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vendredi 28 juin 2019

Attaque à la mosquée de Brest : plusieurs blessés, dont l'imam controversé, et un mort, l'islamiste kamikaze

Le mort est l'islamiste kamikaze, auteur présumé des tirs 

Deux blessés par balles, dont l’imam. 

L’auteur présumé a été retrouvé mort près de son véhicule, en début de soirée :
la piste du suicide est privilégiée.
La mosquée Sunna à Brest, le 15 avril 2016.

Les deux blessés, dont l’imam, Rachid Eljay, plus connu sous le nom de Rachid Abou Houdeyfa pour ses prêches controversés sur les réseaux sociaux il y a quelques années ont été transportés à l’hôpital de la Cavale-Blanche. Leur pronostic vital ne serait pas engagé.

Quatre balles dans le ventre.
Selon le Conseil français du culte musulman (CFCM), Rachid Eljay – qui ne prêche plus qu’occasionnellement dans la mosquée – a reçu quatre balles, deux dans l’abdomen, deux dans les jambes. Le fidèle (son cameraman) a reçu deux balles dans les jambes.




C’est le pharmacien le plus proche qui a porté les premiers soins.Le périmètre est bouclé à proximité de la mosquée de Pontanezen, rue de Gouesnou à Brest. La police judiciaire est saisie. La police scientifique est également présente.

L’auteur présumé des coups de feu a pris la fuite dans un premier temps.

Il se serait vanté de son attaque sur les réseaux sociaux. La plaque d'immatriculation de sa voiture, une Clio grise, arborait le logo du département de la Manche. 
En début de soirée, à Guipavas, une commune limitrophe de Brest, il a été retrouvé mort près de son véhicule, avec une balle dans la tête, selon la police, qui privilégie la thèse du suicide.
Résultat de recherche d'images pour "Pontanezen"L'individu, âgé d'une vingtaine d'années, ne résidait cependant pas dans ce département. Il n'était pas non plus de la région brestoise, selon une source proche de l'enquête.

"Il est inconnu des services de police, n'est pas fiché, et n'est pas connu comme appartenant à un mouvement d'extrême droite », a précisé une source policière. Selon une autre source - non identifiée - il est déjà présumé ..."déséquilibré", qualificatif très tendance dans les milieux gouvernementaux. 

Etait-il seul pour commettre son attaque ou avait-il un complice ? 
Les témoignages divergent aux abords de la mosquée Sunna, située dans le nord-est de la ville. 
Selon un témoin, un "individu avec une casquette a demandé à faire des photos et a tiré"
Selon certains autres témoins, deux individus attendaient dans une voiture, une Clio grise. Quand l’imam et son cameraman sont sortis du bâtiment, un individu est sorti du véhicule et c'est lui qui aurait tiré avec un pistolet.
Mais selon un autre témoin, sur un chantier à proximité, le tireur, "de type européen - une indication discriminante qui n'est pas fournie lorsqu'il n'est pas caucasien -, était seul. Ce témoin a entendu "au moins six coups de feu". Il a cru que " c’était des pétards"... 

La section antiterroriste de Paris

Le maire PS, François Cuillandre, est sur place,
avec Hosny Trabelsi, l’adjoint du quartier.
Le Parquet est sur place et travaille "en lien avec la section antiterroriste du parquet de Paris", selon Jean-Philippe Récappé, procureur de la République. Il précise : "Très rapidement, on s’est aperçu que cela avait d’autres connotations qu’un règlement de comptes".


Hosny Trabelsi, ci-contre, conseiller départemental du Finistère et adjoint chargé du quartier de l'Europe qui assurait que "les habitants de Pontanezen sont une chance pour notre métropole", mais déclare aujourd'hui : "C’est un acte que tous les habitants condamnent, de s’attaquer ainsi, lâchement, à une personne innocente." 
Il rappelle, fournissant probablement une clé aux enquêteurs  : "Depuis 2015, cet imam a condamné les actes odieux contre Charlie Hebdo, de façon énergique et sincère. Il a obtenu un diplôme de laïcité à la faculté de théologie de Rennes. Ses prêches mesurés se déroulent aujourd’hui dans la sérénité." Sauf que les pressions perdurent et qu'il ne prêche plus que très rarement.

Dans le "quartier prioritaire" de Pontanezen, au nord de Brest, les anciennes casernes de Lambézellec-Pontanézen (Finistère) connues comme le "camp des nègres" et occupées en 2019 par la gendarmerie, servaient au XVIIIe siècle à partir du printemps 1802 et surtout pendant l’automne et l’hiver 1802-1803, au tri des 1500 bagnards – dont au moins 800 guadeloupéens - en transit avant leur installation définitive au bagne de Brest, avant leur transfèrement en Corse, à l’île d’Elbe (camp de Porto Ferrajo) ou à Mantoue pour être employés aux fortifications. Elles furent utilisées à partir du printemps 1802 et surtout pendant l’automne et l’hiver 1802-1803, comme un camp de triage pour les déportés des Antilles débarqués à Brest.
En décembre 2014,  des "jeunes" du quartier "sensible" de Pontanézen ont choisi
Noël pour incendier leur centre social "Horizons", anciennement 'L’Escale', suite à des tensions de plusieurs mois entre animateurs, travailleurs sociaux et racailles du quartier, un animateur ayant même été menacé par un individu armé d’un couteau. Les racailles squattaient ainsi en toute impunité LEUR centre social, fumant et se livrant à divers trafics au vu et au su de la municipalité socialiste, la directrice du centre s’estimant "obligée de laisser faire".

En 2014, comme depuis plusieurs années, la municipalité de Brest avait pourtant attribué des centaines de milliers d’euros de subventions au Centre Social, notamment pour acheter le 'vivre ensemble' cher à la gauche. La CAF – qui a une convention avec le centre Horizons, tout comme le Conseil "général" socialiste du Finistère, attribuent également chaque année moult subventions.
485 000 euros en subventions de fonctionnement en 2014, des dizaines de milliers d’euros pour diverses opérations  du Centre Social, n’avaient donc pas suffi à acheter la "paix sociale" dans le quartier.
"Le quartier de Pontanézen est quasiment devenu une zone de non droit où des bandes règnent et se livrent à leurs trafics en toute impunité," expliquait un policier brestois. "L'Etat ayant déserté le terrain, ce sont désormais les responsables de la mosquée salafiste et leur influence croissante sur les jeunes du quartier qui permettent actuellement d’éviter une véritable explosion?" concluait-il.
Le maire (PS) de Brest est dépassé. Après avoir condamné "avec la plus grande fermeté l’incendie volontaire" qu’en langue de bois il a jugé d'"inacceptable", François Cuillandre a déclaré dans un communiqué "ensemble nous allons reconstruire les modalités (sic) pour permettre rapidement la reprise des activités. La ville engagera prochainement la rénovation des locaux touchés par l’incendie". La ville, c'est le travailleur et contribuable.
Le périmètre est interdit
Vers 17 h 45, Ivan Bouchier, le sous-préfet, est venu réconforter la communauté musulmane et l’informer de la "ferme intention des services de police de retrouver les auteurs".

Vers 18 h 15, le préfet du Finistère a demandé aux personnes "de ne pas se rendre sur site pour permettre le bon déroulement des opérations ".

L’émotion est vive dans le quartier où vit une importante communauté musulmane. 
Pour Medhi : "C’est horrible ! Ça me fait penser à l’attentat de Nouvelle-Zélande commis dans des mosquées. Heureusement, ce n’est pas vendredi, jour de forte affluence. Et il n’y avait pas de prêches à cette heure-là." 
Pour Turker : "On est choqué de vivre ça, à Brest. Sous le choc ! On se sent autant visé que les victimes. On est né ici, on a grandi ici, on a vu la vie en rose quand on était petits, c’est fini…"

Qui est l'imam Rachid Eljay, alias Abou Houdeyfa ?


Capture d'écran Youtube de l'un des cours de religion de l'imam de Brest Rachid Abou Houdeyfa.

Il est ce religieux qui exhorta des enfants à ne plus écouter de musique. Face à la polémique naissante, ce dernier assura que ses propos avaient été sortis de leur contexte. "Ceux qui aiment la musique écoutent le diable. Videz vos téléphones et vos MP3 !" avait-il pourtant déclaré, selon une vidéo Confortablement installé dans un fauteuil, le prédicateur s'adresse à une foule de jeunes enfants dont l'âge ne semble pas dépasser les 12-13 ans. Ces derniers l'écoutent attentivement et boivent chacune de ses paroles, en dépit de l'invraisemblance du discours. "Ceux qui aiment la musique, c'est ceux qui voudraient être transformés en singe ou en porc! Ils seront engloutis par la terre", martèle le barbu, suscitant des "Oh!" de dégoût chez les petits. 


Cette étrange scène est tirée d'une vidéo révélée par le site Breizh-info. Elle a également été publiée - à l'époque de l’effarant Salon musulman du Bourget, Val d’Oise - par le militant nationaliste breton Boris Le Lay sur sa page Facebook. Ils apportent la preuve que le prédicateur de la séquence est "un imam salafiste soutenu par la mairie socialiste de Brest". Sollicité par L'Express a voulu apprendre de l'entourage de Boris Le Lay des détails sur la provenance de la vidéo et les raisons de sa diffusion, plutôt que de s'interroger sur le fond et le formatage des jeunes esprits en situation de faiblesse face à l'adulte. Mais l'effarement général provoqué par ces propos a suffi à mobiliser le journal suisse de centre-droit libéral  Le Temps - 'quality paper' et co-propriété du quotidien Le Monde - reprenne l'information.
Un ancien salafiste, comme on peut être un "ancien trotskiste"...
L’homme de 40 ans est tristement connu pour avoir tenu des propos sulfureux sur les réseaux sociaux. Des vidéos restées inconnues jusqu’en 2015. On est alors au lendemain des attentats du 13-Novembre, à Paris, et ce qu’on découvre sur son compte passe très mal. Outre ses prises de position sur les femmes, dont il prônait plutôt la soumission, c'est un prêche filmé devant des enfants qui va provoquer la colère. Il explique alors qu’écouter de la musique revient à écouter "le diable". "Il y a un risque qu'Allah le transforme soit en porc, soit en singe", assurait-il ainsi dans cette vidéo. Déterrée des mois après sa publication, la séquence est ensuite retirée des réseaux sociaux par l’imam, qui exprime des excuses. Il avait par la suite publié un communiqué sur son site internet, affirmant que ce n’était qu’une "métaphore" [de l'humour au second degré ?] et qu’elle n’était pas à prendre au premier degré.
Le président François Hollande demandera l’ouverture d’une enquête préliminaire sur cet homme aux propos salafistes. Mais, ouverte en avril 2016, elle ne vise pas ses propos mais ses activités, comme les dons reçus pour financer une école coranique ou les revenus générés par les ...vidéos postées sur internet. Elle sera classée sans suite en février "faute d'infraction établie".
En même temps, c'est aussi un détracteur du djihad guerrier et du terrorisme islamiste, qu’il décrit comme "salissant l’islam". Le Télégramme, quotidien régional de Bretagne, titrait ainsi en 2015 : "L’imam brestois qui hérisse les djihadistes". Après les attentats de novembre, il avait notamment appelé à être solidaires des victimes des attaques afin d’éviter les amalgames en "agissant concrètement". Voilà pourquoi il était notamment dans le viseur d’Omar Omsen, un proche de la branche syrienne d'Al-Qaïda, qui lui reprochait d'encourager les musulmans à s'intégrer en France, terre "mécréante". Et qui lui aura valu d’avoir son nom inscrit à côté de la mention "rechercher l’imam mort" dans le journal de propagande de Daech "Dar al-Islam". 
Détenteur d'un diplôme universitaire sur l'islam et la laïcité.
Depuis, le jeune prédicateur aux lunettes fines et au qamis blanc fait profil bas, disant même en décembre 2016 à l’AFP observer un islam "du juste milieu". Il a délaissé sa longue barbe noire pour les bancs des classes. De quoi lui permettre, en juin 2017, d’être diplômé du cursus "Religions, Droit et Vie sociale" à l'université de Rennes, comme le notait alors l'agence. Un diplôme universitaire (DU) souhaité par Manuel Valls, ministre de l'Intérieur à l'époque, qui permet d’apprendre, en 125 heures de cours, les relations entre l’Etat et les religions, l'individu et la liberté de religion, le Droit des organisations religieuses, l'éthique ou encore la fiscalité des cultes, et de former des référents laïcité...
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samedi 17 février 2018

Un imam se dresse contre les "bigots" salafistes en France

L'imam et théologien réformiste Mohamed Bajrafil persiste et signe

Cet imam
 est une figure religieuse désormais reconnue d'un "islam en France"

Résultat de recherche d'images pour "pas democratie juste islam""Les bigots" salafistes sont  comme "les fachos" pour Mohamed Bajrafil. Il aimerait les faire reculer tant ils empoisonnent le débat sur sa religion. "Réveillons-nous!", lance dans son nouveau livre cet enseignant à peine quadragénaire d'origine comorienne, barbe légère et costume impeccable. "Le choix qui consiste à te couper du monde, de ton pays, de ton époque n'en est pas un", dit-il à son lecteur dans cette "lettre à un jeune Français musulman". 

Coran en main, mais toujours remis dans le contexte de la France de 2018

Après les attentats de 2015, Mohamed Bajrafil appelait déjà ses coreligionnaires à "entrer dans le XXIe siècle". Dans un essai remarqué ("Islam de France, l'an I"), il les invitait à retrouver l'élan spirituel d'une foi ensevelie "sous le poids de traditions superflues"

Loin de lui pourtant l'idée de mépriser l'islam traditionnel, dont il vient. 
Résultat de recherche d'images pour "Mohamed Bajrafil"
Né le 25 mars 1978 à Moroni, capitale de l'archipel des Comores - une république fédérale d'Afrique australe, composée de quatre îles dont l'une est administrée par la France (Mayotte est un département français d'outre-mer) -, Mohamed Bajrafil doit beaucoup à son père, son principal maître spirituel, qui l'a fait grandir dans le chaféisme, une des quatre écoles juridiques de l'islam sunniteVirtuose de la récitation coranique dès son plus jeune âge, il étudie le fikr (jurisprudence islamique), mais aussi la grammaire arabe chaque jour à l'aube. "Cela m'a aidé à triompher de mon sommeil et a façonné ma manière de voir le monde, mon rapport à la lecture", dit-il. Et de citer avec gourmandise quelques auteurs de chevet, de Gaston Bachelard et Émile Durkheim au Nietzsche du "Crépuscule des idoles".

C'est en banlieue parisienne qu'il s'installe en 1999. Moins de dix ans plus tard, il devient imam à la mosquée d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Mais il n'en a jamais fait un métier: ce produit singulier de la tradition islamique et de l'université républicaine - il est docteur en linguistique - vit du professorat, dispensant des cours d'arabe en métropole ou enseignant la géopolitique des religions à Mayotte. 

Et il écrit, navré de constater l'"ignorance abyssale" de tant de jeunes musulmans qui ignorent l'"abécédaire de l'islam" et le réduisent à une dichotomie entre "halal" (ce qui est permis) et "haram" (interdit).

"Il fait bon vivre en France," clame-t-il

"On ne peut pas régir la vie à coup de fatwas [avis juridiques, mais souvent des condamnations], ce n'est pas possible! Et cela n'a jamais été comme ça, en réalité. Sauf que, aujourd'hui, la bigoterie a gagné", déplore-t-il. 

Lui plaide pour "une réforme de la vision de l'islam" et de l'interprétation de ses textes pour conforter une pluralité de lectures du Coran et de la tradition prophétique (sunna), loin des "bigots" salafistes qui se prétendent héritiers des compagnons du Prophète. 

Face à eux prospère, selon lui, un autre "simplisme", anti-musulman cette fois, et nous y voilà !
"Le Coran dit que", voire "invente des sourates", gronde Mohamed Bajrafil, visant l'essayiste Éric Zemmour, auteur notamment du 'best-seller" Le Suicide français (2014). "Les bigots et les fachos: deux faces d'une même pièce", résume-t-il. 

La voix de Mohamed Bajrafil, qui a désormais quelque retentissement dans les media et sur les réseaux sociaux, peut-elle porter ? 
Elle commence à émerger, face à des gestionnaires de mosquées - une centaine de lieux de culte musulmans en 1970, 1.600 en 2003, selon les données du ministère de l'Intérieur, et 2.200 lieux de culte en 2015, pour une population de près de 9 millions de musulmans, comprenant environ 100.000 convertis -,  peu représentatifs des jeunes fidèles 2017 - environ la moitié des musulmans de France a moins de 24 ans -, des intellectuels d'origine musulmane éloignés de la pratique religieuse et des imams discrédités.
En 2016, l'institut Montaigne publie "un islam français est possible" à partir d'un sondage:
  • 80 % des musulmans sont favorables à la nourriture halal dans les cantines scolaires. 70 % des musulmans disent acheter "toujours" de la viande halal, 22 % "parfois" et 6 % "jamais";
  • 65 % des musulmans sont favorables au port du hijab (voile), témoignant du respect de la prescription des sourates du Coran 33-59 et 24-31 ;
  • 40 % des moins de 25 ans sont favorables à la burqa ou niqab (voile intégral), alors que dans toutes les classes d’âge confondues, seul 24 % y sont favorables ;
  • 40 % des moins de 30 ans pensent que la laïcité ne permet pas de pratiquer librement sa religion, alors que dans toutes les classes d’âge confondues, 20 % rejette la laïcité ;
  • 33 % des moins de 30 ans déclarent que la loi religieuse (charia) est plus importante que la loi de la République ;
  • 33 % des musulmans considèrent que "l'on devrait pouvoir exprimer sa foi au travail";
  • 25 % des musulmans sont favorables à la polygamie.
La population musulmane peut être divisé en trois profils :
  • 46 % sont "sécularisés" en train d’achever leur intégration (près de la moitié des plus de 40 ans, et 1/3 chez les jeunes) ;
  • 25 % sont "islamic pride" (fiers de leur religion);
  • 28 % sont "sécessionnistes" en rupture avec les valeurs de la civilisation française. (20 % des plus de 40 ans, et 50 % chez les jeunes).
En 2005, une enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po fait apparaître la proportion de musulmans pratiquants revendiquant des positions culturelles traditionalistes.
Selon ce sondage,
39 % des musulmans pratiquants condamnent l'homosexualité (contre 21 % de l'ensemble des Français), 43 % approuvent des horaires séparés pour les femmes dans les piscines et 46 % manifestent des sentiments antisémites contre 18 % de l'ensemble des Français).
Mohamed Bajrafil rêve-t-il de jouer un rôle dans la refondation de "l'islam de France" voulue par Emmanuel Macron  ?
De là à se rêver en "grand imam de France" ou même en membre d'un "consistoire musulman" que certains appellent de leurs vœux dans le cadre de la structuration de l'islam en France... "Tout ce qui est organisation pyramidale m'incommode", tranche-t-il par avance, attaché au "libre-arbitre du croyant" et opposé à la "hiérarchisation et la cléricalisation de l'islam", en bon sunnite qu'il est
Mais il a accepté d'être secrétaire général du Conseil théologique musulman de France (CTMF, créé en 2015), où il côtoie quelques "savants" gravitant dans l'orbite des Frères musulmans, confrérie accusée de promouvoir un islam politique. Ce qui lui vaut des critiques tenaces. Il les balaye en soulignant le besoin dans le pays "d'une parole de réconciliation" pour passer "du vivre-ensemble au faire-ensemble". "Rien n'est parfait, mais il fait bon vivre en France", dit-il à l'attention d'une jeunesse musulmane qui pourrait en douter.
Le bureau exécutif du CTMF est composé de neuf membres dont une seule femme : 
Ahmed Jaballah, docteur en droit canonique musulman, diplômé de Zitouna (Tunis) et de la Sorbonne, directeur de l’IESH Paris, secrétaire général adjoint du Conseil européen de la fatwa (CEFR), membre de l’Union internationale des savants musulmans (UISM), professeur de théologie musulmane, Imam-khatib (directeur de la prière et prêcheur).
Hassan El Houari, licence de théologie à l'Université d’Al-Quaraouiyyine (Agadir, Maroc), master en dogme et philosophie Islamique, Imam-khatib de la mosquée de Gonesse (PS, Val d’Oise). 
Larbi Kechat, né en Algérie, docteur en sociologie de l'Université de la Sorbonne, recteur de la mosquée Adaawwa à Paris 19e, imam-khatib. 
Larbi Bechri, Algérie, docteur en islamologie de l’Université d’Aix-En Provence, diplômé en charia de l'Université de Médine, Arabie saoudite, diplômé de la Sorbonne, membre du CEFR et de l’UISM, professeur de théologie musulmane et responsable de l'institut de formation de l'UOIF dans la Nièvre, l’IESH de Château-Chinon. 
Mohamed Bajrafil, docteur en linguistique de l’Université Paris 7 Diderot, Franco-comorien formé en fiqh shafiite, professeur de théologie musulmane à l’Institut Alkhayria (Bruxelles), chargé de cours en langue arabe et traduction aux universités Paris 8 et 12, imam-khatib à la mosquée d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). 
Mohamed Mosadek, Irak, docteur en fiqh hanafite de l’Université d’Al-Azhar,  Egypte, professeur de théologie musulmane à l’Université d’Al-Azhar et chargé de cours à la faculté de droit de Strasbourg au master d’islamologie), imam-khatiib. 
Mohammed Najah, originaire du Maroc, docteur en Physique, professeur de théologie musulmane à l'Institut Tabari à Corbeil-Essonnes (gauche de 1951 à 1995, Essonne), imam-khatib à la mosquée de Vigneux-sur-Seine (PCF jusqu'en 2001, Essonne), professeur de mathématiques 
Nawel Zine, née en née en 1961 et originaire de Djerba, Tunisie, docteur en médecine et diplômée d’un master en dogme et philosophie islamiques, professeur de théologie à l’IESH de Paris
Ounis Guergah, originaire d'Algérie, diplômé en charia de l'Université de Médine, diplômé en philosophie de l’Université de la Sorbonne, membre du CEFR et de l’UISM, professeur de théologie musulmane et directeur des études à l’IESH de Paris, imam-khatib. 
Ces personnalités sont inclues dans le conseil d'administration qui comprend aussi 11 autres théologiens, professeurs et imams de toute la France.
Un IESH (Institut européen des sciences humaines) est un institut privé spécialisé dans l'enseignement de la théologie musulmane et la langue arabe. Ils sont six établissements en France, regroupés en une fédération, qui dispensent des cours d'études islamiques (théologie, droit musulman...), d'étude du Coran ainsi que l'apprentissage de l'arabe littéraire. Le tout premier d'entre eux est créé en 1992 à proximité de Château-Chinon, à l'initiative de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Comme toutes les structures liées aux Frères musulmans, elle est inscrite en novembre 2014 sur la liste des groupes terroristes publiée par les Emirats arabes unis avec 81 autres organisations dans le monde entier dont plusieurs actives légalement au sein de l'Union européenne.

Le CERF (Conseil européen pour la fatwa et la recherche) est une fondation musulmane privée dont le siège se situe à Dublin, en Irlande. Il a vu le jour en 1997 à l’initiative de l’Union des organisations islamiques en Europe (UOIE). Composé de 33 membres cooptés, le CEFR comprend un tiers de cheiks ne résidant pas en Europe: les Saoudiens, Soudanais et Mauritaniens dénoncent cette "innovation". Il est d'ailleurs dirigé par le Qatari d’origine égyptienne Youssef Al-Qardaoui.
Constitué de six Britanniques, cinq Français, trois Allemands, le conseil considère que la charia doit être la norme absolue pour tous les musulmans.

L'UISM (Union internationale des savants musulmans) exige que "l'ONU [comprenne] la nécessité de protéger les valeurs, l'éthique et les lois des religions révélées, scellées par l'islam, comme un moyen de préserver la paix et la sécurité internationales." Ankara a réagi contre l'inclusion de l'UISM sur la liste des organisations terroristes.

Selon un sondage réalisé en 2012, 60 % des Français estiment que l'influence et la visibilité des musulmans sont aujourd'hui "trop importantes" en France.

dimanche 11 février 2018

Macron veut encadrer l'islam en France

Macron ressent la nécessité de réformer l’islam en France


Le chef de l’Etat veut "avancer touche par touche" et consulter les représentants de toutes les religions


Le président de la République veut "poser les jalons de toute l’organisation de l’islam de France" au "premier semestre 2018".
Pour cela, il va "continuer à consulter beaucoup," assure-t-il dans un entretien avec le Journal du dimanche (JDD), le 11 février. "Ma méthode pour progresser sur ce sujet, c’est d’avancer touche par touche, a expliqué Emmanuel Macron à l’hebdomadaire. Je ne dévoilerai une proposition que quand le travail sera abouti.
Mais quiconque a écouté ses annonces et discours aura noté qu'ils y laissent peu de place à la modalité de l'incertain : il y va par affirmations, très peu émaillées de "peut-être", "il semble que..." ou "il devrait...", etc... Si bien que le dialogue sera de pure forme, fermé. Il faut parler de consultations.


ENTENDRE Elisabeth Schemla, journaliste invitée d'Arlette Chabot dans C'est Arrivé (semaine du 01 juin 2013), qui rapporte qu'en 1989 Jospin déclara : "qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse que la France s'islamise ?" 

Vers un nouvel islam en France 

Image associée"Je vois des intellectuels et des universitaires, comme Gilles Kepel, des représentants de toutes religions car je considère que nous devons nous inspirer fortement de notre histoire, de l’histoire des catholiques et de celle des protestants", a prévenu Macron, citant "Youssef Seddik, comme d’autres intellectuels et toutes sortes d’acteurs, tels que l’Institut Montaigne, qui ont pris des initiatives sur cette question". 
Cet institut a déjà estimé que "construire un islam français est possible. Mais son organisation, son financement, ses liens avec l'Etat, ainsi qu'avec les pays dits d'origine, doivent se transformer sous peine, faute de résultat, de rendre insupportables les tensions sociales."

Macron se dit soucieux de rétablir ou "préserver la cohésion sociale".
Image associée
Le président ajoute que son objectif est de "retrouver ce qui est le cœur de la laïcité, la possibilité de pouvoir croire comme de ne pas croire, afin de préserver la cohésion nationale et la possibilité d’avoir des consciences libres". 

Il y a un risque à "brandir des objets connotés" ou à "faire des raccourcis en plongeant tout le monde dans un même sac", estime-t-il encore. 

Résultat de recherche d'images pour "islam en france""Il y a une question qui est celle de l’organisation. Mais il y a une autre question, qui est celle du rapport entre l’islam et la République", relève Macron. 

En présentant ses vœux aux autorités religieuses, le chef de l’Etat avait annoncé début janvier son intention de mener "un travail sur la structuration de l’islam en France", afin qu’il ne tombe pas dans la "crise" qu’il vit au plan international.
Image associée
Dessin  de Plantu : L’Union européenne tentera à Bruxelles de trouver avec la Turquie une solution pérenne afin de tarir le flux de migrants qui se bousculent vers l'Europe occidentale...(Le Monde 17/03/2016) 
Le sunnisme est le courant religieux majoritaire de l'islam, à 90 %. Il est répandu en Afrique du Nord, en Libye et en Égypte, en Arabie saoudite, en Syrie, au Pakistan, en Indonésie, en Afrique subsaharienne ou en Turquie. Il est souvent apparenté à une vision orthodoxe de l'islam.
Le chiisme constitue l'une des deux autres branches principales de l’islam (avec le kharidjisme). Il est 
majoritaire en Iran, en Irak et en Azerbaïdjan. Il est structuré, à l'inverse du sunnisme, pour qui les imams parfois auto-proclamés ne sont pas des descendants de la famille de Mahomet. La conception de l’imamat des chiites est foncièrement opposée à celle du califat admise par la majorité des musulmans. L’imam incarne les pouvoirs à la fois temporel et spirituel car il ne peut être qu’un descendant de Ali, le gardien du sens caché de la révélation et le guide de la communauté.

lundi 21 août 2017

Espagne: un imam radical marocain accusé d'avoir endoctriné les jeunes terroristes islamistes

La presse espagnol fait mine de découvrir un imam dont la réputation n'était déjà plus à faire.

Cet imam marocain est soupçonné d'avoir "mangé le cerveau" de jeunes compatriotes

Dans la petite ville des Pyrénées catalanes de Ripoll où il vivait depuis deux ans, le "religieux" les a amenés à former la cellule djihadiste auteure les attentats de Barcelone et Cambrils.

Longtemps occulté, Abdelbaki Es Satty est maintenant en vedette, notamment dans El Pais qui lui consacre sa Une dans son édition de lundi.
Abdelbaki Es Satty vivait dans un deux-pièces décrépi loué "150 euros" par mois, selon son colocataire, mais avec vue sur la montagne boisée des Pyrénées et les toits de tuiles de la jolie petite ville catalane de Ripoll, à 90 km au nord de Barcelone.

"Mardi matin, il était parti en disant qu'il s'en allait en vacances au Maroc", raconte le vendeur de fruits sur les marchés Nordeen El Haji, 45 ans, venu vivre il y a quatre mois dans l'appartement.
Mais depuis mardi, il a disparu. La police a évoqué la possibilité qu'il ait péri dans l'explosion mercredi soir dans une maison à Alcanar, en Catalogne, où la cellule à l'origine des attaques de Barcelone et de Cambrils préparait "un ou plusieurs attentats".
Sur un meuble se trouve encore l'ordre officiel de perquisition des lieux, daté de vendredi, quelques heures après les deux attentats aux voitures-bélier qui ont fait 14 morts et plus de 120 blessés en Catalogne (nord-est de l'Espagne).


Le religieux a un passé de délinquant

Le journal El Mundo a cité des sources antiterroristes selon lesquelles Abdelbaki Es Satty avait séjourné en prison "où il avait noué une amitié particulière avec Rachid Aglif, dit El conejo (le lapin), condamné à 18 ans" pour participation aux attentats djihadistes dans des trains de banlieue du 11 mars 2004, qui avaient fait 191 morts à Madrid.
"L'imam avait eu un problème judiciaire, mais pas lié au terrorisme", a déclaré dimanche le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero.
Selon El Mundo citant des sources antiterroristes, Abdelbaki Es Satty avait été incarcéré pour une affaire de "trafic de drogue", du haschich, entre Ceuta et Algesiras dans le sud de l'Espagne. Il aurait été relâché en janvier 2012.

Les enquêteurs se penchent sur ses "connexions internationales", à commencer par la Belgique et la France

Pour un imam, "il parlait peu, passait du temps avec son ordinateur dans la chambre; avait un vieux téléphone portable sans internet, peu de livres", rapporte Nordeen El Haji.
"Cet imam était normal et ordinaire quand il était en public", raconte Mohamed Akhayad, un électromécanicien marocain de 26 ans, qui fréquentait la nouvelle salle de prières ouverte en 2016 où il ...prêchait.
Mais "il était très solitaire, fréquentait plus des jeunes que des personnes de son âge", souligne, anonymement, un Marocain de 43 ans, tandis que son colocataire croit pouvoir affirmer en tous cas qu' "en quatre mois, il n'a reçu aucun jeune" chez lui..

"S'il a mangé le cerveau de ces jeunes, c'est en cachette, dans un endroit secret"
, prétend-il en évoquant les spéculations de la presse espagnole au sujet de l'emprise qu'il a pu exercer sur certains jeunes de Ripoll.

Il "avait la réputation d'être très islamiste, voulait que tous les Marocains pensent comme lui, mettait la religion au-dessus de tout," témoigne Francesco Gimeno, un peintre décorateur catalan de 64 ans dans la rue où vivait le religieux
Il précise aussi que l'imam a voulu "obliger les femmes marocaines de la ville à se couvrir""C'est un mensonge", réagit Hammou Minhaj, 30 ans : il est le secrétaire marocain de la communauté musulmane de Ripoll "Annour". "Ici à la mosquée, il ne disait pas ça". "En dehors, je ne sais pas," nuance-t-il.

Passé par la Belgique, peut-être la France 

Selon lui, Abdelbaki Es Satty était arrivé en 2015 à Ripoll, puis il "était allé en Belgique en tant qu'imam" - à Molenbeek-Saint-Jean d'où sont originaires les islamistes belgo-marocains Abdelhamid Abaaoud, Chakib Akrouh, Mohamed Abrini, Salah Abdeslam et son frère Brahim Abdeslam ? La commune bruxelloise est souvent considérée comme la capitale européenne du djihadisme -, avant de revenir à Ripoll (photo ci-dessus) : "il avait commencé en avril 2016 comme imam dans notre nouvelle mosquée".

Cependant, "fin juin (2017), il avait demandé trois mois de vacances pour partir en vacances au Maroc".
L'imam a bien séjourné en Belgique en 2016, à 12 kms de Molembeek, dans la commune de Machelen, dans la grande banlieue de Bruxelles "entre janvier et mars 2016", a affirmé le maire de la commune limitrophe de Vilvorde, Hans Bonte, qui supervise la police municipale des deux communes.
Vilvoorde est la commune d'implantation en 1935 de l'une des premières usines de Renault hors de France. Le montage de véhicules s'y développe jusqu'à ce que Renault ferme l'usine en 1997 : suppression de 3100 emplois sur les 3500 du site. Le patron de la Régie est alors Louis Schweitzer, l'ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius. Alain Juppé était premier ministre.

Dans la salle de prières,
les noms de deux des 12 suspects des attentats apparaissent dans la liste des donateurs de fonds à la mosquée, dont celui de "Younes Abou Yacoub", un Marocain de 22 ans recherché depuis les attentats. Il serait le conducteur en fuite.
M'rirt, petite ville de 35.000 habitants du centre du Maroc, des proches accusent justement "un imam de Ripoll" d'être le "cerveau" des attentats d'Espagne. "Cela fait deux ans que Younès et Houssein (son frère) ont commencé à se radicaliser, sous l'influence de cet imam +djebli+ (originaire du Pays Djbala, région du nord du Maroc)", a ainsi accusé leur grand-père.

En Une, le quotidien El Pais évoque aussi la France.
Pro-européen, le quotidien assure que les analystes pensent que dans ces pays , donc en France, il a peut-être été mis en relation "avec des membres de l'Etat islamique".
"Tout porte à croire que Younes Abouyaaqoub était au volant de la camionnette" qui a fauché des innocents sur les Ramblas de Barcelone, a indiqué le responsable de l'Intérieur de Catalogne.

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Agés de 18 à 24 ans
Samedi matin, la police a retrouvé à proximité de la frontière franco-espagnole le Renault Kangoo blanc recherché en France et en Espagne après les deux attentats islamistes à la voiture-bélier qui ont fait 15 morts et 130 blessés en Catalogne, à Barcelone et à Cambrils jeudi dernier. Il a été abandonné côté espagnol, a précisé le quotidien Le Parisien, citant la police française. Les policiers espagnols avaient averti vendredi soir leurs collègues français que le Renault Kangoo loué par l'un des principaux suspects des attaques en Catalogne pourrait se diriger vers le territoire français.

Selon le journal, la police a identifié une cellule d'une douzaine de terroristes liée aux attentats de Barcelone et de Cambrils de jeudi. Deux, au moins, sont morts dans l'explosion qui s’est produite dans la maison d’Alcanar où les terroristes préparaient leurs explosifs.

L'islamiste en fuite pourrait se trouver sur le territoire français, en dépit de l'état d'urgence.
Cinq autres terroristes ont été tués, dont trois identifiés, dans la seconde attaque à la voiture-bélier effectuée dans la nuit de jeudi à vendredi à Cambrils, à 120 km de Barcelone. Quatre personnes été interpellées par la police, mais, alors que Daesh revendique l'attaque de Cambrils, le dernier suspect, Younès Abouyaaqoub (ci-contre), est toujours recherché. Il est le seul suspect encore en vie.
Samedi matin, les media ont annoncé que l’Espagne a donc renforcé les contrôles à la frontière avec la France après une réunion du comité antiterroriste à Madrid.

Une fourgonnette a percuté jeudi la foule près de l'avenue piétonne La Rambla, dans le quartier touristique de Barcelone. Daech a revendiqué cette attaque. 
Une autre fourgonnette a foncé sur des passants à Cambrils, à 120 km de Barcelone, quelques heures plus tard. L'opération spéciale lancée par la police à Cambrils a permis d'éliminer quatre terroristes et de blesser le cinquième qui a ensuite succombé à ses blessures. 
Selon le dernier bilan, les attaques en Catalogne ont fait 15 morts et 130 blessés.