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vendredi 15 novembre 2013

Cameroun: Boko Haram se flatte de l'enlèvement d'un Français, prêtre de surcroît

Les islamistes s'en prennent à deux cibles en une

L'organisation terroriste revendique la prise en otage du père Georges Vandenbeusch,  enlevé dans le nord du Cameroun dans la nuit du 13 au 14 novembre 2013

La secte Boko Haram a confirmé vendredi qu'elle détient le prêtre français kidnappé.
Sa lutte contre les chrétiens s'est intensifiée à Noël 2010 qui fut l'occasion d'attaques, incendies et assassinats ciblés, faisant plusieurs dizaines de morts, notamment lors d'un attentat à Jos faisant à lui seul quatre-vingt victimes. Depuis avril 2011, le groupuscule multiplie les attentats à la bombe contre des églises chrétiennes, des gares, des hôtels, débits de boisson et des bâtiments officiels, notamment suite à l'élection présidentielle de mai et la victoire de Goodluck Jonathan quand les attentats firent une dizaine de morts.
En novembre 2011, le quartier chrétien de Damaturu est pris pour cible par Boko Haram, tuant 130 chrétiens et détruisant dix églises
Le 25 décembre 2011, Boko Haram revendique un nouvel attentat contre une église en périphérie d'Abuja, capitale fédérale du Nigeria et fait 27 morts.

Bertrand Monnet, directeur de la chaire Management des risques criminels de l'EDHEC déclare :
" Il faut savoir qu'à côté de Boko Haram, AQMI, le MUJAO ou Ansar Eddine sont des agneaux. Les terroristes de Boko Haram sont des barbares: ils tuent des centaines de personnes toute l'année, mitraillent des églises, lancent des grenades pendant les offices et font des raids dans les villages chrétiens qu'ils transforment en Oradour-sur-Glane. Ce qui déclenche d'ailleurs des représailles contre des musulmans. "
Boko Haram revendique une affiliation à l'islamisme salafiste et aux Taliban afghans. 

Basée au Nigéria,
 elle dénonce la Constitution nigériane comme calquée sur les valeurs occidentales,et combat pour l'instauration de la Charia et d'un État islamique sur l'ensemble du Nigéria.

"Je peux vous confirmer que le prêtre français est aux mains des moujahidines de Jamaat Ahl al-Sunna Li Da'wat al-Jihad (le nom arabe de Boko Haram), qui a mené l'opération en coordination avec Ansaru", a déclaré une source au sein du groupe islamiste armé nigérian.
Ansaru est une émanation de Boko Haram 
Branche dissidente de Boko Haram, c'est une organisation islamiste djihadiste également basée dans le nord du Nigeria, mais elle a des objectifs plus internationaux.

Le groupe reconnaît mener des opérations coordonnées avec le groupe nord-malien Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest). Ansaru est désigné comme mouvement terroriste interdit et à combattre par le ministère de l'Intérieur britannique, ainsi que, depuis le 13 novembre 2013, par les États-Unis.
Depuis son installation, Ansaru a revendiqué sa responsabilité dans un grand nombre d'attaques  en 2012 et  en 2013 contre un convoi de troupes nigérianes en route pour participer au conflit armé contre les groupes djihadistes du nord-Mali.
Dans le passé, elle a déjà revendiqué des enlèvements d'étrangers.
Le 19 décembre 2012, l'ingénieur français Francis Collomp a été enlevé dans le nord du Nigeria, un rapt revendiqué par Ansaru quelques jours plus tard.
Ansaru a aussi revendiqué le 18 février 2013 l'enlèvement de sept employés étrangers de la société de construction libanaise Setraco, la plus importante prise d'otages jamais réalisée dans le nord du Nigeria. Le 9 mars 2013, le groupe a déclaré par voie de communiqué avoir exécuté ces sept otages.

dimanche 3 mars 2013

Le Tchad rendu responsable du risque de représailles sur les otages français ?

Abou Zeid, mort ou non, les familles des otages entre inquiétude et espoir

Le gros nigaud décervelé
se fait dédouaner
L'armée tchadienne affirme avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar, cerveau de l'attaque d'In Amenas", clame le Huffington Post.
Peut-on être plus clair ?

Et le reste de la presse se fait tout aussi péremptoire et accusatrice:
Le Figaro diffuse le mot d'ordre: " L'armée tchadienne affirme avoir tué Mokhtar Belmokhtar "
Que ce soit les journalistes fonctionnaires de France Télévisions et Radio France ou LCI, ils reprennent le même titre de dépêche...
Et Le Monde et Europe 1 confirment cet "effet de langage": "L'armée tchadienne dit avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar"
Mais Le Point est moins affirmatif : " Mokhtar Belmokhtar aurait été tué par l'armée tchadienne "

Mais Matthieu Guidère, spécialiste du terrorisme, estime que "quand les jihadistes sont attaqués, les représailles sur les otages sont quasi systématiques". Alors la gauche est-elle bien inspirée de laver Hollande de toute responsabilité dans les disparitions des chefs islamistes abattus par le Tchad  ces derniers jours ?

Les familles n'apprécient pas la mise en danger de la vie des otages 

Environ 70 personnes se sont rassemblées à Nantes (Loire-Atlantique) samedi 2 mars en soutien aux détenus au Sahel par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Pierre Legrand, Thierry Dol, Daniel Larribe et Marc Féret ont été enlevés le 16 septembre 2010 par Al-Qaïda au Maghreb islamique dans le nord du Niger, à Arlit, un site d'extraction d'uranium.

A Nantes, René Robert, grand-père de Pierre Legrand, a déclaré que son "inquiétude est "renforcée" après l'annonce de la mort d'Abou Zeid, l'un des principaux chefs d'Aqmi, information toujours non confirmée par Paris. En Martinique, c'est Jean-Paul Jouannel, délégué général de contact entreprise, qui tente de maintenir l'espoir avec des rubans verts distribués aux automobilistes.
VOIR et ENTENDRE un reportage "quelque peu" ...distancié en date du 02 mars 2013:


Quatre bougies portant les noms des quatre otages avaient été disposées sur le lieu du rassemblement. Une banderole avec les photos et les noms des quatre hommes, avec la mention: "nous ne les oublions pas" a aussi été déployée.

L'inquiétude grandit


Une disparition de l'émir qui dirigeait ses katibas sans état d'âme devrait non seulement désorganiser Aqmi, mais pourrait surtout mettre en péril la vie de tous les otages français. 

Aqmi détient quatre captifs, mais la bande dissidente de Mokhtar Belmokhtarla brigade Moulathamine ("Ceux qui signent avec leur sang"), auteur de l'attaque sanglante d'In Amenas en Algérie, retient aussi Serge Lazarevic et Philippe Verdon, interceptés devant leur hôtel à Hombori le 24 novembre 2011. 

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) affirme avoir capturé voici plus de trois mois Gilberto Rodriguez Leal près de la frontière de la Mauritanie.

L'élimination du spécialiste de la gestion du commerce des otages occidentaux, pourrait être lourde de conséquences pour les captifs français enlevés dans la région par les salafistes.
 

"C'est un coup de massue", déclare Françoise Larribe, l'épouse de l'otage Daniel Larribe, un employé d'Areva kidnappé en septembre 2010 à Arlit au Niger sur un site d'exploitation d'uranium. Françoise Larribe a elle-même été détenue pendant cinq mois dans le nord du Mali, avant d'être remise en liberté par Abou Zeid en personne. "On craint des représailles s'il a vraiment perdu la vie dans une opération militaire mais je ne peux pas m'empêcher de croire qu'il existe une porte de sortie", ajoute-t-elle.
VOIR et ENTENDRE l'ex-otage Françoise Larribe,  épouse de l'otage:


La mort des chefs djihadistes ne fait pas tomber la menace Aqmi   


Si Aqmi est fragilisé, son affaiblissement provient tout autant de la perte d'au moins 600 combattants ces derniers mois au combat. La menace reste entière: la pieuvre islamiste s'adaptera à ses pertes en quelques semaines.

Incohérence de Hollande et Fabius

La France combat les djihadistes au Mali et les aide en Syrie
Contradictoire, la politique étrangère de la France suscite la critique et nuit au Mali. Fort pourtant des exemples tunisien et égyptien, Paris continue obstinément de soutenir l'opposition syrienne malgré les groupes islamistes radicaux qui en font partie, mais engage des vies humaines au Mali au nom du combat contre le djihadisme. 

Hollande est certes à la ramasse dans tous les secteurs, mais l'armée se déconsidère aussi en acceptant que, d'un côté, Hollande encadre, soutienne politiquement et arme les djihadistes qui sévissent en Syrie et que, de l'autre, leurs hommes meurent au combat contre leurs frères au Mali que Valls désigne comme l' ’"ennemi extérieur" .

VOIR et ENTENDRE la famille de l'otage Pierre Legrand appelle à sa libération:

 
 - 13 points : l'opinion a encore viré dans son soutien à l'intervention au Mali

Selon un sondage IFOP, le niveau d'adhésion des Français à l'intervention militaire au Mali a progressé en fonction des succès faciles des forces sur le terrain. Avec l'arrivée des difficultés , le "chef de guerre" français a annoncé le retrait de ses troupes avant la fin mars et passé le mistigri au Tchad qui, depuis, a abattu deux chefs djihadistes en deux jours, jetant ainsi le doute sur l'engagement des troupes de l'ex-puissance coloniale et fait craindre que le troisième soldat français atteint d'une balle mortelle samedi signale un terrible gâchis.

Au plan diplomatique, le président tchadien qui a besoin de reconquérir son opinion, profite du désengagement français apparent pour faire sa propagande interne, mais les Tchadiens ne tarderont pas à réaliser que Hollande les considérait comme force d'appoint quand il n'avait que des pickups et des mobylettes face à lui, mais les envoie maintenant au front dans les collines où les terroristes islamistes sont maîtres du terrain et quand le Français cherche à ménager les djihadistes par crainte  de représailles.

Ansaru, un groupe islamiste qui serait lié aux islamistes de Boko Haram
revendique l'enlèvement, en décembre 2012, de Francis Collomp, 63 ans, par une trentaine d'hommes armés dans l'Etat de Katsina (nord du Nigeria), frontalier du Niger, tuant deux gardes du corps et un voisin. Ces islamistes se justifient notamment par l'intervention de la France  au Mali.
VOIR et ENTENDRE l'appel de la famille de Francis Collomp à la pitié des ravisseurs islamistes:


L'Elysée se mure dans le silence et l'opinion déchante

Dans la nuit du 24 novembre 2011, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, en voyages d'affaires selon leurs proches, sont enlevés dans leur hôtel à Hombori (nord-est du Mali). Aqmi revendique leur enlèvement et publie leurs photos le 9 décembre. Le 10 août 2012, Philippe Verdon parle de ses "conditions de vie difficiles" dans une video diffusée par le site mauritanien Sahara Medias.


VOIR et ENTENDRE la fille de Serge Lazarevic déplore l'absence d'informations:

  
Ainsi le "capitaine de pédalo" nous conduit-il à l'échec sur tous les terrains, dans les sables du Mali comme sur le carreau des usines.

vendredi 22 février 2013

Mali: ça tourne mal à Gao, avec l'intervention de l'aviation française

Quand ça va mal, c'est l'armée malienne...



Le Mujao affirme que 
 les combats 
 ne font que commencer


Le groupe islamiste armé qui a occupé Gao, le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest) a affirmé avoir envoyé des combattants dans la ville, pour la "libérer des mécréants". Il n'a pas précisé leur nombre, mais a affirmé que "la bataille" ne fait "que commencer" pour reconquérir Gao, Kidal et Tombouctou.

Les affrontements se sont intensifiés entre les belligérents maliens. 
Les groupes islamistes ont en effet lancé une contre-attaque sur la ville de Gao.

Les snipers islamistes 
seraient positionnés 
sur des toits de la ville de Gao

Entre 15 et 20 islamistes ont été tués, deux soldats français "très légèrement blessés" et "quatre soldats maliens blessés" au cours des combats à Gao dans le nord du Mali, jeudi 22 février, selon un bilan de l'état-major de l'armée française. 
"Les forces armées maliennes appuyées par la QFR [force de réaction rapide française] du groupement tactique interarmes 2 sont parvenues à neutraliser une quinzaine de terroristes" à Gao, écrit l'état-major sur le site du ministère de la Défense.


Les combats à Gao, engagés dans la nuit de mercredi à la périphérie de la ville, se sont poursuivis une grande partie de la journée de jeudi jusqu'au centre-ville avec des soldats maliens. "Appuyés par l'armée française", précise-t-on à chaque fois pour ne pas froisser les susceptibilités maliennes. Une source militaire malienne a évoqué jeudi la présence d'une "quarantaine d'islamistes" venus de villages proches de Gao.

VOIR et ENTENDRE un reportage daté du jeudi 21 faisant état de l'intervention d'avions  Mirage ou Rafale:

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


Après des coups de feu tout au long de la nuit, des combats à l'arme lourde avaient toujours lieu vendredi après-midi aux alentours de la mairie.
Selon un militaire malien, il y a dans les décombres de la mairie et du palais de justice de "nombreux" corps de combattants djihadistes qui portent des ceintures d'explosifs et tiennent à la main des grenades dégoupillées, ce qui rend leur évacuation délicate.

Les alentours des deux bâtiments sont, en outre, minés et les soldats maliens attendaient les démineurs de l'armée française.

Le manque de fair-play des media français laisse un goût amer en Afrique 


Quand la ville fut libérée à la fin du mois de janvier, ce fut par l'armée française.
Mais quand arrivent les difficultés, les combattants de l'armée malienne sont mis en cause par la presse aux ordres de l'Elysée. 


VOIR et ENTENDRE le reportage de i-télé (Canal+) quand les troupes n'ont plus face à elles des pickups et des mobylettes :

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Situé loin des montagnes du Nord où les otages français seraient retenus captifs à la frontière avec l'Algérie, le centre de Gao est toujours le théâtre de combats entre djihadistes et l'armée malienne.


lundi 11 février 2013

Le conflit malien est entré en phase de guérilla islamiste

Bataille à Gao entre islamistes et forces franco-maliennes

Armée française au sol
Les terroristes islamistes ont lancé une offensive surprise au coeur de Gao dimanche et se sont heurtés aux troupes françaises et maliennes qui commencent à rencontrer des difficultés à sécuriser le nord du Mali.

Signe que le pays est entré en guerre civile, il est toujours occupé non plus par ce qu'il était convenu d'appeler des terroristes, mais des "rebelles".

Alors que retentissait le fracas des armes dans les rues de Gao, les habitants de Gao se sont enfermés chez eux ou se sont mis à l'abri derrière des murs.
Les hélicoptères français qui survolaient la zone ont tiré sur les rebelles armés de fusils d'assaut AK-47 et de lance-roquettes, qui s'étaient faufilés dans le secteur du marché central et qui s'étaient cachés dans un commissariat,  rapportent des responsables français et maliens.

Ces combats à Gao font craindre que les islamistes chassés du nord du Mali par l'intervention française le 11 janvier n'optent désormais pour des combats de type guérilla ou pour des attentats suicide pour tenter de reprendre position.

L'armée malienne étant insuffisamment équipée pour sécuriser les zones reprises aux insurgés, de vastes zones à l'arrière des lignes françaises semblent désormais vulnérables à des opérations de guérilla.
"Ils ont infiltré la ville par la rivière. Nous pensons qu'ils étaient une dizaine. Ils ont été identifiés par la population et ils sont entrés dans le commissariat", a expliqué aux journalistes le général Bernard Barrera, commandant des opérations françaises au sol au Mali.

Il a ajouté que les hélicoptères français sont intervenus pour porter assistance à l'armée malienne coincée par les rebelles, qui lançaient des grenades à partir des toits.
Selon le colonel de gendarmerie malien Saliou Maiga, le but des insurgés était de mener des attentats suicide dans Gao.

La communication reste sous contrôle 
Outre la sémantique - sécurisation ou guérilla ? - et l'obligation de mettre l'armée malienne en valeur, aucun bilan chiffrage des victimes n'a été précisé
Un journaliste d'agence à Gao a toutefois pu voir un corps affaissé sur une moto: selon des militaires maliens, certains des rebelles évaporés dans la montagne pourraient être arrivés à Gao à moto.

Le kamikaze, "un arabe barbu"

Selon Abdoul Abdoulaye Sidibe, un parlementaire malien de Gao, les rebelles qui se sont infiltrés dans Gao "libérée" sont membres du Mouvement pour l'unicité et le Jihad en Afrique de l'ouest (Mujao) qui tenait la ville jusqu'à sa libération par les forces françaises le mois dernier.

Le Mujao est une faction dissidente d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui, avec le groupe malien Ansar Dine, a occupé les principales villes du Nord malien à partir du printemps 2012 et jusqu'à leur éviction par l'armée française.

Quelques heures avant cet échange de tirs de dimanche, les forces françaises et maliennes avaient pourtant procédé au renforcement d'un point de contrôle dans les quartiers nord qui avait été attaqué deux fois en deux jours par des kamikazes. Tard le soir, un point de contrôle de l'armée à la sortie nord de la ville avait été attaqué par une groupe de rebelles islamistes qui ont tiré à partir d'une route et d'un pont menant vers le nord par le désert, jusqu'à Bourem, à 80 km de là.

A cet endroit-même, un homme circulant à moto s'était fait exploser vendredi, blessant un soldat malien.
"Nos soldats ont été pris sous le feu des djihadistes depuis le pont. Au même moment, un autre les a contournés et a sauté par dessus le mur. Il a pu actionner sa ceinture d'explosifs", a raconté le capitaine Sidiki Diarra.

Le capitaine Diarra, a précisé que l'assaillant n'était pas un Noir, mais "
un Arabe barbu". Le kamikaze est mort et un soldat malien a été légèrement blessé. Dans l'attentat suicide à la moto de vendredi, un soldat malien avait également été blessé.

Des poches de rébellion existent toujours dans les zones désertes entre les grandes villes du nord du Mali, soulignent les forces françaises et maliennes.
Un habitant a raconté avoir vu un groupe de dix combattants islamistes armés à Batel, à dix kilomètres de Gao.
"Nous sommes dans une zone dangereuse. Nous ne pouvons pas être partout", a admis un officier français qui n'a pas voulu être nommé.

Vendredi, les forces françaises se sont emparées de Tessalit, près de la frontière algérienne. 
A partir de là, les Français, appuyés par un millier de militaires tchadiens dans la région de Kidal, doivent mener des patrouilles dans le massif montagneux de l'Adrar des Ifoghas où se cachent les islamistes qui ont réussi à se replier
C'est dans cette zone qu'ils détiendraient aussi sept otages français capturés au Sahel.

mercredi 6 février 2013

Mali : la France reconnaît des "accrochages" à Gao

Hollande, "chef de guerre" face à une "vraie guerre" 

Les soldats français au Mali ont même croisé des terroristes islamistes

Nos troupes mènent désormais une "vraie guerre": Paris a reconnu mercredi des "accrochages" avec des islamistes armés dans la région de Gao (nord-est), au moment au moment où Le Drian annonce un début de retrait de ses troupes en mars.

Lors de patrouilles franco-maliennes autour des villes reconquises, "on rencontre des groupes jihadistes résiduels et qui se battent", a déclaré à la radio Europe 1 à Paris Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense.

Occupée pendant des mois en 2012 par des islamistes armés, Gao est la plus grande ville du nord du Mali et la première à avoir été reprise par les troupes françaises et maliennes, le 26 janvier, après d'intenses bombardements aériens français. Des soldats nigériens y sont également présents.


Depuis, "il y a eu des tirs de lance-roquettes/rockets de groupes jihadistes résiduels dans la région de Gao, mardi. Il y a une vraie guerre. Quand on a repris Gao, il y a eu des combats", selon  Le Drian.

"Lorsque toutes les nuits, en ce moment, y compris la nuit dernière, les forces aériennes françaises ciblent et frappent des lieux de centres d'entraînement ou de regroupement de pick-ups des groupes jihadistes, c'est de la guerre. C'est une vraie guerre contre les groupes terroristes, c'est une guerre qui aujourd'hui nous a permis de marquer des points contre ces groupes et nous allons poursuivre", a insisté M. Le Drian.

Le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), qui occupait Gao, avait affirmé mardi soir avoir attaqué à la roquette les positions des soldats français et africains à Gao.

Des sources proches de la Misma (force ouest-africaine au Mali), dont environ 2.000 soldats sont déployés sur le terrain, avaient cependant démenti toute attaque contre leurs positions à Gao.


Mercredi, deux adolescents, armés d'un pistolet et de deux grenades, ont été arrêtés au marché de Gao par des soldats maliens. Les hypothèses d'une tentative d'attentat ou de vol sont étudiées.


Le dispositif de sécurité à Gao et dans sa région a été renforcé

Les troupes coalisées se préparent contre d'éventuelles infiltrations de combattants islamistes, a indiqué une source au sein de l'armée malienne. Des hélicoptères français patrouillent sur l'axe Douentza-Gao, selon des témoins.

Le ministre français de la Défense a par ailleurs reconnu que depuis le lancement de l'intervention française au Mali le 11 janvier, il y a eu "quelques blessés français mais des blessés relativement légers". Outre un pilote d'hélicoptère tué au début de l'intervention, la France n'a jusqu'alors évoqué que "deux ou trois blessés anecdotiques, sans gravité".

Les forces françaises totalisent aujourd'hui 4.000 hommes, soit presque le double de ce qui avait été annoncé au début du conflit. Ce chiffre, qui équivaut au nombre de militaires déployés en Afghanistan à son maximum en 2010, n'augmentera plus, selon M. Le Drian.

Du côté des jihadistes, "il y a eu des pertes significatives", selon le ministre qui a dit ne pas vouloir faire de "comptabilité". Mais mardi, son ministère avait parlé de "plusieurs centaines" de morts lors de raids aériens sur des pick-ups transportant des hommes ou du matériel de guerre, et durant "des combats directs, frontaux à Konna et Gao".

Début de retrait français en mars

Une offensive surprise des islamistes armés le 10 janvier sur Konna, ville du centre du Mali, avait déclenché l'entrée en guerre de la France pour stopper leur avancée vers le Sud et Bamako.

Mercredi, le président français François Hollande a confirmé à ses ministres que le contingent français au Mali commencerai à se retirer à partir du mois de mars, "si tout se passe comme prévu".

Les accrochages dans le secteur de Gao prouvent que les groupes islamistes armés ne sont pas seulement présents dans la seule région de Kidal (extrême nord-est), mais qu'ils résistent aussi ailleurs dans le nord du Mali.

Les quelque 400 km de route qui séparent les villes de Douentza et Gao sont truffés de mines, selon des journalistes .

La zone la plus sensible reste la région de Kidal, notamment le massif des Ifoghas situé au nord, près de la frontière algérienne, où se sont retranchés une partie des chefs et combattants  islamistes liés à Al-Qaïda, et a été la cible de nombreux bombardements de l'aviation française.



Tenue par des rebelles touareg et des islamistes s'affirmant "modérés" et prêts "au dialogue" avec Bamako, la ville  de Kidalest "sécurisée" par quelque 1.800 soldats tchadiens (ci-contre), les troupes françaises contrôlant, elles, l'aéroport.

Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont affirmé qu'ils "coordonnent" leurs actions avec les forces françaises dans le nord du Mali contre les "terroristes" islamistes en fuite.


Le Drian a reconnu que
les soldats français ont à Kidal "des relations fonctionnelles avec le MNLA", mouvement qui avait lancé l'offensive le 17 janvier 2012 dans le nord du Mali, avant de s'en faire évincer par les jihadistes avec lesquels il était allié. 


Un porte-parole, qui a défendu le "réel engagement" du MNLA" dans la lutte contre le terrorisme", n'a pas donné de détails sur la façon dont le groupe coopère avec les soldats français à Kidal, berceau des Touareg.


dimanche 3 février 2013

Hollande va frapper les islamistes à la frontière algérienne

Mali: frappes massives près de Kidal, au lendemain de la visite de Hollande

Rien n'arrête plus notre Scipion-l'Africain

L'armée française a pillonné dimanche la région de Kidal, dernier fief des terroristes islamistes armés dans l'extrême nord-est du Mali, près de la frontière algérienne, cinq semaines après sa  visite à Bouteflika, et au lendemain de la visite triomphale du président français de substitution  à DSK au président malien par intérim. 

Le libérateur du Mali libérera-t-il les otages français ?

C'est en effet autour de Kidal, dans le massif des Ifoghas, que seraient détenus les sept otages français au Sahel, selon Paris. Evoquant brièvement leur sort samedi, François Hollande a jugé que "les ravisseurs doivent comprendre que le moment est venu de libérer les otages", ajoutant que les forces françaises au Mali en étaient désormais "tout près".

La zone de Tessalit a été la cible"d'importantes frappes aériennes"

Les avions Rafale de Dassault sont entrés en action, à 200 km au nord de Kidal, aux confins de l'Algérie, dans la nuit de samedi à dimanche selon le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Thierry Burkhard.

Il a précisé que ces bombardements visaient "des dépôts logistiques et des centres d'entraînement" des islamistes armés liés à Al-Qaïda, un peu plus de trois semaines après le début de l'intervention militaire française.

Une bonne partie des chefs et des combattants des groupes islamistes serait concentrée dans cette vaste zone de montagnes et de grottes autour de Kidal, selon des experts et des sources de sécurité régionales.

Parmi eux, se trouveraient l'Algérien Abou Zeïd, un des émirs les plus radicaux d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un ex-rebelle touareg malien arabe des années 1990, originaire de Kidal qui connaît parfaitement la région.

Les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) ont d'ailleurs affirmé samedi avoir eu vendredi "un accrochage" avec une unité d'islamistes dans la région de Tessalit, qui s'est conclu par "l'arrestation de plusieurs jihadistes".

Avant que les frappes françaises autour de Tessalit ne soient connues, le ministre malien des Affaires étrangères, Tièman Hubert Coulibaly, avait souhaité que l'opération française se poursuive au Mali, "d'autant que la dimension aérienne est très importante", "face à des combattants aguerris dont il faut détruire l'arsenal", dans un entretien à l'hebdomadaire français Le Journal du Dimanche.

Samedi, le chef de l'Etat français a dénoncé avec force la "barbarie" des terroristes islamistes armés en visitant la cité emblématique de Tombouctou, mutilée par les jihadistes.
"Papa François Hollande", comme l'ont surnommé les habitants de Tombouctou, "petit père du peuple"  "frère de tous les Maliens et ami sincère de l'Afrique", selon le président malien par intérim Dioncounda Traoré  a fait la promesse aux Maliens que la France n'a pas encore "terminé sa mission" face aux "terroristes" et assuré que les soldats français seront au côté des militaires maliens pour, "plus au Nord, finir cette opération" de reconquête de l'intégrité territoriale du pays.

L'assaut de la ville de Konna a fait des victimes civiles

Lors de la guerre au nord du Mali entre le 10 au 17 janvier 2013, trois femmes et un enfant ont été tués par un bombardement, selon le maire de la ville, et au moins 11 civils ont été tués lors des combats
Amnesty International déclare avoir réuni les preuves établissant qu'au moins 5 civils dont 3 enfants ont en fait été tués par les avions français dans les bombardements du 11 janvier. 71 personnes, blessées lors des combats à Konna, sont envoyés à l'hôpital de Mopti.
Un pilote d'hélicoptère Gazelle français a également été tué: le lieutenant Damien Boiteux fut mortellement blessé le 11 lors de l'attaque des colonnes de véhicules.

Selon des habitants, plusieurs prisonniers de guerre islamistes ou des suspects ont été tués par des soldats maliens dans des camps militaires à Sévaré, parmi lesquels des blessés pris à Konna, des témoins évoquant notamment un charnier de 25 à 30 corps ou des cadavres jetés dans des puits
D'après Human Rights Watch, au moins 13 personnes ont été exécutés sommairement par des soldats maliens et 5 autres ont disparu entre le 9 et le 18 janvier à Sévaré, Konna et les villages environnants.

A Kidal, on ne veut "pas de guerre"

Si les deux principales villes du nord du Mali, Gao et Tombouctou, ont été reprises, quasiment sans combats, aux islamistes armés qui occupaient ces régions depuis des mois, la situation est très confuse "plus au Nord", autour de Kidal, et du massif des Ifoghas.
Kidal, à 1.500 km de Bamako, a longtemps été le bastion d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un des groupes armés qui a multiplié les exactions dans le Nord malien.

Mais, avant même l'arrivée dans la nuit du 29 au 30 janvier de soldats français qui ont pris le contrôle de l'aéroport de la ville, elle était passée sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, groupe dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg).
Ces deux groupes ont assuré la France de leur soutien, mais ils ont exigé qu'aucun soldat malien, ni ouest-africain, ne soit déployé à Kidal, berceau traditionnel des rébellions touareg contre le pouvoir de Bamako, craignant notamment des exactions d'éléments noirs visant les communautés arabe et touareg.
De telles exactions visant ces ethnies, assimilées aux groupes islamistes armés, ont été rapportées dans le centre et le nord du Mali par plusieurs ONG. Samedi, François Hollande et Dioncounda Traoré ont prôné ensemble une conduite "exemplaire" de la part de leurs soldats.

Avions de combat Rafale
De nouveaux renforts français sont arrivés samedi à Kidal par avion, selon des habitants. Et des soldats tchadiens (pays non membre de l'Afrique de l'Ouest) ont commencé à se déployer en ville.

Selon plusieurs témoignages d'habitants, militaires français et tchadiens ont patrouillé pour la première fois samedi dans les rues de Kidal. Des Tchadiens ont même été aperçus sur le marché de la ville, en train de faire des courses.
Le contingent tchadien à Kidal serait d'environ 150 soldats, selon des témoins.

Sur place, la population semble anxieuse
"On ne sait pas ce qui va se passer. Nous ne voulons pas de guerre ici", résume un ancien fonctionnaire de la mairie de Kidal, joint par téléphone.
Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a rapporté mardi que des centaines de personnes ont fui Kidal pour se rapprocher de l'Algérie, en dépit du fait que la frontière soit officiellement fermée.

De leur côté, les Etats-Unis ont rappelé dimanche qu'ils n'ont eu "aucune hésitation" à soutenir la France
A défaut de troupes, ils fournissent notamment des renseignements et des avions ravitailleurs, dans son opération au Mali, alors que le vice-président Joe Biden est attendu dimanche à Paris, où il doit rencontrer François Hollande.

L'Egyptien Morsi n'a plus qu'à bien se tenir !


mardi 15 janvier 2013

Mali: les islamistes mobilisent les salafistes de France

Des djhadistes du Mali veulent pouvoir "frapper le coeur de la France."

Le juge d'instruction antiterroriste Marc Trevidic commente ces menaces pour le Nouvel Observateur et tente de rallier l'opinion française à l'entreprise de guerre du gouvernement, fer de lance isolé du combat contre l'invasion islamiste du Mali. L'ingérence française est-elle en train de tourner en opération médiatique accréditant l'idée d' ...auto-défense ?

En octobre, le juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic observait déjà des "frémissements de départs" de djihadistes français vers le Mali, dont le nord est contrôlé par des groupes islamistes armés. Après que François Hollande a décidé, vendredi dernier, de lancer l'intervention des forces françaises au Mali, sans consulter le Parlement, "le Nouvel Observateur" a questionné Marc Trevidic, lundi 14 janvier.

Certains responsables djihadistes affirment qu'ils vont "frapper le cœur de la France". Qui sont-ils et quel crédit donner à leurs menaces ?
- Ce sont les chefs des groupes locaux au Mali qui font, à mon avis, plus un appel aux djihadistes ou aux salafistes en France pour essayer de faire quelque chose qu'ils n'ont pas réellement la possibilité d'organiser eux-mêmes. C'est pour cela qu'ils diffusent cela dans la presse et sur Internet. C'est un message, une manière de dire "la France est notre ennemie. Tapez là", mais ce n'est certainement pas eux qui, actuellement, sont capables d'organiser quoi que ce soit depuis le Mali.
Ils s'adressent finalement à leurs sympathisants sur le territoire français. Il ne faut pas croire qu'ils puissent eux-mêmes organiser vraiment quelque chose alors qu'ils sont en pleine guerre, qu'il y a des frappes françaises, etc. Il y a déjà pour l'heure suffisamment de problèmes à résoudre au Mali. Pour organiser l'exportation du terrorisme sur un autre territoire, il faut être un groupe puissant et disposer d'un peu de temps. C'est très compliqué et donc, trop tôt pour l'instant. C'est surtout un appel à la "bonne volonté" de leurs sympathisants sur le territoire français.
De quels "sympathisants" s'agit-il ?
- Ceux qui, simplement, partagent leur idéologie. On a quand même des groupes qui se sont constitués et ont déjà envoyé certains de leurs membres au Mali. Ce sont ces gens-là auxquels on demande de faire quelque chose puisqu'ils ont montré une sympathie pour le djihad au Mali.

Hollande a déclaré que la France n'avait "pas d'autre but que la lutte contre le terrorisme". Le Directeur général de la police nationale, Claude Baland, dit que la menace est "réelle." Et le plan Vigipirate a été renforcé. Qu'en penser ?
- Le plan Vigipirate est un élément parmi d'autres qui permet de renforcer les contrôles et d'éviter des actes isolés comme celui d'une personne qui passerait à l'acte sur un coup de tête. Mais on sait très bien que la vraie lutte contre le terrorisme se fait par la surveillance des groupes ou des groupuscules qu'on a déjà repérés et dont on sait qu'ils peuvent être potentiellement dangereux. On sait que cela fait plusieurs mois que les services français se sont occupés d'essayer de voir dans les groupes salafistes ceux qui ont des connexions avec le Mali et qui pourraient éventuellement passer à l'acte. Ce travail a déjà été fait en amont en grande partie.
[Il est toutefois paradoxal qu'une ancienne puissance coloniale puisse intervenir sans mandat de l'ONU ni vote parlementaire, et qu'aussitôt une ou plusieurs associations ne s'insurgent ! Le Mouvement de la Paix s'est-il manifesté ? A gauche, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a jugé "discutable" l'intervention de l'armée française, tout comme Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)]

Où en est la surveillance d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) au Mali depuis l'affaire Merah ?
- Aqmi est tout de même un peu en retrait au Mali. Ce sont en grande partie des Algériens qui regardent un peu ça de loin. Les groupes locaux, Ansar Dine et Mujao, sont beaucoup plus actifs et composés de population locale, des Sénégalais et des Nigériens. Des messages de menaces contre la France comme celui que vous avez cité ("frapper le cœur de la France", ndlr), Aqmi en fait depuis longtemps. Ça n'a rien de nouveau. Ce qui est nouveau, en revanche, c'est que ces messages viennent à présent également de ces autres groupes qui sont beaucoup plus locaux et sont plus, quelque part, des scissions d'Aqmi.
Aqmi est notre ennemi depuis longtemps. Droukdel (Abdelmalek Droukdel, chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, ndlr) a plusieurs fois menacé la France dans des termes à peu près identiques, notamment après la mort de Germaneau (humanitaire français tué en 2010 qu'Aqmi a annoncé avoir exécuté, ndlr). Il faut se souvenir qu'il avait dit "qu'on allait le payer, qu'on creusait nos propres tombes", un langage qu'on retrouve à présent dans la bouche d'autres groupes.

Vous avez évoqué dans une interview au "JDD" un dossier qu'on vous a confié concernant trois jeunes Français de 20 ans voulant aller faire le djihad en Afghanistan et au Mali. Des jeunes Français partent-ils faire le djihad au Mali ? Sont-ils nombreux ?
- Oui, il y en a, mais de là à dire qu'ils sont nombreux... Il y a surtout des petits groupes qui se créent avec des gens qui veulent faire le djihad et ne savent pas la destination qu'ils vont prendre. Maintenant ils le savent. Ils ont voulu aller au Yémen, et finalement leur choix se porte sur le Mali parce qu'on leur a dit "ça y est la charia y est appliquée" et que le Mali allait être attaqué, c'est pour ça qu'il y a cet attrait pour le Mali. Il y a toujours une volonté de faire le djihad quelque part, mais les endroits changent; il y a des lieux de djihads "à la mode", pour différentes raisons. Aujourd'hui, c'est le Mali. Hier, c'était le Waziristan [région montagneuse du nord-ouest du Pakistan]. Ça se déplace, en touchant finalement la même population extrémiste qui veut aller à tout prix faire son djihad.
[Ainsi la France se désengage-t-elle à grands frais de l'Afghanistan pour engager nos forces vives au Mali. Pour Hervé Gattegno dans Le Point, " Non, il n'y a pas de guerre sans arrière-pensées ! " et l'intervention militaire lancée par Hollande au Mali contre les islamistes a pour but de maintenir l'influence française en Afrique. Plutôt que du risque d'enlissement, la classe politique considère que François Hollande, chef de guerre, pourrait être le seul bénéficiaire de cette intervention militaire]

 Il s'agit donc de petits groupes isolés ?

- Ce sont en effet de petits groupes. On n'a pas détecté aujourd'hui de grosses structures en lien avec le Mali. Tout cela est beaucoup trop neuf. Ça va vraiment très vite. Il ne s'est pas mis en place de filières très sophistiquées. C'est plus l'initiative de petits groupes de copains.

Comment sont recrutés les djihadistes qu'on peut trouver au Mali ?
- Le milieu ambiant compte toujours, les amis que vous avez autour de vous dans des milieux plus ou moins salafistes. Il y a aussi Internet, et cette propagande très fine qui montre des images de musulmans victimes, des images de guerre à la gloire des moudjahidines... Le choc de l'image est très important pour les jeunes, notamment pour les mineurs. Après, si on voit qu'ils vont souvent sur ces sites, ils seront contactés par messagerie privée, et on verra jusqu'où on peut les embrigader. C'est un peu la voie royale aujourd'hui.
Où en est-on en matière de lutte contre le terrorisme et particulièrement par rapport au Mali ?
- L'idée a été de se dire que si ces groupes djihadistes et leur idéologie très violente prenaient Bamako, une ville de 2 millions d'habitants, ils seraient indélogeables. Il fallait donc aller plus vite. Maintenant, on a au moins l'impression que la partie est engagée, qu'on maîtrise quand même plus ou moins ce qu'il se passe. Du travail a été réalisé en amont sur le territoire français, donc on n'a pas l'impression pour l'instant d'être débordés. Maintenant, l'avenir nous dira leur degré de résistance, leur degré de réponse à cette situation-là. On ne peut pas trop prévoir comment ça peut tourner.

Au final, le juge anti-terrorisme ne livre aucune information nouvelle et utile: l'entretien ne sert qu'à justifier l'interventionnisme français mais le Nouvel Observateur participe ainsi au formatage de l'opinion française.
Un sondage devrait suivre...