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lundi 7 mars 2016

Hollande prive d'armes le Liban, au profit de l'Arabie saoudite

Sans foi, ni loi, le marchand d'armes Hollande maintient le contrat que le Saoudien détourne du Liban, ami historique de la France

Hollande passe outre l'interdiction de l'Union européenne de ventes d'armes à l'Arabie saoudite 

L'Arabie saoudite dicte sa politique à Hollande
et à son ministre Ayrault (février 2016)
Ni arrêté, ni même suspendu, le contrat Donas d'un montant de trois milliards de dollars signé par l'Arabie Saoudite (le financier), le Liban (le client) et la France (le vendeur) est poursuivi, mais il est réaffecté. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al Jubeir, confirme  les mesures de rétorsion des autorités saoudiennes déçues par l’attitude de Beyrouth dans l’affrontement géopolitique qui les opposent à l’Iran. Le royaume a suspendu ces financements le mois dernier, ainsi qu’une autre aide d’un milliard de dollars. Bien que -ou parce que- l'armée libanaise a un besoin urgent de modernisation de ses équipements militaires, "les contrats seront bien appliqués mais le destinataire sera l'armée saoudienne"... 
Non seulement Hollande détourne les yeux, mais il remet la Légion d'honneur au prince héritier d'Arabie saoudite, tandis que des mises à mort d'opposants sont exécutées en nombre dans le royaume.

Le détournement de la livraison d'armes est assumé
Si les contrats seront effectivement appliqués, ils ne seront pas respectés, puisque le destinataire sera l'armée saoudienne et non plus l'armée libanaisecomme l'a annoncé samedi lors d'une visite à Paris le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al Jubeir. "En 2014, Ryad avait signé pour le compte du Liban 31 contrats avec une vingtaine de groupes français, par l'intermédiaire d'ODAS, une société anonyme créée par l'Etat français et qui intervient essentiellement dans le royaume saoudien. Au nom du ministère de la Défense, elle négocie et conclut des contrats de gouvernement à gouvernement pour la fourniture d'équipements et de prestations associées dans le domaine de la défense et de la sécurité. "Nous sommes face à une situation où les décisions du Liban sont captées par le Hezbollah, se justifie le ministre saoudien des Affaires étrangères, estimant que les rapports entre le Liban et le Hezbollah auraient évolués depuis 2014. (Les armes) iront à l'Arabie saoudite, pas au Hezbollah", un groupe armé chiite libanais, parfois qualifié de 'djihadiste chiite', soutenu par la République islamique d'Iran, a expliqué Adel al-Jubeir.
"Les discussions se poursuivent entre la France et l'Arabie Saoudite pour la continuation du contrat Donas", avait-on expliqué de "source proche du dossier" ces derniers jours. Entre Paris et Ryad, il y a eu quelques allers-retours de responsables français ces deux dernières semaines pour clarifier la position saoudienne et faire entendre celle de la France. Clairement les ponts n'ont pas été coupés entre les deux pays, mais le courrier de Ryad reçu par Bercy le 19 février a jeté un froid sur les relations bilatérales. Notamment les milieux politiques français étaient irrités par l'attitude du royaume sunnite, considérant que Paris a beaucoup soutenu politiquement Ryad sur la scène internationale ces derniers mois, sans pour autant recueillir de contreparties économiques. 

L'opposition de droite pousse à un rééquilibrage des relations de la France avec les autres pays du Moyen et Proche Orient. 
Les livraisons d'armes françaises à Ryad est aussi pour l'Arabie Saoudite un moyen de mettre la pression sur le gouvernement libanais pour qu'il se raidisse contre l'influence du Hezbollah. Le différend entre Beyrouth et Riyad est apparu en janvier, lorsque le Liban a refusé de voter un communiqué arabe condamnant les attaques de représentations diplomatiques saoudiennes en Iran après l'exécution d'un dignitaire chiite par le royaume wahhabite. Le porte-parole officiel à l'agence saoudienne SPA avait déploré les "campagnes politiques et de presse inspirées par le Hezbollah contre l'Arabie saoudite" et ses "actes terroristes contre les nations arabe et musulmane".
La France participe au chantage de Ryad 

"Ptit zizi" croise les jambes...
Il consiste à mettre la pression sur le Liban pour qu'il donne des gages à l'Arabie Saoudite en échange de la réception des équipements militaires français à travers le contrat Donas, qui prévoit la livraison d'armes pour un montant de 2,1 milliards de dollars et 900 millions pour leur entretien. Au Liban donc de s'émanciper de l'influence du Hezbollah, de gré ou de force.  

Des moyens considérables 
Le programme d'aide saoudien destiné à moderniser l'armée libanaise prévoit la livraison de différents types d'armement fabriqués par les industriels français. La première livraison est intervenue en avril 2015. La France a alors livré 48 missiles antichar Milan prélevés sur les stocks de l'armée française. Une série d'autres équipements - appareils de vision nocturne, véhicules blindés et légers, drones légers, moyens de déminage - devaient être initialement livrés en 2015, mais ce calendrier n'a pas été tenu. 
Dans les prochaines années selon le schéma présenté en 2015 au total 250 véhicules de combat ou de transport de troupes (Renault Trucks Defense), sept hélicoptères Cougar (Airbus helicopters), trois corvettes (CMN) équipées de missiles Mistral (MBDA), de l'artillerie comme 24 canons autotractés Caesar (Nexter Systems) et des équipements de reconnaissance, interception et communication (Thales) devraient être livrés.

Le boycottage financier du terrorisme attendra.
Le mois dernier, le Parlement Européen a voté une résolution pour l’interdiction de ventes d’armes par les pays de l’UE à l’Arabie Saoudite. A l’origine de ce vote, le conflit armé au Yémen qui fait de nombreuses victimes civiles et le constat que la France et la Grande-Bretagne sont les principaux exportateurs d’armes dans la région.
Depuis le printemps 2015, l’Arabie Saoudite est à la tête d’une coalition comprenant le Bahreïn, le Qatar et les Emirats Arables Unis contre le nouveau gouvernement du Yémen, lequel est pourtant reconnu par la communauté internationale. Cette coalition soutenue par Obama s’est formée à la demande l’ancien dirigeant yéménite Abd Rabo Mansour Hadi qui a été contraint de quitter son pays par les rebelles chiites houthistes. Cette coalition sunnite opère de nombreuses frappes aériennes contre les positions rebelles houthis. Il ne s’agit donc pas de simples querelles internes, mais de luttes armées d'influence avec, en arrière-plan, des enjeux géostratégiques sur la région entre Sunnites et Chiites. Le principal point de crispation est le soutien par l’Iran des Houthistes (Houthis, une organisation insurrectionnelle chiite et mouvement sociopolitique au nord-ouest du Yémen qui combat sa marginalisation politique, économique et religieuse (le Yémen est sunnite à 55 % et chiite à 45 %) par le gouvernement dans le cadre de la réunification du Yémen (1990).En janvier, c’est l’usage de bombes à sous-munitions contre le Yémen qui avait suscité l’indignation internationale et amenée à une mise en garde de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU contre l’Arabie Saoudite. En effet, de nombreuses informations sont remontées confirmant des attaques contre des zones résidentielles et bâtiments civils à Sanaa. Pour l’ONU, cela "pourrait constituer un crime de guerre." Digne de la Légion d'honneur de Hollande au prince héritier du royaume saoudien... Et accessoirement la privatisation de la plage familiale dans le Var ! Ainsi que la nomination de Laurent Fabius, ancien ministre des Affaires étrangères, à la présidence du Conseil constitutionnel.
Les équipements militaires français étaient à l'origine justifiés par un renforcement de l’armée libanaise aux prises avec les répercussions du conflit syrien et la menace djihadiste du groupe État islamique (EI).

dimanche 1 mars 2015

Quand François Hollande reçoit un dictateur en se cachant, mais menace Poutine

Hollande, président vertueux qui choisit ses dictateurs: Hamed, bien, Wladimir, pas bien !

Le président de la République a reçu en catimini le roi Hamed de Bahreïn
.
 Le président Hollande a tenu secrète
la visite du roi Hamed de Bahreïn à l'Elysée
Encore un changement que le président socialiste, à peine arrivé au pouvoir, s'est empressé de différer à la faveur de l'été 2012, pendant les vacances des Français, en accueillant sur le perron de l'Elysée celui qui réprime dans le sang la révolte de son peuple. Deux mois après son accession à la tête de l'État, c'est en catimini que le "président normal" a reçu le 23 juillet dernier le roi de Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, à la tête d'une dynastie sunnite au pouvoir depuis deux cents ans. 
Est-il plus fréquentable que le Lybien Kadhafi ou le Syrien Bachar el-Assad ? Il n'est pourtant ni moins sanguinaire, ni plus légitime en France pour une plus grande proximité avec les Français de confession musulmane. Les Lybiens sont des musulmans à prédominance sunnite, comme les Syriens (à 75 %) et la plupart des musulmans en France. Non soumis à une hiérarchie ecclésiastique, les fidèles peuvent se désigner un imam parmi eux pour diriger la prière.

Alors que Laurent Fabius était déjà ministre français des Affaires étrangères, à la diplomatie hexagonale, François Hollande n'a rien changé, mais il y a ajouté opacité et dissimulation.  En effet, aucune mention de cette visite à l'agenda élyséen, aucune alerte à la presse n'a placé cette visite au premier plan de l'actualité estivale. "Cette rencontre était à l'évidence une réception officielle", signale Jean-Paul Burdy, professeur d'histoire à l'Institut d'études politiques de Grenoble, qui relate l'affaire sur son site. Ce spécialiste de Bahreïn en veut pour preuve le fait que le roi a été accueilli à l'aéroport par la garde républicaine française.

Pourquoi tant de sournoiserie ? 
Bahreïn nous apparaît comme un pays étrange. L'islam y est religion d'État ce qui n'est pas fait pour rapprocher le royaume de la république laïque française. Or, la proportion de chiites avoisine 70%, alors que la famille régnante Al Khalifa est sunnite.
Et cela fait un an et demi que le royaume est en guerre de religions, réprimant dans le sang la révolte chiite. La communauté majoritaire de ce minuscule état de 1.230.000 habitants (dont 550.000 nationaux) exige du pouvoir sunnite des élections libres et la fin des discriminations à son égard. Selon Amnesty International, au moins 60 personnes avaient été tuées  depuis mars 2011dans les 18 mois précédant l'élection de Hollande, après que l'Arabie saoudite a dépêché sur place un millier de ses soldats pour réfréner toute velléité révolutionnaire.

Un tweet donne l'alerte
Ironie du sort, c'est justement par un tweet (relayé par le Figaro.fr) qu'une journaliste politique de l'AFP, accréditée à l'Élysée, a donné l'alerte, le 23 juillet à 11 heures du matin. Évoquant une "visite-surprise", en tout cas "pour les journalistes AFP", elle joint à son texte une photo montrant François Hollande au côté du roi Hamed ben Issa Al Khalifa, sur le perron de l'Élysée (ci-dessus). Quelques heures plus tard, la présidence de la République expliquait que l'entretien avait porté sur la situation en Syrie ainsi que sur "le risque de prolifération des armes de destruction massive". Autrement dit sur le dossier nucléaire de l'Iran, pays que Manama (Émirats arabes unis, très majoritairement sunnites) accuse de fomenter les troubles à Bahreïn.

Le lendemain, c'était Laurent Fabius qui recevait son homologue bahreïni Khalid ben Ahmed al-Khalifah. Celui-ci annonçait que la France allait aider Bahreïn à mettre en oeuvre des réformes judiciaires, ainsi que des mesures en faveur de la liberté de la presse et des droits de l'homme, selon l'Agence de presse française, première sur le coup fourré. De son côté, le Quai d'Orsay indiquait que le chef de la diplomatie française aurait eu un couplet sur les droits de l'homme et aurait "encouragé les autorités bahreïnies à poursuivre leurs efforts pour permettre un apaisement durable des tensions que connaît le royaume"...
Des tensions qui, pourtant, restent extrêmement vives. Durant tout le mois de juillet 2012, les forces de sécurité avaient arrêté plus de 240 personnes alors qu'une centaine d'autres avaient été blessées dans des heurts avec la police, selon le principal groupe de l'opposition chiite, Al-Wefaq. Deux semaines avant la visite du roi en France, l'opposant emblématique Nabeel Rajab a été condamné à 3 mois d'emprisonnement pour avoir critiqué dans un tweet le Premier ministre bahreïni, et oncle du roi, Cheikh Khalifa. "Des manifestations ont lieu en permanence dans les quartiers chiites périphériques de Manama", indique pour sa part Jean-Paul Burdy, selon qui "le régime n'est pas menacé, mais la situation pas normalisée non plus". Le 1er août, l'ONG des Médecins pour les droits de l'homme (PHR) avait ainsi condamné l'utilisation par le gouvernement bahreïni de grenades lacrymogènes dans un but létal. Dans un rapport, le directeur adjoint de PHR affirmait que des tirs de grenades lacrymogènes visent "directement des civils dans leur voiture, dans leur maison, ou dans d'autres espaces fermés où les effets toxiques sont exacerbés".


Coopération sécuritaire ?
Hollande a raconté sur France 2 qu'il allait essayer de "convaincre"
l'homme fort de la Russie de voter au Conseil de Sécurité
des sanctions contre le régime Assad.
 

S'il demeure la principale cible des manifestants de la Perle [place centrale de Manama], le roi Hamed, alors au pouvoir depuis dix ans, s'inscrivait-il pour autant dans la lignée des Muammar Kadhafi et autres Bachar el-Assad (ci-contre avec Poutine) ? "Absolument pas", insiste Jean-Paul Burdy. "La répression est bien moins sanglante à Bahreïn et le roi n'en est sans doute pas l'acteur principal." Conscient de l'impasse politique que traversait son pays, Hamed ben Issa Al Khalifa avait bien tenté d'accorder des concessions à l'opposition. Il avait notamment mis sur pied en juin 2011 une commission d'enquête internationale indépendante sur les incidents qui avaient frappé le pays trois mois plus tôt. Le rapport qui en avait découlé dénonçait un "usage excessif et injustifié de la force" du régime

Problème : l'appareil sécuritaire reste entre les mains du puissant Premier ministre Cheikh Khalifa, véritable chef de l'État depuis près de cinquante ans. "Ce qui est certain, c'est que le roi Hamed est aujourd'hui le dirigeant d'un régime répressif", souligne le spécialiste du royaume. Voilà qui expliquerait pourquoi l'Élysée s'était contenté d'un "service minimum" pour la venue du souverain... Pas de journalistes, pour ne pas s'attiser de foudre médiatique, mais aussi pour ne pas accorder au royaume une vitrine internationale, ce dont il avait alors grand besoin pour sa propagande intérieure. Si le "silence radio" français s'est révélé efficace, il a été trahi, explique-t-on en France, par la presse bahreïnie, qui a surexploité à l'excès la visite royale en capitale occidentale.


Le "message" de la France

Surtout, l'agence de presse officielle BNA avait tenté d'apporté ses propres justifications à la future coopération entre les deux pays. A l'en croire, les opposants bahreïni avaient de quoi s'inquiéter : outre la presse, la collaboration concernerait "les domaines politique, de la défense, de l'éducation, de la culture et de la technologie". Une perspective qui a suscité l'inquiétude de six associations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l'homme et Human Rights Watch. Dans une lettre commune rendue publique le 2 août, les ONG appelaient François Hollande à collaborer à leur action, en "indiquant clairement que la France déplore l'échec de Bahreïn dans la mise en oeuvre des recommandations les plus importantes de la commission d'enquête indépendante de Bahreïn, à savoir la libération des personnes emprisonnées pour l'unique exercice de leurs droits à la liberté d'expression et de rassemblement pacifique". Un beau rôle attribué à François Hollande, quoique subalterne, mais dont le bilan n'a jamais été dressé, pas même trois plus tard.


Le président François Hollande a "condamné" le déplacement en Syrie de quatre parlementaires français, dénonçant notamment leur rencontre avec "un dictateur", Bachar al-Assad, lors de son déplacement à Manille, le même mois.


Contactée par le Point.fr, c'est tout juste si une "source proche du dossier" affirmait que
les deux pays avaient simplement discuté de la possibilité de créer une haute autorité s'intéressant à l'ensemble des relations entre les deux pays. "C'est seulement lorsque le comité sera mis en place que les domaines de coopération seront formalisés", ajoutait-elle. Interrogée sur le bien-fondé d'un tel rapprochement, étant donné la répression en cours à Bahreïn, la source précisait que ce genre de collaboration est un moyen pour Paris de faire passer à Manama le "message selon lequel la France soutient le processus des réformes entreprises dans le pays". Et alors? On nous cache la vraie raison du déplacement du roi et de l'accueil du "dictateur" par le président socialiste.

Aujourd'hui Hollande adopte en Ukraine la posture du justicier



Hollande et Poutine à l'Élysée, le 1er juin 2012
L'intérêt de Hollande pour les "dictateurs" est troublant. Il n'a jamais traité Vladimir Poutine de dictateur, mais à en croire les media français, Vladimir Poutine s'apparenterait en Tchétchénie à un criminel de guerre opprimant l’aspiration légitime d’une jeune nation à l’indépendance. Jusqu'à l'ancien Premier ministre François Fillon qui, sur France Inter le mardi 29 avril 2014, a réclamé une "initiative autonome des Européens" et un dialogue avec la Russie pour résoudre la crise en Ukraine. Surtout, il a qualifié Vladimir Poutine de "dictateur". "La Russie, c'est la Russie, Poutine, c'est Poutine, c'est un dictateur", a-t-il dit pour qualifier sa stratégie dans l'est de l'Ukraine.Une déclaration pour le moins étonnante, venant d'un homme politique connu pour entretenir des liens étroits avec le président russe depuis plusieurs années. On se souvient qu'en mai 2013, François Fillon avait été vertement critiqué pour avoir contesté la position française sur le dossier syrien, d'autant plus qu'il l'avait fait en tant qu'invité du Forum de Valdai au côté de... Vladimir Poutine. A cette occasion, l'ancien chef du gouvernement s'était adressé au président russe en ces termes: "C'est donc par notre dialogue, cher Vladimir, que passera la paix".

Hollande fréquente beaucoup Poutine.
Ainsi, à l'occasion du 70e anniversaire du débarquement en Normandie, le 6 juin 2014, Vladimir Poutine est reçu la veille à l'Elysée. Le président de la Russie, qui était déjà venu à l'Elysée en juin 2012, est pourtant classé par le centre de recherche du magazine britannique The Economist dans la liste des pays "autoritaires".
Un an tout pile après s'être rendu au Qatar 
et, en retour, François Hollande reçoit à l'Elysée le nouveau et jeune émir du Qatar Tamim Al-Thani, qui finance les Frères musulmans.

Mercredi 25 février 2015, à propos de la visite privée de parlementaires en Syrie - deux sénateurs, l'UMP Jean-Pierre Vial et le centriste François Zocchetto, ainsi que deux députés, l'UMP Jacques Myard, le PS Gérard Bapt - l'ancien Premier ministre François Fillon avait en revanche assuré: "Ils ont eu raison d'y aller, il faut écouter toutes les parties", "si j'avais l'occasion d'aller en Syrie, j'irais sûrement en Syrie". Quant à Manuel Valls, visage fermé, il a condamné l'initiative de ces membres des groupes parlementaires d'amitié franco-syrienne: ils ont commis une "faute" qui ne "les honore pas", a-t-il grondé sur BFMTV-RMC. "Les parlementaires représentent la souveraineté nationale, ce qu'est ce pays", a dénoncé le chef du gouvernement. Qu'ils "aient ainsi, sans crier gare, rencontré un boucher", "je crois que c'est une faute morale".
De Manille, où il effectue un voyage d'Etat, le président Hollande a proclamé avec solennité: "Cette initiative, je la condamne". "Il s'agit d'une rencontre entre des parlementaires français qui n'ont été mandatés que par eux-mêmes, avec un dictateur qui est à l'origine d'une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200.000 morts. 200.000!"

VOIR et ENTENDRE le candidat Hollande venu "parler" le 12 janvier 2012:en Seine-Saint-Denis:



A la vérité, le président russe est l’arbitre d’un système oligarchique. 

Ce dernier rassemble, pêle-mêle, des hommes d’affaires – explicitement surnommés "oligarques" en Russie –, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques, qui ont tous en commun leur indéfectible loyauté envers le président. A cet égard, il n’y a pas d’un côté une oligarchie corrompue et affairiste, et de l’autre des opposants systématiquement victimes innocentes de l’oppression. Et le peuple est à 60 à 80% derrière leur président qui leur rend leur fierté.

lundi 30 juillet 2012

Hollande reçoit le tyran du Bahreïn en catimini

Mais Fabius reproche à Sarkozy d'avoir reçu Assad
Le rideau de fumée de Fabius n'est pas assez opaque 


Le ministre des Affaires étrangères,
Laurent Fabius, a une bonne mémoire ancienne, mais moins fidèle sur le court terme. 
Il a déclaré aujourd'hui sur RTL que "le seul souvenir" qu'il avait de l'action de Nicolas Sarkozy sur la Syrie est d'avoir invité Bachar el-Assad en 2008 à Paris pour le 14 juillet. 

Le chef de la diplomatie réagissait à des propos attribués hier à l'ancien président par Le Parisien, mais démentis par son entourage. "On m'a critiqué sur la Libye mais moi, au moins, j'ai agi Il faut être beaucoup plus ferme contre le régime de Damas, beaucoup plus ferme", aurait déclaré Sarkozy, selon le quotidien.

"Il faudrait mettre cela sur le compte de propos de vacances", a réagi Fabius. "Parce que si on parlait de la Syrie, le seul souvenir que j'ai de l'action de M. Sarkozy avec M. Bachar al-Assad, c'est de l'avoir invité à présider les cérémonies du 14 juillet" en 2008, a-t-il ajouté.
Le président Jacques Chirac avait préféré se faire représenter
pour accueillir Bachar Al-Assad à l'aéroport d'Orly.
Jospin envoya Jean-Luc Mélenchon,
alors Ministre délégué à ...l'Enseignement professionnel.

Hollande se cache pour recevoir un dictateur arabe

C'était bien essayé, Monsieur Fabius !




La visite du dictateur  avait  été dissimulée à la presse. Donc aux Français...


Le 23 juillet 2012, le président de la République, François Hollande, a reçu à l'Élysée le roi du 
Bahreïn
, Hamad ben Issa el-Khalifa.


Mais une journaliste de l'AFP, Nadège Puljak, a révélé l'information,
en publiant sur Twitter une photo de du dissimulateur François Hollande raccompagnant le roi sur le perron de l'Élysée. 



L'invité de Hollande  est régulièrement accusé de réprimer dans le sang les manifestations
qui agitent ce riche pays du Golfe. Depuis le début de la contestation qui dure depuis mars 2011, 60 personnes seraient mortes selon Amnesty International. 



La semaine dernière, Nabeel Rajab, un opposant au régime bahreïni, a été condamné à 3 mois d’emprisonnement pour avoir publié un tweet en juin dernier dans lequel il critiquait le premier ministre du pays, Cheik Khalifa, au pouvoir depuis 1971. 


Pour mémoire: les dictateurs amis des socialistes    

Mitterrand et Kadhafi en Crète en 1984
Mitterrand Kadhafi

Mitterrand et Ben Ali
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Mitterrand et Castro
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Mitterrand et Déby
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Mitterrand et Biya
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Mitterrand et Milosevic
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Mitterrand et Moubarack
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Jospin et Moubarack
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Védrine et Moubarack
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Lang et Gbagbo
Lang et Gbagbo

Fabius et Ben Ali
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Jospin et Ben Ali
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DSK et Ben Ali
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Gbagbo et Jospin
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Castro et Lang
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Mme Mitterrand et Castro
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Mme Mitterrand et Chavez, Paris, 2005
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Mitterrand et Xiaoping
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samedi 19 février 2011

Fil rouge chiite: Tunisie, Egypte, Lybie, Bahrein, Yémen, Iran

Les régimes sunnites dans la tourmente

La part de l'islam dans le chaudron du Proche Orient


L'onde de choc tunisienne est instrumentalisée par une minorité d'extrémistes religieux
=> Le sunnisme est le courant religieux majoritaire de l'islam, rassemblant 85 à 90% des musulmans.
=> Le chiisme regroupe environ 15 % des musulmans dans le monde, dont 90 % d'Iraniens et sont également majoritaires à Bahreïn et en Irak, et ils constituent une minorité dans une quinzaine d'autres pays.

Tunisie : 85 % des musulmans tunisiens sont
sunnites
Egypte : 90% des Égyptiens se réclament de l'islam
sunnite
Lybie : la population du pays est à 97 %
sunnite
Yémen : les musulmans yéménites sont des sunnites à 55% et des chiites à 45%
Bahrein : la religion d'État est l'Islam, à majorité chiite (environ 70%)
Iran : l’islam chiite est la religion officielle de l’Iran à laquelle 89 % de la population appartient.

La part politique et médiatique

Barack Hussein Obama se sent peu concerné

Les régimes arabes détestaient George W. Bush, mais ils le « calculaient » et se restaient attentifs. Mais, pour eux, l'actuel président américain, Barack Obama n’existe pas.
Après des dizaines d’années d’une intense activité diplomatique américaine faite de pressions, de médiation, de menaces et de concessions, les USA ont disparu du paysage proche-oriental. Depuis qu'Obama a annoncé sa volonté de retirer l’armée américaine d’Irak, le terrorisme sunnite se déchaîne encore, plus brutal et violent que jamais. La Syrie se permet de l’ignorer. L’Iran le défie. Et tous les autres: Al-Qaïda, le Hezbollah, Erdogan.

Obama parle mais n’agit pas: il subit.
Il n'a plus aucun plan, ni ordre du jour. L’Iran lui tient tête et le président américain porte la responsabilité de l'absence occidentale au Proche-Orient.
Barack Obama a fait le 17 janvier sa première déclaration publique sur la situation égyptienne, affirmant que le président Moubarak jouait un rôle « très utile sur un éventail de questions difficiles au Proche-Orient ». Les media hexagonaux ne fustigèrent pas ce commentaire d'Obama qu'ils reprochèrent à la France... Ils applaudirent même lorsqu'il ajouta ensuite: « Mais je lui ai toujours dit qu’il était absolument crucial, pour le bien à long terme de l’Égypte, de veiller à progresser sur la voie des réformes – des réformes politiques et économiques. On voit ces frustrations contenues se manifester dans les rues
Barack Obama a estimé, mardi 15 février, que la situation en Egypte présente depuis le départ du président Hosni Moubarak des signes "positifs", citant les récents bouleversements dans le pays comme un "exemple" pour la région.

Le journal Le Monde prend le parti de la rue et accuse les autorités.

Le quotidien du soir s'en tient à ce qu'il voit et se range au côté des manipulateurs. « Les autorités ont réprimé dans le sang des mouvements de protestation sporadiques dans différents pays arabes. Mais l'inflexibilité des autorités ne semble pas faire plier les manifestants, désireux d'en finir avec les pouvoirs en place. La contagion s'étend dans le monde arabe jusqu'à Djibouti. » (18 février 2011)

Evolution de la situation insurrectionnelle au Proche Orient

En Tunisie, une république présidentielle, Ben Ali, après vingt-trois ans d’une présidence souvent jugée autoritaire et policière, a cédé à la pression de la rue le 14 janvier 2011: il a fui le pays et trouvé refuge en Arabie saoudite.
En ce samedi, l'amnistie générale pour les prisonniers politiques est entrée en vigueur après la promulgation d'un décret-loi par le président de transition.
Par ailleurs, environ 500 Tunisiens ont manifesté devant l'ambassade de France à Tunis pour réclamer le départ du nouvel ambassadeur de France, Boris Boillon, dénonçant "son manque de diplomatie" et "son agressivité" lors d'une première rencontre avec la presse jeudi.
Enfin, le meurtre d'un prêtre polonais, retrouvé "égorgé" vendredi près de Tunis, a été vivement condamné à la fois par le gouvernement tunisien et par le principal mouvement islamiste, Ennahda.

En république d'Egypte
, le président Hosni Moubarak a démissionné de son poste le 11 février 2011, suite aux protestations du peuple égyptien. Selon la junte militaire, Farouk Sultan devrait occuper un rôle dans le gouvernement intérimaire. Une "marche de la victoire" a été organisée pour fêter l'éviction de Moubarak il y a une semaine.

En Libye
, le régime du dirigeant Mouammar Kadhafi - une République arabe et socialiste, sur le modèle de l'Égypte - a riposté avec force à des manifestations de rue sans précédent, en particulier dans la province rétive de Cyrénaïque. Des soldats ont pris position vendredi dans la deuxième ville du pays, Benghazi, où des milliers de personnes sont descendues dans la rue durant la nuit à la suite de tirs des forces de l'ordre contre des manifestants, qui ont fait plus de 20 morts selon une ONG. Amnesty International comptait même au moins 46 personnes tuées par balles ces dernières 72 heures.
La Libye, qui assure actuellement la présidence de la Ligue arabe, a décidé de reporter sine die le prochain sommet sur fond d'affrontements dans plusieurs pays arabes. Le 23e sommet de la Ligue était initialement prévu le 29 mars à Bagdad.
L'ONG internationale Human Rights Watch a fait état vendredi d'au moins 24 morts ces dernières 48 heures, mais les organisations d'opposition et d'exilés avancent des bilans beaucoup plus lourds, pour le moment invérifiables.

En république du Yémen
, des milliers de manifestants rivaux se sont rassemblés vendredi dans divers quartiers de la ville de Taïz, dans le sud du pays. Selon la chaîne de télévision panarabe Al Djazira, trois protestataires ont été tués et des dizaines d'autres blessés au cours d'une fusillade à Aden, dans le sud du pays.
Des dizaines de milliers d'opposants se sont aussi rassemblés dans la ville de Taïz, à 200 km au sud de la capitale, Sanaa. Un homme y a été tué et sept autres personnes ont été blessées par une grenade lancée d'une voiture contre un rassemblement de l'opposition, ont rapporté des témoins.
Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh (68 ans), au pouvoir depuis 32 ans, doit faire face à des activistes d'Al Qaïda, désamorcer une révolte séparatiste dans le Sud et préserver une trêve précaire avec les rebelles chiites du Nord.
Aujourd'hui samedi, Sanaa a encore été le théâtre de violents affrontements entre étudiants et partisans du régime faisant cinq blessés dont un grave. Un étudiant aurait été tué d'une balle au cou. Une information démentie par le ministère yéménite de l'Intérieur, qui affirme qu'"il n'y a pas eu de mort".

Dans la monarchie de Bahreïn
, les forces de sécurité ont tiré vendredi sur des manifestants à Manama près de la place de la Perle et en ont blessé plus de vingt, selon un ex-député, Sayed Hadi, membre du bloc d'opposition chiite Wefak qui a démissionné du Parlement jeudi.
Bahreïn est un proche allié de l'Arabie saoudite et des Etats-Unis. Manama est le port d'attache de la Ve flotte de l'US Navy qui marque la présence américaine au Moyen-Orient et en Asie centrale, Irak et Afghanistan compris.

L'Union générale des syndicats de Bahreïn a appelé à une grève générale illimitée à partir de demain dimanche pour exiger la liberté de manifester pacifiquement sans intervention des forces de l'ordre.
Dans la matinée du samedi 19 février, l'armée s'est retirée de Manama, comme le réclamait l'opposition bahreïnie. Dans l'après-midi des centaines de manifestants se sont rassemblés sur la place de la Perle à Manama. Cette fois, la police n'est pas intervenue contre les manifestants, mais des grenades lacrymogènes ont été lancées sur l'un des axes conduisant à la place.

En république islamique d'Iran, pour des raisons limpides, Obama apporte aussi son soutien verbal à la contestation, mais, en intello, se sent quitte.
Les Etats-Unis laissent faire et comptent assister à une nouvelle révolution en Iran, alors que le pouvoir islamique se déclare à l'abri de l'onde de choc. "Les soulèvements populaires qui se produisent dans certains pays arabes n'auront pas de répercussions sur la situation politique en Iran", a estimé Radjab Safarov, directeur du Centre d'étude de l'Iran contemporain.

L'Irak contient la contestation, mais deux personnes ont été tuées et 40 autres blessées jeudi dans des affrontements entre la police et les manifestants dans la ville irakienne de Sulaymaniyah (est), rapportent les médias occidentaux.

A Djibouti, une république arabe et musulmane, indépendante de la France depuis 1977 et voisine du Yémen, trois des principaux dirigeants de l'opposition djiboutienne ont été arrêtés et placés en garde à vue, au lendemain d'un grand rassemblement de l'opposition ayant dégénéré en violences.
Vendredi soir, au cours de ces violences à l'issue d'un grand rassemblement de l'opposition dans la capitale djiboutienne, un policier et un manifestant ont été tués, selon un bilan officiel du ministère de l'Intérieur.

dimanche 20 janvier 2008

Menace identitaire: interdit en France, le débat est ouvert à l'étranger

La liberté d'expression est-elle virtuelle en France?
Tandis que la gauche française impose sa tutelle sur de nécessaires réflexions, des pays arabes posent les vraies questions et libèrent la parole. (PaSiDupes a déjà rendu compte des interrogations de la Malaisie: LIEN)
La question de l'identité nationale est taboue en France, pays des libertés... Des esprits forts, imprégnés de morale laïque, coupés des réalités de leur temps et incapables de se projeter dans l'avenir, se figent dans des certitudes idéologiques d'un autre âge et cherchent à diaboliser ceux qui prévoient. Pleine de ses certitudes passées, cette gauche ignore superbement le monde dans lequel elle se situe, mais le juge volontiers, sans en observer la vie ni l'évolution.

Pourtant, autour d'eux, le monde entier s'inquiète de l'érosion inacceptable de certaines cultures locales. Seule une emprise de la culture américaine serait intolérable aux Français. Elle suffit à monopoliser leur opposition d'arrière-garde. L'arbre qui cache la forêt est l'unique objet de leur surveillance critique. Le Festival de Cannes ne peut se passer des Américains qui squattent les présidences de jurys, année après année. Il faut dire qu'ils sont choisis dans la gauche bien-pensante.
D'autres atteintes sont pourtant palpables mais qu'ils ignorent par idéologie rétrograde et aveuglante. Des manifestations d'un grignotage culturel insidieux (mais consenti, voire encouragé, en France) éveillent pourtant ailleurs des réactions bien naturelles de survie. La civilisation occidentale n'est pas seule menacée de mort par asphyxie. Le Proche-Orient et l'Asie du Sud-Est s'engagent dans des politiques de lutte contre l'envahissement, tandis que nos intellectuels français, coupables d'une générosité toute paternaliste datant paradoxalement de l'époque coloniale, ne s'en préoccupent nullement: ils nient le danger, tout comme les promoteurs de la Ligne Maginot. Sottement supérieurs ou simplement soucieux de se démarquer, ils ne voient ni n'entendent rien; leurs critères anciens ne leur permettent pas d'accéder à la compréhension de leur époque.
Après la Malaisie, et pour changer de partie du monde, présentons la situation dans une autre terre d'Islam: les pays du Golfe réagissent aussi à la menace identitaire.
Dans une chronique récente , Tarik Al Maeena de Arab News traite de l’inquiétude des pays arabes face à la menace identitaire que fait peser sur eux la présence d’un trop grand nombre de travailleurs étrangers sur leur territoire. Selon le ministre du travail du Bahreïn, « Dans certaines régions du Golfe, vous ne savez plus si vous êtes dans un pays arabo-musulman ou dans une région asiatique. On ne peut pas parler ici de « diversité ». Aucune nation sur la planète ne peut accepter une érosion de sa culture sur son propre territoire. » Le Bahreïn soumet cette proposition dans le contexte d’une grande préoccupation face à l’érosion graduelle des mœurs sociales et de la culture locales. Selon le ministre du travail du royaume, « la majorité des travailleurs étrangers proviennent de milieux culturels et sociaux qui ne peuvent pas s’assimiler ou s’adapter aux cultures locales ». Original et particulier au Bahreïn ?
Le Bahreïn doit être livré aux mains d'une extrême droite que notre gauche politique ou associative française condamnerait fermement si elle ne s'abîmait pas dans la contemplation de son nombril. Le Bahreïn le dit en effet clairement: il estime que les travailleurs migrants s’accaparent les emplois dont la main-d’œuvre locale aurait grandement besoin.
Avec plus de 14 millions de travailleurs migrants dans la région, le ministre du travail des Émirats Arabes Anis, Ali Bin Abdullah Al Ka’aBi, a indiqué que cette question figure en tête de liste de l’ordre du jour du sommet du CCG. Les Émirats, dit-il, partagent les préoccupations du Bahreïn.
Outre l’expulsion des étrangers, d’autres mesures sont envisagées. On réduirait les prestations sociales aux chômeurs qui refuseront les mesures d’aide au retour à l’emploi, de manière à les motiver à travailler plus fort et plus longtemps. On réviserait aussi les programmes d’enseignement en vue de donner aux travailleurs locaux la formation leur permettant d’occuper les emplois laissés vacants par les migrants. Le chroniqueur Al Meena conclut ainsi : « La proposition du Bahreïn, si elle devait être acceptée, enverrait aux 14 millions de migrants qui vivent présentement dans les pays du CCG un message clair qu’il est maintenant temps pour eux d’envisager d’autres options. Pour certains d’entre eux, ce scénario sera douloureux puisqu’ils ont amené leur famille dans un pays du Golfe et qu’ils en ont fait leur foyer d’adoption ». La Ligue des Droits de l'Homme (LDH) devrait logiquement embaucher, SOS Racisme va devoir se franchiser en terres d'Islam et RESF acheter des billets à ses adhérents de la FSU pour qu'ils se trouvent par hasard à bord des avions de retour au pays…
Si les travailleurs musulmans locaux trouvent du travail, qu'auront-ils à faire de l'avis de la gauche française? Le problème restera néanmoins entier pour les chercheurs d'emploi français.

Selon Reporters Sans Frontières (RSF) , Cheikh Hamad ben Issa Al-Khalifa a pris une série de mesures pour transformer ce qui fut jadis une terrible dictature en une monarchie constitutionnelle et a remis à l’œuvre la vie parlementaire, suspendue pendant trente ans. En octobre 2003, lors de l’inauguration de la deuxième session du Parlement élu en 2002, le roi Hamad a encouragé les législateurs à "consolider la démocratie, la transparence, la protection des droits de l’homme et les principes du marché libre".
Un petit voyage d'étude s'impose à la gauche dans les pays du Golfe…