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dimanche 5 janvier 2020

Irak: Macron émet des voeux pieux avec importance, faisant comme si il avait la moindre influence

Macron se fait-il des illusions en croyant peser sur les parties au Moyen-Orient?

L'Elysée fait savoir qu'il s'est entretenu avec le président irakien




En pleine mobilisation populaire contre son projet de réforme des retraites, Macron s'agite sur la scène internationale. Cherchant des compensations au désaveu de sa politique par la rue en France, le président français aurait également contacté  le prince héritier d’Abou Dhabi par téléphone pour évoquer la crise libyenne. Se croit-il incontournable au Proche-Orient ?

Le président Macron s’est entretenu samedi matin avec le président irakien Barham Saleh, après l'exécution dans un raid américain en Irak du puissant général iranien Qassem Soleimani, a tenu à faire savoir l’Elysée. 
Macron a donc "rappelé son attachement à la sécurité et à la souveraineté de l’Irak", indique un communiqué, comme si Macron avait le moindre poids dans la zone, lui qui s'enlise au Mali. "Les deux présidents sont convenus de rester en contact étroit pour éviter une aggravation supplémentaire des tensions et agir pour la stabilité de l’Irak et de la région dans son ensemble", a-t-on poursuivi de même source, sans crainte de prêter à sourire.

Pendant qu'il y était, Macron est également entré en contact téléphonique samedi avec le prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed, dirigeant de fait des Emirats arabes unis avec qui ils "sont convenus d’agir ensemble auprès de toutes les parties prenantes pour éviter une escalade dangereuse des tensions dans la région".

Le Français a évoqué avec Mohammed ben Zayed "les derniers développements de la crise libyenne"

Résultat de recherche d'images pour "grenouille aussi gros que le boeuf"
Les deux dirigeants ont "exprimé leur détermination à agir", deux jours après l’autorisation donnée par le parlement turc d’un déploiement de l’armée turque en Libye, a souligné l’Elysée. Ils sont notamment convenus de plaider pour qu’un "cessez-le-feu soit établi" et que "les négociations inter-libyennes reprennent dans les meilleurs délais". Des voeux pieux...

Or, plus tard dans la journée de samedi, au moins 28 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées dans un raid aérien contre une école militaire dans un quartier résidentiel de Tripoli sous contrôle du Gouvernement d’union nationale (GNA). 
Sur Facebook, le GNA a accusé les partisans du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, d’avoir mené cette frappe, publiant des photos des blessés et des victimes. 
La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. En février 2011, Mouammar Kadhafi était l'homme fort de la région et la Libye, un verrou face à la poussée migratoire. Mais, quand la Libye fut à son tour touchée par le Printemps arabe, Kadhafi dut faire face à une révolte populaire et la France le combattit, au prétexte idéologique que le peuple ne peut avoir tort, fût-il agité par les rebelles islamistes. L'intervention internationale empêche les forces de Kadhafi de reprendre Benghazi et se poursuit durant les mois suivants par des raids aériens de l'OTAN en soutien aux rebelles. Le 17 mars 2011, le Conseil de sécurité de l'ONU vote la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre les troupes gouvernementales libyennes pour protéger les populations. La résolution est présentée par la France, le Liban, et le Royaume-Uni, sans l'Allemagne. Elle fut votée par l'Afrique du Sud, la Bosnie-Herzégovine, la Colombie, les Etats-Unis, le Gabon, le Liban, le Nigeria, le Portugal, le Royaume-Uni et la France.
Le 20 octobre 2011, alors que Mouammar Kadhafi quitte Syrte, dernier bastion tenu par ses partisans, son convoi est obligé de changer de route par un tir des avions de l'OTAN, puis se retrouve piégé dans une embuscade orchestrée par la rébellion. Il est capturé vivant. Les corps de Mouammar Kadhafi et de son fils Moatassem, lynchés par la populace le 20 octobre à Syrte, furent exposés le 21 octobre à Misrata et, dans son ensemble, la communauté internationale salua la mort du "dictateur"

jeudi 18 avril 2019

Humanisme : sa grandeur Macron vend des armes qui tuent au Yémen


Le socialiste Le Drian continue de faire commerce de la mort

Quelles armes françaises sont utilisées au Yémen ?

Résultat de recherche d'images pour "Macron emir arabie"La France a augmenté ses ventes d’armes aux belligérants depuis que l’Arabie saoudite a lancé, le 25 mars 2015, une opération militaire au Yémen, à la tête d’une coalition de dix pays. 
En 2015, l'Arabie saoudite a lancé un blocus qui empêche l'importation de produits alimentaires, déclenchant la plus grande crise humanitaire du moment. Le Yémen - qui contrôle avec Djibouti le détroit de Bab-el-Mandeb ouvrant sur le canal de Suez - se classe 178e sur 189 pays à l'indice de développement humain de l'ONU en 2017. Human Rights Watch a rapporté de la discrimination et de la violence envers les femmes yéménites et a dénoncé l'abolition de l'âge minimum du mariage pour les femmes, fixé à 15 ans (16 ans en Arabie saoudite, depuis 2013).
Selon Amnesty International et l’Observatoire de l’armement, la France aurait accordé en 2015 et 2016 des licences à des entreprises françaises pour la fourniture de matériels de guerre – et assimilés – pour un montant de plus de 19 milliards d’euros à l’Arabie saoudite et pour un montant de 25,6 milliards d’euros aux Emirats arabes unis (EAU).

Selon le rapport annuel du traité sur le commerce des armes (TCA), la France a livré à l’Arabie saoudite 115 véhicules blindés de combat Aravis et 745 fusils de précision en 2015, 276 véhicules blindés de combat, deux systèmes d’artillerie de gros calibre (90 et 105 mm) et 500 fusils de précision en 2016. 29 missiles ont été livrés aux Emirats arabes unis en 2016.

Le gouvernement français continue à autoriser la signature de nouveaux contrats comme en novembre 2017
un contrat pour la vente de corvettes Gowind 2500 (petit navire de guerre, léger et rapide) aux Emirats arabes unis ou, début janvier 2018, la fourniture de patrouilleurs de type Combattante FS56, à l’Arabie saoudite

Par ailleurs, des canons Caesar auraient été livrés à Riyad en 2017 et des négociations sont en cours pour la vente de blindés Titus. La coopération bilatérale entre Paris et le royaume se poursuit également avec, en octobre 2017, un exercice militaire commun pour la pratique du combat en zone montagneuse entre forces spéciales françaises et saoudiennes dans la région de Taëf.

Selon Amnesty International, l’utilisation d’armes françaises dans le conflit yéménite est établie, notamment des chars Leclerc et des Mirage 2000-9 fournis aux Emirats. La France continue à livrer des munitions probablement utilisées au Yémen, à assurer la maintenance et à fournir une assistance technique pour des matériels engagés au Yémen, à l’exemple des chars Leclerc.

Dans quel cadre la France vend-elle des armes et qui décide ?

Résultat de recherche d'images pour "combats au Yemen"

La France est couverte par des engagements internationaux dans le cadre du traité sur le commerce des armes (TCA
), adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en 2013, qu’elle a ratifié en 2014, et de la position commune de l’Union européenne établie en 2008. 
Ce droit international est toutefois sujet à interprétation. "Les deux textes fixent une liste de critères mais ce sont bien les gouvernements nationaux qui autorisent ou non les exportations, selon leurs propres règles et leur propre interprétation de ces critères", explique Lucie Béraud-Sudreau, chercheuse à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) à Londres.

Concrètement, la décision est prise par le premier ministre
sur avis de la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG), composée de représentants des ministères des Affaires étrangères, des Armées et de l’Economie. C’est elle qui examine les demandes de licence effectuées par les entreprises auprès de l’Etat.

"Nous devons demander une autorisation, avant même de pouvoir commencer à négocier un contrat, confirme un important industriel français du secteur de l’armement. Puis ces négociations sont suivies de près par l’Etat. Et, à la fin, il vérifie que le matériel livré correspond bien à ce qui a été autorisé. On ne nous signe jamais une autorisation en blanc. Les procédures sont très strictes."


Dans les cas les plus difficiles, la décision est renvoyée à une réunion " post-CIEEMG", d’un niveau hiérarchique supérieur, et, si le désaccord persiste, au président de la République.
Chaque année, la France rend compte de ses exportations d’armes dans plusieurs rapports, notamment au Parlement (le député LREM, un ex-socialiste ,
Jean-Jacques Bridey), au TCA et au registre des Nations unies sur les armes classiques. 
Déjà soupçonné d’avoir cumulé illégalement ses indemnités, JJ Bridey, président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, a aussi laissé derrière lui une montagne de notes de frais en quittant ses fonctions locales à l’été 2017. Mais il ne se souvient plus du nom des personnes avec qui il dînait.

Mais cette transparence gouvernementale a des limites. 
L’information arrive avec retard au Parlement et reste insuffisamment détaillée, ne suscitant ni vrai débat, ni contrôle efficace.

Que représente pour la France la vente d’armes aux pays étrangers ?
Le secteur des industries de défense est prospère en France. 
Des armes françaises tuent au Yémen
Des chars Leclerc français appartenant à
la coalition militaire menée par
l’Arabie saoudite interviennent au Yémen
Il compte une dizaine de grands groupes, comme Thales, Dassault, MBDA ou Airbus, mais aussi 4.000 petites ou moyennes entreprises réparties sur tout le territoire français. Selon la Direction générale de l’armement (DGA), les industries de défense représentent "165.000 emplois directs à haute technicité et non délocalisables, et un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros par an, hors activité de maintenance".

La France est un des rares pays au monde à pouvoir produire seule un avion de chasse ou à pouvoir concevoir et fabriquer un sous-marin nucléaire. Elle a également la capacité de fabriquer des missiles, des chars et des navires, mais aussi des radars et équipements de télécommunication ou des satellites d’observation. Elle est capable de lancer ces satellites sans dépendre de personne. 
Préserver cette autonomie coûte cher. C’est pourquoi les entreprises françaises se sont organisées pour exporter, de façon à pouvoir financer le développement de nouveaux systèmes d’armes que la France ne pourrait pas s’offrir seule.

"C’est le général de Gaulle qui a mis en place une politique étrangère et de défense axée sur la question de l’indépendance", rappelle Lucie Béraud-Sudreau. Ce choix est lié, notamment, à celui de disposer de l’arme nucléaire.

Interrogés pour savoir s’ils redoutent d’êtres mis en cause pénalement, les grands groupes du secteur militaire que nous avons joints se défendent d’avoir commis des actes illégaux. Naval Group, qui a vendu des frégates à l’Arabie saoudite, assure qu’il "respecte scrupuleusement la loi". Chez Dassault Aviation, on répond que "l’exportation de matériel militaire français est totalement contrôlée par l’Etat". La réaction est similaire dans toutes les entreprises concernées qui acceptent de communiquer.

Pourquoi le marché saoudien est-il autant convoité ?

Résultat de recherche d'images pour "MBS en visite en France 8 avril 2018"
Les dépenses militaires dans le monde ont connu une hausse en 2016 de + 0,4 % pour atteindre 1.544,3 milliards d’euros, soit 2,2 % du PIB mondial ou… l’intégralité du PIB de l’Inde. L’Arabie saoudite arrive en 4e position derrière la Russie, la Chine et les Etats-Unis, en tête avec 497 milliards d’euros. En 2016, Riyad avait dépensé 51,8 milliards d’euros, un chiffre en baisse. Mais, depuis, elle se rattrape. En visite à Londres début mars, le prince saoudien Mohammed Ben Salmane (MBS) a fait son marché. Il est reparti après avoir acheté 48 avions de combat Eurofighter Typhoon, un contrat potentiel de plusieurs milliards d’euros et signé un protocole d’accord avec le groupe de défense britannique BAE Systems. Selon l’ONG Avaaz, la valeur des exportations d’armes britanniques vers l’Arabie saoudite s’élevait à 1,22 milliard d’euros pour le seul premier semestre 2017.

Liée par un partenariat datant de 1945, qui assure au royaume une protection militaire contre un accès privilégié au pétrole, l’Arabie saoudite est toujours dépendante de son allié américain en termes militaires. En mars 2018, MBS a effectué une tournée aux Etats-Unis en pays ami. C’est en effet à Riyad, en mai 2017 que Donald Trump a effectué son premier déplacement présidentiel à l’étranger. A cette occasion, les deux pays avaient annoncé des méga-contrats excédant 380 milliards de dollars (309 milliards d’euros), dont 110 (89,6 milliards d’euros) pour des ventes d’armes américaines à Riyad. 
Après Washington, MBS devait se rendre en France, après une première rencontre-éclair à l'aéroport de Ryad, quand Macron avait fait un crochet en Arabie Saoudite au moment de sa visite à Abu Dhabi. Prévue fin février, la date de son voyage a été reportée au 8 avril, pour trois jours, contre trois semaines aux Etats-Unis.

jeudi 5 avril 2018

Macron s'apprête à recevoir le prince héritier saoudien

Le prince héritier d'Arabie saoudite en visite officielle à Paris pendant la grève SNCF

L'AFP nous en dresse un portrait favorable

Macron , avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane,
main dans la main, 
à Riyad 
L'un des hommes clés au Moyen-Orient, le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, sera en visite en France de dimanche à mardi prochain. Grève ou pas grève.

Le nouvel homme fort de Riyad, qui a déjà visité plusieurs capitales occidentales et qui nourrit d'importantes ambitions de réformes en Arabie saoudite, "sera en visite officielle à Paris lundi et mardi, pour une visite principalement axée sur la culture, le tourisme, l'investissement et les nouvelles technologies", a précisé une source proche de la délégation saoudienne, tandis que l'Elysée n'ébruite pas cette visite contestée. 
Selon certaines sources, il devrait arriver dès dimanche en France. Un flou qui conforme les craintes des services respectifs de sécurité.

L'AFP lui décerne un brevet de respectabilité : surnommé MBS, Mohammed ben Salmane s'est récemment rendu en Grande-Bretagne et se trouve actuellement aux Etats-Unis, ce qui ne plaide pas franchement en faveur de MBS au regard des critiques incessantes de la presse aux ordres envers Trump.

L'AFP  prête au trentenaire toutes les vertus 
Réformiste de 32 ans, il a lancé une purge anti-corruption, a fait des déclarations sur l'évolution qu'il souhaite pour la société, notamment en ce qui concerne les droits des femmes, et veut réformer l'économie pour la préparer à l'ère de l'après-pétrole.

Les réformes du prince s’inspirent des Emirats arabes unis et Macron observe les deux avec sympathie.
Le projet de MBS est de faire de l’Arabie saoudite une version XL des Emirats arabes unis, c’est-à-dire un mélange de société ouverte, de libéralisme économique garant d’une certaine prospérité et d’autocratie, dans lequel Macron se reconnaît. Mohammed ben Zayed, 57 ans (ci-contre), prince héritier d’Abu Dhabi, le plus riche des sept émirats arabes unis, est devenu le mentor du Saoudien. MBS et MBZ, comme on les surnomme, sont très liés et une étroite coordination s'est établie entre les deux capitales, malgré le défi difficile : la population de l’Arabie saoudite est beaucoup plus importante, plus diversifiée et plus susceptible de se politiser. 
Depuis sa nomination au poste de ministre de la Défense, MBZ est considéré comme le nouvel homme fort des Emirats arabes unis, notamment par les autorités français. Or, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (donc Abu Dabi et MBZ) bombardent le Yémen depuis trois ans pour aider le gouvernement à vaincre ses ennemis houthis soutenus par l'Iran. Difficile pour Macron de dire qu'il est l'ami de l'Iran. Début janvier, à son homologue iranien Hassan Rohani, le président français a d'ailleurs exprimé sa "préoccupation" face "au nombre de victimes liées aux manifestations" des jours précédents en Iran et a appelé Téhéran à "la retenue et à l'apaisement." Assez pour tendre nos relations avec la Syrie, l'Irak, le Liban et le Yémen, alors que l'Iran soutient Daech.

Le prince saoudien pourrait relancer la guerre sunnites contre chiites

Acteur diplomatique majeur de la crise entre Ryad et Téhéran qui secoue l'ensemble de la région, il a aussi affirmé que l'Arabie saoudite se doterait de l'arme nucléaire "si l'Iran développe une bombe nucléaire".

Il est aussi un des acteurs clé de la guerre au Yémen où la coalition internationale emmenée par l'Arabie saoudite combat les rebelles houthis soutenus par l'Iran. Plusieurs ONG demandent à la France de cesser de fournir des armes à l'Arabie saoudite au motif que ces dernières feraient des victimes parmi les populations civiles du Yémen.

Son alliance objective avec Israël rebrasse les cartes au Moyen-Orient.
Les Israéliens ont le "droit" d'avoir leur propre Etat-nation comme les Palestiniens, a-t-il par exemple déclaré récemment dans la revue américaine The Atlantic, établissant ainsi un nouveau signe d'un rapprochement apparent avec Israël, alors que les deux pays ont l'Iran pour ennemi commun.

L'Arabie saoudite, allié encombrant
Le pétrodollar est l’une des bases fondamentales de l’économie mondiale moderne, rejaillissant inévitablement sur la géopolitique. Les Etat-s-Unis ont apporté à la famille régnante en Arabie Saoudite une certaine sécurité dans une région pleine de périls en échange d'une alliance sûre et essentielle parmi les membres de l’OPEP : l’Arabie Saoudite est le plus gros producteur de pétrole de l’OPEP, où elle occupe une position prépondérante, et elle est aussi le seul membre de ce cartel à ne pas être tenue de respecter un quota de productivité. C’est un producteur versatile qui peut augmenter ou diminuer sa production de pétrole pour provoquer une pénurie ou saturer le marché mondial. Par voie de conséquence, c’est pratiquement l’Arabie Saoudite qui détermine le prix du pétrole. Le système, qui fait du dollar la monnaie de réserve pour les échanges pétroliers a pour conséquence de maintenir la demande en dollars " artificiellement" forte depuis les années 70.

La politique américaine en Irak avait pour but de préserver et renforcer la position dominante des États-Unis, voire de s’emparer du pétrole irakien (et iranien). L'Etat irakien maintenait le verrou fermé aux populations entre le Sud et le Nord. Or, la menace islamiste sur le monde s’est matérialisée pendant ces dix dernières années et Daech poursuit d'ailleurs la guerre encore actuellement, à vaste échelle et à fronts multiples, ce qui appelle à une recomposition des stratégies et des alliances. MBS s'y emploie : c'est l'avenir de sa dynastie qui est en jeu.

De même que Macron montre les muscles sur plusieurs théâtres militaires, la politique extérieure agressive du prince au Yémen, au Qatar et au Liban pourrait potentiellement déstabiliser la région. Croyant aujourd’hui à un alignement des astres propice à un renversement des équilibres, l'un et l'autre apparaissent dangereux, notamment en Iran. Depuis des années, les Sunnites saoudiens se sentent encerclés par les Chiites iraniens, qui sont de plus en plus en position de force en Syrie, en Irak, au Liban, à travers le Hezbollah et au Yémen. Alors MBS s'est aisément rapproché de Jared Kushner, surnommé ironiquement "MBK", Mohammed ben Kushner, le gendre et conseiller spécial de Trump, comme du président américain, tous deux très anti-iraniens. Pour lui, c’est le moment où jamais de rabaisser l’influence de Téhéran dans la région. Il est dans une logique d’escalade.

Le prince héritier saoudien vient de traiter l’ayatollah Khamenei, guide suprême de l’Iran, de "nouvel Hitler" et les investisseurs étrangers ont pris peur. Son aventurisme à l’international sidère et la "purge anti-corruption" du 4 novembre 2017 a pu en refroidir plus d’un : 381 suspects avaient été arrêtés. Certains hommes d’affaires en France et ailleurs ont été choqués de voir leurs partenaires "embastillés" dans les suites du Ritz-Carlton à Riyad, sans jugement. Leurs avoirs ont été gelés. Et le premier prince libéré, le propriétaire du Crillon, à Paris, a dû signer un chèque de 1 milliard de dollars pour sortir. Le 9 novembre 2017, le président Macron s'était néanmoins rendu à Ryad, assurant que sa visite prévue plusieurs semaines à l'avance visait notamment à faire baisser la tension entre l'Arabie saoudite et l'Iran...

Peut-on faire confiance au prince héritier Mohammed ben Salmane ?

Comme Macron avec ses réformes, le nouveau faucon de Riyad prend des risques fous. 
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Comme lui, MBS gouverne d'une main de fer (il a fait arrêter des dizaines d’arrestations visant certains des hommes d’affaires les plus importants du pays, comme le milliardaire Al-Walid ben Talal, première fortune du monde arabe, qui détient notamment le George V à Paris ou Bakr ben Laden, qui dirige le plus grand groupe de BTP d’Arabie. Les milliardaires français Arnault et Pinault en font des cauchemars; quant à Niel et Bolloré ils ont déjà démontré qu'ils savent où est leur intérêt !) et a joui d’une image flatteuse parce qu’il est jeune et promet des réformes. Mais leurs accessions soudaines aux responsabilités suprêmes et leurs arrogances respectives leur ont valu beaucoup d’ennemis. Le prince héritier peut espérer compter sur deux soutiens, celui de son père et celui du peuple, même s’il est difficile d’en prendre la mesure réelle, comme dans l'Hexagone. 
D'autant qu'en France, à la différence de MBS qui joue clairement le peuple contre les élites, Macron joue le jeu inverse. Quoi qu'en dise son entourage qui se plaît à rappeler qu'elles étaient annoncées par le candidat, les réformes macroniennes du modèle économique ne sont pas en phase avec ce que pense une bonne partie de la population, pas plus que la réforme du code du Travail imposée par voie d'ordonnances ou celle à venir des institutions.

MBS a proclamé sa volonté de mettre en place un islam modéré en rupture avec "trente années d’extrémisme". Il veut un islam docile sous contrôle des autorités politiques et "occidentalo-compatible": il est donc pour un entrisme sournois de l'islam en Occident. 
De son côté, Macron a déclaré que ses équipes travaillent à la structuration de l'islam de France et aussi à la manière de l'expliquer, ce à quoi le président de la République ne parvient déjà pas lui-même dans la pédagogie de ses réformes, comme les cheminots le démontrent : sans doute sont-ils des "illettrés", doublés de "cyniques" attachés à leurs "droits acquis", le "sac à dos social" en cours de négociation... 

L'Etat islamique, à ses débuts, a reçu un soutien financier de l'Arabie saoudite
Selon plusieurs spécialistes, l'EI a bénéficié du soutien actif de plusieurs Etats du Golfe, quand il a rejoint l’insurrection syrienne sous le nom d’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). "Il est clair que l’Arabie saoudite, puis le Qatar l’ont financé", déclare Alain Chouet, ancien officier de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il souligne d'ailleurs, ce que la presse répugne à admettre, que les rebelles au régime ne se battent pas fondamentalement pour davantage de démocratie de type occidental, mais ont des motivations avant tout d'ordre religieux.
"Ces deux Etats finançaient l’ensemble des forces anti-Assad", complète Alain Rodier, ancien membre du même service et chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement...

Un rapport britannique révèle comment Washington et Riyad ont armé Daech.
Alors que Daech a été vaincu en Irak et est en passe de disparaître en Syrie, l’ONG britannique Conflict Armament Research (CAR) vient de publier un rapport sur l’origine des armes utilisées par l’État Islamique. L'organisation supranationale pointe du doigt les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite. Mais la majeure partie d’entre elles proviennent des stocks des armées syriennes et irakiennes récupérés lors des offensives de l’Etat Islamique. Or, "environ 90% des armes et des munitions (97% en Syrie et 87% en Irak) sont généralement de fabrication russe pour la Syrie et chinoise, hongroise et roumaine pour l’Irak."
L’ONG signale qu’à plusieurs reprises, des armes livrées par les États-Unis et l’Arabie Saoudite à des groupes anti-Assad se seraient retrouvées dans les mains de Daech, suite notamment à des revirements d’alliances, soit seulement 2 % de ces armements.
Le rapport du CAR ne mentionne ni les armes chimiques explosives fournies par la Turquie à partir desquelles la fabrication d'IED ('improvised explosive device' ou engins explosifs improvisés) fut rendues possibles à l'Etat islamique, ni les missiles anti-char BGM-71 TOW, de fabrication américaine, qui auraient été massivement livrés par l’Arabie Saoudite aux "rebelles" syriens et a causé d’importants dégâts aux forces régulières syrienne tout au long du conflit.

jeudi 18 janvier 2018

L'Airbus A380 intéresse Emirates qui passe commande

Emirates vole au secours de l'Airbus A380 

A380 souffrait de ses qualités

Résultat de recherche d'images pour "taille comparee Airbus A380"La compagnie de Dubaï a annoncé avoir commandé 36 très gros porteurs A380, pour un montant catalogue de 16 milliards de dollars. Un véritable bulle d'air pour le très gros porteur long-courrier, menacé de disparaître du fait de ses qualités et de ses ambitions. L'A380 est, en 2014, le plus gros avion civil de transport de passagers en service et le troisième plus gros avion de l'histoire de l'aéronautique.
Résultat de recherche d'images pour "taille comparee Airbus A380"En octobre 2015, Airbus annonçait que l'A380 a transporté plus de 100 millions de passagers avec 280.000 vols commerciaux. Alors que celui-ci compte 47 destinations lors de cette déclaration, jusqu'à 160 aéroports sont capables d'accueillir l'appareil. Parmi ceux-ci, en 2015, l'aéroport de Los Angeles accueillait 9 compagnies aériennes exploitant l'A380, avec 11 vols quotidiens.
Le programme tarde à obtenir un véritable succès commercial: alors que les passagers de l'appareil apprécient son grand confort et son silence, aucune compagnie aérienne ne voulait augmenter sa commande.
Résultat de recherche d'images pour "taille comparee Airbus A380"En 2017, Airbus n’avait enregistré aucune nouvelle commande de son mastodonte à double pont, l'A380, produit et assemblé dans différents pays de l'Union européenne ; les principaux le sont en France, en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni. Le premier service commercial d'un A380 a été effectué entre Singapour et Sydney par Singapore Airlines, le 25 octobre 2007. Le 100e A380 a été livré à la compagnie Malaysia Airlines, en mars 2013. 
Faute de clients suffisants, le constructeur s’était fait à l’idée d’abandonner la production... 

Emirates passe une commande inespérée 

Actuellement la plus importante compagnie aérienne du Moyen-Orient, la compagnie des Emirats Arabes Unis est le plus gros client du gros-porteur d’Airbus, avec 144 exemplaires commandés et déjà 103 livrés, vient de passer une nouvelle commande. 

L’accord comprend 20 commandes fermes et 16 commandes en option. Depuis ses débuts commerciaux, en 2000, l’avionneur n’a vendu jusqu’à présent que 317 A380, alors qu'il misait sur au moins 1.400 en 20 ans. 

jeudi 7 juillet 2016

Abou Dhabi conseille à sa population de ne plus porter la gandoura en Occident

Le plus grand des Émirats arabes unis recommande le respect des Occidentaux

Un Emirati a été pris à tort pour un djihadiste de l’Etat islamique aux Etats-Unis

Un homme d’affaires des Emirats arabes unis a été arrêté la semaine dernière à la suite d'une interpellation musclée injustifiée, près de Cleveland dans l’Ohio. Une réceptionniste de l’hôtel, où il séjournait, avait donné l’alerte.
Durant l’intervention, Ahmed Minhali, 41 ans, s’est évanoui et ne s’est réveillé qu'à l’hôpital où il a été transporté.

Quelques jours plus tard, il a reçu les excuses du chef de la police locale, Richard Bosley. "Aucun membre de la police ne doit vous manquer de respect. Ce n‘était pas l’intention de nos officiers. Ce qui vous est arrivé est très regrettable", a t-il déclaré. Les Emirats ont officiellement protesté. 

Abou Dhabi a également conseillé à ses ressortissants de ne plus porter la gandoura, la tunique longue traditionnelle, sans manches et sans capuchon, dans les lieux publicsquand ils voyagent en Occident.
Donc, en France. Une idée à poursuivre et étendre...

dimanche 12 avril 2015

Rafale: Dassault vole au secours de l'économie socialiste

Le député UMP Serge Dassault, maire de Corbeil-Essonnes, crée de l'emploi

Trois choses à savoir sur la vente attendue de 36 avions Rafale à l'Inde


Le Rafale de Dassault Aviation va apporter environ 4 milliards d'euros, selon l'AFP. Moins de deux mois après l'annonce de la vente de 24 appareils à l'Egypte, l'annonce est une deuxième bonne nouvelle pour les locataires socialistes de Bercy, après une ouverture des négociations en février 2012. Le Premier ministre indien Narendra Modi a profité de sa visite à Paris, vendredi 10 avril, pour officialiser l'achat de 36 de ces avions de chasse français. 

Ce n'est pas le contrat attendu
Depuis trois années
 pleines, Paris et New Dehli négocient âprement un accord portant sur la vente de 126 avions, dont 108 fabriqués en Inde, pour un montant initialement évalué à 12 milliards d'euros. Ce coût serait en fait plus proche des 20 milliards d'euros, en raison des frais supplémentaires liés à un transfert partiel de technologie pour sa production.

a précisé que Ce nouveau contrat porte sur "36 Rafale, clé en mains", c'est-à-dire fabriqués en France et livrés à New Dehli, a précisé Modi vendredi, en conférence de presse. Une solution qui a l'avantage de donner un sérieux coup de fouet à l'activité aéronautique dans notre pays

presque entièrement "made in France", l'avion Dassault fait travailler près de 500 PME dans plusieurs régions françaises", précise Le Parisien. Le montant du contrat n'a pas été officiellement dévoilé, mais la somme avoisinant les 4 milliards d'euros circule.

La vente des 126 avions n'est pas enterrée
Cette vente ne marque pas la fin des négociations du premier contrat, promet-on à Paris. Le ministre de la Défense a ainsi indiqué que "les négociations sur l'accord initial (entre la France et l'Inde) continuent". Côté indien, on explique que ce nouveau contrat se justifie par un "besoin opérationnel crucial" des forces aériennes locales.

Narendra Modi a de toute manière intérêt à poursuivre les pourparlers concernant la vente initialement prévue. Samedi, la presse de son pays a jugé que les 36 Rafale étant assemblés en France, le pouvoir actuel est le seul gagnant de l'affaire.

 
Ce premier contrat devrait ouvrir la voie à des accords avec d'autres pays
Après une série d'échecs à l'export, la vente officialisée vendredi constitue un deuxième succès en quelques semaines pour le constructeur français Dassault. Trois autres acquéreurs potentiels au moins sont maintenant sur les rangs pour s'offrir l'avion de chasse : le Qatar - avec lequel des discussions se poursuivent pour 36 appareils - les Emirats arabes unis, pour le remplacement à terme de 60 Mirage 2000-9, et la Malaisie, qui doit encore lancer un appel d'offres pour l'acquisition de 16 appareils.


Gérard Longuet: "Je suis très satisfait de voir ce nouveau contrat pour Rafale"

VOIR et ENTENDRE Gérard Longuet, sénateur UMP et ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, s'exprimer notamment sur les 36 Rafale commandés par l'Inde:

Du dénigrement à la flagornerie pour le "savoir faire de l'exécutif"
Les media sont vraiment extraordinaires
De même que - au nom de la protection des libertés individuelles - la gauche (Martine Aubry, en 2011, à l'inverse de Manuel Valls, alors maire d'Evry) se flattait de faire trébucher la video-surveillance 
lorsqu'elle fit ses premiers pas dans nos villes, mais fait aujourd'hui le dos rond face à la loi liberticide sur le renseignement, de même cette même gauche vante-t-elle en 2015 le "savoir faire de l'exécutif" en matière de vente du Rafale de Dassault, après n'avoir eu de cesse que de le dénigrer pendant près de dix ans, depuis 2006.

A la vérité, le succès socialiste doit beaucoup au terrorisme, notamment à Daesh. Les acheteurs du Rafale sont en première ligne et les terroristes islamistes les poussent désormais à signer en urgence leurs contrats d'achat du Rafale, seul avion polyvalent de combat au monde. L'Inde doit se protéger contre la pression permanente exercée par les Taliban afghans et du Pakistan, outre la Chine ? Elle achète 36 avions Rafale, non pas à la France mais à Dassault Aviation. L'Egyte doit s'armer contre les djihadistes sur sa frontière avec la Lybie au Maghreb, fragilisée par le "printemps arabe" et l'élimination de M. Kadhafi ? Elle achète 24 appareils , après une ouverture des négociations en février 2012.

Dassault espère bientôt vendre des Rafale aux Emirats arabes unis.
Laurent Fabius s'active maintenant pour retirer, pour Hollande, tout le bénéfice de contrats en négociations depuis plus de trois ans. Evoqué il y a déjà plusieurs années, le projet d’achat de 60 Rafale par les Emirats arabes unis semblait pourtant au point mort. La récente vente de 24 exemplaires de l’avion de chasse conçu et fabriqué par Dassault à l’Egypte et de 36 autres appareils à l’Inde, annoncée le 10 avril, pourrait avoir réactivé l’intérêt des émirats du Golfe, engagés dans une guerre avec le Yémen au sein d’une coalition sunnite et confrontés à une montée des menaces inter-religieuses régionales.