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samedi 5 novembre 2016

Mali: le groupe djihadiste malien Ansar Dine revendique la mort d'un militaire français

Le chef de guerre va encore compatir en gros plan sous les caméras

Un jeune, priorité du candidat Hollande, est mort.

Ce militaire français de 28 ans n'a pas vu le soleil se lever sur le désert du Mali, ce matin.
Mali: un soldat de 28 ans du 515e régiment de La Braconne tué dans une explosion
Blessé par l'explosion d'une mine au passage de son véhicule blindé, vendredi après-midi près de Kidal, dans le nord du Mali, le maréchal des logis-chef Fabien Jacq est décédé samedi, ont annoncé les services de l'Elysée. Il était engagé dans l'armée depuis près de neuf ans.
Il avait servi la France et la paix au Liban, en Afghanistan et une première fois au Mali en 2013. 
Il avait également participé à deux reprises à l'opération Sentinelle, mise en place sur le territoire national après les attentats de janvier 2015. 

L'explosion de la mine qui l'a tué a également blessé un autre soldat et "commotionné" trois autres militaires. 
Selon le ministère de la Défense, en l'absence de Jean-Yves Le Drian, l'explosion s'est produite vers 14 heures, ce vendredi. "Deux véhicules de l’avant blindé appartenant à un convoi logistique [...] ont subi une attaque par un engin explosif [il n'est pas certifié qu'il s'agit d'une mine] alors qu’ils faisaient route au nord-est de Kidal. L'explosion de l'engin a grièvement blessé le maréchal des logis-chef Fabien Jacq, sous-officier adjoint du peloton de circulation routière, blessé plus légèrement un autre soldat et commotionné trois autres", précise un communiqué. Ces hommes ont immédiatement été transportés par hélicoptère à Tessalit où se trouve une unité chirurgicale.

Le groupe armé salafiste malien Ansar Dine clame sa responsabilité
Dirigés par un chef de la rébellion touarègue de 1990-1996, les djihadistes d'Ansar Dine ont revendiqué l’attaque vendredi soir par l’intermédiaire de son canal de communication, indique le quotidien Le Monde. Ansar Dine affirme avoir visé "un véhicule" français sur la route de Kidal. Le groupe armé Ansar Dine est apparu en 2012 et reste l'un des plus importants à opérer au Mali.

Un communiqué du président a aussitôt exprimé son "émotion" et "salué le sacrifice" de ce soldat, un sous-officier du 515e régiment du Train installé en forêt domaniale de la Braconne, près d'Angoulême (PS jusqu'en mars 2014), dans le département de la Charente, dans l'ex-Poitou-Charentes, région que présida Ségolène Royal.
Créé en 1944 en Algérie, le groupe de transport 515 (GT 515) participe à la campagne de France. De 1947 à 1954, il participe aux opérations en Indochine. Ses actions et ses exploits lui valent l'attribution en 1956 du droit au port de la fourragère aux couleurs de la croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures. Dès 1955, il embarque pour l'Algérie où il participe à de nombreuses missions dans le sud oranais jusqu'en 1963, date à laquelle il rejoint le camp de Tanaïs près de Bordeaux. En 1967, il s'installe définitivement au camp de la Braconne et prend en 1978 son appellation actuelle de 515e régiment du train.
Ce décès porte à 18 le nombre de militaires tués depuis le début en janvier 2013 de l'opération Serval au Mali

L'opération Serval fut élargie au Sahel sous le nom d'opération Barkhane à partir d'août 2014.
Les derniers militaires morts au champ d'honneur remontaient au mois d'avril, quand trois soldats avaient été tués par l'explosion d'une mine au passage de leur véhicule blindé, aux abords de la ville de Tessalit, également dans le nord du Mali, où l'Etat Islamique soutient les opposants touaregs.

Six soldats français ont pour leur part été blessés légèrement dans des conditions similaires le mois dernierLes groupes djihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali en ont été en grande partie chassés, à la suite de l'intervention militaire française Serval en 2013, avait-on officiellement assuré.

A la vérité, des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et françaises qui se mettent en valeur dans les périodes de calme, mais qui se déclarent membres de l'ONU (Minusma, Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) en cas de malheur.
Un accord de paix supposé isoler définitivement les djihadistes a été signé en mai-juin 2015, mais son application accumule les retards. Le 29 juin 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé jusqu'au 30 juin 2017, le mandat de la mission de l'ONU au Mali (Minusma) en lui assignant une priorité stratégique d'aider le gouvernement malien à appliquer l'accord de paix conclu il y a un an avec des groupes armés du Nord, à rétablir son autorité sur le nord et le centre du pays, et à organiser des élections crédibles.
L'opération française Barkhane contre les djihadistes

Lancée le , à la suite des opérations Serval et Épervier, elle s'étend sur cinq pays (Mali, Mauritanie, Tchad, Niger et Burkina Faso) du Sahel  (qui s'étend de l'Atlantique à la mer Rouge). Elle doit procéder à une "montée en gamme" avec la fin de la saison des pluies, fin octobre-début novembre, avait expliqué le mois dernier le porte-parole des armées, le colonel Patrick Steiger, chef de corps, depuis 2013, du 3e Régiment d'infanterie de Marine (Rima) à Vannes.

jeudi 24 juillet 2014

Un avion d'Air Algérie abattu au nord du Mali

51 Français à bord: représailles islamistes ?

Ansar Dine s'est-il inspiré du "crash" de l'avion M17 de Malaysia Airlines abattu par erreur en Ukraine ?

Laurent Fabius déclare que l'avion "s'est probablement écrasé". Tout seul, les conditions météorologiques étant mises en cause. Pour le criminologue Alain Bauer, "le contexte de la météo difficile dans le secteur traversé par l'avion rend l'hypothèse de l'accident la plus plausible". Mais il pointe du doigt les contrôles de sécurité parfois poreux de l'aéroport de Ouagadougou...2014 sera une année noire pour le transport aérien avec déjà plus de 730 décès contre 210 en 2013. La multiplication des crashs ces derniers jours, ne doit pas faire oublier que l'avion reste le moyen de transport le plus sur au monde, avec un accident pour 2,4 millions de vols en 2013.

La zone du "crash" présumé se situe à proximité de Gao, Mali


La présence des troupes françaises de l'opération Serval au nord du Mali permet d'évoquer la possibilité d'un attentat, hypothèse actuellement murmurée, mais rejetée. "Un an après 'Serval', les djihadistes sont de retour au Mali", ceux que la France était censée avoir chassé, titrait Le Monde déjà en février. Les djihadistes ont repris pied dans un certain nombre de zones, réparties sur l'ensemble du nord du Mali. Le Monde signalait une série d'incidents contre les forces françaises, tchadiennes ou maliennes – sous forme d'attentats-suicides, de tirs de roquettes ou d'armes légères, de pose de mines – ne laissaient pas d'inquiéter, alors que la force internationale au Mali, la Minusma, a pourtant déployé 6.000 hommes sur le terrain.
Le 20 février, près de Tessalit, un hélicoptère français de reconnaissance a été touché par plusieurs balles tirées du sol. Un membre de l'équipage a été blessé. L'appareil a pu se poser, mais la rumeur qu'il avait été abattu n'a pas été longue à se propager jusqu'à Bamako. (lien)

Des pourparlers sont en outre en cours entre une délégation touareg et les autorités locales.
Où sont passés les missiles sol-air 
Ansar Dine, dirigé par le chef touareg Iyad ag Ghali, est aujourd'hui le plus visible sur le terrain. Ses membres se sont réinstallés dans leur zone d'influence traditionnelle au nord de Kidal, près de la frontière algérienne.

Tinzawaten, côté algérien, l'autre fief d'Ansar Eddine et des autres groupes islamistes, s'avère être une base importante dans le cadre du retour des djihadistes au Mali. A Tassissat, à 30 km au nord ouest de Abeybera, s'était tenue la réunion d'AQMI déclenchant la campagne d'assassinat contre les "collabos" des Français.

Il a pu aussi se trouver un passager "malveillant": une action terroriste à l'intérieur de l'avion apparaît plus vraisemblable.

L'Elysée se flatte de sa réactivité par l'installation "immédiate"d'une ...cellule de crise !

jeudi 31 octobre 2013

Otages d’Arlit : dessous d'une rançon versée

Le déni d'un Etat souverain qui délègue et paie à un étranger

L'Etat n'a pas versé d'argent "public" aux otages, selon Fabius

Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret sont arrivés, mercredi 30 peu avant midi, à Parisaprès trois ans de détention, et autant de mois de négociations, à compter du 16 septembre 2010, date de la capture de cinq Français, avec un Togolais et un Malgache, tous salariés d'Areva et de Satom (groupe Vinci), une opération de récupération de huit jours en octobre 2013 et le versement d'une rançon aux islamistes d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).
Les ravisseurs avaient demandé à la France de négocier le sort de ses otages directement avec Ben Laden et exigé le retrait de ses troupes d'Afghanistan: Oussama Ben Laden liait la libération des otages français au retrait des forces françaises en Afghanistan, qui permirent la libération de Françoise Larribe, malade d’un cancer.

Le 24 février 2011, la France obtient la libération de trois otages des sept otages retenus au Mali. La remise des otages, la Française Françoise Larribe, malade d'un cancer, un Togolais et un Malgache, a déjà lieu en "territoire nigérien".

Les dix-huit hommes, des Français et des touaregs, qui les ont récupérés à l'extrême nord-ouest du Mali, près des frontières mauritanienne et algérienne, ont quitté, le 21 octobre, la petite ville de Kidal, au coeur du Sahel, à bord de plusieurs véhicules
.

Le plan initial prévoit un retour entre les vendredi 25 et dimanche 27 au soir.
Le 20 octobre, l'armée française et les Bérets Bleus des Nations-Unies ont lancé une vaste opération de sécurisation depuis le sud vers l'extrême nord désertique du Mali, une zone infestée de groupes djihadistes.
Les ravisseurs devaient d'abord
regrouper les quatre otages qui avaient été séparés au mois de juillet. Puis de les laisser, seuls, deux ou trois jours, dans un endroit sécurisé avec de l'eau et de la nourriture. A un autre endroit, les preneurs d'otages devaient ensuite échanger l'argent contre les coordonnées GPS permettant de localiser les quatre Français. Le convoi est revenu à Kidal le mardi 29 octobre d'où les ex-otages se sont envolés pour Niamey, la capitale du Niger.
Apparemment en bonne santé, les quatre derniers otages français d'Arlit au Sahel ont été accueillis à Niamey, par les ministres français de la Défense et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius.

"Ni assaut, ni rançon" ! 

Le 21 mars 2011, les ravisseurs avaient fixé le montant de la rançon à "au moins 90 millions d'euros" et cette exigence avait été rejetée par la France. 

La veille de leur départ de Kidal,
des membres de la DGSE auraient remis la "contrepartie" à la libération des otages, " plus d'une vingtaine de millions d'euros" avoués, confiés aux membres du convoi, selon une source française bien informée. Pour les quatre derniers otages, les islamistes d'al-Qaïda ont-ils accordé un prix ? 

Hollande brouille les cartes 

L'arrivée du socialiste à l'Elysée rebat les cartes et ouvre une année d'incertitudes,
suivie de six mois de tractations ponctuées de négociations parallèles, de luttes entre des réseaux franco-français et d'une volte-face du président Hollande.
L'heureux épilogue de cette semaine trouve son origine au mois de décembre 2012. L'Elysée ordonne alors à Erard Corbin de Mangoux, le directeur de la DGSE, de "débrancher" un négociateur français qui alors tient encore le haut du pavé pour avoir fait libérer, en février 2011, les trois premiers otages d'Arlit. Jean-Marc Gadoullet, ex-DGSE reconverti dans la sécurité au Niger et au Mali, réactive ses contacts avec le groupe de ravisseurs dirigé par l'émir Abou Zeid.
Originaire d’Algérie, Abdelhamid Abou Zeid est le ravisseur qui a dirigé, en 2010, la prise d’otages à Arlit.  Considéré comme l’un des chefs les plus radicaux et impitoyables d’Aqmi, il est aussi l’un de ses idéologues d'alors.  Or, il a été tué début 2013 dans des combats à l’extrême nord-est du Mali contre les soldats français appuyés par des troupes tchadiennes dans le cadre de l’opération Serval. Mais Gadoullet n'obtient pas de meilleurs résultats ensuite, mais le conseil restreint de défense, à l'Elysée, le 29 décembre 2012, lui accorde néanmoins un répit jusqu'au 10 janvier, la veille du lancement de l'opération militaire française "Serval" contre les groupes djihadistes au Mali. Cette initiative aura pour effet de tout geler.

Les militaires prennent le pas sur le Renseignement 
Il faut attendre le mois de mai pour que soient relancées des négociations. Lors de l'opération Serval, la France compte un nouveau directeur de la DGSE, le diplomate Bernard Bajolet, Jean-Marc Gadoullet est officiellement écarté du dispositif, tout comme les entreprises qui employaient les otages.Le ministère de la Défense sous-traite la direction des opérations et soutient la solution présentée par Pierre-Antoine Lorenzi, un affidé de Laurent Fabiusnotamment, mais aussi de Michel Vauzelle à la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, puis comme chef de cabinet du garde des Sceaux quand celui-ci est nommé ministre de la Justice en avril 1992, et proche de Cédric Lewandowski, le directeur de cabinet de Jean-Yves Le Drian. Son parcours dans les cabinets ministériels ne lui interdisent pas de devenir le président de la société de sécurité Amarante, aujourd'hui sollicitée.

Ce "plan B" prend appui sur le Niger. Lorenzi travaille avec
Mohamed Akotey, homme de confiance du président nigérien, Mahamadou Issoufou. Il est également président du conseil d'administration d'Imouraren SA, la filiale Niger d'Areva - plus que jamais impliquée, donc - et neveu de Mano Dayak, un ex-chef rebelle touareg. Intermédiaire privilégié des groupes djihadistes de la région sahélienne, Mohamed Akotey était en relation avec Abou Zeid jusqu'à la mort de ce dernier, et a gardé le contact avec les lieutenants d'Abou Zeid.

Le Drian confie la direction du convoi français à un allié d'Abou Zied


Mohamed Akotey, 46 ans, figure touareg et ex-ministre nigérien, est en charge de la récupération des otages. 
Cet ancien étudiant en France appartient à la tribu des Ifoghas, un groupe touareg minoritaire au Niger, que l'on retrouve également au Mali voisin, notamment dans la zone de Kidal, et dont Iyad Ag Ghali, le chef du mouvement islamiste Ansar Dine (défenseurs de l'islam), est issu. "Ses relations composées d'ex-rebelles touareg maliens et des membres de la tribu Ifoghas ont été déterminantes dans la réussite de cette mission", estime Ibrahim Mohamed, un ex-chef rebelle nigérien.
Il commence par mener les pourparlers avec Choureb, le successeur d'Abou Zeid à la tête de la Katiba qui retient les Français. Selon un membre des services de renseignement français au Mali, il a aussi le contact avec Mokhtar Belmokhtar, l'un des chefs redoutés d'AQMI. Les relations avec les ravisseurs ne sont pas aisées. Les Français ont tué leur chef, mais ils veulent être payés.

Au cours du mois de mai, Jean-Yves le Drian se rend discrètemen tà Niamey pour valider l'option Lorenzi-Akotey auprès du président Issoufou. François Hollande donne son feu vert, mais, à partir de juin, le directeur de la DGSE, entame  ses négociations parallèles avec l'Etat nigérienDeux services, méthodes et réseaux s'opposent sur des questions de personnes mais aussi sur des points de doctrine. Selon une source au ministère de la Défense, M. Bajolet (DGSE), fidèle à la ligne fixée par le chef de l'Etat début 2013, défendrait une ligne de discussions sans versement de rançon pour la libération d'otages.

Transparence: la rançon a été prélevée sur des fonds secrets 

Fin juin, la situation se tend entre le président nigérien et la ligne Hollande suivie par la DGSE. Troublé par le double-jeu mené par Hollande et Bajolet dans le contrôle du processus engagé,  Issoufou décide de mettre ses moyens aériens au service du duo Le Drian-Lorenzi-Akotey pour poursuivre les négociations financières avec les ravisseurs.

Lorsque la partie nigérienne estime que la négociation est ficelée, le président Issoufou appelle son homologue français et lui présente les termes d'un accord. 

On peut les sortir mais il faut payer,
affirme le président nigérien. Aux abois à l'intérieur, François Hollande donne son accord, contredisant ses déclarations devant les familles des otages d'Arlit en janvier auxquelles il assurait que la France ne paierait plus. Il restera au secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, de mettre le directeur de la DGSE devant le fait accompli. 
L'argent a été prélevé sur les fonds secrets alloués aux services de Renseignement. La somme a été acheminée par la DGSE jusqu'à Kidal puis remise à Mohamed Akotey et aux hommes d'Amarante. Les services français apportent la logistique (voitures, armes, hélicoptères, avion). Amarante fournit les contacts locaux.

L'Elysée nie tout versement de "rançon"

Tout est dans les mots et les non-dits. Le ministère de la Défense, qui regrette en privé que le nouveau patron de la DGSE privilégie sa relation avec l'Elysée plutôt qu'avec son ministère de tutelle, a soutenu sans faille le duo Lorenzi-Akotey. 
Lors d'un entretien direct avec Hollande, le président nigérien a fait valoir qu'en retour, son aide pourrait lui valoir un coup de pouce dans ses négociations avec Areva. L'entreprise publique française refusait en effet jusqu'ici les termes financiers proposés par Niamey pour renouveler sa concession d'exploitation d'uranium avant la fin de l'année.

Bajolet et Lewandowski ont refusé de confirmer toute entente. L'Elysée a démenti à nouveau tout versement de rançon, mercredi.
Dès l'arrivée à l'aéroport de Villacoublay des quatre Français détenus au Niger, les ministres Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius ont donc été pressés de questions sur les conditions mises à la libération des quatre hommes.

Le Monde affirme, mercredi 30 octobre, qu'une rançon de plus de 20 millions d'euros a bien été versée, le ministre des Affaires étrangères a répondu, sur le plateau de TF1, qu'aucun "argent public" n'a été versé pour obtenir la libération des quatre otages. "Pour ce qui dépend de l'Etat français, il n'y a pas eu d'argent public versé", a maintenu Fabius. Selon l'article du Monde devenu inaccessible,la somme qui a servi à payer la rançon a été prélevée sur les fonds secrets alloués aux services de Renseignementrappelons-le
Le ministre a par ailleurs éludé les questions sur des versements d'argent d'un groupe privé, notamment d'Areva, l'employeur des quatre hommes, ou Vinci.

Interrogé sur France 2, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a lui aussi esquivé les questions, se contentant de répéter la ligne officielle selon laquelle "la France ne paye pas de rançon".

Le régime socialiste de Hollande instaure la transparence floue. 

dimanche 3 février 2013

Hollande va frapper les islamistes à la frontière algérienne

Mali: frappes massives près de Kidal, au lendemain de la visite de Hollande

Rien n'arrête plus notre Scipion-l'Africain

L'armée française a pillonné dimanche la région de Kidal, dernier fief des terroristes islamistes armés dans l'extrême nord-est du Mali, près de la frontière algérienne, cinq semaines après sa  visite à Bouteflika, et au lendemain de la visite triomphale du président français de substitution  à DSK au président malien par intérim. 

Le libérateur du Mali libérera-t-il les otages français ?

C'est en effet autour de Kidal, dans le massif des Ifoghas, que seraient détenus les sept otages français au Sahel, selon Paris. Evoquant brièvement leur sort samedi, François Hollande a jugé que "les ravisseurs doivent comprendre que le moment est venu de libérer les otages", ajoutant que les forces françaises au Mali en étaient désormais "tout près".

La zone de Tessalit a été la cible"d'importantes frappes aériennes"

Les avions Rafale de Dassault sont entrés en action, à 200 km au nord de Kidal, aux confins de l'Algérie, dans la nuit de samedi à dimanche selon le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Thierry Burkhard.

Il a précisé que ces bombardements visaient "des dépôts logistiques et des centres d'entraînement" des islamistes armés liés à Al-Qaïda, un peu plus de trois semaines après le début de l'intervention militaire française.

Une bonne partie des chefs et des combattants des groupes islamistes serait concentrée dans cette vaste zone de montagnes et de grottes autour de Kidal, selon des experts et des sources de sécurité régionales.

Parmi eux, se trouveraient l'Algérien Abou Zeïd, un des émirs les plus radicaux d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un ex-rebelle touareg malien arabe des années 1990, originaire de Kidal qui connaît parfaitement la région.

Les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) ont d'ailleurs affirmé samedi avoir eu vendredi "un accrochage" avec une unité d'islamistes dans la région de Tessalit, qui s'est conclu par "l'arrestation de plusieurs jihadistes".

Avant que les frappes françaises autour de Tessalit ne soient connues, le ministre malien des Affaires étrangères, Tièman Hubert Coulibaly, avait souhaité que l'opération française se poursuive au Mali, "d'autant que la dimension aérienne est très importante", "face à des combattants aguerris dont il faut détruire l'arsenal", dans un entretien à l'hebdomadaire français Le Journal du Dimanche.

Samedi, le chef de l'Etat français a dénoncé avec force la "barbarie" des terroristes islamistes armés en visitant la cité emblématique de Tombouctou, mutilée par les jihadistes.
"Papa François Hollande", comme l'ont surnommé les habitants de Tombouctou, "petit père du peuple"  "frère de tous les Maliens et ami sincère de l'Afrique", selon le président malien par intérim Dioncounda Traoré  a fait la promesse aux Maliens que la France n'a pas encore "terminé sa mission" face aux "terroristes" et assuré que les soldats français seront au côté des militaires maliens pour, "plus au Nord, finir cette opération" de reconquête de l'intégrité territoriale du pays.

L'assaut de la ville de Konna a fait des victimes civiles

Lors de la guerre au nord du Mali entre le 10 au 17 janvier 2013, trois femmes et un enfant ont été tués par un bombardement, selon le maire de la ville, et au moins 11 civils ont été tués lors des combats
Amnesty International déclare avoir réuni les preuves établissant qu'au moins 5 civils dont 3 enfants ont en fait été tués par les avions français dans les bombardements du 11 janvier. 71 personnes, blessées lors des combats à Konna, sont envoyés à l'hôpital de Mopti.
Un pilote d'hélicoptère Gazelle français a également été tué: le lieutenant Damien Boiteux fut mortellement blessé le 11 lors de l'attaque des colonnes de véhicules.

Selon des habitants, plusieurs prisonniers de guerre islamistes ou des suspects ont été tués par des soldats maliens dans des camps militaires à Sévaré, parmi lesquels des blessés pris à Konna, des témoins évoquant notamment un charnier de 25 à 30 corps ou des cadavres jetés dans des puits
D'après Human Rights Watch, au moins 13 personnes ont été exécutés sommairement par des soldats maliens et 5 autres ont disparu entre le 9 et le 18 janvier à Sévaré, Konna et les villages environnants.

A Kidal, on ne veut "pas de guerre"

Si les deux principales villes du nord du Mali, Gao et Tombouctou, ont été reprises, quasiment sans combats, aux islamistes armés qui occupaient ces régions depuis des mois, la situation est très confuse "plus au Nord", autour de Kidal, et du massif des Ifoghas.
Kidal, à 1.500 km de Bamako, a longtemps été le bastion d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un des groupes armés qui a multiplié les exactions dans le Nord malien.

Mais, avant même l'arrivée dans la nuit du 29 au 30 janvier de soldats français qui ont pris le contrôle de l'aéroport de la ville, elle était passée sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, groupe dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg).
Ces deux groupes ont assuré la France de leur soutien, mais ils ont exigé qu'aucun soldat malien, ni ouest-africain, ne soit déployé à Kidal, berceau traditionnel des rébellions touareg contre le pouvoir de Bamako, craignant notamment des exactions d'éléments noirs visant les communautés arabe et touareg.
De telles exactions visant ces ethnies, assimilées aux groupes islamistes armés, ont été rapportées dans le centre et le nord du Mali par plusieurs ONG. Samedi, François Hollande et Dioncounda Traoré ont prôné ensemble une conduite "exemplaire" de la part de leurs soldats.

Avions de combat Rafale
De nouveaux renforts français sont arrivés samedi à Kidal par avion, selon des habitants. Et des soldats tchadiens (pays non membre de l'Afrique de l'Ouest) ont commencé à se déployer en ville.

Selon plusieurs témoignages d'habitants, militaires français et tchadiens ont patrouillé pour la première fois samedi dans les rues de Kidal. Des Tchadiens ont même été aperçus sur le marché de la ville, en train de faire des courses.
Le contingent tchadien à Kidal serait d'environ 150 soldats, selon des témoins.

Sur place, la population semble anxieuse
"On ne sait pas ce qui va se passer. Nous ne voulons pas de guerre ici", résume un ancien fonctionnaire de la mairie de Kidal, joint par téléphone.
Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a rapporté mardi que des centaines de personnes ont fui Kidal pour se rapprocher de l'Algérie, en dépit du fait que la frontière soit officiellement fermée.

De leur côté, les Etats-Unis ont rappelé dimanche qu'ils n'ont eu "aucune hésitation" à soutenir la France
A défaut de troupes, ils fournissent notamment des renseignements et des avions ravitailleurs, dans son opération au Mali, alors que le vice-président Joe Biden est attendu dimanche à Paris, où il doit rencontrer François Hollande.

L'Egyptien Morsi n'a plus qu'à bien se tenir !


mardi 15 janvier 2013

Mali: les islamistes mobilisent les salafistes de France

Des djhadistes du Mali veulent pouvoir "frapper le coeur de la France."

Le juge d'instruction antiterroriste Marc Trevidic commente ces menaces pour le Nouvel Observateur et tente de rallier l'opinion française à l'entreprise de guerre du gouvernement, fer de lance isolé du combat contre l'invasion islamiste du Mali. L'ingérence française est-elle en train de tourner en opération médiatique accréditant l'idée d' ...auto-défense ?

En octobre, le juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic observait déjà des "frémissements de départs" de djihadistes français vers le Mali, dont le nord est contrôlé par des groupes islamistes armés. Après que François Hollande a décidé, vendredi dernier, de lancer l'intervention des forces françaises au Mali, sans consulter le Parlement, "le Nouvel Observateur" a questionné Marc Trevidic, lundi 14 janvier.

Certains responsables djihadistes affirment qu'ils vont "frapper le cœur de la France". Qui sont-ils et quel crédit donner à leurs menaces ?
- Ce sont les chefs des groupes locaux au Mali qui font, à mon avis, plus un appel aux djihadistes ou aux salafistes en France pour essayer de faire quelque chose qu'ils n'ont pas réellement la possibilité d'organiser eux-mêmes. C'est pour cela qu'ils diffusent cela dans la presse et sur Internet. C'est un message, une manière de dire "la France est notre ennemie. Tapez là", mais ce n'est certainement pas eux qui, actuellement, sont capables d'organiser quoi que ce soit depuis le Mali.
Ils s'adressent finalement à leurs sympathisants sur le territoire français. Il ne faut pas croire qu'ils puissent eux-mêmes organiser vraiment quelque chose alors qu'ils sont en pleine guerre, qu'il y a des frappes françaises, etc. Il y a déjà pour l'heure suffisamment de problèmes à résoudre au Mali. Pour organiser l'exportation du terrorisme sur un autre territoire, il faut être un groupe puissant et disposer d'un peu de temps. C'est très compliqué et donc, trop tôt pour l'instant. C'est surtout un appel à la "bonne volonté" de leurs sympathisants sur le territoire français.
De quels "sympathisants" s'agit-il ?
- Ceux qui, simplement, partagent leur idéologie. On a quand même des groupes qui se sont constitués et ont déjà envoyé certains de leurs membres au Mali. Ce sont ces gens-là auxquels on demande de faire quelque chose puisqu'ils ont montré une sympathie pour le djihad au Mali.

Hollande a déclaré que la France n'avait "pas d'autre but que la lutte contre le terrorisme". Le Directeur général de la police nationale, Claude Baland, dit que la menace est "réelle." Et le plan Vigipirate a été renforcé. Qu'en penser ?
- Le plan Vigipirate est un élément parmi d'autres qui permet de renforcer les contrôles et d'éviter des actes isolés comme celui d'une personne qui passerait à l'acte sur un coup de tête. Mais on sait très bien que la vraie lutte contre le terrorisme se fait par la surveillance des groupes ou des groupuscules qu'on a déjà repérés et dont on sait qu'ils peuvent être potentiellement dangereux. On sait que cela fait plusieurs mois que les services français se sont occupés d'essayer de voir dans les groupes salafistes ceux qui ont des connexions avec le Mali et qui pourraient éventuellement passer à l'acte. Ce travail a déjà été fait en amont en grande partie.
[Il est toutefois paradoxal qu'une ancienne puissance coloniale puisse intervenir sans mandat de l'ONU ni vote parlementaire, et qu'aussitôt une ou plusieurs associations ne s'insurgent ! Le Mouvement de la Paix s'est-il manifesté ? A gauche, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a jugé "discutable" l'intervention de l'armée française, tout comme Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)]

Où en est la surveillance d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) au Mali depuis l'affaire Merah ?
- Aqmi est tout de même un peu en retrait au Mali. Ce sont en grande partie des Algériens qui regardent un peu ça de loin. Les groupes locaux, Ansar Dine et Mujao, sont beaucoup plus actifs et composés de population locale, des Sénégalais et des Nigériens. Des messages de menaces contre la France comme celui que vous avez cité ("frapper le cœur de la France", ndlr), Aqmi en fait depuis longtemps. Ça n'a rien de nouveau. Ce qui est nouveau, en revanche, c'est que ces messages viennent à présent également de ces autres groupes qui sont beaucoup plus locaux et sont plus, quelque part, des scissions d'Aqmi.
Aqmi est notre ennemi depuis longtemps. Droukdel (Abdelmalek Droukdel, chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, ndlr) a plusieurs fois menacé la France dans des termes à peu près identiques, notamment après la mort de Germaneau (humanitaire français tué en 2010 qu'Aqmi a annoncé avoir exécuté, ndlr). Il faut se souvenir qu'il avait dit "qu'on allait le payer, qu'on creusait nos propres tombes", un langage qu'on retrouve à présent dans la bouche d'autres groupes.

Vous avez évoqué dans une interview au "JDD" un dossier qu'on vous a confié concernant trois jeunes Français de 20 ans voulant aller faire le djihad en Afghanistan et au Mali. Des jeunes Français partent-ils faire le djihad au Mali ? Sont-ils nombreux ?
- Oui, il y en a, mais de là à dire qu'ils sont nombreux... Il y a surtout des petits groupes qui se créent avec des gens qui veulent faire le djihad et ne savent pas la destination qu'ils vont prendre. Maintenant ils le savent. Ils ont voulu aller au Yémen, et finalement leur choix se porte sur le Mali parce qu'on leur a dit "ça y est la charia y est appliquée" et que le Mali allait être attaqué, c'est pour ça qu'il y a cet attrait pour le Mali. Il y a toujours une volonté de faire le djihad quelque part, mais les endroits changent; il y a des lieux de djihads "à la mode", pour différentes raisons. Aujourd'hui, c'est le Mali. Hier, c'était le Waziristan [région montagneuse du nord-ouest du Pakistan]. Ça se déplace, en touchant finalement la même population extrémiste qui veut aller à tout prix faire son djihad.
[Ainsi la France se désengage-t-elle à grands frais de l'Afghanistan pour engager nos forces vives au Mali. Pour Hervé Gattegno dans Le Point, " Non, il n'y a pas de guerre sans arrière-pensées ! " et l'intervention militaire lancée par Hollande au Mali contre les islamistes a pour but de maintenir l'influence française en Afrique. Plutôt que du risque d'enlissement, la classe politique considère que François Hollande, chef de guerre, pourrait être le seul bénéficiaire de cette intervention militaire]

 Il s'agit donc de petits groupes isolés ?

- Ce sont en effet de petits groupes. On n'a pas détecté aujourd'hui de grosses structures en lien avec le Mali. Tout cela est beaucoup trop neuf. Ça va vraiment très vite. Il ne s'est pas mis en place de filières très sophistiquées. C'est plus l'initiative de petits groupes de copains.

Comment sont recrutés les djihadistes qu'on peut trouver au Mali ?
- Le milieu ambiant compte toujours, les amis que vous avez autour de vous dans des milieux plus ou moins salafistes. Il y a aussi Internet, et cette propagande très fine qui montre des images de musulmans victimes, des images de guerre à la gloire des moudjahidines... Le choc de l'image est très important pour les jeunes, notamment pour les mineurs. Après, si on voit qu'ils vont souvent sur ces sites, ils seront contactés par messagerie privée, et on verra jusqu'où on peut les embrigader. C'est un peu la voie royale aujourd'hui.
Où en est-on en matière de lutte contre le terrorisme et particulièrement par rapport au Mali ?
- L'idée a été de se dire que si ces groupes djihadistes et leur idéologie très violente prenaient Bamako, une ville de 2 millions d'habitants, ils seraient indélogeables. Il fallait donc aller plus vite. Maintenant, on a au moins l'impression que la partie est engagée, qu'on maîtrise quand même plus ou moins ce qu'il se passe. Du travail a été réalisé en amont sur le territoire français, donc on n'a pas l'impression pour l'instant d'être débordés. Maintenant, l'avenir nous dira leur degré de résistance, leur degré de réponse à cette situation-là. On ne peut pas trop prévoir comment ça peut tourner.

Au final, le juge anti-terrorisme ne livre aucune information nouvelle et utile: l'entretien ne sert qu'à justifier l'interventionnisme français mais le Nouvel Observateur participe ainsi au formatage de l'opinion française.
Un sondage devrait suivre...

samedi 30 juin 2012

Mali: les islamistes détruisent des mausolées de Tombouctou

Et si toutes les civilisations ne se valaient vraiment pas ?

Culture, civilisation ou fanatisme

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait-il fait fort sur  RTL : "Toutes les civilisations de se valent pas.  J’exprime ce que je pense c’est tout. Cela veut dire que pour nous que tout ne se vaut. Aux vues de leurs réactions, pour la gauche tout se vaut. Nous refusons à la différence de la gauche le communautarisme c’est une grosse différence avec le PS  (…) Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas (…) Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient (…) Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique".

Des combattants d'Ansar Dine, mouvement islamiste lié à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ont détruit samedi plusieurs mausolées de Tombouctou, ville du nord du Mali classée cette semaine au Patrimoine mondial en péril de l'UNESCO, rapportent des témoins.

Bamako avait fait la demande de classement après la prise en avril des deux tiers nord du pays par les séparatistes touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) alliés à des islamistes. Ces derniers jugent les mausolées soufis impies.
"Ils ont déjà complètement détruit le mausolée de Sidi Mahmoud (Ben Amar) et deux autres (Sidi el Moktar et Alfa Moya). Ils disent qu'il vont continuer toute la journée et détruire les 13 autres", a déclaré le journaliste malien Yeya Tandina, joint par téléphone, évoquant tous les tombeaux de saints qu'abrite la ville.
"Ils sont armés et ont encerclé les sites avec des pick-up. La population regarde impuissante", a-t-il ajouté. "Il semble qu'il s'agisse d'une réaction directe à la décision de l'UNESCO", a quant à lui indiqué le député local Sandy Haidara. "Dieu, il est unique. Tout ça, c'est 'haram' (interdit en islam). Nous, nous sommes musulmans. L'UNESCO, c'est quoi ?", a déclaré un membre d'Ansar Dine.

Samedi, Yeya Tandina a indiqué que l'attaque menée par les combattants d'Ansar Dine avait pris fin.
Le MNLA a profité de la confusion qui a suivi le coup d'Etat militaire du 22 mars à Bamako pour s'emparer des deux tiers du nord du Mali avec l'aide d'Ansar Dine, mais des dissensions sont ensuite apparues entre les deux mouvements.
Les séparatistes touaregs ont proclamé l'indépendance de la zone, mais les djihadistes ont récusé l'initiative et se sont engagés à poursuivre leur combat pour l'instauration de la "charia" (loi coranique) dans tout le pays. Mieux armés, ces derniers ont désormais pris le dessus.
"Le mausolée (de Sidi Mahmoud) n'existe plus et le cimetière est aussi nu qu'un terrain de football", a déploré un enseignant nommé Abdoulaye Boulahi.

"Des scènes choquantes"

"Une trentaine d'entre eux démolissent tout avec des pioches et des houes. Ils ont leurs Kalachnikovs en bandoulière. C'est un spectacle très choquant pour la population de Tombouctou", a-t-il souligné.

Irina Bokova, directrice générale de l'UNESCO, a parlé de nouvelles "extrêmement angoissantes".
"Il n'y a aucune justification à la destruction aveugle et j'appelle toutes les parties impliquées dans le conflit à mettre fin à ces actes terribles et irréversibles", dit-elle dans un communiqué.

Dénonçant des actes "intolérables", la France a également condamné "la violation systématique de ces lieux de recueillement et de prières, qui représentaient depuis des siècles une partie de l'âme de cette prestigieuse cité sahélienne", indique Bernard Valéro, porte-parole du ministère des Affaires étrangères d'un Etat laïc.

Située en bordure du désert à un millier de kilomètres au nord-est de Bamako, "la Cité des 333 saints" est inscrite au Patrimoine mondial par l'UNESCO depuis 1988.
Haut lieu du commerce africain, où affluaient les caravanes de sel venues du Nord et les esclaves ou l'or du Sud, Tombouctou a connu son apogée au XVIe siècle. La ville est alors devenue un grand centre intellectuel de l'islam.
Ses trois grandes mosquées -Djingareyber, Sidi Yahiya et Sankoré- témoignent de cet âge d'or, tout comme les milliers de manuscrits, dont certains remontent à l'époque pré-islamiques, qui sont conservés par les grandes familles locales.
Dans le communiqué annonçant le classement au Patrimoine mondial en péril, l'UNESCO invite les pays voisins du Mali à "tout mettre en oeuvre pour prévenir le trafic d'objets culturels en provenance de ces sites".

L'Union africaine a invité début juin le Conseil de sécurité de l'ONU à autoriser une intervention militaire pour rétablir l'ordre dans le Nord, mais les Etats membres ont réclamé des précisions.
Le Nigeria, le Niger et le Sénégal se sont dits prêts à fournir l'essentiel de la force de 3.300 hommes qui pourrait y être déployée.