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jeudi 7 mars 2013

Inconstance: Hollande quitte le Mali avant la fin du conflit

L'abandon de la tâche engagée est-il une constante ?

Hollande a décidé du retrait d'Afghanistan

Serval
Il a  fait prévaloir "une promesse de campagne" sur les engagements de la France. 
Certes, Hollande n'a pas décidé de l'intervention française en Afghanistan, mais il a fait vite pour les retirer. Un mois après sa prise de fonction, le président Hollande . Lors de son hommage aux Invalides à quatre soldats tués en Afghanistan, il avait présenté son abandon sous la forme d'un engagement à un retrait "dans l'ordre et la sécurité ... dans les prochaines semaines": 2.000 soldats français, sur un total de 3.500. "Nous sommes unis dans notre détermination à achever la mission", avait déclaré Barack Obama à l'annonce du départ accéléré des forces françaises. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, affirma alors qu'il "n'y aura pas de retrait précipité". "Nous resterons engagés en Afghanistan jusqu'au succès de l'opération"...

Au cours du sommet de l'OTAN de mai 2012, Hollande devait préciser les "modalités" des actions de formation de la police et de l'armée afghane auxquelles la France s'est engagée dans le traité signé début 2012 entre le président afghan Hamid Karzaï et son prédécesseur Nicolas Sarkozy. "Je crois que la France dira clairement au sommet quelles sont ses intentions", avait espéré la chancelière allemande. Angela Merkel confirma en revanche que l'Allemagne "soutient la stratégie de l'OTAN: nous sommes entrés ensemble en Afghanistan et nous voulons en partir ensemble". 
Le départ des troupes de l'OTAN n'est pas prévu avant la fin 2014. 
Les Dupond-Dupont,
Le Drian et Fabius
 Hollande ne finit pas non plus le travail au Mali

Il a déclenché seul le conflit en envoyant le premier des troupes d'intervention au Mali. L'opération Serval, qui a débuté il y a près de deux mois, mobilise 4.000 soldats français sur le terrain. Nos troupes ont combattu seules pendant plusieurs semaines. Après avoir entraîné le Tchad dans les combats, il décide unilatéralement de rentrer à la maison. 

Les troupes françaises commenceront à se retirer du Mali à partir d'avril,
a déclaré jeudi Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères. "A partir d'avril, il y aura un début de décroissance des troupes", a -t-il déclaré sur RTL, confirmant en cela les propos tenus la veille par François Hollande. Peu-être le Mali avait-il été informé...
"Cela ne veut pas dire que l'on va partir du jour au lendemain", a ajouté le chef de la diplomatie française. Restent les forces africaines de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) dont les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao)  ont soutenu le projet de transformer à terme leur intervention en une mission de paix de l’ONU. 

"Nous avons dit depuis le début que nous n'avions pas vocation à rester éternellement au Mali."
Le "ratissage" de la barre des Ifoghas, sanctuaire des djihadistes dans le nord du Mali, sera terminé "dans quelques semaines", a assuré Laurent Fabius, et certains soldats commenceront alors à quitter le pays. C'est flou, mais c'est beau comme du Hollande !

François Hollande a fait état mercredi de la mort de "chefs terroristes", une information confirmée par Laurent Fabius. Mais c'est conscient de l'inachèvement de la mission qu'il se retire: "Nous savons qu'il y a pas mal de chefs parmi les plusieurs centaines de terroristes qui ont été tués dans toute cette opération", a dit le ministre des Affaires étrangères. 

Mais il a avoué qu'il ne sait toujours pas si, parmi ces chefs, figuraient les chefs djihadistes Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd, dont la mort a été annoncée
par les autorités tchadiennes.
"Pour l'identité des deux ou trois chefs qui ont été cités, il faut faire des vérifications précises avec l'ADN, et c'est ce que les services de l'armée sont en train de faire", a dit Laurent Fabius. "Normalement, ça devrait être assez rapide." 
La rapidité n'est pas une vertu hollandienne, sauf dans la retraite.


mercredi 6 février 2013

Mali : la France reconnaît des "accrochages" à Gao

Hollande, "chef de guerre" face à une "vraie guerre" 

Les soldats français au Mali ont même croisé des terroristes islamistes

Nos troupes mènent désormais une "vraie guerre": Paris a reconnu mercredi des "accrochages" avec des islamistes armés dans la région de Gao (nord-est), au moment au moment où Le Drian annonce un début de retrait de ses troupes en mars.

Lors de patrouilles franco-maliennes autour des villes reconquises, "on rencontre des groupes jihadistes résiduels et qui se battent", a déclaré à la radio Europe 1 à Paris Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense.

Occupée pendant des mois en 2012 par des islamistes armés, Gao est la plus grande ville du nord du Mali et la première à avoir été reprise par les troupes françaises et maliennes, le 26 janvier, après d'intenses bombardements aériens français. Des soldats nigériens y sont également présents.


Depuis, "il y a eu des tirs de lance-roquettes/rockets de groupes jihadistes résiduels dans la région de Gao, mardi. Il y a une vraie guerre. Quand on a repris Gao, il y a eu des combats", selon  Le Drian.

"Lorsque toutes les nuits, en ce moment, y compris la nuit dernière, les forces aériennes françaises ciblent et frappent des lieux de centres d'entraînement ou de regroupement de pick-ups des groupes jihadistes, c'est de la guerre. C'est une vraie guerre contre les groupes terroristes, c'est une guerre qui aujourd'hui nous a permis de marquer des points contre ces groupes et nous allons poursuivre", a insisté M. Le Drian.

Le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), qui occupait Gao, avait affirmé mardi soir avoir attaqué à la roquette les positions des soldats français et africains à Gao.

Des sources proches de la Misma (force ouest-africaine au Mali), dont environ 2.000 soldats sont déployés sur le terrain, avaient cependant démenti toute attaque contre leurs positions à Gao.


Mercredi, deux adolescents, armés d'un pistolet et de deux grenades, ont été arrêtés au marché de Gao par des soldats maliens. Les hypothèses d'une tentative d'attentat ou de vol sont étudiées.


Le dispositif de sécurité à Gao et dans sa région a été renforcé

Les troupes coalisées se préparent contre d'éventuelles infiltrations de combattants islamistes, a indiqué une source au sein de l'armée malienne. Des hélicoptères français patrouillent sur l'axe Douentza-Gao, selon des témoins.

Le ministre français de la Défense a par ailleurs reconnu que depuis le lancement de l'intervention française au Mali le 11 janvier, il y a eu "quelques blessés français mais des blessés relativement légers". Outre un pilote d'hélicoptère tué au début de l'intervention, la France n'a jusqu'alors évoqué que "deux ou trois blessés anecdotiques, sans gravité".

Les forces françaises totalisent aujourd'hui 4.000 hommes, soit presque le double de ce qui avait été annoncé au début du conflit. Ce chiffre, qui équivaut au nombre de militaires déployés en Afghanistan à son maximum en 2010, n'augmentera plus, selon M. Le Drian.

Du côté des jihadistes, "il y a eu des pertes significatives", selon le ministre qui a dit ne pas vouloir faire de "comptabilité". Mais mardi, son ministère avait parlé de "plusieurs centaines" de morts lors de raids aériens sur des pick-ups transportant des hommes ou du matériel de guerre, et durant "des combats directs, frontaux à Konna et Gao".

Début de retrait français en mars

Une offensive surprise des islamistes armés le 10 janvier sur Konna, ville du centre du Mali, avait déclenché l'entrée en guerre de la France pour stopper leur avancée vers le Sud et Bamako.

Mercredi, le président français François Hollande a confirmé à ses ministres que le contingent français au Mali commencerai à se retirer à partir du mois de mars, "si tout se passe comme prévu".

Les accrochages dans le secteur de Gao prouvent que les groupes islamistes armés ne sont pas seulement présents dans la seule région de Kidal (extrême nord-est), mais qu'ils résistent aussi ailleurs dans le nord du Mali.

Les quelque 400 km de route qui séparent les villes de Douentza et Gao sont truffés de mines, selon des journalistes .

La zone la plus sensible reste la région de Kidal, notamment le massif des Ifoghas situé au nord, près de la frontière algérienne, où se sont retranchés une partie des chefs et combattants  islamistes liés à Al-Qaïda, et a été la cible de nombreux bombardements de l'aviation française.



Tenue par des rebelles touareg et des islamistes s'affirmant "modérés" et prêts "au dialogue" avec Bamako, la ville  de Kidalest "sécurisée" par quelque 1.800 soldats tchadiens (ci-contre), les troupes françaises contrôlant, elles, l'aéroport.

Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont affirmé qu'ils "coordonnent" leurs actions avec les forces françaises dans le nord du Mali contre les "terroristes" islamistes en fuite.


Le Drian a reconnu que
les soldats français ont à Kidal "des relations fonctionnelles avec le MNLA", mouvement qui avait lancé l'offensive le 17 janvier 2012 dans le nord du Mali, avant de s'en faire évincer par les jihadistes avec lesquels il était allié. 


Un porte-parole, qui a défendu le "réel engagement" du MNLA" dans la lutte contre le terrorisme", n'a pas donné de détails sur la façon dont le groupe coopère avec les soldats français à Kidal, berceau des Touareg.


samedi 2 février 2013

Tartarin Hollande mène une douteuse opération "prestige" au Mali

Hollande, sa tartarinade et le mirage islamiste au Mali
Tartarin Hollande terrassant
les groupes islamistes armés
Le "chef de guerre" est apparu samedi 2 février au centre du Mali

Le président de Françafrique est en visite-éclair:   quelques heures de propagande après le déclenchement d'une opération militaire française destinée à déloger les terroristes islamistes armés qui n'ont opposé aucune résistance et se sont évaporés dans le désert.

Une telle puissance militaire impressionne, semble-t-il, l'équipe Obama
Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a dit son admiration pour le chef militaire et commente l'intervention de la France au Mali.  "Les forces françaises ont progressé de façon spectaculaire. Je salue leur travail. Elles ont progressé beaucoup plus vite que ce que nous avions anticipé." 


Mais le défi à venir, s'assurer que les pays africains puissent prendre le relais, est immense.

Hollande avait d'ailleurs affirmé vendredi sa volonté de "dire à nos soldats tout notre soutien", car leur présence sur le sol malien pourrait durer encore, non pas trois heures après le départ de Tartarin, ni trois semaines, mais plutôt trois mois peut-être, mais plus probablement trois ans au moins, car les islamistes ne se déroberont pas encore longtemps au combat.


L'intervention française est-elle désintéressée ?

Le Mali a de l'or à vendre à Hollande

et, à Canfin, de l'arachide...
Tartarin Hollande est accompagné de plusieurs ministres, Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Jean-Yves Le Drian (Défense), ce qui paraît naturel, mais la présence d'un troisième, Pascal Canfin (Développement) est plus discutable et révélatrice, voire insolente

Car ce Canfin est ancien député européen altermondialiste d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et que ce conseiller économique de la candidate Eva Joly à la présidentielle soit chargé de ramasser des contrats avec le Mali en échange de l'intervention militaire désintéressée du président jette la soupçon sur le prétendu désintéressement de la France socialiste.
Ancien journaliste à Alternatives économiques, magazine d'information économique et sociale, Canfin développe la pensée économique keynésien qu'apprécie le mouvement altermondialiste. Ne le voilà-t-il donc pas "sali" par la mission mercantile de son ministre-délégué ?

Accueilli à sa descente d'avion par le président malien par intérim Dioncounda Traoré, Tartarin devait se rendre ensuite à Tombouctou et à Bamako, notamment pour appeller les pays africains à prendre le relais de la France auprès de l'armée malienne. 
"Je vais au Mali aussi pour qu'il y ait un dialogue politique qui puisse permettre que le [pays], après avoir chassé les terroristes, puisse retrouver la stabilité et l'esprit de concorde", avait-il déclaré. Comme on lui demandait quand pourrait être envisagée une baisse du dispositif militaire français dans ce pays, il avait répondu : "Je vous le dirai demain"...

Le gouvernement français estime que jusqu'ici son intervention militaire a "réussi"

A Tombouctou,  Hollande et Traoré doivent rendre visite aux forces françaises et maliennes, puis se rendre la grande mosquée Djingareyber et au centre culturel Ahmed Baba, où des manuscrits anciens ont été détruits par les islamistes. 
Le martial chef de guerre,
héros du Mali reconnaissant

Une nouvelle phase s'ouvre 

Le Mali et son ancienne puissance coloniale d'occupation vont devoir traquer les djihadistes qui ont opéré un repli tactique dans les zones désertiques.

Le président intérimaire reconnaît lui-même qu'il ne sait pas encore "si le plus dur est fait".

"Je vous rappelle qu'on est dans une aire géographique où la France a été, dans l'ancien temps, colonisateur, et la présence de soldats français sur le sol de cette région sahélienne n'était peut-être pas la meilleure chose à envisager", a jugé Alain Juppé, le maire UMP de Bordeaux.

Des troupes française au sol, malgré les engagements
Au sixième jour de l'opération Serval, l'armée française a entrepris une offensive terrestre contre les groupes islamistes, mais cette option avait été exclue par le chef de l'Etat: François Hollande disait limiter l'assistance française à un soutien aérien  aux troupes maliennes. 

"Maintenant, nous sommes passés à une autre phrase de l'opération, qui n'était pas prévue, qui avait été même exclue par le président Hollande, qui avait expliqué qu'il n'y aurait pas de troupes françaises au sol", a poursuivi l'ancien ministre.La France est peut-être allée "un coup trop loin" en engageant des troupes au sol au Mali, a estimé l'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, le 16 janvier.

4.600 soldats français – dont l'essentiel, 3 500, sur le sol malien – sont en effet actuellement  engagés dans l'opération lancée le 11 janvier.Sans combattre, elle a permis la reprise, notamment, des villes de Gao et de Tombouctou. 

Du côté des forces africaines, plus de 3 000 soldats ont été finalement annoncés, dont 1 900 dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), auxquels il faut ajouter les soldats de pays comme le Tchad qui ne font pas partie de la mission. A terme, il devraient être plus de 7 000. 

Les donateurs internationaux réunis mardi à Addis-Abeba ont promis de débourser quelque 450 millions de dollars pour financer la Mission internationale de soutien au Mali, qui pourrait à terme céder la place à une force d'interposition de l'Organisation des Nations unies.


L'ONU pointe des exactions 

Vendredi soir, l'ONU a appelé l'armée malienne à "protéger l'ensemble des populations" après des informations qui l'accusent de "représailles contre les civils de souche touareg et arabe", notamment "des exécutions sommaires et desdisparitions" imputées aux forces maliennes.


lundi 21 janvier 2013

La France ambitionne la "reconquête totale du Mali"

Isolé, Le Drian a fixé un objectif sans date 


L'armée française se lance à la reconquête du nord du Mali

La presse affiche des militaires de couleur
Deux colonnes de soldats ont entamé leur progression vers les régions occupées par des terroristes islamistes.
"L'objectif, c'est la reconquête totale du Mali. On ne va pas laisser des poches" de résistance, a déclaré le ministre de la Défense, ce dimanche soir, invité de "C Politique sur France 5. 
Plus tôt dans la journée, le lieutenant-colonel Emmanuel Dosseur, porte-parole militaire français à Bamako, indiquait : "Le déploiement vers le Nord des forces de l'opération Serval, entamé il y a 24 heures, est en cours, vers les villes de Niono et de Sévaré, où elles sont arrivées".

La presse, tels Le Monde ou Le Télégramme, font croire que plusieurs pays auraient répondu à l'appel lancé la veille par Paris et les dirigeants ouest-africains à une aide internationale accrue. Mais le gouvernement n'en nomme aucun...  Il s'agit toujours de soutien logistique et jamais de forces militaires terrestres.

Jean-Yves Le Drian a par ailleurs assuré que les sept otages français au Sahel "sont vivants".
Dans la plus grande discrétion, le président français, François Hollande, a reçu  les familles des sept otages et, peu après, sur la chaîne de télévision France 5, J.-Y. Le Drian a tenté de rassurer  sur la vie des otages français au Sahel. 

A propos de l'intervention militaire française au Mali,
il a ensuite ajouté qu'il fallait "éviter un otage de plus, le Mali", précisant qu'il y a des "contacts avec les preneurs d'otages", qui ne sont pas les mêmes pour tous les Français retenus

Il a également déclaré que la prise d'otages en Algérie était "un acte de guerre" en raison du nombre de personnes retenues. "Ce qui me frappe le plus, [c'est qu'] on dit 'prise d'otages', mais quand il y a autant de monde concerné, je pense que c'est un acte de guerre", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision France 5.

Demande d'aide à l'ONU

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a demandé samedi à l'ONU "de fournir immédiatement l'appui logistique et financier pour le déploiement de la Misma" (Mission internationale de soutien au Mali), à l'issue d'un sommet extraordinaire à Abidjan. 

Berlin, qui a déjà annoncé l'envoi de deux avions de transports, a promis une aide financière supplémentaire aux pays africains engagés dans l'opération militaire au Mali.

La Russie a proposé à la France d'acheminer des troupes ou matériels français au Mali, tandis que le Canada prendrait en charge une partie du transport de la force africaine au Mali.

Londres et Washington ont exclu d'envoyer des troupes dans la région, tout en se disant déterminés à lutter contre les agissements d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Cédéao : une centaine de soldats arrivés
Pour leur part, les Etats membres de la Cédéao ont été appelés à fournir "sans plus tarder" les troupes promises. Quelque 2.000 membres de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier. Mais seuls une centaine de soldats sont déjà arrivés à Bamako. La force comprendra à terme quelque 5.800 soldats pour prendre le relais de la France.

Le déploiement français vers deux villes-clés

Sur le terrain, les militaires français intensifient leur intervention au côté d'une armée malienne sous-équipée et se déploient à Niono et Sévaré. 
Niono (350 km au nord-est de Bamako) se situe à 60 km au sud de Diabali, localité qui avait été prise lundi par les islamistes, qui l'ont abandonnée jeudi, selon l'armée malienne, après d'intenses bombardements de l'aviation française. La présence des Rafale de Dassault serait donc appréciable...
Sévaré (630 km au nord-est de Bamako), qui dispose d'un aéroport, est une ville-clé d'où peuvent être menées des opérations vers l'extrême-Nord du Mali, et n'est qu'à 50 km de Konna, reprise jeudi par l'armée malienne aux jihadistes. 

L'armée malienne a patrouillé samedi en périphérie de Diabali, apparemment désertée par les "combattants" islamistes, comme il est convenu d'appeler ces terroristes


En fuite vers une région difficile d'accès ?
"Les jihadistes quittent de plus en plus les autres régions pour se rendre vers Kidal [à l'Est], qui est une zone montagneuse", a indiqué une source malienne de sécurité. Une observation partagée par un élu de la ville de Douentza, à 800 km de la capitale: "Ils sont en train de fuir [ou plutôt de se mettre à l'abri pour refaire des forces]. Tout indique qu'ils vont trouver refuge dans la région de Kidal, difficile d'accès".
Les débuts d'une guerre d'usure.

L'intervention de Hollande au Mali divise la gauche française

Hollande ne parvient pas à maintenir l'unité nationale

Noël Mamère qualifie de "propagande" les raisons de l'intervention au Mali

Le député écologiste Noël Mamère a qualifié mardi 15 janvier de "propagande" les raisons invoquées par le gouvernement pour s'engager militairement au Mali, assumant une "voix discordante" alors que la plupart des partis politiques ont apporté leur soutien à l'intervention.
"J'entends la propagande, j'entends ce qui est dit par les militaires, a déclaré Mamère dans les couloirs de l'Assemblée. Les militaires ne font que répéter ce qu'on leur dit au plus haut niveau."

"Quand on dit qu'on a répondu à l'urgence, on a d'abord répondu à l'appel du président malien qui n'est que la marionnette des militaires, lesquels militaires s'apprêtaient à le déposer dans la semaine, a-t-il poursuivi. Alors qui a-t-on sauvé ? Le président du Mali ou le peuple malien ?"


L'armée malienne, "une armée de traîne-savate"

"L'urgence, elle ne date pas d'aujourd'hui,
a estimé le député de Gironde et maire EELV de Bègles, aveuglé par la haine. L'urgence, elle a commencé le jour où Nicolas Sarkozy a décidé d'une intervention en Libye sans mesurer les dégâts collatéraux qu'on connaît depuis plus d'un an" au nord du Mali."

"J'assume d'être une voix discordante parce que je défends les idées que promeuvent les écologistes depuis longtemps. Nous avons toujours combattu la 'Françafrique'. Les gouvernements de droite ou de gauche qui se sont succédés n'ont fait qu'aider des dictateurs, des spoliateurs et des corrompus. Nous en payons le prix fort aujourd'hui avec cette intervention militaire", a-t-il estimé.

Nono Mamère s'est par ailleurs attaqué à l'armée malienne
"C'est une armée de traîne-savate, c'est une armée de familles qui n'ont pas envie de voir leurs cousins se faire descendre dans le nord du Mali."

Discordance de l'extrême-gauche de Mélenchon

Mélenchon, dans le geste du
"trou du cul"
Comme Eva Joly et Dominique de Villepin, Jean-Luc Mélenchon apporte une voix qui tranche avec le consensus national, hâtivement proclamé en Une de tous les media. Selon le leader du Front de Gauche, l’intervention de l’armée française au Mali est tout simplement " discutable ".

Mélenchon affiche ses réticences et détaille ses quatre objections dans  un communiqué et une chronique explicative.

1 - L’intervention s’est faite sans mandat de l’ONU
" Les paragraphes 10 et 11 de la résolution 2085 de l’ONU, demandaient d’ailleurs expressément aux parties engagées dans la planification militaire des opérations (Cédéao, Union africaine, pays voisins du Mali, autres pays de la région, partenaires bilatéraux et organisations internationales) de retourner devant le Conseil de sécurité “avant le lancement des offensives”. "
Le mandat de l’ONU était de fait attribué à la seule Mission internationale de soutien au Mali (Misma), placée sous conduite africaine. Et non directement à l’ancienne puissance coloniale.

2- L’appel à l’aide directe du pouvoir malien actuel n’a aucune légitimité
Selon Jean-Luc Mélenchon, le chef de l’Etat français ne peut se prévaloir de la demande d’aide d’un " gouvernement ami " (article 51 de la Charte des Nations Unies) pour la bonne raison que le pouvoir malien est exercé depuis le coup d’Etat de mars 2012 par le capitaine putschiste Sanogo, sans qu’aucune date pour une élection promise ne soit toujours indiquée.

3- Les intérêts de la France n’étaient pas en cause
Jean-Luc Mélenchon affirme encore que la France ne pouvait justifier son engagement par la menace de ses intérêt fondamentaux (à moins de penser que les gisements miniers du Mali et des pays limitrophes constituent des intérêts propres à la France).

4- Une décision prise sans consultation du Parlement
Enfin, il apparaît que la décision d’intervention a été prise par le seul président Hollande, non seulement sans consultation préalable du Parlement, mais même sans que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en ait été officiellement saisi.

Principal risque : l’enlisement
Il ressort de l’argumentation de Jean-Luc Mélenchon que le principe d’un soutien aux populations africaines sous la férule d’islamistes fous furieux ne saurait être remis en cause.
Mais un vrai soutien, oui, pas ce qui paraît avoir toutes les chances de passer pour une nouvelle guerre d’occupation. Un soutien mené avec un peu plus de préparation, de doigté diplomatique, un peu moins de naïveté politique et surtout sans cette arrogance balourde et précipitée qui fait si souvent de nous la risée de nos voisins.

Car le principal risque est celui de l’enlisement, comme en Afghanistan ou en Libye. Voilà pourquoi la France de François Hollande se retrouve aujourd’hui isolée en première ligne, mal préparée aux événements qu’elle affronte, avec pour toute aide le seul soutien moral de ses prudents alliés.

Le soutien de l’ONU est tout aussi ambigu. 
Convoqué par l’ambassadeur français Gérard Araud, le Conseil de sécurité a pris acte des intentions de la France de faire appliquer la résolution 2085, mais a assorti son avis de ses doutes quant à la capacité des forces africaines de la Misma à intervenir avant plusieurs mois. On ne saurait donner plus de crédit à l’analyse de Jean-Luc Mélenchon.

Le groupe écologiste soutient le gouvernement 

Les parlementaires  se désolidarisent des critiques de Noël Mamère. 
Invité de RFI ce 16 janvier, François de Rugy, co-président du groupe écologiste à l’Assemblée, tente de maintenir le lien avec l'exécutif. L'arriviste Verts estime, non sans condescendance, que les propos très vifs de Noël Mamère, qui a déclaré avoir le " sentiment de revenir aux méthodes anciennes de la Françafrique", ne sont que le reflet d’une opinion personnelle, et "polémique": "Je pense qu’il ne faut pas faire de polémique inutile sur ce genre de sujet, il faut garder son sang froid. (…) Certains propos relèvent de la polémique et relèvent de propos individuels."

Aspirant à un poste gouvernemental, François de Rugy  affirme en outre que les écologistes apporteront leur soutien aux objectifs du gouvernement dans la région. Le groupe a communiqué dans ce sens dès le début de l’opération, vendredi 11 janvier, rappelle-t-il.
"Nous allons apporter notre soutien par rapport aux objectifs qui sont ceux de cette intervention", a-t-il encore ajouter, avant de commenter: "C’est-à-dire stopper cette guérilla islamiste qui n’a d’autre but que de désintégrer le Mali dans un premier temps (...) et destabiliser la région toute entière. Nous sommes d’accord pour faire une intervention pour stopper cela."

Le petit chef du groupe écologiste répond aussi à Jean-Luc Mélenchon
L'ex-socialiste s’est plaint à plusieurs reprises qu’il n’y a pas eu de débat au Parlement avant de lancer l’opération militaire. Le co-président du Front de Gauche qui dit soutenir le gouvernement du moment où des forces militaires sont engagées sur le terrain, n’a pourtant pas manqué de pointer à son tour le spectre de la Françafrique sur cette question. 

François de Rugy affirme que les parlementaires étaient informés et "la sonnette d’alarme a été tirée depuis longtemps" :
"Il y a eu [des débats] dans les commissions concernées," maintient-il (..) Mais l'arrogant dépasse les bornes: "Les parlementaires qui s’informent un peu, je pense qu’ils n’ont pas découvert le problème du Mali vendredi soir ou alors s’ils l’ont fait, c’est vraiment qu’ils ne s’intéressent pas aux affaires internationales."

Mais que répond Rugy à Daniel Cohn-Bendit
Le co-fondateur d'EELV a tancé la " lâcheté de l’Europe"
" Je suis pour l’intervention. Je dis simplement qu’il faut aller un peu plus loin. Il n’y a que des soldats français là-bas. Nous n’avons pas une force civile ou militaire européenne d’intervention. C’est là où le bât blesse. "
Lien
PaSiDupes :
" Mali: le coup de gueule de Daniel Cohn-Bendit "

Et à Eva Joly, la recalée de la présidentielle ?

La députée européenne et ancienne candidate écologiste radicale à l'élection présidentielle, Eva Joly a lancé une vive mise en garde sur l’intervention militaire française "à hauts risques" au Mali : "un conflit avec des terroristes islamistes dans ce pays "risque d'être un remède pire que le mal, selon la binationale altermondialiste.

"Je pense qu’il était urgent d’arrêter l’avancée de ces groupes mafieux et fascistes, et je pense notamment aux femmes maliennes, mais je pense également qu’il est urgent de ne pas y rester trop longtemps", a déclaré l'ex-juge vendredi devant des journalistes. "L’intervention n’est jamais la solution. Sans un projet pour le Sahel, qui ne se réduise pas à la défense des intérêts stratégiques, la guerre au Mali, à l’instar de celle menée en Libye, risque d'être un remède pire que le mal ", a estimé la députée européenne.
La France risque d'être entraînée "dans une guerre longue et coûteuse" et «"malgré toutes les déclarations (...) sur la fin de la Françafrique, conduit une fois de plus une opération à hauts risques en Afrique (...) Nous devons en terminer avec cette fonction de gendarme de l’Afrique ", a  poursuivi la septuagénaire. "Nous devons abandonner immédiatement la rhétorique de la guerre contre le terrorisme qui, de l’Irak à l’Afghanistan, a renforcé le jihadisme et l’idéologie de la guerre des civilisations sans rien résoudre sur le terrain ", a-t-elle accusé.