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samedi 27 avril 2019

Coupe de France 2019 : l'équipe de Pinault défait celle du Qatari Nasser Al-Khelaïfi

Dans ce duel de multi-millionnaires, le Stade rennais s'impose aux tirs au but

Le Stade Rennais a battu le Paris-Saint-Germain en finale de Coupe de France de football

Le Stade Rennais a remporté la Coupe de France 2019.Lors de l'Acte X de la compétition, les Bretons, menés 2-0, sont revenus au score, samedi 27 avril, avant de l'emporter au bout du suspense, lors de la séance de tirs au but. Rennes a remporté la troisième Coupe de France de son histoire (après 1965 et 1971), mettant fin à une disette de 48 ans sans trophée national.
Résultat de recherche d'images pour "Nasser Al-Khelaïfi Macron"
Eliminé en quart de finale de la Coupe de la Ligue, et surtout en huitième de finale de la Ligue des champions, le PDG qatari du club du Paris Saint-Germain (football et handball, depuis 2011) et du groupe beIn Media Group (depuis 2012: il est directeur général de Al Jazeera Sport depuis 2006), Nasser Al-Khelaïfi a subi une nouvelle grosse désillusion face aux Bretons, qui remportent leur premier titre depuis 1971.
Rennes est la première équipe à remonter un retard de deux buts en finale de Coupe de France, au XXIe siècle. Tout avait parfaitement démarré pour le PSG, grandissime favori de cette finale de Coupe de France face au Stade rennais. Grâce à Dani Alves, puis à Neymar, les Parisiens menaient en effet 2-0 après une vingtaine de minutes de jeu. Mais petit à petit, les Bretons sont parvenus à renverser la tendance, d'abord en profitant d'un but contre son camp de Presnel Kimpembe, avant la mi-temps, puis avec une tête rageuse, sur corner, du défenseur Mexer. La confiance, dès lors, a changé de camp. 

Rennes met fin à une série de 29 victoires consécutives du PSG dans la compétition.

Pour la première foi depuis le 22 janvier 2014, l'équipe de la capitale n'a pas gagné en Coupe de France.
Dans les prolongations, le Français Kylian Mbappé a même écopé d'un carton rouge pour une grosse faute, et le PSG s'est finalement incliné lors de la séance de tirs au but. 

Les Rennais ont réussi leurs six tentatives alors que du côté du PSG, le sixième tireur, Christopher Nkunku, a envoyé le ballon au-dessus du but, dans les nuées. Une délivrance pour le Stade rennais, qui attendait un titre depuis 48 ans et qui met un terme à une série de trois finales perdues en dix ans.

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Cette victoire est celle de la famille Pinault
21 ans après avoir pris les rênes du Stade Rennais en 1998, la famille Pinault a enfin décroché un titre avec cette Coupe de France 2019. "L’aboutissement des nombreuses années à manger son pain noir entre transferts ratés et échecs sportifs". 
A 82 ans, le fondateur de la holding Artémis (Stade Rennais à 100%, mais surtout Christie's, FNAC Darty ou le Théâtre Marigny à 100 % et Groupe Sebdo-Le Point à 100 %, notamment) et du groupe Kering (anciennement Pinault-Printemps-Redoute : Yves Saint Laurent, Balenciaga, Boucheron, Gucci, Alexander McQueen, JeanRichard, ou Dodo), également influent collectionneur d'art moderne et contemporain, "François Pinault était comme un gamin", a observé André en zone mixte. Le propriétaire rennais attendait ça depuis des années. Si le club en est là aujourd’hui avec cette Coupe de France qui le fuyait depuis 1971, il le doit avant tout à l’homme d’affaires et son fils François-Henri qui a depuis pris sa succession.

mardi 9 avril 2019

Tariq Ramadan est-il entretenu par le Qatar ?

Tariq Ramadan serait grassement salarié par le Qatar 

 
Le prêcheur islamiste recevrait une rente qatari de  35 000 euros mensuelle


C'est la révélation d'une note de Tracfin et l'affirmation d'un livre des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
Ramadan est déjà mis en examen pour deux viols en France et un autre en Suisse. Selon une note du service de renseignement Tracfin - un organisme du ministère de l'Economie et des Finances, chargé de la lutte contre la fraude, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme -, l'islamologue a perçu, en qualité de consultant, de très généreux émoluments en provenance du Qatar, 35.000 euros mensuels. Des sommes versées par la Qatar Foundation, l’une des filières permettant à l’émirat de financer à travers le monde des projets liés le plus souvent à la mouvance des Frères musulmans.

Très influente et bénéficiant de fonds importants, la Qatar Foundation est présidée par la cheikha Mozah, la mère de l’actuel émir qui, selon d’anciens proches de Ramadan, aurait facilité l’installation à Doha de ce petit-fils d'Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans
L’intellectuel a aussi bénéficié de l’appui du Youssef al-Qaradawi, le théologien de référence de la mouvance des Frères musulmans, un proche de la famille Ramadan depuis de très nombreuses années et d'origine égyptienne, comme elle.

La double vie de l'islamologue

Résultat de recherche d'images pour "Qatar Papers, comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe"D’après la note de Tracfin, dans la foulée de l'élection de Macron, le 1er juin 2017, Tariq Ramadan a rapatrié en France l’équivalent de 590 000 euros, en provenance de son compte qatari alimenté par les versements mensuels de la Qatar Foundation. 
Le 28 juillet 2017, les transferts de fonds auraient servi à l’achat d’un duplex situé rue Gabrielle sur la butte Montmartre à Paris. 
D’autres fonds auraient également été versés à deux associations, Juste Cause  - créée pour faire face au coût élevé engendré par le procès que Tariq Ramadan a intenté à Lyon Mag et à Antoine Sfeir mais,  officiellement, pour venir en soutien aux musulmanes et musulmans qui font face à des discriminations - et Horizons - association pour la promotion de la culture arabe et islamique -, permettant en partie à Ramadan de financer ses frais de justice.

Depuis 2012, l’intellectuel suisse dirigeait à Doha un centre de recherches, le Cile, consacré à l’étude de l’éthique islamique. Mais depuis sa sortie de détention provisoire en novembre dernier, le Qatar a pris nettement ses distances. S’il clame son innocence, le théologien est devenu infréquentable depuis qu’il a avoué une double vie, très peu conforme à la morale islamique. Ramadan a d’ailleurs été remplacé à la tête du Cile. Selon d’anciens proches, son contrat avec le Qatar arriverait à échéance dans les prochains mois.

Les islamistes montent une faculté privée

Résultat de recherche d'images pour "Saint-Denis IESH"
Université privée musulmane de Paris-Saint-Denis:le projet d’extension de l’Institut européen de sciences humaines (IESH) est estimé à plus de 10 M€. 
Une ...collecte est lancée pour réunir les fonds.
Dans un livre paru le 4 avril, Qatar Papers, comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe (Michel Lafon), les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot font mention des émoluments versés à Ramadan, d'après un article publié jeudi par le quotidien suisse la Tribune de Genève.
Résultat de recherche d'images pour "Saint-Denis IESH"L’ouvrage révèle aussi les financements accordés par le Qatar à des institutions et des projets de mosquées liés au réseau des Frères musulmans en Europe. Parmi les bénéficiaires figurerait l’Institut européen de sciences humaines (IESH), faculté privée proche de Musulmans de France (la branche française des Frères musulmans) qui est située à Saint-Denis et à Château-Chinon (ci-dessous) et qui dispense des enseignements en théologie musulmane et en langue arabe.
Image associée
Emmanuel Marsigny, l’avocat de Tariq Ramadan, n’a pas souhaité faire de commentaire.

mardi 8 novembre 2016

Hollande truque le marché des droits TV au profit de Canal+

La LFP porte-t-elle plainte? Et les journalistes vertueux de i-télé ?

Le Canard enchaîné pointe une énième révélation du livre "Un président ne devrait pas dire ça"
Le Graet, président de la FFF, fait ovationner Hollande
(3 juillet 2016, lors du quart de finale de l'Euro 2016 France-Islande)
Canal+ bénéficie de la manne des droits TV de la L1, sur un simple coup de fil de François Hollande à l’émir du... Qatar.
Le président de la République est donc responsable d'une perte sèche pour le service public estimée entre 100 et 150 M d’euros et devrait donc pousser la LFP à porter plainte.
  
Or, le président de la LFP (Ligue de football professionnel, 2002-2016) fut Frédéric Thiriez, avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation depuis 1990. En septembre 2013, F. Thiriez a publié un livre dans lequel il "décide d'instruire le procès du football à charge et à décharge", évoquant notamment les salaires, la violence, le racisme, le dopage ou encore les... matchs truqués. En avril 2016, il a annoncé qu'il quittait ses fonctions de président de la Ligue.

Depuis le début de l'été 2015, quand Vincent Bolloré est devenu l'actionnaire majoritaire de Vivendi, propriétaire de Canal+, la chaîne cryptée traverse une zone de turbulences - avec les réplique que l'on sait à i-télé, satellite du groupe. Malgré l'appui du sommet de l'Etat, Bertrand Méheut a laissé une impression plus que mitigée et Vincent Bolloré a préféré composer un nouvel organigramme. Jean-Christophe Thiery, le patron de Bolloré Média, de l’institut de sondages CSA (depuis avril 2015), dont Bernard Sananès est le président, ou du quotidien gratuit Direct Matin, concurrent de 20 Minutes, s'est vu confier les rênes.

La somme des fautes de Hollande est insondable
"Un président ne devrait pas dire ça", le livre des deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ajoute encore au discrédit de Hollande, l'exemplaire "Moi président, je..." Cette nouvelle déflagration s'est propagée de l'Elysée à la sphère politique. Non content d’inviter les footballeurs à se "muscler le cerveau" et les "sans dents" à manger de la brioche, au cours de cette série d’entretiens avec les deux  malfaisants du journal Le Monde, François Hollande s’est personnellement immiscé dans la vie de la Fédération française de football et des droits de diffusion des matches.


Celui qui se fait passer pour un fin stratège et un véritable homme d’Etat s'est vanté (page 305 du brûlot) d'avoir décidé de l’attribution des droits TV de la Ligue 1 lors du dernier appel d’offre datant du printemps 2014
alors que Najat Vallaud-Belkacem était ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et... des Sports. L'arrogante n'en a-t-elle rien su ?

Najat Vallaud-Belkacem embrassant le camarade Le Graët


Hollande s'attribue le sauvetage de Canal+ et le marchand de tapis a l’autosatisfaction bouffonne

"J'ai reçu discrètement (Rodolphe) Belmer et (Bertrand) Méheut [les anciens patrons de la chaîne cryptée]. J'ai appelé l'émir du Qatar (la chaîne beIN Sports est qatarie) et lui ai dit: "Vous allez venir en France en juin; on vous a défendus par rapport aux Saoudiens; on est à vos côtés, mais là, qu'allez-vous faire sur les Rafale (marché militaire) ? 
Il y a aussi l'histoire du foot... Je souhaite qu'il y ait un partage »." C’est cette intervention qui, aujourd’hui, fait bondir les dirigeants du foot professionnel, à l’image d’un Frédéric Thiriez, ancien patron de la Ligue (LFP), qui dans les colonnes de L'Equipe n’a pas hésité à parler d’une "infraction grave au droit de la concurrence" en jugeant qu’en l’espèce "le football français a été spolié".
Dans la torpeur du mois d'août 2015, on apprend qu'il a été trouvé à Belmer un point de chute à... France Télévisions, où il va étudier... les tendances de l’audiovisuel et tenter d’aiguiller la politique stratégique de la nouvelle présidente du groupe audiovisuel public, Delphine Ernotte. Successeur de Pierre Lescure et Breton, comme Noël Le Graët, Bertrand Méheut fut président du groupe Canal+ (avec Dailymotion et Universal Music Group) de 2003 à 2015. Malgré l'état financier précaire du groupe soumis à la rigueur budgétaire, en 2004, il avait acquis l'exclusivité sur la totalité des droits du championnat de France de football, notamment en mettant 600 millions d'euros sur la table, soit le montant faramineux de 1,8 milliard sur trois ans, soufflant à son rival TPS (ancien bouquet numérique de télévision par satellite, diffusé en France de 1996 à 2008 par les Groupe TF1, Groupe M6, Orange (ex-France Télécom), France Télévisions, RTL Group). "La somme est importante, c'est vrai. Mais l'acquisition de ces droits était essentielle pour le groupe. On en voit déjà l'effet : notre portefeuille d'abonnés est en croissance très forte (...) Nous avons une base d'abonnés de 5 millions à Canal+ et de 3 millions à Canal Sat. Il était essentiel, pour conserver et développer cette base, d'acquérir ces droits."Bertrand Méheut est resté le conseiller de V. Bolloré "sur les importants développements que Vivendi souhaite voir réalisés par Groupe Canal+"

Là où la LFP avait tout intérêt à voir le Qatar assommer le marché, ce partage, orchestré donc a priori depuis l’Elysée, aurait dissuadé beIN Sports de surenchérir et permis à Canal+ de sauver les meilleurs lots (3 meilleures affiches jusqu’en 2020). Face à ces révélations, et à un manque à gagner estimé aujourd’hui entre 100 et 150 millions d’euros, le foot pro français n’entendrait pas en rester là, selon Le Canard Enchaîné, qui prête à la Ligue l’intention de saisir la justice pour réclamer réparation. Une plainte pourrait ainsi être déposée pour faute de l’Etat ou bien délit d’entente. 

Le socialiste Noël Le Graët va-t-il être intègre et ferme ?

Le président de la Fédération française de football, qui fut président de la ligue nationale française de football (LNF/LFP, 1991-2000), Noël Le Graët, membre du Parti socialiste, n'avait en revanche toujours pas saisi la Justice... C'est pourtant sous sa présidence que la Ligue porta plainte contre X dans l'affaire VA-OM. 


Noël Le Graët vient de tacler Frédéric Thiriez, alors que celui-ci  propose ses bons offices pour aider la LFP à sortir de la crise.

Le président de la Fédération française (FFF), Noël Le Graët, ne met pas d'huile dans les rouages.
Il s'en est pris à l'ex-président de la LFP. "Il est parti. Je ne suis pas certain que la Ligue ait besoin de lui aujourd'hui. Mais bon, peut-être que oui, s'il peut arranger les choses (sourires)... Il est parti en avril et il n'a pas été retenu par beaucoup," a-t-il taclé.
Frédéric Thiriez s'est dit prêt mardi matin, "à accepter toute mission temporaire qui viserait à apaiser les tensions actuelles" afin de "remettre en ordre de marche" la LFP, dont il était le président pendant 14 ans jusqu'à sa démission en avril. La Ligue, qui tient son assemblée générale vendredi, se déchire depuis un mois au sujet de la répartition des droits TV et n'a toujours pas trouvé de candidat pour sa présidence. 
Elle a actuellement un intérimaire à sa tête, Jean-Pierre Denis, un homme d'affaires breton, président du Crédit mutuel de Bretagne. Au titre de président de Crédit Mutuel Arkéa, il a touché 1,57 million d'euros, dont un bonus de 1,06 million, soit une augmentation de 44% sur l'exercice précédent. Un interlocuteur pour De Graët...

Les tensions latentes Le Graët-Thiriez étaient apparues au grand jour en décembre 2015 lorsque le président de la FFF avait attaqué ce dernier en conférence de presse: "Je prétends que 100% des journalistes considèrent que Thiriez n'y connaît rien en football. Et je ne discute qu'avec ceux qui connaissent le ballon."
Sens du dialogue typiquement socialiste.

samedi 16 juillet 2016

Deux erreurs de François Hollande ont conduit au carnage de Nice

Les frappes aériennes de Hollande sur la Syrie, suite aux attentats du 13 novembre, n'ont pas empêché les carnages de Paris ou Nice 

Atlantico a interrogé à ce sujet Alexandre del Valle, un géopolitologue et essayiste franco-italien. 


Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc), il intervient pour le groupe Sup de Co La Rochelle et des institutions patronales et européennes et est chercheur associé au CPFA (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme. Il est notamment auteur des livres
Le Chaos Syrien, printemps arabes et minorités face à l'islamisme (Editions Dhow 2014), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (Editions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (Editions du Toucan).

Atlantico : En réponse à l'attaque de Nice, François Hollande a affirmé : "Nous allons renforcer nos actions en Syrie et en Irak. Nous allons continuer à frapper ceux qui nous attaquent dans leur repaire". Cette rhétorique guerrière ne sert-elle pas à détourner le problème de sa réalité, à savoir que les auteurs des dernières attaques de nature terroriste en France sont des ressortissants français ?
Alexandre del Valle : On retrouve cette analyse dans l'un des rapports de Malek Boutih, co-fondateur de SOS racisme, qui a fait couler beaucoup d'encre. Il évoque une haine de type nazifiante, sous couvert d'islamisme, qui grandit dans les banlieues, sans rapport avec la misère - il affirme lui-même que les miséreux n'ont pas le temps de préparer des attentats terroristes.

Cette haine est produite en partie par notre société qui ne sait plus intégrer [où s'en défend pour des raisons idéologiques], transmettre le patriotisme, appliquer les règles. L'Etat a démissionné dans ces zones de non-droit où la haine peut prospérer, tant appuyée par des voyous que par des islamistes [sans compter les associations qui pullulent et s'activent, à l'instar des MJC auxquelles on ne pensent pas en matière de populisme communautariste]. Les théâtres [militaires] syrien et irakien n'ont donc pas une influence fondamentale dans cette haine qui s'est aujourd'hui autonomisée. 
Un véritable chaudron est en train d'exploser dans des zones de non-droit [hexagonales]des ressortissants français, souvent aux origines étrangères [ce qui soulève la question de la binationalité], mais pas toujours, vouent une haine farouche à notre société [en conséquence de l'anticolonialisme rampant et de la culpabilité post-coloniale insufflés par les réseaux et collectifs relayés par la presse de gauche], à tout ce qu'elle représente, et sont prêts à mourir pour cela. 

Sur le dossier syrien, le problème de la communauté internationale, et de la France notamment, réside dans l'absence de vision stratégique consensuelle quant à l'avenir des territoires sous contrôle de l'EI, lorsque celui sera défait. En lieu et place d'envoyer toujours plus de moyens pour frapper l'EI, le gouvernement français ne pêche-t-il pas par cette absence de réflexion et de conviction de ses partenaires dans cette voie ?

Alexandre del Valle : On le voit bien en Syrie : le fait de ne pas avoir désigné clairement la nature de la menace - à savoir l'islamisme radical ['islam radical' ne serait pas un pléonasme] - et préférer plutôt désigner Daesh [sur injonction de Laurent Fabius à la presse], a permis d'affaiblir ce dernier dans les zones ciblées par les frappes occidentales, tout en permettant la progression d'autres groupes djihadistes comme al-Nosra, le Front islamique, Jaich al-Islam, etc. En désignant l'islamisme radical, on aurait ainsi pu privilégier l'action contre cet ennemi principal dans son ensemble et trouver une solution de paix en Syrie, évitant ainsi le blocage des pourparlers, car en dehors de l'intransigeance de Bachar al-Assad, ces derniers sont bloqués parce que les Occidentaux, les Turcs, les Saoudiens et les Qataris ont réussi à mettre en place une représentation permanente dite de "l'opposition syrienne" (HCN) qui englobe plusieurs mouvements djihadistes dangereux, dont certains sont très proches sur le terrain d'Al-Qaeda. 
Le fait d'avoir intégré ces mouvements aux rebelles dits "fréquentables" a donné un prétexte à Bachar al-Assad, mais aussi à la Russie, pour dire qu'il n'est pas possible de mettre en place une transition en Syrie pour laquelle on identifie Daesh comme le grand méchant, tout en excluant les autres mouvements djihadistes de cette liste des méchants. C'est là où réside le problème quant au fait de ne pas avoir désigné la nature philosophique de l'ennemi principal et d'avoir cantonné la campagne de bombardements à Daech. 
C'est d'autant plus déstabilisant pour la Syrie qui avait fait du chemin sur la voie de la sécularisation et dans la lutte contre l'islamisme avant 2011 et que ni l’Occident ni les monarchies du Golfe ne peuvent être crédibles quand ils affirment que les djihadistes d’Al-Nosra et de Da’ech doivent être exclus des pourparlers de paix en vue de la transition, mais qu’au contraire d’autres djihadistes aussi barbares, comme Jaich al-Islam, doivent être acceptés comme le noyau-dur de l’opposition sunnite anti-Bachar fréquentable et destinée à prendre les commandes de la Syrie post-Assad… 
De ce point de vue, l’obstination de Moscou à demander que les Nations unies classent Jaich al-Islam ou Ahrar al-Sham dans la liste des organisations terroristes afin de les exclure de la solution de transition en Syrie ne me paraît pas du tout stupide et est bien plus cohérente que la schizophrénie occidentale pro-saoudienne et pro-qatarie

En l'absence de consensus et de vision quant à l'avenir du territoire syrien en cas de défaite de l'EI, qu'apportent concrètement les frappes menées actuellement en Syrie, notamment par la France ? Ne s'agit-il pas d'une erreur stratégique dont nous payons aujourd'hui le prix ?

Alexandre del Valle : Si l'ennemi principal avait été désigné - celui qui a frappé à Nice, au Bataclan, à Bruxelles, aux Etats-Unis, etc. - nous aurions ainsi fait comme les Russes, c'est-à-dire nous aurions bombardé les positions de l'ensemble des mouvements djihadistes précités, et pas seulement de Daesh, même si cela risquait de servir les intérêts du régime syrien. Même s'il nous déplaît, nous aurions également collaboré avec le régime de Damas. Contrairement à ce qu'on nous dit, ce dernier n'est pas responsable des 200 000 à 300 000 morts du conflit annoncés, dans la mesure où près de la moitié sont des membres du régime ou des civils qui en étaient partisans. 
Nous sommes donc en présence d'une vraie guerre civile où il y a autant de morts des deux côtés et où les rebelles "syriens" sont souvent des moujahidines venus du monde entier dont le dernier souci est l’intérêt de la Syrie. La vision occidentale d'un Bachar al-Assad sanguinaire qui aurait fait 200/300.000 morts est donc simpliste et elle n’aide pas à désigner l’ennemi principal, celui qui menace notre civilisation, notre mode de vie, nos intérêts vitaux et notre population, comme on l’a vu à Nice entre autres. 

L'ennemi, c'est celui qui vous menace chez vous, qui menace votre territoire, votre population, votre intégrité même. Aujourd'hui, la Syrie de Bachar al-Assad - comme l'Irak hier - ne menace pas du tout l'Occident, à la différence des islamistes radicaux qui veulent islamiser leur population et à terme toute planète de gré ou de force. Si nous avions hiérarchisé l'ennemi, nous aurions eu la possibilité d'une plus grande entente avec les Russes - et donc d'une plus grande efficacité quant aux frappes menées - et d'une collaboration avec ceux qui connaissent le mieux le terrain, c'est-à-dire le régime syrien lui-même dont nous n’avons aucun droit de violer la souveraineté et à qui nous n’avons aucun droit de déclarer la guerre comme le voulaient les adeptes du régime, pour la bonne et simple raison qu’il ne nous a pas agressé ni menacé. 
De façon selon moi stupide et contre-productive, depuis le début du printemps arabe, toutes les communications ont été rompues avec le régime de Damas, y compris avec nos services de renseignement les plus hauts placés et notre armée. Il ne faut pas oublier que depuis la fin de la Guerre froide, la Syrie collaborait étroitement avec les Occidentaux en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme islamique, de même que la Libye de Kadhafi que nous avons agressée en détournant honteusement une résolution onusienne et là aussi pour complaire à nos étranges "amis" que sont la Turquie et les monarchies du Golfe devant lesquels tous nos hommes politiques s’agenouillent. La stratégie occidentale a ainsi été complètement renversée puisqu'elle a consisté à désigner comme ennemi celui qui ne nous menaçait pas -ou plus - (Syrie et Libye) et à désigner comme allié ceux qui nous menacent objectivement puisqu’ils veulent conquérir-islamiser la planète… 

Certes, plus il y a d'attentats commis en Occident, plus nos dirigeants semblent devenir plus raisonnables ou adoptent un discours plus réaliste sur ce constat. mais il est triste qu’ils sortent du formatage de guerre froide et des erreurs stratégiques uniquement après des attentats terroristes commis sur leur sol que l’on aurait pu éviter, si l’on avait adopté d’autres politiques et stratégies depuis des décennies. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard -même si cela était prévu avant - si John Kerry est allé à Moscou pour mieux coordonner la coopération militaire entre les Etats-Unis et la Russie. 

Les temps changent. Et le coup d’Etat perpétré par l’armée en Turquie hier le 15 juillet 2016 montre bien que l’ennemi principal n’est pas seulement Daesh, mais l’islamisme radical dans son ensemble qui est un tout et dont Erdogan était l’un des leaders au même titre que Khomeyni [Iran], Tourabbi [ancien chef des Frères musulmans soudanais], [Rached] Ghanouchi [islamiste tunisien], Morsi  [Egypte] ou même Bagdadi [djihadiste irakien de État islamique d'Irak], quoi que plus rusé et apparemment moins violent.

Au regard de ces deux constats et des erreurs commises, quelles seraient les réponses appropriées à apporter à une telle situation, aussi bien en France, que sur le terrain syrien ?


Alexandre del Valle : Pour ce qui est de la France, comme le dit Malek Boutih, mais également Samia Ghali (PS), George Fenech, Thierry Mariani, donc les rares politiques lucides de tous bords, il convient d'appliquer la loi sans complexe, sans exceptions communautaires et sans compromission. Si besoin, il ne faut pas hésiter à envoyer l'armée dans certaines banlieues [une requête de Samia Ghali à Marseille] où les premières victimes sont les personnes qui y vivent, ne l’oublions jamais, car elles sont prises en otage et abandonnées par les forces de l’ordre alors qu’elles aussi un droit à la sécurité. 
C'est une extrême minorité qui terrorise ceux qui y habitent. Il est temps que l'Etat français renverse le sens de la peur : comme le disait Charles Pasqua dans les années 1990, il faut que celui qui est dans le camp des terroristes ou de la délinquance ait plus peur des forces de l'ordre que l'inverse. Or, aujourd’hui, hélas c’est largement l’inverse. 

Leur idéologie de haine culpabilise-t-elle les "rouges" de France ?
Quand on parle de répression, il n'est pas question du délit de faciès ou de l'islamophobie, il ne faut plus se laisser impressionner par la manipulation culpabilisante du politiquement correct et de l’antiracisme dévoyé, mais il est question de l'application de la loi, sans exception, et sans plier. Nulle "dérive sécuritaire" dans l’application de la loi, car sans la force qui l’appuie, la loi n’est rien, et sans le règne de la loi et le respect des forces de l’ordre, c'est le retour de la jungle et de la violence privée.

Il convient également de développer une pédagogie, un contre-argumentaire intelligent, afin de ne pas laisser la seule extrême-gauche occuper ce terrain de la communication. Or, c’est ce qui se passe depuis des mois quand des extrémistes gauchistes violents ouvertement hostiles aux lois en vigueur et aux forces de l’ordre ont ridiculisé l’Etat et bloqué des zones publiques en quasi totale impunité, de surcroît en médiatisant des messages révolutionnaires hostiles à la nation. A mon avis, le discours de l'extrême-gauche [anarchiste], révolutionnaire, anti-patriotique, antisioniste, tiers-mondiste, anti-patrons, anti-flics et anti-occidental prépare le terrain à la radicalisation islamiste que l'on observe. En effet, lorsqu'elle désigne les forces de l'ordre comme l'ennemi, comme l'Occident, et au contraire les casseurs, le Tiers-Monde anti-occidental et les terroristes islamistes comme étant des victimes, sur fond de haine de soi et de théories conspirationnistes anticapitalistes, le terrain du discours de haine islamiste et djihadiste est largement préparé. 

Mais il n’y a rien en face. La gauche la plus extrême est si banalisée et tellement légitimée depuis des décennies, qu’aucun discours ne parvient ou n’ose la remettre en cause [voire diabolisée et étiquetée 'fasciste']. A l'inverse, l'Etat et la nation doivent d’urgence produire un discours d'amour de la collectivité nationale plutôt que de laisser des idéologues subversifs haineux qui prônent la désobéissance de la loi, l'agression des policiers et la haine de la Nation fanatiser nos jeunes et légitimer indirectement les kamikazes. Il ne faut pas oublier non plus le contrôle des réseaux sociaux qui sont aujourd'hui la caisse de résonance principale des recruteurs djihadistes mais qui sont presque totalement hors contrôle.

Pour ce qui est de la Syrie, il est temps de désigner l'ennemi principal (lien Atlantico). L'ennemi principal n'est pas celui qu'on n'aime pas ou qui n'a pas nos valeurs, mais celui qui vient vous menacer concrètement chez vous. Aujourd'hui, Bachar al-Assad ne représente pas une menace pour l'Occident. De même que nous avions fait le choix de la collaboration avec les communistes pour défaire les nazis - soit le choix d'un moindre mal pour vaincre un plus grand mal - il faut désormais ne pas hésiter à collaborer avec certaines dictatures arabes, comme l'Egypte - injustement vouée aux gémonies, selon moi, lorsque le maréchal al-Sissi a pris le contrôle du pays - l'Algérie, les Emirats Arabes Unis ou la Syrie qui ont le même ennemi islamiste (Frères musulmans) commun [Ayons également une pensée pour Ben Ali, en Tunisie]. Face à l'ennemi principal, malheureusement, nous n'avons pas le choix, nous devons collaborer avec tous les Etats qui ont le même ennemi si leur collaboration s’avère être précieuse. Qu'on le veuille ou non, ceux qui agressent les populations civiles pro-régime en Syrie et veulent renverser Assad par le djihad sont les mêmes que ceux qui commettent des attentats en Occident. Ceux qui ne jouent pas le jeu comme la Turquie d’Erdogan, le Qatar ou l'Arabie saoudite, doivent être sanctionnés, car notre amitié et notre alliance sont conditionnés par le respect de nos intérêts vitaux que ces Etats violent depuis des décennies en armant, formant et appuyant ceux qui veulent clairement notre perte en tant que civilisation judéo-chrétienne européenne. 

Le pétrole n'est pas le seul moyen de pression qui existe; nous disposons également de moyens de pression à l'encontre de ces pays, à commencer par nos bases militaires et accords de défense qui maintiennent en vie les dynasties en place incapables de gérer une armée et qui auraient été balayées depuis longtemps sans notre protection militaire. Nous ne pouvons pas accepter que nos alliés, protégés par nous, proposent à la fois des coalitions contre le terrorisme tout en finançant et instruisant les djihadistes anti-occidentaux. 
Prenons l'exemple du Koweït, Etat en faveur duquel nous sommes intervenus militairement contre le régime de Saddam Hussein 1990 : sous ses apparences pro-occidentales, celui-ci constitue le plus grand contributeur financier pour les mouvements terroristes. Sa façon d’être notre "allié" et de nous rendre la pareille a consisté à financer les djihadistes qui nous combattent… avec des amis comme ceux-là, pas besoin d’ennemis !

lundi 7 mars 2016

Hollande prive d'armes le Liban, au profit de l'Arabie saoudite

Sans foi, ni loi, le marchand d'armes Hollande maintient le contrat que le Saoudien détourne du Liban, ami historique de la France

Hollande passe outre l'interdiction de l'Union européenne de ventes d'armes à l'Arabie saoudite 

L'Arabie saoudite dicte sa politique à Hollande
et à son ministre Ayrault (février 2016)
Ni arrêté, ni même suspendu, le contrat Donas d'un montant de trois milliards de dollars signé par l'Arabie Saoudite (le financier), le Liban (le client) et la France (le vendeur) est poursuivi, mais il est réaffecté. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al Jubeir, confirme  les mesures de rétorsion des autorités saoudiennes déçues par l’attitude de Beyrouth dans l’affrontement géopolitique qui les opposent à l’Iran. Le royaume a suspendu ces financements le mois dernier, ainsi qu’une autre aide d’un milliard de dollars. Bien que -ou parce que- l'armée libanaise a un besoin urgent de modernisation de ses équipements militaires, "les contrats seront bien appliqués mais le destinataire sera l'armée saoudienne"... 
Non seulement Hollande détourne les yeux, mais il remet la Légion d'honneur au prince héritier d'Arabie saoudite, tandis que des mises à mort d'opposants sont exécutées en nombre dans le royaume.

Le détournement de la livraison d'armes est assumé
Si les contrats seront effectivement appliqués, ils ne seront pas respectés, puisque le destinataire sera l'armée saoudienne et non plus l'armée libanaisecomme l'a annoncé samedi lors d'une visite à Paris le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al Jubeir. "En 2014, Ryad avait signé pour le compte du Liban 31 contrats avec une vingtaine de groupes français, par l'intermédiaire d'ODAS, une société anonyme créée par l'Etat français et qui intervient essentiellement dans le royaume saoudien. Au nom du ministère de la Défense, elle négocie et conclut des contrats de gouvernement à gouvernement pour la fourniture d'équipements et de prestations associées dans le domaine de la défense et de la sécurité. "Nous sommes face à une situation où les décisions du Liban sont captées par le Hezbollah, se justifie le ministre saoudien des Affaires étrangères, estimant que les rapports entre le Liban et le Hezbollah auraient évolués depuis 2014. (Les armes) iront à l'Arabie saoudite, pas au Hezbollah", un groupe armé chiite libanais, parfois qualifié de 'djihadiste chiite', soutenu par la République islamique d'Iran, a expliqué Adel al-Jubeir.
"Les discussions se poursuivent entre la France et l'Arabie Saoudite pour la continuation du contrat Donas", avait-on expliqué de "source proche du dossier" ces derniers jours. Entre Paris et Ryad, il y a eu quelques allers-retours de responsables français ces deux dernières semaines pour clarifier la position saoudienne et faire entendre celle de la France. Clairement les ponts n'ont pas été coupés entre les deux pays, mais le courrier de Ryad reçu par Bercy le 19 février a jeté un froid sur les relations bilatérales. Notamment les milieux politiques français étaient irrités par l'attitude du royaume sunnite, considérant que Paris a beaucoup soutenu politiquement Ryad sur la scène internationale ces derniers mois, sans pour autant recueillir de contreparties économiques. 

L'opposition de droite pousse à un rééquilibrage des relations de la France avec les autres pays du Moyen et Proche Orient. 
Les livraisons d'armes françaises à Ryad est aussi pour l'Arabie Saoudite un moyen de mettre la pression sur le gouvernement libanais pour qu'il se raidisse contre l'influence du Hezbollah. Le différend entre Beyrouth et Riyad est apparu en janvier, lorsque le Liban a refusé de voter un communiqué arabe condamnant les attaques de représentations diplomatiques saoudiennes en Iran après l'exécution d'un dignitaire chiite par le royaume wahhabite. Le porte-parole officiel à l'agence saoudienne SPA avait déploré les "campagnes politiques et de presse inspirées par le Hezbollah contre l'Arabie saoudite" et ses "actes terroristes contre les nations arabe et musulmane".
La France participe au chantage de Ryad 

"Ptit zizi" croise les jambes...
Il consiste à mettre la pression sur le Liban pour qu'il donne des gages à l'Arabie Saoudite en échange de la réception des équipements militaires français à travers le contrat Donas, qui prévoit la livraison d'armes pour un montant de 2,1 milliards de dollars et 900 millions pour leur entretien. Au Liban donc de s'émanciper de l'influence du Hezbollah, de gré ou de force.  

Des moyens considérables 
Le programme d'aide saoudien destiné à moderniser l'armée libanaise prévoit la livraison de différents types d'armement fabriqués par les industriels français. La première livraison est intervenue en avril 2015. La France a alors livré 48 missiles antichar Milan prélevés sur les stocks de l'armée française. Une série d'autres équipements - appareils de vision nocturne, véhicules blindés et légers, drones légers, moyens de déminage - devaient être initialement livrés en 2015, mais ce calendrier n'a pas été tenu. 
Dans les prochaines années selon le schéma présenté en 2015 au total 250 véhicules de combat ou de transport de troupes (Renault Trucks Defense), sept hélicoptères Cougar (Airbus helicopters), trois corvettes (CMN) équipées de missiles Mistral (MBDA), de l'artillerie comme 24 canons autotractés Caesar (Nexter Systems) et des équipements de reconnaissance, interception et communication (Thales) devraient être livrés.

Le boycottage financier du terrorisme attendra.
Le mois dernier, le Parlement Européen a voté une résolution pour l’interdiction de ventes d’armes par les pays de l’UE à l’Arabie Saoudite. A l’origine de ce vote, le conflit armé au Yémen qui fait de nombreuses victimes civiles et le constat que la France et la Grande-Bretagne sont les principaux exportateurs d’armes dans la région.
Depuis le printemps 2015, l’Arabie Saoudite est à la tête d’une coalition comprenant le Bahreïn, le Qatar et les Emirats Arables Unis contre le nouveau gouvernement du Yémen, lequel est pourtant reconnu par la communauté internationale. Cette coalition soutenue par Obama s’est formée à la demande l’ancien dirigeant yéménite Abd Rabo Mansour Hadi qui a été contraint de quitter son pays par les rebelles chiites houthistes. Cette coalition sunnite opère de nombreuses frappes aériennes contre les positions rebelles houthis. Il ne s’agit donc pas de simples querelles internes, mais de luttes armées d'influence avec, en arrière-plan, des enjeux géostratégiques sur la région entre Sunnites et Chiites. Le principal point de crispation est le soutien par l’Iran des Houthistes (Houthis, une organisation insurrectionnelle chiite et mouvement sociopolitique au nord-ouest du Yémen qui combat sa marginalisation politique, économique et religieuse (le Yémen est sunnite à 55 % et chiite à 45 %) par le gouvernement dans le cadre de la réunification du Yémen (1990).En janvier, c’est l’usage de bombes à sous-munitions contre le Yémen qui avait suscité l’indignation internationale et amenée à une mise en garde de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU contre l’Arabie Saoudite. En effet, de nombreuses informations sont remontées confirmant des attaques contre des zones résidentielles et bâtiments civils à Sanaa. Pour l’ONU, cela "pourrait constituer un crime de guerre." Digne de la Légion d'honneur de Hollande au prince héritier du royaume saoudien... Et accessoirement la privatisation de la plage familiale dans le Var ! Ainsi que la nomination de Laurent Fabius, ancien ministre des Affaires étrangères, à la présidence du Conseil constitutionnel.
Les équipements militaires français étaient à l'origine justifiés par un renforcement de l’armée libanaise aux prises avec les répercussions du conflit syrien et la menace djihadiste du groupe État islamique (EI).