jusqu'à 75% du prix du billet, si le retard excède trois heures. Pour les iDTGV, les clients sont remboursés à hauteur de 25% du prix de leur billet, et jusqu'à 50% si le retard est supérieur à deux heures. Dans le cas des TER, RER et Transilien, la règle n'a pas changé : le dédommagement n'est pas automatique.
    Ces nouvelles règles d'indemnisation résultent, en réalité, de l'application du règlement européen CE n°1371/2007, qui prévoit un dédommagement à partir de 60 minutes de retard
    Résultat de recherche d'images pour "SNCF retards trains""Conformément à l'article 17, les voyageurs peuvent demander une indemnisation proportionnelle au prix du billet en cas de retards importants ou de suppressions", indique ainsi le texte de Bruxelles. "L'indemnisation d'un retard est calculée par rapport au prix que le voyageur a réellement payé pour le service ayant subi un retard". En toute logique, il aurait dû entrer en vigueur en 2014. 
    Le texte prévoit néanmoins que les États membres de l'UE puissent déroger à cette règle, dans un délai maximal de cinq ans, rappelle l'Autorité de la qualité de service dans les transports sur son site. Selon la Commission européenne, seuls 5 Etats (la Belgique, le Danemark, l'Italie, les Pays-Bas et la Slovénie) l'appliquent dans les faits. "Le gouvernement [français] aurait “tergiversé”, racontent plusieurs sources".
    La Commission européenne prévoyait également d'introduire  au règlement une nouvelle clause de "force majeure", à partir de 2017. Les passagers devaient ne plus être dédommagés, en cas de circonstances exceptionnelles. L'objectif était d'éviter de pénaliser le transport ferroviaire par rapport aux autres modes de transport. De fait, les compagnies aériennes peuvent, déjà, invoquer des circonstances exceptionnelles pour ne pas dédommager leurs clients.

    La Cour des Comptes ne dénonce pas ce surcoût des retards
    Image associée"Les Sages" épinglent en revanche le système de facilités de circulation dont bénéficient les personnels de la SNCF et leurs familles. 
    Après avoir dénoncé dans son rapport public annuel de 2010 les rémunérations et le temps de travail des cheminots, en 2013 les excès de com' de l'entreprise, la haute juridiction financière a critiqué, dans son rapport public annuel 2014 publié le 11 février, le système de billets gratuits ou quasi-gratuits accordés aux salariés de la SNCF et à leurs proches.

    Le dernier rapport en date de la Cour des comptes consacré à "l'Etat actionnaire" et à sa gestion des entreprises publiques, dont la SNCF, entreprise sous tutelle de l'Etat, en janvier 2017. 
    Ainsi reproche-t-il au pouvoir de ne pas laisser les coudées franches à son PDG dont les initiatives, en particulier pour réduire la dette ou réorganiser le temps de travail dans l'entreprise de 260.000 salariés, tous secteurs confondus, peuvent contrarier la politique de son ministère de tutelle et du gouvernement. L'Etat est animé par "le souci de préserver la paix sociale", d'abord : exemple cité, celui de la SNCF où, en juin 2016, alors que la contestation contre la loi Travail de la ministre Myriam El Khomri ne fléchissait pas, la CGT cheminots menaçait de déclencher une grève à la SNCF, où la direction négociait une modification du temps de travail.
    Dans la perspective de l'ouverture à la concurrence en 2020 pour les TGV, et "au plus tard" en 2023 pour les Trains Express régionaux et les Intercités, la Cour presse par ailleurs la SNCF d'évoluer vers un "statut de société anonyme (…) dans un délai compatible avec cette ouverture".

    Résultat de recherche d'images pour "SNCF retards trains"
    SNCF Mobilités n'est pas non plus exempt de reproches. Son conseil d'administration "ne pouvait, dans le cas du projet de ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (SEA), que constater l'impasse financière devant laquelle l'entreprise se trouvait placée du fait des engagements de desserte pris par l'Etat", indiquent les magistrats financiers. Cette ligne Tours-Bordeaux pourrait un jour peut-être aller jusqu'en Espagne, mais avec 33 dessertes journalières, au lieu des 13 conseillées par Guillaume Pépy. L'Etat n'a rien voulu savoir, sous la pression des barons politiques des villes et des régions socialistes de l'arc atlantique et du groupement privé LISEA (Ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique). De quoi creuser encore plus le déficit.

    Il reste aux Sages à publier le montant des dédommagements au titre des retards de trains.

    jeudi 13 juillet 2017

    Attentat islamiste de Nice: Paris Match empêché de publier des photos embarrassantes

    Un référé pour empêcher la diffusion de Paris Match

    Le procureur de Paris veut bloquer la vente du numéro.

    A la veille du premier anniversaire de la tragédie, l'hebdomadaire publie cette semaine des captures d'écran de la vidéo surveillance de Nice, le jour de l'attentat islamiste du 14 juillet 2016.

    Mercredi 12 au soir, le procureur de Paris, François Molins, a lancé une procédure de "référé d’heure à heure" pour tenter de faire interdire la diffusion et la vente de Paris Match. Dans son dernier numéro qui devrait être en kiosque jeudi 13 juillet, l’hebdomadaire publie notamment, un an après, des images de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, sur une double page.

    Ces photos sont des captures d’écran issues de la vidéo surveillance de la ville de Nice et versées dans l’enquête judiciaire. Dès ce mercredi, les associations de victimes FENVAC et l’Association Promenade des Anges avaient publié un communiqué via leur avocat Me Eric Morain, dénonçant une publication qui "porte atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches".



    Près d'un an après l'attaque, rares sont les victimes indemnisées

    Le 14 juillet, la ville de Nice commémorera le 1er anniversaire de l'attentat islamiste sur la promenade des Anglais qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés. Une partie des victimes de l'attentat de Nice attendent toujours d'être indemnisées, un an après le drame.
    Un an après, seuls 25 millions d'euros ont été versés aux victimes sur les 300 millions promis par l'Etat. Et seules celles qui ont perdu un proche - environ une centaine de personnes sur 3.000 victimes - ont été indemnisées.

    Une pénurie de pédopsychiatres. 
    Les blessés, eux, patientent. Or, les frais médicaux coûtent cher et tout n'est pas adapté. Il y a par exemple aujourd'hui une pénurie de pédopsychatres à Nice, alors que de nombreux enfants ont été victimes de l'attentat.

    "On est dans une situation absurde". 
    Pour protester contre la lenteur du processus d'indemnisation, quelques familles ont décidées de ne pas se rendre à la cérémonie d'hommage, le 14 juillet prochain. Elles attendent des garanties de l'Etat et s'inquiètent de la suppression du secrétariat général des victimes des attentats. "Aujourd'hui on arrive dans une situation absurde alors que l'on avait un dispositif qui marchait et qui avait le soutien unanime des victimes", explique Stéphane Gicquel, de la fédération des victimes des attentats. "Ces familles ont besoin d'être rassurées et à Nice, on est au delà d'un problème de droits et d'indemnisation, on est face à un problème de santé publique."

    Être reconnu comme victime.
    Cela fait des mois que les associations n'ont pas eu de réunion de suivi avec un référent du gouvernement. Certains attendent tout simplement d'être reconnus comme victime. La moitié a pour le moment obtenu ce statut, les autres ont rempli leur dossiers, mais restent en attente d'une réponse.