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vendredi 28 juillet 2017

Assemblée : l’examen du projet de loi "confiance dans l’action publique" tourne à la cata

Nouvelle foire d’empoigne à l’Assemblée nationale

L’incompétence des élus de la majorité présidentielle bloque l’examen du projet de loi "confiance dans l’action publique", jeudi.

Les députés n'ont plus de mots assez sévères pour qualifier la séance levée à 1 h 30, vendredi 28 juillet : catastrophique", "dramatique", "du jamais vu"… Pas exactement ce que les jeunes novices prétentieux, triés sur le volet par Delevoye et Macron, nous promettaient. L’examen du projet de loi 'confiance dans l’action publique" a viré à la foire d’empoigne au Palais-Bourbon. Des mines défaites s’enfoncent dans la nuit parisienne, atterrées.

Quelques heures plus tôt, les plus optimistes ou allumés ambitionnaient pourtant de terminer l’examen du texte, en deux volets – une loi ordinaire et une loi organique – dans la nuit. En trois jours de débats, les députés n’avaient étudié qu’un tiers des amendements déposés sur ce projet, pilier du début de quinquennat d’Emmanuel Macron. Les travaux avaient été considérablement ralentis par des incidents de séance provoqués par l'amateurisme de vice-présidentes inconscientes de leur incompétence. Liens PaSiDupes: 

Les tensions ont éclaté sur les bancs de l’hémicycle dans la nuit de jeudi à vendredi. 

Au perchoir, l’un des vice-présidents LREM de l’Assemblée, considéré comme l’un des plus solides - a priori, au vu de ses manières cassantes - , Hugues Renson, a lamentablement cafouillé comme plusieurs de ses collègues, novices comme lui dans cet exercice, ajoutant à l'accablement de ses collègues déjà éprouvés ces derniers jours par une série de démonstrations que la parité n'est pas une avancée en soi et qu'il ne suffit pas d'être une femme (Carole Bureau-Bonnard ou Danielle Brulebois) pour faire mieux qu'un homme, fût-il cadre supérieur d'entreprise publique de 39 ans. Renson avait nettement devancé, au premier tour, Jean-François Lamour (28,08 %), son rival républicain, député sortant et ancien ministre : les électeurs sont-ils bons juges ? Interrogé par Le Point, le candidat Renson raillait ceux qui recommandaient de ne pas voter pour Emmanuel parce qu’il ne disposerait pas d’une majorité large et solide, voire compétente et ne voyait aucun inconvénient à une chambre monocolore...
Élu à l'Assemblée, voteriez-vous toutes les lois proposées par le gouvernement ?
Tous les candidats de La République en marche se sont engagés à soutenir le programme présidentiel d'Emmanuel Macron, avec six priorités : la culture et l'éducation ; la valorisation du travail ; la modernisation de l'économie ; la rénovation de la démocratie ; la sécurité ; les relations internationales. C'est sur ces chantiers que nous nous engageons. Mais notre groupe parlementaire laissera la part belle au dialogue et à l'enrichissement des projets de loi. Certains nous disent : "Je voterai ce qui est bon, et pas ce qui n'est pas bon"… Si ce n'était pas déjà le cas, c'est très inquiétant !
A plusieurs reprises cette semaine, François de Rugy, président de l’Assemblée, est apparu en sauveteur, venu reprendre les travaux en main dans des moments de défaillance des président(e)s de séance.
Ainsi, peu après 23 heures jeudi, l’ambiance était à nouveau électrique. Les députés examinaient un point anodin : l’instauration d’un médiateur du crédit pour faciliter le financement des campagnes électorales. Mais la conduite du vote sur un amendement défendu par le MoDem suscita une contestation. Les députés de La France insoumise (LFI), d’abord, se sont indignés de l’attitude du président de séance, tandis qu’Olivier Faure, patron du groupe Nouvelle gauche (ex-PS), cherchant un recours, proposa à la ministre de la Justice d’autoriser un nouveau vote. Nicole Belloubet s’y refusa, ne souhaitant pas "s’immiscer dans le fonctionnement interne de l’Assemblée" : séparation des pouvoirs oblige.

Une heure plus tard, Jean-Luc Mélenchon et les députés de son groupe quittaient "théâtralement" (selon Le Monde)  l’hémicycle. "Franchement, c’est saoulant. On vous dérange ? Eh bien, débrouillez-vous entre vous", a lancé le chef de file de LFI, tandis que ses collègues rangeaient leurs affaires (et leur panier de commissions).

Fallait-il, comme cela a été le cas les jours précédents, lever la séance à 1 heureou non ? Et tenter d’aller au bout du texte, malgré le désordre tangible et l'absence de sérénité ? A minuit, à la faveur d’une suspension de séance, les présidents de groupe sont tombés d’accord. L’examen du premier projet de loi serait bouclé dans la foulée, avant une reprise des travaux sur le deuxième texte, la loi organique, vendredi.

Suit un nouvel imbroglio quand Hugues Renson fait l'annonce que, conformément à une décision prise par les présidents de groupes en début de semaine, les deux textes ne seront pas votés séparément et que l’adoption définitive n’aura lieu qu’après la fin de l’examen de la loi organique, vendredi.

Cette volte-face provoque la colère des présidents du groupe de gauche comme de droite, Christian Jacob pour Les Républicains (LR) et Olivier Faure pour Nouvelle gauche, excédés, qui veulent que leurs députés puissent voter le premier texte, avant de retourner dans leurs circonscription s vendredi.

Le chef de file des socialistes réclame une réunion immédiate de la conférence des présidents pour rediscuter de la décision prise plus tôt dans la semaine.  On lui oppose que seul François de Rugy est habilité à prendre une telle décision. "Réveillez-le !", commence à clamer la droite. 
On dit le président de l’Assemblée injoignable. "Prenez vos responsabilités !", exhorte alors Christian Jacob à l’attention de Hugues Renson.

Un Parlement à vau-l'eau : où est Richard Ferrand ?

Mais cette fois la majorité a décidé de se montrer inflexible, alors que le président du groupe de la majorité parlementaire semble inexistant. "Le groupe La République en marche (LRM) est éprouvé par la longueur des débats et agacés par l’attitude de l’opposition à son égard," écrit Le Monde ! 

L’un dzs vice-présidents de l'Assemblée, Pacôme Rupin, député novice LREM de Paris âgé de 32 ans, est plaintif : "Il y a une remise en cause permanente de notre autorité, ils essaient de nous enfoncer à la seule fin de nous décrédibiliser." Le jeune diplômé de l'ESSEC que Le Monde présente comme un "jeune entrepreneur" à la tête d'une agence de communication a une expérience de cinq ans dans l’entrepreneuriat social, dans le recrutement, avant de rejoindre le groupe SOS, comme Aurélien Taché... Cf. PaSiDupes :  A l'Assemblée, la majorité présidentielle formatée agace
La majorité, qui avait jusque-là opposé son mutisme dans le rapport de force verbal avec ses adversaires, a décidé de sortir de ses gonds. "Je prends mes responsabilités; la séance se poursuit", annonce Hugues Renson, au perchoir, provoquant le départ des députés LR de l’hémicycle, puis la levée de la séance.

L'esclandre se poursuit en salle des Quatre-Colonnes, sorte de salle des pas perdus pour les députés et les journalistes. L’opposition ne peut mâcher ses mots. Au bord des larmes, la députée socialiste Cécile Untermaier se dit " écœurée" par "l’excès de rigidité" et "l’incompétence" de ses collègues LRM. "C’est catastrophique; j’ai l’impression qu’on abîme l’Assemblée nationale", ajoute-t-elle. "En quinze ans je n’ai jamais vu ça", enchaîne le 'Constructif' Yves Jégo, ex-UDI, ancien aussi aussi vice-président du Parti radical et déserteur de LR. "La question, c’est où est le ministre des relations avec le Parlement [Christophe Castaner]? Où est François de Rugy ? Où est le président du groupe majoritaire, Richard Ferrand ?" interroge-t-il encore, au diapason de députés LR et Nouvelle gauche. "Il n’y a pas de locomotive; l’absence de pilote l’emporte sur le fond des débats."

Vers deux heures du matin, un dialogue s’improvise entre Olivier Faure et Pacôme Rupin. 
"A chaque fois, il y a un groupe qui teste le président de séance", peste le débutant. "On n’a plus l’âge", lui rétorque O. Faure, le chef de file des socialistes, qui ajoute : "Où sont les gens qui connaissent le règlement ?" 

"On ne va pas se laisser impressionner", réplique le jeune inconscient macronisé. 


Stéphane Séjourné
Dans la nuit, un soutien leur est tombé du ciel, de l’Elysée. "L’opposition qui teste la résistance de la majorité en multipliant les incidents de séance. Technique bien connue politique à l’ancienne" déclarait, dans un tweet, 
Stéphane Séjourné, 32 ans (ci-contre à gauche et à droite avec I. Emelien, debout), conseiller politique de mauvaise foi auprès du président de la République et d'astreinte à l'Elysée, socialiste passé par le cabinet de Jean-Paul Huchon et le ministère de l'Economie occupé par Macron, puis chargé du maillage territorial du mouvement En marche!, de la récolte des parrainages aux investitures aux législatives et de la sélection des novices, en tandem avec Jean-Paul Delevoye. Un paire d'enfer...

Pour "donner sa chance" au premier ministre Edouard Philippe et dans un contexte où de nombreux députés juppéistes affichaient leur volonté d’être "constructifs" dans leur travail, jamais une majorité présidentielle n'aura atteint ce niveau d'incompétence. Niée, de surcroît.

mercredi 8 février 2017

La culture française, connais pas, déclare le candidat Macron

Emmanuel Macron et le déni de culture française

"Il n'y a pas de culture française. Il y a une culture EN France. Elle est diverse" 
Ces mots ne sont pas d'un imam radicalisé, mais d'Emmanuel Macron.
Le candidat les a proférés à Lyon, capitale des Gaules, lors de son meeting dominical du 5 février dernier. Passé par le lycée Henri IV, l’ENA, la banque Rothschild et l’Inspection générale des Finances, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée pourfend régulièrement un "système politique" dont il dénonce précisément... "la vacuité". 
Farouchement, Yves Jégo, député de Seine-et-Marne et maire de Montereau-Fault (Yonne), développe la thèse du chérissement des racines, en bonne intelligence avec les communautaristes qui soutiennent leur propre culture importée, avec la bénédiction des laïcs de la gauche internationaliste.

Pour l'ancien secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer, la spécificité de la culture française est en revanche ce qui nous permet notamment de ne pas nous perdre dans le matérialisme. "Partout dans le monde on sait qu'il y a une culture française et on aime la France pour sa culture, rappelle  semble l'ignorer lorsqu'il déclare qu'"il n'y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse".
Pour l’ancien ministre de l’Economie, le périmètre de la culture se réduit au champ de ses puissants soutiens industriels et médiatiques : l'homme d'affaires franco-maroco-israélien Patrick Drahi, patron cumulard de BFM TV, RMC, Libération, L’Express ; le milliardaire Pierre Bergé, actionnaire quasi majoritaire du Monde, de Courrier international et de... Télérama; et des girouettes du microcosme, j'ai nommé Jacques Attali (ci-dessous à sa droite) et Alain Minc; sans compter les deux inénarrables Nanard Kouchner et Tapie ; mais sans oublier Jean Arthuis, Corinne Lepage, Jean-Paul Huchon ou Jean-Marie Cavada qui ne faisaient déjà pas envie au XXe siècle..."
Jacques Attali et Emmanuel Macron, lors de la premire runion de la commission Attali, en septembre 2007







A la banque Rothschild, une partie de son temps est dédiée à " l’influence". Ainsi, il conseilla "bénévolement" la société des rédacteurs du Monde (SRM), lorsque le trio Bergé, Niel et Pigasse s’apprêtèrent à reprendre le quotidien (dont les propriétaires sont aujourd’hui les mêmes que Rue89 appartenant au groupe L'Obs, propriété des mêmes Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse).
Quand Matthieu Pigasse, de la banque Lazard, soupçonna David de Rothschild d'intentions mauvaises, Macron démentit, mais c'est ce dernier qui resta soupçonné de favoritisme pour Prisa, un groupe de presse espagnol (El País, actionnaire à 15 % du groupe Le Monde), qu’il conseillera un an plus tard lors d’une restructuration financière.
Pour Arnaud Montebourg, ce jeune qui plaît aux vieux est "le candidat des media". Celui "des banques", selon Marine Le Pen, et "l’incarnation de l’élite mondialisée", dixit le président des Républicains Laurent Wauquiez. Même registre sémantique du côté de Nicolas Dupont-Aignan, qui le voit en représentant de "l’élite déconnectée du peuple". Emmanuel Macron, tout frais candidat à l’élection présidentielle, a un talent certain pour mettre d’accord tout le reste du paysage politique contre lui.

Cette déclaration d'ex-banquier n'est pas anecdotique, souligne Jego. "Elle est même le signe inquiétant d'une vision destructrice de ce qui fait depuis toujours la spécificité de notre pays.
Prétendre qu'il n'y a pas de culture française mais une culture en France est le fruit d'un reniement profond qui revient, par déduction, à expliquer qu'il n'y a pas de langue française mais une langue en France qui serait par nature diverse.
Or, "notre langue française est aujourd'hui la seule, avec l'anglais, présente sur tous les continents."  Macron cherche-t-il à lui faire un mauvais sort, alors que l'anglais se maintient comme langue européenne officielle, alors même que les Britanniques s'acheminent vers la sortie ?

"Notre langue française est aujourd'hui la seule, avec l'anglais, présente sur tous les continents et, par conséquent, l'un des vecteurs de notre spécificité culturelle." Du maintien de notre identité propre dans cet univers.
"La langue française est singulière et pourtant sans effacer les langues de France, les langues régionales, les créoles, elle nous lie et nous relie au monde.

Oui, il y a bien une culture française et elle est riche, diverse, vivante, elle est singulière et ouverte; elle l'a toujours été.
Image associée
Au Puy du Fou, en août 2016, Macron a salué "l'entrepreneur culturel" Philippe de Villiers  (MPF) :
"Le Puy du Fou, c’est un fleuron français, c’est une formidable réussite culturelle, une réussite économique avec 1 500 emplois directs, plus de 3 000 emplois indirects et des milliers de bénévoles", avait déclaré le ministre de l’Économie, il y a six mois...
Quand nous affirmons, qu'il y a une culture française ce n'est pas parce que nous prétendons qu'elle est supérieure aux autres; c'est parce que nous savons qu'être Français, c'est partager une culture commune, une langue bien spécifique et l'esprit de la République.

Affirmer l'existence d'une culture française, c'est concevoir la culture comme un bien commun. Dans la formule de l'ancien banquier d'affaires, ce qui est le plus troublant et au fond révélateur, c'est cette idée - qui est à la base du communautarisme si contraire à l'esprit de notre République- , selon laquelle chacun porte sa propre culture et que notre pays doit [devrait et pourrait] s'arranger de ces diversités qui ne partagent plus rien de commun.

Non, l'essentiel, le fondamental, c'est notre capacité à faire vivre une culture commune, de la chérir et de l'enrichir ensemble.
Mélenchon fustige le projet culturel d'E.Macron
Alors oui, il existe bien une culture française spécifique et unique, née d'un subtil et puissant mélange issu de notre histoire [et même notre Histoire, si on n'a peur ni des majuscules, ni des mots et des réalités] et de ceux qui ont forgé la nation française.

D'autant que la culture française n'est pas figée, elle évolue en permanence, Alors comment peut-on en nier l'existence ? Et la vigueur.
"Dire qu'il n'y a pas de culture française, c'est ramener la France à une société sans personnalité [ni fondement], consommatrice de produits culturels mondialisés." Aujourd'hui américains; demain, chinois ou indiens.  

Si comme semble le penser l'ancien inspecteur des Finances il n'y a pas de culture française, il n'y a alors pas non plus d'exception culturelle française, ce qui sous-entend une inquiétante soumission aux normes anglo-saxonnes et viendrait clore à notre détriment un combat que la France mène sur toutes les scènes internationales." Nier notre spécificité nationale (voilez ce mot que je ne saurais voir), c'est la noyer dans la globalité internationale et nous y perdre, corps physiques et biens culturels.

"Cette saillie [de candidat en quête de visibilité dans la diversité des quartiers] sur l'absence de culture française est en fait révélatrice d'un dogme qui s'applique déjà à l'économie et détruit peu à peu le produit en France, ruine notre appareil de production.

L'ancien ministre de l'Economie rejoint cette frange ultralibérale du monde économique qui pense qu'un produit est français même s'il est fabriqué en Chine ou ailleurs [sous licence française. Hollande en est réduit à trafiquer les chiffres du chômage métropolitain, avec les grosses pattes de Michel Sapin, occultant la souffrance de nos concitoyens d'Outre-mer...] Designed in California but Made in China, telle est la philosophie d'Apple entreprises globalisées et de bien d'autres entreprises actrices de la mondialisation.

"Cette dérive explique sans doute à la fois leurs profits gigantesques mais aussi en grande partie le retour du populisme qui a porté Donald Trump au pouvoir et risque de faire de même pour Marine Le Pen.

A force de voir niées leur spécificité nationale, les peuples se rebellent et le nationalisme resurgit sous une forme brutale.

Entre la vision protectionniste de ceux qui pensent que la France ne peut survivre que dans la restauration nostalgique d'un pays séparé du monde [ce que le Royaume Uni semble réaliser pourtant, dès ses premiers pas hors de l'Union européenne où elle n'avait engagé qu'un seul pied, se gardant de la zone euro] et la vision mondialiste, dont le "néolibéralisme" d'Emmanuel Macron, dans sa négation de la singularité culturelle française, est l'expression, je crois en la singularité culturelle française qui est celle d'une France exigeante et ouverte, soucieuse d'enrichir sa civilisation, une France qui n'oublie pas que sa singularité culturelle est un atout pour sa croissance et pour son rayonnement au-delà de ses propres frontières. 
C'est ce rapport à la culture française qui nous interdit de nous oublier dans le mépris des autres [et permet l'accommodement de la diversité de bonne volonté à notre culture] ou de nous perdre dans le matérialisme.

Nul doute que cette saillie de Macron, diplômé de philosophie, n'annonce une longue série d'autres. Que Macron aille les tenir en Chine, pour voir. Car, dans l’empire du Milieu, si on laque les canards avant de les manger, il aurait à craindre qu'on puisse y pendre les dindons avant de les donner aux cochons.

dimanche 29 novembre 2015

Forte progression du chômage en octobre: l'inversion de la courbe paraît inaccessible...

Une embellie sans lendemain et de faux espoirs pour les demandeurs d'emploi 

L'exécutif a dû passer aux aveux

Une ministre épanouie du chômage
Le chômage a repris sa hausse en octobre, alors que le gouvernement se gargarisait de la baisse du nombre de demandeurs d'emploi en septembre, occultant la forte progression des radiations administratives qui s'étaient littéralement envolées sur la période pour progresser d’environ 25%, soit 43.000 personnes rayées des listes. La pouvoir socialiste enregistre un nouveau record, signe que la reprise de l'économie française est encore trop incertaine pour inverser durablement sa courbe, promesse répétée depuis avant décembre... 2013, voilà deux ans. 

Plus précisément, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans aucune activité) a augmenté de 1,2%, soit 42.000 personnes - un plus haut depuis janvier 2013 si l'on excepte le contrecoup du "bug" informatique qui avait gonflé les chiffres de septembre 2013 - à 3.589.800 millions en métropole. 

Si on veut être plus précis, il faut ajouter les catégories B et C (personnes ayant exercé une activité réduite), et alors le nombre d'inscrits à Pôle emploi en octobre a progressé de 0,2% de plus, à 5.435.800.

Si le pouvoir socialiste n'ignore pas les départements d'Outre-mer, ce sont 5.740.600 demandeurs d'emploi dans le malheur, soit 13.100 de plus qu'un mois plus tôt. Aux familles de l'ensemble de ces trois catégories, l'Etat-PS apporte ainsi de nouvelles déceptions d'autant plus amères qu'elles ont largement contribué à l'élection de Hollande, au même titre que la Bretagne qui s'apprête à voter pour Le Drian à la régionale et dont il faudra subventionner le secteur agro-alimentaire.. 

Le gouvernement continue d'annoncer une baisse du chômage pour demain

Réagissant à ces chiffres, le ministère du Travail a reconnu que la forte hausse du nombre de personnes frappées par le chômage en octobre n'est pas "satisfaisante", et assure que ça ira mieux à partir de 2016. "En tendance, le nombre de demandeurs d'emploi continue d'augmenter, mais à un rythme beaucoup moins soutenu qu'avant," selon le sentiment de la ministère en charge, la prometteuse Myriam el-Khomri. Vous connaissez ?

A dix jours des régionales, Valls et Hollande font le jeu des extrêmes
Avec cette troisième plus forte hausse du chômage depuis le début du quinquennat, les victimes se tournent en nombre également grandissant vers les porteurs d'espoirs nouveaux mais jamais vérifiés par une quelconque gouvernance.

Plus sûrement, ça ira mieux au second semestre 2017... 
L'opposition ne pouvait pas ne pas réagir à l'inaction de l'exécutif. "A combien de vies professionnelles brisées le gouvernement décrétera t-il l'état d'urgence économique?", s'est interrogé sur Twitter le sénateur les Républicains (LR) de l'Yonne, Jean-Baptiste Lemoyne. 

Tandis que
le pays est frappé par de multiples assassinats de masse islamistes encouragés par un pouvoir faible, à la différence des grandes démocraties voisines, sur le réseau social, Edouard Courtial, député LR de l'Oise, a demandé  que "la lutte contre le chômage reste aussi une priorité". 

Le mois dernier, le gouvernement s'était félicité d'une baisse du chômage, ce qui navre l'ancien ministre du Travail, Eric Woerth: "Le gouvernement attend patiemment un alignement des astres !" à la faveur d'un retour de croissance par le Pont de l'Europe où Cazeneuve est allé faire des offrandes au ciel. "On ne peut pas aller de fausses embellies en nouvelles catastrophes", a-t-il écrit dans un communiqué. 
Pour l'ancien ministre, "il faut donc dire la vérité aux Français: la France ne pourra jamais vaincre le chômage de masse à coup d'emplois aidés financés sur de l'argent public". 


Yves Jégo, l'ancien ministre UDI, s'étrangle, lui, devant une "nouvelle hausse spectaculaire du chômage qui nous éloigne encore de la tristement fameuse promesse d'inversion de la courbe". Le député de Seine-et-Marne parle d'un "échec du Parti socialiste", alors que François Hollande a justement fait de ce dossier une condition sine qua non à une nouvelle candidature en 2017. 
"Heureusement que le gouvernement et les socialistes nous expliquaient le mois dernier que les choses allaient dans le bon sens...", souligne l'ex-ministre UDI Hervé Morin. 
"Je ne suis pas sûr que nous ayons eu en France des chiffres aussi terribles du chômage qui se suivent sur un temps aussi long", conclut le sénateur UDI Yves Pozzo di Borgo.

Au Front national, la critique est encore plus vive.

Tandis que le gouvernement Valls empile promesses sur promesses, le vice-président du parti, Florian Philippot, parle d'une "hausse dramatique", pointant du doigt, sur Twitter, le "discours mensonger sur la fausse reprise". "Il faut aussi se libérer de l'Union européenne sur l'économie", avance l'eurodéputé. 
Et le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, s'interroge: "Quand le gouvernement comprendra-t-il qu'il faut changer?" 
Les électeurs - notamment bretons -  comprendront-ils les 6 et 13 décembre prochains que c'est maintenant ?

dimanche 16 août 2015

Et maintenant des menus végétariens dans les cantines scolaires


Jégo veut rendre obligatoire un menu végétarien

Le débat sur les menus de substitution relancé par une proposition d'alternative végétarienne obligatoire dans les cantines  scolaires.

C'est  le député UDI de Seine-et-Marne Yves Jégo qui a eu cette idée. Sur BFM TV vendredi, il a déclaré vouloir déposer à la rentrée une proposition de loi pour rendre obligatoire la présence de ce type de menu. "Il faut rendre obligatoire dans les cantines scolaires en alternative aux repas servis un repas végétarien, sans viande, ni poisson", a lancé le maire de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne. Cela permettra aux enfants "qui pour des raisons médicales, pour des raisons éthiques, pour des raisons religieuses ne veulent pas manger de viande parce que ceci parce que cela (...) de ne pas les stigmatiser", a-t-il fait valoir. "C'est simple et cela garantit l'apport en protéines." 
Depuis, chaque matin, Jégo fait état sur Twitter du nombre de soutiens à sa proposition.
Parmi ceux-ci, un tweet à l'orthographe ambigu de l'écologiste radicale, Cécile Duflot, ancien ministre incompatible avec le gouvernement Valls:



Quand les motivations politiques s'y mettent la gauche est à son affaire. Il y voit le menu "le plus laïc de tous". Jeudi, le tribunal administratif de Dijon a qui conforte  la décision du maire de Chalon-sur-Saône de ne pas supprimer le porc des menus de substitution  dans les cantines de sa ville. Une partie de l'échiquier politique a salué dans cette décision de justice une "victoire de la laïcité", hérissant toutefois de nombreux responsables politiques.

Des menus végétariens déjà servis dans plusieurs villes 

La question des menus de substitution a ainsi été relancée avec le cas de Chalon-sur-Saône. Jeudi 13 août, estimant qu’il n’y a pas urgence à statuer dans la mesure où aucun repas contenant du porc ne sera servi avant le 15 octobre, le tribunal administratif de Dijon a rejeté le référé déposé par la Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM) citant la décision du maire de supprimer les menus de substitution sans porc dans les cantines de sa ville. Fondée en 2011 par Karim Achoui, surnommé l'avocat des voyous", la LDJM -association internationale- a été rejointe par de nombreuses personnalités, tel Jacques Vergès. Suites à plusieurs condamnations, K. Achoui a été radié du barreau de Paris par un arrêt rendu par la cour d'Appel de Paris, en janvier 2011. Franco-algérien, il a récupéré sa robe d'avocat en février 2015en prêtant serment en Algérie.

A la rentrée 2015, la mairie de Chalon-sur-Saône va pouvoir servir du porc au menu de ses cantines, car "l’accès aux services de restauration scolaire de l’ensemble des usagers, y compris les enfants de confession musulmane, ne paraît pas compromis". La condition d’urgence, qui justifie la procédure en référé, "n’apparaît dès lors pas remplie", ajoute-t-il.

Yves Jégo n'est pas le premier à défendre la solution du menu végétarien.
Une proposition dans ce sens date de mars dernier. Les journalistes Aymeric Caron et Franz-Olivier Giesbert et le moine bouddhiste et écrivain Matthieu Ricard faisaient partie des signataires du texte. "L’alternative n’enlève rien aux non-végétariens, tandis que le menu unique ôte à ceux qui ne mangent pas de viande, ou qui refusent le porc, le droit d’avoir un repas équilibré, qu’ils ont payé comme les autres", si bas soit-il du fait de la solidarité nationale, expliquaient les signataires de la tribune.
 
Plusieurs villes de droite et de gauche ont déjà décidé de servir des menus sans viande dans les cantines.
C'est le cas à Lyon (PS) -renommée pour sa charcuterie- depuis 2008, ou à Pau. 

A Perpignan, la mairie Les Républicains a décidé en juin de ne plus servir de menu de substitution au porc et de proposer un menu végétarien. 
Le mois dernier, la mairie de Toulouse (LR) a aussi annoncé qu'elle proposera  un menu sans viande à la rentrée.

vendredi 26 juin 2015

Taxis UberPop: maintenant, Hollande refuse le changement et le progrès

Homme de progrès, mais point trop, le président socialiste freine l'avancée des quatre fers

Hollande veut la dissolution d'UberPOP, le service de covoiturage urbain
Manifestation pacifique des taxis UberPOP 
(6 décembre 2015)

Radical comme Marine Le Pen, le président François Hollande a estimé sous le coup de l'émotion que UberPOP doit être purement et simplement "dissous et déclaré illégal". Il a par ailleurs fermement condamné "les violences inacceptables", commises par des chauffeurs de taxi soucieux de préserver leur monopole, lors des manifestations en France.
Le président socialiste a toutefois rétropédalé aussitôt dans la nuit de jeudi à vendredi depuis Bruxelles, et en l'état d'imprécision de la loi Thévenoud, pourtant récente, que "ce n'est pas l'Etat qui peut saisir des véhicules lui-même", la saisie des véhicules devant "être autorisée par des décisions de justice".  

La loi du plus fort s'étend sur la jungle française
Au total, les syndicats professionnels  ont mobilisés 2.800 taxis, jeudi en France, avec une "trentaine de points de blocage"

Or, UberPOP revendique 400.000 utilisateurs dans l'Hexagone et un fort engouement des usagers pour son application numérique. Mais ses chauffeurs ne payent ni cotisations ni impôts, n'ont pas suivi les 250 heures de formation nécessaires et ne sont pas assurés professionnellement.

La ministre des Transports, S. Royal, et celui de l'Economie ou du Numérique ne pensent rien...

La loi Thévenoud du 1er octobre 2014 supposée organiser la concurrence entre les taxis et les services de voiture de transport avec chauffeur (VTC) n'a rien réglé. Mieux, elle risque une censure partielle. Le Conseil constitutionnel va devoir se prononcer dans les prochaines semaines sur la conformité à la Constitution de deux de ses dispositions contestées par la filiale française du groupe californien Uber. La Cour de cassation en a décidé ainsi par deux arrêts du vendredi 13 mars. 
Tandis que Hollande tient pour les caméras un discours de fermeté, voire d'intransigeance, la Cour s’interroge sur la conformité aux "exigences constitutionnelles" et le "caractère proportionné" de cette interdiction qui rompt l’égalité entre les VTC et les taxis sur le marché de la réservation où ils sont censés être en libre concurrence.
Dans le silence par ailleurs assourdissant des ministres concernés, des journalistes aux ordres et des experts auto-proclamés multiplient les commentaires plus ou moins éclairés, mais toujours alignés sur le pouvoir pourtant peu étayés, seulement destinés à travailler l'opinion.  

VOIR et ENTENDRE ainsi Hervé Gattegno, un réactionnaire à l'économie collaborative:

Contrairement aux allégations de ce proche d'Arnaud Montebourg, Hervé Gattegno,  Uber est fiscalisée, d'une part, et ses chauffeurs sont déclarés et bénéficiaires d'une couverture sociale, d'autre part. 
Ce journaliste du passé (Le Point) ne trouve pas mieux en outre que de prôner une indemnisation fiscale des taxis professionnels, si coûteuse qu'elle serait pour le contribuable et les finances publiques. Or, cette fausse bonne idée de facilité ignore que les taxis sont des entreprises et soumises  comme les autres aux risques du marché. Les indemniser créerait un précédent insupportable, seulement concevable par les analystes qui pérorent ici et là pour meubler le temps d'antenne pléthorique de la TNT.

Tandis que tous les modes de transports de personnes cohabitent harmonieusement en Grande Bretagne
, la machine répressive à l’encontre d’UberPop est lancée en France. Depuis le début de 2015, le procureur de la République a déjà reçu  de la Préfecture de police de Paris plus d’une trentaine de dossiers de ces particuliers qui s’improvisent chauffeurs de taxis, selon leurs détracteurs, mais qui sont comme les proches, voisins et amis qui, pour nous dépanner, nous transportent sous couvert de leur assurance personnelle et avec la qualité de conduite qu'a validé leur permis. Les premières poursuites judiciaires pourraient pourtant être lancées rapidement.

Yves Jégo rétablit quelques vérités

L'ancien ministre (UDI) a réagi à la manifestation des taxis contre UberPOP et les VTC. Yves Jégo, député-maire UDI de Seine-et-Marne, était l'invité de Nathalie Levy sur BFMTV, ce jeudi 25 juin 2015. 


Le député détruit les contre-vérités véhiculées sans assurance d'exactitide et se projette dans le sillage des nouvelles technologies niées par le pouvoir socialiste. 
A propos de la manifestation des taxis à Paris, Yves Jégo  a également souligné que "le combat des professionnels n'est pas seulement contre UberPOP, mais aussi contre tous les VTC" 


L'avancée du covoiturage - plébiscité par le public - est-elle remise en question ? 
Avec elle, un renoncement à la souplesse d'utilisation et la convivialité du dispositif constituerait une régression que le pouvoir socialiste assume déjà sous la pression des braillards descendus dans la rue et en des termes violents qui ne conviennent qu'à un pouvoir partisan. Dans ce nouveau combat des Anciens et des Modernes,  les socialistes s'opposent aux jeunes (et aux moins jeunes) qui vivent avec leur époque.


Le parti-pris de l'exécutif est flagrant au regard de sa récente détermination à déréguler les professions libérales qui elles aussi achètent leurs charges et cabinets: en septembre 2014, les médecins, dentistes, pharmaciens mais aussi notaires et avocats, ont été appelés par leurs syndicats à baisser le rideau pour protester contre le projet du gouvernement qui vise à déréglementer leurs professions. 
En terme de cohérence et d'équité, cette volonté de statu quo de l'Elysée et de Matignon en faveur des entreprises de la famille André Rousselet (groupe Canal+, i-télé, D8, D17 ou Universal Music Group et Dailymotion, etc), proche du pouvoir socialiste, reste difficile à démontrer. 
Aujourd'hui, le pouvoir socialiste s'en prend aux entreprises de VTC pour protéger les patrons sympathisants de son entourage.