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mardi 9 avril 2019

Tariq Ramadan est-il entretenu par le Qatar ?

Tariq Ramadan serait grassement salarié par le Qatar 

 
Le prêcheur islamiste recevrait une rente qatari de  35 000 euros mensuelle


C'est la révélation d'une note de Tracfin et l'affirmation d'un livre des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
Ramadan est déjà mis en examen pour deux viols en France et un autre en Suisse. Selon une note du service de renseignement Tracfin - un organisme du ministère de l'Economie et des Finances, chargé de la lutte contre la fraude, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme -, l'islamologue a perçu, en qualité de consultant, de très généreux émoluments en provenance du Qatar, 35.000 euros mensuels. Des sommes versées par la Qatar Foundation, l’une des filières permettant à l’émirat de financer à travers le monde des projets liés le plus souvent à la mouvance des Frères musulmans.

Très influente et bénéficiant de fonds importants, la Qatar Foundation est présidée par la cheikha Mozah, la mère de l’actuel émir qui, selon d’anciens proches de Ramadan, aurait facilité l’installation à Doha de ce petit-fils d'Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans
L’intellectuel a aussi bénéficié de l’appui du Youssef al-Qaradawi, le théologien de référence de la mouvance des Frères musulmans, un proche de la famille Ramadan depuis de très nombreuses années et d'origine égyptienne, comme elle.

La double vie de l'islamologue

Résultat de recherche d'images pour "Qatar Papers, comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe"D’après la note de Tracfin, dans la foulée de l'élection de Macron, le 1er juin 2017, Tariq Ramadan a rapatrié en France l’équivalent de 590 000 euros, en provenance de son compte qatari alimenté par les versements mensuels de la Qatar Foundation. 
Le 28 juillet 2017, les transferts de fonds auraient servi à l’achat d’un duplex situé rue Gabrielle sur la butte Montmartre à Paris. 
D’autres fonds auraient également été versés à deux associations, Juste Cause  - créée pour faire face au coût élevé engendré par le procès que Tariq Ramadan a intenté à Lyon Mag et à Antoine Sfeir mais,  officiellement, pour venir en soutien aux musulmanes et musulmans qui font face à des discriminations - et Horizons - association pour la promotion de la culture arabe et islamique -, permettant en partie à Ramadan de financer ses frais de justice.

Depuis 2012, l’intellectuel suisse dirigeait à Doha un centre de recherches, le Cile, consacré à l’étude de l’éthique islamique. Mais depuis sa sortie de détention provisoire en novembre dernier, le Qatar a pris nettement ses distances. S’il clame son innocence, le théologien est devenu infréquentable depuis qu’il a avoué une double vie, très peu conforme à la morale islamique. Ramadan a d’ailleurs été remplacé à la tête du Cile. Selon d’anciens proches, son contrat avec le Qatar arriverait à échéance dans les prochains mois.

Les islamistes montent une faculté privée

Résultat de recherche d'images pour "Saint-Denis IESH"
Université privée musulmane de Paris-Saint-Denis:le projet d’extension de l’Institut européen de sciences humaines (IESH) est estimé à plus de 10 M€. 
Une ...collecte est lancée pour réunir les fonds.
Dans un livre paru le 4 avril, Qatar Papers, comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe (Michel Lafon), les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot font mention des émoluments versés à Ramadan, d'après un article publié jeudi par le quotidien suisse la Tribune de Genève.
Résultat de recherche d'images pour "Saint-Denis IESH"L’ouvrage révèle aussi les financements accordés par le Qatar à des institutions et des projets de mosquées liés au réseau des Frères musulmans en Europe. Parmi les bénéficiaires figurerait l’Institut européen de sciences humaines (IESH), faculté privée proche de Musulmans de France (la branche française des Frères musulmans) qui est située à Saint-Denis et à Château-Chinon (ci-dessous) et qui dispense des enseignements en théologie musulmane et en langue arabe.
Image associée
Emmanuel Marsigny, l’avocat de Tariq Ramadan, n’a pas souhaité faire de commentaire.

samedi 22 octobre 2016

Et si le Qatar arrosait les zones de non-droit plutôt que des politiques ?

"L'ancien ambassadeur du Qatar a copieusement arrosé nos politiques," affirme Libération

Deux journalistes décrivent des liens troubles entre des responsables politiques français et leurs homologues des monarchies du Golfe.

Georges Malbrunot, co-auteur, avec Christian Chesnot, d’un livre sur les relations entre la France et les monarchies du Golfe, décrit les dérives d’un système et les petites corruptions à coups de gros cadeaux. "L’ex-ambassadeur du Qatar [cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, ci-contre] a copieusement arrosé nos politiques," affirment les auteurs, Christian Chesnot (France Inter) et Georges Malbrunot (Le Figaro), dans leur livre paru ce jeudi, Nos très chers émirs. Les auteurs décryptent les liens vénéneux entre des responsables politiques français et leurs homologues des monarchies du Golfe. "Vendre à tout prix aux émirs, propulsés au rang de "partenaires stratégiques", semble être devenu l’alpha et l’oméga de notre diplomatie au Moyen-Orient," assurent les journalistes.

Pourquoi la France a-t-elle noué des liens étroits avec les monarchies du Golfe ?
Au départ, l'objectif était de décrocher des contrats en échange de notre appui politique et diplomatique. La France avait aussi besoin de sécuriser ses approvisionnements pétroliers au vu de l’instabilité au Moyen-Orient. Mais cette relation se serait déséquilibrée: pour l’Arabie Saoudite, le véritable partenaire stratégique reste les Etats-Unis, alors que nous sommes considérés comme un partenaire de compensation.

François Hollande a-t-il changé quelque chose lors de son arrivée au pouvoir ? 
Hollande a eu l'intention de rééquilibrer ses relations avec le petit Qatar et l'ogre d'Arabie Saoudite. Or, en 2015 les autorités saoudiennes laissent entendre qu’elles sont prêtes à investir 50 milliards d’euros dans les années à venir, tandis que la France rencontre des difficultés chroniques d'équilibre budgétaire. Alors elle se laisse séduire par l’Arabie Saoudite, comme dans le dossier du nucléaire iranien, l’ennemi historique de Riyad.

Des personnalités politiques se seraient même laissées aller à des pratiques relevant du trafic d’influence, selon les auteur du livre.
"Nous avons observé ces dérives notamment avec l’ambassade du Qatar. De 2003 à 2013, Mohamed Jaham Al-Kuwari, l’ambassadeur à Paris, a copieusement arrosé nos responsables politiques. Sans tenir un fichier, il savait très bien qui se laissait corrompre. "Les Français sont les plus faciles à acheter", avait déclaré aux journalistes un proche de Hamad Al-Thani, l’émir qui régnait à l’époque. 
Puis, lui a succédé son fils Tamim qui a souhaité nettoyer les écuries. Mais les habitudes ne se perdent pas facilement et, dans un premier temps, les politiques français ont continué à demander des cadeaux. Des membres de la nouvelle équipe étaient stupéfaits et en avaient marre d’être pris pour des "distributeurs de billets de 500 euros". Alors même que le discours est désormais au 'Qatar bashing', accusé d’injecter de l’argent dans les banlieues et de financer le terrorisme. On a sorti une dizaine de noms révélateurs de ces pratiques, mais il y en a certainement beaucoup plus qui sont concernés.""

Des relations troubles Qatar-politiques : "Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg", assure Georges Malbrunot

Au coeur du scandale, le journaliste Georges Malbrunot confirme les dérives de la relation entre le Qatar et les politiques françaisDans ce livre-enquête, ils racontent notamment comment l'argent a "pourri" cette relation avec les monarchies du Golfe et en particulier comment l'ambassade du Qatar à Paris est sollicitée par des politiques. de tous bords, dont Jean-Marie Le Guen et Rachida Dati, qui ont d'ores et déjà annoncé leur intention de porter plainte pour diffamation.
Jean-Marie Le Guen, actuel ministre des Relations avec le Parlement, se vante par exemple de pouvoir y "bloquer les questions hostiles" sur le Qatar. "Mais je n'ai pas à le faire gratuitement", précise-t-il. "Il nous faisait littéralement du chantage", s'étonne l'ambassade. 
D'autres sont beaucoup plus directs, à l'image de la députée Rachida Dati qui demande 400.000 euros pour financer un "Club des Ambassadeurs" dans son arrondissement de Paris. 
Députés PS Thévenoud et Bays
Le livre cite aussi le député PS du Nord-Pas de Calais, Nicolas Bays qui envoie personnellement un SMS à l'ambassadeur. "J'ai des problèmes financiers.
Mariage homosexuel:
deux chauds partisans,
les députés PS Galut et Bays
La mère de notre jeune enfant est fatiguée; je voudrais l'emmener à l'étranger. Peux-tu me faire inviter dans un hôtel de Doha et nous payer le billet d'avion
?", écrit-il ainsi. Malgré un premier refus, il enverra deux autres demandes par SMS, notamment pour financer des travaux dans sa maison. 

Dans ce livre, on apprend encore que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin exige de voyager en première classe lorsqu'il est invité à un colloque à Doha, la capitale du Qatar, sinon il annule. 
La présidente du FN Marine Le Pen a quant à elle fait financer son déplacement au Caire, en 2015, par les Emirats Arabes Unis. 
Les deux journalistes citent encore la sénatrice centriste Nathalie Goulet. 

"Nous avons des preuves", lance Malbrunot.
"Tout n’est pas terminé". "On cite une douzaine d’hommes politiques qui ont essayé de monnayer leur parole, mais ce n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg", avance même le journaliste. "D’ailleurs, si j’en crois certaines indiscrétions, certains députés se sont félicités de ne pas être dans notre livre. Je crois donc que tout n’est pas terminé. Il y a des habitudes qui ont la vie dure". 
Et de préciser, toutefois, que "tous les membres du groupe d’amitié France-Qatar ne sont pas à mettre dans le même panier. Maurice Leroy, le président, est clean", souligne-t-il en exemple. "Mais il y avait parmi eux, et parmi d'autres, des hommes politiques qui se comportaient d’une manière indécente."

L'argent de la libération du grand reporter du Figaro n'a pas d'odeur
En 2003, à la suite du renversement de Saddam Hussein, Malbrunot s'installa à Bagdad en Irak.
Le 20 août 2004, Georges Malbrunot, son confrère Christian Chesnot, ainsi que le fixeur syrien Mohammed Al-Joundi furent enlevés par l'Armée islamique en Irak, alors qu'ils tentaient de se rendre à Nadjaf. Leurs ravisseurs demandèrent officiellement l'abrogation de la Loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques.
Le 21 décembre 2004, après cent vingt-quatre jours de détention, soit quatre mois plus tard, les deux journalistes français sont libérés.
D'après un article de LCI.TF1 citant le journal The Times, la France aurait versé 15 millions de dollars (soit 11,8 millions d'euros) pour leur libération. ("Paris, Rome, Berlin auraient payé une rançon pour leurs otages" (22 mai 2006).