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vendredi 1 août 2014

Dissolution possible de la LDJ : l' "enfumage" n'est pas celui que le NPA dénonce

La convocation du NPA par le juge ne trompe personne en matière d'enfumage

Alors que le ministère de l'Intérieur monte un argumentaire imparables  qui justifierait la dissolution de la Ligue de défense juive (LDJ)
 
à laquelle le gouvernement semble particulièrement tenir, personnalités politiques et autorités religieuses affichent ces derniers jours des positions diverses, pas toujours tranchées. 

Le groupe dans le collimateur du pouvoir a été récemment accusé de violences en marge de manifestations pro-palestiniennes, autorisée par le gouvernement le 13 juillet à Paris, mais qui avait tourné à l'émeute, et le 20 à Sarcelles (Val-d'Oise), interdite aux organisateurs  au vu des risques, et qui avait pareillement dégénéré. Et c'est pourtant la LDJ qui est dans le viseur de Hollande, plutôt que le NPA et le PCF, principaux organisateurs et fournisseurs de la logistique..

Jeudi, Bernard Cazeneuve a admis être confronté à des "conditions de droit" contre l'arbitraire pour pouvoir prononcer la dissolution d'un groupe tel que la LDJ: "Si les conditions de droit sont remplies, concernant l'ensemble des groupes qui peuvent poser problème, nous procéderons à des dissolutions. Si elles ne sont pas réunies, nous ne le ferons pas", a déclaré le ministre de l'Intérieur en marge d'une visite de la base de la Sécurité civile de Marignane (Bouches-du-Rhône).

Ainsi le pouvoir socialiste a-t-il décidé d'une dissolution politique avant même d'avoir rassemblé les éléments qui y autorise: c'est mettre la charrue avant les boeufs.

Le PC demande la dissolution du groupuscule, "menace récurrente" à l'ordre public. Oublieux des violences urbaines de Barbès, cet organisateur a toutes les audaces. Le PCF a appelé jeudi le ministre de l'Intérieur "à engager une procédure de dissolution de la LDJ, qui constitue une menace récurrente et particulièrement violente à l'ordre public, tant par son recours à la violence physique que par ses propos racistes". "Les débordements dont certaines manifestations récentes de soutien à la Palestine ont été le théâtre ces dernières semaines ont été unanimement condamnés", ont insisté les staliniens pour qui "ces événements ont mis en lumière les agissements de groupuscules organisés se présentant comme "pro-israéliens", parmi lesquels la Ligue de Défense Juive (LDJ)", polémiquent les fauteurs de troubles. "La LDJ est considérée comme organisation terroriste par de nombreux Etats, que ceux-ci soutiennent ou non la politique étrangère d'Israël, où elle est d'ailleurs elle-même interdite", a ajouté le parti.
Or, le Hamas que soutient le PCF est également sur la liste rouge américaine des terroristes. Et, à l'inverse, Roger Cukierman, ancien président du Conseil représentatif des Juifs de France (Crif), dénonce l’extrême gauche pour son "antisionisme, nouvel habit de l’antisémitisme".



Olivier Faure (l'un des porte-parole du PS) demande des "éclaircissements." Dans une lettre au ministre de l'Intérieur, datée de mercredi, ce vice-Président du Groupe socialiste à l'Assemblée nationale disait vouloir comprendre pourquoi la LDJ était "autorisée en France"avait rapporté Europe 1 jeudiInterrogé de surcroît par Libération, le même, un ex-conseiller spécial du premier ministre Jean-Marc Ayrault, s'est répandu: "Nous vivons dans un Etat de droit, et nous avons une organisation qui revendique des liens avec une organisation interdite en Israël, où elle est considérée comme raciste, ainsi qu’aux Etats-Unis. Je souhaite avoir des éclaircissements sur ses ramifications. Si l’organisation française se rattache à l’organisation interdite ailleurs, la dissolution est la seule voie possible."
Quand il s'agit de l’agression contre la librairie où Alain Soral faisait une séance de dédicaces, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, condamne la LDJ et soutient ainsi le co-fondateur du GUD, un mouvement classé à l'extrême droite et le co-listier sur de l'antisioniste Dieudonné aux élections européennes de 2009.

Marine Le Pen (FN) : dissoudre la LDJ si elle "multiplie les actions violentes".
"S'il existe une LDJ, c'est qu'un grand nombre de juifs se sentent en insécurité. Ils ont le sentiment qu'un nouvel antisémitisme monte en France", a déclaré Marine Le Pen, vendredi, sur RTL. Mais la patronne du FN a estimé que "si la LDJ multiplie les actions violentes, il faut la dissoudre". Jeudi, elle avait estimé que "si la LDJ (agissait) de manière violente systématiquement alors elle (remplissait) dans les conditions d'une interdiction".

En revanche, Claude Goasguen (UMP) est favorable à la dissolution du ...NPA. "Si la LDJ est dissoute, alors il faut dissoudre le NPA (Nouveau parti anticapitaliste, l'un des organisateurs de manifestations pro-palestiniennes]. Si on dissout l'un, il faut dissoudre l'autre", a déclaré au Figaro le député de Paris Claude Goasguen.

Demarcq (NPA) : "C'est de l'enfumage", a affirmé vendredi Sandra Demarcq sur France 2. "On combat cette organisation", un groupuscule "d'extrême-droite" qui scande, selon la porte-parole du NPA, parti trotskiste révolutionnaire, dans ses manifestations "pas d'arabe, pas d'attentat". Mais "sur la dissolution, on est toujours un peu perplexe", "ça n'empêche pas la reconstitution de ces groupes". "Les membres de la LDJ, il faut les condamner pénalement", a-t-elle poursuivi, à deux doigts de réclamer des sanctions financières. L'enjeu du mouvement pro-palestinien, "ce n'est pas la dissolution de la LDJ", "c'est obliger Israël à arrêter ce conflit". Invitée par le service public à répondre à l'attaque de Claude Goasguen, Sandra Demarcq a ironisé , faute d'argument: "Claude Goasguen nous fait toujours beaucoup rire".

Les anti-sionistes du Crif etde l'UEJF souhaitent aussi  dissoudre les groupes qui ont commis des actes antisémites

"Gaza Firm" était présent
aux 
3 manifestations propalestiniennes qui ont dégénéré 
"Je condamne toutes les formes d'extrémisme, notamment les méthodes parfois radicales de la LDJ, mais si le gouvernement la dissout, qu'il dissolve également tous les groupes radicaux qui se sont livrés à des violences antisémites ces derniers jours", a réagi jeudi le président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Sacha Reingewirtz.
Et le responsable de l'UEJF de citer le collectif pro-Hamas Cheikh Yassine, le groupe Egalité et Réconciliation, d'Alain Soral, les militants gravitant dans la mouvance du polémiste Dieudonné ou encore la Gaza Firm, "qui défile dans les rues de Paris pour casser du Juif".
A chaque fois, à Bastille le 13 juillet, à Barbès le 19 juillet et samedi dernier place de la République. le même groupe, qui se fait appeler "Gaza Firm", était présent et il est soupçonné d'avoir organisé les débordements. 

Scènes de la manifestation pro-Hamas, avec la participation active de Gaza Firm le 19 juillet 2014:


Les activistes de Gaza Firm seraient issus des supporters ultras du PSG. 
 Sympathisants de Dieudonné et Alain Soral
du collectif "Gaza Firm"
pudiquement qualifiés de "casseurs"
Des anciens du virage Auteuil et de Karsud ayant des liens avec la frange radicale de la tribune Boulogne. "Le mot 'Firm' trahit leur origine, c’est un code de supporter ultra qui rappelle l’Inter City Firm (la première bande de supporters de foot hooligans anglaise, ndlr)", explique à Mediapart un fin connaisseur de cette nébuleuse. Mais contre toute évidence, "Gaza Firm" continue de nier sur Twitter tout lien avec Alain Soral, Dieudonné ou le PSG. Tout en refusant, jusqu'à présent, de s'exprimer à visage découvert. Contactés par metronews, certains membres avaient accepté de s'exprimer par mail "pour arrêter ces amalgames entre 'Gaza Firm' et l'extrême droite". Ils ont finalement refusé de communiquer.

Le fondateur du think tank Avenir du judaïsme, Jean-François Strouf, a de son côté estimé que les dirigeants de la première communauté juive d'Europe (5 à 600.000 membres) devraient clairement "prendre leurs distances avec des éléments extrémistes", tout en se disant "indifférent" au sort de la LDJ, un groupe "marginal".

Réaction de Roger Cukierman, président du CRIF
"Ce que je souhaite, c'est que si cette organisation devait être interdite, qu'on pense également à interdire ceux qui ont favorisé des exactions antisémites à l'occasion d'autres manifestations". 

Dans le viseur du gouvernement, la LDJ est en sursis

Révolutionnaires et violentes, le NPA ou les Femen, organisations épargnées

Les prétextes de Hollande et Valls
Elle existe aussi et
prospère sous Hollande
Des pro-palestiniens manifestaient pourtant en dépit de l'interdiction de la préfecture de police mais, pour justifier son intention de dissoudre la LDJ, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, prend pourtant prétexte d'accrochages avec les activistes lancés par le NPA, parti trotskiste révolutionnaire. La Ligue de Défense Juive, organisation également musclée, s'était interposée entre les agresseurs et la synagoque de la rue de la Roquette, Paris 11e. 

Le motif de protection d'un lieu de culte ne pèse pas lourd en république laïque. 
Boutault à la manif pro-Hamas
à Barbès, le 23 juillet 2014
Au 17 de la rue des Rosiers, dans le 4e voisin, se trouve aussi une synagogue et le maire du 2e arrondissement où se situe le quartier multi-ethnique du Sentier, mais traditionnellement juif, n'est autre que Jacques Boutault (EELV) qui manifesta à Barbès avec les pro-Hamas. Lien PaSiDupes 
La manifestation était interdite et donna lieu à des émeutes, le 19 juillet, mais l'élu Verts n'est pas inquiété. En revanche, l'organisateur trotskiste du NPA, Alain Pojolat, est convoqué le 22 octobre devant la 24e chambre du TGI de Paris.

Or, s'il n'est pas journaliste, chacun garde aussi à l'esprit l'attentat de 1982, 7 rue des Rosiers, dont la motivation antisémite est avérée, puisque le restaurant Goldenberg situé dans le quartier du Marais à Paris était la cible du Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal, groupe dissident de l'OLP, identifié en 2011 par la justice française comme responsable de la fusillade qui a fait 6 morts et 22 blessés.

Des organisations terroristes ont la faveur du pouvoir socialiste
L'ex-Fatah est l'une des organisations terroristes placées sur la liste officielle du Canada, des USA, de l'U.E et du Royaume-Uni.
Une autre est le Hamas, Mouvement de résistance islamique, pour lequel les manifestants pro-palestiniens ont été autorisés à manifester, à l'appel du NPA et du PCF, est sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des USA et de l'Union européenne. Il est classé terroriste par Israël et par le Japon.

Les antifa aussi seraient plus convenables s'ils sont révolutionnaires ...
   
Le ministère de l’Intérieur étudie la possibilité juridique de dissoudre le groupuscule "d’autodéfense" juif.

La dissolution de la Ligue de défense juive (LDJ) est aujourd’hui sérieusement envisagée par le ministère de l’Intérieur. A gauche, ses adversaires considèrent cette association d’autodéfense communautaire comme une milice. Comme les Femen, féministes révolutionnaires, ou les antifa, qu'ils soient de droite ou de gauche, les sionistes de la LDJ ont pris l'habitude de riposter aux menaces contre la communauté juive à partir de 2001.
Condamnés par les institutions juives anti-sionistes, ses membres ne sont qu’une poignée, mais sont cependant accusés, comme certains pro-palestiniens radicaux, d’attiser les tensions inter-communautaires en France, alors que se succèdent les manifestations liées au conflit armé à Gaza.

Motifs ethniques
La DLPAJ [Direction des libertés publiques et des affaires juridiques] cherche sans relâche des motifs d’interdiction de la LDJ, admet une source policière. "Nous menons l’analyse la plus fine possible pour être certains que c’est faisable," fait valoir cette direction du ministère de l’Intérieur. Le procédure est en effet encadrée en droit. L’article 212-1 du code de la sécurité intérieure mentionne sept critères pouvant justifier une dissolution par décret en Conseil des ministres. 
Femen à l'entraînement
Deux d’entre eux pourraient être invoqués contre la LDJ. L’un concerne les groupes qui "provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence pour motifs ethniques ou religieux, ou propagent des idées encourageant cette discrimination", mais les provocations dans une rue notoirement juive venaient des manifestants pro-palestiniens, et l’autre, ceux "qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées". Ce que sont par ailleurs les Femen.

La LDJ, n’étant pas dotée de statuts légaux, n’est pas officiellement une association. Mais l’article 212-1 permet également la dissolution de "groupements de fait" - appliquée par exemple au groupe suprémaciste noir Tribu Ka en 2006, ou encore aux groupes d’extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires et Troisième voie de Serge Ayoub, en juillet 2013, suite à la mort du jeune Clément Méric. Il semblerait donc que l'extrême gauche ne recèle aucun groupe d'ultra-gauche...  "En matière de dissolution, il n’y a strictement aucune différence entre une association et un groupement de fait, explique Nicolas Gardères, l’avocat de Serge Ayoub. Même non déclaré, un tel groupe émet des tracts, anime une page Facebook, organise des réunions, appelle à des rassemblements… Autant de choses que la dissolution interdit. Son logo ne doit plus apparaître." Et si l’organisation poursuit malgré tout ses activités, ses dirigeants encourent des poursuites pour "reconstitution de ligue dissoute".

Les groupes radicaux dissimulateurs 

Selon l’avocat (par ailleurs militant EE-LV), la LDJ répondrait à la définition d’une milice privée, 
Le drapeau djihadiste du front Al-Nosra
 rebelles armés affilié à al-Qaïda
flotte au coeur de Paris
avec les manifestants pro-palestiniens
en ce qu’elle présente "une organisation hiérarchique paramilitaire, l’obéissance de tous à un chef, des entraînements collectifs aux arts martiaux, une capacité à orchestrer des coups de forces". 
La dissolution du mouvement n’est, pour autant, pas encore acquise, tnt elle est partiale. Les services juridiques de Beauvau veulent d’abord s’assurer que leur argumentaire est imparable, un aveu d'incertitude lourd de sens sur le bien-fondé d'un projet d'action partisane. "On ne prendra pas le risque de perdre en justice contre la LDJ, explique une source policière. D’autant que depuis quelques années, ce mouvement est légitimé de fait par la montée de antisémitisme, dont les émeutes pro-Gaza sont la démonstration sur le sol français et que certains faits ou accusations sont ou prescrits ou infondés. 

Mercredi, les services du ministère ont d’ailleurs décortiqué la réponse du Conseil d’Etat au recours déposé par Serge Ayoub, qui contestait la dissolution de ses organisations. L’étude de l’arrêt, qui confirme deux dissolutions et en annule une, doit permettre d'étayer les arguments juridiques du gouvernement et de sécuriser une éventuelle procédure à l’encontre de la LDJ.

Les spécialistes des mouvements radicaux sont toutefois divisés sur l’opportunité des dissolutions.
Le NPA est gravement responsable des émeutes de Barbès

En effet, de telles organisations ont au moins l’avantage de concentrer les militants ultras, facilitant leur surveillance par les autorités. Elles canalisent leur engagement et évitent souvent les débordements les plus extrêmes. A l’inverse, une dissolution risque de disséminer et de livrer à eux-mêmes les éléments les plus radicaux.

Hollande ne dissout que les extrémistes de droite
Groupe Action antifasciste Paris-banlieue de Clément Méric, 
avec foulards et cagoules 

Le président réclame à la gauche un brevet de bon socialiste
Le père de François Hollande est en effet un ancien partisan de l'OAS et candidat de Me Jean-Louis Tixier-Vignancour...

Restent aussi les Femen
Une organisation para-militaire longtemps hébergée par la Mairie de Paris dans le 18e arrondissement, au coeur de Paris, là où eurent lieu les violences urbaines de Barbès.

mardi 22 juillet 2014

Violences pro-palestiniennes: Cazeneuve regrette mardi les interdictions qu'il assumait lundi

Reculade du gouvernement Valls devant les pro-Hamas

Paris, Sarcelles: Cazeneuve "assume totalement" l'interdiction des manifestations pro-palestiniennes


 Hollande prend le risque d'une importation du conflit israëlo-palestinien 
en France

Dimanche, de violents heurts se sont déroulés en marge d'une manifestation de soutien à la Palestine, organisée à Sarcelles, dans le Val-d'Oise, par l'extrême gauche ( Front de gauche, la CGT, le NPA et France-Palestine-Solidarité, sans compter des éléments d'EELV). La veille, une autre manifestation avait été l'occasion de débordements violents au coeur de Paris, dans le quartier de Barbès (XVIIIe arrondissement). 
Barbès, dans 2e arrondissement
socialiste de Paris
Au lendemain de ce week-end mouvementé, le 21 juillet 2014, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, était l'invité d'Apolline de Malherbe sur RMC et BFMTV. Il était venu afficher sa détermination à empêcher les actions terroristes sur le territoire français, justifiant la décision controversée du gouvernement d'interdire ces manifestations pro-palestiniennes.

VOIR et ENTENDRE le ministre de l'Intérieur de Hollande assumer l'interdiction de manifester en république socialiste:


Les violences 
des manifestants auraient été "pires" sans interdiction
Des antifa se joignent aux pro-Hamas à Barbès

VOIR et ENTENDRE le ministre de l'Intérieur considérer que le pire a été évité:


 
Bernard Cazeneuve regrettait-il sa décision d'interdire les manifestations de ce week-end? 
Emeutes pro-Hamas, à Sarcelles
"Non , j'assume totalement la décision qui a été prise", avait-il affirmé. Selon lui, ce n'est pas l'interdiction qui a entraîné les heurts. Le ministre de l'Intérieur mettait en effet en avant des violences "préalables" qui ont eu lieu lors de manifestations qui avaient été autorisées. Il a aussi assuré avoir eu des "éléments d'informations concernant des risques d'affrontements". Bernard Cazeneuve, pour illustrer son propos, a parlé des violences qui ont eu lieu le 13 juillet dernier, avec des "propos (...) tenus qui sont des incitations à la haine". Il a produit un tract antisémite récupéré sur du mobilier urbain de Sarcelles, invitant à une descente punitive armée sur le quartier juif de la ville.

Sur Europe 1,
la veille du rassemblement parisien de l'extrême gauche pro-palestinienne à Barbès, le 19 juillet, Cazeneuve avait justifié son interdiction de l'exercice du droit de manifester:


Bernard Cazeneuve : "Je suis aussi le ministre... par Europe1fr


Pro-palestinien assumé au cours du même entretien, le ministre s'était réservé le droit à la volte-face.
Il y a, selon Bernard Cazeneuve, "une infime minorité" des Musulmans de France qui sont "radicalisés"
Manifestation pro-Morsi à Paris, le 17 août 2013
"Cela d'ailleurs choque les représentants de l'Islam de France", a assuré le ministre. "Il y a une immense majorité des Musulmans de France qui condamnent", a-t-il continué. "En France, les Musulmans sont attachés à la République." "Ils se sentent eux-mêmes exposés" par les heurts de ces derniers jours, assure Bernard Cazeneuve: "Ils voient bien les conséquences que cela peut avoir pour eux-mêmes." "Ces petits voyous qui cassent à Sarcelles ou ailleurs ne sont pas représentatifs de ce qu'est l'Islam de France."
Si les manifestations "peuvent se tenir" sans risque de trouble à l'ordre public, "elles se tiendront", avait-il annoncé. "Si ce n'est pas possible, je prendrai à nouveau mes responsabilités", a continué Bernard Cazeneuve. En dépit des dégâts constatés dans Sarcelles et notamment sur les commerces juifs, le ministre assurait que la situation était "sous contrôle". "Les forces de l'ordre étaient présentes et elles ont maîtrisé la situation.""Les synagogues ont été protégées ce week-end", a affirmé le ministre, ignorant la participation de la LDJ (Ligue de Défense Juive) mobilisée pour la protection du centre cultuel.

Le changement, c'est aussitôt

Dès le lendemain, le même ministre du même gouvernement socialiste annonce que
la prochaine manifestation pro-palestinienne, demain mercredi sera autorisée... Malgré l'interdiction de deux manifestations pro-palestiniennes ce week-end, et 11 terroristes toujours en garde à vue après les incidents de Sarcelles, de nouveaux rassemblements sont prévus cette semaine.  
VOIR et ENTENDRE le ministre de l'Intérieur de Hollande expliquer son revirement et s'engager à ce que l'encadrement de la manifestation pro-Gaza de ce mercredi soit fiable...

A Paris, les organisateurs seront portant les mêmes: le cortège se réunira à l'appel du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens , qui regroupe un large réseau d'associations, de syndicats et de partis d'extrême gauche, républicaine ou non, parmi lesquels le Parti communiste (PCF), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Europe Ecologie-Les Verts (EELV), la Ligue des droits de l'homme (LDH) ou le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). 
La CGT n'est pas citée, mais ses nervis sont mobilisés depuis le début et son rôle n'est pas très clair.


Edito de Christophe Barbier - M
anifestation pro-palestinienne à Paris: interdire, et après?

Les manifestations annoncées en région
 


A Lyon
 - Une manifestation devrait se tenir mercredi à 18h00 sur la place des Terreaux. Elle est initiée par le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien, qui regroupe une trentaine d'associations, de partis et de syndicats. Il était déjà à l'origine de deux précédents rassemblements, qui ont réuni pacifiquement plus de 5.000 personnes le 12 juillet et 4.000 samedi.

A Toulouse - Une manifestation pourrait avoir lieu ce mercredi à 18h30 dans le centre-ville, à l'appel du collectif Solidarité Palestine

A Lille - Ce mercredi, à 18 heures, une manifestation pourrait se dérouler sur la Grand'Place, à l'appel de l'Association France Palestine solidarité 59/62 (AFPS).

A Reims - Un mouvement pourrait se tenir ce mercredi à partir de 19 heures à l'appel de l'antenne locale de l'Association France Palestine solidarité.

A Dijon - Une manifestation pourrait également se dérouler ce mardi à 18h30, sur la place de la République, à l'appel du Collectif 21, déclinaison locale du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.

dimanche 20 juillet 2014

Sarcelles : violentes émeutes au programme de la manifestation pro-palestinienne

Montée de l'antisémitisme avec attaque de synagogue

Sarcelles a été ce dimanche le théâtre de violentes émeutes :
Des pro-Hamas importent le conflit israélo-palestinien à Sarcelles
voitures incendiées, mobilier urbain saccagé, magasins pillés, tirs de mortier... 

Une provocation des pro-Hamas contre Sarcelles
Communiste jusqu'en 1983, la ville est encore surnommée "la petite Jérusalem", comme au temps du maire Dominique Strauss-Kahn (1997-1997), compte une importante communauté juive sépharade. La ville est restée socialiste : l'illustre François Pupponi en est le maire depuis 1997. 
Sarcelles est aussi une proie facile, car pauvre, se débattant avec une situation financière difficile du fait d'un fort endettement et d'une gestion budgétaire socialiste très critiquée par la Chambre régionale des Comptes.
Emeute d'arabes musulmans: le drapeau palestinien
n'est pas le plus visible...

Les émeutes sont parties d'une manifestation pro-Hamas associée aux affrontements militaires entre Israël et Palestiniens de la bande de Gaza. Alors que des centaines de militants pro-palestiniens encadrés par le Front de gauche et le NPA s'étaient rassemblés près de la gare de Garges-Sarcelles (Val-d'Oise), des jeunes ont enchaîné avec des attaques des policiers, comme avatar du rassemblement.
Présence de "républicains" d'extrême gauche avec drapeaux,

malgré l'interdiction du rassemblement par l'Intérieur


Des éléments antisémites aguerris

"Il s'agit de groupes très mobiles et très violents qui multiplient les provocations depuis 16 heures"
, reconnaît Yves Rousset, sous-préfet d'Argenteuil. "Quatre compagnies de CRS étaient sur place, épaulées par les effectifs locaux et par la police des transports au niveau de la gare RER. "
Deux policiers ont été blessés, mais moins d'une dizaine d'interpellations ont été effectuées. 

A partir de 18 heures, la situation a dégénéré aux abords de la synagogue de l'avenue Paul Valery. Des cocktails molotov et des fumigènes ont été lancés en direction du lieu de culte juif protégé par les policiers. Une trentaine de jeunes se sont massés "sur place, à l'entrée du quartier juif pour éviter de nouveaux dramesà l'appel de la Ligue de défense juive (LDJ). 
Sarcelles, parfois surnommée "la petite Jérusalem" au temps du maire Dominique Strauss-Kahn, compte une importante communauté juive sépharade.

Les assaillants empêchés de commettre des  dégâts sur la synagogue 

A proximité de la synagogue, des émeutiers ont démonté des stations de tramway, cassé des vitrines de magasins et des abribus. Les CRS ont riposté avec des gaz lacrymogène et des tirs de flash-ball, tandis qu'un cordon de jeunes juifs protégeaient  la synagogue qui n'a subi aucun dégât. 

Des émeutiers semblaient déterminés à s'attaquer à la synagogue de Sarcelles 
Gil, un membre de la communauté juive de la ville présent sur place, confirme une tentative d'attaque de la synagogue. "Il y a eu des feux de poubelles devant un autre petit office religieux de Sarcelles et la synagogue de Garges, mais sans gravité", indique-t-il. 
Pour Gil, "l'inquiétude est omniprésente" avec ces manifestations qui virent à la violence à Paris, en région à Vaulx-en-Velin (Rhône) et donc en Ile-de-France désormais. "Oui, la communauté juive est inquiète. On ne sait pas ce qui va se passer après, le soir ou demain. L'inquiétude est là." 
D'autre part, des individus ont tenté de pénétrer dans le centre commercial des Flanades. Le supermarché casher Naouri, celui qui avait été la cible d'une attaque il y a deux ans, a été visé par un coktail molotov, provoquant un début d'incendie. "C’est une honte, c’est scandaleux, s’exaspère François Pupponi, le député-maire PS de Sarcelles. Ce sont des hordes de sauvages. Je tiens pour personnellement responsable ceux qui ont organisé cette manifestation et qui en dépit de l’interdiction, se sont rendus sur la place de la gare RER."
Les pompiers éteignent les premiers incendies 

à l'arrière du centre commercial des Flanade
Le commissariat de Garges a également subi des dégâts.Le sous-préfet d'Argenteuil a confirmé que les émeutiers "ont tenté un assaut sur le commissariat mais celui-ci a échoué"
Des pilleurs ont ensuite saccagé un magasin de pompes funèbres, détruisant sa vitrine, dans une rue perpendiculaire à l'avenue Paul-Valéry. Un peu plus loin, des manifestants ont attaqué et mis le feu à une pharmacie. C'est alors que des policiers ont tiré sur les fanatiques avec des balles en caoutchouc. Un café a également été pris pour cible. Ils ont tout saccagé dans cette brasserie de l’avenue du 8 mai 45, selon des témoins de la scène. " La vitrine a été cassée, des marchandises ont été volées et tout est saccagé à l’intérieur. Les chaises gisent encore au milieu de la rue ", rapporte un riverain. "La situation est surréaliste, se désespère une voisine au langage très châtié (!). Après que l’on ait interdit la manifestation et ce qu’il s’est passé hier dans le quartier de Barbes à Paris, comment se fait-il que l’on se fasse à ce point déborder ? La synagogue est bien protégée, du coup les casseurs s’en prennent aux autres commerces du coin," polémique ce témoin partisan.
La voiture d'un élu prise pour cible
En milieu d’après-midi, la voiture de fonction du Dr Gérard Uzan, élu de la Liste bleue (mouvement constitué de membres de la communauté juive), de permanence, a été prise pour cible. "Je me dirigeais vers la synagogue lorsque j’ai vu arriver des manifestants, explique le maire adjoint. J’ai été pris entre deux feux, avec d’un côté une horde de casseurs et de l’autre les forces de l’ordre. Je me suis sauvé pour me protéger, laissant le véhicule sur place. Quand je suis revenu toutes les vitres avaient été cassées avec des barres de fer. Impossible de ne pas savoir que ce n’était pas une voiture municipale, le sigle de la mairie de Sarcelles est inscrit dessus." 
  

Les échauffourées ont démarré dans le quartier de la gare RER,lieu du rassemblement, vers 16 heures. Malgré les consignes et l'appel au calme, plusieurs groupes se sont formés dans les rues adjacentes. Les premiers projectiles ont alors volé, des véhicules garés sur les trottoirs ont été cassés. Plusieurs conteneurs à poubelles ont ensuite été disposés au milieu de la chaussée et incendiés.

Tirs de mortiers et cocktails Molotov près de la gare

Vers 17 heures,  les tirs de mortiers et de cocktails Molotov les émeutiers se sont poursuivis vers la gare RER. Les CRS les ont encerclés avant de charger. Les individus se sont dispersés dans les cités aux alentours. A 17h30, un relatif retour au calme était perceptible dans le quartier de la gare. A 19 heures, la gare du RER D a été de nouveau desservie. En revanche, le trafic du tramway et des bus était toujours interrompu.
La manifestation pro-palestinienne avait été interdite cette semaine par la mairie et la préfecture parce qu'un rassemblement pro-israélien organisé par la Ligue de défense juive (LDJ), lui aussi interdit, avait été prévu au même endroit, la gare RER, et à la même heure. "Le risque avéré de trouble à l'ordre public que pourrait représenter cette manifestation ainsi que les réactions qu'elle pourrait engendrer, m'ont encouragé, conformément aux directives du ministre de l'Intérieur, à interdire tout rassemblement dimanche en lien avec le conflit au Proche-Orient", avait écrit vendredi le maire PS, François Pupponi, dans un communiqué.
Incendies de poubelles après la manifestation pour la Palestine. (LP/S.Nieto)
"C’est une honte, c’est scandaleux, a réagi dimanche François Pupponi, le député-maire PS de Sarcelles. Ce sont des hordes de sauvages. Toutes les dispositions ont été prises pour protéger les lieux de la communauté juive (comme la synagogue) qui étaient clairement leur cible. Du coup, une fois refoulés, ils s’en sont s’en pris à des commerçants de la communauté juive et assyro-chaldéenne. Maintenant, cela bascule en violences urbaines. Je tiens pour personnellement responsable ceux qui ont organisé cette manifestation et qui en dépit de l’interdiction, se sont rendus sur la place de la gare RER."


"Les forces de l'ordre restent mobilisées en nombre pour surveiller les lieux de culte, notamment les synagogues de Sarcelles et de Garges mais aussi les bâtiments publics. Parmi les policiers, trois ont été légèrement blessés", précisait Yves Rousset, le sous-préfet de permanence. 
Une dame âgée était, ce dimanche soir, hospitalisée. Son état est jugé sérieux par les médecins. Celle-ci a été intoxiquée par les fumées qui se dégageaient de l'incendie de la pharmacie, située place de France à Sarcelles. Les policiers ont procédé à une vingtaine d'interpellations.
La rue des Rosiers sous protection

Dimanche en fin d'après-midi, une forte policière était signalée près de la rue des Rosiers, dans le IV ème arrondissement de Paris, connue pour abriter le quartier juif de la capitale. Des membres de la Ligue de défense juive (LDJ) s'étaient rassemblés sur place prêts à toute éventualité, après une rumeur selon laquelle "ceux de Sarcelles" allaient faire une descente. Des commerçants avaient baissé le rideau et ce n'est qu'en début de soirée que la vie a repris normalement dans ce quartier très touristique.

Le "quartier très touristique" en question a surtout été le théâtre d'un attentat antisémite perpétré sous la présidence du socialiste François Mitterrand le 9 août 1982 à 13 h 10 contre le restaurant Goldenberg, 7, rue des Rosiers dans le quartier du Marais à Paris. Bilan : six morts et vingt-deux blessés. En 2011, la justice française a identifié le Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal comme responsable de l'attentat.