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mercredi 27 avril 2016

"Hé oh, Le Foll": le ministre porte-parole se fait ridiculiser

Le ridicule n'a encore pas tué Le Foll...

Le Foll  a créé le mouvement "Hé oh, la gauche !"...


Au lendemain d'une réunion publique de soutien à François Hollande qu'il avait organisée avec le mouvement "Hé oh la gauche !"l'opposition n'a pu se tenir de railler le ministre intermittent de l'Agriculture lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale mardi

"Hé oh, monsieur Le Foll (...) quand comptez-vous déserter Solférino pour défendre les agriculteurs ?" lui a lancé la députée LR de Loire Atlantique, Isabelle Le Callennec, ex-porte-parole du parti Les Républicains et actuelle déléguée générale adjointe au projet du parti successeur de l'UMP, qui lui posait une question sur les inquiétudes des agriculteurs sur le projet de traité de libre-échange transatlantique.

De nombreux députés LR ont ensuite scandé en chœur dans l'hémicycle ce "Hé oh". "Je ne savais pas que vous me feriez autant de publicité",  a piètrement répliqué le ministre et porte-parole du gouvernement, visage plutôt fermé.

Un meeting à Lille le 17 mai

Les Hollandiens fidèles ressentent la difficulté de défendre leur président.
Les partisans de François Hollande étaient réunis lundi 25 avril dans un amphithéâtre de la faculté de médecine de Paris Descartes, pour prendre en main la défense du bilan du quinquennat. Alors que le chef de l'Etat n'a jamais paru aussi contesté et au plus bas historique dans les sondages - jusque dans son propre camp -, ses fidèles tentent d'organiser la riposte face à la montée de la grogne et des violences dans tous les secteurs.

Le rassemblement "Hé oh la gauche !" est un cercle de motivation pour fidèles en déshérence du président. Ceux qui sont là - Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Michel Baylet, Emmanuelle Cosse, Christian Eckert, Marisol Touraine (qui l'assure, "nous n'avons pas à rougir de ce que nous avons réalisé et accompli") ou JV. Placé - sans Manuel Valls (en déplacement... au Mont-Saint-Michel, à 360 kms de Paris et en 60 minutes !), ni Emmanuel Macron (qui, avec son mouvement "En marche !", a l'ambition de réunir les "progressistes" de gauche comme de droite, n'avait pas été invité) -  veulent encore  espérer en François Hollande et passer du baume sur les plaies et les bosses après quatre ans de pouvoir. "Je voulais rassurer tout le monde : on est pas là pour se soigner, on est à pour se mobiliser", assure le ministre que l'on croyait totalement consacré au monde meurtri de l'agriculture.

Le président Hollande, plus que jamais chef de clan, le camp socialiste.
Le patron des députés-godillots, Bruno Le Roux, insiste. "La droite, c’est des différences fondamentales : quand nous, nous faisons 50 milliards d’économie en améliorant, en transformant notre modèle social, eux c’est 154 milliards d’économie en faisant en sorte qu’il y ait des coupes chez les fonctionnaires, dans notre système de santé, dans notre système de protection sociale. Ce n’est pas une différence de degré, c’est une différence de nature !" assure l'inconditionnel aux chaussettes de prélat.

Un meeting qui ne dit pas son nom pour un candidat qui n'est pas officiellement en campagne.
Des différences qui - par chance - distinguent les socialistes de la droite 
Etre "fier" du bilan du quinquennat -une gageure - et rappeler que "la gauche et la droite, ça n'est pas la même chose", tel est le message qu'ont, en effet, martelé lundi Stéphane Le Foll et quatre ministres, lors d'une réunion aux allures de meeting de campagne à Paris.

Le porte-parole du gouvernement organisera d'ailleurs avec le ministre de la Ville, Patrick Kanner, également ancien président du Conseil général du Nord, un nouveau meeting "Hé oh la gauche !" à Lille le 17 mai.
Autrefois aux mains de Gilles Pargneaux, un proche de Martine Aubry, la fédération PS du Nord est désormais dirigée par Martine Filleul (ci-contre à gauche, lancée dans les jambes de la Ch'tite), une proche de Patrick Kanner, qui est entrée en guerre avec la maire de Lille après avoir été son adjointe.
Auteure, en février, d'une tribune assassine contre la politique du gouvernement, Martine Aubry est, depuis, restée silencieuse.

dimanche 14 juin 2015

Fédération PS: Martine Aubry perd le Nord

Elle a fait son temps et n'a aucune excuse

Le ralliement de Martine Aubry à la motion Cambadélis et le parachutage de François Lamy à Lille ne sont que prétextes

Le parachutage par Martine Aubry à Lille du député de l'Essonne François Lamy fin décembre n'aura pas arrangé ses affaires. "Je viens vivre et militer à Lille", s'était contenté d'indiquer l'ancien maire de Palaiseau, sans que les Lillois ne comprennent ce qu'il venait faire là. Le député de l’Essonne était pourtant connu depuis décembre 2008 comme conseiller politique de la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry et il s'est par ailleurs beaucoup investi dans les élections internes à la fédération PS du Nord. Lui faire porter la responsabilité du désamour local pour la maire de Lille paraît toutefois abusif et destiné à désormais lui nuire personnellement. 
On peut toutefois concevoir aisément que l'ascension de Lamy doive plus à Martine Aubry qu'à l'aura individuelle de cet ancien instituteur.
En mai 2012, après la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle, il entra au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, au poste de ministre délégué chargé de la Ville, comme représentant de la tendance aubryste. Le 23 mai 2012, il annonça sa démission du poste de maire de Palaiseau. En juin 2012, il remporta l'élection législative avec 57,77 % des suffrages, il fut confirmé dans le second gouvernement Ayrault et laissa même son siège à son suppléant Jérôme Guedj lequel perdit le Conseil départemental de gauche en mai 2014 et rendit à Lamy, ministre jusqu'au 31 mars 2014, son poste de député.
Hollande et Royal ont obtenu la disgrâce de la Ch'tite de Lille
Affirmer qu'il aurait pour autant cristallisé le malaise qui flottait depuis des mois chez les militants socialistes serait une manière de dédouaner la Ch'tite maire. A 65 ans, celle-ci sature en fait la population par son autoritarisme et son complotisme. Depuis juillet 1997, elle n'est déjà plus députée. Aujourd'hui, Gilles Pargneaux, secrétaire de la 'fédé' 59 depuis dix ans, soutenu par Aubry et Lamy, a  été nettement devancé par Martine Filleul, adjointe lilloise de Martine Aubry, et surtout femme lige du ministre de la Ville Patrick Kanner, donc apprécié du couple Ségollande à la différence de Martine Aubry. Gilles Pargneaux a été contraint de retirer sa candidature afin d’éviter une implosion de la section.
A l’aube du vendredi 12 juin, la fédération PS du Nord était meurtrie. François Lamy semblait le seul à ne pas admettre la défaite, "froid et hautain", notaient les rares journalistes présents. "Un vrai ras le bol de Gilles Pargneaux" venait de s’exprimer dans les urnes, selon les observateurs, et la maison Aubry en est ébranlée.

Lot de consolation pour un aubryste nommé numéro 2

La maire de Lille avait boudé la rue Lyderic, siège du PS Nord, ce jour-là. Le camp Filleul et le camp Pargneaux ont veillé à éviter de s’écharper en nommant l’aubryste Roger Vicot, numéro deux, chargé des élections: signe d'égard rétrospectif des militants à l’ancienne première secrétaire du PS. Le maire de Lomme était supposé succéder à Gilles Pargneaux en cours de mandat, si ce dernier avait été réélu. "Roger Vicot a une excellente image de marque. Elle aurait pâti de cet accord. C’est plutôt une bonne chose pour lui que Pargneaux soit battu", dit l’ancien maire de Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck.

Mais l’étoile de la maire s’assombrit
: son cinglant courrier anti-Filleul, envoyé deux jours avant le vote, a choqué les militants de l'aile gauche du PS. Les supporteurs du 3e candidat, le politologue Rémi Lefebvre, journaliste professionnel, rédacteur en chef des publications de l'OURS et partisan de la motion B des frondeurs à Poitiers) ont décidé pour moitié d’entre eux de voter Filleul dès le premier tour…
M. Kanner, sous la pression de l’exécutif, a finalement retiré son soutien à M. Filleul, à un jour du vote. "Un double jeu", dénoncent les soutiens de M. Aubry qui y voit la main de Manuel Valls, le premier ministre qui n’aurait eu "qu’un coup de fil à passer" pour que tout cela cesse.

Le ralliement d'Aubry à Cambadélis est vécu comme une trahison du Nord 

Cambadélis - Aubry
Dunkerque, Wattrelos ou Tourcoing ont voté nettement Filleul. L’ancienne professeur de lettres, sociologue urbain, est supposée représenter le renouveau. Mais elle a déjà 62 ans, et ceux qui l’ont soutenue ruminent depuis vingt ans leur rancœur contre Martine Aubry: Bernard Roman et Michel Delebarre, écartés du beffroi lillois par Pierre Mauroy, ou encore Bernard Derosier, ancien président du Conseil général du Nord. Moyenne d’âge du trio, 70 ans.
Et si Martine Aubry a été lâchée par certains de ses anciens fidèles, tels Yves Durand ou Alain Cacheux, des députés qui l’avaient accueillie à bras ouverts quand Mauroy l’avait imposée, ceux-ci sont aussi des quasi septuagénaires…
Certes,
Martine Filleul a obtenu le soutien de l’aile la plus à gauche des socialistes, décontenancée par le ralliement de Martine Aubry à la motion Cambadelis, mais si l’on observe plus attentivement l’âge des militants qui ont voté massivement Pargneaux dans des villes comme Roubaix, Lomme, Denain, Gravelines, on y trouve de nombreux trentenaires. "Admirateurs d’Aubry plus que de Pargneaux", avance l’un d’entre eux.

La désignation d'un rebelle à l’autorité d’Aubry, le député-maire de Wattrelos, Dominique Baert, comme porte-parole de Martine Filleul, car partisan affiché du cumul des mandats, ne plaide guère en faveur du renouveau.
L’hypothèse du parisien Lamy pour succéder à Aubry sous le beffroi s’est bien éloignée. L'ex-élu de l'Essonne est devenu l’homme à abattre pour bon nombre de militants du cru. 

"Tout cela devient bien compliqué à l’approche des régionales, constate la nordiste Sandrine Rousseau, porte-parole nationale d’Europe Écologie-Les Verts et complotiste subalterne du tandem Aubry-Duflot. J’espérais que le Nord-Pas-de-Calais incarne une sorte de village gaulois défendant de vraies valeurs de gauche, proches de nous les écologistes… On en est loin…", déplore la candidate aux régionales. 
Son camarade socialiste, Pierre de Saintignon (ci-contre à gauche, famille noble lorraine propriétaire d’usines sidérurgiques), premier vice-président (PS) de la région Nord-Pas-de-Calais et premier adjoint de Martine Aubry à la mairie de Lille, est tête de liste aux régionales, avec une frondeuse proche de Martine Aubry, la député-maire de Denain, Anne-Lise Dufour, et la présence de l’ex-ministre... François Lamy (7e),  "l'homme à abattre", ou l’élue lilloise Charlotte Brun (10e), compagne d’Emmanuel Maurel, figure de l’aile gauche du PS.

lundi 8 juin 2015

Nord: Hollande veut la peau de Martine Aubry

Sur un siège éjectable, la maire de Lille pourrait être privée de sa fédération

Kanner veut la place
Ils pourraient se blesser...
"Il ne faudrait pas que le Nord pollue tout le congrès", redoutait un proche de Manuel Valls, alors que l’unique enjeu de ce weekend est d’afficher l’unité retrouvée de la famille socialiste. "Il y a quelque chose d’étonnant à mettre en relation la situation à l’intérieur d’une fédération et une menace d’expression susceptible de nuire à la cohérence et à l’unité des socialistes", avait mis en garde le Vallsiste Jean-Marie Le Guen, chef de file du Pôle des Réformateurs. 
Or, concurrencée sur ses terres par ses rivaux au sein du Parti socialiste, la maire de Lille n'a pas donné de la voix à Poitiers samedi après-midi, juste après Manuel Valls, sa "tête de turc favorite". Le Catalan s'est donc envolé pour Berlin, en jet privé gouvernemental... Sans Kanner qui, jusqu'à plus ample informé, est pourtant son ministre de la Ville, de la Jeunesse et des... Sports. Le prétexte d'une rencontre avec Platini, le patron de l'UEFA, à l'occasion du caprice du premier ministre de soutenir son équipe en finale de Ligue des champions à Berlin, le Barça, est donc très faible.
Commencé vendredi dans l'appréhension, le 77e congrès socialiste a fini dans le calme et l'hypocrisie des baisers sur la bouche. Le vote des militants, qui ont opté à 60% pour la motion de Jean-Christophe Cambadélis soutenue par l'exécutif, a en effet tué le match annoncé. Le Nord a donc logiquement apporté son écot: la fédération a voté à plus de 70% pour la motion 'Camba', reléguant les frondeurs au rôle de figurants. "Cela a surtout évité à la maire de Lille d’avoir à se compter dans sa fédé", décrypta un hollandien. 
Reste toutefois un part de suspense : Martine Aubry devra-t-elle rendre les clés de la fédération ? Seul est clair le motif du ralliement de la Ch'tite de Lille à la motion Cambadélis: sauver une peau dont on ne donne déjà plus cher. N'avait-elle pas assuré le service minimum, s’affichant aux côtés de Claude Bartolone en Seine-Saint-Denis, et sur ses terres nordistes?

Dans le Nord, pro et anti-Aubry s'affrontent. La spécialiste du complot a enregistré des retours de boomerang en nombres. Pour comprendre les raisons de la possibilité de sa mise à l'écart, il faut observer les remous en eaux troubles de la fédération PS du Nord. Jeudi, les adhérents ont élu le premier secrétaire de cette fédération, l'une des plus importantes du parti. Le  candidat sortant au poste est l'eurodéputé aubryste Gilles Pargneaux. Or, comme le rapportent L'Opinion et Libération, les adversaires locaux de Martine Aubry poussent une autre candidate, Martine Filleul (ci-dessus à droite), la candidate poussée par le ministre de la Ville et tout ce que le département compte d’anti-aubrystes, du ministre Patrick Kanner au député Bernard Roman en passant par l’ancien maire de Dunkerque et sénateur, Michel Delebarre (préfet hors-cadre, sans avoir jamais été préfet).

Le duel Aubry vs Kanner

Ce bras de fer aurait pu enflammer  ce congrès. Car à la tête des anti-aubrystes, on trouve Patrick Kanner, ci-contre, nommé ministre de la Ville lors du remaniement d'août dernier, non sans arrière-pensée, puisque cet président du Conseil général du Nord depuis 2011 avait pourtant adressé de vives critiques au gouvernement sur la réforme territoriale annoncée. Depuis, Martine Aubry n’a pas pardonné à son ancien adjoint de s’être passé de sa bénédiction pour entrer dans le gouvernement Valls, en août 2014, à 57 ans. Elle refuse d'ailleurs qu'on le présente comme l'un de ses proches. Depuis, les relations entre ces deux barons du Nord sont glaciales. En décembre dernier, Patrick Kanner s'était d'ailleurs ému dans un entretien que sa nomination ait été passée sous silence par le journal municipal de Lille...
La fédération compte un peu plus de 5.000 encartés, là où ils étaient plus de 11.000 à jour de cotisation en 2007. En novembre, les élus socialistes du Nord, Patrick Kanner compris, ont appris par la presse, stupéfaits, l’arrivée de François Lamy, député de l’Essonne, fidèle lieutenant de Martine Aubry, dans le département, chargé d’une improbable mission à la mairie.

A Poitiers, Martine Aubry a adopter un profil bas. S'exprimera, s'exprimera pas à la tribune ? Le député PS François Lamy, l'un des fidèles de Martine Aubry, affirmait qu'elle ne parlerait pas. "Il n'en a jamais été question", avait-il assuré à La Voix du Nord. Elle a joué la grande muette et plusieurs représentants de l'aile gauche du PS lui en tiennent rigueur. Le Congrès de Poitiers, dans la capitale de... Poitou-Charentes,  était verrouillé.

Martine Aubry sera-t-elle renversée dans sa propre fédération ? La réponse doit tomber jeudi 11 juin, lors de l’élection par les militants locaux des premiers secrétaires fédéraux. A OK Corral, l'ex-concubine présidentielle battue en 2007 sera-t-elle vengée de la magouille qui l'a ensuite également privée de la direction du parti lors du congrès de Reims en 2008: Martine Aubry avait été élue premier secrétaire avec 50,04 % des voix.