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dimanche 16 août 2015

Et maintenant des menus végétariens dans les cantines scolaires


Jégo veut rendre obligatoire un menu végétarien

Le débat sur les menus de substitution relancé par une proposition d'alternative végétarienne obligatoire dans les cantines  scolaires.

C'est  le député UDI de Seine-et-Marne Yves Jégo qui a eu cette idée. Sur BFM TV vendredi, il a déclaré vouloir déposer à la rentrée une proposition de loi pour rendre obligatoire la présence de ce type de menu. "Il faut rendre obligatoire dans les cantines scolaires en alternative aux repas servis un repas végétarien, sans viande, ni poisson", a lancé le maire de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne. Cela permettra aux enfants "qui pour des raisons médicales, pour des raisons éthiques, pour des raisons religieuses ne veulent pas manger de viande parce que ceci parce que cela (...) de ne pas les stigmatiser", a-t-il fait valoir. "C'est simple et cela garantit l'apport en protéines." 
Depuis, chaque matin, Jégo fait état sur Twitter du nombre de soutiens à sa proposition.
Parmi ceux-ci, un tweet à l'orthographe ambigu de l'écologiste radicale, Cécile Duflot, ancien ministre incompatible avec le gouvernement Valls:



Quand les motivations politiques s'y mettent la gauche est à son affaire. Il y voit le menu "le plus laïc de tous". Jeudi, le tribunal administratif de Dijon a qui conforte  la décision du maire de Chalon-sur-Saône de ne pas supprimer le porc des menus de substitution  dans les cantines de sa ville. Une partie de l'échiquier politique a salué dans cette décision de justice une "victoire de la laïcité", hérissant toutefois de nombreux responsables politiques.

Des menus végétariens déjà servis dans plusieurs villes 

La question des menus de substitution a ainsi été relancée avec le cas de Chalon-sur-Saône. Jeudi 13 août, estimant qu’il n’y a pas urgence à statuer dans la mesure où aucun repas contenant du porc ne sera servi avant le 15 octobre, le tribunal administratif de Dijon a rejeté le référé déposé par la Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM) citant la décision du maire de supprimer les menus de substitution sans porc dans les cantines de sa ville. Fondée en 2011 par Karim Achoui, surnommé l'avocat des voyous", la LDJM -association internationale- a été rejointe par de nombreuses personnalités, tel Jacques Vergès. Suites à plusieurs condamnations, K. Achoui a été radié du barreau de Paris par un arrêt rendu par la cour d'Appel de Paris, en janvier 2011. Franco-algérien, il a récupéré sa robe d'avocat en février 2015en prêtant serment en Algérie.

A la rentrée 2015, la mairie de Chalon-sur-Saône va pouvoir servir du porc au menu de ses cantines, car "l’accès aux services de restauration scolaire de l’ensemble des usagers, y compris les enfants de confession musulmane, ne paraît pas compromis". La condition d’urgence, qui justifie la procédure en référé, "n’apparaît dès lors pas remplie", ajoute-t-il.

Yves Jégo n'est pas le premier à défendre la solution du menu végétarien.
Une proposition dans ce sens date de mars dernier. Les journalistes Aymeric Caron et Franz-Olivier Giesbert et le moine bouddhiste et écrivain Matthieu Ricard faisaient partie des signataires du texte. "L’alternative n’enlève rien aux non-végétariens, tandis que le menu unique ôte à ceux qui ne mangent pas de viande, ou qui refusent le porc, le droit d’avoir un repas équilibré, qu’ils ont payé comme les autres", si bas soit-il du fait de la solidarité nationale, expliquaient les signataires de la tribune.
 
Plusieurs villes de droite et de gauche ont déjà décidé de servir des menus sans viande dans les cantines.
C'est le cas à Lyon (PS) -renommée pour sa charcuterie- depuis 2008, ou à Pau. 

A Perpignan, la mairie Les Républicains a décidé en juin de ne plus servir de menu de substitution au porc et de proposer un menu végétarien. 
Le mois dernier, la mairie de Toulouse (LR) a aussi annoncé qu'elle proposera  un menu sans viande à la rentrée.

samedi 21 mars 2015

Cantines scolaires: 53% des Français ne veulent pas des menus de substitution

Tout est bon dans le cochon

Ceux qui parlent au nom des Français ne représentent qu'eux-mêmes

53% des Français refusent "que les cantines des écoles publiques proposent un plat de substitution aux enfants 
qui, parce qu'ils sont juifs ou musulmans, ne mangent pas de porc", contre 46% favorables (1% sans opinion), selon un sondage Odoxa/CQFD-iTélé publié vendredi soir.

Le porc divise la France
Seulement 33 % de ceux de gauche sont opposés aux plats de substitution contre 72% des sympathisants de droite. 

Par ailleurs, appelés à dire, parmi trois "grands principes républicains", lequel est le plus important, 45% des sondés choisissent "l'égalité entre les citoyens", 41% "la laïcité" et 13% "le suffrage universel" (1% ne savent pas). Les sympathisants de droite sont plus nombreux (49%) à choisir la laïcité, plutôt que l'égalité (32%) ou le suffrage universel (18%). A gauche, en revanche, l'égalité obtient 52%, la laïcité 37% et le suffrage universel 10%.

Sondage réalisé par internet les 19 et 20 mars auprès d'un échantillon de 1.008 personnes, représentatif de la population française adulte (méthode des quotas).

Les Français ne réussissent pas à mettre les politiques d'accord

La mesure du maire UMP de Chalon-sur-Saône  de ne plus proposer de menu de substitution dans les cantines fait toujours débat, trois jours plus tard. Lundi, au nom du "principe de laïcité", la mairie de Chalon a annoncé supprimer, à compter de la rentrée de septembre prochain, le menu alternatif proposé dans les cantines les jours où du porc était au menu. 
"Il est indispensable de revenir à une pratique exigeante du vivre-ensemble", affirmait le maire Gilles Platret dans un communiqué. La ville avait mis en place ce système il y a 31 ans, pour permettre aux enfants musulmans de déjeuner à la cantine, aussi bien que les juifs dont la religion proscrit également de manger du lapin.

La porte-parole du PS réagit avec outrance
A propos de pratique confessionnelle, la porte-parole se plante, à la grande honte de l’Institut d’Études politiques de Paris... "Il faut appeler un chat un chat, et un raciste un raciste", s'emporte Juliette Méadel confondant religion et ethnicité. La  sectaire voit dans cette décision "une minable manœuvre politicienne", et s'enferre en précisant que "depuis plus de trente ans, (…) vingt fois par an, deux plats étaient proposés lorsqu’il y avait du porc. La grande affaire ! Cette décision municipale vise à stigmatiser les enfants concernés, éventuellement à les exclure de la cantine, au détriment de la sérénité de l’école, au détriment du travail de leur mère, au détriment de l’intégration des enfants", reproche cette spécialiste en.. sérénité.

Après avoir approuvé la décision du maire, 
la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem (PS) s'est alignée pour la critiquer quelques heures plus tard
en tombant dans la caricature. "La seule chose qui doit guider un responsable public est de veiller à ce que chaque enfant puisse manger à sa faim", a-t-elle encore déclaré sans craindre le ridicule de sa dramatisation. Une énormité, puisque les repas ne comportent pas qu'un plat principal et le risque de famine ne se présente que deux à trois fois par mois. 

Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, maire de Provins (Seine-et-Marne), est plus modéré. Il  explique que "quand on sert du porc, il y a également du blanc de poulet, et c'est une décision municipale qui a toujours été prise par notre municipalité et que je ne remettrai pas en question", a-t-il déclaré, rassurant, mercredi soir.
"En désaccord total" avec le menu unique, Henri Guaino (UMP), député des Yvelines, met en garde sur France Inter : "C’est un sujet qu’on ferait mieux d’aborder après les échéances électorales et pas la veille."

François Bayrou est résolument contre le changement. 
"Je suis maire [il fallait le rappeler tant ça a été laborieux], donc en charge de ces sujets. Est-ce que vous croyez qu'il est bienvenu, à nouveau, de faire flamber ce type d'affrontement, sur les cantines ou les tenues vestimentaires à l'université ? [Il s'agit plus précisément de la burqa en milieu public fermé. Alain Juppé s'est dit contre l'interdiction du voile à l'université".] Ce n'est pas responsable. Il y a mille moyens pour qu'on vive ensemble entre Français qui ont des religions différentes", estime le président du Modem sur RMC et BFM TV. Toujours aussi condescendant, l'ancien bègue continue de se citer longuement en exemple. "Je ne mets pas la laïcité dans l'assiette des enfants. Défendre cette laïcité, ce serait obliger les catholiques à manger de la viande le vendredi. [Une pratique depuis longtemps tombée en désuétude parmi les croyants, aussi obsolète que la soutane des prêtres] La laïcité, ce n'est pas se disputer perpétuellement sur les religions ou les origines. C'est permettre de vivre ensemble. Faire en sorte que les jeunes juifs, les jeunes musulmans, les jeunes qui ont d'autres préférences alimentaires, soient assis sur les mêmes bancs, qu'ils se connaissent un peu mieux après l'école", explique le centriste du MoDem à l'élu UMP-UDI-Modem. Et Bayrou fait sa pub au passage en annonçant que ses équipes travaillent actuellement à la mise en place d'un menu végétarien alternatif pour correspondre à toutes les préférences, interdits ou allergies alimentaires. A suivre...

La décision du maire de Chalon-sur-Marne a été soutenue par une partie de l'UMP, dont son président Nicolas Sarkozy. "Si vous voulez que vos enfants aient des habitudes alimentaires confessionnelles, vous allez dans l'enseignement privé confessionnel", a-t-il suggéré. "A titre personnel j'y suis favorable", affirme aussi le député des Français de l'étranger Alain Marsaud (UMP) sur RFI. "Nous sommes à la recherche d'une laïcité contraignante puisque la laïcité non contraignante ne marche pas. Ça passe par la cantine, les piscines, les cours de sport... Il faut avoir du courage là aussi", explique l'ancien juge anti-terroriste.

"
Dans les textes, rien n'impose à une collectivité locale d'adopter tel ou tel menu" a admis la ministre.