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mardi 9 avril 2019

Les retraités de nouveau décidés à manifester jeudi 10 contre le dédain de Macron

Les seniors dénoncent un gouvernement "qui reste "sourdingue" à leurs difficultés

Déjà la septième journée d’actions et de manifestations depuis l’élection de Macron

Image associée

Neuf syndicats et associations de retraités les ont appelés à une crier leur colère partout en France jeudi,  contre la politique du gouvernement "qui reste sourdingue" à leurs revendications. Plus de 130 initiatives sont recensées, ont indiqué les neuf organisations - CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR (Fédération Générale des Retraités), LSR (

Loisirs et Solidarité des Retraités

)
et UNRPA (Union Nationale des Retraités et des Personnes âgées ) - lors d’une conférence de presse, lundi.

"Le printemps des retraités va se manifester dans les rues à travers de nombreux rassemblements et manifestations", a affirmé Olivier Jouchter, de la CGT. Les organisateurs espèrent un sursaut après plusieurs mobilisations en demi-teinte : depuis le point d’orgue de mars 2018, qui avait poussé le gouvernement à revenir en partie sur la hausse de la CSG, les cortèges de retraités se sont clairsemés.

Le gel des pensions, moteur de la fronde

Résultat de recherche d'images pour "manifestation retraites"
Cette année, c’est le quasi-gel des pensions qui alimente la colère, mais l’exécutif a déjà ouvert la porte à un aménagement en faveur des ménages modestes. Le "groupe des 9" syndicats prévoit de se réunir le 18 avril pour décider des "prolongements utiles" à la journée du 11.

Signe que d’autres mobilisations sont envisagées, les revendications se sont étendues au sujet de "la prise en charge de la perte d’autonomie", au cœur de la future réforme de la dépendance, et à " l’amélioration des pensions de réversion", point sensible de la réforme des retraites.

jeudi 3 mai 2018

Macron, atteint dans son intimité conjugale: “ce type a insulté ma femme !”

Emmanuel Macron est dans le déni de l'âge de sa femme 

La réalité
(et l'avenir) lui fait peur et la rappeler le met en colère

Emmanuel Macron très en colère : “Ce type a insulté ma femme”

Dans son édition du 2 mai, l'Express raconte qu'Emmanuel Macron "bout de rage" lorsque sa femme Brigitte fait l'objet de remarques déplacées concernant son âge, 64 ans.
Il en a 40 et elle pourrait être sa mère; ils sont sans enfant.

Iconographie officielle : après et avant Photoshop 



S’il y a bien une chose qu’Emmanuel Macron déteste, c’est que l’on s’en prenne à Brigitte. 
Normal, son choix de vie est en cause. Et Jean-Michel Psaïla, patron de l’agence photo Abaca, encourt les foudres de Jupiter pour avoir osé évoquer "des photos retouchées de la Première dame, dont les rides auraient été effacées" dans un reportage de 'Complément d’enquête', révèle l’Express. "Ce type a insulté ma femme", aurait alors déclaré le chef de l’Etat, furieux. 
Mais surtout atteint au plus intime de sa vie sentimentale et sexuelle.

Mais qui est ce monsieur à côté de Brigitte Macron ?

La presse élyséenne présente Emmanuel Macron comme "ultra protecteur", ce qui ne trompe personne dans les chaumières. Et d'insister lourdement, dans le style roman de gare : "il n’apprécie pas non plus que l’on s’approche trop près de Brigitte". "Il fait attention à qui elle fréquente, à qui la regarde. Il la trouve tellement extraordinaire, il a peur qu’on la lui vole !, révèle "une élue" - qui se cache pour témoigner ! - dans les colonnes du Parisien, lequel ne précise même pas si le vol de voiture est déclaré par une LREM. "Dès qu’elle n’est pas là, il la cherche." Comme un enfant, sa maman? " Il lui prend la main, il ne laisse jamais en retrait, la valorise. Exactement l’attitude dont tu rêves venant de ton mec…"
Et quel mec !

De son côté, Stéphane Bern affirme que Brigitte Macron représente "une part non négociable" de la vie de son mari
qui la considère comme sa moitié, sa meilleur amie, sa confidente mais aussi sa famille.  Il a pourtant des parents vivants, un frère Laurent, radiologue marié à une médecin, et une soeur, Estelle, néphrologue et mariée à un ingénieur.

Le candidat Macron qualifiait d' "incivilité" les critiques sur leur différence d'âge: 


"Elle est son tout.
 La phrase que j’ai le plus entendue du président pendant la campagne, c’est : ‘Où est Brigitte ?’ ", confie maladroitement la secrétaire d’Etat à l'égalité homme-femme, pardon, femmes-hommes. Sans hiérarchisation...
 Marlène Schiappa confirme en effet le manque d'autonomie, voire la dépendance, du président à la retraitée.

Président colérique et pourtant lucide ?

Sans doute ses attitudes et comportements encouragent-ils aussi la dérision...


Jouer à la gamine et remplir la fonction d'épouse de président sont-ils compatibles ?

Une épouse aimante et maternante nuit à l'image jupitérienne


L'humoriste Laurent Gerra:

Le jeu ambigu de la presse : Brigitte Macron, côté cour et côté jardin




Ce couple a un rapport difficile au vieillissement.


Et les humoristes ne se privent pas d'exploiter ce filon.
Tel Jamel Debbouze:


Laurent Gerra imagine la vie privée des Macron :


Peut-on confier le destin d'un peuple
à un président que ne voit pas 
les choses en face ?

jeudi 13 juillet 2017

Macron veut s'attirer les faveurs de Trump, mais le critique

Macron inquiet de préserver "une relation incontournable dans la sécurité"

Le président français Macron a tenu à justifier jeudi l'invitation faite à Donald Trump pour le 14 Juillet

Trump broie la main de Macron
Le président jupitérien a exprimé sa volonté de "célébrer une relation incontournable dans le domaine de la sécurité". Dans un entretien commun aux journaux français Ouest-France et allemands du groupe Funke, il a expliqué que la France et les Etats-Unis ont "un point de convergence essentiel : la lutte contre le terrorisme et la protection de nos intérêts vitaux. Que ce soit au Proche ou Moyen Orient et en Afrique, notre coopération avec les Etats-Unis est exemplaire". 

Rappelant que les Etats-Unis sont "nos premiers partenaires en termes de renseignement, en termes de coopération militaire, en termes de lutte conjointe contre le terrorisme", il souligne que "c'est aussi un partenaire historique".

"C'est pour cela que j'ai invité Donald Trump pour le 14 Juillet, pour célébrer l'entrée en guerre à nos côtés des troupes américaines il y a 100 ans, leur rendre hommage et célébrer une relation qui est incontournable dans le domaine de la sécurité", a-t-il affirmé.

"Nous avons besoin des Etats-Unis d'Amérique", reconnaît le chef de l'Etat français.

Pour autant, son discours "complexe" n'est pas sans ambiguïtés. En effet, il estime aussi que "le monde occidental se fissure depuis l'élection" de Donald Trump et il évoque des "différends", et en particulier "un désaccord sur le climat". "Je le regrette, je le combats, avec beaucoup de force", assure le gamin, par ailleurs en demande de protection, qui promet - en s'appuyant sur l'opposition américaine à Trump - de faire "tout pour convaincre les villes, les Etats fédérés, les entrepreneurs américains de nous suivre. Les Américains seront de fait dans l'accord de Paris, que l'Etat fédéral le veuille ou non, grâce à cette mobilisation locale très forte". 

Résultat de recherche d'images pour "Trump macron"Il souligne également des "différends sur le commerce", en déplorant "une tentation protectionniste (qui) renaît aux Etats-Unis". 
"Je souhaite qu'on défende le libre et juste commerce. Le protectionnisme est une erreur, c'est le frère jumeau du nationalisme et cela conduit à la guerre", insiste-t-il, tout en assurant "qu'on peut trouver des espaces communs pour lutter contre les pratiques inacceptables comme le dumping".

Macron est-il pour Trump un allié fiable ?

mardi 15 avril 2014

Libération incite à "se droguer avec modération"

Solution de bobos pour oublier la politique socialiste qui nous opprime 

"Droguez-vous avec modération"
Sociétal avant tout !
Récidive des irresponsables au pouvoir
La Une de Libération fait la promotion de l'usage raisonné des substances illégales, jouant ainsi ce lundi un rôle de support au gouvernement qui  n'a pas renoncé à ouvrir des salles de shoot

L'association des Parents contre la drogue met en garde contre la banalisation des drogues. Son président, Serge Lebigot, est également l'auteur des livres Cannabis: ce que les parents doivent savoir  dans lequel il met en garde contre les addictions qui touchent les jeunes : alcoolisation parfois rapide, heures passées devant les écrans d'ordinateur, drogues... 
Parmi ces dernières, le cannabis est souvent présenté comme une " drogue douce " aux vertus thérapeutiques. Or il n'en est rien, souligne Serge Lebigot, qui anime une association de parents engagée de longue date dans la lutte contre ce fléau. À travers un propos très accessible, l'auteur informe les parents sur les nombreux risques encourus par les jeunes, notamment au plan sanitaire. Nourri d'une véritable expérience de terrain et des drames, il explique comment se comporter face à un adolescent qui consomme du cannabis, mais ne pas le braquer et poursuivre le dialogue. 

Qui oserait prétendre que l'opinion ne se montre pas irritée par le laxisme en ce domaine? 
Dans les débats des municipales et lors des dernières élections, les électeurs ont exprimé leur désaveu de l'insécurité. Apolitique, l'association a alerté, tant Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, que Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, sur la folie et l'incohérence de s'acharner à vouloir ouvrir une salle de shoot à Paris, avant sa généralisation en France. Elle n'a pas été écoutée, alors que l'exécutif clame sa volonté d'écoute et de concertation. 
La Mairie socialiste de Paris s'est portée volontaire, poussant le projet "à la hussarde". "Notre association a dû batailler ferme et n'est pas peu fière d'avoir contribué à faire triompher le droit républicain et à faire chuter ce projet."

Le gouvernement a-t-il renoncé à poursuivre sa politique de dépénalisation de toutes les drogues?

Deux informations, l'une passée inaperçue, l'autre encore non rendue publique, font craindre hélas le contraire et la duplicité du nouveau premier ministre.

Que la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDCA, ancienne MILDT, Mission interministérielle de la lutte contre les drogues et la toxicomanie ) place sur le même pied d'égalité la dépendance au crack (cocaïne) et à l'héroïne et celle aux jeux vidéo, pourquoi pas à l'addiction au café ou au chocolat, en dit long sur la volonté de banalisation.
Dans la plus grande discrétion, Ayrault a signé un décret -pourtant passé au Journal officiel- pour changer le rôle de l'ex-MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie). Juste avant de se faire virer, le sombre Ayrault lui a  fait changer de nom pour devenir la MILDCA, Mission interministérielle de la lutte contre les drogues et les conduites addictives.

Or, il ne s'agit pas d'une modification anodine et bénigne de terminologie. Derrière la modification du nom de cet organisme et derrière la révision du périmètre de ses attributions, il faut voir en réalité une modification profonde de l'approche de la lutte contre la drogueLe prosélytisme dont continuent de faire preuve certains cercles du pouvoir en faveur de la dépénalisation des drogues, à commencer par le cannabis, prouve aussi qu'au sommet de l'État on ne renonce pas aux salles de shoot.

Les groupes de pression sont en train de gagner la partie

La lutte contre la drogue est désormais réduite au niveau de n'importe quelle forme d'addiction, comme le jeu. 
Bien qu'il soit indéniable que la drogue est la plus destructrice des addictions, la MILDCA nie les terribles risques qu'elle crée par ses amalgames et banalisations, alors que sa mission est au contraire de les prévenir et de les combattre. Cette réorientation, en particulier sur "l'addiction aux jeux vidéo" écrite en toutes lettres dans sa nouvelle lettre de mission (addiction qu'au demeurant, le 1er mars 2012, l'Académie nationale de médecine a relativisée) est préoccupante pour tous les acteurs de la lutte contre le fléau de la drogue.

Le gouvernement renonce à jouer pas son rôle de protection sanitaire
Le tournant qu'il autorise trouve son origine dans le prosélytisme dont continuent de faire preuve certains cercles du pouvoir en faveur de la dépénalisation des drogues, à commencer par le cannabis.

Le recours de l'association des Parents contre la drogue n'a pas découragé le gouvernement  Puisqu'il ne peut ouvrir des salles de shoot par décret, il va le faire par la loi. Le projet de Marisol Touraine est d'écrire en toutes lettres cette "légalisation" dans un nouvel article L. 3121-1 au Code de la santé publique. C'est ce projet qui figure actuellement dans un avant-projet de loi dite "santé publique" (sic) qui est prévu d'être examiné quand les Français seront sur les routes des vacances, le 16 juillet prochain au Conseil des ministres, dans la torpeur de l'été. 
Au premier ministre, ancien premier flic de France, il est demandé de se positionner en retirant ce texte. La lutte contre la drogue doit être décrétée grande cause nationale.

vendredi 26 août 2011

Niches fiscales et sociales, dans le même panier des critiques socialistes


Une mission de réforme, à la demande de François Fillon

125 niches inefficaces pour un coût de 11,7 milliards

François Hollande arrive après la bataille
"Plus de 50 milliards de niches fiscales n'ont pas l'efficacité voulue (...) Nous devons revoir ces mécanismes pour qu'ils soient tous tournés vers l'emploi, l'investissement et la compétitivité", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'Université d'été du PS à La Rochelle.

Depuis plus d'un an, des dizaines de hauts fonctionnaires ont activé l'analyse les niches fiscales et sociales, pilotés par l'Inspection des finances.
« Le montant total des dépenses fiscales et niches sociales pèse lourdement sur les finances publiques. Leur développement peut par ailleurs affecter la lisibilité du système fiscal et social, ainsi que la juste répartition des charges publiques », écrivait alors le premier ministre, F. Fillon.

C'est le rapport Fouquet du Conseil d'État rendu public le 23 juin 2008 qui clôt
la "querelle des niches" en donnant des pistes de réforme décisives.
Un rapport sans concession de l'Inspection des finances estime aujourd'hui que 19% des niches sont inefficaces et coûtent à l'État 11,7 milliards d'euros.
47% sont en outre jugées « peu efficientes ».

La tâche de ces hauts fonctionnaires a été titanesque, à la mesure de leur rapport de 6000 pages.

Les niches fiscales ne profitent pas seulement aux riches

Ces niches auxquelles les Français sont attachés
Lien PaSiDupes: savent-ils que leurs tickets restaurant et leurs chèques vacances sont des niches?
L'opposition trompe les Français sur les niches fiscales
68 niches sont sociales et diminuent les cotisations sociales et la CSG, tandis que parmi les 470 niches fiscales qui réduisent les impôts, certaines bénéficient aussi aux Français défavorisés.

Leur suppression à l'aveugle pour des raisons idéologiques ou politiciennes serait catastrophique pour les plus défavorisés.
Elles coûtent respectivement 38 et 66 milliards d'euros par an aux finances publiques, donc aux Français solidaires et pèsent donc proportionnellement davantage sur les classes moyennes.

Les membres de la mission ont audité environ 70 % de ces dispositifs.
Ils les ont notés de 0 (efficacité nulle) à 3 (pleinement efficiente). Verdict : 19% des niches fiscales sont inefficaces, et elles coûtent à l'État 11,7 milliards! 47% des niches sont jugées « peu efficientes », alors qu' elles alourdissent la dette publique de 28 milliards.

16 niches fiscales coutent la moitié du total de 68, en particulier:

- la TVA réduite pour des travaux de particuliers, créée en 2003 par Francis Mer coûte 5 milliards d'euros,
- le crédit d'impôt à la recherche, finance les entreprises pour leur dépenses de développement coûte 4 milliards d'euros,
- la prime pour l'emploi créée en 2001 par Lionel Jospin, coûte 3,2 milliards et touche 8,7 millions de Français,
- aux possesseurs d'assurance-vie et de certains produits financiers, créée en 2006 par Jean-François Copé. Elle concerne les hauts revenus,
- la TVA à 5,5 % dans la restauration, créée par Nicolas Sarkozy en juillet 2009, coûte 3 milliards d'euros en 2010,
- l'emploi d'un salarié à l'aide à domicile (deux catégories suivant le statut des bénéficiaires actifs ou non), coûte au total 2,9 milliards,
- les investissements dans l'immobilier locatif (lois Robien et Besson) coûtent plus de 80 millions d'euros,
- les investissements productifs dans les DOM-TOM coûtent 550 millions d'euros par an, pour 9 870 contribuables.
- l'abattement spécial sur les plus-values lors de la cession d’un cheval de course coûte 2 millions d'euros en 2010,
- les taux particuliers à la Corse, 180 millions d'euros,
- le taux réduit de taxe intérieure du fioul domestique, carburant diesel des agriculteurs et des pêcheurs, 1,1 milliard d'euros.

Citons encore les niches liées à la fiscalité incitative, dont
celle qui encourage l'investissement dans le cinéma : les Soficas furent créées en 1985: la Sofica créée par A Plus Finance a obtenu43% de réduction d'impôt en 2012, la Banque Populaire Images 9 (BPI9) a pu ainsi financer une comédie capitale de Michael Youn, « Les 11 Commandements », la Sofica UGC1 a notamment financé le film « Le Concile de Pierre » avec la militante socialiste défavorisée, Catherine Deneuve, égérie des plus grandes marques de luxe
(lien PaSiDupes) et, le croirez-vous, Luc Besson a créé sa propre société de production, sans prise de risques, avec l'assistance d'une Sofica (Europacorp) en parallèle;
ou celles favorisant certains investissements, sous certaines conditions dictées par la loi, permettent des amortissements dérogatoires, et donc une réduction de l'assiette d'imposition comme par exemple la loi Girardin sur l'investissement dans les DOM-TOM, d'un coût annuel de 800 millions d'euros et qu'Elie Domota juge insuffisante.
Le constat est moins désastreux pour les niches sociales
Les niches permettant de diminuer la cotisation sociale et la CSG résistent légèrement mieux à l'évaluation de l'Inspection des finances.
9% sont inefficaces, et ce pour un coût de 3,3 milliards
, tandis que 27% sont peu efficientes, pour une facture de 9,5 milliards, soit près de 13 milliards.

Le rapport s'abstient toutefois d'évoquer le problème des bénéficiaires dont certains sont des fraudeurs aux aides sociales<...
Le Parisien révèle que la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) évalue entre 540 et 808 millions d'euros la fraude aux aides sociales en France. Le quotidien fait valoir que ce coût serait "sept à dix fois supérieur" à celui de 2008, que la CNAF avait estimé à 79,77 millions d'euros, en septembre 2009. Le pourcentage d’assurés ayant été auteurs d’une fraude en 2009 monte à 2,15 %, ce qui fait 200 000 allocataires. Dans les seules Bouches-du-Rhône, en PACA, où le socialiste Michel Vauzelle se flatte d'être le président de la région concentrant le plus de musulmans, la CAF estime que, dans le département, le montant des sommes versées indûment s'élève à 2 millions d'euros pour l'année 2009. Ainsi,une pauvre Marseillaise défavorisée a-t-elle pu ouvrir trois dossiers différents à la CAF en changeant une seule lettre de son nom pour chacune des demandes. L'indélicate avait ainsi pu détourner 35 000 euros mais, en cas de poursuite, les réseaux et collectifs de la gauche vertueuse hurlent à la stigmatisation des défavorisés et à la traque des étrangers en situation irrégulière.
Lien La Provence (septembre 2008)

Certains dispositifs sont particulièrement stigmatisés
L'abattement de 10% sur le montant des pensions et des retraites

Pour le calcul de l'impôt sur le revenu, par exemple, est une mesure jugée « inefficace » pour coût de 4,3 milliards. Le rapport estime que « cet abattement qui se justifiait dans les années 1970 devrait évoluer pour plusieurs motifs », notamment car « le niveau de vie des personnes âgées a désormais atteint un niveau équivalent à celui actifs ».

Les niches relatives aux services à la personne, qui comprennent par exemple la réduction d'impôt pour l'emploi à domicile, ne sont pas bien notées non plus. Leur facture, 6 milliards, a été multipliée par deux en 6 ans. Ces dispositifs « semblent surcalibrés par rapport à l'objectif de lutte contre le travail au noir », estime le rapport.
Celui-ci ajoute que les 10 % des Français les plus riches consomment 67 % de ces niches de service à la personne.

Les niches sur l'Outre-mer (4,7 milliards de coût) et celles sur la Corse (400 millions de coût) sont elles aussi pointées du doigt.

Le Scellier pour l'investissement locatif est lui jugé peu efficient.

Par ailleurs, le rapport regrette que les niches ne soient pas régulièrement réévaluées. Il constate par exemple que la niche sur les indemnités de stage n'est plus adaptée. Elle date de 1958 !
VOIR et ENTENDRE le reportage de BFMTV:

19% des niches fiscales jugées inefficaces par BFMTV

Les niches protégées
En revanche, le rapport épargne la TVA à 5,5 % sur la restauration, obtenue à l'arraché de l'U.E., même s'il précise qu'il faudrait vérifier la qualité des emplois créés.

Le Crédit Impôt Recherche est lui considéré comme indispensable pour l'activité et l'emploi.

Les allégements de charges sociales sur les bas salaires sont elles aussi jugés «très efficients». Le PS ne devrait donc pas pouvoir faire un de ses amalgames de plus pour condamner les niches en bloc.

Tout comme la TVA à 2,1 % pour les médicaments remboursables.

Les conséquences à long terme d'une réduction des niches

Dans son ensemble, le rapport estime que la suppression à hauteur de 10 milliards de niches les plus efficaces conduirait au bout de 10 ans à une moindre activité de 1,1 point de PIB et un emploi inférieur d'au moins 145 000 postes.

Les parlementaires, qui viennent de recevoir ce rapport, s'en inspireront certainement pour proposer des mesures cet automne lors de l'examen des Budgets de l'État et de la Sécu au parlement.

=> Le gouvernement a devancé les conclusions de la mission en supprimant certaines niches. Le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt pour l'achat de la résidence principale, instauré à l'été 2007 et jugé inefficace par le rapport, a ainsi été supprimé l'an passé par Bercy.

dimanche 30 janvier 2011

Cantonales UMP: le tour de chauffe de la présidentielle

La mise en jambes UMP aux cantonales

Jean-François Copé a donné samedi le coup d'envoi de la campagne de l'UMP pour les cantonales de mars.

Il a déclaré vouloir en faire un "tour de chauffe" des idées qui agiteront l'élection présidentielle de 2012.

Confrontation des idées
Le secrétaire général de l'UMP a une nouvelle fois défendu la nécessité de débattre de tous les sujets au sein de la formation, y compris ceux qui dérangent, comme les 35 heures ou le statut des fonctionnaires.
"Je le dis très gentiment, je ne veux vexer personne, mais des débats il va y en avoir matin, midi et soir", a-t-il prévenu. "Il ne doit pas y avoir de sujets que l'on n'évoque pas."

Mise en ordre de bataille
Le député-maire de Meaux, qui s'exprimait devant les secrétaires départementaux et les délégués des circonscriptions du parti réunis salle Gaveau, a déclaré que le moment était venu de se mettre en ordre de bataille pour la présidentielle à quinze mois de celle-ci.
"Quinze mois, c'est un temps nécessaire pour lancer la mobilisation générale, pour réfléchir, pour débattre", a-t-il dit. "C'est juste le temps dont nous avons besoin pour bien remplir notre mission (...) conduire notre parti politique à la victoire".

Valeur des cantonales
J.-F. Copé a déclaré n'avoir pas tranché sur le caractère national des élections cantonales des 20 et 27 mars, la question devant se régler au cas par cas sur le terrain.
"Il est des endroits où on doit parler de sujets exclusivement locaux, d'autres où on doit répondre à des questions nationales", a-t-il estimé.

Déléguée générale aux élections de l'UMP, Nadine Morano, s'est démarquée du secrétaire général en indiquant que les débats liés aux cantonales "devaient avoir la priorité" par rapport à la préparation du projet 2012.
"Il n'est pas question de handicaper nos candidats par des débats qui alourdiraient leurs débats localement", a-t-elle dit à des journalistes.

Les grands thèmes du débat

L'UMP entend y porter trois thèmes qu'elle déclinera au niveau local mais qui auront à l'évidence une place importante dans la future campagne présidentielle :

- la prise en charge de la dépendance des personnes âgées
, un des derniers grands chantiers du quinquennat de Nicolas Sarkozy,

- l'attractivité fiscale des territoires
Elle doit permettre tout autant de mettre en cause la gestion "scandaleuse" des départements gérés par l'opposition de gauche que d'alimenter le débat sur la grande réforme que Nicolas Sarkozy a prévue cette année.

- et le "pacte républicain".
Ce thème doit permettre d'évoquer la sécurité, mais aussi l'identité nationale sous un angle moins polémique que le débat que le gouvernement a été contraint d'interrompre l'an passé à la suite de nombreux dérapages.

Pour Jean-François Copé, il ne s'agit plus de se livrer à un "débat de constat" mais de passer aux propositions. Elles doivent s'articuler selon lui autour de trois mots-clés :
- la fermeté,
- la générosité
- et l'ouverture au monde.

Réaffirmant qu'un parti qui ne débat pas "est un parti qui se meurt", celui qui a été porté à la tête de l'UMP après le remaniement du gouvernement en novembre a déclaré qu'aucun sujet ne serait tabou en la matière.

jeudi 25 novembre 2010

Fillon, sa déclaration de politique générale et sa fidélité au Président

Un discours respectueux des directives présidentielles

L'opposition s'étonnera que le Premier ministre ne fasse pas de révélations fracassantes dans ce discours aux députés !
La gauche en est surtout pour ses frais: l'émancipation de François Fillon - voire sa prise de pouvoir - n'aura été que fantasme de l'opposition.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,


Depuis mai 2007, j'ai l’honneur de servir notre pays sous l’autorité du Président de la République en m’appuyant sur une majorité à laquelle je voudrais ce soir, rendre hommage. À l’approche d’échéances électorales importantes, tout pouvoir est tenté par la prudence et par le jeu des apparences. Le Président de la République s’y est refusé, la persévérance politique étant à ses yeux le choix le plus conforme à l'intérêt national.

Il m’a chargé de diriger le nouveau gouvernement. C’est un gouvernement d’action qui a un double mandat. Le premier, c’est de mettre en œuvre l’engagement de 2007 de bâtir une France moderne. Le second, nous ne l’avons pas recherché, mais c’est celui que nous avons reçu de l’Histoire et il consiste à gérer la pire crise économique depuis la Grande Dépression de 1930.
Cette question de confiance s’inscrit au cœur de ce double mandat. Il ne s’agit pas d’improviser un chemin insolite. Il ne s’agit pas non plus de vous détailler l’agenda des dix-huit mois. Il s’agit de tenir ensemble un cap ! « On ne va pas au vrai par une route oblique », écrivait Victor HUGO.
Ma question est directe : voulons-nous encore et toujours moderniser la société française ?

Les pièges de la crise, le brouhaha des oppositions, les caprices des sondages étoufferont-ils notre volonté réformatrice ou seront-ils, au contraire, les sources d’une détermination renforcée ? Certains voudraient nous voir temporiser, rompre et nous renier.
Renier ce que nous avons fait ?
J’assume notre bilan parce que ceux qui esquivent leurs responsabilités ne méritent pas d’être aux responsabilités !
Et d’ailleurs de quoi pourrions-nous rougir ? D’avoir réformé les universités ? D’avoir réformé les retraites ? D’avoir rééquilibré nos institutions ? D’avoir instauré le service minimum ? D’avoir stoppé la spirale de la délinquance ? D’avoir réussi le Grenelle de l’environnement ? D’avoir affronté avec succès la pire chaîne d’avanies qu’un système capitaliste puisse produire ? Faudrait-il maintenant marquer le pas pour nous faire pardonner d’avoir agi malgré les protestations ?

Mesdames et Messieurs les députés, ce serait à coup sûr susciter le mépris de nos concitoyens. Quand on sert l’intérêt général, on ne s’excuse pas de son courage. Et quand on sert l’intérêt général, l’impopularité d’un jour peut devenir l’estime du lendemain.
Rompre avec le mouvement ? Il ne peut pas en être question parce que notre indécision serait une revanche de la peur. Cette peur du changement qui nous a longtemps conduits à célébrer la théorie du « ni-ni » et à louer celle du « temps laissé au temps ». Cette peur dont nous avons réussi à délivrer le pays, et cela avec l'appui des Français eux-mêmes, qui, bien souvent, ont accompagné ces évolutions avec lucidité.
Alors oui, contre vents et marées, dans le calme et la tempête, contre les conservatismes et pour vaincre les peurs, l’élan de la réforme est intact !
Parce que l’économie mondiale doit être mieux régulée, parce que notre économie doit être plus compétitive, parce que l’emploi doit être soutenu, parce que nos déficits doivent être réduits, parce que nous avons le devoir d’assurer le bien-être de nos aînés en finançant le coût de la dépendance, je vous le dis, nous allons continuer à réformer !
Le progrès, c’est une longue marche qui exige la ténacité et la vérité.
Nous nous battons avec les réalités d’un monde nouveau traumatisé par une récession brutale. Avec vous, nous avons maîtrisé ce choc.
Ensemble, nous en avons cantonné l’impact pour les Français en réussissant à limiter la récession à 2,6 % contre 4 % en Europe et à tenir le chômage en dessous du seuil de 10 %. Ensemble, nous en avons enrayé la dynamique mortelle en Europe en sauvant le système financier, puis la Grèce, puis aujourd'hui l’Irlande.

Mais, Mesdames et Messieurs les députés, la crise n'est pas finie. Elle continue de muter. L’Europe est menacée de stagnation et la crise du surendettement n’est pas encore jugulée.
Mais surtout – et c’est certainement le plus important –, cette crise a accéléré le basculement du centre du monde vers l’Asie et toute la hiérarchie des rapports de force issue du XIXe siècle est en train de se redessiner.

La Chine est devenue, en 2010, la deuxième puissance économique du monde, dépassant le Japon. Elle est devenue le premier exportateur mondial et elle a ravi aux États-Unis la place de premier exportateur de produits de haute technologie.
Avec 84 millions de diplômés de l’université, l’usine du monde s’apprête à devenir le laboratoire du monde. Et il nous faudra attendre plusieurs décennies pour que le développement intérieur du pays crée les conditions d’une concurrence plus équilibrée.
L’Inde, le Brésil avancent, eux aussi, à marche forcée et ce sont des continents entiers qui se dressent et qui nous défient.
Déjà, les États-Unis en souffrent. Alors comment ne serions-nous pas fouettés par ce vent de l’Histoire ?

Dans ce contexte, notre but, c’est la maîtrise de notre souveraineté, c’est la maîtrise de notre liberté. La liberté d’être nous-mêmes, la liberté d’agir par nous-mêmes en suivant nos valeurs. La liberté face à une compétition qui dépossède de leur destin les pays insouciants. Ni indulgence, ni relâchement, ni immobilisme, la réforme reste indispensable.

Avec une dette de 1 600 milliards d’euros, la France ne dispose pas de trésor caché pour se dispenser de ses efforts.
Tous ceux qui multiplient les promesses sont condamnés à les renier. Et j’invite l’opposition à méditer l’avertissement de Charles PÉGUY quand il disait : « Le triomphe de la démagogie est passager mais les ruines sont éternelles » Pour tout dire, ceux qui sèment des illusions récolteront des désillusions.
Maintenant, la bataille de la croissance est commencée.
Je dis aux Français que la reprise est amorcée. Notre taux de croissance en 2010 sera supérieur à 1,5 % et la cible de 2 % en 2011 est clairement à notre portée. Mais il nous faut encore accentuer notre compétitivité économique et scientifique. Il faut nous libérer des déficits pour maintenir les taux d’intérêt à un niveau aussi bas que possible et pour retrouver des marges de manœuvre. Il faut continuer de rénover notre héritage social et non pas faire de nos droits acquis le matelas de notre léthargie.
C’est ainsi et seulement ainsi que la solidarité et l’égalité des chances seront préservées. Il faut trouver, avec notre principal partenaire européen, l’Allemagne, la force d’entraîner l’Europe et construire une gouvernance économique de la zone euro. Pour cela, notre crédibilité économique et financière doit être aussi solide que celle de nos voisins qui ont pris, eux, dix ans d’avance sur nous en termes de réformes.
Il faut enfin – et c’est la mission que le Président de la République s’est assignée en prenant la présidence du G20 –, il faut enfin repenser la gouvernance mondiale, renforcer la régulation financière, lutter contre la volatilité des matières premières, ordonner les distorsions monétaires. Vaste ambition, diront les plus sceptiques.
Mais est-ce qu’ils ne disaient pas déjà la même chose lorsque Nicolas SARKOZY réveilla le G20 en pleine tourmente financière ?

La France va se battre pour convaincre ses partenaires qu’un monde mieux équilibré et mieux régulé est nécessaire et elle sera ainsi fidèle à son message universaliste. C’est ce message qu’avec Michèle ALLIOT-MARIE et Alain JUPPÉ nous assumerons par la diplomatie mais aussi par la force des armes lorsque cela est nécessaire.
En Afghanistan, nous poursuivrons notre stratégie de sécurisation, de reconstruction et de responsabilisation des autorités afghanes. La lutte contre la prolifération nucléaire nous conduira à maintenir la pression sur l’Iran. Le renouvellement de la stratégie de l’OTAN décidé au sommet de Lisbonne doit être l’occasion de poser enfin les fondations d’un système de sécurité collective qui ira de l’Atlantique jusqu’à l’Oural. Le sort de nos otages nous mobilise inlassablement. Au terrorisme, nous opposons une vigilance permanente et la force de caractère de la République.
Tous ces objectifs, tous ces défis, exigent de la cohérence et du courage politiques.

Depuis longtemps, je crois à la nécessité de la continuité pour adapter notre pays en profondeur, sans à-coup, sans psychodrame.
Je crois à la durée. Je crois à la sérénité républicaine !

Les allers-retours, Mesdames et Messieurs les députés, fragilisent l’action publique. Ils nourrissent la suspicion des Français à l’égard de leurs représentants. Les zigzags éreintent la démocratie et fragilisent la démocratie sociale.

En tenant bon sur la réforme des retraites, nous avons réaffirmé l’autorité de l’État et la légitimité du Parlement. Et ce faisant, nous avons clarifié les conditions d'un dialogue social responsable. Après le temps des désaccords, le temps du dialogue pragmatique est revenu. La loi du 20 août 2008, relative à la rénovation du cadre de représentativité, a amorcé un changement du paysage syndical.
Ce sera la clé d’un nouveau réformisme social que je suis prêt, avec Xavier BERTRAND, à soutenir de toutes mes forces. Mais la prochaine étape devra être la révision des règles de la représentativité patronale. Et nous aurons ainsi conforté la légitimité de l’ensemble des partenaires sociaux.
Notre première priorité, c'est la croissance au service de l’emploi. Quelles en sont les conditions ?
D'abord, il faut renforcer la compétitivité. Nous avons un socle pour le faire.

Nous avons, avec Valérie PÉCRESSE, donné aux universités le pouvoir de se battre à armes égales dans la bataille de l’intelligence ; avec Christine LAGARDE, nous avons supprimé la taxe professionnelle et triplé le crédit impôt-recherche ; avec Bruno LE MAIRE, nous avons protégé l’avenir de la filière agricole ; nous avons posé les bases d’une politique de filière et nous avons restauré les conditions d’une politique industrielle que nous avions trop longtemps délaissée : le transport, l’aéronautique, la construction automobile, l’agroalimentaire, l’énergie nucléaire. Voilà les atouts de la France sur lesquels nous allons miser.

En décidant de consacrer 35 milliards d'euros aux investissements d’avenir, comme nous le proposait le rapport d’Alain JUPPÉ et de Michel ROCARD, nous allons renforcer ces secteurs stratégiques.

Mesdames et messieurs les députés, dans les prochains mois, plus d’une centaine de projets vont être sélectionnés.
Dix-neuf milliards seront affectés à l’Enseignement supérieur et la Recherche, 6,5 milliards aux filières industrielles et aux PME, 5 milliards au développement durable et 4,5 milliards à l’économie numérique.
D’un côté, ces investissements massifs pour aller chercher la croissance sur les segments les plus porteurs de l’économie, et de l’autre la rigueur budgétaire pour réduire nos déficits, voilà tout l’équilibre de notre politique économique.

Mesdames et Messieurs les Députés, nous ne devons pas nous payer de mots. Il n’y aura plus de dépenses publiques supplémentaires pour relancer la croissance. En revanche, nous avons le devoir d’offrir à nos entreprises des financements de long terme pour soutenir leur développement. Nous devons orienter l’épargne sur l’investissement de long terme et notamment en actions, et sur les projets d’intérêt général.
Plutôt que d’alimenter des bulles spéculatives, c’est là que l’ingénierie financière doit s’employer au soutien de l’économie réelle et de l’emploi.

Au sein de l’Union européenne, la France proposera dans ce sens la création d’un fonds européen de capital-risque en faveur des entreprises innovantes, ainsi qu’un fonds européen des brevets pour valoriser les résultats de la Recherche.
Le développement durable constitue, lui aussi, un instrument de notre croissance. Les engagements du Grenelle de l’environnement seront intégralement respectés. L’écologie créatrice et non pas l’écologie punitive, cette écologie créatrice est une source d’emplois ! C’est le vecteur des technologies de demain ! C’est la marque d’une société qui sait valoriser ses ressources et qui ne gâche pas son patrimoine, et ce faisant, c’est un gage supplémentaire de l’attractivité de notre territoire. C’est ce message que Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET portera lors des négociations de Cancun.

Comment renforcer notre compétitivité sans parler de la fiscalité ?
Notre fiscalité, c’est un chef d'œuvre de complexité.
Au point d'en affecter l'efficacité et même l'équité. Nous avons le taux de prélèvements obligatoires à 4 points de plus que la moyenne européenne.
Et la fiscalité directe sur les entreprises est en moyenne supérieure à 5 points à ce qu'elle est chez nos voisins européens !
Au vu de ce constat, mon premier engagement : c'est qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt.
Et ma seconde conviction, c'est que le statu quo est impossible ! Nous avons déjà fait beaucoup, avec le crédit Impôt/Recherche et la réforme de la taxe professionnelle. Nous allons continuer à agir, en nous tenant à trois principes : la fiscalité doit servir notre compétitivité; la fiscalité doit rechercher la justice, et la fiscalité doit être lisible, donc elle doit être aussi simple que possible.
Avec le boulier fiscal, nous avons cherché à limiter les effets d’une fiscalité inadaptée, mais il faut bien le dire, sans traiter le mal à la racine. Le Président de la République nous propose aujourd’hui de nous atteler à une réforme profonde de la fiscalité du patrimoine. Cette réforme, je veux d’abord dire qu’elle doit se faire à produit constant et dans le respect d’un principe cardinal de notre fiscalité depuis 1789 : que chacun contribue à proportion de ses capacités, parce que l’impôt, pour être légitime, doit être juste !

Nous apporterons une réponse avant l’été 2011 et nous le ferons à partir d'une réflexion d'ensemble avec nos voisins allemands.
Je dois dire d’ailleurs que de ce point de vue, ce qui se passe aujourd’hui dans la zone Euro, montre à quel point il y a une urgence à rapprocher progressivement les fiscalités des pays qui partagent la même monnaie ! La Cour des Comptes et l’Académie fédérale des finances allemande nous remettront un diagnostic comparé en janvier 2011. Et c’est ce diagnostic qui sera la base d'un travail législatif que nous mènerons sans a priori.

La gestion rigoureuse de la dépense publique, c’est la seconde condition de la croissance. Nous avons tracé, avec le programme de stabilité et la loi de Programmation des finances publiques que vous avez votée, la ligne de cet effort de redressement. Alors que le déficit atteint 7,7 % du PIB en 2010, nous reviendrons à 6 % en 2011, à 4,6 % en 2012, à 3 % en 2013 et à 2 % en 2014. Cette trajectoire vertueuse exige une mobilisation sans faille ! Une mobilisation de l'Etat, bien sûr, mais aussi une mobilisation des régimes sociaux et des collectivités territoriales.
Dans ces conditions et seulement dans ces conditions, la dette publique sera stabilisée à partir de 2012 et elle commencera à décroître ensuite.

Pour ce qui concerne l'Etat, j’ai arrêté un budget pluriannuel 2011-2013, qui repose sur la stabilisation en euros courants des dépenses hors dette et hors pensions sur toute la période. Cette norme s'applique aussi, vous le savez, aux transferts de l'Etat vers les collectivités territoriales, qui sont gelés en valeur. Sur les effectifs, nous poursuivrons, avec François BAROIN et Georges TRON, la politique de non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, initiée au début du quinquennat. Chaque année, les effectifs de l'Etat diminuent ainsi de plus de 30.000.

Mesdames et messieurs les députés, nous avons l’administration la plus importante en Europe ! Nous pensons que nous pouvons gagner, avec elle, en qualité et en productivité.
Au lendemain de l’ouverture du congrès des maires, je veux dire mon attachement à un dialogue constructif avec tous les élus. La France des territoires, de métropole et d’Outre-mer, la France des espaces ruraux façonne notre nation.
Je mesure les efforts que le gouvernement demande aux élus locaux de partager. Je veux poursuivre avec eux un dialogue approfondi, dans le cadre de la conférence des exécutifs, parce qu’il n’y a pas d’un côté, Paris et de l’autre, les territoires ! Il n’y a qu’une France qui vit, à tous les niveaux, l’exigence de l’effort et de l’efficacité au service des Français !

Nous souhaitons inscrire dans notre Constitution des principes garantissant la maîtrise des finances publiques. Le gouvernement saisira donc prochainement les groupes politiques d'un document d’orientation, afin que nous regardions ensemble si un consensus peut être atteint sur cette question.
Tous ces efforts sont concentrés autour d’un choix politique que nous assumons : c’est le choix de la vertu budgétaire, au nom de notre indépendance, au nom des solidarités de demain, au nom des familles qui s’agrandissent, au nom de l’avenir que nous écrivons aujourd’hui.

On a beaucoup parlé de la jeunesse ces derniers mois et de sa peur de l’avenir. Dissiper cette peur, c’est d’abord alléger le fardeau de la dette qui pèse au dessus de chaque berceau.
C’est aussi, avec Luc CHATEL et Frédéric MITTERRAND, rappeler que la République ne baisse pas ses prétentions en matière d’éducation, de formation et de culture. La réforme du lycée, le soutien personnalisé, le socle commun, et le respect des enseignants sont pour nous au cœur de l’égalité des chances.
Dans un monde qui change à toute allure, il est vrai que la jeunesse peut se sentir désemparée, comme isolée au sein de sa génération. Nous lui disons que ce malaise n’est pas le résultat des changements que nous avons initiés, mais de l’immobilisme au sein duquel nous avons longtemps baigné !
Pour dégager des perspectives nouvelles, nous avons fait le choix du mouvement, nous avons fait le choix de concentrer les efforts de la nation autour de la recherche, du travail, de la rénovation sociale, de la reconnaissance des talents. L’Histoire dira si nous avons réussi, mais qui pourrait, aujourd’hui, nous lancer la pierre en disant : « Ils n’ont rien fait » ?
Ceux qui ont pris la responsabilité d’entraîner des lycéens dans la rue pour défendre la retraite à 60 ans, ceux-là se rendent-ils compte de l’image dépressive qu’ils inculquent à des jeunes qui ont le devoir de saisir pleinement la vie ? Si la jeunesse est « désenchantée », comme le prétendent les observateurs, à qui la faute si ce n’est à nous, les adultes qui, depuis des décennies, peignons la France sous les visages de l’échec, de la honte de nous-mêmes, du catastrophisme, alors que notre pays reste celui de tous les possibles pour peu qu’on croie aux valeurs de l’audace, de la curiosité, de l’engagement !

Non, nous n’opposons pas l’efficacité économique, la rigueur budgétaire à la cohésion sociale. Dans la crise, tous nos dispositifs de solidarité ont été mis en action. Et s’il est juste de dire que les Français ont « serré leur budget », il est juste de dire aussi que nous les avons protégés du mieux possible.
Nos amortisseurs ont joué pleinement leur rôle, et je veux dire que la plupart de nos voisins n’ont pas eu le même privilège.
Même au plus fort de la crise, le pouvoir d’achat a progressé : +1,6 % en 2009, + 1,3 % en 2010. Du côté des prix, avec la loi de modernisation de l’économie, nous avons divisé par trois les marges arrière.
La hausse des prix dans la grande distribution a été ainsi conjurée.

Chacun sait, mesdames et messieurs les députés, que pour les familles, et notamment pour les classes moyennes, le logement constitue la première des dépenses. Depuis vingt ans, la contraction du marché de l’immobilier a fait bondir les prix. Il faut donc continuer de construire, de développer l’offre, de renforcer la transparence de ce marché. Avec 120.000 logements sociaux en 2009, jamais un gouvernement n’a autant fait !
Jamais, jamais ! Jamais non plus, nous n’avons autant fait pour l’accession à la propriété qu’avec le prêt à taux zéro renforcé qui sera mis en place au 1er janvier.
Nous allons renforcer notre politique de la ville, repenser et resocialiser les quartiers difficiles avec l’appui du monde associatif, tisser les liens du Grand Paris, poursuivre nos efforts sur l’hébergement d’urgence et sur l’accès au logement.
Maurice LEROY, Benoist APPARU, Philippe RICHERT ont pour mission de prolonger le Plan de rénovation urbaine en ciblant les opérations les plus urgentes, et en assumant des choix clairs, à l’opposé de la tentation du saupoudrage.
Comment aussi ne pas voir que nos réglementations pèsent par leur complexité même ? Et c’est particulièrement vrai en matière d’urbanisme. La sédimentation bureaucratique des textes et des procédures gagne si l’on n’y prend pas garde. Reprenons ensemble les chantiers de la simplification du droit et des procédures. Allégeons les impôts papier et les normes excessives ! Evaluons, revisitons notre droit pour que la loi soit mieux comprise, mieux appliquée et reflète toujours ce qu’elle doit être, c’est-à-dire l’expression de la volonté générale.

Mesdames et messieurs les députés, au coeur de la cohésion sociale, il y a l’emploi.
Pendant la crise, nous avons mis en place avec les partenaires sociaux des mesures exceptionnelles et massives. Cette politique a porté ses fruits.
Notre économie recommence à créer des emplois depuis le début de l’année. Nous devons aujourd’hui relancer nos politiques de l’emploi et progresser dans la voie de la flexisecurité. Il nous revient d’en fixer les objectifs, le calendrier, la méthode mais je veux dire que c’est aux partenaires sociaux d’en proposer et d’en définir les modalités et les outils.
Quels sont ces objectifs ? D’abord, garantir une meilleure insertion professionnelle pour les jeunes. Nous ne pouvons pas accepter un taux de chômage des jeunes qui reste depuis si longtemps bloqué à un niveau aussi élevé.
Leur parcours pour une insertion durable dans l’emploi doit être moins discontinu, plus rapide. Et nous savons tous que parmi les solutions les plus efficaces, il y a l’apprentissage et il y a l’alternance.
Parce que l’apprentissage et l’alternance assurent une insertion dans l’emploi à plus de 70 %. Aujourd’hui nous avons environ 600.000 jeunes en alternance. Et bien nous nous fixons l’objectif de doubler ce chiffre et pour ce faire, nous voulons engager avec les régions un dialogue constructif.
Il faut ensuite assurer une meilleure protection contre les ruptures des parcours et notamment en cas de licenciement collectif. Avec le contrat de transition professionnelle, nous avons un outil efficace de reconversion et d’accompagnement vers l’emploi. Et bien nous voulons harmoniser la convention de reclassement personnalisé et ce contrat de transition professionnelle, pour aller vers la généralisation de cet outil.
Enfin, je veux dire que le gouvernement sera très vigilant sur la mise en œuvre des accords d’entreprise ou de branche et des plans d’action en direction des seniors. Il est prêt à accompagner les initiatives que les partenaires sociaux voudront prendre. Ceux-ci ont d’ores et déjà indiqué leur intention d’ouvrir un chantier de l’emploi des jeunes et des seniors. Ils doivent également négocier une nouvelle convention d’assurance-chômage. Je leur fais confiance pour proposer de nouveaux outils sur ces points, la balle est dans leur camp.
Au début de 2011, nous pourrons ensemble fixer le contenu de ce que sera l’agenda social des prochains mois.

Avec l’emploi, la sauvegarde et la modernisation de notre système de protection sociale s’imposent à nous. Nous avons commencé avec la réforme des retraites. Avec Xavier BERTRAND et Roselyne BACHELOT, nous allons poursuivre. Nous ne devons pas laisser dériver les comptes de l’assurance maladie par démagogie. Nous ne pouvons pas esquiver sur cette question notre responsabilité collective. Nous lancerons une concertation nationale sur la protection sociale qui associera tous les acteurs, les partenaires sociaux, les professionnels de santé, les mutuelles, les assurances, les collectivités territoriales, au premier rang d’entre-elles les Conseils généraux.

Cette concertation devra examiner les voies et moyens de réguler les dépenses de santé, de fixer la part des régimes obligatoires et complémentaires et de diversifier les modes de financement. Cette Concertation nationale aura évidemment pour but immédiat de traiter la question de la dépendance. Le coût est estimé à 22 milliards d’euros et il devrait atteindre les 30 milliards dans les prochaines années. Le nombre des plus de 75 ans devrait doubler au cours des prochaines décennies. Il s'agira en premier lieu, de déterminer les besoins réels des personnes, d’examiner comment assurer le maintien à domicile des personnes âgées le plus longtemps possible. Il faudra ensuite sérier les pistes de financement : assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle ?
C’est la concertation qui permettra de répondre à toutes ces questions, sans a priori et sans préjugé. La dépendance, Mesdames et Messieurs les députés, est un sujet majeur, c’est un sujet incontournable. Il a fallu plusieurs années de débats et de rapports pour que la question des retraites arrive à maturité dans l’opinion. Eh bien avec le Président de la République, nous voulons préparer le défi de la dépendance avant que l’urgence ne s’abatte sur nous.

Mesdames et Messieurs les députés, la force de notre nation ne réside pas seulement dans la résolution de ceux qui la dirigent. Elle naît et s’épanouit dans le cœur de chacun. Inscrire sa destinée dans un destin commun, donner à son pays autant que l’on reçoit de lui, transmettre à nos enfants un peu plus que ce que nos parents nous ont légué, intégrer et assimiler les étrangers qui rejoignent la communauté nationale, c’est là l’esprit du pacte républicain. Ce pacte nous savons tous qu’il est fragile et partout où l’Etat démissionne, l’incivisme et le désordre gagnent.
Notre volonté de rehausser les valeurs qui fondent la République française reste intacte.
Notre volonté d’endiguer l’immigration clandestine ne faillira pas !
Notre volonté de combattre l’insécurité n’est pas de circonstance parce que ce n’est pas le combat d’un jour et parce que cela ne peut pas être un combat politicien. La réponse policière et pénale doit s’adapter à des phénomènes alliant criminalité organisée, délinquance urbaine, trafics d’armes et de drogue.
Contre ces fléaux, l’efficacité de notre lutte dépend des forces de l’ordre dont je veux saluer le travail. Elle dépend des élus de terrain, les maires qui sont en première ligne ; elle dépend aussi de la capacité de la chaîne pénale à rendre effectif le principe d’exemplarité des peines sans lequel la récidive est quasiment assurée.

Le Président de la République a annoncé une série de mesures qui sont inscrites dans la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure portée par Brice HORTEFEUX. De Grenoble à Marseille, la démonstration est faite qu’aucun relâchement, aucune complaisance, ne sont possibles. Le défi est policier, il est judiciaire, éducatif, familial mais il est aussi moral. C’est toute une chaîne de responsabilité, de civisme, de respect mutuel que nous devons ensemble retendre. Le Parti socialiste se targue d’avoir fait sa mue sur les questions de sécurité. Après 20 ans d’indécision, 20 années aux cours desquelles la gauche refusa de regarder la réalité en face, eh bien j’attends toujours qu’elle joigne ses efforts aux nôtres.

Parmi les fondements de notre Etat républicain, il y a la justice, respect de la Loi, force du droit. Oui, c'est à partir de là qu'existe l'Etat de droit et que la démocratie peut vivre dans le respect de chacun. La Justice n'échappe pas aux mouvements du temps. Et parmi ceux-ci, une conception toujours plus exigeante des droits de la Défense qui amènera à revoir les conditions de la garde à vue. Ce texte, vous allez en débattre bientôt sur la base d'un projet ambitieux qui fait de l'assistance par un avocat en garde à vue un principe, tout en ménageant les nécessités de l'enquête. Des affaires récentes ont mis en lumière l'attention toujours vive que porte la société à la justice pénale. Rien de ce qu'elle décide ne lui est indifférent. Et plus que toutes autres, les juridictions pénales exercent l'autorité publique et garantissent l'ordre public. Le principe selon lequel, comme toute juridiction, celles-ci jugent au nom du peuple français est vécu avec une intensité particulière. Et cela justifie le rôle éminent du Parquet aussi bien que la présence des jurés aux assises.

Le Président de la République nous invite à aller plus loin. Le Garde des Sceaux ouvrira donc un large débat pour savoir comment renforcer ce lien entre le peuple souverain et sa justice pénale. Non pas par méfiance à l'égard des magistrats dont le professionnalisme et la haute conscience méritent notre respect. Mais pour que nos concitoyens se reconnaissent toujours mieux dans la Justice, pour éviter une sorte de schisme insidieux qui couperait le pays légal du pays réel. Quels délits peuvent donner lieu à des formations de jugement impliquant la participation d'assesseurs issus de la société civile ? Faut-il envisager un seuil de gravité ? Est-ce en première instance ou seulement en appel ? Ne faut-il pas aussi réfléchir au fonctionnement des assises ? Est-il nécessaire d'avoir toujours 9 jurés ou bien peut-on dans les cas les moins graves trouver une forme de participation populaire moins lourde ? Enfin, en matière de libération conditionnelle, lorsque le tribunal d'application des peines statue, ne devrait-il pas dans certains cas s'élargir à des non magistrats ? Bien sûr je ne méconnais pas les problèmes matériels que poseront ces évolutions, mais je veux dire que ceux-ci ne peuvent empêcher une réflexion de fond.

A ce stade, je ne veux préjugez de rien, mais je demande à la Représentation nationale d'aborder avec le gouvernement le débat sans a priori. L’esprit de justice, je le vois aussi dans la mise en œuvre des révisions de la Constitution votée par le Parlement en 2007 et 2008. La question prioritaire de constitutionnalité, Mesdames et Messieurs les Députés, est une avancée démocratique que la gauche n’a jamais osé engager en son temps. Eh bien, la loi organique sur le Défenseur des droits votée au Sénat en juin, sera inscrite à l’ordre du jour de votre Assemblée au tout début de l’année 2011, pour une mise en place au printemps. Et les deux dernières lois organiques attendues pour l’application des dispositions votées ont été transmises au Conseil d’Etat. Elles seront délibérées en Conseil des ministres avant la fin de l’année. Il s’agit du referendum d’initiative populaire d’une part et du nouveau régime de mise en cause de la responsabilité du Chef de l’Etat.

Monsieur le Président… C’est étonnant de voir l’impatience qu’il y a sur les rangs de la gauche, à voir mise en œuvre une réforme que la plupart d’entre eux, ont combattue et non pas votée.

Mesdames et messieurs les députés, depuis 2007, nous modernisons le modèle français. Notre espérance nous interdit de piétiner devant les difficultés ; d’être indulgents sur nos faiblesses et d’être inutilement divisés. Je refuse toute idée d’usure ou de pause. L’usure est la maladie du découragement et la pause c’est la marque des indécis.
Nous nous sommes depuis trop d’années bercés de la certitude de notre grandeur.
Nous nous sommes depuis trop d’années nourris de l’illusion qu’une croissance meilleure suffirait à remettre les choses à l’endroit. Sur le rivage du monde, nous avons attendu le retour des vents favorables en essayant de colmater les brèches les plus périlleuses.
Nicolas SARKOZY a proposé à la France d’assumer les réalités d’un monde qui peut nous déplaire mais qui est le nôtre. Il a proposé de reconstruire notre communauté nationale autour du travail. Il a donné la priorité à nos forces universitaires, scientifiques et à nos entrepreneurs. Et bien je suis persuadé que cette voie est la bonne. C’est la seule qui s’inscrit dans la fidélité de notre héritage. Les Français savent très bien à quel travail opiniâtre ils doivent le modèle social qui les protège, la culture qui les relie, les paysages qu’ils aiment, la République qu’ils chérissent. Ils savent ce qu’ils doivent aux générations passées, elles qui se sont battues pour la liberté et le progrès.
Nous sommes les héritiers de rêves acharnés. Je suis persuadé que ce rêve est vivant !

Les temps changent, les générations passent, mais dans ce Palais Bourbon, une voix persiste : c’est celle de l’unité de la nation. D’une nation qui s’est progressivement organisée autour de territoires, d’une langue, d’un Etat, pour devenir ce qu’est la France d’aujourd’hui : un point ardent dans la géographie du monde. Renoncer, douter, serait se parjurer devant l’Histoire. Ce serait laisser le terrain libre à tous ceux qui avancent des idées fausses et des fausses pistes, ces mirages désastreux que sont le partage du travail, la retraite le plus tôt possible, l’endettement sans fin, la diabolisation du capital, le protectionnisme.
Cesser d’avancer, ce serait oublier ce que nous avons fait et ce qu’il nous reste à faire. Notre marche n'est pas finie.

Nous devons pouvoir regarder nos concitoyens dans les yeux, parce que nous avons été fidèles à nos engagements. Nous devons les convaincre que le courage des réformes est plus protecteur que la quiétude de l'inaction. Nous devons être plus crédibles que nos détracteurs et cela exige droiture, solidité et unité.

Mesdames et Messieurs les députés, la confiance que je vous demande n’est pas une marque d’allégeance. Elle est la marque de notre fidélité, la marque de notre volonté, elle est la marque résolue de ceux qui, jusqu’au terme de leur mandat, agissent pour l’espérance et pour la France.

Ce texte est une base de références pour les victimes des manipulations de la 'presse infâme' et des
'chefs de bandes' (extrait -transposable- de l'éloge funèbre de Léon Blum à Roger Salengro - Lille, le 22 novembre 1936)