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samedi 7 mars 2015

Attentat terroriste à Bamako, Mali: trois Européens et deux Maliens abattus dans un restaurant européen

Défi à Hollande

Une attentat contre un restaurant européen de Bamako a fait cinq morts dans la capitale malienne.

Trois Blancs, dont un Français et un Belge, et deux Maliens,  ont été assassinés dans la nuit de vendredi à samedi, ont annoncé la police et une source hospitalière. Dans un communiqué en langue de bois, l'Elysée dénonce "avec la plus grande force le lâche attentat" commis à Bamako et annonce que le président Hollande va "offrir l'aide de la France" au président malien Ibrahim Boubakar Keïta, qui était présent à Paris le 11 janvier 2015 pour l'hommage aux 17 victimes des attentats par des djihadistes français, a indiqué la présidence française.
"Au moins un homme armé est entré peu après minuit heure locale dans le restaurant La Terrasse", explique -de toute évidence- la police malienne... Au vu des victimes au sol, la police conclut tout aussi finement qu' "il a ouvert le feu," dans ce lieu de convivialité situé dans un quartier de la capitale malienne apprécié des expatriés.

"C'est une attaque terroriste, même si nous attendons des précisions." 

Selon un bilan provisoire, il y a quatre morts: un Français, un Belge et deux Maliens", a d'abord déclaré un policier. 
Mais un troisième Européen, dont la nationalité n'a pas pu être établie, est mort lors de son admission, révèle  une source à l'hôpital Gabriel Toure de Bamako

De plus, huit personnes ont été blessées, selon cette source hospitalière.
Paris a confirmé la probabilité du décès d'un Français. "ll y a très vraisemblablement un Français, en cours d'identification, parmi les cinq victimes ayant trouvé la mort. Il n'y aurait pas de Français, en revanche, parmi les blessés, mais des vérifications sont en cours", indique le communiqué de la présidence. 

Valls est encore monté dans les cintres

pour manier l'hyperbole



Un homme et une femme ont ouvert le feu avec des armes de gros calibre, selon  Le Combat, un quotidien de Bamako, sur son site web.  Selon cette source, un troisième assaillant montait la garde à l'entrée du restaurant, mais cette information n'a pas encore été confirmée.
Selon ce même quotidien, des témoins ont déclaré avoir vu les agresseurs s'échapper dans au moins deux véhicules, une Mercedes noire et une BMW.


Contraste: froideur proche de l'indifférence chez Fabius


Des pompiers ont sorti sur une civière le corps d'un Français tué dans l'établissement La Terrasse, un restaurant-nightclub situé dans le quartier très fréquenté de l'Hippodrome. Dans une rue voisine du bar, le corps d'un policier malien et celui du gardien d'un domicile privé gisaient au sol, alors qu'un peu plus loin le corps d'un ressortissant belge était également visible. Des dizaines de policiers ont bouclé le secteur, et les rares témoins directs de l'événement refusaient de témoigner par peur de représailles.

Bartolone prépare son retour dans le 9.3...



L'ambassade de France à Bamako a adressé un message conseillant "la prudence" à tous les ressortissants français vivant dans la capitale malienne.

Les Maliens en colère contre la France


La visite du premier ministre malien Moussa Mara à Kidal en mai 2014 – la première d’un officiel malien de haut rang depuis le début des troubles en janvier 2012 – a été l’occasion d’un déchaînement de violence qui a fait plusieurs dizaines de morts. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, organisation politique et militaire majoritairement touarègue, active au Nord du Mali), qui contrôle de fait la ville avec la bénédiction de la France et des forces des Nations Unies (MINUSMA) a en effet considéré cette visite comme une provocation et a attaqué la délégation gouvernementale sans que ni Serval ni la MINUSMA ne lève le petit doigt pour le protéger.

Le Mali se retrouve donc de fait en guerre contre le MNLA et après avoir massé des troupes autour de la ville de Kidal– on parle de 1.500 hommes – est passé à l’offensive, apparemment sans grand succès.
Rare au Sahel, le serval est amical
et facile à domestiquer
Les tragiques événements de mai 2014 sont la conséquence directe des décisions prises par la France et par son Président et suscitent la colère de la population malienne.En effet, après avoir laissé son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, effectuer des purges rigoureuses au sein de la direction Afrique du Quai d’Orsay, François Hollande a abdiqué tout pouvoir devant les militaires et les services spéciaux qui règnent désormais en maîtres au Sahel. Hollande a clairement a tout perdu en croyant pouvoir s’appuyer sur le MNLA pour conduire le combat contre AQMI, récupérer les otages français du Sahel et rétablir la paix au Mali. Le serval, rappelle un leader politique de premier plan à Bamako, a pour principale caractéristique de pisser toutes les deux minutes pour marquer son territoire. Les Français ont pissé partout... Aujourd'hui, Hollande se pisse dessus.

L'armée française est supposée assurer le maintien de la sécurité

L'ambassade de France dit qu'elle "a constitué une cellule de crise, averti les Français dès cette nuit et renforcé la sécurité de nos implantations en liaison avec les autorités maliennes", a précisé la présidence française soucieuse de justifier sa présence au Mali et son assistance au régime. 
Le parti du président IBK, le Rassemblement pour le Mali, est membre observateur de... l’Internationale socialiste. Hollande "va s'entretenir avec le président du Mali Ibrahim Boubakar Keïta pour lui témoigner sa sympathie, son amitié et lui offrir l'aide de la France", déclare le communiqué.

Depuis le "printemps arabe" et la chute des pouvoirs forts du Proche-Orient, le Mali, qui est le théâtre d'affrontements ethniques et d'une insurrection islamiste, tente de retrouver la stabilité et la paix depuis un coup d'Etat en 2012.
Des djihadistes liés à al-Qaïda -sunnite fondamentaliste- contrôlent encore  une grande partie du territoire, après plus de neuf mois de liberté de nuire et malgré une intervention militaire française qui les a  repoussé au nord du pays. L'argent qui permet aux terroristes d'Al-Qaïda de mener leurs combats provient en grande partie de riches et pieux donateurs privés -salafistes fondamentalistes- vivant dans la péninsule arabique, Arabie saoudite ou Qatar.


mercredi 6 février 2013

Mali : la France reconnaît des "accrochages" à Gao

Hollande, "chef de guerre" face à une "vraie guerre" 

Les soldats français au Mali ont même croisé des terroristes islamistes

Nos troupes mènent désormais une "vraie guerre": Paris a reconnu mercredi des "accrochages" avec des islamistes armés dans la région de Gao (nord-est), au moment au moment où Le Drian annonce un début de retrait de ses troupes en mars.

Lors de patrouilles franco-maliennes autour des villes reconquises, "on rencontre des groupes jihadistes résiduels et qui se battent", a déclaré à la radio Europe 1 à Paris Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense.

Occupée pendant des mois en 2012 par des islamistes armés, Gao est la plus grande ville du nord du Mali et la première à avoir été reprise par les troupes françaises et maliennes, le 26 janvier, après d'intenses bombardements aériens français. Des soldats nigériens y sont également présents.


Depuis, "il y a eu des tirs de lance-roquettes/rockets de groupes jihadistes résiduels dans la région de Gao, mardi. Il y a une vraie guerre. Quand on a repris Gao, il y a eu des combats", selon  Le Drian.

"Lorsque toutes les nuits, en ce moment, y compris la nuit dernière, les forces aériennes françaises ciblent et frappent des lieux de centres d'entraînement ou de regroupement de pick-ups des groupes jihadistes, c'est de la guerre. C'est une vraie guerre contre les groupes terroristes, c'est une guerre qui aujourd'hui nous a permis de marquer des points contre ces groupes et nous allons poursuivre", a insisté M. Le Drian.

Le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), qui occupait Gao, avait affirmé mardi soir avoir attaqué à la roquette les positions des soldats français et africains à Gao.

Des sources proches de la Misma (force ouest-africaine au Mali), dont environ 2.000 soldats sont déployés sur le terrain, avaient cependant démenti toute attaque contre leurs positions à Gao.


Mercredi, deux adolescents, armés d'un pistolet et de deux grenades, ont été arrêtés au marché de Gao par des soldats maliens. Les hypothèses d'une tentative d'attentat ou de vol sont étudiées.


Le dispositif de sécurité à Gao et dans sa région a été renforcé

Les troupes coalisées se préparent contre d'éventuelles infiltrations de combattants islamistes, a indiqué une source au sein de l'armée malienne. Des hélicoptères français patrouillent sur l'axe Douentza-Gao, selon des témoins.

Le ministre français de la Défense a par ailleurs reconnu que depuis le lancement de l'intervention française au Mali le 11 janvier, il y a eu "quelques blessés français mais des blessés relativement légers". Outre un pilote d'hélicoptère tué au début de l'intervention, la France n'a jusqu'alors évoqué que "deux ou trois blessés anecdotiques, sans gravité".

Les forces françaises totalisent aujourd'hui 4.000 hommes, soit presque le double de ce qui avait été annoncé au début du conflit. Ce chiffre, qui équivaut au nombre de militaires déployés en Afghanistan à son maximum en 2010, n'augmentera plus, selon M. Le Drian.

Du côté des jihadistes, "il y a eu des pertes significatives", selon le ministre qui a dit ne pas vouloir faire de "comptabilité". Mais mardi, son ministère avait parlé de "plusieurs centaines" de morts lors de raids aériens sur des pick-ups transportant des hommes ou du matériel de guerre, et durant "des combats directs, frontaux à Konna et Gao".

Début de retrait français en mars

Une offensive surprise des islamistes armés le 10 janvier sur Konna, ville du centre du Mali, avait déclenché l'entrée en guerre de la France pour stopper leur avancée vers le Sud et Bamako.

Mercredi, le président français François Hollande a confirmé à ses ministres que le contingent français au Mali commencerai à se retirer à partir du mois de mars, "si tout se passe comme prévu".

Les accrochages dans le secteur de Gao prouvent que les groupes islamistes armés ne sont pas seulement présents dans la seule région de Kidal (extrême nord-est), mais qu'ils résistent aussi ailleurs dans le nord du Mali.

Les quelque 400 km de route qui séparent les villes de Douentza et Gao sont truffés de mines, selon des journalistes .

La zone la plus sensible reste la région de Kidal, notamment le massif des Ifoghas situé au nord, près de la frontière algérienne, où se sont retranchés une partie des chefs et combattants  islamistes liés à Al-Qaïda, et a été la cible de nombreux bombardements de l'aviation française.



Tenue par des rebelles touareg et des islamistes s'affirmant "modérés" et prêts "au dialogue" avec Bamako, la ville  de Kidalest "sécurisée" par quelque 1.800 soldats tchadiens (ci-contre), les troupes françaises contrôlant, elles, l'aéroport.

Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont affirmé qu'ils "coordonnent" leurs actions avec les forces françaises dans le nord du Mali contre les "terroristes" islamistes en fuite.


Le Drian a reconnu que
les soldats français ont à Kidal "des relations fonctionnelles avec le MNLA", mouvement qui avait lancé l'offensive le 17 janvier 2012 dans le nord du Mali, avant de s'en faire évincer par les jihadistes avec lesquels il était allié. 


Un porte-parole, qui a défendu le "réel engagement" du MNLA" dans la lutte contre le terrorisme", n'a pas donné de détails sur la façon dont le groupe coopère avec les soldats français à Kidal, berceau des Touareg.


vendredi 7 septembre 2012

Mali: appel à l'aide militaire contre la menace islamiste


Les islamistes armés l'ont emporté sur les rebelles touaregs, Berbères nomades du nord du Mali.

Ainsi, trois des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont d'abord été signalés  à Tombouctou, tandis qu'à Bamako des putschistes, au ban de toute l'Afrique de l'Ouest, cherchent une sortie honorable.


En janvier 2012, le MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawa), organisation politique et militaire touarègue active au Nord-Mali, attaque les camps militaires maliens et les villes situés dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal. 
Le 22 mars 2012, des soldats putschistes dirigés par Amadou Haya Sanogo, un capitaine de l'armée malienne, prennent le contrôle de la présidence par un coup d'État qui entraîne le départ d'Amadou Toumani Touré (dit ATTet la mise en place d'un couvre-feu temporaire.
Le front du refus s'est formé. Il fédère 38 partis politiques - dont l'Union pour la République et la démocratie (URD) et l'Alliance pour la démocratie au Mali (l'Adéma) - ainsi qu'une vingtaine d'associations déterminées. Le seul parti d'opposition à l'Assemblée désormais dissoute (trois des 147 députés), Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi), a apporté son soutien aux mutins en créant le "MP22", le Mouvement populaire du 22 mars.

La junte convoque "une convention nationale" sur l'avenir du Mali et envisage de poursuivre le président Amani Toumani Touré pour "haute trahison". Trois algériens "ont participé à une rencontre entre Iyad Ag Ghaly (le chef du mouvement islamiste Ansar Dine et ex-figure des rébellions touaregs des années 1990) et les imams de la ville", a expliqué qu' "il n'est pas venu pour l'indépendance mais pour l'application de la loi islamique".


Le 1er avril 2012, la rébellion Touareg du MNLA, alliée au mouvement salafiste Ançar dine, contrôle les trois régions situées au Nord du Mali et proclame l'indépendance de l'Azawad, zone tampon entre l'espace saharien et l'espace sahélien. Le MNLA réclame l'indépendance de l'Azawad tandis qu'Ançar dine souhaite imposer la charia. Les deux mouvements revendiquent le contrôle des principales villes. Le 4 avril, le MNLA décide unilatéralement la fin des opération militaires.

Le 6 avril, le président Amadou Toumani Touré accepte de démissionner et Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale, devient président par intérim.

La proclamation d’indépendance de l’Azawad par les touaregs du MNLA a été catégoriquement condamnée par les différents partis maliens, ainsi que par l’Union africaine et la communauté internationale.


Le président Dioncounda Traoré ne souhaite pas toutefois la présence de forces combattantes étrangères sur le sol malien


Toutefois, Bamako a officiellement demandé, mercredi, aux pays voisins de venir l'aider militairement. 
Une requête qui a pris la forme d'une lettre écrite par le chef de l'État malien, Dioncounda Traoré, à son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, président en exercice de Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'organisation régionale. Pour formelle qu'elle soit, la démarche n'en est pas moins une étape très attendue pour tenter de sortir le Mali de la crise où l'a plongé, en mars, un coup d'État suivi de l'occupation du nord du pays par des milices islamistes radicales. "C'est un pas important", souligne Jean Félix-Paganon, le représentant spécial de la France pour le Sahel.

Pour autant, la situation reste préoccupante. À Bamako, la question d'une future intervention extérieure divise toujours. Jeudi, les partis politiques ont, pour la plupart, vite fait connaître leur satisfaction. "C'est une bonne chose car le plus important c'est la reconquête du Nord", a insisté Mamadou Ladji Cissé, le porte-parole du Front de refus. Mais les putschistes, menés par le capitaine Amadou Haya Sanogo, se sont montrés nettement moins enthousiastes. "Nous ne voulons pas d'hommes de la Cédéao sur notre sol", a lancé sur RFI, le porte-parole de la junte. "Ces sons de cloches différents sont curieux. Nous avons l'impression que le président Traoré a saisi la Cédéao sans en référer avant aux militaires. Ce n'est pas bon signe", commente un homme politique malien qui se dit "inquiet".

Vers un feu vert de l'ONU


Mali, des rebelles islamistes
de la faction Ansar Dine,
le 16 mai 2012

La junte, si elle a officiellement remis le pouvoir aux civils, conserve en réalité bien des pouvoirs et la haute main sur les questions militaires. 
Dans sa lettre à la Cédéao, le président a d'ailleurs fait plusieurs concessions aux anciens mutins. Ainsi, n'est-il plus question que des troupes africaines, même limitées "à cinq bataillons" (soit entre 600 et 900 hommes), stationnent à Bamako pour sécuriser le gouvernement comme il en avait été question.
De même, les futurs combats au nord seront menés par les seuls soldats maliens appuyés par les Casques blancs de la Cédéao qui ne seront pas "des forces combattantes". 
Enfin l'Afrique de l'Ouest apportera un soutien logistique et aérien, à l'armée locale. 

Ces arrangements suffiront-ils à convaincre les militaires rebelles? 
Rien n'est moins sûr. Du côté de la Cédéao, les points d'interrogation s'accumulent. La future force (Micema), qui devait compter 3300 hommes, est toujours très floue. Pour l'instant, seul le Burkina Faso a formellement promis une contribution. Par ailleurs, ces armées africaines, pauvres, n'ont pas les moyens de se déployer seules, ou d'apporter le soutien logistique et aérien promis à leurs frères maliens.
La France et les États-Unis pourraient suppléer ce manque. Les bases de cette intervention ont été jetées lors d'une réunion à Bamako le 14 août dernier. Encore faut-il que l'ONU donne son feu vert. À New York, le président du Conseil de sécurité, l'Allemand Peter Wittig a assuré attendre des précisions. 

Les deux premiers projets déposés à l'ONU par la Cédéao ont été repoussés. "Ils étaient trop imprécis, trop ambitieux et trop coûteux", assure un observateur.

Les atermoiements occidentaux profitent aux islamistes

Quelques jours après après la prise de Gao, les islamistes ont chassé les rebelles du Mouvement de libération de l'Azawad (MNLA) de Tombouctou et mis la main sur la ville. Les Touaregs ne contrôlent plus aucune place forte de la région.

VOIR et ENTENDRE ce reportage de France 24 (fin juin 2012):


Samedi, le Mujao, l'une des milices djihadistes occupant de nord du Mali, s'est emparé sans combattre de Douentza, une ville clé sur la route de Bamako, prouvant une fois de plus leur supériorité militaire actuelle.

samedi 30 juin 2012

Mali: les islamistes détruisent des mausolées de Tombouctou

Et si toutes les civilisations ne se valaient vraiment pas ?

Culture, civilisation ou fanatisme

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait-il fait fort sur  RTL : "Toutes les civilisations de se valent pas.  J’exprime ce que je pense c’est tout. Cela veut dire que pour nous que tout ne se vaut. Aux vues de leurs réactions, pour la gauche tout se vaut. Nous refusons à la différence de la gauche le communautarisme c’est une grosse différence avec le PS  (…) Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas (…) Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient (…) Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique".

Des combattants d'Ansar Dine, mouvement islamiste lié à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ont détruit samedi plusieurs mausolées de Tombouctou, ville du nord du Mali classée cette semaine au Patrimoine mondial en péril de l'UNESCO, rapportent des témoins.

Bamako avait fait la demande de classement après la prise en avril des deux tiers nord du pays par les séparatistes touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) alliés à des islamistes. Ces derniers jugent les mausolées soufis impies.
"Ils ont déjà complètement détruit le mausolée de Sidi Mahmoud (Ben Amar) et deux autres (Sidi el Moktar et Alfa Moya). Ils disent qu'il vont continuer toute la journée et détruire les 13 autres", a déclaré le journaliste malien Yeya Tandina, joint par téléphone, évoquant tous les tombeaux de saints qu'abrite la ville.
"Ils sont armés et ont encerclé les sites avec des pick-up. La population regarde impuissante", a-t-il ajouté. "Il semble qu'il s'agisse d'une réaction directe à la décision de l'UNESCO", a quant à lui indiqué le député local Sandy Haidara. "Dieu, il est unique. Tout ça, c'est 'haram' (interdit en islam). Nous, nous sommes musulmans. L'UNESCO, c'est quoi ?", a déclaré un membre d'Ansar Dine.

Samedi, Yeya Tandina a indiqué que l'attaque menée par les combattants d'Ansar Dine avait pris fin.
Le MNLA a profité de la confusion qui a suivi le coup d'Etat militaire du 22 mars à Bamako pour s'emparer des deux tiers du nord du Mali avec l'aide d'Ansar Dine, mais des dissensions sont ensuite apparues entre les deux mouvements.
Les séparatistes touaregs ont proclamé l'indépendance de la zone, mais les djihadistes ont récusé l'initiative et se sont engagés à poursuivre leur combat pour l'instauration de la "charia" (loi coranique) dans tout le pays. Mieux armés, ces derniers ont désormais pris le dessus.
"Le mausolée (de Sidi Mahmoud) n'existe plus et le cimetière est aussi nu qu'un terrain de football", a déploré un enseignant nommé Abdoulaye Boulahi.

"Des scènes choquantes"

"Une trentaine d'entre eux démolissent tout avec des pioches et des houes. Ils ont leurs Kalachnikovs en bandoulière. C'est un spectacle très choquant pour la population de Tombouctou", a-t-il souligné.

Irina Bokova, directrice générale de l'UNESCO, a parlé de nouvelles "extrêmement angoissantes".
"Il n'y a aucune justification à la destruction aveugle et j'appelle toutes les parties impliquées dans le conflit à mettre fin à ces actes terribles et irréversibles", dit-elle dans un communiqué.

Dénonçant des actes "intolérables", la France a également condamné "la violation systématique de ces lieux de recueillement et de prières, qui représentaient depuis des siècles une partie de l'âme de cette prestigieuse cité sahélienne", indique Bernard Valéro, porte-parole du ministère des Affaires étrangères d'un Etat laïc.

Située en bordure du désert à un millier de kilomètres au nord-est de Bamako, "la Cité des 333 saints" est inscrite au Patrimoine mondial par l'UNESCO depuis 1988.
Haut lieu du commerce africain, où affluaient les caravanes de sel venues du Nord et les esclaves ou l'or du Sud, Tombouctou a connu son apogée au XVIe siècle. La ville est alors devenue un grand centre intellectuel de l'islam.
Ses trois grandes mosquées -Djingareyber, Sidi Yahiya et Sankoré- témoignent de cet âge d'or, tout comme les milliers de manuscrits, dont certains remontent à l'époque pré-islamiques, qui sont conservés par les grandes familles locales.
Dans le communiqué annonçant le classement au Patrimoine mondial en péril, l'UNESCO invite les pays voisins du Mali à "tout mettre en oeuvre pour prévenir le trafic d'objets culturels en provenance de ces sites".

L'Union africaine a invité début juin le Conseil de sécurité de l'ONU à autoriser une intervention militaire pour rétablir l'ordre dans le Nord, mais les Etats membres ont réclamé des précisions.
Le Nigeria, le Niger et le Sénégal se sont dits prêts à fournir l'essentiel de la force de 3.300 hommes qui pourrait y être déployée.