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dimanche 5 janvier 2020

Irak: Macron émet des voeux pieux avec importance, faisant comme si il avait la moindre influence

Macron se fait-il des illusions en croyant peser sur les parties au Moyen-Orient?

L'Elysée fait savoir qu'il s'est entretenu avec le président irakien




En pleine mobilisation populaire contre son projet de réforme des retraites, Macron s'agite sur la scène internationale. Cherchant des compensations au désaveu de sa politique par la rue en France, le président français aurait également contacté  le prince héritier d’Abou Dhabi par téléphone pour évoquer la crise libyenne. Se croit-il incontournable au Proche-Orient ?

Le président Macron s’est entretenu samedi matin avec le président irakien Barham Saleh, après l'exécution dans un raid américain en Irak du puissant général iranien Qassem Soleimani, a tenu à faire savoir l’Elysée. 
Macron a donc "rappelé son attachement à la sécurité et à la souveraineté de l’Irak", indique un communiqué, comme si Macron avait le moindre poids dans la zone, lui qui s'enlise au Mali. "Les deux présidents sont convenus de rester en contact étroit pour éviter une aggravation supplémentaire des tensions et agir pour la stabilité de l’Irak et de la région dans son ensemble", a-t-on poursuivi de même source, sans crainte de prêter à sourire.

Pendant qu'il y était, Macron est également entré en contact téléphonique samedi avec le prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed, dirigeant de fait des Emirats arabes unis avec qui ils "sont convenus d’agir ensemble auprès de toutes les parties prenantes pour éviter une escalade dangereuse des tensions dans la région".

Le Français a évoqué avec Mohammed ben Zayed "les derniers développements de la crise libyenne"

Résultat de recherche d'images pour "grenouille aussi gros que le boeuf"
Les deux dirigeants ont "exprimé leur détermination à agir", deux jours après l’autorisation donnée par le parlement turc d’un déploiement de l’armée turque en Libye, a souligné l’Elysée. Ils sont notamment convenus de plaider pour qu’un "cessez-le-feu soit établi" et que "les négociations inter-libyennes reprennent dans les meilleurs délais". Des voeux pieux...

Or, plus tard dans la journée de samedi, au moins 28 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées dans un raid aérien contre une école militaire dans un quartier résidentiel de Tripoli sous contrôle du Gouvernement d’union nationale (GNA). 
Sur Facebook, le GNA a accusé les partisans du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, d’avoir mené cette frappe, publiant des photos des blessés et des victimes. 
La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. En février 2011, Mouammar Kadhafi était l'homme fort de la région et la Libye, un verrou face à la poussée migratoire. Mais, quand la Libye fut à son tour touchée par le Printemps arabe, Kadhafi dut faire face à une révolte populaire et la France le combattit, au prétexte idéologique que le peuple ne peut avoir tort, fût-il agité par les rebelles islamistes. L'intervention internationale empêche les forces de Kadhafi de reprendre Benghazi et se poursuit durant les mois suivants par des raids aériens de l'OTAN en soutien aux rebelles. Le 17 mars 2011, le Conseil de sécurité de l'ONU vote la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre les troupes gouvernementales libyennes pour protéger les populations. La résolution est présentée par la France, le Liban, et le Royaume-Uni, sans l'Allemagne. Elle fut votée par l'Afrique du Sud, la Bosnie-Herzégovine, la Colombie, les Etats-Unis, le Gabon, le Liban, le Nigeria, le Portugal, le Royaume-Uni et la France.
Le 20 octobre 2011, alors que Mouammar Kadhafi quitte Syrte, dernier bastion tenu par ses partisans, son convoi est obligé de changer de route par un tir des avions de l'OTAN, puis se retrouve piégé dans une embuscade orchestrée par la rébellion. Il est capturé vivant. Les corps de Mouammar Kadhafi et de son fils Moatassem, lynchés par la populace le 20 octobre à Syrte, furent exposés le 21 octobre à Misrata et, dans son ensemble, la communauté internationale salua la mort du "dictateur". 

mardi 10 décembre 2019

La Turquie se dit prête à envoyer des troupes aux côtés de la Libye

Erdogan entend faire mieux que l'OTAN 

Un accord bilatéral "de coopération militaire et sécuritaire" a été signé le 27 novembre entre la Libye et la Turquie

Alors que des opérations sont conduites en Libye par l'OTAN dans le cadre de l'opération 'Unified Protector', le président Recep Tayyip Erdogan et Fayez al-Sarraj ont signé un accord bilatéral "de coopération militaire et sécuritaire", le 27 novembre, lors d'une rencontre à Istanbul entre les deux hommes.
La résolution 1970 du 26 février 2011 de l'ONU, exécutée sous le nom de code américain Unified Protector, met en place un embargo sur les armes à destination de la Libye et bloque entre autres les avoirs du régime en place, tandis que la résolution 1973 instaure une zone d'exclusion aérienne au-dessus du territoire de la Jamahiriya arabe libyenne (ex-République arabe libyenne) et permet de "prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger les populations civiles".
Et Erdogan a affirmé ce mardi que la Turquie est prête à assumer ce rôle de protection des populations en envoyant des troupes en Libye pour soutenir le Gouvernement libyen d'union nationale (GNA) de al-Sarraj, aux termes d'un récent accord signé entre les deux parties. "Si la Libye formule une telle demande nous pourrons envoyer nos personnels (militaires), surtout que nous avons conclu un accord militaire", a déclaré Erdogan.

Selon Ankara, ce protocole "est une version plus large" d'un accord-cadre de coopération militaire existant" entre les deux parties et "renforce les liens entre" les deux armées. Fayez al-Sarraj, qui a accédé au pouvoir à la faveur des accords internationaux de paix de 2015, entre les représentants du Congrès général national et ceux de la Chambre des représentants, est notamment soutenu par la Turquie et le Qatar, mais aussi par les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France. L'Italie, ancienne puissance coloniale en Libye, semble aussi en sa faveur.
Le gouvernement al-Sarraj est actuellement basé à Tunis, mais le gouvernement de Tripoli rejette la déclaration d'entrée en fonction de ce gouvernement d'union. Deux gouvernements rivaux s'opposent donc: celui de la Chambre des représentants issu des élections législatives, à Tobrouk, puis Benghazi, présidé par Aguila Salah Issa, et celui du Congrès général national, présidé, à Tripoli, par Nouri Bousahmein jusqu'en 2016, car dominé par les islamistes et battus aux élections. Depuis avril 2016, avec Aguila Salah Issa, il est visé par des sanctions de l'Union européenne.
Une compagnie de sécurité russe assure un soutien potentiel.
Le rival d'al-Sarraj, Khalifa Haftar, militaire formé à Moscou et homme fort de l'est libyen, dont les forces ont lancé en avril une offensive contre la capitale Tripoli, bénéficie de son côté du soutien de l'Egypte et des Emirats arabes unis et d'un appui, au moins politique, notamment des Etats-Unis et de la Russie. La France a été accusée de le privilégier, ce dont elle se défend. Le 4 avril 2019, le maréchal Haftar, entouré de ses fils, a en effet lancé un appel à marcher sur Tripoli.

Erdogan a affirmé ce mardi que les forces de Haftar bénéficient aussi "du soutien d'une compagnie de sécurité russe dénommée Wagner. "Cette compagnie a envoyé des personnels sur place", a-t-il ajouté. Erdogan semble ainsi accorder du crédit à des informations de presse, démenties par Moscou, sur la présence de mercenaires russes en Libye.
Début novembre, le journal américain New York Times avait d'ailleurs fait état du déploiement en Libye de près de 200 mercenaires du groupe Wagner, entreprise russe de sécurité privée.

La Grèce appelle à condamner l'accord

Outre l'accord militaire, la Turquie et le GNA avaient conclu le 27 novembre un accord de délimitation maritime qui permet à Ankara de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale convoitées par d'autres pays, notamment par la Grèce.
Erdogan avait indiqué lundi soir qu'à la faveur de cet accord, la Turquie et la Libye pourraient mener des activités d'exploration conjointes au large de Chypre, dans une zone qui recèle d'importants gisements de gaz.

De son côté, la Grèce appelle les Nations unies à condamner cet accord maritime entre la Turquie et la Libye.
Elle le qualifie de "perturbateur" pour la paix et la stabilité en Méditerranée orientale, a déclaré le porte-parole du gouvernement. Athènes "veut que l'accord soit porté à l'attention du Conseil de sécurité de l'ONU afin qu'il puisse être condamné", a ajouté Stelios Petsas devant la presse.
Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis a envoyé des lettres séparées, soulevant la question auprès du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et du Conseil de sécurité de l'ONU, a précisé Stelios Petsas.

Cet accord, qui délimite des frontières maritimes entre les deux pays, "ignore la présence des îles grecques dans cette zone maritime, y compris l'île de Crète, et viole leur droit à créer des zones maritimes comme n'importe quel territoire terrestre", écrit l'ambassadrice grecque aux Nations unies, Maria Theofili, dans une lettre au secrétaire général de l'ONU.
"La Turquie et la Libye n'ont ni zones maritimes superposées, ni frontières communes et, par conséquent, il n'y a aucune base juridique pour conclure légalement un accord de délimitation maritime", peut-on encore lire dans ce courrier daté de lundi. Il a été conclu "de mauvaise foi", selon le porte-parole grec, et demeure "invalide car il n'a pas été approuvé par le Parlement libyen", contrôlé par une faction rivale du gouvernement de Tripoli.
Depuis sa signature, la Grèce condamne vivement cet accord, le qualifiant vendredi de "violation du droit maritime international et des droits souverains de la Grèce et d'autres pays". Elle a annoncé l'expulsion de l'ambassadeur libyen à Athènes. 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan campe sur ses positions, annonçant lundi qu'il envisage "des activités d'exploration conjointes", avec la Libye, au large de Chypre, dans une zone qui recèle d'importants gisements de gaz. "Avec cet accord, nous avons augmenté au maximum le territoire sur lequel nous avons autorité. Nous pouvons mener des activités d'exploration conjointes", a déclaré Erdogan lors d'un entretien avec la télévision publique TRT. 

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis estime que l'accord "a déjà entraîné l'isolement diplomatique de la Turquie". Il a été "dénoncé par les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Egypte et Israël", avait-il dit devant le Parlement grec. Le chef du gouvernement grec doit rencontrer ce mardi après-midi l'ambassadeur des Etats-Unis à Athènes, Geoffrey Pyatt, avant sa visite à la Maison Blanche, le 7 janvier.
La Turquie a fait du "chantage" à la Libye pour signer cet accord", assure son ministre des Affaires étrangères, Nikos Dendias, en contact avec ses partenaires européens et avec l'Egypte. Sur la chaîne de télévision privée grecque ANT1, il a jugé que l'entente turco-libyenne est "clairement" liée aux revers subis par le gouvernement de Tripoli face au maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.

Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh Issa, allié du maréchal Haftar, qui s'est déclaré "contre cet accord", selon Athènes, est attendu cette semaine à Athènes. Porte d'entrée de milliers de demandeurs d'asile, la Grèce, membre de l'OTAN comme la Turquie, maintient des relations délicates avec sa voisine d'où les migrants arrivent de plus en plus nombreux sur les îles grecques depuis cet été.

vendredi 29 novembre 2019

Erdogan estime Macron "en état de mort cérébrale"

Qui supporte encore Macron dans le monde?

Incidents diplomatiques : après l'OTAN, la Turquie

Résultat de recherche d'images pour "Macron Erdogan"Le président turc Recep Tayyip Erdogan a taclé son homologue français Emmanuel Macron ce vendredi 29 novembre, le jugeant en "état de mort cérébrale". 
Une observation qui rend la monnaie de sa pièce à l'arrogant et qui consacre une escalade des tensions et le caractère tranchant de Macron, à une semaine d'un sommet crucial de l'OTAN à Londres, à l’occasion des 70 ans de l’alliance atlantique.
Erdogan ne fait que reprendre les termes insultants du président français, lequel avait jugé l'OTAN en état de "mort cérébrale". Recep Tayyip Erdogan ne fait que lui retourner le compliment, déclarant : "Je m'adresse depuis la Turquie au président français Emmanuel Macron, et je le redirai à l'OTAN. Fais d'abord examiner ta propre mort cérébrale". "Ces déclarations ne siéent qu'à ceux dans ton genre qui sont en état de mort cérébrale", a commenté le président turc lors d'un discours à Istanbul.  

Ces propos sans langue de bois sont une riposte aux condamnations initiales émises jeudi par Macron de l'offensive lancée le mois dernier par la Turquie en Syrie contre une milice kurde appuyée par les pays occidentaux. 

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avait demandé à être reçu à Paris jeudi 28 novembre pour rencontrer le président Macron

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et le président français lors d’une conférence de presse à l’Elysée à la suite de leur rencontre, jeudi 28 novembre, à Paris.
Le représentant des 193 Etats-membres de l'ONU comptait bien mettre les choses au clair avant le mini-sommet de Londres des 3 et 4 décembre. Une première explication de texte suite aux propos indignes de Macron jugeant l'Organisation des Nations unies en "état de mort cérébrale" , qui ont provoqué de vives réactions de soutien de l’Alliance atlantique dans les capitales européennes. 
Macron assume pourtant sa grossièreté au point de se féliciter d’avoir " réveillé" l’Alliance, en proie à "une déconnexion criante et inacceptable ", a-t-il insisté.


"Ce ne sont pas des déclarations, ce sont des insultes", s'insurge paradoxalement l'Elysée

Macron attend "du président Erdogan qu'il clarifie les choses". L'ambassadeur turc à Paris a même  été convoqué au Quai d'Orsay. 
Lors de son entretien avec The Economist, "le président de la République a posé les termes d'un débat qui nécessite des réponses de chacun des alliés, mais peut-être plus particulièrement de la Turquie", a ajouté le président français, habitué à mettre en cause ses interlocuteurs et à se dédouaner. 

"Il y a cette
question de l'opération turque en Syrie et de ses conséquences, la résurgence possible de Daech (...) mais il y en a d'autres encore sur lesquelles ce sont des réponses sur le fond qu'il nous faut", a accusé Macron dont on attend des propositions plutôt que des invectives.

Les relations Macron-Erdogan exacerbent les tensions avec l'OTAN
Or, Ankara est membre de l'Alliance atlantique, comme la France, et le sommet crucial de l'OTAN à Londres la semaine prochaine s'annonce houleux. Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre britannique Boris Johnson doivent se réunir en marge de ce sommet pour discuter de la Syrie. 

Le mois dernier, Ankara a lancé une incursion dans le nord-est de ce pays visant la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qualifiée par la Turquie de "terroriste", pour des raisons historiques locales. Mais les pays occidentaux ont critiqué cette opération et Macron s'est cru autorisé à faire de la surenchère en insultant l'OTAN.

Les dirigeants turcs accusent Paris d'ignorer les préoccupations sécuritaires de la Turquie liées à la Syrie frontalière. "Qu'as-tu à faire en Syrie, toi ? Moi, j'ai le droit d'y entrer pour lutter contre le terrorisme. Mais toi, qu'as-tu à y faire ?", a lancé Erdogan. "Personne ne fait attention à toi. Tu as encore un côté amateur, commence par remédier à cela", a ajouté Erdogan à l'encontre de Macron. "Lorsqu'il s'agit de fanfaronner, tu sais très bien le faire. Mais lorsqu'il s'agit de verser à l'OTAN l'argent que tu lui dois, c'est autre chose". 
"Il est tellement inexpérimenté ! Il ne sait pas ce qu'est la lutte antiterroriste, c'est pour cela que les Gilets Jaunes ont envahi la France", a-t-il encore asséné.

Suite à l'agression verbale de Macron déclarations jeudi, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, avait accusé la France de soutenir le terrorisme. 
"Il est déjà le parrain d'une organisation terroriste qu'il reçoit constamment à l'Elysée. S'il dit que son allié est l'organisation terroriste (...) il n'y a vraiment rien à ajouter", avait-il martelé.

jeudi 7 novembre 2019

Macron s'en prend maintenant à l'OTAN

L'Union européenne ne s'en tire pas indemne..

Emmanuel Macron a déploré "la fragilité extraordinaire de l'Europe"

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 Pour la rentrée du gouvernement, Macron tançait les "Cassandre"  

L'OTAN, pas mieux ! "Ce qu'on est en train de vivre, c'est la mort cérébrale de l'Otan"
, a affirmé le docteur Maboul Macron à l'hebdomadaire The Economist publié jeudi 7 novembre. Il pointe ainsi le désengagement américain de ses alliés de l'Otan et le comportement de la Turquie, membre de l'alliance atlantique.

Il a en fait mis en question l'hégémonie américaine, appelant à "clarifier maintenant les finalités stratégiques de l'OTAN", alors qu'un sommet de l'OTAN aura lieu à Londres au début du mois de décembre. "Vous n'avez aucune coordination de la décision stratégique des Etats-Unis avec les partenaires de l'Otan et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l'Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination", a-t-il souligné. "Ce qui s'est passé est un énorme problème pour l'Otan".

La remise en cause de l'article 5 du traité atlantique.
Dans ces conditions, Macron s'interroge en particulier sur l'avenir de l'article 5  qui prévoit une solidarité militaire entre membres de l'Alliance si l'un d'entre eux est attaqué. "C'est quoi l'Article 5 demain ? Si le régime de Bachar al-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager ? C'est une vraie question. Nous nous sommes engagés pour lutter contre Daech. Le paradoxe, c'est que la décision américaine et l'offensive turque dans les deux cas ont un même résultat : le sacrifice de nos partenaires sur le terrain qui se sont battus contre Daech, les Forces Démocratiques Syriennes", accuse Macron.

VOIR et ENTENDRE : en Syrie, l'OTAN soutient l'allié turc (par euronews, en français)


"La France n'a pas signé pour ça" 
Pour Macron, cette situation rend d'autant plus "essentiel d'une part, l'Europe de la défense - une Europe qui doit se doter d'une autonomie stratégique et capacitaire sur le plan militaire. Et d'autre part, rouvrir un dialogue stratégique, sans naïveté aucune et qui prendra du temps, avec la Russie".

"Le président Trump - j'ai beaucoup de respect pour cela - pose la question de l'Otan comme un projet commercial. Selon lui, c'est un projet où les Etats-Unis assurent une forme d'ombrelle géopolitique, mais en contrepartie, il faut qu'il y ait une exclusivité commerciale, c'est un motif pour acheter américain. La France n'a pas signé pour ça", a-t-il averti. The Economist tweete sur cette "évaluation sombre" de Macron :
Le président s'alarme de la "fragilité extraordinaire de l'Europe" qui "disparaîtra", prévoit-il dans cet entretien, si elle ne "se pense pas comme puissance dans ce monde". "Je ne crois pas dramatiser les choses, j'essaye d'être lucide", souligne le chef de l'Etat qui pointe trois grands risques pour l'Europe : qu'elle ait "oublié qu'elle était une communauté", le "désalignement" de la politique américaine du projet européen, et l'émergence de la puissance chinoise "qui marginalise clairement l'Europe."

Au sommet de l'OTAN en décembre prochain, l'arrivée de Macron sera beaucoup filmée : une montée des escaliers au festival de Cannes...

samedi 19 octobre 2019

Retrait des troupes américaines de Syrie - Macron humilié : Trump ne l'a pas calculé !

Jupiter l'a "découvert par un tweet" 

Le  petit coq n'a plus d'illusions à se faire sur son importance dans le concert international

Dominant-dominé, ou l'affaire d'un soir


Négligent les affaires intérieures et les mouvements sociaux contestant en rafale ses réformes, ses prises de positions, aussi bien que ses silences (Rouen ou voile islamique), il s'est beaucoup agité sur la scène internationale, en pure perte. C'est par un message publié par le président américain Donald Trump sur le réseau social que Macron a appris le retrait américain de Syrie. "Comme tout le monde", commente le président de papier. ll est profondément mortifié : les calins n'y font rien;  Trump ne le considère pas plus que les autres. 
Et il n'est pas mieux considéré dans l'Union européenne. Il l'a appris à ses dépens lors du rejet de la candidature de Sylvie Goulard au poste de Commissaire européenne. Pro-européen convaincu, Macron ne s'est pourtant pas fait que des amis non plus dans l'U.E. Ses comportements arrogants - ce que la presse macronienne appelle le "style Macron" - "ne passent pas" en Europe, pas mieux qu'en France. Ses sondages de popularité ne sortent d'ailleurs plus !

Macron a découvert "par un tweet" de Donald Trump le retrait des troupes américaines du nord-est de la Syrie 
 .
Un soupçon cavalière, cette annonce du 8 octobre par Washington du lancement de l'offensive de la Turquie contre les forces kurdes présentes dans le nord-est de la Syrie a été faite à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles, a révélé Macron devant la presse,  vendredi 18 dernier. 
Le président français a confié cet affront en précisant qu'il avait été traité "comme tout le monde".

Au sujet de l'offensive menée par Ankara, le président d'opérette a lancé : "C'est une folie de faire ce que les Turcs font depuis plusieurs jours".
 
Macron n'a pas non plus hésité à accuser la Turquie de "complicité", en cas de résurgence du groupe Etat islamique dans la région. Or, la Turquie est membre de l'OTAN et candidate à l'adhésion à l'Union européenne.

Il a enfin tenté de reprendre le dessus en annonçant vendredi une "initiative commune" avec la chancelière allemande Angela Merkel et et le premier ministre britannique Boris Johnson pour rencontrer "prochainement" le président turc Recep Tayyip Erdogan. Mais la rencontre se déroulera ..."sans doute à Londres", en marge du sommet de l'OTAN, organisé les 3 et 4 décembre près de la capitale britannique, a précisé l'Elysée.

Lors d'une visite à Ankara, le vice-président américain Mike Pence a conclu jeudi un accord dans lequel  la Turquie a accepté de suspendre pour cinq jours son offensive lancée le 9 octobre. 
Elle accepte même d'y mettre fin si les forces kurdes des YPG, Unités de protection du peuple formant la branche armée du Parti de l'union démocratique syrien, considérées comme "terroristes" par Ankara, se retirent pendant cette période des zones frontalières de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.
Selon France 24, entre 2013 et début 2018, 1.500 à 2.000 combattants étrangers ont rejoint les rangs des YPG. Parmi ces derniers figurent plusieurs profils : des aventuriers sans expérience militaire ni motivations politiques ; des mercenaires, anciens militaires, pour certains proches de l'extrême-droite, motivés par le combat contre l'Etat islamique et des militants d'extrême-gauche, de plus en plus nombreux, séduits par le projet révolutionnaire instauré par le PYD au nord et au nord-est de la Syrie. Ces miliciens soutiendraient une politique laïque, fondée sur des principes démocratique et socialiste démocratique, égalité des sexes, écologisme qui se reflète a travers sa constitution, à l'origine sous l'influence du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mais désormais sous l'emprise d'anarchistes qui rejettent tout nationalisme et prônent une société libertaire : égalitaire, paritaire, respectueuse des droits des minorités. Ce Contrat social est propagé à travers tout le territoire autonome, principalement par les femmes.

samedi 14 avril 2018

Frappes sur la Syrie: l'ONU appelle à la retenue les va-t-en guerre occidentaux

Trump, Macron et May passent par-dessus la tête de l'ONU pour punir Assad

Macron, suiveur de Trump, apporte sa force d'appoint et sa caution diplomatique

L'ONU appelle les Etats à la retenue
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé samedi tous les Etats membres à faire preuve de retenue et à s'abstenir de tout acte qui pourrait conduire à une escalade après les frappes occidentales contre la Syrie, dans la foulée de l'attaque chimique présumée survenue samedi dans la ville rebelle de Douma, malgré les menaces russes d'une réplique immédiate.
Pour mener une frappe contre la Syrie, les alliés ont saisi le prétexte de l'usage d'armes chimiques dont les alliés accusent Assad, bien que la Russie assure avoir les preuves contraires.

"J'appelle tous les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien", a déclaré dans un communiqué A. Guterres, qui a reporté un voyage prévu en Arabie saoudite pour gérer les suites de l'action militaire lancée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Amnesty International prône l'allègement des souffrances du peuple syrien.
L'ONG a demandé samedi de "minimiser le tort" causé aux civils dans les frappes aériennes menées par les trois occidentaux en Syrie. "Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur, et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre", déplore l'ONG dans un communiqué. "Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires" menées en représailles à l'usage présumé d'armes chimiques par Damas contre sa population, a-t-elle justifié.

L'ONG demande également au président américain, Donald Trump, d'ouvrir ses frontières aux réfugiés syriens... "L'administration Trump ne doit pas tourner le dos à ces hommes, femmes et enfants qui souffrent en maintenant l'interdiction faite aux réfugiés d'entrer aux États-Unis", soutient Raed Jarrar, le directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient.

L'Allemagne se tient en dehors; le Canada approuve, mais ne frappe pas

La Turquie, elle même productrice et exportatrice d'armes chimiques, a applaudi ce matin aux frappes occidentales sur le territoire de son voisin syrien qui constituent, selon elle, une "réaction appropriée". "Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime" syrien, a affirmé un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Sans y participer, le Canada a apporté son soutien à l'opération. Le Premier ministre a déclaré que le pays condamne "fermement l'utilisation d'armes chimiques dans l'est de la Ghouta, en Syrie". Justin Trudeau a aussi soutenu "la décision des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens".

L'Allemagne a refusé de participer aux frappes occidentales.
Le "nein" d'Angela Merkel dit clairement que l'Allemagne ne participera pas a une offensive militaire contre la Syrie, malgré le positionnement ferme du président conservateur du Comité des Affaires étrangères du parlement allemand, Norbert Röttgen, CDU, contre le régime syrien légitime.
"Il est presque honteux de le dire - il n'y a aucun engagement des Européens, alors que nous sommes les plus proches géographiquement. L'Allemagne fait partie de l'Europe. Depuis l'arrivée des migrants, on devrait être conscients que notre propre sécurité dépend aussi des conflits au Moyen et au Proche-Orient. C'est pour cela que les Européens devraient commencer à s'occuper de leurs propres intérêts, avec un engagement renforcé et plus systématique au Moyen-Orient. Je trouve que c'est aussi la responsabilité de l'Allemagne d'être intransigeante pour faire avancer une stratégie occidentale en Syrie et faire en sorte qu'elle ne soit pas abandonnée."

Les alliés préviennent la Russie ou Israël, mais ignorent l'Iran

L'Etat hébreu a été prévenu des attaques de ce matin, car Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre. Les relations sont d'autant plus tendues que trois ennemis d'Israël opèrent sur le théâtre syrien: le régime lui-même, l'Iran et le Hezbollah libanais.
Israël a justifié samedi les frappes occidentales en Syrie en affirmant que le régime de ce pays continue ses "actions meurtrières". "L'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit, sous la direction américaine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence.".

L'Iran, discriminée, quoi qu'en dise Macron
L'Iran, principal allié régional de Damas, condamne "fermement" les frappes contre la Syrie et lance une mise en garde contre leurs "conséquences régionales".
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé les frappes occidentales menées contre la Syrie en qualifiant de "criminels" le président américain Donald Trump, son homologue français Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa May: "Ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice", a déclaré A. Khamenei en recevant les hauts dirigeants politiques et militaires du pays.
"Les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont mené cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste", a renchéri le ministère iranien des Affaires étrangères.
"Cette agression vise à compenser l'échec des terroristes" dans la Ghouta orientale, qui vient d'être reprise par l'armée syrienne et ses alliés, ajoute le texte qui dénonce une "violation claire des règles et des lois internationales".

L'Iran envoie des "conseillers militaires" et des volontaires iraniens, afghans, pakistanais et irakiens en Syrie pour épauler l'armée syrienne contre les groupes djihadistes et rebelles.


L'Iran dénonce la diplomatie de Macron, "l'apprenti de Trump en Europe". Le président français s'était rendu au Qatar en décembre 2017 afin d'envoyer un message encourageant à l'Iran voisin, disait-on. En demandant l'ouverture d'un dialogue avec l'Iran sur son programme de missiles et ses actions extérieures, notamment en Syrie et en Irak, Macron s'était en fait mis en marche dans les pas de Trump.

Des frappes occidentales décidées avant l'arrivée des experts de l'OIAC
Les va-t-en-guerre prennent de vitesse l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Ses experts étaient annoncés pour ...aujourd'hui en Syrie. Dès samedi, ils devaient mener leurs investigations sur l'attaque présumée à l'arme chimique sur des rebelles dans la ville de Douma, en Ghouta orientale, le week-end dernier. Les frappes aériennes occidentales ont-elles brouillé les pistes en effaçant toutes traces exploitables ?
Les autorités syriennes ont déjà prévenu qu'elles tiendront "l'Occident" pour responsable de toute entrave faite sur le terrain à l'OIAC.

jeudi 13 juillet 2017

Macron veut s'attirer les faveurs de Trump, mais le critique

Macron inquiet de préserver "une relation incontournable dans la sécurité"

Le président français Macron a tenu à justifier jeudi l'invitation faite à Donald Trump pour le 14 Juillet

Trump broie la main de Macron
Le président jupitérien a exprimé sa volonté de "célébrer une relation incontournable dans le domaine de la sécurité". Dans un entretien commun aux journaux français Ouest-France et allemands du groupe Funke, il a expliqué que la France et les Etats-Unis ont "un point de convergence essentiel : la lutte contre le terrorisme et la protection de nos intérêts vitaux. Que ce soit au Proche ou Moyen Orient et en Afrique, notre coopération avec les Etats-Unis est exemplaire". 

Rappelant que les Etats-Unis sont "nos premiers partenaires en termes de renseignement, en termes de coopération militaire, en termes de lutte conjointe contre le terrorisme", il souligne que "c'est aussi un partenaire historique".

"C'est pour cela que j'ai invité Donald Trump pour le 14 Juillet, pour célébrer l'entrée en guerre à nos côtés des troupes américaines il y a 100 ans, leur rendre hommage et célébrer une relation qui est incontournable dans le domaine de la sécurité", a-t-il affirmé.

"Nous avons besoin des Etats-Unis d'Amérique", reconnaît le chef de l'Etat français.

Pour autant, son discours "complexe" n'est pas sans ambiguïtés. En effet, il estime aussi que "le monde occidental se fissure depuis l'élection" de Donald Trump et il évoque des "différends", et en particulier "un désaccord sur le climat". "Je le regrette, je le combats, avec beaucoup de force", assure le gamin, par ailleurs en demande de protection, qui promet - en s'appuyant sur l'opposition américaine à Trump - de faire "tout pour convaincre les villes, les Etats fédérés, les entrepreneurs américains de nous suivre. Les Américains seront de fait dans l'accord de Paris, que l'Etat fédéral le veuille ou non, grâce à cette mobilisation locale très forte". 

Résultat de recherche d'images pour "Trump macron"Il souligne également des "différends sur le commerce", en déplorant "une tentation protectionniste (qui) renaît aux Etats-Unis". 
"Je souhaite qu'on défende le libre et juste commerce. Le protectionnisme est une erreur, c'est le frère jumeau du nationalisme et cela conduit à la guerre", insiste-t-il, tout en assurant "qu'on peut trouver des espaces communs pour lutter contre les pratiques inacceptables comme le dumping".

Macron est-il pour Trump un allié fiable ?

samedi 3 octobre 2015

Obama bombarde un hôpital en Afghanistan, mais suspecte les cibles de la Russie en Syrie

Centre de soins de Médecins sans Frontières à Kunduz, ville afghane, "très fortement endommagé" par des bombardements

Rony Bauman n'exclut pas que l'hôpital ait pu être pris pour "cible"

Dans la nuit de vendredi à samedi, les bombardements ont frappé la ville Kunduz, ville afghane reprise par l'armée régulière aux taliban -fondamentalistes musulmans- et c'est le centre de soins de Médecins sans Frontières (MSF) qui a payé le plus lourd tribut. Cela pourrait être une très grave bavure de l'armée américaine. 

Cette frappe a coûté la vie à 19 personnes, 12 employés, et sept patients, parmi lesquels trois enfants, selon MSF. Tous les membres du personnel décédés sont de nationalité afghane, précise Mathilde Berthelot, membre de MSF, qui s'est exprimés ce samedi soir sur BFMTV. 
MSF a également mis en ligne une photo d'une intervention chirurgicale à la suite du bombardement.
Un habitant de Kunduz avait raconté avoir tenté de joindre, en vain, six de ses amis, tous médecins et infirmiers à l'hôpital de MSF. "Je n'ai aucune nouvelle d'eux. Ils sont peut-être morts", avait-il dit. 

L'ONU qualifie ce bombardement d' "inexcusable" et de "potentiellement criminel". 
Pour le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, cette frappe aérienne pourrait relever du "crime de guerre" si elle était jugée "délibérée par la justice". Il a appelé à une enquête approfondie et transparente.
A Kaboul, le palais présidentiel a assuré que le général américain John Campbell, chef de la mission de l'OTAN en Afghanistan, a "présenté ses excuses" au président Ashraf Ghani dans une conversation téléphonique. Mais l'Alliance atlantique n'a pas officiellement reconnu que le bombardement de l'hôpital de MSF est bien lié à un raid américain et se limite à parler de "possibles dommages collatéraux" d'une opération aérienne.
L'hôpital de MSF hébergeait-il des Taliban ? 

Une "erreur" d'une trentaine de minutes  

MSF assure que l'établissement a été bombardé "pendant plus de 30 minutes", malgré le fait que l'ONG a averti les armées américaine et afghane qu'une première frappe l'avait touché. MSF exige que "toute la lumière soit faite rapidement" sur cette attaque. 

Au moment du bombardement, 105 patients et 80 membres du personnel, des Afghans et des étrangers, étaient présents dans le centre de soins. Ce centre de MSF a apporté une aide cruciale à la population civile depuis lundi et la prise de Kunduz par les taliban, puis la contre-offensive des forces de sécurité afghanes. C'est le seul hôpital dans cette région du nord de l'Afghanistan capable de traiter des grands blessés. "MSF a traité 394 blessés depuis lundi", a expliqué le docteur Bart Janssens, directeur des opérations de l'ONG. "Nous sommes profondément choqués par cette attaque. Nous pressons toutes les parties au conflit à respecter la sécurité des structures de santé et du personnel médical", a-t-il ajouté. L'ONG rappelle qu'elles sont toutes au courant des coordonnées GPS de ses hôpitaux. 

Or, selon les forces internationales, des Taliban se trouvaient autour et peut-être dans l'hôpital de MSF
Le Pentagone ouvre une enquête
Le chef du Pentagone, Ashton Carter, a affirmé ce samedi qu'une "enquête exhaustive" est en cours, mais sans confirmer si le bombardement a été mené par des forces américaines. Le secrétaire à la Défense américain souligne dans un communiqué que "les forces américaines en soutien aux forces de sécurité afghanes opéraient à proximité, tout comme les taliban". Ashton Carter a affirmé que l'enquête était menée "en coordination avec le gouvernement afghan" et que les Etats-Unis vont "continuer à travailler avec (leurs) partenaires afghans pour tenter de mettre fin à la violence dans et aux alentours de Kunduz".
Kunduz, verrou stratégique du nord de l'Afghanistan, est le théâtre d'âpres combats entre les taliban et les forces de sécurité afghanes, qui ont repris le contrôle de la ville jeudi. MSF a démarré ses activités en Afghanistan en 1980.

Barack Obama a accusé la Russie de ne pas faire la distinction entre l'EI et les groupes d'insurgés plus modérés.

Alors que l'OTAN prend les populations civiles pour cibles, le président américain a critiqué vendredi 2 octobre la politique russe de frappes en Syrie et mis en garde le président russe Vladimir Poutine.
Le ministère de la Défense russe assure, vidéos à l’appui, avoir bombardé mercredi "l’organisation terroriste internationale Isis" (acronyme anglais pour l’Etat islamique autoproclamé), les Etats-Unis comme France avancent qu'à Hama, Homs et Lattaquié, où l'EI n’opère pas, les forces russes s’en seraient prises à des rebelles syriens "armés et entraînés" par la CIA, opposés à Bachar el-Assad, dont Poutine reste un fidèle allié.

Qui sont ces rebelles qui veulent renverser le régime syrien et ont les faveurs de Obama et Fabius?

Ceux qui se battent contre les troupes d’Assad sont certes les militaires et les appelés qui ont fait défection, mais aussi des djihadistes rompus au combat. 
L’Armée Syrienne Libre (ASL) est constituée d’une majorité de jeunes militaires appelés au service militaire, qui ont quitté leurs lieux d’affectation pour rejoindre la rébellion ou leurs villes et villages à travers le pays. En premier lieu, pour protéger les manifestants des attaques des Chabihas ou juste pour être auprès de leur famille, puis pour harceler l’armée d’Assad, avant de passer aux attaques frontales qui se sont multipliées avec le début de l’été.
Car ils sont sous l'influence des rebelles qui ont fait de la Syrie une terre de djihad.
En septembre 2013, François Hollande annonce depuis Bamako que la France va finalement fournir des armes à l'ASL "dans un cadre contrôlé" et "élargi avec un ensemble de pays". En décembre 2013, le même indique que, contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni, il maintient "ses livraisons d'aide militaire non létale": plusieurs livraisons ont ainsi eu lieu au cours de l'année 2013, comprenant notamment des mitrailleuses de calibre 12,7 mm, des lance-roquettes, des gilets pare-balles, des jumelles de vision nocturne et des moyens de communication. Les livraisons sont toujours en cours à l'été 2014.
Ces "rebelles modérés" que la France équipe, c'est par exemple le Front al-Nosra, groupe armé salafiste djihadiste affilié à al-Qaïda, apparu dans la guerre syrienne, dans le nord-ouest de la Syrie, mais aussi au Liban. À partir de novembre 2013, il devient l'un des plus importants groupes rebelles, après avoir provisoirement rallié l'organisation État islamique d'Irak, puis à al-Qaïda. En mai 2014, le groupe est placé sur la liste de l'ONU des organisations terroristes.