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vendredi 11 octobre 2019

Après Peter Handke en littérature, le Nobel de la Paix, à un Noir africain...

Le Nobel reste ancré à gauche : résolument marxiste, le pluralisme n'y a pas droit d'asile

Acteur de la paix entre l'Ethiopie et l'Erythrée, Abiy Ahmed figurait parmi les favoris.

Le prix Nobel de la paix attribué au Premier ministre éthiopien Abiy AhmedLa jeune activiste haineuse de la cause écologiste radicale, la marionnette suédoise Greta Thunberg passe à côté, déjouant les pronostics des bookmakers, qui misaient sur elle ou sur une capitaine de passeurs de migrants, Carola Rackete ou Pia Klemp, mais cette dernière, militante allemande de 35 ans, est accusée de "complicité à l'immigration illégale". Si les experts sont circonspects à l'égard de l'adolescente donneuse de leçons à la planète entière, ses théories et ses comportements, le nom de la jeune icone des media dans la lutte pour le climat tournait en boucle au rythme des rotatives de la presse capitaliste, fort marrie ce 11 octobre.

Le prix Nobel de la paix était décerné vendredi à Oslo, en Norvège.
Cinquième étape de la saison Nobel et le plus attendu, il a été attribué au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, artisan d'une "réconciliation spectaculaire entre son pays et l'Erythrée voisine"Chef du gouvernement depuis avril 2018, il est récompensé "pour ses efforts en vue d'arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale, en particulier pour son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier avec l'Erythrée", a déclaré la présidente du comité Nobel, Berit Reiss-Andersen, dont les cinq membres sont nommés par le parlement norvégien.
Ce prix est un coup de pouce politique, alors que le dirigeant de 43 ans fait face à une inquiétante flambée des violences inter-communautaires dans son pays, où des élections législatives sont censées avoir lieu en mai 2020.

Bien que les Erythréens continuent d'affluer en Europe, l'Ethiopien est encensé par les milieux marxistes européens. 
Avec plus de 300.000 réfugiés partout dans le monde sur une population de 6,3 millions (chiffres de la Banque mondiale), l’Erythrée fait face à un exode massif de sa population. Les Erythréens, souvent des jeunes, cherchent à fuir la dictature du président Issayas Afeworki au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1993. En 2014, l’agence européenne Frontex, l’organisme en charge de la coordination de la surveillance des frontières extérieures de l’Europe, a recensé plus de 34.000 Erythréens demandeurs d’asile aux portes de l’Europe.
En juin 2018, leur nombre était de plus de 500 à la rue, rien qu'à Paris. D'après l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), plus de
100.000 migrants ont demandé l'asile dans l'Hexagone en 2017, soit 17 % de plus qu'en 2016. 46.000 ont obtenu le statut de réfugié.
De plus en plus d’Erythréens fuient la Suisse  qui a renforcé sa politique migratoire et se réfugient en France. L'un des problèmes, c'est qu'ils ne peuvent pas demander l’asile en France et en Allemagne, car ils sont "dublinés" : seule la Suisse est responsable de leur demande d’asile.
Le mois dernier,
six migrants érythréens ont été arrêtés chez Enersys Arrasgéant de la batterie. Ils étaient soupçonnés d’avoir découpé la bâche d’un camion en vue de s’y introduire. L’affaire a finalement été classée sans suite à l’issue de la garde à vue. Les migrants ont été laissés libres, sauf les mineurs isolés, confiés à France Terre d’Asile.
En juin dernier,
le CIMADE a dénoncé les premières expulsions d'Erythréens.
Depuis le 11 septembre 2018 et la réouverture de la frontière, 14.107 Érythréens ont demandé l'asile en Ethiopie. Dans le camp de Mai-Aini, certains réfugiés aspirent à rejoindre l'Europe ou les Etats-Unis.
De père musulman et de mère chrétienne orthodoxe, il est chrétien protestant. Très jeune, il a adhéré à l'Organisation démocratique des peuples Oromo, un parti politique éthiopien à base ethnique, allié avec le Mouvement national démocratique amhara (MNDA), le Mouvement démocratique des peuples du sud de l'Éthiopie (MDPSE) et le Front de libération des peuples du Tigré (FLPT) qui, ensemble forment le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, actuellement dirigé par Abiy Ahmed. 
A l'origine, le FDRPE est en fait un groupe rebelle combattant le "Gouvernement militaire provisoire de l'Ethiopie socialiste", une junte militaire issue de la révolution qui a renversé le régime d'Hailé Sélassié. Au fil des années, le FDRPE est passé à une approche sociale-démocrate à partir d’une idéologie ...marxiste-léniniste.
L'Ethiopie est "fière en tant que pays", a réagi le bureau du Premier ministre du deuxième pays le plus peuplé d'Afrique et parmi les plus pauvres, estimant dans un communiqué que ce prix est la "reconnaissance" du travail du Premier ministre pour "l'unité, la coopération et la co-existence".


304 candidatures au Nobel , cette année 

Les spéculations allaient bon train pour deviner qui allait succéder au gynécologue congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad, récompensés conjointement l'an dernier pour leur combat contre les violences sexuelles. 
Le nom de la suédoise Greta Thunberg avait la faveur des pronostics, comme Sylvie Goulard pour une présidence de Commission européenne, mais on ne connaissait pour sûr que le nombre des impétrant(e)s   - 304 cette année -, l'Institut Nobel restant muet sur leur identité , selon l'usage depuis au moins 50 ans. 




Médecine, physique, chimie, littérature.
En médecine, le Nobel a été décerné lundi à deux Américains, William Kaelin et Gregg Semenza, ainsi qu'au Britannique Peter Ratcliffe, auteurs de découvertes sur l'adaptation des cellules au manque d'oxygène, qui ouvrent des perspectives prometteuses dans le traitement du cancer et de l'anémie. 

Le prix de physique est allé mardi au Canado-Américain James Peebles, qui a mis ses pas dans ceux d'Einstein pour éclairer les origines de l'univers, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz qui, les premiers, ont révélé l'existence d'une planète en dehors du système solaire.

Mercredi, le prix de chimie a récompensé trois pères des batteries au lithium-ion - l'Américain John Goodenough, le Britannique Stanley Whittingham et le Japonais Akira Yoshino - présentes dans de nombreuses technologies (téléphones et ordinateurs portables, voitures électriques...) du quotidien.

C'est lorsqu'il quitte le domaine scientifique que le Nobel tombe dans l'arbitraire.
Jeudi, le prix Nobel de littérature a été décerné à la Polonaise Olga Tokarczuk, saluée pour son "imagination narrative" (pour l'édition 2018 reportée d'un an) et à l'Autrichien Peter Handke, fils d'une cuisinière d'origine slovène et d'un soldat allemand, qualifié d'"héritier de Goethe" (!) mais controversé par les uns pour ses positions pro-serbes pendant la guerre en ex-Yougoslavie et par les autres pour son marxisme.  
Ainsi a-t-il toujours soutenu les politiques pacifistes de non-interventionnisme à travers le monde : en Yougoslavie mais aussi en Irak, Syrie, Libye etc. Pour lui, les Etats ne sont pas crédibles lorsqu'ils se déclarent "protecteurs ou justiciers" et ne sont pas détenteurs de la "vérité". Il affirme que chaque Etat intervient selon ses intérêts - et non pas comme des bons Samaritains. Les discours des Etats ne sont que des justifications auprès de leur opinion publique pour faire accepter l'engagement militaire ou les blocus (comme le plan Fer-à-cheval - campagne de désinformation allemande visant à manipuler l’opinion publique européenne, et surtout allemande, pacifiste depuis 1945, parce que désarmée, pour justifier la campagne de bombardement de l’OTAN lors de la guerre du Kosovo - ou l'affaire des armes de destruction massive en Irak).
Le prix d'économie clôturera la saison lundi.

Les lauréats reçoivent un chèque de 9 millions de couronnes (830.000 euros), à se partager le cas échéant entre récipiendaires d'un même prix, ainsi qu'une médaille d'or et un diplôme.
Le prix leur sera formellement remis le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l'industriel et philanthrope et ...fabricant d'armes suédois, Alfred Nobel (1833-1896), inventeur de la dynamite !
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lundi 9 juillet 2018

L'Erythrée et l'Ethiopie annoncent ne plus être en guerre : des migrants privés de motivation ?

Les Ethiopiens et Erythréens de France vont pouvoir rentrer au pays

L’Erythrée et l’Ethiopie ont signé une déclaration conjointe formalisant leur rapprochement






Elle stipule que les deux pays ne sont plus en guerre, a annoncé le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel, lundi à Asmara, au lendemain d'une rencontre historique entre le président érythréen Issaias Afeworki et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, un Chrétien protestant

Les deux dirigeants ont signé une "déclaration conjointe de paix et d'amitié", a indiqué M. Yemane sur son compte Twitter.
Ce texte déclare notamment que "l'état de guerre qui existait entre les deux pays est arrivé à sa fin. Une nouvelle ère de paix et d'amitié s'ouvre".
"Les deux pays oeuvreront à promouvoir une étroite coopération, dans les secteurs de la politique, de l'économie, du social, de la culture et de la sécurité", ajoute ce document.

Teneur de l'accord

Il confirme l'essentiel des annonces effectuées dimanche, à savoir la reprise du commerce, des transports et des télécommunications entre les deux pays, le rétablissement des liens diplomatiques et la mise en oeuvre de l'accord international sur le respect de la frontière.

La rencontre de dimanche - la première depuis 20 ans entre les deux plus hauts dirigeants érythréens et éthiopiens - faisait suite à l'annonce par l'Ethiopien en juin de la volonté de son pays d'appliquer l'accord de paix signé en 2000 avec l'Erythrée et les conclusions de la commission internationale indépendante sur la démarcation de la frontière.

Les populations concernées n'ont plus de raisons d'affluer en Europe.
Si leurs ressortissants pénétraient clandestinement en Union européenne et revendiquaient le statut de "réfugié", leurs demandes pouvaient être  soumises à étude. Mais, ouvert en 1998, le conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée est officiellement terminé depuis 2000. Les motifs d'émigrations ne se fondent plus  depuis 18 ans sur la guerre conventionnelle meurtrière, avec chars d'assaut et tranchées, qui a fait quelque 80.000 morts, notamment du fait d'un désaccord sur leur frontière commune.
Le refus éthiopien d'appliquer une décision en 2002 d'une commission soutenue par l'ONU sur le tracé de la frontière a ensuite, entre autres, entretenu l'animosité entre les deux pays.

Autrefois façade maritime de l'Ethiopie avec les ports de Massawa et d'Assab, l'Erythrée a déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991 au terme de trois décennies de guerre.

Les Erythréens constituent un des plus gros contingents de migrants présents en Union européenne.
En Italie, les expulsions menées par la police se répètent, comme celle d'août dernier, en plein centre de Rome. Depuis quatre ans, l'Italie doit en effet faire face à des arrivées massives de réfugiés fuyant
l'Erythrée. C'était un pays contrôlé d'une main de fer par un stalinien, le président Issaias Afeworki, ingénieur protestant, ancien chef rebelle passé par la Chine maoïste, leader d’un mouvement marxiste, au pouvoir depuis l'indépendance en 1993. Il semble que le dictateur ne constitue plus une menace pour sa population.

dimanche 13 juillet 2014

Après l'opération Serval au Mali, Hollande voit plus grand avec Barkhane

L'ingérence française s'étend du Mali au Sahel

L'opération française Serval au Mali sera remplacée dans les jours qui viennent par l'opération Barkhane
Lancée le 11 janvier 2013 pour stopper la progression des islamistes armés et soutenir les troupes maliennes, l'opération Serval est « terminée de fait ».
L'opération française Serval au Mali est déclarée terminée mais Hollande enchaîne avec l'opération "Barkhane" pour lutter contre le terrorisme dans l'ensemble du Sahel, avec "3.000 militaires en tout", a annoncé dimanche le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.
"Le président de la République a souhaité qu'il y ait une réorganisation de nos forces dans la zone" du Sahel, avec "l'opération Barkhane", du nom d'une dune de la forme d'un croissant allongé dans le sens du vent. Son objectif est essentiellement du contre-terrorisme" dans toute la région, a-t-il déclaré lors de l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-Le Monde-i-télé.

Lancée le 11 janvier 2013 pour stopper la progression des islamistes armés et soutenir les troupes maliennes, l'opération Serval est officiellement "terminée de fait", a-t-il affirmé. "L'opération contre le terrorisme a été menée à bien, avec une grande efficacité", tellement bien qu'il faut élargir la zone de combat malgré "beaucoup d'élimination" de terroristes "et beaucoup de stocks d'armes repris", insiste Le Drian.

L’élimination du colonel Kadhafi, qui maintenait la paix au Sahara ou au Sahel, c'est un adversaire en moins pour AQMI qui a reconstitué ses stocks d’armes. Alors que les rivalités dans le nord du Mali menacent toute la région, le terrorisme et la criminalité ajoutent à la confusion. La rébellion touarègue est ainsi un "dégât collatéral de la crise libyenne". De son côté, le MNLA — qui semble avoir rompu avec Ançar Dine - se défend de faire cause commune avec AQMI : "Les actes d’AQMI polluent notre territoire et ont perduré à cause des autorités à Bamako. Nous disons à la communauté internationale : "Donnez-nous l’indépendance et ce sera la fin d’AQMI au Mali."

Des centaines de membres de la secte islamiste Boko Haram se sont réfugiés au Niger et au Tchad. Les miliciens islamistes shebab, en Somalie, aux prises avec les armées kényane et éthiopienne, risquent d’essaimer vers le Sahel. Le Mouvement pour la justice et l’égalité de Gibril Ibrahim est tenté de reprendre les armes au Darfour. Dans le nord de la Centrafrique, le "général" Baba Laddé, à la tête d’un Front populaire pour le redressement, prétend renverser le président tchadien Idriss Déby Itno et appelle à une grande alliance entre Touaregs, AQMI, Sahraouis du Front Polisario, etc.

LAlgérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso ont vu arriver du Mali deux cent mille réfugiés fuyant les combats dans le Nord. Combien en France?

Une opération d'envergure

"Maintenant il y a le souci pour nous et pour les pays de la zone de veiller à ce qu'il n'y ait pas de recrudescence" du terrorisme, admet-il, avouant que Serval n'a pas permis d'éradiquer le mal car "il y a toujours des risques majeurs de développement de djihadistes dans la zone qui va de la Corne d'Afrique à la Guinée-Bissau", a-t-il insisté.

3.000 militaires
L'opération Barkhane "va se mettre en place dans les jours qui viennent". "Ca se fait en partenariat avec les cinq pays de la zone sahélo-saharienne, ça fait à peu près 3.000 militaires en tout",  ainsi que "des drones, des hélicoptères, des avions de chasse" pour avoir "la réactivité nécessaire", a précisé le ministre de la Défense, soulignant qu'il s'agit bien d'une "présence durable".

"Le but, c'est d'empêcher que ce que j'appelle l'autoroute de tous les trafics ne devienne un lieu de passage permanent, de reconstitution des groupes djihadistes entre la Libye et l'océan Atlantique, ce qui entraînerait ensuite des conséquences graves pour notre sécurité. C'est notre sécurité qui est en jeu !", a-t-il insisté.

dimanche 20 mai 2012

Les communistes chinois exploitent leur sous-prolétariat en Ethiopie


La Chine délocalise des entreprises en Ethiopie pour réduire ses coûts
 

Travail des enfants
en Chine communiste
(janvier 2011)





Dans le ronronnement continu des machines, une centaine d'ouvriers éthiopiens découpent sans relâche du cuir, enfilent des lacets et collent des semelles, sous la supervision de contremaîtres chinois.

Avec cette usine, des entrepreneurs chinois entendent bénéficier du faible coût de la main d'oeuvre africaine et de la matière première, le cuir, pour fabriquer des chaussures qui seront vendues en Europe et aux Etats-Unis.

L'usine de Huajian est installée à Dukem, à 30 km au sud d'Addis Abeba, dans une zone industrielle en plein développement, la première construite en Ethiopie par des capitaux chinois.

Après s'être concentrée sur la construction d'infrastructures et l'exploitation des matières premières, notamment le pétrole, en Afrique, la Chine commence à y chercher des coûts salariaux avantageux pour son industrie.

Quant à l'Ethiopie, elle y gagne une diversification bienvenue pour son économie largement agricole.

Un marché gagnant-gagnant, donc, selon Qian Guoqing, vice-directeur de la East Industry Zone: "les deux parties ont un engagement réciproque, elles disent +tu devrais avoir quelque chose, je devrais obtenir quelque chose".

Une fois achevée en 2014, pour un coût de 250 millions de dollars, la zone industrielle, dont la construction a commencé en 2009, doit regrouper plus de 80 usines et créer 20.000 emplois.
Pour l'heure, elle compte plusieurs rangées de bâtiments de trois étages abritant six usines à capitaux chinois, dont, outre celle de Huajian, une chaîne de montage automobile et une fabrique de plastique.
Huajian, un des plus importants fabricants chinois de chaussures, prévoit d'investir jusqu'à 2 milliards de dollars en Ethiopie pour fabriquer des souliers destinés à l'exportation vers l'Europe et l'Amérique du Nord.

Des ouvriers éthiopiens
assemblent 
à Addis Abeba des chaussures "Made in China"



Afin d'attirer les investisseurs étrangers dans le cadre d'un "plan de croissance" destiné à faire de leur nation un pays à revenu intermédiaire d'ici 2025, les autorités éthiopiennes offrent  quatre ans d'exonérations fiscales, des terrains bons marchés et l'électricité gratuite aux occupants de la zone industrielle. 

Main d'oeuvre bon marché

Mais investir en Ethiopie "n'est pas une stratégie sans risque", prévient Stefan Dercon, économiste spécialisé dans le développement à l'Université britannique d'Oxford.
L'Ethiopie va devoir maintenir des taux de croissance élevés afin de rembourser les investissements de départ. "Si cela ne fonctionne pas, les espoirs vont s'évanouir très rapidement, les deux ou trois prochaines années sont donc cruciales pour le processus dans son ensemble", selon lui.

Un ouvrier éthiopien assemble des chaussures à Addis Abeba
"Nous devons avancer rapidement, notre ennemi est la pauvreté", rétorque le ministre d'Etat éthiopien à l'Industrie, Tadesse Haile, "quiconque nous demande de ralentir accepte la pauvreté".
Avec un PIB par habitant estimé à 325 dollars par l'ONU, l'Ethiopie figure toujours parmi les plus pays africains les plus pauvres, en dépit d'une croissance parmi les plus dymaniques du continent (+11% au cours de chacune des six dernières années selon la Banque mondiale).
Les investissements étrangers "génèrent de la croissance, de l'emploi (...) cela nous permet aussi de fabriquer des produits pouvant être exportés, ce qui amène des devises et des transferts de technologie", soutient M. Tedesse.
Mais de nombreux problèmes subsistent: réseaux de télécommunications déplorables, bureaucratie pesante et absence de port dans ce pays enclavé, sans accès à la mer.
Paul Lu, directeur des ressources humaines de Huajian, recense, lui, les différences culturelles, la barrière de la langue et le manque de conscience professionnelle d'une bonne partie du personnel local. Mais ces obstacles sont compensés par l'abondance de matière première et de main d'oeuvre, peu chère alors que les salaires augmentent en Chine.
"Nous sommes venus fabriquer des chaussures et (...) l'Ethiopie produit beaucoup de cuir", poursuit-il devant l'entrée de l'usine où une vingtaine de personnes attendent pour un entretien d'embauche.
Dans l'usine, Teju Edek, 22 ans, contrôleur qualité, payé 30 dollars par mois, se plaint que "le salaire est trop bas". Il dit travailler ici surtout pour "développer ses connaissances technologiques" et ajoute que, s'il pourrait gagner plus dans des usines éthiopiennes, il n'y apprendrait pas autant.
Pour Tafere Getie, gestionnaire d'une des usines de la zone, le vrai bénéfice de ces investissements se verra à long terme: "J'espère que les Ethiopiens qui travaillent dans les usines étrangères aujourd'hui possèderont leur propre industrie d'ici 20 ans".