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vendredi 27 décembre 2019

La réforme des APL à nouveau reportée par le gouvernement

Les apprentis du gouvernement ne tiendront encore pas leurs engagements

Denormandie, un proche de Macron, reporte la mise en vigueur des nouvelles règles de calcul du 1er janvier comme prévu au 1er...avril !

Denormandie se fait dessus quand le chien du Macron s'oublie.
Quand le ministre s'oublie, le président se fait-il dessus ?

La Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) a demandé plus de temps pour faire face à une évolution du mode de calcul des aides personnalisées au logement. 
La Nouvelle année du "monde nouveau" de Macron va s'ouvrir sous de mauvais auspices. Jeudi 26 décembre, lendemain de Noël, lgouvernement a annoncé, avoir repoussé du 1er janvier au 1er avril l’entrée en vigueur de la réforme des aides personnalisées au logement (APL), après déjà  un premier report en juillet dernier, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) ayant demandé plus de temps pour sa mise en œuvre.

Sur la sécurité et la fiabilité, l'exécutif accumule les difficultés.
Evitant les micros et caméras, Julien Denormandie, ministre chargé tardivement de la ville et du logement  des secteurs oubliés au moment de la formation du gouvernement en juin 2017 ! -, a eu recourt à un communiqué, pour faire part de ce deuxième report. 
Cet ancien directeur de cabinet adjoint de Macron quand il était ministre de l'Economie de Hollande justifie le nouveau report par sa volonté de permettre l’application de la réforme "avec un meilleur niveau de sécurité et de fiabilité pour les allocataires".

"Cette réforme n’est pas remise en cause [à la bonne heure !] et permettra de déterminer de façon plus juste le montant d’APL à verser en fonction de la situation des allocataires et de la réalité de leurs ressources", a-t-il promis.

"Il est de ma responsabilité d’assurer à tous les allocataires le juste versement de leurs aides au logement, c’est pourquoi j’ai acté ce décalage d’un trimestre", s'est vanté le ministre, clown triste (ci-contre par Bernard Buffet).

La CNAF avait eu également recours à un communiqué pour informer Juju Denormandie.
Elle lui faisait part, à lui et aux bras cassés de son cabinet, du besoin de "décaler la date d’entrée en vigueur de la réforme d’un trimestre afin de s’assurer des meilleures qualité et fiabilité possibles dans la mise en œuvre de cette réforme pour ses six millions d’allocataires" en souffrance. 

L'exécutif refait le coup de ParcourSup !
Résultat de recherche d'images pour "Denormandie"
Denormandie est-il un jeune sinistré?
Selon la Caisse, les "travaux techniques relatifs" à l’évolution du mode de calcul des allocations logement "montrent encore des zones d’incertitude". "D’ultimes travaux de fiabilisation sont donc indispensables, nécessitant un décalage du calendrier prévu pour assurer la bonne mise en œuvre de la réforme", a expliqué la CNAF dont le zèle et les scrupules honorent le ministre à la triste figure, l'un des fondateurs du mouvement En marche !, dont il fut secrétaire général adjoint...

Cette réforme vise à mettre en œuvre la "contemporanéité" (sic) des APL...
On comprend qu'un tel langage puisse faire bugger les calculs ! En clair, on parle d'actualisation des modes de calcul à partir des revenus actuels du bénéficiaire et non plus de ceux qui remontent à deux ans, comme c’est le cas actuellement.

Au mois de juillet, Matignon avait estimé à "un peu au-dessus d’un milliard d’euros" les économies réalisées grâce à cette réforme.

Le socialiste Macron a demandé au socialiste Denormandie - ex-collaborateur de Moscovici - de réaliser des économies sur le dos des allocataires, par définition les plus plus défavorisés. Mais la presse aux ordres assure que ça s'explique  par l’idée que les revenus actualisés seront globalement plus élevés que ceux qui étaient observés deux ans auparavant, grâce à la croissance, et que cela réduira mécaniquement le montant des aides leur étant conditionnées. 
Evidemment, ceux qui anticipent le coup-bas ne comprennent rien...


jeudi 11 août 2016

La CAF finance un centre de vacances avec repas halal et prières

Rassurons-nous: toutes ne sont pas suspectes 

Après l'association "Smile 13", "Vacances éthiques" est tout aussi... respectable !

Curieux "séjours vacances en groupe dans le respect de l'éthique musulmane"
que ceux organisés par "Vacances éthiques" avec la participation financière de la CNAF qui accorde son agrément à un "séjour avec repas halal et prières guidées par un imam" controversé.
Une semaine en haute saison - du 21 au 28 août - pour pas cher et dans le cadre idyllique des bords du lac de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes, les Rives du Lac, un camping 3 étoiles, à Veynes (à gauche - PCF puis PS- jusqu'en 2014), car la Caisse nationale des Allocations familiales - "acteur majeur de la solidarité nationale" - finance pour les femmes qui y sont affiliées..., en catimini, car elle nie. C'aurait pu être en Charente-Maritime, chez son ex présidente Marie-Ségolène Royal.

La CNAF aurait-elle oublié qu'elle est censée être un établissement public et laïc?

On n'imaginerait mal, dans ce pays de culture jusqu'ici judéo-chrétienne, que la Caisse d'allocations familiales puisse financer une association juive ou chrétienne, mais si, en revanche, qu'elle soit musulmane n'est pas pareillement un obstacle, la république laïque a du souci à se faire sur sa pérennité. Et ne parlons pas ici d'Etat de droit, bien que cette doctrine soit actuellement brandie à tout propos.

Valls assure que "l'Etat a déjà tout fait". Et ses organisations gouvernementales ?

Des repas "halal", des "rappels réguliers" sur "la foi, le comportement et la vie du croyant en général", ça s'appelle un séminaire, sans interpeller la CAF.
Choisir un "invité d'honneur", comme l'imam controversé Aami Hassen Bounemcha, c'est un défi au pouvoir politique , au moment où il envisage un "pacte" de la République avec les musulmans dits "de France", bien qu'ils se comportent comme des musulmans étrangers en France.  Voyez l'affaire de la privatisation d'un parc aquatique pour une journée "burkini" (cf. libellé ci-dessous) entre femmes.

Or, l'imam favori de la CAF prêche dans la mosquée d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), connue pour sa fréquentation par des groupes salafistes. "La spiritualité fait partie intégrante de ce séjour", affiche la brochure.
Que sait-on de cet imam que Hollande ignore ?

Jugeant la séduction impure, il condamne les mœurs des femmes occidentales et les mœurs françaises en général dans sa vidéo "La jeunesse entre vice et vertu", sur Youtube.Il s'en prend au pays d'accueil qui lui paie des vacances. "En France dit-il, le vice est une nature humaine, facilité par les médias [... ] Vous avez vu les femmes attirantes, qui marchent d’un côté, puis de l’autre côté, est-ce que c’est une démarche normale ? Ce n’est pas une façon pieuse de marcher. Quand une femme sort de chez elle, il y a le diable et un ange qui l’attendent devant la porte. Si elle marche d’une façon pieuse, c’est l’ange qui ira avec elle, si c’est d’une façon décadente, c’est le diable, et il habite les parties intimes, son derrière" affirme-t-il, parlant moitié en arabe moitié en français

Estimant que le port de short est "une honte" et le sexe, "un vice", il n'épargne pas non plus les homosexuels,
estimant que les tremblements de terre de San Francisco dans les années 80 sont un "châtiment d'Allah" pour se débarrasser d'eux. Attaquée sur ces points sensibles, l'association "Vacances Ethiques" ne répond pas concernant l'imam et ses prêches, et se contente de dire que "La CAF ne nous finance pas. Elle finance des familles qui partent en vacances dans un centre de vacances agréé"
L'association se prévaut donc aussi de l'agrément Vacaf - l'organisme qui gère les aides aux vacances des CAF - du centre de vacances. Alertée par les réseaux sociaux, la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a aussitôt demandé un... contrôle.

Preuve que la CAF n'aurait rien pu soupçonner d'anormal: sa propre brochure...

Comme si, irresponsable ou trompée, elle avait distribué les deniers de la solidarité nationale, si rare soient-ils, à l'aveuglette, au mépris des familles lésées par la baisse des allocations familiales depuis plus d'un an, le 1er juillet 2015.

L'imam Aami Hassen Bounemcha est aussi dans le commerce de bouche

Ce qui s'appelle garder les pieds sur terre et une poire pour la soif ?

Les subventions de Vacaf au centre lui ont d'ores et déjà été supprimées. 

Comme la journée "burkini" qui a bien failli avoir lieu par l'association "Smile 13"tout sourire, sur un parc aquatique des Bouches-du-Rhône, malgré la présidence LR de région. La gauche radicale en veut d'ailleurs aux réseaux sociaux qui ont vendu la mèche et la presse officielle n'a pas fini de vouer ces sources parallèles d'information à l'Al Hâwiyah, le septième degré de l'enfer éternel. 


L'agrément CAF pourrait également être retiré à "Vacances éthiques". 
Le séjour, 80 places avec ce type de programme cultuel et culturel, est déclaré complet, mais il est organisé depuis 2014... Merci qui ?
C'est le Secours populaire qui pourrait se déclarer discriminé, mais l'essentiel, pour lui, est que sa campagne estivale des journées à la mer pour les enfants "défavorisés" d'Ile-de-France participe toujours à sa propagande médiatique annuelle.
Daniel Lenoir, le directeur général de la CNAF, est ingénieur agronome: normal!

jeudi 9 juin 2016

Euro 2016 en France : des retombées à 95% pour l’UEFA

Les concessions de la France à l’UEFA: la mieux disante ?

L’Etat français, où l’Euro 2016 commence vendredi, ne décide de quasiment rien


"Pouvons-nous encore décider nous-mêmes de quelque chose ?" interrogeait l’un des coorganisateurs de l’Euro 2020, lors d’une réunion de préparation avec les représentants de l’UEFA. L’Etat français,lui a répondu : non, ou si peu. Il en est ainsi depuis 2004: le championnat d’Europe de football n’est plus mis en œuvre par le ou les pays d’accueil mais directement par la confédération européenne, sorte d'ONG qui, bien qu'illégitime, a pris le pouvoir. 

Un seul et même homme a la main mise sur chaque Euro de foot, l'un après l'autre, Martin Kallen, entré par le marketing au sein de l’UEFA il y a plus de vingt ans. "L’avantage est qu’on peut contrôler plus étroitement les ressources, travailler de manière davantage coordonnée et efficace en termes d’organisation et de budget", garantit le Suisse.

"On fait le maximum avec le gouvernement," assure Kallen. Le Directeur Général de l'Euro 2016 l'a dit : "Ce sera une grande fête. Dans cette optique, Martin Kallen a annoncé que les 'fan zones' seront maintenues, et que le travail continuera en lien étroit avec le gouvernement de Hollande pour que l'organisation de cet Euro inédit -non pas parce que placé sous la menace du terrorisme islamiste (vous n'y êtes pas!)- , mais du fait qu'il est le premier avec 24 équipes au lieu de 16, soit une réussite."

VOIR et ENTENDRE le maître d'oeuvre de l'Euro en France :  
Lorsque la domination de l'UEFA s'est imposée aux pays d'accueil, c'était en 2004, au Portugal. La Fédération portugaise détenait encore 46 % des parts de la société organisatrice, contre 54 % à l’UEFA. Douze ans plus tard, Euro 2016 SAS est détenue à 95 % par l’UEFA et à 5 % par la Fédération française de football (FFF).
Depuis les Jeux olympiques d’Albertville en 1992, tous les grands événements sportifs organisés en France l’avaient été par une association à but non lucratif ou un groupement d’intérêt public. En mettant sur pied une société commerciale, l’UEFA assume, jusque dans la forme juridique, l’objet véritable des grandes compétitions sportives, ni franchement non lucratif ni tout à fait d’intérêt public. Les esprits naïfs y perdent ce que la franchise y gagne.
Michel Platini, Martin Kallen (à gauche) et Theodore Theodoridis, secrétaire général adjoint de l'UEFA, observent une minute de silence au siège de la confédération après les attentats du 13 novembre à Paris. Photo transmise par Alquier Communication.
Michel Platini, Martin Kallen (à gauche) et Theodore Theodoridis,
secrétaire général adjoint de l'UEFA, observent une minute de silence
au siège de la confédération, après les attentats du 13 novembre à Paris.
"On a donné à l’UEFA une place qui n’aurait pas dû lui revenir"

Les recettes escomptées par l’UEFA s'élèvent à environ 2 milliards d’euros
, un profit gonflé par l’extension de 16 à 24 du nombre de participants. Le bénéfice net devrait osciller entre 700 et 900 millions d’euros, redistribués durant quatre ans aux fédérations et aux clubs. Malgré ses 5 % dans la SAS, la FFF ne sera pas directement intéressée aux résultats financiers de cet Euro. Si les bureaux de la société sont au Trocadéro, les bénéfices sont délocalisés en Suisse, notamment grâce à la vente des droits de retransmission télévisée. "On est une société de services, on ne fait pas de bénéfices", raconte Martin Kallen, directeur général de la SAS. "Les revenus que l’on génère servent à couvrir les coûts," assure-t-il avec la gravité d'un banquier suisse.

A la clôture des comptes, la marge d’exploitation de l’Etat français sera moins étincelante que celle de l’UEFA.  La France assume les premiers postes de dépense, sécurité et construction ou réfection des stades, et jouira de revenus directs homéopathiques. L’UEFA ne lui a pas même fait cadeau des 20.000 places achetées en faveur de "personnes en difficulté", celles qui bénéficient déjà de la manne des institutions (nationales et territoriales à tous les niveaux cumulés du millefeuille) pour un montant de 500.000 euros. 
Les bienfaits de l'UEFA sont, en revanche,  retombés sur les villes hôtesses. Si le déséquilibre financier est frappant, la posture d’exécutant dans laquelle la puissance publique a accepté d’être reléguée l’est encore davantage. Deux lois ont été votées au Parlement pour satisfaire les desiderata de l’UEFA: l’une aide la construction ou la rénovation de stades en urgence; l’autre  exempte d’impôts la SAS et ses salariés.
Les profits de l'UEFA sont défiscalisés: alors la France, paradis fiscal, par la grâce de la majorité socialiste ?
Le ministre des sports Patrick Kanner, le premier ministre Manuel Valls, le maire de Bordeaux Alain Juppé et le président de l'UEFA Michel Platini, après un comité de pilotage de l’Euro 2016, à Bordeaux, le 23 octobre.
Le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner,
le premier ministre Valls, maire de Bordeaux, Alain Juppé,
et Michel Platini, Président de l'UEFA (2007-2015)
L’article 24 du projet de loi de finances rectificative (PLFR) risque de susciter les plus vives controverses. Et cela a commencé dès mercredi 12 novembre, lors de l’audition du ministre des finances, Michel Sapin, et du secrétaire d’Etat chargé du budget, Christian Eckert, par la commission des finances de l’Assemblée nationale.
Cet article  du PLFR prévoit désormais d’exonérer fiscalement les structures chargées de l’organisation en France d’une compétition sportive internationale. 
Au départ, l’UEFA est la principale bénéficiaire.  L'instance dirigeante du football en Europe a  en effet obtenu l’ensemble des droits sur l’organisation de l’Euro 2016 de football, par l’intermédiaire de sa filiale Euro 2016 SAS qu’elle détient à 95 % – les 5 % restant étant détenus par la Fédération française de football (FFF).
Ce serait donc à cette filiale, présidée par un proche collaborateur de deux premiers ministres socialistes: Pierre Mauroy, en tant que chef de cabinet, et Pierre Bérégovoy, en tant que conseiller pour la sécurité intérieure et le renseignement, Jacques Lambert, ancien coprésident du comité d’organisation du Mondial de football 1998, que s’appliquerait cette mirifique niche fiscale préservant à la fois bénéfices et rémunérations des impôts et taxes qu’elle devrait normalement acquitter. Euro 2016 SAS compte actuellement 55 salariés. Elle devrait en employer 650 lors du tournoi, et table sur une recette approchant 2 milliards d’euros. Un manque à gagner équivalent pour le budget de la France.
Pour se donner un ordre de grandeur, depuis le 1er juillet 2015 et pour réduire le "trou de la Sécu", 455.000 familles, considérées comme les plus aisées sont frappées par une chute de 50% à 75% de leurs allocations familialesEn plus de la diminution de la prime de naissance. En 2013, la CNAF avait signé avec l'État une convention sur 5 ans (2013-2017) qui prévoyait d'accroître de 275.000 le nombre de places d'accueil de jeunes enfants sur la période. 100.000 places en crèches devaient notamment être créées. Dans son dernier bilan, la Cnaf annonce que 13.421 places en crèches l'ont été l'an dernier (8.918, si l'on tient compte des 4.503 places supprimées en 2015). Soit, depuis 2013, un total de 41.811 nouvelles places, un chiffre qui reste loin des objectifs. En 2012, la majorité socialiste avait déjà abaissé le plafonnement du quotient familial et cette réforme avait déjà rapporté 1,1 milliard d'euros, à elle seule.
"On a donné à l’UEFA, pour l’Euro 2016, une place qui n’aurait pas dû lui revenir. (...) Le vrai problème, c’est que nous avons perdu la main, en quelque sorte, sur l’organisation de cette coupe d’Europe", pestait il y a un an le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale Gilles Carrez (LR). Tous les quatre ans, quelques parlementaires s’insurgent en des termes similaires, irrités par les mises en demeure, parfois publiques, de l’UEFA. "Il y a une certaine arrogance, voire une arrogance certaine dans les propos de cette association (fondée en 1954). Il n’y a pas de possibilité de négocier avec elle sur aucun sujet", déplorait en 2006 l’élue démocrate-chrétienne suisse Madeleine Amgwerd.
La désignation du pays organisateur du Championnat d'Europe de football 2016 a eu lieu le 28 mai 2010 à Genève en Suisse. La ministre en charge des Sports était Roselyne Bachelot, une proche de François Fillon.
"Les rapports sont plus déséquilibrés qu’avant"

Après la Coupe du monde 1998, la Cour des comptes avait déjà pointé des rapports de force "défavorables aux responsables nationaux", l’Etat s’étant laissé enfermer "dans sa position de solliciteur". Toutefois, des marges de manœuvre existaient encore, notamment sur la répartition des recettes.
"Il y avait eu des négociations acharnées, longues et pénibles, mais très bénéfiques à la France et au Comité français d’organisation (CFO), se souvient Philippe Villemus, directeur marketing de l’épreuve. La Coupe du monde 1998 était certainement la dernière de l’ancien temps. Le comité d’organisation défendait les intérêts de la France, essayait d’arracher le plus de recettes possible."
Devenu professeur d’économie à la Montpellier Business School, Philippe Villemus observe, désabusé, l’évolution de ces grandes compétitions : "Tout est davantage contractualisé. Les rapports sont encore plus déséquilibrés qu’avant. L’ensemble des droits est du côté de la fédération internationale, et l’ensemble des obligations et des devoirs revient à l’Etat et aux villes organisatrices."

Directeur général du CFO de la Coupe du monde 1998 et président d’Euro 2016 SAS, Jacques Lambert  fait le lien entre ces deux époques. Il personnifie aussi ce renversement de paradigme. Chargé au siècle passé de défendre l’intérêt financier de l’Etat pour dresser un bilan équilibré – il fut même bénéficiaire –, il se décrit aujourd’hui comme "le missi dominici personnel de Michel Platini [patron de l’UEFA et jadis coprésident du CFO] en France", "le représentant personnel du comité exécutif de l’UEFA".

"Pas des fous furieux accrochés à leur milliard"


Restent, pour résister à l’UEFA, quelques parlementaires et les villes hôtesses.

Malgré un front allant de la droite au Parti communiste (lequel a pourtant eu une ministre des Sports, Marie-George Buffet). Les premiers, en minorité au parlement, n’ont pas réussi à faire réagir le gouvernement, soucieux de faire respecter la parole donnée par son prédécesseur et qui a étendu l’exemption fiscale à tous les autres événements sportifs dont l’attribution sera décidée d’ici deux ans – afin de ne pas donner l’impression de protéger uniquement le football et de garantir la tranquillité fiscale au Comité international olympique (CIO) pour attirer les JO 2024 à Paris. A l’échelle des dépenses engagées par la puissance publique pour l’accueil de l’Euro, l’exemption fiscale, estimée à 50 millions d’euros sur trois ans, est ..."symbolique", selon la presse gouvernementale, et devrait être largement compensée par les recettes de TVA, impôt injuste qui taxe les plus défavorisés sur un sport dit "populaire". A noter à ce propos que le prix des places de l'Euro 2016 est officiellement fixé à moins de 30 euros (!), mais plus sérieusement autour des 60 euros, minimum, et depuis juin 2016, il faut pouvoir payer au moins 140 euros au minimum et peuvent atteindre 800 euros (et plus?) au marché noir...

Les dix villes, quant à elles, ont haussé le ton à l’été 2014, menaçant même de ne pas signer les contrats les liant à l’UEFA. La négociation, en direct avec Michel Platini, leur a rapporté 2 millions d’euros chacune. Elles en espéraient 10. Une obole ? Non, "une première historique", se félicite Jean-François Martins, adjoint trentenaire chargé du Tourisme et des Sports à la mairie de Paris (un MoDem rallié à Anne Hidalgo), lequel sera gracieusement habillé en costume Smuggler, comme la maire Anne Hidalgo. Les villes tentent maintenant d’obtenir une participation de l’UEFA à la sécurisation des fan-zones, qui risque d’être plus coûteuse que prévu.

"Ce ne sont pas des fous furieux accrochés à leur milliard d’euros, assure Jean-François Martins au sujet de ses interlocuteurs d’Euro 2016 SAS. Ils sont soucieux de la marque laissée par l’événement. Ils sont dans une attitude plus positive qu’on ne l’a jamais eue."

"Les règles du jeu sont claires depuis le début"
Député bruxellois qui a dirigé le comité d’organisation de l’Euro 2000, organisé par les fédérations belge et néerlandaise, Alain Courtois est le dernier homme à avoir organisé un Euro sans la surveillance de l’UEFA. "L’UEFA n’était même pas représentée au comité d’organisation, se souvient le premier échevin de la capitale belge. On pouvait faire un peu ce que l’on voulait, même si l’on rapportait à l’UEFA. Elle nous garantissait une partie des droits de retransmission, des droits commerciaux et des ressources de billetterie. Nous avions fait un bénéfice de 12 millions d’euros." C'était il y a seize ans.

L’UEFA n’était pas pour autant une association caritative. 
Elle prévenait qu’un déficit éventuel – comme celui, léger, de l’Euro 1996 en Angleterre – serait entièrement à la charge des fédérations organisatrices. La société de marketing ISL (International Sport Leisure, également associée à la FIFA et au CIO jusqu’à sa faillite en 2001, et plus tard au centre d’une enquête pour corruption) pinaillait déjà sur l’utilisation de l’expression "Euro 2000", allant jusqu’à obtenir son retrait du site officiel du gouvernement et saisissant des ballons promotionnels de la gendarmerie belge.

Il n’était pourtant pas encore question d’obtenir une exemption fiscale
Alain Courtois se remémore avec nostalgie un cahier des charges moins contraignant pour les pouvoirs publics. Aujourd’hui, il prépare le passage à Bruxelles de l’Euro 2020, qui se jouera dans 13 villes européennes. Sur 32 pays intéressés pour accueillir la compétition, seulement 19 ont déposé un dossier après avoir étudié les conditions fixées par l’UEFA, fait-il observer. "Mais lorsqu’on est candidat, on connaît les conditions..."

Martin Kallen ne dit pas autre chose : "Les règles du jeu sont claires depuis le début. De plus, il est évident que le pays hôte bénéficie de toutes les retombées économiques et fiscales liées aux emplois et au surcroît d’activité générés par l’organisation du tournoi, mais également à la venue du million et demi de touristes attendus. Enfin, il bénéficie également d’une exposition médiatique internationale majeure." Sans compter les retombées politiques

"Pour beaucoup d’Etats, organiser un grand événement sportif est un enjeu politique". "Les villes-candidates sont prêtes à accepter l’ensemble des desiderata des fédérations, complète la députée communiste Marie-George Buffet, ministre des sports pendant la Coupe du monde 1998. C’est l’instrumentalisation des grands événements par les politiques qui pose le premier problème.
C’est d’ailleurs cette compétition qui est à l’origine de l’inflation des coûts d’organisation et, désormais, du "dumping fiscal", estime l’économiste du sport Wladimir Andreff, professeur à l’université Paris-I : "Chaque candidat doit surenchérir sur les autres s’il veut obtenir l’événement."

L’investissement du secteur public dans l’organisation des grands événements sportifs ne divise pas la classe politique française.
De gauche à droite, les acteurs politiques soulignent les effets positifs sur le moral et la pratique sportive, source de progrès en matière de santé et de cohésion sociale, quand des Benzema et des Cantona ne saisissent pas cette opportunité politique de la fracturer par des polémiques insensées (cf. les libellés PaSiDupes à ces deux noms. Egalement celui du comique ambigu Jamel Debbouze). 
Or, le coût pour le contribuable de cet engouement pour le sport ne baissera pas tant que les Etats ne se mettront pas d’accord pour fixer des limites aux organisateurs
Mais les apprentis élyséens de l'intox ne doivent pas non plus se faire d'illusions: les emplois créés pour l'Euro 2016 seront essentiellement précaires.

lundi 29 septembre 2014

La gauche pourrait réduire le congé parental pour les mères

Une "avancée" de la "gauche sociale"

Le gouvernement cherche à combler le "trou" de la Sécurité sociale en s'en prenant aux parents.
 
Alors que le congé maternité se justifiait par la grossesse et l'accouchement, le congé parental serait imposé aux pères pour des raisons idéologiques, égalitaires et sociétales. Puisque la maternité est désormais considérée comme un handicap à l'épanouissement individuel de la femme, il fallait pousser les papas à s'occuper de leurs enfants, tribut versé à la théorie du genre
Mais si 97% des mamans d'aujourd'hui pouvaient profiter de cette parenthèse dans leur vie professionnelle pour s'occuper de leur enfant, une conquête des femmes d'hier, il est décidé que désormais les pères devraient consacrer du temps à l'enfant qu'ils n'ont pas porté et que l'entreprise devra reprendre au plus vite ses droits sur ses salariées.

Une "avancée" sociale, façon  réformiste de Hollande, Valls et ses godillots. C'est aujourd'hui que le gouvernement dévoile le budget de la Sécu pour 2015. L'objectif de faire passer son déficit sous la barre des dix milliards d'euros cette année ne devrait pas être atteint. En attendant leur heureles retraités sans défense ont déjà leurs revenus placés en chambre froide; restaient les jeunes en âge de procréer.

Les familles semblent une nouvelle fois dans le viseur du gouvernement. 
Le changement pour le changement est en effet supporté par la famille déjà sanctionnée par la nouvelle fiscalité de Hollande. 
Lundi, les ministres de la Santé, Marisol Touraine, et du Budget, Christian Eckert, devraient proposer de réduire de moitié la durée maximale du congé parental, la faisant ainsi passer de trois ans à dix-huit mois pour les mères, et de baisser la prime de naissance.

Ce coup sous la ceinture programmé en avril n'a jamais été démenti par le gouvernement. Phrase toute faite utilisée en cas de malaise, "le sujet est bien sur la table", a été prononcée dimanche dans l'entourage de François Hollande. Réfugiée dans le flou, la ministre des Affaires sociales a déclaré sur France Inter que des mesures étaient envisagées pour "maîtriser les dépenses de la politique familiale". Réponse ce lundi lors de la présentation du budget de la Sécurité sociale pour 2015.

Jusqu'à aujourd'hui, le congé parental permettait aux parents salariés d'interrompre leur activité professionnelle pendant une durée de trois ans maximum suivant la naissance de leur enfant pour participer à son éducation. Durant cette période, ils perçoivent une aide versée par l'État pour compenser la perte de salaire - d'un montant récemment plafonné à 390 euros - baptisée "complément de libre choix d'activité" (CLCA). Le complément de libre choix d'activité (CLCA) n'existera plus au 1er octobre 2014. Il sera remplacé, à la même date, par une prestation partagée d'éducation de l'enfant (PréParE). Ce changement est une conséquence directe, non pas du trou de la Sécurité sociale, mais de la loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes entrée en vigueur le 5 août dernier et présentée en conseil des Ministres le 3 juillet dernier par la ministre Najat Vallaud-Belkacem.


Hollande président fait du Sarkozy?

Demain, concrètement, le congé parental pourrait donc être coupé en deux, soit raccourci à un an et demi pour chacun des parents. Alors que cette parenthèse est utilisée à 97 % par les mères, la nouvelle répartition serait officiellement censée inciter les pères à pouponner. L'idée avait déjà été amorcée dans la récente loi égalité femmes-hommes. Ce texte, voté sans difficulté mais qui n'est pas encore entré en vigueur, doit en effet réduire le congé parental à deux ans et demi pour les familles avec deux enfants, à moins que le second parent ne prenne les six mois restants.

Les revenus principaux amputés

À l'heure où les ménages sont peu enclins à se laisser taper au porte-feuille et à se passer de leur salaire principal pour quelque motif que ce soit, cette mesure apparaît clairement comme un moyen de réaliser des économies
bien que sournoisement présentée comme un pas de plus vers l'égalité hommes-femmes par une Najat Vallaud-Belkacem visiblement investie dans le règlement d'un contentieux des femmes du Maghreb avec les pères de leurs familles nombreuses. La réduction du congé parental pourrait en effet permettre à l'État d'économiser entre 300 et 400 millions d'euros… 

Autre sacrifice des familles sur l'autel des économies de la Sécu: la prime de naissance de 923 euros
Versée au septième mois de grossesse, elle pourrait être fortement réduite pour les familles les plus aisées, dès le deuxième enfant.
Ces coupes sont d'autant plus critiquées que, dans nombre de familles, les femmes sont les premières victimes du chômage, et que les parents pâtissent égalitairement du manque de solutions de garde pour leurs enfants, indispensables pour envisager un retour à l'emploi.

Possible révision à la baisse des 100.000 places de crèche supplémentaires promises d'ici à 2017


En toute cohérence, début septembre, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) a évoqué ce nouveau coup dur du gouvernement. Et ce week-end, le scénario de la réduction du congé parental a fait bondir les défenseurs de la famille. 

"Le gouvernement veut-il tuer la famille?" 
a interpellé Patrick Chrétien, président de l'association Familles de France, sur BFM.  

"Au nom de l'égalité hommes-femmes,
les femmes perdent encore leurs avantages"», a grondé Christine Boutin, présidente d'honneur du Parti chrétien-démocrate, sur les réseaux sociaux, jugeant également la "démographie française fragilisée". Et du même coup nos retraites, si les générations montantes ne sont pas assez nobreuses pour y faire face.

Une indignation partagée par certaines personnalités de gauche. Ainsi, l'association "Osez le féminisme", étiquetée proche du PS, n'a pas hésité à tacler le projet: "Réduire le congé parental sans penser de mesures compensatoires, c'est faire des économies sur le dos des femmes", ont protesté ses responsables, dénonçant une mesure qui pénaliserait les femmes précaires.