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samedi 7 mars 2015

Attentat terroriste à Bamako, Mali: trois Européens et deux Maliens abattus dans un restaurant européen

Défi à Hollande

Une attentat contre un restaurant européen de Bamako a fait cinq morts dans la capitale malienne.

Trois Blancs, dont un Français et un Belge, et deux Maliens,  ont été assassinés dans la nuit de vendredi à samedi, ont annoncé la police et une source hospitalière. Dans un communiqué en langue de bois, l'Elysée dénonce "avec la plus grande force le lâche attentat" commis à Bamako et annonce que le président Hollande va "offrir l'aide de la France" au président malien Ibrahim Boubakar Keïta, qui était présent à Paris le 11 janvier 2015 pour l'hommage aux 17 victimes des attentats par des djihadistes français, a indiqué la présidence française.
"Au moins un homme armé est entré peu après minuit heure locale dans le restaurant La Terrasse", explique -de toute évidence- la police malienne... Au vu des victimes au sol, la police conclut tout aussi finement qu' "il a ouvert le feu," dans ce lieu de convivialité situé dans un quartier de la capitale malienne apprécié des expatriés.

"C'est une attaque terroriste, même si nous attendons des précisions." 

Selon un bilan provisoire, il y a quatre morts: un Français, un Belge et deux Maliens", a d'abord déclaré un policier. 
Mais un troisième Européen, dont la nationalité n'a pas pu être établie, est mort lors de son admission, révèle  une source à l'hôpital Gabriel Toure de Bamako. 

De plus, huit personnes ont été blessées, selon cette source hospitalière.
Paris a confirmé la probabilité du décès d'un Français. "ll y a très vraisemblablement un Français, en cours d'identification, parmi les cinq victimes ayant trouvé la mort. Il n'y aurait pas de Français, en revanche, parmi les blessés, mais des vérifications sont en cours", indique le communiqué de la présidence. 

Valls est encore monté dans les cintres

pour manier l'hyperbole



Un homme et une femme ont ouvert le feu avec des armes de gros calibre, selon  Le Combat, un quotidien de Bamako, sur son site web.  Selon cette source, un troisième assaillant montait la garde à l'entrée du restaurant, mais cette information n'a pas encore été confirmée.
Selon ce même quotidien, des témoins ont déclaré avoir vu les agresseurs s'échapper dans au moins deux véhicules, une Mercedes noire et une BMW.


Contraste: froideur proche de l'indifférence chez Fabius


Des pompiers ont sorti sur une civière le corps d'un Français tué dans l'établissement La Terrasse, un restaurant-nightclub situé dans le quartier très fréquenté de l'Hippodrome. Dans une rue voisine du bar, le corps d'un policier malien et celui du gardien d'un domicile privé gisaient au sol, alors qu'un peu plus loin le corps d'un ressortissant belge était également visible. Des dizaines de policiers ont bouclé le secteur, et les rares témoins directs de l'événement refusaient de témoigner par peur de représailles.

Bartolone prépare son retour dans le 9.3...



L'ambassade de France à Bamako a adressé un message conseillant "la prudence" à tous les ressortissants français vivant dans la capitale malienne.

Les Maliens en colère contre la France


La visite du premier ministre malien Moussa Mara à Kidal en mai 2014 – la première d’un officiel malien de haut rang depuis le début des troubles en janvier 2012 – a été l’occasion d’un déchaînement de violence qui a fait plusieurs dizaines de morts. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, organisation politique et militaire majoritairement touarègue, active au Nord du Mali), qui contrôle de fait la ville avec la bénédiction de la France et des forces des Nations Unies (MINUSMA) a en effet considéré cette visite comme une provocation et a attaqué la délégation gouvernementale sans que ni Serval ni la MINUSMA ne lève le petit doigt pour le protéger.

Le Mali se retrouve donc de fait en guerre contre le MNLA et après avoir massé des troupes autour de la ville de Kidal– on parle de 1.500 hommes – est passé à l’offensive, apparemment sans grand succès.
Rare au Sahel, le serval est amical
et facile à domestiquer
Les tragiques événements de mai 2014 sont la conséquence directe des décisions prises par la France et par son Président et suscitent la colère de la population malienne.En effet, après avoir laissé son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, effectuer des purges rigoureuses au sein de la direction Afrique du Quai d’Orsay, François Hollande a abdiqué tout pouvoir devant les militaires et les services spéciaux qui règnent désormais en maîtres au Sahel. Hollande a clairement a tout perdu en croyant pouvoir s’appuyer sur le MNLA pour conduire le combat contre AQMI, récupérer les otages français du Sahel et rétablir la paix au Mali. Le serval, rappelle un leader politique de premier plan à Bamako, a pour principale caractéristique de pisser toutes les deux minutes pour marquer son territoire. Les Français ont pissé partout... Aujourd'hui, Hollande se pisse dessus.

L'armée française est supposée assurer le maintien de la sécurité

L'ambassade de France dit qu'elle "a constitué une cellule de crise, averti les Français dès cette nuit et renforcé la sécurité de nos implantations en liaison avec les autorités maliennes", a précisé la présidence française soucieuse de justifier sa présence au Mali et son assistance au régime. 
Le parti du président IBK, le Rassemblement pour le Mali, est membre observateur de... l’Internationale socialiste. Hollande "va s'entretenir avec le président du Mali Ibrahim Boubakar Keïta pour lui témoigner sa sympathie, son amitié et lui offrir l'aide de la France", déclare le communiqué.

Depuis le "printemps arabe" et la chute des pouvoirs forts du Proche-Orient, le Mali, qui est le théâtre d'affrontements ethniques et d'une insurrection islamiste, tente de retrouver la stabilité et la paix depuis un coup d'Etat en 2012.
Des djihadistes liés à al-Qaïda -sunnite fondamentaliste- contrôlent encore  une grande partie du territoire, après plus de neuf mois de liberté de nuire et malgré une intervention militaire française qui les a  repoussé au nord du pays. L'argent qui permet aux terroristes d'Al-Qaïda de mener leurs combats provient en grande partie de riches et pieux donateurs privés -salafistes fondamentalistes- vivant dans la péninsule arabique, Arabie saoudite ou Qatar.


dimanche 13 juillet 2014

Après l'opération Serval au Mali, Hollande voit plus grand avec Barkhane

L'ingérence française s'étend du Mali au Sahel

L'opération française Serval au Mali sera remplacée dans les jours qui viennent par l'opération Barkhane
Lancée le 11 janvier 2013 pour stopper la progression des islamistes armés et soutenir les troupes maliennes, l'opération Serval est « terminée de fait ».
L'opération française Serval au Mali est déclarée terminée mais Hollande enchaîne avec l'opération "Barkhane" pour lutter contre le terrorisme dans l'ensemble du Sahel, avec "3.000 militaires en tout", a annoncé dimanche le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.
"Le président de la République a souhaité qu'il y ait une réorganisation de nos forces dans la zone" du Sahel, avec "l'opération Barkhane", du nom d'une dune de la forme d'un croissant allongé dans le sens du vent. Son objectif est essentiellement du contre-terrorisme" dans toute la région, a-t-il déclaré lors de l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-Le Monde-i-télé.

Lancée le 11 janvier 2013 pour stopper la progression des islamistes armés et soutenir les troupes maliennes, l'opération Serval est officiellement "terminée de fait", a-t-il affirmé. "L'opération contre le terrorisme a été menée à bien, avec une grande efficacité", tellement bien qu'il faut élargir la zone de combat malgré "beaucoup d'élimination" de terroristes "et beaucoup de stocks d'armes repris", insiste Le Drian.

L’élimination du colonel Kadhafi, qui maintenait la paix au Sahara ou au Sahel, c'est un adversaire en moins pour AQMI qui a reconstitué ses stocks d’armes. Alors que les rivalités dans le nord du Mali menacent toute la région, le terrorisme et la criminalité ajoutent à la confusion. La rébellion touarègue est ainsi un "dégât collatéral de la crise libyenne". De son côté, le MNLA — qui semble avoir rompu avec Ançar Dine - se défend de faire cause commune avec AQMI : "Les actes d’AQMI polluent notre territoire et ont perduré à cause des autorités à Bamako. Nous disons à la communauté internationale : "Donnez-nous l’indépendance et ce sera la fin d’AQMI au Mali."

Des centaines de membres de la secte islamiste Boko Haram se sont réfugiés au Niger et au Tchad. Les miliciens islamistes shebab, en Somalie, aux prises avec les armées kényane et éthiopienne, risquent d’essaimer vers le Sahel. Le Mouvement pour la justice et l’égalité de Gibril Ibrahim est tenté de reprendre les armes au Darfour. Dans le nord de la Centrafrique, le "général" Baba Laddé, à la tête d’un Front populaire pour le redressement, prétend renverser le président tchadien Idriss Déby Itno et appelle à une grande alliance entre Touaregs, AQMI, Sahraouis du Front Polisario, etc.

L’Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso ont vu arriver du Mali deux cent mille réfugiés fuyant les combats dans le Nord. Combien en France?

Une opération d'envergure

"Maintenant il y a le souci pour nous et pour les pays de la zone de veiller à ce qu'il n'y ait pas de recrudescence" du terrorisme, admet-il, avouant que Serval n'a pas permis d'éradiquer le mal car "il y a toujours des risques majeurs de développement de djihadistes dans la zone qui va de la Corne d'Afrique à la Guinée-Bissau", a-t-il insisté.

3.000 militaires
L'opération Barkhane "va se mettre en place dans les jours qui viennent". "Ca se fait en partenariat avec les cinq pays de la zone sahélo-saharienne, ça fait à peu près 3.000 militaires en tout",  ainsi que "des drones, des hélicoptères, des avions de chasse" pour avoir "la réactivité nécessaire", a précisé le ministre de la Défense, soulignant qu'il s'agit bien d'une "présence durable".

"Le but, c'est d'empêcher que ce que j'appelle l'autoroute de tous les trafics ne devienne un lieu de passage permanent, de reconstitution des groupes djihadistes entre la Libye et l'océan Atlantique, ce qui entraînerait ensuite des conséquences graves pour notre sécurité. C'est notre sécurité qui est en jeu !", a-t-il insisté.

lundi 4 novembre 2013

Assassinats de journalistes au Mali: "Nous avons gagné" (F. Hollande), mais la guerre continue...


"Nous avons vaincu le terrorisme au Mali"
,
 
Le Monde a très sérieusement
participé à l'intox

VOIR et ENTENDRE le "chef de guerre" blanc affirmer à Bamako que "Kidal a enfin été libéré", comme l'ensemble du territoire malien:


Présomptueux autant que vaniteux, 
Hollande est convaincu d’avoir accompli sa mission. 
"C’est une victoire pour l’Afrique, une victoire contre le terrorisme. Nous devons avoir cette fierté d’avoir vaincu le terrorisme", a souligné le Président.

"La France, avec les Africains qui se sont mobilisés, l’Europe qui nous a soutenus, les Nations-Unies qui nous ont donné le cadre, oui, c’est une victoire (…)", se glorifie Hollande qui revient sur son passage au Mali qu’il dit avoir été des moments de reconnaissance des populations maliennes. 

"J’ai été salué en Afrique, non pas pour ce que j’avais fait, mais pour ce que j’avais décidé. Ceux qui ont agi, ce sont les soldats français".

VOIR et ENTENDRE Hollande assurer qu'il a vaincu le terrorisme, lors de son entretien télévisé depuis les jardins de l'Elysée pour le 14 juillet:

Hollande s'est retiré et envoie Fabius au front

Comment, dans un pays dit "sécurisé", le Mali, des journaliste français ont-ils pu être assassinés :
Ghislaine Dupont, 57 ans, "a été assassinée de deux balles dans la poitrine", et Claude Verlon, 58 ans, "a reçu trois balles en pleine tête"
, d'après le sordide Laurent Fabius ?

Fabius réaffirme que des opérations sont "en cours" au Mali
Des "opérations pour identifier un certain nombre de personnes dans des campements" ont été lancées dimanche et étaient toujours lundi "en cours" après l'assassinat samedi au Mali de deux journalistes français, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
Interrogé par RTL sur une arrestation de cinq suspects remis aux militaires français à Gao, le ministre a indiqué qu'il n'avait pas cette information. Il n'a en fait été en mesure de fournir aucune indication sur les opérations.

Samedi, "au moment où les militaires français sont arrivés derrière le pick-up" qui transportait Ghislaine Dupont et Claude Verlon de Radio France Internationale (RFI), "ils ont vu s'enfuir pas très loin, 1 500 mètres à peu près, quelqu'un, l'ont coursé et ne l'ont pas rattrapé", a aussi "précisé" cet ancien Prmier ministre. "À l'heure actuelle, on n'a pas de certitude sur qui a commis cet assassinat", a-t-il ajouté. "On va tout faire pour retrouver les assassins, les punir, les châtier", a lancé Laurent Fabius, en pure langue de bois.

Une source proche du ministre de la Défense,
Jean-Yves Le Drian, assure en revanche :"Nous avons un certain nombre d'indications qui nous permettent de remonter la trace et nous espérons pouvoir y parvenir", a indiqué cette source, interrogée par l'AFP sur l'enquête autour des assassinats des envoyés spéciaux de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

"Il n'y a pas eu de combat"
" Il n'y avait "aucune trace d'impact" sur le véhicule, donc "il n'y a pas eu (...) de combat", a gravement ajouté l'inspecteur Fabius.

Les journalistes se sont aventurés dans une zone aux mains des djihadistes.
Un accord entre Touaregs (maîtres de la ville), autorités maliennes et armée française (cantonnée sur l'aéroport de la ville) fait du centre de Kidal une zone de non droit. 

Les journalistes "n'ont pas été acheminés" sur Kidal par les militaires français
et "ils n'avaient pas demandé de protection particulière", a confirmé Laurent Fabius, en déconseillant "absolument d'aller là-bas". "L'ensemble du Mali aujourd'hui est relativement sécurisé, mais ce n'est pas vrai à Kidal", a-t-il enfin avoué.

"Horreur et émotion"
Les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été ramenés de Kidal (1.500 km au nord-est de Bamako) par un avion de l'armée française qui s'est posé dimanche soir à l'aéroport à Bamako. Leur rapatriement en France devait être organisé au plus tôt lundi 4/11. 
Hollande sera-t-il présent à l'aéroport pour saluer leurs dépouilles ?

La presse française a exprimé son "horreur" et son "émotion" après la mort de ses deux confrères, faisant état lundi d'une guerre "complexe" contre "un ennemi insaisissable".

VOIR et ENTENDRE un commentaire africain sur l'intervention française au Mali, à l'occasion de la cérémonie du 14 juillet 2013:
Le territoire était-il effectivement reconquis?

mercredi 6 février 2013

Mali : la France reconnaît des "accrochages" à Gao

Hollande, "chef de guerre" face à une "vraie guerre" 

Les soldats français au Mali ont même croisé des terroristes islamistes

Nos troupes mènent désormais une "vraie guerre": Paris a reconnu mercredi des "accrochages" avec des islamistes armés dans la région de Gao (nord-est), au moment au moment où Le Drian annonce un début de retrait de ses troupes en mars.

Lors de patrouilles franco-maliennes autour des villes reconquises, "on rencontre des groupes jihadistes résiduels et qui se battent", a déclaré à la radio Europe 1 à Paris Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense.

Occupée pendant des mois en 2012 par des islamistes armés, Gao est la plus grande ville du nord du Mali et la première à avoir été reprise par les troupes françaises et maliennes, le 26 janvier, après d'intenses bombardements aériens français. Des soldats nigériens y sont également présents.


Depuis, "il y a eu des tirs de lance-roquettes/rockets de groupes jihadistes résiduels dans la région de Gao, mardi. Il y a une vraie guerre. Quand on a repris Gao, il y a eu des combats", selon  Le Drian.

"Lorsque toutes les nuits, en ce moment, y compris la nuit dernière, les forces aériennes françaises ciblent et frappent des lieux de centres d'entraînement ou de regroupement de pick-ups des groupes jihadistes, c'est de la guerre. C'est une vraie guerre contre les groupes terroristes, c'est une guerre qui aujourd'hui nous a permis de marquer des points contre ces groupes et nous allons poursuivre", a insisté M. Le Drian.

Le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), qui occupait Gao, avait affirmé mardi soir avoir attaqué à la roquette les positions des soldats français et africains à Gao.

Des sources proches de la Misma (force ouest-africaine au Mali), dont environ 2.000 soldats sont déployés sur le terrain, avaient cependant démenti toute attaque contre leurs positions à Gao.


Mercredi, deux adolescents, armés d'un pistolet et de deux grenades, ont été arrêtés au marché de Gao par des soldats maliens. Les hypothèses d'une tentative d'attentat ou de vol sont étudiées.


Le dispositif de sécurité à Gao et dans sa région a été renforcé

Les troupes coalisées se préparent contre d'éventuelles infiltrations de combattants islamistes, a indiqué une source au sein de l'armée malienne. Des hélicoptères français patrouillent sur l'axe Douentza-Gao, selon des témoins.

Le ministre français de la Défense a par ailleurs reconnu que depuis le lancement de l'intervention française au Mali le 11 janvier, il y a eu "quelques blessés français mais des blessés relativement légers". Outre un pilote d'hélicoptère tué au début de l'intervention, la France n'a jusqu'alors évoqué que "deux ou trois blessés anecdotiques, sans gravité".

Les forces françaises totalisent aujourd'hui 4.000 hommes, soit presque le double de ce qui avait été annoncé au début du conflit. Ce chiffre, qui équivaut au nombre de militaires déployés en Afghanistan à son maximum en 2010, n'augmentera plus, selon M. Le Drian.

Du côté des jihadistes, "il y a eu des pertes significatives", selon le ministre qui a dit ne pas vouloir faire de "comptabilité". Mais mardi, son ministère avait parlé de "plusieurs centaines" de morts lors de raids aériens sur des pick-ups transportant des hommes ou du matériel de guerre, et durant "des combats directs, frontaux à Konna et Gao".

Début de retrait français en mars

Une offensive surprise des islamistes armés le 10 janvier sur Konna, ville du centre du Mali, avait déclenché l'entrée en guerre de la France pour stopper leur avancée vers le Sud et Bamako.

Mercredi, le président français François Hollande a confirmé à ses ministres que le contingent français au Mali commencerai à se retirer à partir du mois de mars, "si tout se passe comme prévu".

Les accrochages dans le secteur de Gao prouvent que les groupes islamistes armés ne sont pas seulement présents dans la seule région de Kidal (extrême nord-est), mais qu'ils résistent aussi ailleurs dans le nord du Mali.

Les quelque 400 km de route qui séparent les villes de Douentza et Gao sont truffés de mines, selon des journalistes .

La zone la plus sensible reste la région de Kidal, notamment le massif des Ifoghas situé au nord, près de la frontière algérienne, où se sont retranchés une partie des chefs et combattants  islamistes liés à Al-Qaïda, et a été la cible de nombreux bombardements de l'aviation française.



Tenue par des rebelles touareg et des islamistes s'affirmant "modérés" et prêts "au dialogue" avec Bamako, la ville  de Kidalest "sécurisée" par quelque 1.800 soldats tchadiens (ci-contre), les troupes françaises contrôlant, elles, l'aéroport.

Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont affirmé qu'ils "coordonnent" leurs actions avec les forces françaises dans le nord du Mali contre les "terroristes" islamistes en fuite.


Le Drian a reconnu que
les soldats français ont à Kidal "des relations fonctionnelles avec le MNLA", mouvement qui avait lancé l'offensive le 17 janvier 2012 dans le nord du Mali, avant de s'en faire évincer par les jihadistes avec lesquels il était allié. 


Un porte-parole, qui a défendu le "réel engagement" du MNLA" dans la lutte contre le terrorisme", n'a pas donné de détails sur la façon dont le groupe coopère avec les soldats français à Kidal, berceau des Touareg.


lundi 4 février 2013

Hervé Morin oppose le fracas militaire de Hollande au Mali et son mutisme social à Florange

Hervé Morin: "Plus facile de se faire applaudir à Bamako qu'à Florange"

L'ancien ministre de la Défense a taclé le fanfaron de Bamako et fustigé le fuyard de Florange et Aulnay-sous-Bois

"François Hollande a bien fait d'aller au Mali ce week-end pour dire bravo aux militaires français, mais j'ai aussi envie de lui dire: c'est plus facile de se faire applaudir à Bamako que de se faire applaudir à Florange ou Aulnay", a observé le président du Nouveau Centre sur TV5 Monde.
"N'oublions pas qu'il y a un sujet essentiel, celui de la dégradation de l'économie française et le drame que cela constitue pour des centaines de milliers de familles en France", a-t-il ajouté.

Pour l'ancien ministre de la Défense, si l'opération militaire française est "un vrai succès" et l'intervention française "une décision politique qu'il fallait prendre", cela "ne règle en rien trois questions centrales qui demeurent".

Oh, que la guerre est jolie !
Film musical (1969)
"La première, c'est, comment constitue-t-on une force panafricaine crédible capable de restaurer la souveraineté du Mali ?" a-t-il interrogé.
"J'ai le souvenir de la 'Minuad', force panafricaine pour le Darfour et ça ne marchait pas. On ne peut pas dire que les Etats d'Afrique de l'Ouest sont des Etats où il y a des forces armées, à part le Tchad et le Sénégal, qui sont réellement solides et crédibles", a-t-il estimé.

Alors cette force, "qui l'équipe, la forme, la coordonne, lui permet d'être organisée correctement pour lui permettre de mener ses opérations ? La question reste entière", a-t-il lancé, au milieu du concert d.

"La deuxième question est: est-ce qu'un jour les Européens vont accompagner réellement les Français dans la reconstruction du Mali?" a-t-il poursuivi.
"Ils donnent quelques millions d'euros mais une force panafricaine soutenue par la force française doit représenter 10.000 à 15.000 hommes, c'est 100 à 200 millions d'euros par an" dont on a besoin, a souligné H. Morin.

Enfin, "la troisième question, c'est l'engagement d'un processus politique, d'un dialogue, notamment avec les Touareg", a-t-il ajouté en appelant à distinguer "le court du moyen terme" dans le dossier malien.


Hollande n'est pas le premier va-t-en-guerre socialiste

Le 26 juillet 1956, pendant la guerre froide, le colonel Nasser, 2e président de l'Egypte, annonça la nationalisation du canal de Suez. Le président du Conseil français, le socialiste (SFIO) de Guy Mollet (avec la Grande-Bretagne d’Anthony Eden), s'entendirent  pour répliquer par une expédition militaire pour faire respecter le droit international, sauvegarder leurs intérêts économiques, protéger l’État d’Israël directement menacé par le monde arabe et, peut-être, renverser Nasser, fidèle soutien des indépendantistes algériens. 


Mais Londres, Paris et Tel-Aviv sont bien isolés : l’Union soviétique soutient le Raïs et les Américains se posent en concurrents dans un Proche-Orient bien pourvu en pétrole.
En application d’un pacte secret signé à Paris le 24 octobre, l’armée israélienne attaqua l’Egypte le 29: elle remporta des succès foudroyants et le 5 novembre, Français et Anglais débarquèrent à Port-Saïd. 




dimanche 3 février 2013

Hollande va frapper les islamistes à la frontière algérienne

Mali: frappes massives près de Kidal, au lendemain de la visite de Hollande

Rien n'arrête plus notre Scipion-l'Africain

L'armée française a pillonné dimanche la région de Kidal, dernier fief des terroristes islamistes armés dans l'extrême nord-est du Mali, près de la frontière algérienne, cinq semaines après sa  visite à Bouteflika, et au lendemain de la visite triomphale du président français de substitution  à DSK au président malien par intérim. 

Le libérateur du Mali libérera-t-il les otages français ?

C'est en effet autour de Kidal, dans le massif des Ifoghas, que seraient détenus les sept otages français au Sahel, selon Paris. Evoquant brièvement leur sort samedi, François Hollande a jugé que "les ravisseurs doivent comprendre que le moment est venu de libérer les otages", ajoutant que les forces françaises au Mali en étaient désormais "tout près".

La zone de Tessalit a été la cible"d'importantes frappes aériennes"

Les avions Rafale de Dassault sont entrés en action, à 200 km au nord de Kidal, aux confins de l'Algérie, dans la nuit de samedi à dimanche selon le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Thierry Burkhard.

Il a précisé que ces bombardements visaient "des dépôts logistiques et des centres d'entraînement" des islamistes armés liés à Al-Qaïda, un peu plus de trois semaines après le début de l'intervention militaire française.

Une bonne partie des chefs et des combattants des groupes islamistes serait concentrée dans cette vaste zone de montagnes et de grottes autour de Kidal, selon des experts et des sources de sécurité régionales.

Parmi eux, se trouveraient l'Algérien Abou Zeïd, un des émirs les plus radicaux d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un ex-rebelle touareg malien arabe des années 1990, originaire de Kidal qui connaît parfaitement la région.

Les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) ont d'ailleurs affirmé samedi avoir eu vendredi "un accrochage" avec une unité d'islamistes dans la région de Tessalit, qui s'est conclu par "l'arrestation de plusieurs jihadistes".

Avant que les frappes françaises autour de Tessalit ne soient connues, le ministre malien des Affaires étrangères, Tièman Hubert Coulibaly, avait souhaité que l'opération française se poursuive au Mali, "d'autant que la dimension aérienne est très importante", "face à des combattants aguerris dont il faut détruire l'arsenal", dans un entretien à l'hebdomadaire français Le Journal du Dimanche.

Samedi, le chef de l'Etat français a dénoncé avec force la "barbarie" des terroristes islamistes armés en visitant la cité emblématique de Tombouctou, mutilée par les jihadistes.
"Papa François Hollande", comme l'ont surnommé les habitants de Tombouctou, "petit père du peuple"  "frère de tous les Maliens et ami sincère de l'Afrique", selon le président malien par intérim Dioncounda Traoré  a fait la promesse aux Maliens que la France n'a pas encore "terminé sa mission" face aux "terroristes" et assuré que les soldats français seront au côté des militaires maliens pour, "plus au Nord, finir cette opération" de reconquête de l'intégrité territoriale du pays.

L'assaut de la ville de Konna a fait des victimes civiles

Lors de la guerre au nord du Mali entre le 10 au 17 janvier 2013, trois femmes et un enfant ont été tués par un bombardement, selon le maire de la ville, et au moins 11 civils ont été tués lors des combats. 
Amnesty International déclare avoir réuni les preuves établissant qu'au moins 5 civils dont 3 enfants ont en fait été tués par les avions français dans les bombardements du 11 janvier. 71 personnes, blessées lors des combats à Konna, sont envoyés à l'hôpital de Mopti.
Un pilote d'hélicoptère Gazelle français a également été tué: le lieutenant Damien Boiteux fut mortellement blessé le 11 lors de l'attaque des colonnes de véhicules.

Selon des habitants, plusieurs prisonniers de guerre islamistes ou des suspects ont été tués par des soldats maliens dans des camps militaires à Sévaré, parmi lesquels des blessés pris à Konna, des témoins évoquant notamment un charnier de 25 à 30 corps ou des cadavres jetés dans des puits. 
D'après Human Rights Watch, au moins 13 personnes ont été exécutés sommairement par des soldats maliens et 5 autres ont disparu entre le 9 et le 18 janvier à Sévaré, Konna et les villages environnants.

A Kidal, on ne veut "pas de guerre"

Si les deux principales villes du nord du Mali, Gao et Tombouctou, ont été reprises, quasiment sans combats, aux islamistes armés qui occupaient ces régions depuis des mois, la situation est très confuse "plus au Nord", autour de Kidal, et du massif des Ifoghas.
Kidal, à 1.500 km de Bamako, a longtemps été le bastion d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un des groupes armés qui a multiplié les exactions dans le Nord malien.

Mais, avant même l'arrivée dans la nuit du 29 au 30 janvier de soldats français qui ont pris le contrôle de l'aéroport de la ville, elle était passée sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, groupe dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg).
Ces deux groupes ont assuré la France de leur soutien, mais ils ont exigé qu'aucun soldat malien, ni ouest-africain, ne soit déployé à Kidal, berceau traditionnel des rébellions touareg contre le pouvoir de Bamako, craignant notamment des exactions d'éléments noirs visant les communautés arabe et touareg.
De telles exactions visant ces ethnies, assimilées aux groupes islamistes armés, ont été rapportées dans le centre et le nord du Mali par plusieurs ONG. Samedi, François Hollande et Dioncounda Traoré ont prôné ensemble une conduite "exemplaire" de la part de leurs soldats.

Avions de combat Rafale
De nouveaux renforts français sont arrivés samedi à Kidal par avion, selon des habitants. Et des soldats tchadiens (pays non membre de l'Afrique de l'Ouest) ont commencé à se déployer en ville.

Selon plusieurs témoignages d'habitants, militaires français et tchadiens ont patrouillé pour la première fois samedi dans les rues de Kidal. Des Tchadiens ont même été aperçus sur le marché de la ville, en train de faire des courses.
Le contingent tchadien à Kidal serait d'environ 150 soldats, selon des témoins.

Sur place, la population semble anxieuse
"On ne sait pas ce qui va se passer. Nous ne voulons pas de guerre ici", résume un ancien fonctionnaire de la mairie de Kidal, joint par téléphone.
Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a rapporté mardi que des centaines de personnes ont fui Kidal pour se rapprocher de l'Algérie, en dépit du fait que la frontière soit officiellement fermée.

De leur côté, les Etats-Unis ont rappelé dimanche qu'ils n'ont eu "aucune hésitation" à soutenir la France
A défaut de troupes, ils fournissent notamment des renseignements et des avions ravitailleurs, dans son opération au Mali, alors que le vice-président Joe Biden est attendu dimanche à Paris, où il doit rencontrer François Hollande.

L'Egyptien Morsi n'a plus qu'à bien se tenir !


jeudi 18 octobre 2012

François Hollande, otage du conflit au Mali

Ses interlocuteurs en ont déjà fait le tour


La gauche molle, 
cohérente et épanouie
 délocalise son enthousiasme 
sur le continent africain:
"J'ai confiance, 
l'Afrique est en marche."

Et ça saute aux yeux !


Suffit-il que François Hollande répète sa détermination à lutter contre le terrorisme ?

Ingérence française au nom de liens coloniaux...
François Hollande s'est pris un instant pour l'indispensable facilitateur de l'ONU, alors que le Conseil de sécurité presse les pays de l'ouest africain de préparer une opération de reconquête du nord du Mali.

Philippe Hugon, chercheur à l'Iris et spécialiste du Mali, fait le point sur la situation actuelle, alors que
le président français rentre de sa tournée africaine et que Fabius montre ses muscles mous, relayé par la presse partisane des insurgés, stigmatisant tous en choeur le pouvoir syrien au profit des rebelles islamistes soutenus militairement par l'Iran (lien France24) et financièrement  par le Qatar ou l'Arabie saoudite...

Mardi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que l'intervention au Mali était "une question de semaines". Qu'en pensez-vous?

Cela me paraît peu réaliste. Effectivement, les politiques doivent mettre la pression en menaçant d'une intervention militaire dans un délai pas trop lointain. Mais en même temps, le Conseil de sécurité de l'ONU a donné 45 jours pour - éventuellement - autoriser l'intervention militaire, donc ce n'est pas assuré. 
Deuxièmement, il ne peut pas y avoir d'intervention s'il n'y a pas un minimum d'armée malienne reconstituée avec des systèmes de formation, une hiérarchie et un appui en termes d'armement... Or, on en est loin. 
Ensuite, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) se dit prête mais en réalité le Sénégal -sur lequel Hollande est allé faire pression-  n'est pas d'accord, la Côte d'Ivoire et le Nigeria sont pris par leurs problèmes intérieurs. C'est un conflit extrêmement difficile contre des groupes à la fois mafieux et terroristes. [Mais Fabius et Hollande n'ont pas pris à temps la mesure de la complexité du terrain] Ce n'est pas du tout une guerre conventionnelle.

Cette guerre vous semble-t-elle inévitable ?

Il y a toujours deux fers au feu : il faut préparer la guerre pour vouloir la paix. On est peut-être dans cette configuration. Il y a une possibilité de négocier avec les groupes touareg, à condition de faire basculer ces 5.000 hommes du côté de la paix et de la reconversion. Le jeu des négociations passe par la reconnaissance d'une autonomie plus grande des touaregs et notamment par des opportunités de réemploi [que les islamistes leur font miroiter], alors qu'ils n'ont d'autres perspectives que les armes et le contrôle de trafics de drogue. 
Il faut aussi les dissocier des éléments fanatiques qui sont membres du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).

Pour l'heure, l'Algérie privilégie une solution négociée au Mali. Son rôle est-il essentiel ?

Il n'y aura pas d'intervention militaire crédible sans l'Algérie. [Alors F. Hollande multiplie les gestes en direction de son président: le président français  a commencé par annoncer une visite officielle en Algérie pour décembre et maintenant reconnaît officiellement la répression d'une manifestation d'Algériens proches du FLN le 17 octobre 1961, alors que le conflit armé durait et que des appelés du contingent étaient tués en Algérie. Le 17 octobre 2011, François Hollande, qui venait de remporter la primaire PS pour être candidat à l'Elysée, s'était pourtant déjà rendu à Clichy-la-Garenne, commune de proche banlieue parisienne, pour témoigner "de sa solidarité" avec les familles endeuillées par ces événements, comme le raconte Le Monde.]  
Elle [L'Algérie] est, dans son principe, contre l'intervention extérieure. L'Algérie ne veut en aucun cas retrouver chez elle le terrorisme et les groupes d'Aqmi qu'elle a bouté hors du pays. Par contre, elle peut être sensible à un argument : l'intégrité du territoire.
[Peut mieux faire ! Le premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a salué mercredi "les bonnes intentions " manifestées par F. Hollande pour tourner la page du 17 octobre 1961 dont ont été victimes des rebelles algériens, mais sans oublier ces faits. Ces Algériens attendent des excuses officielles pour les crimes coloniaux.]

Qu'en est-il du rôle de la France ?

Il est important car la France a quand même fortement appuyé la résolution prise au Conseil de sécurité de l'ONU. Elle est aussi la seule puissance militaire existanteen Afrique -  [officiellement missionnée] avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne - et possède donc, grâce à ces différentes bases militaires, la logistique et les possibilités de soutien. 
La France est également très présente dans le renseignement et, ce que l'on dit moins, des forces spéciales sont aussi infiltrées dans les groupes terroristes.

François Hollande - qui a reçu les familles des otages - refuse de lier la question de leur libération à celle de l'intervention militaire. Peut-il réellement séparer les deux dossiers ?

C'est toujours un problème. D'un côté, il est très difficile pour la France d'être indifférente à ce qu'il se passe au Mali. Mais en même temps, les otages sont des boucliers humains utilisés par les groupes d'Aqmi et du Mujao pour obtenir des rançons, négocier le retrait en Afghanistan et, aujourd'hui, une non-intervention militaire au Mali.

François Hollande est pris entre deux feux : défendre la vie des otages [avec le soutien de Charlie Hebdo, d'ailleurs accusé de faire de l'argent sur ses parodies de caricatures du prophète]- si jamais ils étaient assassinés, ce serait évidemment une baisse de crédibilité auprès de l'opinion publique [un problème politique plutôt qu'un drame humain !] - et céder au chantage aux otages. Cela revient à enclencher un processus permanent. Quand on libère des otages, on verse des rançons; quand on verse des rançons, on permet d'acheter des armes qui permettent d'avoir d'autres otages…

Un membre du Mujao a proféré samedi dernier de vives menaces contre la France. Que peut-on craindre ?

La crainte la plus forte est qu'il y ait de nouvelles prises d'otages de Français dans les zones sahéliennes. 
Ensuite, on peut craindre des actions terroristes contre des intérêts économiques ou des entreprises françaises en Afrique. 
Je crois qu'il y a aussi des craintes d'action terroriste en Europe. [En France, pourquoi ne pas le dire ?] La situation s'est tendue ces derniers mois. Dans les milieux informés, on est inquiet.

Les rebelles ont pris le contrôle de la région il y a quelques mois. Comment expliquer cette dégradation de la situation ?

Ils sont implantés depuis longtemps dans le nord du Mali, puisqu'ils avaient été chassés par l'Algérie. Le Mali lui-même avait une politique qui n'était pas très claire à l'époque de l'ancien président Amadou Toumani Touré (juin 2002 - mars 2012). La chute de Kadhafi - un élément de stabilité dans la région - [on croit rêver, déjà...] a également joué. Les mercenaires de Libye sont venus. Les mouvements touaregs ont pris de l'ampleur et l'armée malienne n'a pas pu contrôler le territoire. La conjonction de tout cela fait qu'il y a actuellement un espace - plus grand que la France - qui n'est pas du tout contrôlé militairement.

Quelles sont les relations entre le Mujao et Aqmi?

Les recrutements ne sont pas les mêmes. Pour simplifier, Aqmi est essentiellement algérien, alors que le Mujao est composé de touaregs d'Afrique de l'Ouest. Mais ils ont énormément de connivences, liées notamment au trafic et au contrôle d'armes [et de drogue, non ? Et au banditisme aussi !], et ont mené des actions communes. Souvent, le Mujao travaille pour Aqmi. Quand on dit : 'les otages sont aux mains d'Aqmi et pas du Mujao', en réalité les otages passent d'une mouvance à l'autre. Leurs liens sont devenus étroits.

Fabius et Hollande, cessez de parader: réveillez-vous !