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mardi 16 décembre 2014

L'Australie avait accordé le droit d'asile à l'islamiste, preneur d'otages, d'origine iranienne

Trois personnes, dont le preneur d'otages, sont mortes à Sydney 

Le réfugié iranien arrivé en 1996 a retenu dix-sept personnes en otage
La prise d'otages a tenu en haleine l'Australie pendant plus de seize heures dans un café, avant que la police ne finisse par donner l'assaut, lundi 15 décembre. Les forces de l'ordre ont indiqué dans la soirée que deux otages ont été tués, un homme de 34 ans et une femme de 38 ans, et le fanatique touché par balle et évacué vers un hôpital où les médecins ont déclaré sa mort. Au moins quatre autres personnes ont également été blessées. La police a évoqué un "acte isolé" et exclu la présence de bombes dans la ville. De son côté, l'Iran a condamné la prise d'otages.
 
Le ravisseur a été identifié comme Man Haron Monis, un Iranien de 50 ans réfugié en Australie, déjà condamné par la justice australienne. D'après la chaîne Channel 10, le forcené avait deux revendications : parler au premier ministre et qu'un drapeau de l'Etat islamique lui soit apporté au café. Durant la prise d'otages, la police avait demandé aux media nationaux de ne pas les relayer.
Pour son ancien avocat, Manny Conditsis, il était un personnage isolé, agissant probablement seul dans cette prise d'otage. "Son idéologie est tellement forte et puissante qu'elle altère son sens commun et son objectivité", a-t-il estimé sur ABC avant la fin de la prise d'otages. "Je pense qu'il considère qu'il n'a plus rien à perdre", avait-il souligné, au regard des accusations à son encontre.

Le premier ministre australien, Tony Abbott, a déclaré dans la soirée, que Man Haron Monis "était connu des autorités et souffrait d'instabilité mentale"Sans doute parce qu'il se proclamait par ailleurs expert en astrologie, numérologie, méditation et magie noire, selon le Sydney Morning Herald.

Le réfugié politique est connu depuis 2011 pour avoir envoyé des lettres de menaces aux familles des soldats tués lors d'opérations en Afghanistan, selon le journal The Australian. Il a aussi adressé un message enregistré sur DVD, aux familles de soldats tués en Afghanistan, ce qui lui a valu trois cents heures de travaux d'intérêt général. Les lettres commençaient par un message de condoléances, avant de critiquer l'implication de l'Australie en Afghanistan et d'insulter les soldats morts.

Sur son site internet, le demandeur d'asile se disait victime de harcèlement de la part des autorités australiennes.  Il estimait en effet être la cible d'une campagne de diffamation en tant que "militant musulman" et se comparaît au fondateur de WikiLeaks, l'Australien Julian Assange.

Il avait également diffusé des photos d'enfants arabes morts en légendant : "Voici une preuve du terrorisme de l'Amérique et de ses alliés au nombre desquels l'Australie. Le résultat de leurs frappes aériennes."

L'islamiste n'était pourtant pas surveillé comme terroriste potentiel

De confession chiite, il se serait pourtant "autoproclamé cheikh" (titre religieux), indiquent les autorités musulmanes australiennes. Le 10 novembre, Man Haron Monis, qui se faisait parfois appeler Mohammad Hassan Manteghi, avait annoncé sur son site internet avoir prêté allégeance au chef du groupe djihadiste Etat islamique, "calife des musulmans", Abou Bakr Al-Baghdadi, qui sévit actuellement en Irak et en Syrie.

Une soumission qu'il a renouvelée pendant la prise d'otages. 
Lundi, il a forcé plusieurs détenus à tendre sur la vitrine du Lindt Chocolat Cafe un drapeau noir portant des caractères arabes mentionnant la shahada, ou profession de foi musulmane : "Il n'y a de Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète". Man Haron Monis a également demandé qu'on lui apporte un drapeau de l'Etat islamique.

L'activiste avait un lourd dossier judiciaire. 
Man Haron Monis était soupçonné d'être l'instigateur du meurtre de son ex-femme, en avril dernier. Noleen Hayson Pal, 30 ans, et mère de deux enfants, avait été retrouvée poignardée à Sydney, selon le Telegraph. En liberté conditionnelle, il attendait d'être jugé pour complicité de meurtre. 

Man Haron Monis était également
mis en cause pour 36 faits d'agressions et d'abus sexuels remontant à 2002.

L'Australie est un pays réputé "ouvert" dont la
politique d'immigration est peu regardante.  

lundi 6 août 2012

Syrie: les media occidentaux intoxiquent l'opinion

Turquie, plaque tournante de l'opposition islamiste



Propagande
sunnite
étrangère


Voilà plus d'un an que les insurgés se dirigent vers le nord 

L'exode de "civils" jetés sur les routes par la rébellion n'est pas seulement celui de paysans fuyant les combats de villages, mais aussi des rebelles qui infiltrent le pays et assurent la liaison entre l'insurrection syrienne et l'Arabie saoudite qui les arme. 
En juin 2011, l'armée syrienne a envoyé blindés et hélicoptères à l'assaut de la ville de Jisr al Choghour, près de la frontière turque. Depuis, les civils fuient constamment les violences: le phénomène n'est ni nouveau, ni révélateur d'une  répression sanguinaire par le pouvoir légal et le lot de tueries, massacres et viols sont partagés par les forces en présence. L'Occident participe à la radicalisation du conflit par une escalade langagière qui sévit pareillement dans la couverture des événements par les media occidentaux partisans qui relayent les positions américaines. Plus de 4.000 seraient entrés en Turquie, et 10.000 autres seraient massés sur la frontière. 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, qui est aux mains des USA, participe à la propagande. 
Il estime que juillet 2012 est le mois le plus meurtrier depuis le début de la révolte en Syrie il y a un an et demi et dénombre plus de 4.000 morts, un chiffre passe-partout.

Des chaînes de télévision américaines ont rapporté que le président américain Barack Obama a signé un document secret autorisant l'aide américaine aux rebelles. Le porte-parole des Nations unies Martin Nesirky a affirmé mercredi 1er août que, selon la mission de l'ONU en Syrie, les rebelles sont en possession d'armes lourdes, dont des chars, à Alep, où de farouches combats ont lieu depuis le 20 juillet entre forces gouvernementales et insurgées.

Les rebelles aussi sont les auteurs d'exactions et de crimes 
Pour la première fois, les quartiers chrétiens et la vieille ville de Damas ont été touchés par les combats la nuit dernière. 
La communauté chrétienne, qui représente 5% de la population syrienne, est traditionnellement "protégée" par le régime et se retrouve donc dans une situation très inconfortable. Elle accuse le régime en place: "Les chrétiens ont été pris en otages par le régime Assad", affirme Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po, spécialiste de la Syrie. Conseiller des Affaires étrangères, Filiu a été en poste en Jordanie, en Syrie et en Tunisie, ainsi qu'aux États-Unis. Il a aussi été membre des cabinets du Ministre de l'Intérieur Pierre Joxe (1990-91), du même ministre à la Défense (1991-93) et du Premier Ministre Lionel Jospin (2000-2002) et instrumentalise le calvaire des Chrétiens.

Sur la route d'Alep, l'envoyé spécial de France Info en Syrie a pu rencontrer cinq alaouites capturés par les insurgés de l'armée syrienne libre (ASL). 

Ils faisaient partie des forces régulières de sécurité de la ville d'al-Bab. Ces prisonniers vivent maintenant dans la peur d'être exécutés par les rebelles.


Les divisions des rebelles expliquent le délitement de la situation insurrectionnelle

Le chef officiel de l'ASL, le colonel Riad Assaad, basé en Turquie, a accusé le
commandement rebelle de l'intérieur d'être "engagé avec fièvre dans la course à des postes" de pouvoir. Même si sur le terrain les insurgés ont marqué des points avec la prise des commissariats à Alep, de nouvelles divisions sont apparues au grand jour entre le commandement des rebelles en exil et celui de l'intérieur.
Les rebelles de l'intérieur, qui s'estiment les mieux placés pour gérer l'après Assad, avaient appelé cette semaine à la formation d'un conseil présidentiel en vue de diriger une éventuelle transition.

Bassam Tahhan, professeur syrien de géopolitique et de géostratégie à l’Ecole pratique des hautes études de Paris et de Lettres arabes au Lycée Henri IV, mais aussi porte-parole du Collectif pour la Syrie, une association de conciliation, milite pour le changement à Damas et donc pour "un dialogue serein entre les diverses composantes" du pays. Au micro d'une Mathilde Munos perturbée dans ses certitudes et qui oppose des "mais quand même" désespérés, l'expert affirme qu'Assad doit quitter le pouvoir, mais "dans la légalité", sans ingérence de l'Occident, des USA, de l'ONU et du roquet Laurent Fabius.
ECOUTER
VOIR et ENTENDRE ce même expert syrien:


"Attention aux barbus"!

- La situation à Alep
Selon cet expert en liaison téléphonique quotidienne avec la Syrie, la situation sur place n'est pas exactement celle décrite par les media occidentaux, qui seraient victimes (dans le meilleur des cas) ou coupables de manipulations et d'intox. "Les habitants d'Alep ne manquent de rien, si ce n'est de bonbonnes de gaz. Car les insurgés s'en servent pour fabriquer des explosifs". 

- Assad doit-il quitter le pouvoir ?
"Ce n'est ni aux Etats-Unis ni à Fabius (le ministre français des Affaires Etrangères) de décider. Il faut négocier. Si Assad doit partir, il faut que cela se passe dans la légalité.

- Quelle perspective pour l'après-Assad ? 
Le Collectif pour la Syrie, que représente Bassam Tahhan, se dit "pour une passation pacifique du pouvoir", ce qui apparaît compliqué au vu de la situation sur le terrain. "Il faut un changement", reconnaît-il, faisant confiance en la prise de conscience des Alaouites, mais il met en garde contre ceux qu'il appelle "les barbus". Il met l'Occident en garde: les insurgés sont des combattants du "croissant chiite". Et de conclure : "Ce n'est pas aux Américains d'imposer leur diktat à la Syrie." 
Et Fabius doit donc réviser ses positions alignées sur Obama.

mercredi 1 août 2012

Syrie: qui sont les rebelles soutenus par Juppé et Fabius ?

Une révolution militaire de l' "armée de la Syrie libre " ?


Image typique de l'intox médiatique:
cette photographie de demandeurs d'asile en Turquie,
ne présente aucune garantie d'authenticité


Officiellement, l'ASL  est la principale  force armée  opposée au régime de  Bachar el-Assad (1965), président  alaouite (c'est-à-dire  chiite, comme l'iranien Khomeini)  de la République arabe syrienne depuis  juin 2000 , date à laquelle il succéda à son père,  Hafez el-Assad, et en lutte contre l’ armée régulière depuis 2011 . Elles est essentiellement composée de membres des  Forces armées syriennes qui ont fait défection, mais cette affirmation est de plus en plus contestée. Cette guerre civile est un conflit armé issu des contestations plus ou moins spontanées contre le régime baasiste qui débute par des manifestations pacifiques en mars 2011, c'est-à-dire trois mois après le début du mouvement révolutionnaire surnommé "Printemps arabe".

L'armée syrienne fut longtemps appréciée du monde arabe

Durant la deuxième guerre du Golfe, le père de Bachar al-Assad envoya un corps expéditionnaire  libérer le Koweït entre 1990 et 1991; il compta 21 000 hommes et s'acquitta avec succès de sa mission. L'armée syrienne participa également à la guerre israélo-arabe de 1948-1949, guerre des Six Jours en 1967. Elle envoya  également  de l'aide à l'OLP dans l'événement du Septembre noir, puis à la guerre du Kippour en 1973 et à la guerre du Liban de 1976 à 1990. 

Aujourd'hui, le régime syrien est stigmatisé. 
Réprimée par les forces syriennes régulières, la rébellion -décrite comme citoyenne- est soutenue par des militaires: elle se transforme peu à peu en conflit opposant deux camps armés et se prolonge encore en 2012, attisé par l'étranger.Le régime de Damas prend des mesures de prévention contre le printemps arabe qui secoue le Proche orient, alternant répression et tentatives d'apaisement. Plusieurs appels à manifester sont lancés à partir du 4 février, mais les moukhabarat (services de renseignements des pays arabesrépriment sévèrement toute tentative d'opposition.

Des manifestations orchestrées quotidiennes se succèdent à partir du 15 mars
, bien couvertes par la presse française sympathisante. Plusieurs bâtiments symboliques du pouvoir (siège du Parti Baas, tribunaux) sont incendiés. Le vendredi 18 mars 2011, des manifestations de plusieurs milliers de personnes ont lieu à Damas, Homs, Banias et surtout Deraa. Le pouvoir réprime dans le sang ces manifestations, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés ; Human Right Watch amplifie et ne tarde pas à dénoncer des arrestations en masse et de véritables massacres. Malgré cela, le mouvement s'étend néanmoins à toutes les principales villes du pays. 

La presse occidentale est sous influence de ce type d'ONG et le nombre des victimes est en fait difficile à estimer.
 
Sans doute le nombre des insurgés tués s’élève-t-il à plus de 10000, mais les journalistes se voient interdire l’entrée en Syrie et ne savent pas pour sûr. Ils colportent  les rumeurs émanant des rebelles qui assurent ainsi que, dans les prisons, la torture est systématique. Chaque jour ils rapportent un nouveau massacre ou une tuerie qui accréditerait le génocide: l'inflation des chiffres et des termes excessifs fait craindre le sensationnalisme morbide et la manipulation idéologique. 

L'association 
France Syrie Démocratie a affiché un banderole au sommet de la Tour Eiffel certifiant : " 21 000 morts, 65 000 disparus, 2 millions de déplacés".Des manifestants, au nombre d'une douzaine, proclament "Cela fait maintenant 16 mois que le régime d'Assad commet des crimes contre la population syrienne. Tout le monde détourne les yeux. [? Evidente mauvaise foi victimaire] Nous sommes ici pour réclamer un soutien à la révolution syrienne",  explique l'un des organisateurs, Ibrahim Wetti, qui a quitté la Syrie en 2006, pour venir suivre en France des études supérieures de  chirurgie dentaire et n'en sait pas plus que la presse occidentale sur la réalité du terrain, mais qui est abondamment relayé par Rue89 et Mediapart.


A Paris, France Syrie Démocratie, soutient l'opposition syrienne et a pu accrocher, le 27 juillet, un immense drapeau vert, blanc et rouge frappé de trois étoiles

Témoignage d'un des "héros" de la libération de Tripoli qui prête main forte à l'ASL, l'armée libre syrienne.


"La bannière de la nation"

90% des combattants seraient syriens !





En mai 2011, Erdogan,
premier ministre turc,
congratulait encore Bachar al-Assad...




Dans son rapport " Nous n’avons jamais vu de telles horreurs ", l’ONG américaine supranationale Human Rights Watch indique que des " crimes contre l’humanité " sont commis par les autorité et que le pire est sans doute à venir. Son autorité est remise en question pour son alignement sur la politique américaine, des dons de l'Arabie saoudite et des soupçons d'anti-sémitisme. 

La communauté internationale ne s'interroge pourtant pas vraiment sur la réalité du soutien populaire aux insurgés.
 

Fin août, la rébellion se structure et crée le CNS (Conseil national syrien), à l'image du CNT libyen. Il est lancé officiellement les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie. L'arabisation du mouvement apparaît clairement, mais l'occident n'y voit toujours aucun signe. 

C’est la dernière, à ce jour, des révolutions arabes. 

Les précédentes devraient donner à réfléchir.

En Syrie, les Frères musulmans suive leur stratégie habituelle: après avoir agité les classes populaires, spécialement dans les grandes villes de Hama (où un Frère musulman tenta d’assassiner le président syrien Hafez el-Assad en 1980, provoquant une répression et où la rébellion armée éclata contre le pouvoir en place de Bachar el Assad en 2011, Homs et Damas, ils adoptent un profil bas. Le leader syrien des Frères musulmans est Ali Sadr ad-Din al-Bayanouni, qui vit en tant que réfugié politique à Londres.
Le 3 août 2011, selon les raccourcis de la presse, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne à l'unanimité, les " violations généralisées des droits de l'homme et l'emploi de la force contre des civils " (fussent-ils des rebelles armés par l'étranger) par les autorités syriennes. A vrai dire, ni la Chine, ni la Russie ne participe à cette collusion internationale. Ce type de protestations dépasse par son ampleur et sa durée le soulèvement qui avait mené à la répression de Hama en 1982, d'autant que les membres de différentes communautés se sont impliqués.

En février 2012, alors que plusieurs villes sont bombardées par l'armée syrienne, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, déclare que la répression contre les opposants est " presque certainement un crime contre l'humanité ". L'escalade verbale est officielle, mais prudente. 
Selon les sources proches de ...l'opposition, avec les précautions qui s'imposent sur leur validité, la répression et les combats sont estimées à 19 000 morts en juillet 2012 et des centaines de milliers de déplacés.  En un an, les organisations humanitaires estiment (à la louche ?) le nombre de réfugiés à 90 000 en Jordanie
Une partie du mouvement d'opposition s'arme, grâce à des défections au sein de l'armée de Bachar al-Assad et des soutiens étrangers, sans plus de précisions sur leur provenance, et forme l'armée syrienne libre, qui contrôle d'importantes parties du territoire syrien à la mi-2012.
Au milieu d'une cour d'école transformée en camp d'entraînement, au nord de la Syrie, ils sont quelque 200 combattants, en armes et en rangs serrés, à invoquer Dieu. L'homme qui les harangue est un Libyen : le légendaire commandant Mahdi, héros de la libération de Tripoli, est en Syrie depuis un peu plus d'un an.
Avec 35 de ses hommes, il est venu apporter son expérience du terrain à la révolution syrienne. "Ici c'est comme en Libye, tous les combattants sont des civils", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Nous avons des médecins, des ingénieurs, des gens comme tout le monde. Il faut absolument les former au combat, à la tactique militaire, avec ce qui a été notre propre expérience de la révolution en Libye".

En un an, il a fédéré l'un des groupes de combattants les plus importants au nord du pays. La brigade Liwa al-umma, soit la "la bannière de la nation" compte 6.500 combattants venus parfois du monde entier participer à la révolution syrienne.
C'est le cas de Mahmoud, 22 ans, né de parents égyptiens et installé en Irlande. Du jour au lendemain, le jeune homme a quitté son appartement et son métier de consultant à Dublin pour venir au nord de la Syrie. "Pendant trop longtemps, nous nous sommes contentés de regarder, d'être en dehors, alors que nous savions tous quelle était la nature des régimes dans le monde arabe".

"J'ai tout abandonné parce que mes frères et mes sœurs étaient en train de mourir. Il fallait que je vive ce qu'ils vivaient, que je les aide", raconte-t-il, ajoutant : "être debout contre l'oppression, c'est ma vie. C'est devenu ma mission".
Le commandant Mahdi affirme que 90% de ses combattants sont syriens. Peut-on accorder du crédit à cette affirmation ? Il est en effet devenu un symbole, celui de l'infiltration des combattants venus de l'extérieur, dénoncée par Bachar al-Assad. Et il sait qu'il est désormais en tête de liste établie par le régime, celle des hommes à abattre.
Les rebelles poussent les populations civiles à l'exode
Les victimes de la rébellion islamiste affluent en Turquie, porte vers l'Europe.
L'armée turque multiplie les exercices militaires d'intimidation dans la province du Hatay, sur sa frontière avec la Syrie. Un camp de l'ASL est établi en Turquie depuis décembre 2011 et la jonction avec le nord de la Syrie explique les combats d'Alep. Les bombardements contre cette ville de 2,5 millions d'habitants et ses environs ont jeté en deux jours sur les routes quelque 200.000 personnes, selon l'ONU qui a demandé que les organisations humanitaires (dont Human Rights Watch !) puissent "accéder en sécurité" à Alep.

Bilan provisoire du "printemps arabe"

Tunisie (2010-2011):  gouvernement d'union nationale" du premier ministre Mohamed Ghannouchi (ancien ministre du Plan de Ben Ali),  épuration forte des benalistes et exode vers l'Italie (Lampedusa)une manifestation de 100 000 personnes à Tunis pousse à la démission le nouveau Premier ministre Ghannouchi, remplacé par Béji Caïd Essebsi, plusieurs fois ministre sous... Bourguiba. 

Egypte
:
Les Frères musulmans, avec à leur tête Mohamed Morsiobtiennent 44,6% des suffrages aux élections législatives et lessalafistes, 22,5%.

Lybie :
 
renversement de Mouammar Kadhafi (2011), le Conseil national de transition ou CNT assure la transition avec Abdel Rahim al-Kib qui devient président du Conseil exécutif du Conseil national de transition (CNT) depuis le 24 novembre 2011 et donne deux ministères régaliens aux ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi. Le CNT au pouvoir  est accusé par des journalistes et penseurs d'actes de racisme à l'encontre de la population noire de Libye.


dimanche 20 février 2011

Une dizaine de blessés dans des manifestations à Alger

Arrestation d'un cofondateur du Front islamique du salut
Alger, le samedi 19 février 2011

Un millier de personnes a participé à la marche organisée par l'opposition algérienne contre le régime, samedi dans le centre d'Alger, totalement quadrillé par les forces de l'ordre. Scandant des slogans : « Algérie libre et démocratique », « pouvoir assassin », ou encore « le peuple veut la chute du régime », les manifestants ont été rapidement encerclés et repousséspar les forces de l'ordre.

Une dizaine de manifestants ont été blessés, selon les organisateurs, les opposants de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), à l'initiative d'une première marche déjà bloquée samedi dernier par les forces de police.
Lien PaSiDupes vers un article consacré à l'onde de choc chiite
L’islam sunnite est la religion d'État en Algérie et celle de 99 % des Algériens.

Un député blessé, Ali-Yahia Abdenour molesté, Ali Benhadj arrêté

VOIR et ENTENDRE
le témoignage d'un opposant au régime présenté par Le Parisien:

Plusieurs témoignages partisans rapportent des scènes de violences aux abords de la place du 1er mai, devenu le symbole de la contestation.

=>
Avocat et président d'honneur de Ligue des droits de l'Homme, Ali Yahia Abdenour, âgé de 90 ans, aurait été bousculé par la police avant que des jeunes ne se portent à son secours.
Ex-FLN en 1955, il est un des membres fondateur de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA, dans la mouvance du FLN et proche de la CGT française), puis ministre des Travaux publics et des Transports, puis de l'Agriculture et de la Réforme agraire durant une année dans le gouvernement de Houari Boumediène.

=> Un peu plus tôt, le numéro deux de l'ex-FIS (Front islamique du salut), Ali Benhadj (1956), aurait été arrêté
dans le quartier de Belcourt alors qu'il s'apprêtait à rejoindre, comme samedi dernier, les manifestants place du 1er mai, selon des témoins. L'information n'est pas confirmée par les autorités.

Le soulèvement chiite n'est pas une surprise

Alger, le samedi 12 février 2011

Benhadj a déjà été arrêté entre le 6 et le 9 janvier 2011
avant d'être inculpé d' "atteinte à la sécurité de l'État " et d' "incitation à la rébellion armée ". Dans les mosquées, il prêchait la révolte et la prise d'arme contre le système. Après un discours où il appelait les militants du FIS à s'armer, il fut emprisonné en 1991, puis relâché par le président Abdelaziz Bouteflika, pour être réincarcéré quelque temps après pour de nouveaux propos sédicieux faisant l'apologie du terrorisme.

=> Tahar Besbes participait à la marche non autorisée à l'appel de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) sur la Place du 1er mai à Alger jusqu'à la Place des Martyrs, à quelque 4 km de là. Mais celle-ci avait été bloqué dès la matinée par un important dispositif policier.


Tahar Besbes, député du parti Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), aurait été « grièvement blessé lors d'un affrontement avec la police », a rapporté un ...membre (digne de foi) de son parti. « Il a reçu un coup au ventre [là où ça ne laisse pas de traces] donné par un policier. En tombant, sa tête a heurté le trottoir », a précisé Mohsen Belabbas, porte-parole du RCD.
Mieux, selon le Dr Rafik Hassani qui se trouvait à son côté à l'hôpital de Mustepha tout proche, le député semblait souffrir d'un traumatisme crânien. En fin d'après-midi, son entourage affirmait tout de même qu'il avait « repris connaissance et va mieux ».
Or, en dépit de la dramatisation de l'anecdote par trois honorables témoins, le directeur du CHU Mustapha-Pacha d’Alger a indiqué samedi que le manifestant souffre d’une entorse à la cheville droite “sans gravité”...
Le RCD, qui se qualifie de « social-démocrate », est un parti laïc majoritairement kabyle dont le président et membre fondateur est Saïd Sadi, un psychiatre, met en garde contre un « raz-de-marée intégriste » et la « menace de théocratisation de l'État et de la société ». D'abord membre de la coalition gouvernementale, le RCD est entré au gouvernement sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika, en 1992.
Mouvement d'opposition créé dans la foulée des émeutes qui ont secoué le pays durant le mois de janvier 2011, contre la cherté de la vie, et qui ont fait cinq morts et quelque 800 blessés, le CNCD tente d'instrumentaliser la contestation en regroupant des syndicats autonomes, des organisations de défense des droits de l'homme, des associations estudiantines et de jeunes, des comités de quartier, des collectifs citoyens, des associations de disparus, des figures intellectuelles et des partis politiques.

Bouteflika fait de la résistance

Samedi matin, toutes les voies menant à la place du 1er Mai ont été bouclées par les forces de l'ordre et le millier de manifestatnts qui a réussi à passer a pu être contenu. Deux d'entre eux, le secrétaire général du Snapap (Syndicat national autonome du personnel d'administration publique, dans la mouvance du CNCD), et Rachid Malaoui, de l'intersyndicale de la Fonction publique, se seraient évanouis sous la pression exercée contre eux par l'important cordon policier et ont dû être évacués par les pompiers.
Un recours qui rappelle la méthode du RCD...
Mais aussi le malaise de l'hystérique dissident communiste, Maxime Gremetz.

Abdelaziz Bouteflika (1927) est depuis le 27 avril 1999 le 5e président de la République algérienne démocratique et populaire, ainsi que, président d'honneur du Front de libération nationale, FLN, depuis janvier 2005.
C'est le Front des forces socialistes (FFS), créé en 1963 peu après l’indépendance de l’Algérie et présidé par Hocine Aït Ahmed, qui est membre de l'Internationale socialiste.

VOIR et ENTENDRE un reportage de la télévision algérienne (en arabe) sur la manifestation de samedi:
Tous cherchent à saisir leur chance
Fodil Boumala, l'un des organisateurs du la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), s'en est pris une nouvelle fois aux autorités. « Il faut une rupture définitive avec ce régime incarné depuis 1999 par le pouvoir lui-même composé de forces militaro-civiles, parmi lesquelles le président Abdelaziz Bouteflika », a déclaré cet ancien journaliste de l'ENTV algérien qui assure le service public de télévision...

samedi 19 février 2011

Fil rouge chiite: Tunisie, Egypte, Lybie, Bahrein, Yémen, Iran

Les régimes sunnites dans la tourmente

La part de l'islam dans le chaudron du Proche Orient


L'onde de choc tunisienne est instrumentalisée par une minorité d'extrémistes religieux
=> Le sunnisme est le courant religieux majoritaire de l'islam, rassemblant 85 à 90% des musulmans.
=> Le chiisme regroupe environ 15 % des musulmans dans le monde, dont 90 % d'Iraniens et sont également majoritaires à Bahreïn et en Irak, et ils constituent une minorité dans une quinzaine d'autres pays.

Tunisie : 85 % des musulmans tunisiens sont
sunnites
Egypte : 90% des Égyptiens se réclament de l'islam
sunnite
Lybie : la population du pays est à 97 %
sunnite
Yémen : les musulmans yéménites sont des sunnites à 55% et des chiites à 45%
Bahrein : la religion d'État est l'Islam, à majorité chiite (environ 70%)
Iran : l’islam chiite est la religion officielle de l’Iran à laquelle 89 % de la population appartient.

La part politique et médiatique

Barack Hussein Obama se sent peu concerné

Les régimes arabes détestaient George W. Bush, mais ils le « calculaient » et se restaient attentifs. Mais, pour eux, l'actuel président américain, Barack Obama n’existe pas.
Après des dizaines d’années d’une intense activité diplomatique américaine faite de pressions, de médiation, de menaces et de concessions, les USA ont disparu du paysage proche-oriental. Depuis qu'Obama a annoncé sa volonté de retirer l’armée américaine d’Irak, le terrorisme sunnite se déchaîne encore, plus brutal et violent que jamais. La Syrie se permet de l’ignorer. L’Iran le défie. Et tous les autres: Al-Qaïda, le Hezbollah, Erdogan.

Obama parle mais n’agit pas: il subit.
Il n'a plus aucun plan, ni ordre du jour. L’Iran lui tient tête et le président américain porte la responsabilité de l'absence occidentale au Proche-Orient.
Barack Obama a fait le 17 janvier sa première déclaration publique sur la situation égyptienne, affirmant que le président Moubarak jouait un rôle « très utile sur un éventail de questions difficiles au Proche-Orient ». Les media hexagonaux ne fustigèrent pas ce commentaire d'Obama qu'ils reprochèrent à la France... Ils applaudirent même lorsqu'il ajouta ensuite: « Mais je lui ai toujours dit qu’il était absolument crucial, pour le bien à long terme de l’Égypte, de veiller à progresser sur la voie des réformes – des réformes politiques et économiques. On voit ces frustrations contenues se manifester dans les rues
Barack Obama a estimé, mardi 15 février, que la situation en Egypte présente depuis le départ du président Hosni Moubarak des signes "positifs", citant les récents bouleversements dans le pays comme un "exemple" pour la région.

Le journal Le Monde prend le parti de la rue et accuse les autorités.

Le quotidien du soir s'en tient à ce qu'il voit et se range au côté des manipulateurs. « Les autorités ont réprimé dans le sang des mouvements de protestation sporadiques dans différents pays arabes. Mais l'inflexibilité des autorités ne semble pas faire plier les manifestants, désireux d'en finir avec les pouvoirs en place. La contagion s'étend dans le monde arabe jusqu'à Djibouti. » (18 février 2011)

Evolution de la situation insurrectionnelle au Proche Orient

En Tunisie, une république présidentielle, Ben Ali, après vingt-trois ans d’une présidence souvent jugée autoritaire et policière, a cédé à la pression de la rue le 14 janvier 2011: il a fui le pays et trouvé refuge en Arabie saoudite.
En ce samedi, l'amnistie générale pour les prisonniers politiques est entrée en vigueur après la promulgation d'un décret-loi par le président de transition.
Par ailleurs, environ 500 Tunisiens ont manifesté devant l'ambassade de France à Tunis pour réclamer le départ du nouvel ambassadeur de France, Boris Boillon, dénonçant "son manque de diplomatie" et "son agressivité" lors d'une première rencontre avec la presse jeudi.
Enfin, le meurtre d'un prêtre polonais, retrouvé "égorgé" vendredi près de Tunis, a été vivement condamné à la fois par le gouvernement tunisien et par le principal mouvement islamiste, Ennahda.

En république d'Egypte
, le président Hosni Moubarak a démissionné de son poste le 11 février 2011, suite aux protestations du peuple égyptien. Selon la junte militaire, Farouk Sultan devrait occuper un rôle dans le gouvernement intérimaire. Une "marche de la victoire" a été organisée pour fêter l'éviction de Moubarak il y a une semaine.

En Libye
, le régime du dirigeant Mouammar Kadhafi - une République arabe et socialiste, sur le modèle de l'Égypte - a riposté avec force à des manifestations de rue sans précédent, en particulier dans la province rétive de Cyrénaïque. Des soldats ont pris position vendredi dans la deuxième ville du pays, Benghazi, où des milliers de personnes sont descendues dans la rue durant la nuit à la suite de tirs des forces de l'ordre contre des manifestants, qui ont fait plus de 20 morts selon une ONG. Amnesty International comptait même au moins 46 personnes tuées par balles ces dernières 72 heures.
La Libye, qui assure actuellement la présidence de la Ligue arabe, a décidé de reporter sine die le prochain sommet sur fond d'affrontements dans plusieurs pays arabes. Le 23e sommet de la Ligue était initialement prévu le 29 mars à Bagdad.
L'ONG internationale Human Rights Watch a fait état vendredi d'au moins 24 morts ces dernières 48 heures, mais les organisations d'opposition et d'exilés avancent des bilans beaucoup plus lourds, pour le moment invérifiables.

En république du Yémen
, des milliers de manifestants rivaux se sont rassemblés vendredi dans divers quartiers de la ville de Taïz, dans le sud du pays. Selon la chaîne de télévision panarabe Al Djazira, trois protestataires ont été tués et des dizaines d'autres blessés au cours d'une fusillade à Aden, dans le sud du pays.
Des dizaines de milliers d'opposants se sont aussi rassemblés dans la ville de Taïz, à 200 km au sud de la capitale, Sanaa. Un homme y a été tué et sept autres personnes ont été blessées par une grenade lancée d'une voiture contre un rassemblement de l'opposition, ont rapporté des témoins.
Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh (68 ans), au pouvoir depuis 32 ans, doit faire face à des activistes d'Al Qaïda, désamorcer une révolte séparatiste dans le Sud et préserver une trêve précaire avec les rebelles chiites du Nord.
Aujourd'hui samedi, Sanaa a encore été le théâtre de violents affrontements entre étudiants et partisans du régime faisant cinq blessés dont un grave. Un étudiant aurait été tué d'une balle au cou. Une information démentie par le ministère yéménite de l'Intérieur, qui affirme qu'"il n'y a pas eu de mort".

Dans la monarchie de Bahreïn
, les forces de sécurité ont tiré vendredi sur des manifestants à Manama près de la place de la Perle et en ont blessé plus de vingt, selon un ex-député, Sayed Hadi, membre du bloc d'opposition chiite Wefak qui a démissionné du Parlement jeudi.
Bahreïn est un proche allié de l'Arabie saoudite et des Etats-Unis. Manama est le port d'attache de la Ve flotte de l'US Navy qui marque la présence américaine au Moyen-Orient et en Asie centrale, Irak et Afghanistan compris.

L'Union générale des syndicats de Bahreïn a appelé à une grève générale illimitée à partir de demain dimanche pour exiger la liberté de manifester pacifiquement sans intervention des forces de l'ordre.
Dans la matinée du samedi 19 février, l'armée s'est retirée de Manama, comme le réclamait l'opposition bahreïnie. Dans l'après-midi des centaines de manifestants se sont rassemblés sur la place de la Perle à Manama. Cette fois, la police n'est pas intervenue contre les manifestants, mais des grenades lacrymogènes ont été lancées sur l'un des axes conduisant à la place.

En république islamique d'Iran, pour des raisons limpides, Obama apporte aussi son soutien verbal à la contestation, mais, en intello, se sent quitte.
Les Etats-Unis laissent faire et comptent assister à une nouvelle révolution en Iran, alors que le pouvoir islamique se déclare à l'abri de l'onde de choc. "Les soulèvements populaires qui se produisent dans certains pays arabes n'auront pas de répercussions sur la situation politique en Iran", a estimé Radjab Safarov, directeur du Centre d'étude de l'Iran contemporain.

L'Irak contient la contestation, mais deux personnes ont été tuées et 40 autres blessées jeudi dans des affrontements entre la police et les manifestants dans la ville irakienne de Sulaymaniyah (est), rapportent les médias occidentaux.

A Djibouti, une république arabe et musulmane, indépendante de la France depuis 1977 et voisine du Yémen, trois des principaux dirigeants de l'opposition djiboutienne ont été arrêtés et placés en garde à vue, au lendemain d'un grand rassemblement de l'opposition ayant dégénéré en violences.
Vendredi soir, au cours de ces violences à l'issue d'un grand rassemblement de l'opposition dans la capitale djiboutienne, un policier et un manifestant ont été tués, selon un bilan officiel du ministère de l'Intérieur.

lundi 19 juillet 2010

Le PCF satisfait de l'hostilité anti-française du Hezbollah ?

Le Hezbollah sème un vent anti-français au Liban-Sud

C'est le titre du Figaro, dont voici l'article en date du 19/07/2010:

La milice encourage la population à manifester contre le contingent français de la Finul.

«La main qui touchera à l'armement de la résistance sera coupée.» Sur l'affiche, l'homme fort du Liban-Sud, Hassan Nasrallah (ci-contre), chef du Hezbollah («le Parti de Dieu»), lance cet avertissement dans la langue de Molière. Pour que le message soit bien compris des soldats français de la Force des Nations unies au Liban (Finul), qui patrouillent à Kirbet Slem, bourgade encaissée dans la vallée du wadi al-Ahjir. Une voie de pénétration privilégiée par les miliciens chiites pour se rapprocher de la frontière avec Israël.

Partant du fleuve Litani, les combattants pro-iraniens se sont longtemps infiltrés en toute discrétion vers le Sud, profitant des nombreuses crevasses du relief pour y acheminer des roquettes, avant de les lancer sur la région de Kiriat Shmona, au nord de l'État hébreu.

Après la guerre de l'été 2006 entre Tsahal et le Hezbollah, les Français ont hérité de ce secteur sensible, véritable paradis pour la guérilla. Le déploiement des chars Leclerc, équipés de capteurs, permet de repérer tout mouvement suspect à quatre kilomètres à la ronde. De nombreuses caches d'armes ont ainsi été vidées. Mais la pression de la Finul s'est ensuite relâchée. Le Hezbollah en a profité pour consolider sa présence. Israël s'en est alarmé. Ce qui a provoqué le retour de la Finul. «Mais les soldats avaient perdu le contact avec la population et, quand les habitants les ont vus revenir, ils se sont dit que c'était sur injonction israélienne», relève Timor Goksel, qui fut porte-parole de la Finul pendant plus de vingt ans.

Passivité de l'armée libanaise
Dans son échoppe ornée des portraits des leaders du Hezbollah, Ibrahim énonce les griefs anti-français, que l'on entend désormais dans de nombreux villages : «Les Français pénètrent avec leurs blindés dans les ruelles. Ils violent notre intimité. Ils prennent des photos et, une semaine après, on voit qu'Israël diffuse d'autres photos de villages du Sud. On se dit qu'il y a quelque chose entre eux et Israël», ajoute ce commerçant durant la journée, qui se transforme en combattant la nuit. Comme beaucoup de jeunes du Sud, où le Hezbollah est partout et nulle part à la fois.

Le 3 juillet, après une première série d'incidents qui n'avait pas visé uniquement le contingent français, dans le village voisin de Touline, un convoi militaire français a été violemment attaqué à coups de bâtons et de jets de pierre. Des habitants sont parvenus à prendre le contrôle des véhicules, avant d'humilier les Casques bleus en les désarmant.

Loin d'être spontanée, comme l'assure la population de Touline, l'embuscade avait été minutieusement préparée par le Hezbollah. Au volant d'une Mercedes, un milicien suivait la patrouille française, téléphone portable à l'oreille, pour renseigner ses hommes et piéger le convoi de la Finul dans un cul-de-sac. Juste avant de repartir, un des assaillants lança à un Français : «On vous prévient, à partir de maintenant, la situation a changé.» En clair : on ne veut plus de vos patrouilles intrusives.

Face aux menaces d'Israël, qui accuse le Hezbollah de s'être puissamment réarmé depuis 2006, le «Parti de Dieu» veut être libre de se préparer au prochain conflit. Quitte à violer la résolution 1701 de l'ONU, qui donne davantage de moyens à la Finul pour prévenir l'acheminement d'armes au sud du Liban.

Aujourd'hui, «le Hezbollah cherche à reprendre le contrôle clandestin de la zone, afin de pouvoir réagir quand et où il veut», analyse l'ancien patron de la Finul, le général Alain Péllégrini, qui prépare un livre sur la Force. L'incident de Touline montre que le Hezbollah dispose de solides renseignements sur la Finul et qu'il peut quadriller le secteur à sa guise. Tout cela sans sortir la moindre arme à feu. De quoi inquiéter les Occidentaux. D'autant que la milice bénéficie d'une certaine passivité de l'armée libanaise.

Un attentat est redouté

Trois jours avant le déclenchement des manœuvres onusiennes début juillet, à Beyrouth, le ministère de la Défense conseilla à la Finul de ne pas se déployer sur le terrain. «Je répétais aux Français qu'ils devaient faire attention», affirme de son côté Nabil Fawaz, le maire de Tibnine.

L'activisme français dérange le Hezbollah. Certaines de ses armes restent dissimulées sous les mosquées et les terrains de football. Mais, contrairement aux Israéliens, les experts militaires occidentaux ne pensent pas que le Hezbollah ait introduit une quantité importante de munitions au Sud depuis 2006. Sa priorité est au nord de la zone Finul et du fleuve Litani. Le «Parti de Dieu» y a camouflé ses armes les plus sophistiquées, venues d'Iran et de Syrie, y compris dans les zones chrétiennes.

Son rapprochement avec Walid Joumblatt lui a également permis de grignoter du terrain, en secteur druze, au nord-est de la zone Finul, offrant aux logisticiens de la milice une très utile continuité territoriale à partir de la plaine de la Békaa, limitrophe de la Syrie, jusqu'à ses bastions du Liban- Sud. Dans cette nouvelle zone d'influence, le Hezbollah envoie aussi des messages clairs : au printemps, l'attaché de défense hollandais s'est fait arrêter à un barrage clandestin tenu par des miliciens chiites et sa voiture a été fouillée.

Officiellement, entre les Français et le Hezbollah, l'incident est désormais clos. Sur le terrain, on a fumé le «narguilé de la paix» lors de la finale de la Coupe du monde. À Beyrouth, des diplomates ont rencontré des représentants du «Parti de Dieu». Mais personne n'est dupe. «Si les Français ne changent pas leur comportement, il y aura une autre réaction», assure Hola Ibrahim, de Kirbet Slem. Sous-entendu :
un attentat contre le contingent français ne serait pas à exclure.